L'année économique et sociale 2006 - Politique de la ville

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Les 157 zones urbaines sensibles (ZUS) d'Ile-de-France ont des tailles et des profils divers. Une analyse, menée à partir de plusieurs indicateurs, a néanmoins permis de classer les ZUS en six groupes. Trois groupes comprennent des ZUS très défavorisées où vit la moitié de la population des ZUS franciliennes. Les trois autres groupes connaissent des conditions économiques moins défavorables. Les indicateurs de pauvreté du dernier groupe sont proches de ceux de la région. Au 31 décembre 2005, 123 100 demandeurs d'emploi dans les ZUS franciliennes sont inscrits à l'ANPE, soit 17 % des demandeurs d'emploi de la région. Ce nombre est en repli de 6 % par rapport à 2005. Le nombre de demandeurs d'emploi allocataires du RMI augmente de 4 % dans les ZUS, comme dans le reste de la région.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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18 Politique de la ville
Fortes disparités de revenus
entre les zones urbaines sensibles
es zones urbaines sensibles tent. Les jeunes et les familles nombreu- Les demandeurs d’emploi
dans les ZUS(ZUS), territoires prioritaires de ses y sont fortement représentés. Un de-L la politique de la ville, ont des mandeur d’emploi sur cinq est âgé de
Au 31 décembre 2005, les ZUS francilien-
tailles très diverses et sont disséminées moins de 25 ans en 2004. A l’opposé,
nes totalisent 123 100 demandeurs d’em-
dans l’ensemble de la région. Elles abri- les 16 ZUS du groupe C, situées essen-
ploi inscrits à l’ANPE, soit 17 % des
tent un Francilien sur huit selon le re- tiellement à Paris ou en petite couronne,
demandeurs d’emploi de la région.
censement de la population 1999 (1,3 abritent beaucoup de personnes seules
Comme au niveau régional, le nombre demillion de personnes). et de familles monoparentales.
demandeurs d’emploi dans les ZUS diminue
Si les ZUS sont, par définition, fortement Fortes disparités de revenus en 2005 de l’ordre de 6 %. Cette baisse peut
touchées par la précarité sociale, elles s’expliquer, en partie, par des différences dedans les ZUS parisiennes
ne forment pas un ensemble homogène. traitements statistiques (voir encadré cha-
Le revenu médian par unité de consom- Dans les autres ZUS (groupes D,E,F), pitre Emploi-chômage).
mation (UC) des habitants des ZUS varie les conditions de vie des habitants sont
Les jeunes ont été les premiers bénéficiaires
de 5 060 € à 18 800 € en 2002, alors moins défavorables. Cependant, les de- de la baisse du chômage. Parmi la catégorie
qu’il s’élève en moyenne à 18 400 € mandeurs d’emploi y sont encore nom- 1 (personnes immédiatement disponibles, à
pour l’ensemble de l’Ile-de-France. breux et leur revenu médian est très la recherched’unemploienCDI àtemps
inférieur à celui des Franciliens. complet), le nombre de demandeurs d’emploiUne analyse, menée à partir d’indicateurs
de moins de 25 ans diminue de 12,5 % dansportant sur les revenus, la structure fami- Le groupe D réunit 12 ZUS à fortes dis-
les ZUS, contre 10 % dans la région. Toute-liale, les caractéristiques démographi- parités de revenus. Le quart le plus
fois, la situation a évolué de façon moins favo-
ques, l’insertion professionnelle et la aisé de sa population déclare un reve-
rable dans les ZUS qu’en région pour lesstructure des logements sociaux, a permis nu presque 4 fois plus élevé que le
demandeurs d’emploi âgés de 25 à 49 ans et
de classer les ZUS en six groupes. Des quart le plus modeste (contre 2,5 en
surtout pour les seniors.
ZUS éloignées géographiquement pré- Ile-de-France). Ces ZUS sont concen-
Nouvelle hausse du nombre d’allocataires du RMIsentent des caractéristiques communes. trées sur un territoire très limité, princi-
Les groupes A, C et D comprennent plutôt palement à Paris et sur des communes Dans les ZUS, environ 15 % des deman-
des ZUS de Paris et de petite couronne et limitrophes. Le groupe E rassemble 61 deurs d’emploi de catégorie 1 perçoivent le
les groupes B et F des ZUS de grande cou- ZUS en situation intermédiaire, où ré- revenu minimum d’insertion (RMI). Le
ronne. Les ZUS du groupe E sont disper- side un tiers de la population totale des nombre de ces personnes augmente de
sées sur l’ensemble du territoire francilien. ZUS. Les 22 ZUS du groupe F, situées 4 % en 2005, après avoir progressé de
pour la plupart en grande couronne, 10 % en 2004. Ce phénomène est général
Les ZUS les plus défavorisées dans la région. La réduction des duréespeuvent être qualifiées de « moins dé-
d’indemnisation de l’assurance chômagefavorisées » : les indicateurs de pauvre-abritent la moitié des habitants
provoque un basculement vers le dispositifté de ces ZUS sont proches de ceux
des ZUS franciliennes
du RMI, accentuant ainsi la précarisationobservés au niveau régional.
des demandeurs d’emploi.La moitié de la population des ZUS
■■■■ Françoise JACQUESSONfranciliennes réside dans un des trois
Julie HERVIANT
groupes de ZUS très défavorisées (A, B Pour en savoir plusInsee, Service études et diffusion
et C). Les habitants de ces ZUS ont les
« Bulletin mensuel d’informations sur le mar-
plus bas revenus : 10 % d’entre eux vi- Définition
ché du travail », DRTEFP Ile-de-France,
vent dans un ménage aux revenus infé-
Revenu médian par unité de consomma- Bref Ile-de-France, n° 34, avril 2007.
rieurs à 3 000€ par UC.
tion (UC) : il partage la population en deux Rapport 2006 de l’Observatoire national
Le groupe A comprend 25 ZUS très dé- groupes ; la moitié des personnes appartient
des Zones urbaines sensibles, février 2007.
à un ménage qui déclare un revenu par UCfavorisées, où habitent 200 000 person- www.ville.gouv.fr/infos/editions/obser-
supérieur à ce revenu médian et l’autre moitiénes. Environ 15 % des allocataires des
vatoire-rapport-2006-accueil.html
à un ménage qui déclare un revenu inférieur.caisses d’allocations familiales y perçoi-
Jacquesson F. : « Les zones urbaines sensi-Les unités de consommation permettent devent le revenu minimum d’insertion
bles franciliennes, des réalités diverses », Inseecomparer les niveaux de vie des ménages à(RMI). Les 21 ZUS du groupe B sont très
Ile-de-France à la page, n° 271, août 2006.structure démographique différente.peuplées : 330 000 personnes y habi-
Insee Ile-de-France 2007 Regards sur... l’année économique et sociale 2006Fortes disparités de revenus entre les zones urbaines sensibles
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Les ZUS franciliennes en grande couronne
Sources : Caisses d'allocations familiales d'Ile-de-France au 31/12/2004, ANPE au 31/12/2004, Insee-DGI - Revenus fiscaux des ménages 2002,
Dreif - Enquête Parc Locatif Social 2002, Insee - Recensement de la population 1999
Les ZUS franciliennes en petite couronne
Val-d'Oise
Épinay- Pierrefitte-
sur-Seine sur-Seine
Stains
Villetaneuse Dugny
Villeneuve- Le Blanc-Gennevilliers Aulnay-la-Garenne La Courneuve SevranMesnilSaint-Denis sous-Bois
Drancy
Clichy-sous-Colombes Asnières- Aubervilliers Bois
sur-Seine
BondyClichy Bobigny
Paris Pantine Noisy-le- Montfermeil18 ArrondissementNanterre Paris SecParis Classification des groupes
e Seine-et-Marnee Paris 19 Arrondissement17 Arrondissement
e Bagnolet10
AMontreuilParis
e Neuilly-20 Arrondissement BParis sur-Marnee La Seine11 Arrondissement
C
Boulogne-Billancourt Noisy-le- D Limites départementales
Grand
Champigny- Villiers-sur-
EIvry-sur- sur-Marne Marne
Seine
Limites communalesF
Alfortville
Bagneux Chennevières-
Vitry-sur-Fontenay- sur-Marne
SeineYvelines aux-Roses
Bourg- Bonneuil-
Créteilla-Reine sur-MarneSceauxChâtenay-
Choisy-Malabry
le-Roi Valenton
Limeil-
Antony Brévannes
Orly
Villeneuve-Villeneuve-
Saint-Georges
le-RoiEssonne
© IAURIF-IGN-Insee 2006
Sources : Caisses d'allocations familiales d'Ile-de-France au 31/12/2004, ANPE au 31/12/2004, Insee-DGI - Revenus fiscaux des ménages 2002,
Dreif - Enquête Parc Locatif Social 2002, Insee - Recensement de la population 1999
Insee Ile-de-France 2007 Regards sur... l’année économique et sociale 2006

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