L'aire urbaine du Havre : un bassin de vie pour 300 000 habitants

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L'aire urbaine du Havre est un zonage à caractère technique , c'est à dire ni administratif, ni politique, qui a été défini par l'INSEE. Pour simplifier, l'aire urbaine est une zone au sein de laquelle les relations entre communes sont fortes parce que de nombreuses personnes habitent dans une des communes de l'aire urbaine et travaillent dans une autre. Cette situation a des implicatrions en matière d'habitat, de transports, d'équipements, de ressources des communes et de problèmes sociaux.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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L’aire urbaine du Havre : un bassin
de vie pour 300 000 habitants
L’aire urbaine est un zonage à caractère technique, c’est-à-dire ni administra-
tif, ni politique, qui a été défini par l’INSEE. Pour simplifier, l’aire urbaine est une
zone au sein de laquelle les relations entre communes sont fortes parce que de
nombreuses personnes habitent dans une des communes de l’aire urbaine et
travaillent dans une autre. Cette situation a des implications en matière d’habi-
AVANT-PROPOS tat, de transports, d’équipements, de ressources des communes et de problè-
mes sociaux.
Au cours des dix dernières années, l’aire urbaine du Havre a perdu des habi-L’Agence d’urbanisme de la région du
tants. Mais si la ville-centre a perdu des habitants, les communes de la péri-
Havre (AURH) et l’INSEE ont sou-
phérie en ont gagné, modifiant ainsi certains équilibres dans l’aire urbaine : les
haité s’associer pour fournir aux ac- déménagements à l’intérieur de ce territoire et l’augmentation des déplacements
teurs locaux une information sur leur «domicile-travail» qu’ils engendrent posent de nombreuses questions liées à
territoire notamment à partir des l’habitat et aux transports.
données récentes du recensement de L’un des faits marquants qui apparaissent dans cette étude est le manque
la population. Tirant parti des capaci- d’attractivité de l’agglomération havraise à l’égard des jeunes de 20 à 29 ans.
Toute agglomération de cette taille, disposant en outre d’un pôle universités d’expertise des deux organismes, -
taire, attire normalement de nombreux jeunes. Cette attractivité est relativementce document propose aux élus locaux
faible dans le cas du Havre. Comment retenir les jeunes ou les attirer davantage ?des analyses susceptibles d’éclairer
C’est un des principaux enjeux de ce territoire dans les années à venir.
leurs réflexions et leurs politiques sur
La structure industrielle de la région havraise, héritée du passé, présente
les périmètres des nouvelles intercom-
deux grandes caractéristiques : une forte représentation d’activités traditionnel-
munalités (communauté d’aggloméra- les (industrielles et portuaires) et une présence très marquée des établisse-
tion, communauté de communes, ments de grande taille. Ces deux caractéristiques, peu favorables à la
pays), et au regard des nouvelles res- croissance de l’emploi, ont pour conséquences un taux de chômage élevé et qui
ponsabilités qui sont les leurs. Cette ne baisse que lentement et une proportion importante de chômeurs de longue
étude prend comme espace de réfé durée, y compris chez les jeunes.-
L’ensemble de l’aire urbaine subit donc les conséquences des transformarence l’aire urbaine du Havre. Elle -
tions d’un appareil productif qui, de surcroît, est très concentré sur quelquesmet en avant les relations existantes
pôles d’emploi. Une diversification des activités, un développement du secteurentre les espaces intercommunaux qui
tertiaire et une multiplication des pôles d’emploi seraient de nature à rééquili-la composent et, à l’initiative de
brer ce territoire, au bénéfice de l’ensemble des communes et de leurs regroupe-
l’AURH, identifie certains enjeux de
ments. Ces politiques, qui mobilisent les acteurs locaux et commencent à se
développement local.
traduire sur le terrain, relèvent néanmoins d’un travail de longue haleine car une
structure économique n’évolue que progressivement.
Elle se compose de 72 communes enTERRITOIRE
1999, contre 61 en 1990. La commu-
QU’EST-CE QU’UNE AIRE URBAINE ? nauté d’agglomération du HavreUne agglomération et des
(CODAH) en comprend 17. Elle corresUne aire urbaine est constituée d’un pôle -couronnes périurbaines
urbain et des communes périurbaines dans l’in- pond, à quelques communes près, au
fluence de celui-ci. de plus en plus
pôle de l’aire urbaine, c’est-à-dire à
On définit un pôle urbain comme une unité ur- interdépendantesbaine (agglomération reposant sur la continuité l’unité urbaine du Havre (14 commu-
de l’habitat) qui compte au moins 5 000 nes). 58 communes périurbaines com-L’aire urbaine du Havre, avecemplois.
plètent l’aire urbaine. La commu-Dans la zone d’influence de ce pôle, les com 296 000 habitants se classe au 27ème-
munes périurbaines sont celles dont au moins nauté de communes derang des aires urbaines en France
40% de la population résidente ayant un emploi Saint-Romain-de-Colbosc (CCSR) est(25ème rang en 1990). Entre 1990 ettravaille dans l’aire urbaine.
incluse dans la partie sud de cette couL’aire urbaine correspond donc à un territoire -1999, l’aire urbaine s’est étendue au
dans lequel les liens entre les communes sont ronne périurbaine. Au nord, l’aire ur-nord et à l’est. Elle n’a pas encore fran-
forts en matière d’emploi.
baine déborde sur le Pays des Hauteschi la Seine, malgré la création du Pont
Falaises. Elle intègre la presque totalitéde Normandie.du District de Criquetot l’Esneval, à communes offrent 90% des em-
l’exception d’Etretat, et 15 communes plois et quatre communes sont
sur 22 de la Communauté de commu- considérées comme des pôles
nes de Goderville. Ce territoire, avec d’emploi (plus de 5 000 emplois
les quatre communes situées à l’est dans la commune) : Le Havre
appartenant aux communautés de (73 243 emplois en 1999), San-
communes de Bolbec et de Port- douville (7 489), Gonfre-
Jérôme, seront désignés par la suite ville-l’Orcher (7 353) et Montivil-
“Couronne Nord” de l’aire urbaine. liers (6 238). A ce titre, la
L’aire urbaine du Havre a connu CODAH regroupe plus de 85%
une extention de son territoire entre de l’emploi de l’aire urbaine
1990 et 1999. Dans la nouvelle délimi- (65% pour la seule ville du
tation, sa population a baissé de 1 966 Havre) et se pose comme lieu
habitants sur cette période. Elle fait de destination privilégié de la
partie des rares aires urbaines françai- majorité des navettes «domi-
ses en décroissance démographique. cile-travail» de l’aire urbaine.
Cette évolution résulte d’une baisse Au sein des pôles d’emploi,
de population importante dans les prin- des évolutions ont cependant eu
cipales communes urbaines (-6 551 lieu. Le Havre a perdu plus de
habitants) et de la poursuite d’une 3 200 emplois et Sandouville
croissance démographique dans tous plus de 1 600. En revanche, la
les territoires périurbains, en particulier croissance de l’emploi a été
dans la CCSR. Ce mouvement s’ins forte à Gonfreville-l’Orcher-
crit dans la tendance des vingt-cinq (+1 200) et surtout à Montivil-
dernières années, à ceci près qu’il a liers (+1 600). L’emploi a égale-
franchi une nouvelle étape : aux villes ment progressé à
en situation de diminution de popula- Saint-Romain-de-Colbosc, mais
tion depuis plusieurs décennies, Le cet accroissement n’a pas
Havre et Harfleur, sont venues s’ajou permis de compenser les pertes-
ter celles de Gonfreville- l’Orcher, de d’emplois de Sandouville. La
Montivilliers et de Sainte-Adresse. dernière décennie montre donc
Néanmoins, ces villes hébergent une légère tendance à une re-
encore 79% de la population de l’aire distribution de l’emploi dans la
urbaine. CODAH.
Plus largement, la CODAH et
la CCSR offrent davantage
Les navettes «domicile–travail» d’emplois qu’elles n’ont d’actifs
s’organisent autour de quatre pôles résidents, alors que la couronne
d’emploi, dont trois sont situés Nord, comme tout territoire pé-
dans la CODAH riurbain, est fortement déficitaire
en emplois. La communauté de
Entre 1990 et 1999, l’emploi et sa communes de Saint-Romain de
répartition géographique sont restés Colbosc cumule deux caracté-
stables. L’emploi est toujours très ristiques importantes : elle est à
concentré géographiquement ; sept la fois pôle d’emploi (les emplois
ÉVOLUTION DE LA POPULATION DE L’AIRE URBAINE (1)
Évolution
Nombre de Population Population 1990-1999
communes 1990 1999 (%)
CODAH 17 260 189 255 082 -2,0
Dont communes de plus de 8 000 habitants 5 240 350 233 799 -2,7
Dont autres communes 12 19 839 21 283 +7,2
CC de Saint-Romain-de-Colbosc (CCSR) 16 14 747 16 214 +9,9
Couronne Nord 39 23 803 25 477 +7,0
Aire urbaine du Havre 72 298 739 296 773 -0,7
Moyenne des aires urbaines de référence (2) 3 925 464 4 030 042 +2,7
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 Unités : commune, habitant, %
(1) limites de 1999
(2) aires urbaines françaises de 250 000 à 350 000 habitants
2 - L’AIRE URBAINE DU HAVREdonc plus forte du point de vettes «domicile-travail» à l’égard de
vue de l’emploi et de l’habitat celle de Notre-Dame-de-Gravenchon.
entre ces territoires. Au total, l’aire urbaine apparaît
Enfin, les entrées et sor comme un bassin d’emploi très auto- -
ties de l’aire urbaine sont nome puisque 93% des habitants tra-
aussi un peu plus nombreu- vaillent dans ce territoire.
ses qu’en 1990, mais sans
atteindre un poids significatif.
De plus, les flux de migrants
alternants entre l’aire ur- POPULATION
baine du Havre et les aires
urbaines limitrophes et régio- Une jeunesse
nales sont globalement équi- toute relative
librés. L’aire urbaine du
Dans une première analyse, la po-Havre exerce toutefois une
pulation de l’aire urbaine du Havreattraction plus marquée sur
peut être considérée comme particuliè-les aires urbaines de
rement jeune. La part des moins de 20Fécamp et de Bolbec et pré-
ans parmi les habitants était de 27,5%sente un léger déficit de na-
en 1999, proportion sensiblement su-
périeure à ce que l’on observe dans
l’ensemble de la région (26,6%), danssont deux fois plus nombreux que les
ENJEUX les aires urbaines de taille comparableactifs résidents) et les actifs qui y Comme au niveau national, la tendance locale
à celle du Havre (25,4%) ou dans cellevivent, travaillent, en très grande majo est à l’augmentation à la fois du nombre des-
déplacements et des distances « domicile-tra- de Rouen (25,8%). A l’opposé de la py-rité, à l’extérieur.
vail ». Elle confirme la cohérence de l’aire ur- ramide des âges, les plus de 60 ans re-
baine en tant que territoire de vie et d’activité
présentent presque 19% de la popula-des ménages qui y vivent mais, en même
temps, elle atteste de la nécessité d’une orga- tion contre 20% dans la moyenne desDes déplacements qui se multiplient
nisation cohérente des déplacements (tous aires urbaines d’environ 300 000et s’allongent entre les territoires modes confondus) à la fois au sein de la
habitants.CODAH comme entre la CODAH et les autresde l’aire urbaine
territoires de l’aire urbaine. Au-delà du plan de Cette jeunesse doit toutefois être
déplacements urbains (PDU), qui concernera relativisée. Si les jeunes sont, en pro-La CODAH présente un niveau d’in- bientôt toute la communauté d’agglomération
portion, plus nombreux jusqu’à 20 anstégration très important : près de neuf du Havre, reste donc posée la question d’une
politique locale de déplacements (infrastruc- (dynamisme de la natalité locale), ils leactifs sur dix habitent et travaillent sur
tures routières, transports en commun ur- sont relativement moins entre 20 et 29ce même territoire. Au sein de la bains et interurbains, réseau SNCF, etc.)
ans (du fait d’un solde migratoire néga-CODAH, les flux vers Montivilliers se couvrant l’aire urbaine et articulant les politi-
ques de déplacements des différents tif pour cette tranche d’âge). Les 20 àsont sensiblement accrus depuis 1990,
territoires. 29 ans représentent à peine 14% desen raison de la forte croissance de
habitants de l’aire urbaine contre plusl’emploi dans cette zone. Cette crois-
sance n’a pourtant pas entraîné une
PYRAMIDE DES ÂGES DE L’AIRE URBAINE DU HAVREbaisse sensible des navettes quoti-
diennes de Montivilliers vers les autres 100
HOMMESpôles d’emploi. L’emploi créé dans FEMMES
90
cette commune n’a donc pas été
80occupé par des actifs vivant dans la
Aires urbaines
70commune, mais bien dans toute la de taille
comparableCODAH. Plus globalement, les flux 60
entre communes de la CODAH ont net-
50
tement crû dans la dernière période
40intercensitaire.
Aire urbaine
De même, à l’intérieur de l’aire ur- du Havre 30
baine, les échanges se sont fortement
20
développés entre la CODAH et respec-
10tivement, la couronne Nord (augmen-
tation de 43% des migrations alternan- 0
2,0 1,5 1,0 0,5 0 0 0,5 1,0 1,5 2,0tes en direction de la CODAH) et la
CCSR (+30%). L’interdépendance est
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : %
L’AIRE URBAINE DU HAVRE - 3sein de la seule commune du Havre,RÉPARTITION DE LA POPULATION DE 15 ANS OU PLUS SELON LE NIVEAU DE DIPLÔME
par exemple, représentent les deux
30
tiers des déménagements enregistrés
dans l’aire urbaine.
25
20 Une logique de déménagement
du centre vers la périphérie
15
Cela étant, les échanges de popu-
lation entre les différentes composan-10
tes de l’aire urbaine restent importants :
plus de 15 000 personnes ont quitté le
5
Havre pour le reste de la Communauté
d’agglomération du Havre (CODAH) ou
0
inversement, et entre la CODAH et laAucun diplôme CEP BEPC CAP, BEP BAC, Brevet BAC+2 Bac+3 ou +
professionnel couronne périurbaine, les migrations
résidentielles ont concerné 12 000 per-Aire urbaine du Havre Aires urbaines de taille comparable Haute-Normandie
sonnes. Le solde migratoire du Havre
vis-à-vis de son agglomération et de sa
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : habitant de 15 ans et plus en %
couronne périurbaine est négatif, de
même que celui du reste de la CODAH
à l’égard de la périphérie de l’aire ur-de 15% dans celles de taille compa 57% de jeunes encore scolarisés entre-
baine. Entre les deux composantes durable (1). 19 et 24 ans, contre 62% dans les aires
secteur périurbain, la Communauté deurbaines de taille comparable.
communes de Saint-Romain-de-Col-
bosc (CCSR) et la «couronne Nord»,Un déficit de diplômés de l’ensei-
les échanges sont très peu nombreuxgnement supérieur
et équilibrés. Les déplacements de po-MIGRATIONS
pulation au sein de l’aire urbaine s’ins-Avec 24% de bacheliers parmi les RÉSIDENTIELLES
crivent donc toujours dans cette lo-personnes ayant terminé leurs études,
gique “centrifuge” du centre vers lal’aire urbaine se situe au-dessus de la Un manque d’attractivité
périphérie, traditionnelle en Francemoyenne régionale (qui, elle, est nette- à l’égard des jeunes
depuis les années 70.ment inférieure à la moyenne natio-
L’aire urbaine du Havre constitue,nale). Les non diplômés sont moins
comme toute aire urbaine, un véritablenombreux (22,9% contre 24,6% dans
bassin de vie dans lequel la grande Les ménages avec enfants choisis-la région), la principale spécificité ha-
majorité des ménages travaillent et ha sent la couronne périurbaine-vraise tenant à la part élevée de ni-
bitent. Les déménagements-emména-veaux CAP-BEP (29,5%, presque trois
gements à l’intérieur de l’aire urbaine En règle générale, deux grandespoints de plus que la moyenne
(118 000 entre 1990 et 1999) sont, en catégories de population sont à l’ori-régionale).
effet, bien plus nombreux que ceux en gine de l’essentiel des migrations : les-Mais par comparaison avec des
registrés avec l’extérieur (70 000). «trentenaires» et leurs enfants (jusqu’àaires urbaines de taille semblable, le
Même à l’intérieur de chaque com 15 ans) d’une part, qui quittent les-niveau moyen de formation de celle du
mune, les changements de résidence pôles urbains pour de meilleuresHavre apparaît limité : le déficit sur la
sont très nombreux. Les migrations au conditions de logement (en général lapart des bacheliers est important (5
points) tandis que la proportion de non
SOLDES MIGRATOIRES ENTRE 1990 ET 1999diplômés est sensiblement supérieure.
En outre, ce déficit en matière de ENTRE : Le Havre Reste de la
+Sainte Adresse CODAH CODAH CCSR (1) Couronne Nord
formation ne semble pas être en voie
0 3 150 1 080 1 390ET : Le Havre+Sainte-Adresse
de se résorber. Si les poursuites Reste de la CODAH -3 150 0 630 650
-1 080 -630 -1 710 0 0CCSR (1)d’études sont de plus en plus fréquen- Couronne Nord -1 390 -650 -2 040 0 0
-1 160 -540 -1 700 -130 -600Reste Haute-Normandietes, comme partout, elles restent
Reste France -6 760 -1 240 -8 000 -120 -30
moins nombreuses au Havre, avec
Solde total -13 540 90 -13 450 1 460 1 410
Source : INSEE Unité : habitant
(1) aires urbaines de 250 000 à 350 000 habitants ; il s’agit de : (1) Communauté de communes de Saint-Romain-de-Colbosc
Angers, Dijon, Saint-Etienne, Brest, Le Havre, Le Mans, reims,
Avignon, Mulhouse, Amiens, Béthune, Dunkerque, Perpignan,
Note de Lecture : entre 1990 et 1999, Le Havre et Saint-Adresse ont perdu 3 150 habitants au profit du reste de la CODAH.Limoges.
4 - L’AIRE URBAINE DU HAVREmieux capter ces les chômeurs. Enfin, le retour sur la
populations. ville des ménages retraités pour dispo-
Ces mouvements ser, notamment, de plus de services
sont relativement mo n’est pas une réalité dans l’aire urbaine :-
dérés au regard de ce les mouvements correspondants sont
que l’on observe dans de faible ampleur et leur résultante est
la moyenne des aires d’ailleurs légèrement favorable au sec-
urbaines. Autrement teur périurbain. Ce retour existe
dit, Le Havre et son peut-être mais alors à l’intérieur de la
agglomération sem CODAH ou de chaque canton.-
blent un peu mieux
«retenir» leurs jeunes
ménages. Pour expli Un solde migratoire défavorable-
quer cette tendance, vis-à-vis de l’extérieur
deux hypothèses peu-
vent être avancées : Le bilan migratoire de l’aire urbaine
de par sa situation avec l’extérieur apparaît comme parti-
géographique, l’agglo- culièrement défavorable et explique la
mération rayonne sur baisse de sa population.
seulement 60°, d’où Ce déficit migratoire vis-à-vis de
des capacités d’ac- l’extérieur provient de l’agglomération
cueil en périurbain et non de sa couronne périurbaine. La
plus réduites ; les al CCSR et la «couronne Nord» connais- -
ternatives en termes sent des excédents migratoires habi-
d’habitat sont, malgré tuels pour des zones périurbaines,
tout, importantes sur la alors que le déficit de la CODAH est
CODAH même, qui en- plus fort que dans la plupart des agglo-
globe des communes mérations de la région.
de caractéristiques
périurbaines.
A l’inverse, pour les L’agglomération n’attire pas assez
jeunes de 20 à 29 ans, les jeunes, en particulier les actifs
la commune du Havre
enregistre un excédent Ce bilan migratoire défavorable
important vis-à-vis de s’explique par un déficit d’attractivité
sa première couronne de l’agglomération à l’égard des
(reste de la CODAH) et jeunes. En effet, les trentenaires et
de la couronne périur leurs enfants ne quittent pas plus Le-
baine (3 000 arrivées Havre pour l’extérieur de l’aire urbaine
pour moins de 1 500 que la moyenne des pôles urbains ; en
départs). Entre les revanche, le solde migratoire des
autres territoires, les jeunes est négatif alors qu’il est
déplacements de presque toujours positif dans les gran-
jeunes sont beaucoup des agglomérations. Les flux des
plus rares et à peu jeunes de 20 à 29 ans avec les autres
maison avec jardin), et les jeunes (de près équilibrés. régions sont nettement déficitaires (en-
20 à 30 ans) d’autre part, qui rejoi- Les migrations résidentielles sont viron 2 000 jeunes). En outre, les excé-
gnent les agglomérations importantes
également très liées au type d’activité dents à l’égard de la couronne périur-
pour suivre des études ou trouver plus des personnes et ont donc des consé baine et du reste de la-
facilement un premier emploi et/ou un quences économiques et sociales pour Haute-Normandie peuvent paraître
premier logement.
les territoires. La CODAH enregistre un modestes pour le deuxième pôle
Les «trentenaires» et leurs enfants net déficit migratoire à l’égard de la d’emploi et d’enseignement supérieur
ont été presque 4 500 à quitter la couronne périurbaine pour les actifs de la région.
CODAH pour la couronne périurbaine ayant un emploi (les trentenaires étant En distinguant les deux principales
(soit environ 1 500 ménages), contre une classe d’âge très active). En re catégories de jeunes, les étudiants et-
seulement 1 300 flux de sens con- vanche, l’agglomération est légère les actifs, il semble bien que l’explica- -
traire. Au sein de la zone périurbaine, ment excédentaire en ce qui concerne tion du déficit migratoire se trouve du
la couronne Nord semble un peu
L’AIRE URBAINE DU HAVRE - 5SOLDES MIGRATOIRES PAR TRANCHE D’ÂGE ENTRE 1990 ET 1999 nauté de communes de
Saint-Romain-de-Colbosc (CCSR) se
30
caractérisent toujours par une prédo-
minance du logement individuel (95%)
20 et des propriétaires (79%), alors que
sur le territoire de la CODAH, ce sont
les ménages locataires qui sont majori-10
taires (53%), comme l’habitat collectif
(62%).
0
Sur ce territoire, Le Havre et les
villes moyennes (Gonfreville-l’Orcher,
-10 Harfleur, Montivilliers, Sainte-Adresse)
concentrent la très grande majorité du
-20 parc public (98% du parc HLM de l’aire
De0à15ans De 20à29ans De 30à39ans urbaine, pour 79% de la population
totale de l’aire urbaine) ; les autres
Agglomérations
Agglomération du Havre Agglomération de Rouen Agglomération d’Evreux communes de la CODAH présentantde Haute-Normandie
un profil comparable à celui des com-
Source : INSEE - Recensements de la polulation 1990 et 1999 Unité : % munes de la couronne Nord et de la
CCSR.Note de lecture : entre 1990 et 1999, le déficit migratoire des 20-29 ans représente 8% de cette tranche d’âge dans l’aggloméra-
tion du Havre alors qu’on enregistre un exédent de 6% pour cette même classe d’âge dans l’ensemble des agglomérations de la
région.
Un ralentissement
de la périurbanisation
LOGEMENTcôté des actifs. Ce départ des jeunes
A l’échelle de l’aire urbaine, près deactifs correspond vraisemblablement à
Une meilleure répartitionune recherche d’emploi ou à un accès la moitié des logements construits en
accession à la propriété depuis dix ansà l’emploi plus facile à l’extérieur. Il de l’offre
l’ont été dans les communes périurbaipeut être considéré comme une perte -entre les territoires
de forces vives pour l’aire urbaine du nes. A l’opposé, huit logements so-
La construction enregistrée et l’évo- ciaux construits sur dix l’ont été dansHavre.
lution des statuts d’occupation depuis les communes urbaines de la CODAH.De surcroît, si le bilan migratoire
1990 n’ont pas modifié significative-des étudiants est équilibré entre l’aire Ainsi, les spécialisations sociales
ment les logiques dominantes de ré- déjà à l’œuvre sur l’aire urbaine ont étéurbaine et le reste de la France, on
partition du parc de logements et son confortées sur la dernière période ins’attendrait cependant à ce que le pôle -
mode d’occupation dans l’aire urbaine.havrais d’enseignement supérieur tercensitaire : d’une part, le départ de
La couronne Nord et la Commu- familles avec enfant(s) originaires duexerce une attractivité plus forte,
au-delà de la zone naturelle d’in-
COMPOSITION DU PARC DE LOGEMENTSfluence du Havre.
RésidencesEnfin, les retraités ne contribuent
secondaires
que très peu à ce déficit migratoire. Résidences et logements
principales en 1999 Logements vacants occasionnelsL’aire urbaine du Havre n’est donc pas
CODAH 102 932 6 511 1 284
véritablement touchée par
Communauté de communes de Saint-Romain-de-Colbosc 5 600 171 134
“l’héliotropisme”.
Couronne Nord 8 781 254 682
Aire urbaine du Havre 117 313 6 936 2 100
Source : INSEE - Recensement de la population de 1999 Unité : logement
ENJEUX
L’ensemble de ces mouvements résidentiels
mettent en avant deux enjeux forts : LES LOGEMENTS SOCIAUX SELON LE LIEU D’HABITATION
- comment limiter les risques de déséquilibres
% par rapport
de fonctionnement des territoires (équipe- Résidences principales au parc total
ments publics, vie sociale, accompagnement HLM en 1999 de résidences principales
des ménages en difficulté...) liés au départ CODAH 33 315 32,3
des familles avec enfant(s) vers la Dont communes de +8 000 habitants 32 955 34,4
Dont autres communes 360 11,6périphérie ?
- et surtout, comment, dans l’aire urbaine, Communauté de communes de Saint-Romain-de-Colbosc 345 6,2
réussir à fixer davantage les jeunes actifs qui
Couronne Nord 349 4,0
vont chercher ailleurs des possibilités d’in-
Aire urbaine du Havre 34 009 29,0sertion économique ?
Source : INSEE - Recensement de la population de 1999 Unités : logement, %
6 - L’AIRE URBAINE DU HAVRELA CONSTRUCTION NEUVE ET SON ÉVOLUTION
Dont logements HLM Dont logements en accession à la propriété
Ensemble des logements Variation par rapport à la Variation par rapport à la
construits entre 1990 et 1999 Total période 1982-1990 (%) Total période 1982-1990 (%)
CODAH 4 638 1 398 -35 3 240 -39
Dont communes de +8 000 habitants 3 717 1 334 -37 2 383 -44
Dont autres communes 921 64 12 857 -22
Communauté de c de 732 142 100 590 -20
Saint-Romain-de-Colbosc
Couronne Nord 700 132 0 logement entre 1982 et 1989 568 -41
Aire urbaine du Havre 6 070 1 672 -26 4 398 -37
Source : DRE - SITADEL au 1er janvier Unités : logement, %
plus conséquent des ména truction du logement collectif en acces- -
ges candidats à l’accession à sion à la propriété dans les villes, plutôt
la propriété sur la couronne ciblée sur les clientèles “seniors” et les
Nord et la CCSR, ces territoi produits moyen/haut de gamme.-
res étant favorisés en cela par
une offre foncière abondante,
à des coûts compatibles avec Une insuffisance de construction
les budgets des ménages. au regard des besoins
La périurbanisation s’est
toutefois ralentie par rapport Dans l’aire urbaine, la production
à la période 1982-1990. Entre de logements neufs au regard de la po-
1990 et 1999, on a moins pulation en place (taux d’effort,
construit sur les communes c’est-à-dire le nombre de logements
périurbaines de l’aire urbaine : construits pour mille habitants) a été
-28%, chiffre à mettre néan d’un niveau inférieur aux efforts enre- -
moinsenrelationavecles gistrés dans les aires urbaines françai-
44% de baisse de la cons ses de taille comparable. Importants-
truction en accession à la sur la CCSR et la couronne Nord, les
propriété sur les principales efforts de construction ont été relative-
communes urbaines. ment réduits sur la CODAH et spécia-
lement sur la ville du Havre, même s’il
y a été constaté un redressement mar-TAUX D’EFFORT (1) DE CONSTRUCTION
quant à partir des années 1997 et 1998Une plus grande diversité de l’offre
Taux d’effort
de construction lié, en partie, au développement des
CODAH 20 Un début de diversification s’ob produits immobiliers à finalité fiscale-
Dont communes de +8 000 habitants 17
serve au travers d’une diffusion du “Périssol”.Dont autres communes 50
Communauté de c parc locatif public dans les communes Cette situation a eu des effets dé-
de Saint-Romain-de-Colbosc 59
rurales et chefs-lieux de canton de mographiques non négligeables. Ainsi,
Couronne Nord 42
l’aire urbaine. Elle permet de répondre pour simplement conserver un niveau
Aire urbaine du Havre 24
aux attentes de leurs habitants : jeunes de population identique à celui de
Aire urbaine de Rouen 36 décohabitants, personnes âgées, fa 1990, il aurait fallu produire 2 500 loge- -
Moyenne des aires urbaines milles en difficultés économiques (130 ments supplémentaires sur la seule
comparables (2) 41
logements construits entre 1982 et CODAH, et “seulement” 1 400 à
Source : INSEE - Unités : logement, %
Recensement de la population 1999 1889, 338 entre1990 et 1999, selon la l’échelle de l’aire urbaine, compte tenu
(1) nombre de logements construits pour 1 000 habitants.
(2) aires urbaines de 250 000 à 350 000 habitants. Direction régionale de l’Equipement). des excédents de construction enre-
Cette diffusion s’inscrit dans l’esprit de gistrés sur la CCSR et la couronne
la Loi SRU (Solidarité et renouvelle Nord.-
Havre et des communes urbaines de la
ment urbains) visant une répartition Cette production aurait dû couvrir
CODAH vers la périphérie, d’autre
plus équilibrée du logement social les besoins de logement correspon-
part, l’augmentation des ménages,
dans les territoires. L’obligation d’un dant au remplacement des logements
ayants-droit au logement social, dans
minimum de 20% de logements so détruits ou ayant changé d’affectation.-
les villes (dont plus fréquemment, des
ciaux qu’elle instaure ne s’applique Elle aurait dû aussi compenser les be-
familles monoparentales, des person-
toutefois qu’à une seule commune de soins liés à l’augmentation structurelle
nes seules).
l’aire urbaine : Sainte-Adresse. du nombre de ménages (installation
La tendance récente va même
Cette diversification de l’offre appa des jeunes, séparations,-
dans le sens d’un éloignement encore
raît aussi dans une relance de la cons vieillissement).-
L’AIRE URBAINE DU HAVRE - 7Ce déficit de construction, et donc autres aires urbaines de taille compa-EMPLOI
d’offre au regard de la demande et des rable qui ont, pour la plupart, connu
besoins des ménages, s’est aussi tra- des hausses significatives de l’emploiUne structure industrielle
duit par une pression nouvelle, en par sur place (plus de 3%). Compte tenu- qui pèse sur les
ticulier sur le parc de logements va de ce manque de dynamisme de- évolutions de long terme
cants, en baisse sensible (-18%). l’emploi, le chômage a assez fortement
Entre 1990 et 1999, la population augmenté (14,5% au recensement de
active de l’aire urbaine du Havre s’est 1990, 17,1% en 1999). Par ailleurs le
un peu modifiée, suivant en cela des nombre de militaires du contingent,
tendances plus générales. Tout autre composante de la population
ENJEUX
d’abord, certains taux d’activité ont for- active, est en net recul, corollaire de laL’évolution du marché du logement dans l’aire
tement varié : les moins de 25 ans sonturbaine fait ressortir deux enjeux principaux : fin de la conscription obligatoire.
- la poursuite du développement d’un parc lo- de moins en moins souvent actifs et les
catif privé et social dans les communes pé-
femmes de plus de 30 ans le sont de
riurbaines, de façon à stabiliser leurs
plus en plus fréquemment. Par ailleurs,populations et rentabiliser leurs équipements Une stabilité de l’emploi
collectifs (écoles,...), les générations en âge de travailler
- la production d’un parc accession à la pro-
sont plus nombreuses. Ceci est lié à la Dans l’aire urbaine du Havre,priété en collectif ou individuel dans la
forte présence des tranches d’âge duCODAH comme choix alternatif à l’accession l’emploi au recensement de la popula-
en périphérie pour les familles, dans l’objectif baby boom. Enfin, Le Havre enregistre tion est de 113 079 personnes dont
aussi de retrouver un dynamisme
un solde migratoire positif d’actifs de 92% de salariés. L’emploi total estdémographique.
moins de 25 ans moins élevé que lesCes enjeux pourront être abordés dans le resté stable par rapport au recense-
cadre d’un programme local de l’habitat (PLH) autres pôles urbains de la région. ment de 1990 (-0,3%). Cette évolution
sur la CODAH, dispositif relevant de sa com-
Globalement, en neuf ans, le résulte d’une progression de l’emploipétence, et sur la base du volontariat pour les
nombre d’actifs a augmenté de seuleautres intercommunalités dans le cadre des - salarié de 0,8% (+900 emplois) et
schémas de cohérence territoriale (SCOT). ment 1% dans l’aire urbaine du Havre. d’une baisse de l’emploi non salarié de
Quelques grandes tendances se dessi- 12,6% (-1200).
nen. Le niveau de l’emploi sur place, Cependant, entre 1990 et 1999,
occupé en très grande majorité par les l’aire urbaine du Havre a créé près de
habitants de l’aire urbaine, s’est faible- cinq fois moins d’emplois salariés que
ment dégradé. Cette évolution diffé- les autres aires urbaines de taille com-
rencie l’aire urbaine du Havre des parable. Cette évolution peut s’expli-
quer en partie par la spécificité indus-
trielle de ce territoire qui a connu
d’importantes restructurations et par laÉVOLUTION DE L’EMPLOI DANS L’AIRE URBAINE DU HAVRE ET AUTRES TERRITOIRES
prédominance des grands établisse-Aire urbaine Aires urbaines
du Havre Seine-Maritime Haute-Normandie de référence (1) ments, généralement moins créateurs
Emplois en 1990 113 449 471 968 657 467 1 483 073 d’emplois, sur l’économie locale.
Emplois en 1999 113 079 471 865 661 384 1 543 147
Évolution des actifs ayant un emploi (%) -0,33 -0,02 0,60 4,06 La structure de l’emploi salarié
Salariés en 1990 103 485 417 526 575 147 1 313 245 dans l’aire urbaine semble assez en 1999 104 368 426 317 593 143 1 390 373
proche de celle de la zone d’emploi duÉvolution de l’emploi salarié (%) 0,85 2,11 3,13 5,87
Salariées femmes en 1990 39 286 175 386 245 237 557 349 Havre. Si la part de l’industrie est en 1999 43 942 193 580 272 024 636 460
passée de 26% à 24% au cours de laÉvolution du nombre de salariés femmes (%) 11,85 10,37 10,92 14,19
décennie, il est probable, à l’image de% de salariées femmes en 1990 38,0 42,0 42,4 42,4
% de salariées femmes en 1999 42,1 45,4 45,9 45,8 l’évolution observée dans la zone
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 au lieu de travail Unités : nombre d’emplois, %
d’emploi, que la diminution des em-(1) aires urbaines de 250 000 à 350 000 habitants.
plois industriels ait été plus limitée que
dans le reste de la région.
PART DES EMPLOIS SALARIÉS SELON LE TYPE D’EMPLOI ET LE TERRITOIRE DE RÉSIDENCE EN 1999 Cette baisse tendancielle de
Aire urbaine Aires urbaines l’emploi industriel a été compensée par
du Havre Seine-Maritime Haute-Normandie de référence (1)
la création d’emplois dans le tertiaire,Emplois stables 83,8 83,3 83,5 83,8
CDI 65,2 64,6 65,7 62,4 secteur qui mobilise en 1999 environ
Titulaires de la fonction publique 18,6 18,7 17,8 21,4
70% de l’emploi salarié. Toutefois, la
Emplois précaires 14,6 15,0 14,7 14,8
CDD 7,8 8,2 8,0 8,6 progression de l’emploi tertiaire a été
Intérim 3,0 2,7 2,8 2,2
moins dynamique qu’au niveau de laEmplois aidés 2,7 3,0 2,8 2,8
Stagiaires rémunérés 1,0 1,1 1,0 1,0 région. Cette situation peut être liée à
Apprentissage 1,6 1,7 1,8 1,6 une moindre représentation des
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité:%desalariés
postes correspondant aux fonctions(1) aires urbaines de 250 000 à 350 000 habitants.
8 - L’AIRE URBAINE DU HAVREimportant : 20 des 30 plus grands éta-ÉVOLUTION DE L’EMPLOI SALARIÉ DE 1990 À 1999 SELON LE TYPE D’EMPLOI
blissements de l’aire urbaine y sontAire urbaine Aires urbaines
du Havre Seine-Maritime Haute-Normandie de référence (1) localisés.
Ensemble des salariés 0,4 2,3 3,8 5,9
Emplois stables -5,1 -4,1 -2,6 -0,3
Emplois précaires 46,4 54,5 57,0 58,3
CDD 63,9 62,9 62,9 67,1
Intérim 28,4 48,3 55,6 78,4 CHÔMAGE
Apprentissage 15,6 35,9 41,9 38,6
Source : INSEE - Recensements de la population 1990 et 1999 Unité:%desalariés Un chômage difficile(1) aires urbaines de 250 000 à 350 000 habitants.
à résorber
stratégiques supérieures fortement gé étudiée, ce sont près de 40% d’entre- L’aire urbaine du Havre est forte-
nératrices d’emplois. elles qui sont concernées contre une ment touchée par le chômage et en
sur trois ailleurs. particulier par le chômage de longue
durée (inscrits depuis plus d’un an).
Pas plus de précarité qu’ailleurs Elle concentre en effet 24% des em-
mais davantage d’intérim Une forte concentration de l’emploi plois du département, 28,5% des chô-
dans les grands établissements meurs, 32,3% des chômeurs de longue
En 1999, la répartition entre em- durée et 40% des de très
plois stables et emplois précaires est En 1999, l’aire urbaine compte près longue durée (inscrits depuis plus de
conforme à celle observée dans des de 11 500 établissements dont l’activi- trois ans).
territoires comparables ou dans la té est essentiellement tertiaire (85%). Depuis maintenant plus de trois
région. Sur la décennie, deux éléments Dans l’industrie, l’emploi est assez for- ans, le chômage baisse régulièrement
semblent assez marquants. D’une tement concentré dans de grandes même s’il reste encore à un niveau re-
part, on observe une baisse des em structures. Près de deux salariés sur- lativement élevé. Au recensement de la
plois stables bien plus forte qu’ailleurs. trois travaillent dans les 19 établisse- population de 1999, le taux de chô-
En légère baisse dans les aires urbai ments de plus de 200 salariés, près de- mage est de 17,1% et se situe près de
nes de même taille, ils ont diminué la moitié dans les sept établissements 3 points au dessus de la moyenne des
deux fois plus vite dans l’aire du Havre de plus de 500 salariés. Dans les servi- aires urbaines comparables. Entre fin
que dans la région. D’autre part, ces, l’emploi est réparti dans des struc- 1997 et fin 2000, le nombre de deman-
l’emploi précaire a augmenté de façon tures de moins de 50 salariés (43%) deurs d’emploi de l’aire urbaine du
spectaculaire, mais un peu moins ce- mais aussi dans les 24 établissements Havre a reculé de 18% contre 25%
pendant que dans les autres aires ur de plus de 200 salariés qui mobilisent- dans le département (ou dans un en-
baines de référence. Ces évolutions près de 40% des effectifs. Enfin, le semble plus large d’aires urbaines de
n’ont pas modifié les caractéristiques poids de la commune du Havre est très taille comparable).
de l’emploi précaire havrais, à savoir Le maintien d’une forte présence
un poids relativement élevé de l’intérim de demandeurs d’emploi de longueDEMANDEURS D’EMPLOI DE CATÉGORIES 1 ET 6
et plutôt faible des contrats à durée INSCRITS À L’ANPE AU 31 DÉCEMBRE 2000 durée renvoie à la spécificité du tissu
déterminée. Aire urbaine du Havre économique local. Les durées d’ins-
Nombre % cription sont souvent plus longues
Ensemble 19 915 100,0 dans les territoires les plus touchés et
Dont catégorie 6 3 707 18,6
L’emploi féminin toujours pénalisé les grandes restructurations passées
Hommes 10 596 53,2
Femmes 9 319 46,8 ont provoqué un chômage difficile à ré-
La spécificité industrielle et por- Moins de 25 ans 4 779 24,0 sorber (17,7% des chômeurs sont ins-
De 25à49ans 12 753 64,0tuaire du territoire tend à limiter la pro- crits depuis plus de trois ans). Cette si50 ans et plus 2 383 12,0 -
portion d’emplois féminins. En 1999, Inscrits depuis plus d’un an 8 687 43,6 tuation est due à la faiblesse de la
Dont plus de trois ans 3 526 17,7les femmes ne représentent que 42% création d’emplois et probablement
Sources : DRTEFP - INSEE Unités : DEFM, %des salariés, soit la même proportion aussi à certaines difficultés d’adapta-
que celle observée, mais dix ans plus
tôt, dans les autres aires urbaines ou
DEMANDEURS D’EMPLOI DE CATÉGORIES 1 ET 6 AU 31 DÉCEMBRE 2000 SELON LE TERRITOIRE DE RÉSIDENCE
dans la région. Dans l’aire urbaine du
DEFM de catégories 1 et 6
Havre, le travail à temps partiel était un
Total des demandeurs Moins de 25 ans Inscrits depuis plus d’un an Population 1999
peu moins répandu en 1990 que dans
CODAH 92,6 91,1 93,7 86,0
les autres aires urbaines, c’est égale-
Communauté de communes
de Saint-Romain-de-Colbosc 3,0 3,2 2,8 5,5ment vrai dans la région. Depuis dix
Reste de l’aire urbaine 4,4 5,7 3,5 8,6ans, il s’est développé et touche près
Aire urbaine du Havre 19 917 4 779 8 688 296 795d’un emploi salarié sur cinq et une ma-
Sources : DRTEFP - INSEE Unités : %, DEFMjorité de femmes. Dans la zone
L’AIRE URBAINE DU HAVRE - 9ÉVOLUTION DU NOMBRE DE DEMANDEURS D’EMPLOI DE CATÉGORIES 1 ET 6 FINANCES DES
120 COLLECTIVITES LOCALES
Aire urbaine du Havre
Une situation favorable
110
L’aire urbaine du Havre, composée
d’une agglomération de 14 communesAires urbaines de référence (1)
et d’une couronne périurbaine de 58100
communes, dispose d’une activité fi-
nancière et d’une richesse fiscale plusDEFM de plus d’un an (Aire urbaine du Havre)
90 conséquentes que la moyenne régio-
nale car elle concentre population,
agents économiques et infrastructures.
80
L’activité financière se localise surtoutJuin 95 juin 96 juin 97 juin 98 juin 99 juin 00
décembre 95 décembre 96 décembre 97 décembre 98 décembre 99 décembre 00 dans l’agglomération qui centralise les
fonctions économiques et les installa-
Sources : INSEE - DRTEFP Unité : indice base 100 en 1995 (données CVS)
(1) aires urbaines de 250 000 à 350 000 habitants. tions. La couronne périurbaine, bénéfi-
ciant probablement des infrastructures
LE CHÔMAGE de ce centre urbain proche, présente
DANS L’AIRE URBAINE DU HAVRE EN MARS 1999
Enfin, les taux de chômage au re- une activité financière et un endette-
Taux de
censement montrent que les territoires ment bien plus réduits. L’endettementchômage
de l’aire urbaine sont inégalement af- sur le périmètre de la CommunautéCODAH 18,4
Dont communes de +8 000 habitants 19,5 fectés. Comme dans toute aire ur- d’agglomération comme dans la com-Dont autres communes 8,1
baine, l’agglomération est beaucoup mune du Havre est néanmoins inféCommunauté de communes -
de Saint-Romain-de-Colbosc 8,8 plus concernée par le chômage que rieur à celui observé dans la région
Couronne Nord 9,7 les communes périurbaines. pour les villes de plus de 10 000
Aire urbaine du Havre 17,1
habitants.
Moyenne des aires urbaines de référence (1)
14,2
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : %
(1) aires urbaines de 250 000 à 350 000 habitants.
Une plus grande richesse fiscale
Grâce notamment à l’implantationENJEUX
tion des personnes aux besoins des Les interdépendances très fortes qui existent d’entreprises industrielles, des sec-
entre les territoires de l’aire urbaine au planentreprises. teurs de l’énergie, de la chimie et de
des migrations alternantes montrent que le
l’automobile en particulier, l’aire urdéveloppement économique, comme celui de -
l’emploi, et le traitement du chômage sont des baine du Havre dispose de recettes de
questions qui concernent toutes les commu-La persistance fiscalité directe plus élevées que les
nes de l’aire urbaine du Havre. A ce titre, un
d’un chômage élevé chez les jeunes autres aires urbaines françaises decertain nombre de pistes d’interventions ont
déjà été développées, essentiellement dans 250 000 à 350 000 habitants (4 053
des dispositifs d’État. Elles visent notammentLe chômage des jeunes est, en pro- francs par habitant contre 3 613). De
la consolidation des filières industrielles,portion du nombre des demandeurs fait, les ressources fiscales provienl’appui aux PMI, le développement des activi --
d’emploi, aussi important qu’ailleurs. Il tés tertiaires à valeur ajoutée (en lien notam- nent davantage de la taxe profession-
ment avec le projet PORT 2000), lea lui aussi diminué plus faiblement : nelle, mais aussi de la taxe sur le fon-
renforcement des politiques de qualification-25,2% contre -28,6% en Seine-Mari- cier bâti, tandis que les rendements deet d’insertion des jeunes et des chômeurs,
time et -31,5% dans les aires urbaines etc. Elles constituent, avec d’autres, les la taxe d’habitation et de la taxe sur le
enjeux actuels du contrat de plan Etat Régioncomparables. foncier non bâti sont en retrait. La pres-
et pourront être relayées localement dans leLes jeunes chômeurs de l’aire ur- sion fiscale apparaît dans l’ensemblecadre des projets de territoire, d’aggloméra-
baine sont à peu près autant qualifiés tion ou de pays. assez modérée.
ou diplômés que les jeunes chômeurs
du département. On peut noter, et c’est
une particularité locale, que l’impor- En 1999, le degré d’intégration
tance du chômage de longue durée af- fiscale était très faible
fecte aussi les «jeunes». Dans l’aire ur-
baine du Havre, 31,7% des Avant les créations toutes récentes
demandeurs d’emploi de moins de 30 de la CODAH et de la Communauté de
ans sont inscrits depuis plus d’un an. communes de Saint-Romain-de-Col-
Dans le reste du département ce ratio bosc, le degré d’intégration fiscale de
est de 25,5%. l’aire urbaine était très faible (1,8%
10 - L’AIRE URBAINE DU HAVRE

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