L'aire urbaine de Rouen : Un nouveau souffle à trouver

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Avec une population de plus d'un demi-million d'habitants, Rouen est la 13ème aire urbaine française et la deuxième du grand bassin parisien après Paris. A l'image de la région dont elle est la capitale, Rouen possède une économie qui repose sur une tradition industrielle et portuaire forte. Par rapport aux aires urbaines comparables, les ouvriers sont nombreux, le niveau de formation inférieur et le parc de logements sociaux très développé. L'aire urbaine de Rouen a traversé le dernier quart de siècle avec plus de difficultés que les aires urbaines comparables au niveau national. Les effectifs de l'industrie ont plus fortement baissé qu'ailleurs et,aujourd'hui, ce territoire a globalement perdu sa spécificité industrielle. Dans le même temps, et en partie à cause de ce plus fort recul de l'emploi industriel, le tertiaire a connu un essor moins important que dans les territoires comparables.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Synthèses locales
L’AIRE URBAINE DE ROUEN
Un nouveau souffle à trouver
AVANT-PROPOS
Avec une population de plus d’un demi-million d’habitants, Rouen est la 13ème
aire urbaine française et la deuxième du grand bassin parisien, après Paris.
La Communauté d’agglomération de
A l’image de la région dont elle est la capitale, Rouen possède une économie quiRouen et l’INSEE ont souhaité s’asso-
repose sur une tradition industrielle et portuaire forte. Par rapport aux aires urbainescier pour fournir aux acteurs locaux
comparables, les ouvriers sont nombreux, le niveau de formation inférieur et le parcdes éléments de diagnostic sur leur
territoire, en s’appuyant particulière- de logements sociaux très développé. L’aire urbaine de Rouen a traversé le dernier
ment sur les données du dernier re- quart de siècle avec plus de difficultés que les aires urbaines comparables au niveau
censement de la population. Résultat
national. Les effectifs de l’industrie ont plus fortement baissé qu’ailleurs et, au-
de cette collaboration, la présente pu-
jourd’hui, ce territoire a globalement perdu sa spécificité industrielle. Dans le même
blication, traitant de la dimension
temps, et en partie à cause de ce plus fort recul de l’emploi industriel, le tertiaire a
socio-économique, s’inscrit dans le
connu un essor moins important que dans les territoires comparables.cadre du diagnostic de territoire plus
Cette évolution défavorable de l’emploi s’est traduite par un solde migratoire du-large engagé par l’Agglo. de Rouen.
rablement négatif. La faible croissance démographique qui en a découlé a elle-mêmeCette étude prend comme territoire de
référence l’aire urbaine de Rouen (1), pesé sur le développement de l’emploi, en particulier dans le secteur des services,
espace de vie cohérent dans lequel suggérant l’idée de «cercle vicieux» pour caractériser l’évolution économique et dé-
une grande majorité d’actifs résident mographique de la zone. La grande proximité de Paris vient également peser sur le
et travaillent. Si ce document permet
développement des emplois tertiaires supérieurs et limite l’attractivité de ce territoire
de bien identifier les grandes particu-
sur les étudiants et sur les cadres.
larités de ce territoire au regard
Une vocation portuaire, liée à une situation géographique stratégique, ainsi que la
d’autres aires urbaines comparables
présence d’activités industrielles très spécifiques peuvent constituer un pointau plan national, il n’aborde pas dans
d’appui pour redynamiser l’emploi local, particulièrement dans les services aux en-le détail les disparités locales (déjà
traitées par la communauté treprises. Un renforcement de la recherche, en général, et des filières universitaires
d’agglomération). de haut niveau, favoriserait l’essor des emplois tertiaires supérieurs.
Enfin, ce diagnostic permet d’identi- Les perspectives de développement du pôle rouennais nécessitent que ce terri-
fier des enjeux forts de développe-
toire trouve de nouveaux ressorts à sa dynamique économique ; cette recherche
ment pour le pôle rouennais, déclinés
devra aussi s’appuyer sur une réflexion élargie à d’autres domaines : environnement,
dans des encadrés spécifiques au fil
transport, culture...
du texte par la Communauté d’agglo-
mération en termes de politique
locale.
(1) voir définition ci-contre
QU’EST-CE QU’UNE
AIRE URBAINE ?
SOMMAIRE Une aire urbaine est cons-
tituée d’un pôle urbain et des
communes périurbaines
TERRITOIRE dans l’influence de celui-ci
La communauté d’agglomération au coeur d’un bassin (la couronne périurbaine).
de vie d’un demi-million d’habitants . . . . . . . . . . . . 2 Une aire urbaine est un en-
semble de communes d’unPOPULATION
seul tenant et sans enclave,Peu d’étudiants et de cadres, davantage de retraités et
constitué par :d’ouvriers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
- un pôle urbain (unité ur-
MIGRATIONS RÉSIDENTIELLES baine offrant au moins 5 000
Une faible attractivité à l’égard des étudiants emplois et qui n’appartient
et des actifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 pas à la couronne périur-
baine d’un autre pôle urbain),LOGEMENT
- une couronne périurbaineLa concentration des logements sociaux accentue
composée de communesles disparités sociales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
n’appartenant pas à une
EMPLOI unité urbaine ou d’unités ur-
Faible dynamisme de l’emploi : le cercle vicieux . . . . . 8 baines dont au moins 40% de
la population résidente ayantCHÔMAGE
un emploi travaille dans leL’écart entre hommes et femmes se réduit . . . . . . . . 10
pôle ou dans le reste de l’aire
FINANCES DES COLLECTIVITÉS LOCALES urbaine.
De fortes disparités dans les bases imposables . . . . . 11presque 30% sont occupés par des ré- et 1999. Le poids démographique de laTERRITOIRE
sidents extérieurs. communauté d’agglomération au sein
de l’aire urbaine a ainsi diminué.La communauté
d’agglomération au coeur
Malgré un solde naturel positif, un
d’un bassin de vie d’un
faible dynamisme démographique Le pôle d’emploi d’Elbeuf limite
demi-million d’habitants l’influence de Rouen au sud
Avec un taux d’évolution déjà infé-Située sur l’axe séquanien à
rieur dans les années soixante et une Le pouvoir attractif de l’Agglo. demi-chemin entre la région parisienne et
décélération beaucoup plus forte sur la Rouen est illustré par celui de sonLe Havre, la communauté d’agglomé-
période 1968-1982, la population de centre : sur les 203 000 emplois locali-ration de Rouen jouit d’une position
l’aire urbaine de Rouen est celle qui a sés dans l’aire urbaine, la commune degéographique stratégique matérialisée
le moins augmenté entre 1962 et 1999 Rouen à elle seule en concentrepar une activité portuaire très impor-
au regard de toutes les aires urbaines 76 500. Parmi les 26 500 emplois quitante. Au 13e rang national avec plus
de référence (+28% contre presque se trouvent hors communauté d’agglo-d’un demi-million d’habitants répartis
+60% pour l’ensemble). Entre 1990 et mération, une seule commune en ras-sur 189 communes, l’aire urbaine de
1999, la progression est même semble plus de 5 000, Barentin. SeulesRouen est de loin la plus importante de
presque trois fois moindre. trois communes dépassent le millierla Haute-Normandie.
Cette faible croissance démogra- d’emplois : Pavilly, Montville et Duclair.Sa population a globalement aug-
phique ne résulte pas du solde naturel C’est la présence contiguë d’Elbeufmenté de 13% depuis 1990 mais cet
mais d’un déficit migratoire prononcé qui est déterminante dans l’environne-accroissement est essentiellement dû
et continu. Si, depuis 1962, la commu- ment : la communauté d’agglomérationà l’extension géographique de la zone
nauté d’agglomération de Rouen avait d’Elbeuf regroupe presque 25 000 em-d’influence du pôle rouennais. Cet éta-
suivi le même rythme de croissance plois à forte composante industrielle.lement de l’aire urbaine s’est opéré
qu’ailleurs, elle compterait aujourd’hui L’Agglo. de Rouen présente naturel-plutôt vers le nord grâce à l’absorption
100 000 habitants de plus. lement un solde des navettes domi-de 47 communes supplémentaires.
Reflet de la périurbanisation en- cile-travail largement excédentaire :
tamée au début des années 51 000 résidents «extérieurs» (dont
soixante-dix, l’accroissement de popu- plus de la moitié habitent dans l’aire ur-Concentration de la population
lation dans la couronne périurbaine a baine) font le trajet pour venir travailleret de l’activité économique
été de 56% contre 5,5% dans la com- dans la communauté d’agglomération.au sein de la communauté
munauté d’agglomération entre 1968 Le flux inverse n’est que de 23 000d’agglomération
ÉVOLUTION DE LA POPULATION DE L’AIRE URBAINE (1)Les trois quarts des habitants (soit
Évolution Évolution390 000 personnes) de l’aire urbaine
Nombre de Population 1962-1999 1990-1999
communes 1999 (%) (%)se trouvent concentrés dans les 34
Aire urbaine de Rouen 189 518 316 27,56 2,64communes de la communauté d’agglo-
Dont communauté d’agglomération de Rouen 34 391 375 18,99 1,25
mération. En revanche, la population Dont couronne périurbaine 155 126 941 64,01 7,18
Ensemble des aires urbaines de référence (2) 1 596 4 869 514 58,40 7,66de celle-ci est beaucoup moins
Dont pôles urbains 202 3 368 060 49,62 6,09
concentrée dans sa ville-centre que Dont autres communes 1 394 1 501 454 82,40 11,36
dans la plupart des agglomérations de Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unités : commune, habitant, %
(1) limites de 1999
référence (voir encadré p. 3). En effet, (2) voir encadré page 3
Rouen, avec un peu plus de 100 000
ÉVOLUTION DE LA POPULATION DE L’AIRE URBAINE DE ROUENhabitants, loin d’être un pôle unique,
ET DES AIRES URBAINES DE RÉFÉRENCE
est accompagnée de cinq communes
170dépassant 20 000 habitants et ne re-
présente ainsi qu’à peu près le quart 160
de l’ensemble de la communauté d’ag-
150
glomération alors que la ville-centre Aires urbaines de référence
140pèse couramment plus de la moitié de
la population dans les agglomérations 130
Aire urbaine de Rouencomparables.
120
Plus encore que la population rési-
110dente, la communauté d’agglomération
concentre l’activité économique au 100
1962 1968 1975 1982 1990 1999sein de l’aire urbaine : 176 000 emplois
Source : INSEE - Recensements de la population Unité : base 100 en 1962(soit 87% du total) s’y trouvent dont
2 - L’AIRE URBAINE DE ROUENactifs (dont plus de 80% ne travaillent illustre bien cette forte dépendance :
TERRITOIRES DE RÉFÉRENCEpas dans l’aire urbaine). plus de la moitié des actifs de ce terri-
Pour effectuer des comparaisons, un réfé-toire font le trajet pour venir y travailler.
rentiel de dix aires urbaines (appelées leDans tous les cantons limitrophes,
plus souvent AIRES URBAINES DE
La périurbanisation accentue hormis Duclair et Routot, 60% ou plus RÉFÉRENCE dans ce document) a été
constitué. Les aires urbaines retenues sontles déplacements domicile-travail de la population active résidente tra-
toutes centrées sur une capitale régionalevaillent dans la Communauté d’agglo-
et de taille entre deux fois plus petite et
Le pouvoir attractif de l’Agglo. de mération. Sept cantons comptent plus deux fois plus grande que celle de l’aire ur-
baine de Rouen. Par ordre décroissant deRouen est, sans surprise, plus fort sur de 2 000 actifs faisant la navette : au
population, ces aires urbaines sont : Bor-les zones proches de la couronne pé- premier rang, celui de Clères (5 400),
deaux, Nantes, Rennes, Rouen, Montpellier,
riurbaine. Le pays d’Entre-Seine-et-Bray puis celui de Pavilly (4 400). Le déve- Clermont-Ferrand, Caen, Orléans, Dijon et
Amiens. Au total, il s’agit d’un ensemble deloppement de ces flux
cinq millions de personnes, soit près dequotidiens est, pour une
dix fois la population de l’aire urbaine de
large part, dû au fort Rouen. Les trois aires urbaines les plus im-
portantes ont globalement le même poidsmouvement de périurba-
démographique que les six aires urbainesnisation enregistré
moins peuplées que Rouen.
depuis de nombreuses La Communauté d’agglomération de
Rouen (ou Agglo. de Rouen) est comparéeannées dans l’environ-
à l’ensemble des dix agglomérations (ounement proche de
pôles urbains) correspondantes, appelées
l’Agglo. de Rouen. le plus souvent dans ce document
AGGLOMÉRATIONS DE RÉFÉRENCE.La présence de la
Communauté d’agglomé-
ration d’Elbeuf atténue
quelque peu le pouvoir at-
tractif de l’Agglo. de POPULATION
Rouen sur les cantons
situés au sud, comme Peu d’étudiants
Bourgtheroulde-Infreville et de cadres, davantage
et Pont-de l’Arche.
de retraités et d’ouvriers
Les échanges entre
les deux communautés Comparée à la population de l’en-
d’agglomération sont im- semble de la région, celle de l’aire ur-
portants et quasiment baine de Rouen se distingue par da-
équilibrés (plus de 4 500 vantage de jeunes adultes, notamment
dans les deux sens). d’étudiants, un niveau de formation en
Sur l’ensemble de la moyenne plus élevé et des catégories
région, la présence de sociales relativement favorisées. Mais
trois pôles urbains au ces caractéristiques sont tout à fait
sud (Elbeuf, Louviers, «normales» pour un territoire consti-
voire Evreux) explique tuant la zone d’influence d’une capitale
une moindre attraction régionale.
de Rouen sur le sud. En revanche, l’analyse de la popu-
Avec l’extérieur de la lation, si elle est menée au regard
région, le solde des na- d’autres aires urbaines comparables à
vettes s’avère négatif l’échelon national (voir encadré
(3 200 entrants contre ci-dessus), permet de mettre en évi-
4 900 sortants), les dence de réelles spécificités. Sous cet
échanges avec Paris angle, la population de l’aire urbaine
intra-muros étant impor- de Rouen présente une répartition par
tants : plus de 1 500 habi- âge particulière. On note une légère
tants de la communauté surreprésentation des moins de 20 ans
d’agglomération de (26%) mais aussi des plus de 60 ans
Rouen y travaillent, le (19%). D’ailleurs, parmi les dix aires ur-
flux dans le sens inverse baines de référence, Rouen est celle
dépassant à peine 400 qui héberge le plus de retraités (20%
de la population totale) après
Clermont-Ferrand.
L’AIRE URBAINE DE ROUEN - 3
❑PYRAMIDE DES ÂGES DE L’AIRE URBAINE DE ROUEN de l’aire urbaine. Mais c’est en matière
de chômage que les habitants des
100
communes périurbaines apparaissent
90HOMMES FEMMES comme le plus significativement favori-
sés : la proportion de chômeurs parmi80 Aire urbaine
de Rouen les actifs y était de 8% au recensement
70
de 1999, soit un taux deux fois moins
60 élevé que dans la communauté
d’agglomération.50
40
Aires urbaines
de référence 30 D’importantes disparités
20 entre les communes
10
Au sein même de la communauté
0 d’agglomération, des disparités impor-
1,0 0,8 0,6 0,4 0,2 0 0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
tantes existent entre les communes.
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : % Dans un contexte général de vieillisse-
ment démographique, certaines com-
munes conservent des particularitésMÉNAGES SELON LA CATÉGORIE SOCIALE DE LA PERSONNE DE RÉFÉRENCE
quant à la répartition par âge de leur
Aire urbaine de Rouen Aires urbaines de référence (1)
population. Alors que, dans l’en-Nombre % Nombre %
semble, les moins de 20 ans sont net-Agriculteurs exploitants 1 077 0,5 15 804 0,8
Artisans, commerçants, chefs d’entreprise 8 632 4,1 89 309 4,4 tement plus nombreux que les plus de
Cadres, professions intellectuelles supérieures 20 304 9,6 220 306 10,9
Professions intermédiaires 33 401 15,8 329 053 16,3 60 ans (25% contre 19,5%), certaines
Employés 24 509 11,6 246 581 12,2
communes comptent autant, voire da-Ouvriers 43 675 20,7 359 727 17,9
Retraités 58 166 27,6 513 545 25,5 vantage, de «séniors». Il s’agit de Sot-
Autres, sans activité professionnelle 21 253 10,1 239 330 11,9
teville-lès-Rouen, Grand-Quevilly, Bon-Ensemble des ménages 211 017 100,0 2 013 655 100,0
secours, Déville-lès-Rouen, Bihorel etSource : INSEE - Recensement de la population 1999 Unités : personne, %
(1) voir encadré page 3 Bois-Guillaume. A l’opposé, Fon-
taine-sous-Préaux, Saint-Aubin-Epinay,
Mais l’élément le plus marquant est lui aussi, inférieur à la moyenne. Petit-Couronne, Canteleu, Malaunay et
certainement le fait que l’aire urbaine En cohérence avec la structure par Belbeuf «hébergent» au moins deux
de Rouen présente une classe d’âge catégorie socio-professionnelle, le fois plus de jeunes que de plus de 60
des 20-25 ans nettement moins nom- niveau de diplôme de la population est ans.
breuse qu’ailleurs. Cette caractéris- plutôt faible. Rouen partage avec Selon la répartition des catégories
tique renvoie à la relative faiblesse de Amiens la dernière place des dix aires socio-professionnelles, certaines com-
l’attractivité de ce territoire à l’égard urbaines de référence quant à la part munes (Saint-Martin-du-Vivier,
des jeunes adultes, et particulièrement des diplômés de l’enseignement supé- Bois-Guillaume, Mesnil-Esnard,
des étudiants (voir page 5). rieur dans la population. En fait, on re- Franqueville-Saint-Pierre,
trouve là les caractéristiques structu- Mont-Saint-Aignan), avec plus de 20%
relles de la Haute-Normandie et de la de ménages «cadres», apparaissent
Une population relativement Picardie en matière de formation. comme favorisées. A l’inverse,
Les principales caractéristiques depeu favorisée du point de vue social Saint-Etienne-du-Rouvray, Petit-Que-
la population ainsi décrites ne se véri- villy, Darnétal, Oissel voire Canteleu,
Sous l’angle des catégories fient pas, bien sûr, de façon uniforme Grand-Couronne ou Amfre-
socio-professionnelles, la population sur l’ensemble des communes de l’aire ville-la-Mi-Voie combinent une forte re-
de l’aire urbaine de Rouen apparaît urbaine. La communauté d’aggloméra- présentation des catégories sociales
comme relativement moins favorisée. tion compte, en proportion, davantage les moins favorisées et une proportion
La part des ménages «actifs» dont la de retraités et surtout beaucoup plus de chômeurs élevée (autour de 20%).
personne de référence est cadre d’étudiants que sa couronne périur- Ces disparités socio-démographiques
(15,4%) est significativement inférieure baine. Parmi les actifs, les différences entre les différentes communes se
à la moyenne des aires urbaines com- notables concernent les employés, trouvent accentuées par les mouve-
parables. La proportion des ménages beaucoup plus représentés au sein de ments des ménages plutôt favorisés
ouvriers (33,2%) est la plus élevée celle-ci, à l’inverse des professions in- vers les communes les plus résiden-
après celle observée à Amiens. Le termédiaires et des artisans et com- tielles ou vers la couronne périurbaine
revenu moyen des foyers fiscaux est, merçants, plus nombreux dans le reste de la communauté d’agglomération
4 - L’AIRE URBAINE DE ROUEN
❑à partir de 35 ans estMIGRATIONS
beaucoup plusRÉSIDENTIELLES
prononcé.
Une faible attractivité
à l’égard des étudiants
Rouen attire peu
et des actifs d’étudiants…
L’aire urbaine de Rouen se carac-
Cette faible attractivi-térise par une croissance démogra-
té ne concerne pas lesphique faible. Cette faiblesse s’ex-
jeunes actifs (jusqu’à 35plique par un solde migratoire
ans) que Rouen par-nettement négatif depuis le milieu
vient à attirer, ou à rete-des années 70. Sur la dernière dé-
nir, dans des propor-cennie, c’est même celle qui, parmi
tions «normales». C’estles dix aires urbaines de référence
sur les étudiants que le(voir encadré p. 3), connaît le résultat
déficit d’attractivitéle plus défavorable. Ce déséquilibre
s’exerce. Au regard deentre les arrivées et les départs s’ex-
ce qui se passe dans lesplique par une attractivité faible
aires urbaines compara-vis-à-vis de l’extérieur alors que les
bles, Rouen accueilledéparts, en proportion, ne sont pas
peu d’étudiants venantplus nombreux qu’ailleurs.
de l’extérieur. Seule
SOLDE MIGRATOIRE PAR ÂGE (1990 - 1999)
l’aire urbaine d’Orléans
60
est moins attractive,Des migrations
50mais elle partage avecnettement déficitaires
Tours le rôle de capitale
40
universitaire de la région Aires urbaines de référenceEntre 1990 et 1999, l’aire urbaine a
30Centre. A un degréperdu plus de 5 000 habitants par le
moindre, on peut penserjeu des migrations (87 000 départs 20
que Rouen «subit» aussicontre moins de 82 000 arrivées). Si
10ce type de situation avecelle gagne des habitants sur le reste de
la présence, enla Haute-Normandie (surtout des 0
Haute-Normandie, d’unjeunes), elle en perd davantage au
-10
autre pôle d’enseigne-profit de l’Ile-de-France et du reste de Aire urbaine de Rouen
ment supérieur, Lela métropole. -20
Havre, qui accueilleSi on analyse ces migrations selon
-30
près d’un étudiantles classes d’âge, le profil observé est 010 20 30405060 708090
haut-normand sur cinq.classique pour une communauté d’ag-
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : %D’autre part, si les dé-glomération de cette taille : excédent
Note de lecture : le nombre de personnes âgées de 21 ans recensées en 1999 dans l’aire urbaine de
parts d’étudiants ne sont Rouen est supérieur de 29% à ce qu’il aurait été s’il n’y avait pas eu de migrations entre 1990 et 1999.migratoire pour les jeunes actifs ou
pas plus importantsétudiants qui trouvent dans les gran-
SOLDES MIGRATOIRES D’ACTIFSqu’ailleurs, ils sont trèsdes villes l’offre d’enseignement supé-
Aire urbaine 1968-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999majoritairement orientésrieur ainsi que des opportunités de lo-
Bordeaux 4,1 2,3 2,2 1,9vers l’Ile-de-France, etgement et d’emploi plus nombreuses ; 1,2 0,7 3,0Nantes 4,1
de façon plus marquée Rennes 6,3 4,2 1,4 2,2déficit pour les trentenaires et leurs en-
Rouen 0,7 -3,2 -2,9 -3,3
que pour la plupart desfants qui s’installent prioritairement Montpellier 9,6 7,8 8,3 6,1
Clermont-Ferrand 6,6 1,8 -1,1 -1,8autres capitales régiona-dans les zones périurbaines à la re- Caen 6,4 1,0 -1,3 -1,2
les du grand bassin Orléans 13,1 5,7 3,0 2,6cherche de conditions de logement
Dijon 7,5 -0,3 -0,7 -2,3
parisien.jugées plus favorables. Amiens 4,3 -1,0 -4,5 -5,3
Cette faible capacitéToutefois, si on étudie les migra- Total 5,4 1,7 0,6 0,6
à attirer des étudiants Source : INSEE - Unité : solde migratoire d’actifstions de l’aire de Rouen au regard des
Recensements de la population rapporté à la population active de début de période (en %)
venant d’autres régionsaires urbaines de taille comparable, 1968, 1975, 1982, 1990 et 1999
est à mettre en relationforce est de constater que l’attractivité
avec un rayonnement nécessairementà l’égard des jeunes est nettement et le littoral. Par ailleurs, le poids très
limité dû à la situation de Rouen à limité de la recherche publique dans lemoins marquée qu’ailleurs et que le
mi-chemin entre la capitale nationale pôle rouennais ne contribue pas àdéficit migratoire concernant les actifs
L’AIRE URBAINE DE ROUEN - 5améliorer son attractivité sur les étu- «perdre» des ouvriers et des des coûts moins élevés.
diants désirant effectuer un cycle uni- retraités. La périurbanisation concerne aussi
versitaire long ou sur les jeunes les entreprises. Les activités se
chercheurs. concentrent sur certains sites, disso-
La couronne périurbaine ciés de l’habitat et souvent en marge
attire les jeunes ménages de la communauté d’agglomération.
…et peu d’actifs après 35 ans Dans les secteurs denses de tradition
Conformément au phénomène d’éta- industrielle, les exigences spatiales du
Réparti sur une tranche d’âge plus lement urbain observé depuis une tren- développement économique se heur-
large (entre 35 et 50 ans environ), le taine d’années autour des grands pôles tent en effet à la pression de l’habitat et
déficit migratoire lié aux actifs pèse urbains, l’Agglo. de Rouen connaît un à des contraintes environnementales.
aussi fortement sur le déficit global. solde migratoire négatif vis-à-vis de sa Cette relocalisation concerne surtout
C’est, en proportion, le plus élevé couronne périurbaine. Entre 1990 et l’industrie légère et le secteur tertiaire.
après celui d’Amiens. Cette situation 1999, près de 20 000 personnes ont La périphérie a également été
n’est pas nouvelle. Si Rouen accueil- quitté la communauté d’agglomération conquise par les hypermarchés et les
lait davantage d’actifs qu’elle n’en pour aller résider dans le reste de l’aire grandes surfaces spécialisées
perdait jusque dans le milieu des urbaine contre 11 000 ayant fait le
années 70, la situation s’est depuis chemin inverse. Situation «classique»,
inversée. Ce constat reflète directe- l’Agglo. de Rouen perd surtout des mé-
ment la faible attractivité de la zone nages de trentenaires et leurs enfants :
ENJEUXen matière d’emploi. La persistance le déficit correspondant représente plus
Le développement de l’Agglo. de Rouen repo-d’un faible dynamisme économique de 2 000 ménages, soit presque un sur
sera sur la définition d’une politique foncière
depuis environ 25 ans constitue le cinq dans cette catégorie d’âge. A l’in- visant à :
- développer l’offre foncière dans les sec-principal facteur limitant le dévelop- verse, elle gagne de nombreux jeunes
teurs centraux pour limiter la périurbanisa-pement démographique de ce terri- (près de 2 000 personnes âgées de 20 à
tion. Pour ce faire, la réhabilitation des friches
toire (voir page 8). 30 ans). (industrielles, portuaires...), dernières dispo-
nibilités foncières dans ces secteurs cen-Tous les cantons environnants ne
traux, apparaît déterminante,sont pas concernés dans la même
- limiter les coûts fonciers pour permettre
Un déficit mesure par le phénomène de périurba- une diversité des usages (habitat/activités) et
de l’offre de logements (public/privé).nisation. Entre 1990 et 1999, les can-plus marqué pour les cadres
Ces pistes d’action seront explorées lors de latons (dans leur partie «hors commu-
définition du volet foncier du contrat
Toutes les catégories socio-profes- nauté d’agglomération») qui ont le plus d’agglomération.
sionnelles sont concernées par le défi- accueilli d’actifs ayant quitté celle-ci,
cit migratoire. La tendance est particu- tout en y conservant leur emploi, sont
lièrement marquée pour les cadres du ceux de Clères, Boos, Duclair et Pavil-
secteur privé : le déficit est d’environ ly. Toutefois, si on rapporte ces nou-
un cadre sur dix entre 1990 et 1999 et veaux arrivants aux populations acti- LOGEMENT
s’observe en très grande majorité à ves respectives de ces zones, les
l’égard de l’Ile-de-France. Cette région mouvements de périurbanisation sont La concentration
exerce également une attraction parti- les plus sensibles vers les cantons de des logements sociaux
culière sur les professions intermédiai- Grand-Couronne (trois communes),
accentue les disparités
res et sur les employés. Dans l’en- Darnétal, Boos, Notre-Dame-de-Bon-
socialessemble, les échanges, quelle que soit deville, Clères (les nouveaux périur-
la catégorie sociale, sont déficitaires à bains y représentent 15 à 20% de la La Communauté d’agglomération
l’égard des régions du sud, de l’ouest population active locale) et, dans une comporte environ 180 000 logements,
et du centre de la France tandis qu’ils moindre mesure, à Buchy et à Routot dont un peu plus de 166 000 sont habi-
sont plus équilibrés et même souvent (plus d’un actif sur dix). tés à titre de résidence principale.
favorables à Rouen avec les régions du La destination géographique des Comme dans toute agglomération de
nord et de l’est. Cette tendance géné- «sortants» de la communauté d’agglo- cette taille, la part des logements en
rale s’applique également aux retraités mération varie sensiblement en fonc- immeuble collectif est très importante :
mais on note tout de même un excé- tion de la catégorie sociale. Les popu- plus d’un logement sur deux. Quelques
dent vis-à-vis de l’Ile-de-France pour lations les moins aisées s’orientent en communes présentent un tissu urbain
cette catégorie. règle générale vers des cantons plus particulièrement marqué par l’habitat
Enfin, dans ses échanges avec le lointains (Val-de-Reuil, collectif : Rouen en premier lieu (79%),
reste de la région, l’aire urbaine a Pont-de-l’Arche, Fleury-sur-Andelle, mais aussi Grand-Quevilly (74%), Can-
tendance à «gagner» des professions Pavilly, Routot), où les disponibilités teleu (69%), Maromme (67%) et
intermédiaires et des employés et à foncières sont plus importantes et à Mont-Saint-Aignan (63%).
6 - L’AIRE URBAINE DE ROUEN
❑RÉSIDENCES PRINCIPALES SUIVANT LE STATUT D’OCCUPATION ET LE LIEU D’HABITATIONL’habitat individuel est en revanche
Communautélargement majoritaire dans les 45 000
d’agglomération de Aires urbaines de
résidences principales de la couronne Aire urbaine de Rouen Rouen Couronne périurbaine référence
périurbaine (87%). On y trouve égale- Propriétaires 47,5 40,7 73,0 52,4
Locataires 49,9 56,7 24,4 44,2ment une très forte proportion de mé-
Secteur libre 20,9 23,5 11,1 25,3
nages propriétaires (73%) alors que le Secteur HLM 26,8 30,6 12,9 16,4
Autres 2,2 2,7 0,4 2,5logement locatif domine dans l’Agglo.
A titre gratuit 2,6 2,6 2,5 3,3
de Rouen (57%). La commune de
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : %
Rouen, avec une proportion impor-
tante de «petits» logements, concentre
LA CONSTRUCTION RÉCENTE ET SON ÉVOLUTION (RÉSIDENCES PRINCIPALES)plus du tiers des résidences principa-
Ensemble des logements construitsles de celle-ci, pour seulement 27% de
entre 1990 et 1999 Dont logements HLM
la population.
Variation par rapport à la Variation par rapport à la
Nombre période 1982-1990 (%) Nombre période 1982-1990 (%)
Aire urbaine de Rouen 18 043 -14 4 187 -15
Dont communauté d’agglomération de Rouen 12 661 -12 3 400 -21
Un faible rythme Dont couronne périurbaine 5 382 -20 787 31
de construction neuve Aires urbaines de référence 285 784 12 47 050 22
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 Unités : logement, %
Au regard des agglomérations com-
TAUX D’EFFORT DE CONSTRUCTION (1)parables, l’Agglo. de Rouen présente
un rythme de construction neuve deux a sensiblement augmenté dans les ag- Aire urbaine de Rouen 36
Dont communauté d’agglomération de Rouen 33
fois moins important, à l’image de la glomérations comparables, si bien que Dont couronne périurbaine 45
croissance démographique de ce terri- la part de ce type de logement dans Agglomérations de référence 63
toire. Les indices de construction l’ensemble de l’habitat est maintenant Aires urbaines de référence 63
neuve les plus faibles s’observent dans du même ordre qu’ailleurs (53%). Source : INSEE - Unité : pour mille habitant
Recensement de la population 1999
les communes de la rive gauche et de (1) nombre de logements (résidences principales) construits entre 1990 et
1999 pour mille habitantsla Vallée du Cailly.
Entre les années 80 et les années Un parc locatif social
quement élevé des catégories ouvriè-90, le rythme de construction a même très développé mais ancien
res. Le parc locatif social est en effetbaissé pour ce qui est des maisons in-
particulièrement ancien (85% de cedividuelles mais cette tendance est En fait, Rouen se distingue essen-
parc date des années 50 à 70).également observée ailleurs. En re- tiellement des autres agglomérations
Il est aussi très inégalement répartivanche, le nombre de logements col- par le poids particulièrement important
entre les communes de la communau-lectifs créés est resté stable alors qu’il du logement locatif social tandis que le
té d’agglomération : son poids dans leparc locatif privé est
parc de logements des communessous-représenté. Tel que
varie de 0 à 70%. Sa concentrationrepéré au dernier recen-
dans certaines communes de la rivesement, le parc locatif
gauche, sur les hauts de Rouen et àsocial représente plus
Canteleu tend à accentuer les inégali-de 30% de l’ensemble
tés sociales dans l’espace.des résidences principa-
Il existe en outre de nombreux loge-les alors que cette part
ments vétustes (notamment dans lesest en moyenne de 20%
quartiers d’habitat ancien lié au passédans les autres agglo-
industriel qui se sont paupérisés) quimérations. Cette forte
constituent un parc social de fait. Danssurreprésentation du
les communes dépourvues de loge-parc social peut être
ments sociaux, les familles à très fai-considérée comme ex-
bles ressources sont accueillies encessive au regard des
majorité dans le parc privé. Dans lescaractéristiques de la
communes des plateaux Nord et Est,population de la commu-
près des deux tiers des ménagesnauté d’agglomération,
vivant sous le seuil de bas revenus (1)juste un peu moins favo-
sont accueillis dans le parc privé.risée que celle des ag-
glomérations compara-
bles. Mais elle renvoie
(1) Source CAF - 31/12/1998 - (seuil bas revenus : 3 874 F).surtout au poids histori-
L’AIRE URBAINE DE ROUEN - 710% du parc privé ancien Aujourd’hui, en termes d’emplois,ses environs. Sur période longue,
est vétuste l’Agglo. de Rouen n’est ni plus ni moinsdepuis 1962, la situation de l’emploi,
industrielle que les aires urbaines deplus délicate qu’ailleurs, explique des
Le parc privé ancien (1) comptait, référence. Le secteur tertiaire regroupesoldes migratoires d’actifs nettement
au recensement de 1999, 51 300 loge- plus de 77% des emplois et l’industriemoins favorables, plaçant Rouen au
ments dont 5 470 dans la ville-centre. moins de 15% contre plus de 30% endernier rang en termes d’attractivité
Un dixième de ce parc est considéré 1975. Sur les dix aires urbaines com-d’actifs. Depuis 1982, seule Amiens
comme vétuste et inconfortable, soit parables, Rouen est désormais en 3econnaît des soldes plus déficitaires.
environ 5 300 logements dont 2 000 à position des moins industrielles (poidsCette situation a des conséquences
Rouen (soit plus du tiers du parc de l’emploi industriel dans l’emploitrès importantes sur la faible crois-
ancien de la ville-centre). Présents total). L’agriculture ne représente plussance démographique.
dans tous les secteurs de l’Agglo. de qu’environ 1% des actifs occupés, ce
Rouen, les logements vétustes repré- qui est peu comparé aux autres aires
sentent jusqu’à 13% du parc ancien urbaines. Enfin, la construction re-Rouen a perdu sa spécificité
dans les communes de la rive gauche groupe un emploi sur seize, soit uneindustrielle en matière d’emploi
et des plateaux Est. proportion plutôt élevée pour une ag-
Le taux de vacance des logements, glomération de cette taille.La moins bonne tenue de l’emploi
de l’ordre de 6%, est comparable à s’explique en partie par un fort déclin
celui des autres agglomérations. La va- de l’emploi industriel haut-normand. La
cance de longue durée dans le parc Des évolutionsstructure initialement industrielle de la
privé affecte tous les secteurs de la d’emplois souvent défavorableszone fait que la décroissance générale
communauté d’agglomération de l’emploi du secteur secondaire s’est
Sur période récente (1990-1999),traduite à Rouen par une baisse d’un
seul le secteur de la construction a(1) Logements construits avant 1949. plus grand nombre d’emplois. Mais la
mieux résisté qu’ailleurs. Globalement,surreprésentation passée de l’industrie
par rapport aux aires urbaines de réfé-n’explique pas la totalité du déficit. Elle
rence, l’industrie a encore perdu plusENJEUX est seulement «responsable» de la
Le programme local de l’habitat (PLH) de d’emplois, les effectifs du commerceperte de 2 500 emplois supplémentai-
l’Agglo. de Rouen, approuvé en 1999, vise à sont à la baisse alors qu’ils ont ten-res dans ce secteur alors que le
redistribuer le logement social, diversifier
dance à augmenter ailleurs et lesmanque à gagner total dans l’aire ur-l’offre et assurer la mixité sociale dans toutes
les communes de la communauté d’agglomé- autres services progressent deux foisbaine par rapport à des évolutions
ration. Il s’oriente actuellement vers une moins vite. Entre 1990 et 1999,comparables dans les autres aires ur-
action globale sur l’ensemble du parc de loge-
l’emploi total a stagné alors qu‘il a pro-baines de même taille est de l’ordre dements : la construction neuve (politique fon-
cière), le parc privé (opération programmée gressé de plus de 8% ailleurs. Ceci re-50 000 emplois en 25 ans.
d’amélioration de l’habitat) et le logement présente un “manque à gagner” d’envi-En réalité, l’industrie locale a plus
social (Charte de peuplement).
ron 16 000 emplois pour lasouffert qu’ailleurs et moins d’emplois
communauté d’agglomération.ont été créés dans le tertiaire. Rouen
En règle générale, les secteurs in-se place à la dernière position des dix
dustriels ont connu des évolutionsaires urbaines de taille comparable en
moins favorables que dans les autrestermes d’évolution de l’emploi dans ceEMPLOI
aires urbaines. C’est notamment le casdernier secteur depuis 25 ans. Il est
des industries des composants ou desFaible dynamisme de vrai qu’une partie du tertiaire repose
équipements électriques et électroni-sur les services aux entreprises etl’emploi : le cercle vicieux
ques, de la chimie ou de la métallurgie.donc sur l’industrie. La crise industrielle
Rouen se distingue des aires urbai- Exception notable, le secteur de laa donc freiné la croissance de l’emploi
nes de taille comparable (voir encadré pharmacie (plus de 1 000 emplois) atertiaire.
p.3) par un faible dynamisme de
l’emploi sur place. En 25 ans, le
ÉVOLUTION DU NOMBRE D’EMPLOIS PAR GRAND SECTEUR D’ACTIVITÉ ENTRE 1975 ET 1999
nombre d’emplois a légèrement dimi-
Aires urbaines Agriculture Industrie Construction Tertiaire Total
nué (-1,7% entre 1975 et 1999) alors
Bordeaux -26,4 -31,8 -27,7 55,4 22,5
qu’il a connu une hausse de l’ordre de Nantes -53,9 -21,3 -24,3 80,3 33,6
Rennes -63,8 10,7 -8,1 81,6 40,825% dans l’ensemble des aires urbai-
Rouen -60,3 -52,2 -26,1 32,3 -1,7
Montpellier -52,7 25,0 -21,3 110,0 74,2nes de taille comparable. Parallèle-
Clermont-Ferrand -52,3 -33,7 -29,8 53,7 11,7
ment, comme partout ailleurs, le chô- Caen -52,9 -33,0 -29,2 66,4 20,5
Orléans -54,4 -22,8 -25,4 74,8 29,2mage a fortement progressé, mais en Dijon -23,6 -27,8 -27,8 43,6 16,6
Amiens -57,2 -40,7 -20,2 45,7 7,5l’absence de créations d’emplois, la
Ensemble -51,0 -28,5 -24,4 63,0 23,9hausse est plus sensible sur Rouen et
Source : INSEE - Recensements de la population 1975 et 1999 Unité : %
8 - L’AIRE URBAINE DE ROUEN
❑STRUCTURE DES EMPLOIS PAR GRAND SECTEUR D’ACTIVITÉ EN 1975 ET 1999 A l’exception de la santé, de l’action
Structure des emplois en 1975 Structure des emplois en 1999 sociale et des activités associatives,
Aires urbaines Aires urbaines même les secteurs générateurs d’em-
Aire urbaine de Rouen de référence Aire urbaine de Rouen de référence
plois localement le sont moins que
Nombre total d’emplois 206 760 1 606 120 203 320 1 990 110
dans les aires urbaines comparables.Agriculture 3,5 6,1 1,4 2,4
Industrie 26,4 15,230,5 14,8 Qu’il s’agisse des services opération-
Construction 8,5 9,2 6,4 5,6
Tertiaire 58,4 76,8 nels, qui comprennent l’intérim, des57,5 77,4
Source : INSEE - Recensements de la population de 1975 et 1999 Unités : emploi, % hôtels, cafés, restaurants ou de l’édu-
cation qui ont connu des hausses d’ef-
fectifs respectives de 29%, 15% et
L’EMPLOI SALARIÉ PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ ENTRE 1990 ET 1999 10%, les créations d’emplois ont été
nombreuses mais sensiblement moinsNombre Évolution 1990 - 1999
d’emplois en Rang de Rouen qu’ailleurs (2 500 emplois en1999 dans l’aire Aires urbaines parmi les dix
urbaine de Aire urbaine de de référence aires urbaines environ).
Secteur d’activité (NES 36 postes) Rouen Rouen (en %) (en %) de référence
Agriculture, sylviculture, pêche 2 890 -33,2 -19,7 9
Industrie 30 140 -19,2 -9,4 10 Une logique de cercle vicieux
Industries agricoles et alimentaires 4 230 -10,9 -4,9 7
Habillement, cuir 760 -65,1 -44,1 10
Signe par ticulier duÉdition, imprimerie, reproduction 1 270 -14,2 -5,6 10
Pharmacie, parfumerie et entretien 1 190 55,9 23,1 2 ralentissement : alors qu’elles sont ini-Industrie des équipements du foyer 1 180 -6,3 -16,6 4
tialement moins présentes (11,4% des
Industrie automobile 930 -24,8 -13,6 6
emplois contre 12,5% en moyenne),Construction navale, aéronautique et ferroviaire 50 -43,2 0,9 10
Industrie des équipements mécaniques 3 310 0,2 2,8 7
les administrations publiques ont créé
Industrie des équipements électriques et électroniques 3 420 -26,7 -15,4 9 moins d’emplois ici qu’ailleurs. Rouen
Industrie des produits minéraux 650 -25,3 -20,5 8
Industrie textile 680 -50,3 -36,6 8 se place en dernière position en
termes de hausse de l’emploi dans leIndustrie du bois et du papier 2 100 -7,1 -15,0 3
Chimie, caoutchouc, plastiques 2 760 -26,5 -20,4 7 secteur ; il s’agit d’un déficit d’environ
Métallurgie et transformation des métaux 2 430 -24,6 -18,9 9
1 500 emplois sur les dix dernières
Industrie des composants électriques et électroniques 2 290 -22,7 14,9 8
Production de combustibles et de carburants 830 -24,2 -35,2 5 années par rapport aux autres aires ur-
Eau, gaz, électricité 2 060 2,6 9,3 6 baines. Ce déficit est cependant à
Construction 13 000 -8,9 -11,8 2 nuancer car il faut le mettre en relation
Commerce 27 460 -7,9 5,9 9 avec une moindre croissance de la po-
Commerce et réparation automobile 4 170 5 5,2 7
pulation. On identifie ici le cercle vi-Commerce de gros, intermédiaires -15,1 4,48 690 10
Commerce de détail, réparations 14 600 -6,3 7,1 9 cieux dans lequel se situe la Commu-
Services 129 830 9,9 18,4 10 nauté d’agglomération. Le faible
Transports -10,912 850 5,9 10
dynamisme de l’emploi sur longue pé-Activités financières 7 460 6,6 6,9 4
riode explique un manque d’attractivi-
Activités immobilières 3 120 -27,6 -32,0 4
Postes et télécommunications 5 360 -11,2 -1,1 8 té, des soldes migratoires négatifs et
Conseil et assistance 8 990 -22,7 22,6 10
une faible croissance démographique
Services opérationnels 10 380 30,2 60,2 10
qui, à son tour, a un impact négatif surRecherche et développement 410 -6,9 28,8 8
Hôtels et restaurants 5 980 13,7 21,2 7 l’emploi.
Activités récréatives, culturelles et sportives 2 220 27,9 41,7 8 Dernier indicateur de ce moindre
Services personnels et domestiques 4 550 15,9 8,9 5
dynamisme, la création de nouvellesÉducation 17 510 8,1 9,7 7
structures (nouveaux établissements,Santé et action sociale 23 770 38,1 30,2 4
Administration publique 21 760 9,3 15,6 10 nouvelles entreprises, en général très
Autres 5 470 /// /// ///
petites), moteur de la création
Total 203 320 -0,2 8,4 10
d’emploi, occupe une place moins im-
Source : INSEE - Recensements de la population de1990 et 1999 Unités : nombre, % portante au sein de l’Agglo. de Rouen
que dans les agglomérations
connu un essor nettement plus plois. Comparés aux résultats moyens comparables.
marqué qu’ailleurs. des autres aires urbaines, les déficits
Les plus forts déficits sont dans les sont de 4 000 emplois dans le conseil
secteurs tertiaires. Dans un contexte et assistance (en informatique), 2 000 Une filière portuaire très spécifique
de hausse des effectifs dans ces sec- emplois dans le transport, 2 000 em-
teurs, le commerce, le transport et les Très tertiaire, comme c’est toujoursplois dans le commerce de détail et
activités de conseil et assistance ont 2 000 emplois dans le commerce de le cas des grosses agglomérations,
localement perdu de nombreux em- Rouen se distingue par ses activités degros.
L’AIRE URBAINE DE ROUEN - 9transport qui emploient près de 13 000 fité de l’essor de certaines professions CHÔMAGE
personnes, soit un emploi sur seize au que les autres agglomérations, en par-
sein de l’aire urbaine (6,3% des em- ticulier dans le secteur du conseil et L’écart entre hommes
plois contre 4,7% dans l’ensemble des assistance, partout générateur d’em- et femmes se réduit
agglomérations de référence). Ces ac- plois très qualifiés. Les évolutions
Contrairement à la région, l’Agglo.tivités découlent directement de la pré- d’emploi concernant ces métiers sont
de Rouen ne se distingue pas par unsence du port, forte spécificité locale. assez défavorables à Rouen même
fort recours à l’intérim et la part d’em-Bien que moins industrielle qu’elle comparées aux autres agglomérations
plois dits précaires, bien qu’en aug-ne l’a été, la communauté d’agglomé- proches de Paris (Amiens, Orléans,
mentation sensible sur la dernière dé-ration possède encore quelques sec- Caen…).
cennie, n’est pas plus importanteteurs spécifiques et grands
qu’ailleurs. Le nombre d’emplois sta-établissements industriels. La fabrica-
bles est passé de 89% à 83% entretion d’engrais (1 000 emplois avec, en Plus d’emplois d’ouvriers,
1990 et 1999. La situation des femmesparticulier, le site de la Grande Pa- moins de cadres
n’a, elle non plus, rien de spécifique.roisse à Grand-Quevilly) demeure très
Les femmes occupent désormais 47%bien représentée et la communauté La structure des emplois de la
des emplois contre moins de 40% end’agglomération concentre 13% des Communauté d’agglomération est
1975. Cette féminisation de laemplois du secteur en France. Sont marquée par un poids important d’ou-
main-d’œuvre est liée à une forte aug-également très présentes les activités vriers (24% des emplois contre 21%
mentation des taux d’activité à presquede raffinage (800 emplois, 7% des em- dans l’ensemble des agglomérations
tous les âges. En fait, l’activité desplois du secteur en France, et l’établis- de même taille) et une plus faible pré-
femmes, comme celle des hommes, asement de la Couronnaise de raffinage sence de cadres (déficit de cadres de
diminué aux âges extrêmes (moins deà Petit-Couronne) et de fabrication de la fonction publique et de cadres d’en-
25 et plus de 55 ans). Les niveaux depâte à papier (1 000 emplois, avec no- treprise en particulier). Cette forte pré-
qualification des postes occupés partamment la Papeterie de Rouen OTOR sence d’ouvriers est en grande partie
les femmes restent globalement plussituée à Saint-Étienne-du-Rouvray, liée aux caractéristiques de l’industrie
faibles (plus d’employées et nettementsoit 4% des emplois du secteur en locale, avec de grands établissements
moins de cadres) mais cela est dû auxFrance). et peu de main-d’œuvre qualifiée. Les
générations les plus âgées. A l’imageservices présents laissent, eux aussi,
de tendances très générales, lesune place plus importante aux ouvriers
femmes de moins de trente ans sontCertaines activités tertiaires (manœuvres) avec, notamment, la fi-
aussi souvent cadres que les hommes«supérieures» sont peu présentes lière portuaire, très spécifique
du même âge. Sur les dix dernières
années, le chômage des femmes aLes activités financières, avec de
moins progressé que celui desgrands établissements comme AXA à
hommes et le différentiel de taux entreBelbeuf, le Crédit Agricole à Bois-Guil-
hommes et femmes (toujours défavo-laume et la MATMUT à Rouen, sont
rable à ces dernières) s’est donc consi-ENJEUXassez bien implantées. Au contraire,
Aujourd’hui, bien que l’emploi local soit moins dérablement réduit. Rouen se dis-les activités de recherche et dévelop-
marqué par le secteur secondaire, la présence tingue par des taux d’activité despement tout comme les activités de du port et d’activités industrielles spécifiques
jeunes relativement élevés, ce qui estconseil et assistance sont peu repré- reste déterminante dans la dynamique écono-
mique locale. L’enjeu n’est pas d’évoluer vers à relier à de faibles taux de poursuitesentées avec, en particulier, une fai-
le «tout tertiaire», mais de diversifier le tissu d’étude ou plutôt à un plus faible poidsblesse sur le créneau de l’informa- économique en favorisant les synergies entre
du pôle universitaire.tique : le traitement de bases de formation, recherche et emploi. La mise en
place de pôles thématiques, tels que le Tech- La communauté d’agglomérationdonnées, la réalisation de logiciels et le
nopôle du Madrillet sur le thème de la com- affiche un taux de chômage (environconseil en systèmes informatiques. La bustion, répond à cette logique.
11% en janvier 2002 au sens du BIT)proximité de Paris contribue à expli- Par ailleurs, la gestion de la problématique des
risques majeurs apparaît essentielle pour le légèrement supérieur à la moyennequer ce moindre dynamisme : les en-
développement et l’attractivité de l’Agglo. de des autres agglomérations compara-treprises de services «supérieurs» ont Rouen dans les années à venir, tant vis-à-vis
bles. Ce taux peut être presque consi-tendance à s’installer plus près des des habitants que des activités. La présence
d’établissements à risques au cœur de la déré comme relativement faible pour lasièges sociaux et d’une masse plus im-
Communauté d’agglomération détermine des capitale d’une région fortementportante d’utilisateurs. De plus, locale- contraintes en termes d’urbanisation (périmè-
touchée. Ainsi, par exemple, le taux dement, il est facile d’avoir recours à des tres de danger) qui entravent le développe-
ment. Dans une logique de maintien de ces chômage à Rouen est sensiblement in-services situés en région parisienne.
établissements et des emplois qu’ils génèrent, férieur à celui de Montpellier ouCes évolutions et ces spécificités la réduction des risques à la source doit être
d’Amiens alors que la Picardie accusese reflètent sur l’emploi des cadres. En réalisée en priorité.
un taux de chômage légèrement infé-dix ans, l’Agglo. de Rouen a moins pro-
10 - L’AIRE URBAINE DE ROUEN

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