L'Auvergne, un diagnostic pour préparer l'avenir

De
Publié par

en ce début de XXI siècle, l'Auvergne a de nombreux défis à relever. L’ouverture deE la région reste à parachever pour faire de sa situation géographique centrale un atout pour le développement économique. Les perspectives démographiques et leurs conséquences, notamment en termes de renouvellement des forces de travail, conduisent à rechercher des solutions pour freiner le départ des jeunes et améliorer l'attractivité de la région. Les inéluctables mutations des secteurs économiques traditionnels et la modernisation du tissu des entreprises demandent anticipation et accompagnement. En matière d’aménagement du territoire, l'avenir de l'Auvergne passe par la recherche d'un équilibre, voire d'une synergie, entre le développement de la métropole clermontoise et celui du reste du territoire. L'ensemble de ces problématiques est au cœur des réflexions menées par les acteurs publics. Bruno Priou - Synthèse de l'ouvrage collectif « L'Auvergne : un diagnostic pour préparer l'avenir » L'ouverture de l'Auvergne : un enjeu pour l'avenir ’Auvergne occupe une position cen- tionaux et internationaux. L’autorouteLe développement Ltrale dont il faut utiliser tous les A71 prolongée par l’A75 assure la liai-des infrastructures : atouts. Historiquement rattachée au son Paris/Méditerranée/Espagne.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 31
Nombre de pages : 8
Voir plus Voir moins

en ce début de XXI siècle, l'Auvergne a de nombreux défis à relever. L’ouverture deE
la région reste à parachever pour faire de sa situation géographique centrale un atout
pour le développement économique. Les perspectives démographiques et leurs
conséquences, notamment en termes de renouvellement des forces de travail,
conduisent à rechercher des solutions pour freiner le départ des jeunes et améliorer
l'attractivité de la région. Les inéluctables mutations des secteurs économiques
traditionnels et la modernisation du tissu des entreprises demandent anticipation et
accompagnement. En matière d’aménagement du territoire, l'avenir de l'Auvergne
passe par la recherche d'un équilibre, voire d'une synergie, entre le développement de
la métropole clermontoise et celui du reste du territoire. L'ensemble de ces
problématiques est au cœur des réflexions menées par les acteurs publics.
Bruno Priou - Synthèse de l'ouvrage collectif
« L'Auvergne : un diagnostic pour préparer l'avenir »
L'ouverture de l'Auvergne : un enjeu pour l'avenir
’Auvergne occupe une position cen- tionaux et internationaux. L’autorouteLe développement Ltrale dont il faut utiliser tous les A71 prolongée par l’A75 assure la liai-des infrastructures : atouts. Historiquement rattachée au son Paris/Méditerranée/Espagne.L’A89
un défi majeur Massif central et située aux portes de la renforcée par la Route Centre Europe
vallée du Rhône, elle a toujours été une Atlantique (RCEA) et prolongée par
terre d’échanges avec les régions voisi- l’A71 et l’A72 assure la relation entre
nes, notamment Rhône-Alpes mais aussi la façade atlantique et l’Allemagne et
la région parisienne. l’Italie. La N88 se trouve sur la trajec-
Son relief est un frein à une ouverture toire Lyon-Toulouse-Barcelone.
qui constitue pourtant un facteur fon- La présence sur la capitale régionale,
damental de développement. Atout d’une plate-forme aéroportuaire
majeur de cette ouverture, la région reliée régulièrement à une vingtaine
dispose désormais des infrastructures de grandes villes dont plusieurs à l’é-
lui permettant de s’insérer dans les tranger, renforce ces potentialités
grands réseaux de déplacements na- d’ouverture.Cependant, à la fois en termes d’in- point faible, les temps de trajet sont couverture encore faible du territoire
frastructures traditionnelles mais aus- longs à la fois à l’intérieur de la région auvergnat en téléphonie mobile et en
si en termes d’outils de communica- et avec les autres capitales régionales. connexion haut débit devient une
tion plus nouveaux, les retards à En particulier l’amélioration des liai- priorité pour favoriser l’implantation
combler sont encore nombreux. Les sons avec Paris et Lyon reste un enjeu des entreprises et impulser le déve-
liaisons ferroviaires demeurent un important. Parallèlement, celle de la loppement local.
Des échanges privilégiés avec l'Île-de-France
et Rhône-Alpes
e renouvellement de la population Cependant, ces échanges restent mo- transférés sont de petite taille et les
Let du tissu des entreprises, source dérés pour la région. Là aussi, ils sont secteurs les plus concernés sont ceux
d’innovation et de croissance, est les plus nombreux avec l’Île-de-France en expansion : services aux entrepri-
conditionné par cette ouverture sur et Rhône-Alpes. Les établissements ses, services aux particuliers.
l’extérieur.
L’Auvergne a de tous temps connu Les Auvergnats de Rhône-Alpes
des mouvements de population avec devant les Auvergnats de Paris
les autres régions et avec l’étranger.
Les dix principales régions de résidence des natifs auvergnatsSchématiquement,depuis le début des
années quatre-vingt-dix, elle gagne
Rhône-Alpesdes habitants,en particulier des ména-
Île-de-Franceges actifs, dans ses échanges avec les
départements du nord de la Loire et Provence-Alpes-Côte d'Azur
en perd dans ceux réalisés avec les dé- Languedoc-Roussillon
partements du sud, notamment des
Natifs auvergnats en 1999Limousinétudiants, des jeunes actifs et des re-
EnsembleCentretraités. C’est avec l’Île-de-France et
Dont ceux de 45 à 64 ans
Midi-PyrénéesRhône-Alpesque cesmouvements
sont les plus nombreux. Au cours de Bourgogne
la dernière décennie, le retour à un Aquitaine
solde migratoire positif est large-
Pays de la Loire Natifsment imputable aux échanges avec
ces deux régions. 0 20 000 40 000 60 000 80 000 100 000
Comme l’ensemble des régions fran- Note de lecture : longtemps destination principale, la région parisienne a perdu sa première place au profit de la région
rhônalpine. En 1999, 88 000 natifs auvergnats habitaient un département de Rhône-Alpes et 86 500 un départementçaises, l’Auvergne a connu dans la dé-
d’Île-de-France. Parmi eux plus du tiers avait entre 45 et 65 ans. Ainsi habitent dans ces deux régions 58 500 natifscennie quatre-vingt-dix, un accroisse- auvergnats qui potentiellement pourraient venir passer une partie de leur retraite dans leur région natale.
ment des transferts d’établissements. Source : INSEE - Recensements de la population
Les activités économiques : entre tradition et innovation
portante induisant une productivitéUne croissance en retrait s'appuyant par emploi qui la classe dans le der-
nier quart des régions françaises.sur un tissu de petites entreprises
À côté de quelques grands groupes
industriels, le tissu des entreprises, un
ntre 1990 et 2002, la croissance du ques liées à ses activités traditionnel- peu plus de 50 000 unités, est consti-
EPIB auvergnat a progressé en les confrontées désormais à des mu- tué de petites unités. Les TPE (très
moyenne annuelle moins rapidement tations profondes. petites entreprises de moins de 20 sa-
que dans l’ensemble des autres ré- La région n’a pas échappé au dévelop- lariés) qui concentrent 40 % des em-
gions de province (3 % contre 3,5 %) pement croissant des activités de ser- plois salariés et une part voisine du
pour atteindre en fin de période vices qui contribuent désormais à plus chiffre d’affaires et de la valeur
27,6 milliards d’euros. de la moitié de la valeur ajoutée.Dans ajoutée, jouent un rôle primordial
En 2002, le PIB par habitant ce secteur, elle enregistre cependant pour le maintien de l’activité dans les
e(21 011 euros) place la région en 14 la plus faible croissance de toutes les zones rurales. Le caractère artisanal
position. Mais surtout l’économie au- régions. Les activités agricoles et in- des TPE est plus marqué en Auvergne
vergnate présente des caractéristi- dustrielles représentent une part im- qu’ailleurs.Un bon taux de survieCependant,les TPE exercent leurs ac-
tivités dans de nombreux domaines, pour les entreprises
près de la moitié dans les services, nouvellement créées
plus d’un quart dans les commerces
mais aussi dans la construction et l’in-
dustrie.
Le tissu des entreprises auvergnates
est caractérisé par une stabilité et une
solidité relatives. En 2002, le taux de Taux de survie à 5 ans
création (8,5 %) est inférieur d’envi-
De 57%à60%
ron deux points à celui du niveau na-
De 55 % à moins de 57 %
tional. Pour environ un cas sur cinq il
De 51 % à moins de 55 %
s’agit d’une reprise d’activité.
De 48 % à moins de 51 %
Ce tissu semble mieux résister aux dif-
De 44 % à moins de 48 %
ficultés : le nombre de défaillances est
Région
faible et les nouvelles entreprises au- Auvergne
© IGN INSEE Auvergne 2004vergnates affichent une bonne résis-
tance dans leurs premières années. Source : Sine 1998-2003
dustries agricoles et alimentairesUne économie marquée par (14 000 salariés) orientées autour de
une empreinte industrielle quatre grandes activités : l’industrie lai-
tière, le traitement de la viande, le tra-
’Auvergne est une terre de tradi- dants de décisions provenant de grou- vail du grain et l’industrie des boissons.
Ltion industrielle qui s’appuie sur pes avec toutefois une forte présence Dans certaines zones d’emploi, cette
des ressources naturelles (bassin de groupes locaux ; Michelin en cons- forte orientation industrielle s’ac-
houiller, eau), un savoir-faire, des tituant un exemple emblématique. compagne d’une spécialisation (par
compétences. Bien que présente sur différentes acti- exemple Thiers, Yssingeaux), parfois
Le secteur emploie plus d’un salarié vités, l’industrie auvergnate com- d’une forte concentration dans quel-
de la région sur cinq soit plus de prend quelques secteurs prédomi- ques établissements (comme sur la
100 000 personnes. Il représente un nants : l’industrie des biens zone de Montluçon), voire des deux
quart de la valeur ajoutée régionale. intermédiaires avec ses composantes caractéristiques (par exemple Issoire).
Un tiers des salariés travaille dans des essentielles, la chimie caout- Un choc sectoriel, la restructuration
établissements dont les effectifs dé- chouc-plastique (25 000 salariés), la ou la délocalisation d’un établisse-
passent 500 personnes. Environ 70 % métallurgie et transformation des ment présente ainsi le risque d’im-
des salariés de ce secteur sont dépen- métaux (17 000 salariés) ; les in- pacts locaux importants.
Une activité agricole encore bien présente
’agriculture, autre activi-
Importance de l’agricultureLté traditionnelle, repré-
sente près de 7 % des em- en Auvergne et en France métropolitaine
plois (3,6 % au niveau
national). En termes de ri- Part dans la valeur ajoutée totale Part en termes d’emploi
chesse créée, elle repré-
12 %6%sente 3,9 % de la valeur
ajoutée régionale (environ 10 %
un milliard d’euros). En per- 5%
8%mettant la mise en valeur de AuvAuvergneergne
60 % du territoire, elle joue Auvergne
4% 6%aussi un rôle important dans
Moyenne provincialel’occupation des sols et la 4%
préservation des paysages. 3% Moyenne provinciale
2%Avec 80 % du territoire agri-
France
cole occupé par l’herbe,
2% 0%
l’Auvergne est la plus
1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001
grande prairie de France.
L’élevage des bovins place la
erégion au 4 rang. Source : INSEE - Comptes Nationaux et estimations d’emploiCet élevage est marqué par la baisse Un des points forts de la région ré- Parallèlement, la politique d’aide à la
du nombre de vaches laitières et side dans la qualité de ses produits bé- spécialisation renforce la profession-
l’augmentation de la production de néficiant pour certains d’une AOC : nalisation du secteur.
viande. Les productions porcine et la production de beurre place la ré- Même si l’agriculteur auvergnat est re-
eavicole, en progression, restent en- gion au 4 rang, celle du fromage au lativement plus jeune que son homo-
ecore marginales. Bien que récoltée 11 rang avec des produits bien logue des autres régions, l’âge moyen
sur une faible part du territoire, la connus (Cantal, Salers, Saint-Nec- des exploitants reste cependant élevé.
production végétale alimente des fi- taire….). Comme dans les autres ré- À l’avenir les cessions d’exploitations
lières importantes pour l’économie gions, l’agriculture auvergnate est devraient s’accélérer. Sachant que la
régionale. Localisées essentiellement confrontée à la disparition des exploi- transmission de cette activité s’ef-
dans les plaines de Limagne, avec la tations (environ 900 fermes chaque fectue beaucoup par reprise familiale,
présence du groupe Limagrain, cette année). Ce phénomène est toutefois la question du renouvellement des ex-
production est caractérisée par des moins rapide qu’ailleurs. Son corol- ploitants et du maintien des exploita-
produits à haute valeur ajoutée : maïs laire est l’agrandissement des surfaces tions va se poser avec force dans un
semence, betterave industrielle… moyennes par exploitation. futur proche.
Les activités porteuses d’avenir : un enjeu d’importance
a recherche constitue en Au-
La recherche en Auvergne : un atout pour la régionLvergne un bon levier de dévelop-
pement. Rang de
Ladépenseconsacréeàlarecherche l'Auvergne parmi Moyenne
Auvergnereprésente 2,5 % du PIB pour une les 22 régions provinciale
moyenne de 1,7 % pour les régions métropolitaines
de province. Ceci place la région au
Emplois Recherche et développemente4 rang derrière l’Île-de-France, 13 6 481 9 015(en ETP)
Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes.
Emplois Recherche et DéveloppementCette activité de recherche emploie 11 4 135 4 979en entreprise (en ETP)près de 6 500 chercheurs ou techni-
Dépense intérieure de recherche etciens.
développement (DIRD) (en millionsLa recherche publique est marquée 10 659 821
d'euros)par la présence de structures impor-
tantes comme l’INRA et par des spé- dont DIRD des entreprises 9 525 523
cialités reconnues notamment en
dont DIRD de l'Administration 13 134 298matièredevolcanologieetdephy-
Part de la DIRD dans le PIBsique corpusculaire. 4 2,47 % 1,67 %
Mais la spécificité auvergnate se situe
aussi et surtout dans le poids de la Source : Ministère de l'Éducation Nationale, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche (MENSR)
recherche privée représentant 64 %
des effectifs et 80 % de la dépense,
Ce secteur concourt pour 10 % à la TIC. Les marges de progrès sont en-avec une spécialisation importante
valeur ajoutée régionale,ce qui classe core grandes.dans le domaine des pneumatiques,
l’Auvergne parmi les régions les Des avancées récentes sont cependantreprésentant 40 % des chercheurs
moins productrices de richesse dans prometteuses :l’implantation du groupeprivés.
ce domaine. Cap-Gémini (dont le projet concerne-Cette recherche privée s’insère au
Le secteur dépend beaucoup de cen- rait à terme 250 emplois) dans l’agglo-sein d’un réseau de transfert de tech-
tres de décision extra-régionaux mération clermontoise,le centre d’ex-nologieverslemonde desentrepri-
(60 % des salariés) mais toutefois peu ploitation IBM (créant 300 emploisses, caractérisé par des structures
de l’étranger. dont une grande part provient de lacomme CASIMIR,l’ADIV,MEC@prod,
Si certaines activités ont le même société Michelin) créé début 2005.Ali@tech.
poids que dans les autres régions Elles restent toutefois à conforter.En revanche, le développement des
(poste et télécommunications, four- Le tourisme constitue aussi un levierservices aux entreprises et des TIC
niture de personnel), d’autres sont pour le développement économique.est nettement en retrait.
nettement déficitaires et attendues La région est dotée d’un environne-Ce sont pourtant, par excellence, les
par les entreprises auvergnates : acti- ment naturel propice à cette activité :activités qui reflètent le dynamisme
vités informatiques, publicité, études deux parcs régionaux, des structureséconomique et présagent en partie
de marché, et surtout conseil, forma- récentes favorisant ce développe-de la croissance à venir. Le parc au-
tion, traitement des déchets. ment (Vulcania), des sites naturels etvergnat ne représente que 1,4 % des
L’Auvergne n’abrite que 1 % des éta- historiques, des stations thermalesétablissements français des services
blissements français du secteur des tendant à élargir leurs offres auxaux entreprises.Densité touristique non-curistes. Les capacités d’accueil
permettent d’héberger l’équivalent de
12 % de la population auvergnate aux-
nombre de lits quelles il faut ajouter les possibilités
touristiques offertes par plus de 90 000 résiden-
2 ces secondaires.par km
Le nombre de nuitées rapporté à la(hors résidences secondaires)
population place la région en tête des
régions sans bordure maritime, souli-
gnant l’enjeu que représente le déve-10 ou plus
loppement de cette activité.De 6 à moins de 10
Ses points faibles résident sans douteDe 2 à moins de 6
dans l’inégale qualité des équipementsMoins de 2
et une saisonnalité encore tropAuvergne : 7
France métropolitaine : 10 marquée où les inter-saisons ne sont
Département pas assez mises en valeur.
© IGN INSEE Auvergne 2004
Source : INSEE - Inventaire communal 1998
Les Hommes : le potentiel présent et à venir
Une région marquée par sa démographie
’Auvergne a connu au cours des Bilan migratoire 1990-1999Lvingt dernières années une baisse région Auvergne
continue de sa population.
effectifserAu 1 janvier 2004, l’estimation de 5 000
Départs en métropolepopulation de 1 327 000 habitants 4 500
semble annoncer un renouveau avec 4 000
18 000 habitants de plus qu’en 1999.
3 500
La démographie auvergnate est ca-
3 000ractérisée par la persistance d’un
2 500déficit naturel depuis le début des Arrivées de métropole
2 000années quatre-vingt. Entre 1982 et
1990, la région a cumulé déficits na- 1 500
turel et migratoire ; de 1990 à 1999 1 000
ArrivéesArrivéesArrivées horhorhorsss métrmétrmétropoleopoleopolele solde migratoire est redevenu fai- 500
blement positif. Depuis 1999, ce re-
0
nouveau migratoire semble s’ampli- 05310 15 20 25 305 40 45 50 55 60 65 70 75 80 85 90 95
Âge en 1999fier et est responsable à lui seul de la
croissance observée. Source : INSEE - Recensement de la population 1999
Le déficit naturel ne cesse de s’ag-
graver en raison de la diminution des plique également par la structure Les jeunes ménages sont plus nom-
naissances. Le nombre annuel de par âge de la population. breux à s’installer qu’à partir, ce qui
naissances dans le milieu des années Depuis une quinzaine d’années l’excé- permet indirectement et en partie de
soixante-dix s’élevait à 20 000, au dent migratoire semble s’amplifier et limiter les effets d’une faible fécondité.
début des années 2000 ce nombre constitue un élément positif. Les seniors viennent plus nombreux.
est de l’ordre de 13 500. Cependant toutes les tranches d’âge Ces arrivées sont constituées de re-
Il s’explique essentiellement par une ne sont pas concernées de façon iden- tours au pays,mais aussi de retraités y
baisse du taux de fécondité supé- tique. compris d’Europe du Nord.
rieure à la moyenne nationale.La ré- En particulier les jeunes continuent Le recul de la natalité et l’allongement
gion affiche un des taux de fécondité de quitter la région pour s’insérer sur de la durée de vie cumulés au profil
les plus faibles de France (1,64 en- le marché du travail ce qui se traduit migratoire régional ont pour consé-
fants par femme contre 1,87 pour la par un net déficit du nombre de jeu- quence inéluctable le vieillissement de
France). Cette faible natalité s’ex- nes de 18 à 29 ans. la population.Des perspectives démographiques orientées à la baisse
’avenir démographique de l’Au- Un déficit naturelLvergne est fortement corrélé à ces uniquement en Auvergne
tendances lourdes. Même si les évolu-
et en Limousintions du début des années 2000 re-
donnent un peu d’espoir, d’ici à 2030
la population de la région devrait
diminuer.
Suivant les différentes hypothèses en-
visagées, une baisse de population de
Variation annuelle moyenne2à7%seraenregistrée,tendancecon- due au solde naturel
entre 1999 et 2004 (en %)traire à celle de l’évolution française.
Cette baisse s’explique par l’impact
+ 0,50 %
du déficit naturel persistant qui annule + 0,25 %
0,00 %à partir de 2010 l’excédent migra-
toire.Sans doute improbable car lié au France métropolitaine : + 0,38 %
comportement individuel, le seul scé- Région
Auvergnenario qui permettrait une augmenta-
tion durable de population serait celui
Source : INSEE - Recensements de la populationd’une remontée du taux de fécondité
associée au regain d’attractivité ob-
servé depuis 1999. Sur le territoire ral va enrayer son déclin pour la partie Seule la zone d’Yssingeaux marquée
auvergnat, les évolutions à venir vont la moins isolée. La croissance de l’es- par un taux de fécondité élevé et une at-
modifier les équilibres. Si sur les vingt pace urbain (notamment l’espace cler- tractivité particulière devrait connaître
dernières années,l’espace urbain a ga- montois) va ralentir,voire à terme s’in- une hausse sensible, à condition toute-
gné autant de population que l’espace verser (en particulier pour les autres fois de se donner les moyens de rete-
rural en a perdu, à l’avenir l’espace ru- métropoles auvergnates). nir les jeunes.
Évolution des activités et réduction de la main-d'œuvre
Une croissance modérée de l'emploi depuis 10 ans
in 2002, l’Auvergne compte envi- lariéqui aperdu surlapériode reste toutefois sous-représenté. L’in-
Fron525 000emplois.Après avoir 32 000 emplois ; une croissance dustrie qui représente un emploi sur
connu un tassement au début des an- continue de l’emploi salarié avec cinq aperdu surlapériode 10 %de
nées quatre-vingt-dix, l’emploi a trois phases distinctes : une pro- sessalariés.Dessecteurssontforte-
constamment progressé depuis gression ralentie en début de pé- ment touchés par la mondialisation :
1994. En douze ans la région a gagné riode, une accélération sur la pé- l’industrie textile, les équipements
31 000 emplois. Son rythme de crois- 1994-2000 (période de électriques et électroniques. Par sa
sance est toutefois inférieur au reprise économique), un ralentisse- structure d’activité, l’emploi auver-
rythme national. ment depuis 2000. Le secteur des gnat est caractérisé par un poids en-
Cette évolution est marquée par services assure une grande partie de core important des ouvriers et un
deux tendances contraires : une cette croissance et en particulier ce- taux d’encadrement inférieur à la
baisse continue de l’emploi non sa- lui des services aux entreprises qui moyenne française.
Marché du travail : vers une réduction des forces vives
à l'horizon 2015
in 2004, le taux de chômage auver- Cet écart d’environ 1,5 point n’est 1990-2002, l’adéquation entre la
Fgnat s’élève à 8,5 %. Depuis le mi- pas forcément signe de dynamisme. main-d’œuvre et l’offre d’emplois a
lieu des années quatre-vingt-dix, il est Les zones les plus actives sont sou- connu deux types d’ajustement. Pen-
constamment plus faible que le niveau vent celles où se portent les deman- dant la décennie des années
national. deurs d’emploi. Sur la période quatre-vingt-dix, la population activeest marquée par l’arrivée sur le mar- rations nombreuses du baby-boom. élevées en particulier les métiers
ché du travail des dernières généra- C’est un défi majeur pour les années à d’encadrement et les professions in-
tions du baby-boom d’après-guerre et venir. Certains métiers sont déjà tellectuelles supérieures, mais aussi
par un accroissement des taux d’acti- concernés par des moyennes d’âge les chefs d’entreprise.
vité féminins.Elle a progressé plus vite
que l’emploi. Cela ne s’est pas traduit
par un accroissement du taux de chô- Fin des années quatre-vingt-dix
mage mais par une émigration d’actifs marquée par une hausse de l’emploi
notamment des jeunes, ainsi que par et une baisse du chômage
une augmentation des navettes quoti-
diennes avec des régions limitrophes, 8 000 Population active
en particulier Rhône-Alpes. Nombre d’emplois
6 000En revanche, depuis la fin des années Nombre de chômeurs
quatre-vingt-dix, l’emploi progresse 4 000
plus vite que la population active.Cela
2 000s’est traduit par une réduction du
taux de chômage.
0
En 1999, la région comptabilisait
-2 000579 300 actifs. À l’avenir le nombre de
ces actifs va diminuer. À l’horizon
- 4 0002015, ils devraient être de 5 à 8 %
moins nombreux. - 6 000
Ce mouvement résulte de la faible fé- 1962-1968 1968-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2002
Périodescondité, du déficit migratoire des jeu-
nes et du départ en retraite des géné- Source : INSEE - Recensements de la population - Estimations d’emploi pour 2002
Patrimoine naturel et organisation humaine
Le Puy-de-Dôme à l’image
Préserverde la France
Part de la population une richesse
vivant dans l’espace
à dominante urbaine naturelle
en 1999
80 % e patrimoine naturel de l’Auvergne
70 % Lconstitue une richesse à protéger.
60 % C’est un atout pour son développement
économique à travers la diversité de ses
France métropolitaine : 82 %
espaces et la richesse de ses ressourcesAuvergne : 65 %
Allier : 63 % naturelles.
Cantal : 38 % Dans cette perspective de développe-Haute-Loire : 40 %
Puy-de-Dôme : 81 % ment durable, la région se caractérise par
Départements un partage fragile à préserver entre l’es-
Auvergne pace à dominante urbaine et celui à domi-
nante rurale.Source : INSEE - Recensement de la population 1999
L'intercommunalité : un moyen pour financer des projets
e partage s’appuie sur une répartition sur le territoire centre d’un vaste espace urbain allant de Vichy à
Cd’un ensemble d’aires urbaines, de pôles d’emploi, Issoire où résident 567 000 habitants.
de pôles de service et de bourgs ruraux jouant chacun à En Auvergne, c’est la seule structure autonome de
leur échelle, un rôle de pôles d’activité et de maintien des cette taille ayant atteint la masse critique pour rivali-
équipements favorisant l’implantation des populations. ser dans la cour des grandes métropoles européen-
Au sein de ce territoire, Clermont-Ferrand se trouve au nes.
Variation annuelle moyenneLa démographie et l’économie de la région sont sansDes nouveaux territoires
nul doute liées au destin de cette métropole qui attirede projet
par ses activités, ses emplois, ses universités et grandes
écoles.
ST-AMAND-MONROND Enfin l’intercommunalité constitue aussi un levier pour
BOURBON-LANCY l’aménagement du territoire.
GUEUGNON Les collectivités locales de la région l’ont bien compris.
MOULINS
DOMPIERRE/B.
DIGOIN Son développement s’est fortement accéléré en Au-
PARAY-LE-MONIAL vergne ces dernières années pour couvrir 92 % des
MONTLUÇON VARENNE/ALLIER
ST-POURÇAIN/ communes et englober 96 % de la population début
COMMENTRY SIOULE LAPALISSE
2005.
Au cours de l’année 2004, plusieurs projets de Pays
VICHY
ST-ÉLOY- GANNAT ont renforcé ce dispositif qui devrait permettre deLES-MINES
ROANNE mutualiser les moyens et d’impulser une nouvelle dy-
AUBUSSON ST-GEORGES- namique.
DE-MONS
LA MONNERIE
THIERS
CLERMONT-FERRAND
COURPIÈRE
MONTBRISON
AMBERTUSSEL
ISSOIRE Pour en savoir plus,
ÉGLETONS BORT-LES- ST-ÉTIENNE
ORGUES
BRASSAC-LES-MINES l’ouvrage réalisé en partenariat
MONISTROL/LOIREHaut Cantal avec la préfecture de région
BRIOUDE
MAURIAC
STE-SIGOLÈNE
La jeune Loire
YSSINGEAUX
et ses rivières
LANGEAC
LE-PUY-EN-VELAY
ST-FLOUR
AURILLAC
Établissement public de Pays émergents
coopération intercommunale 01/01/2005
à fiscalité propre Périmètre de pays
31/12/2004 Dénomination du pays
Communautés Source : Préfectures
de communes
Pôle urbain
Communautés
Pôle d’emploi de l’espace rurald’agglomérations
Région Auvergne
Source : DGCL
Parc naturel régionalCommunes non incluses
dans un EPCI Communautés de communes
Directeur
de la publication
> René JEAN
Directeur régional de l'INSEE
3, place Charles de Gaulle
Rédaction en chef BP 120
> Pierre VALADOU 63403 Chamalières Cedex
Composition Tél.:0473197800
Fax : 04 73 19 78 09et mise en page
> INSEE
www.insee.fr/auvergne
> Toutes les publications accessibles en ligne
Création maquette
> Free Mouse 06 87 18 23 90
Impression
> Imprimerie IMC
Crédit photo
> INSEE Auvergne
ISSN : 1633-2768 -
Dépôt légal : 3e trimestre 2005
>Vente
Tél.:0473197873
Prix du numéro : 2,2€

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.