La Communauté d'Agglomération des Portes de l'Eure : Profiter davantage d'une situation géographique favorable

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La Communauté d'Agglomération des Portes de l'Eure (CAPE) correspond à un territoire composé de 40 communes et habité par plus de 55 000 personnes. Sa situation géographique particulière, aux "portes de l'Ile-de-France", lui confère des caractéristiques bien marquées : une croissance démographique soutenue , liée à "l'étalement" de la région parisienne, et une grande ouverture sur l'extérieur. L'économie locale, dynamique en matière d'emploi jusqu'au début des années 90, se caractérise par une densité particulièrement élevée d'emplois de haut niveau, dont la SNECMA est la principale représentation. Ceci se reflète dans la population locale qui peut être considérée comme relativement favorisée d'un point de vue socio-démographique.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Synthèses locales
LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION
DES PORTES DE L’EURE
Profiter davantage d’une situation
géographique favorable
La Communauté d’Agglomération des Portes de l’Eure (CAPE) correspond à un terri-AVANT-PROPOS
toire composé de 40 communes et habité par plus de 55 000 personnes. Sa situation géo-
L’élaboration d’un projet d’agglomération im-
graphique particulière, aux “portes de l’Ile-de-France”, lui confère des caractéristiques bien
plique, pour les acteurs concernés, de
marquées : une croissance démographique soutenue, liée à “l’étalement” de la région pari-conduire une réflexion globale et cohérente
s’appuyant sur une bonne connaissance sienne, et une grande ouverture sur l’extérieur. L’économie locale, dynamique en matière
des réalités économiques et sociales d’emploi jusqu’au début des années 90, se caractérise par une densité particulièrement
locales.
élevée d’emplois de haut niveau, dont la SNECMA est la principale représentation. Ceci se
Dans cette perspective, la Communauté
reflète dans la population locale qui peut être considérée comme relativement favorisée
d’Agglomération des Portes de l’Eure
d’un point de vue socio-démographique.(CAPE) a confié à la Direction Régionale de
l’INSEE de Haute-Normandie la réalisation Une analyse plus fine du territoire de la CAPE et de ses relations avec son environne-
d’un diagnostic socio-économique sur son ment fait ressortir un premier enjeu important : la CAPE ne constitue pas, à l’heure actuelle,
territoire de compétence.
ce que l’on pourrait appeler un bassin de vie.
Le présent document rassemble et synthé-
Tout d’abord, les échanges internes (déplacements domicile-travail, fréquentation des
tise des informations qui visent à
équipements) laissent apparaître deux blocs qui ont assez peu de relations entre eux : lacaractériser la CAPE sous les angles de la
partie nord, structurée autour de Vernon et la partie sud, davantage tournée vers Evreux oudémographie, des activités économiques,
de l’emploi et du chômage ainsi que de ses vers l’Ile-de-France. Par ailleurs, de nombreuses communes au nord de la CAPE ont des re-
relations internes et externes (navettes do- lations étroites avec le pôle de Vernon mais sans pour autant appartenir à la communauté
micile-travail, fréquentation des
d’agglomération. L’élaboration du projet d’agglomération est l’occasion de renforcer, par la
équipements et migrations résidentielles).
mise en place de projets “partagés”, la cohésion interne du territoire et de ses populations.
Ces éléments sont destinés à éclairer les ré-
Cette prise en compte de la diversité du territoire devrait aussi se traduire sur le terrainflexions des acteurs concernés et, à ce titre,
constituent une contribution à l’élaboration social. La CAPE une proportion relativement élevée de ménages favorisés. Cela
du diagnostic préalable. étant, les populations les plus défavorisées sont également nombreuses et sont surtout lo-
LE TERRITOIRE DE LA CAPE ET SON ENVIRONNEMENT
GAILLON
GASNY
VERNONSOMMAIRE
TERRITOIRE
La CAPE, aux portes de l’Ile-de-France . . . 2
POPULATION CAPE
Une population plutôt favorisée, en croissance EVREUX
PACY-rapide ......................5
SUR-EURE
MIGRATIONS RÉSIDENTIELLES
Une attractivité résidentielle surtout à l’égard
de l’Ile-de-France................6
LOGEMENT
Un parc de logements sociaux peu développé,
très concentré dans le pôle de Vernon . . . 7
EMPLOI
Un ralentissement très net
au cours des années 90 ............7
ACTIVITÉ -CHÔMAGE
Une situation moins favorable
qu’ilyadixans ................10
FISCALITÉ LOCALE
Un territoire potentiellement riche grâce à des
bases de taxe professionnelle élévées . . . 11calisées dans quelques communes de la CAPE seulement, communes dans lesquel- concentrée du point de vue spatial :
trois habitants sur quatre résident dansles se concentrent les logements sociaux.
les unités urbaines de Vernon, incluantUn autre enjeu essentiel pour le développement de la CAPE serait de retrouver le
Saint-Marcel, Saint-Just etdynamisme économique perdu depuis une dizaine d’années. Ce territoire bénéficie
Saint-Pierre-d’Autils (57% de la popu-
pourtant de l’image positive de son économie locale, liée à une industrie
lation totale de la CAPE), de
“haut-de-gamme”, mais aussi d’une situation géographique privilégiée, à mi-chemin
Pacy-sur-Eure, avec Ménilles et
entre Paris et Rouen, sur un axe majeur de communication et de développement éco-
Saint-Aquilin (12%) et de Gasny, avec
nomique. Ces facteurs incontestables d’attractivité pour l’installation de nouvelles
Sainte-Geneviève (6%).
entreprises n’ont pourtant pas empêché l’emploi local d’être “au point mort” depuis
Vernon, deuxième ville du départe-
une dizaine d’années. Dans le même temps, les communautés d’agglomération voisi- ment de l’Eure, peut être considérée,
nes, Evreux et surtout Seine-et-Eure, ont connu un développement économique très avec son agglomération, comme le
dynamique, signe de l’existence de nombreuses opportunités d’installations d’entre- seul pôle urbain important du territoire
prises dans la moitié est du département de l’Eure. Certes, la CAPE bénéficie déjà de (c’est-à-dire comportant au moins
ressources potentielles élevées en matière de taxe professionnelle, mais dont la 5 000 emplois). Le reste du territoire
est exclusivement périurbain (voir en-“mobilisation” est relativement faible. Une meilleure capacité à accueillir de nouvel-
cadré p.12). En effet, même les petitesles entreprises permettrait également d’envisager, grâce aux retombées fiscales que
communes ne peuvent être qualifiéesl’on peut en attendre, un développement plus ambitieux du territoire.
de “rurales” à proprement parler dans
La redynamisation de l’économie locale doit également être recherchée pour in-
le sens où elles sont toutes fortement
verser l’évolution du chômage, particulièrement défavorable durant la dernière dé-
dépendantes de pôles urbains voisins.
cennie, avec des conséquences directes sur les difficultés d’insertion des jeunes.
La partie sud-est de la zone fait partie
Plus généralement, cet enjeu de développement économique pose la question de
de l’aire urbaine de Paris (au moins
la “vocation” du territoire à moyen et long terme. On peut affirmer que la CAPE jouit
40% des actifs de ces communes tra-
actuellement à la fois d’une “vocation résidentielle”, notamment grâce à sa situation vaillent en Ile-de-France). Plusieurs
aux portes de l’Ile-de-France, mais aussi d’un statut de pôle d’emploi attractif sur communes à l’ouest du pôle urbain de
son environnement. Sans retour à un dynamisme significatif de l’emploi local, la Vernon sont très dépendantes de
CAPE pourrait “glisser” progressivement vers un statut de zone essentiellement celui-ci en matière d’emploi. Le reste
résidentielle. du territoire est sous l’influence par-
tagée de plusieurs pôles urbains.
TERRITOIRE
LA ZONE D’INFLUENCE DU PÔLE DE VERNON DÉBORDE LARGEMENT DE LA CAPE
La CAPE, aux portes
de l’Ile-de-France
La situation géographique de la
CAPE peut être considérée comme fa-
vorable sous les angles économique et
démographique. Située à mi-chemin
entre Rouen et Paris, sur un axe
majeur de communication et de déve-
loppement économique (vallée de la
Seine), ce territoire peut constituer un
lieu privilégié d’implantation pour
beaucoup d’entreprises.
Du point de vue démographique, la
contiguïté de son territoire avec la
région parisienne a permis à la
quasi-totalité des communes de
connaître une croissance démogra-
phique très soutenue, sous l’effet de
“l’étalement” francilien.
Telle qu’arrêtée fin décembre 2002,
la CAPE correspond à une population
totale de plus de 55 000 habitants.
Cette population est relativement
Note de lecture : 48% des actifs occupés résidant à Panilleuse ont leur emploi dans la CAPE.
2 - LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DES PORTES DE L’EUREL’ATTRACTION DE L’AIRE URBAINE D’ÉVREUXUn territoire très ouvert Plus de 1 500 travail-
SUR LES COMMUNES DE LA CAPE
sur l’extérieur, fortement dépendant leurs prennent quoti-
de l’Ile-de-France diennement le train
vers Par is
Deux chiffres suffisent pour mettre intra-muros ou vers
en évidence la grande ouverture de la la Défense.
CAPE sur l’extérieur : en 1999, 42% L’attraction ébroï-
des actifs occupés résidant dans la cienne est nettement
CAPE travaillaient en dehors de la moins forte mais
Part des actifs
ayant un emploizone, alors que 39% des emplois reste significative : travaillant dans
l’Aire urbaine d’Evreux
situés dans la CAPE étaient occupés 1 350 actifs résidant (en %)
par des actifs résidant à l’extérieur. De dans la CAPE travail-
façon assez originale, la CAPE com- lent dans l’aire ur-
bine ainsi ce que l’on pourrait appeler baine d’Evreux, soit
deux “vocations” : une vocation “rési- 6% des actifs rési-
dentielle” et une vocation “d’attractivité dents. Cette propor-
par l’emploi”. tion dépasse 25%
Les navettes quotidiennes domi- dans plusieurs com-
Note de lecture : plus de 30% des actifs occupés résidant à Jouy-sur-Eure ont leur emploi dans
cile-travail mettent en évidence une munes de l’ouest de l’Aire urbaine d’Évreux.
dépendance certaine à l’égard du pôle la zone.
d’Evreux mais aussi et surtout de On notera égale- liens. Parmi ces derniers, beaucoup
l’Ile-de-France. ment que 400 actifs résidents travail- viennent de cantons proches, en grande
Dans l’ensemble de la CAPE, un lent dans l’aire urbaine de Gaillon et partie de celui de Bonnières-sur-Seine
actif résidant sur cinq (soit plus de que peu d’actifs se dirigent plus en aval (560 personnes).
6 200 personnes) travaille en de la Seine (environ 250 travaillent Cette attractivité de la CAPE sur
Ile-de-France. Cette proportion varie dans l’aire urbaine de Rouen et autant l’extérieur, en matière d’emploi, repose
évidemment sur le territoire : dans une dans celle de Louviers-Val de Reuil). en grande partie sur le pôle d’emploi
commune sur trois, plus de 30% des de Vernon-Saint-Marcel, “drainant” à
actifs ont leur emploi en région pari- lui seul 70% des entrées quotidiennes
sienne ; ces communes se situent sur- Le pôle d’emploi de Vernon attire (13% pour le pôle de Pacy-sur-Eure,
tout au sud-est ou dans l’unité urbaine surtout les communes au nord 6,5% pour celui de Gasny).
de Gasny. Le département voisin des de la CAPE
Yvelines est de loin la “destination”
principale (2 450 actifs) devant Paris Plus de 8 000 actifs résidant en La vocation résidentielle de la CAPE
(1 450) et les autres départements. dehors de la CAPE viennent y travailler se consolide au contraire
chaque jour, occupant de son attractivité par l’emploi
près de 40% des em-L’ATTRACTION DE L’ILE-DE-FRANCE SUR LES COMMUNES DE LA CAPE
plois de la zone. Une La grande ouverture de la CAPE
grande partie de ces sur l’extérieur a, de surcroît, tendance
personnes habitent à se développer. Cette évolution est
les cantons situés au malgré tout assez générale, corres-
nord de la CAPE : pondant à l’augmentation de la mobili-
près de 1 300 person- té des actifs sur l’ensemble du terri-
nes viennent du toire. On note toutefois que le nombre
canton d’Ecos (hors de “sortants” (actifs résidant dans la
Gasny et Sainte-Ge- CAPE et travaillant à l’extérieur) aug-
neviève), 1 400 des mente nettement plus vite que celui
deux cantons de Gail- des “entrants”. En 1990, il y avait
lon et 750 de celui des encore davantage d’entrants que de
Andelys (voir carte sortants, signe de l’attractivité de la
p.2). Mais on note CAPE en matière d’emploi ; depuis
également 1 150 lors, le rapport s’est inversé : il y a
actifs de l’aire urbaine maintenant dans la CAPE moins d’em-
d’Evreux qui travail- plois localisés que d’actifs occupés ré-
lent dans la CAPE, sidents. Ceci peut être interprêté
Note de lecture : plus de la moitié des actifs occupés résidant à Bueil ont leur emploi en
ainsi que 1 300 franci- comme une perte relative d’attractivitéIle-de-France.
LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DES PORTES DE L’EURE - 3ÉVOLUTION DES NAVETTES DOMICILE-TRAVAIL de communes au nord de la CAPE ont manifestement, à l’heure actuelle,
ENTRE 1975 ET 1999
avec le pôle de Vernon-Saint-Marcel peu de relations entre elles. Si le pôle de
9 apparaissent à la fois sous l’angle de la Vernon rayonne fortement, on l’a vu, au
fréquentation des équipements et ser- nord de la CAPE, il a peu d’influence sur8
vices, et sous l’angle de l’emploi. le canton de Pacy-sur-Eure, et inverse-
7
Entrées Sous l’angle de la fréquentation des ment. Seulement 400 personnes de la
6
équipements, c’est l’ensemble des partie sud travaillent dans la partie nordSorties
5 communes du canton d’Ecos et une et autant de personnes font le chemin in-
4 partie de celui des Andelys qui se trou- verse, chiffres très faibles au regard des
vent dans la zone d’influence directe flux vers l’extérieur. De même, pour la3
du pôle de Vernon-Saint-Marcel. Sous fréquentation des grands équipements
2
l’angle du lieu de travail, ce sont treize (hôpital, hypermarché…), le secteur de1975 1982 1990 1999
communes proches (représentant au Pacy-sur-Eure est tourné prioritairementSource : INSEE Unité : millier d’actifs
Recensements de la population
total 8 000 habitants) qui ont entre 30% vers Evreux. Pour ce qui est des équipe-Note de lecture : en 1999, 8 150 actifs travaillaient dans la CAPE tout en
résidant à l’extérieur ; à la même date, 8 810 actifs habitant la CAPE et 50% de leurs actifs qui travaillent au ments ou services plus courants (méde-
occupaient un emploi en dehors de celle-ci.
sein de la CAPE. cin, banque…), Pacy-sur-Eure joue bien
A l’intérieur de la communauté d’ag- son rôle de pôle de proximité pour leséconomique de la CAPE au regard de
glomération, les faibles relations entre communes de son canton.son attractivité résidentielle.
certains sous-secteurs font d’abord ap-Cette évolution tient simplement au
paraître un “partage nord-sud”. Cettefait que la croissance démographique
ligne de partage, définie sur la base des Cinq secteurs géographiquesest restée assez soutenue au cours
navettes domicile-travail, et confirmée spécifiquesdes années 90 tandis que l’évolution
par l’analyse de la fréquentation desde l’emploi se caractérise par son
équipements, correspond à la frontière Au-delà du découpage nord-sudfaible dynamisme durant cette dé-
nord du canton de Pacy-sur-Eure. Les déjà évoqué, on peut identifier cinqcennie, contrairement aux précédentes
deux parties nord et sud, ainsi définies, secteurs géographiques avec leurs(voir rubrique emploi). Ceci renvoie à
un enjeu fort de développement pour la
FRÉQUENTATION DES ÉQUIPEMENTSCAPE : continuer à profiter d’une voca-
tion double (attractivité résidentielle et
par l’emploi) en retrouvant une crois-
sance significative de l’emploi, ou
s’orienter vers une vocation surtout ré-
sidentielle pour le territoire.
La CAPE ne constitue pas vraiment
un bassin de vie
On peut considérer qu’un territoire
correspond à un “bassin de vie”
lorsque la grande majorité de ses habi-
tants ont en commun d’y travailler et de
fréquenter les mêmes équipements ou
services structurants (hôpital, cinéma,
salles de spectacle, lycée, grande dis-
tribution, services publics…).
Dans cette optique, la CAPE ne peut
pas vraiment être considérée comme un
bassin de vie. D’une part, beaucoup de
communes très dépendantes du pôle de
Vernon du point de vue de l’emploi et
des équipements (ou services) ne font
pas partie de la CAPE. D’autre part, cer-
Source : INSEE - Inventaire communal 1998 IGN 2000 - Insee 2003
tains sous-secteurs de la CAPE ont peu
Note : ces présentations cartographiques de la fréquentation des équipement s’appuient sur les résultats de l’inventaire communal de 1998. Dans
de relations entre eux. le cadre de cette enquête, on a demandé à une commission municipale si tel ou tel équipement existait dans la commune et sinon, dans quelle
commune les habitants se rendaient pour fréquenter celui-ci.
Les fortes relations de beaucoup La “dépendance” de la commune à l’égard du pôle pourvu de cet établissement se matérialise simplement par un trait reliant les deux communes.
4 - LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DES PORTES DE L’EUREÉVOLUTION DE LA POPULATION DE LA CAPEparticularités (voir carte). Gasny, avec POPULATION DEPUIS 1962
Sainte-Geneviève, constitue un petit
60pôle d’emploi ouvrier. L’unité urbaine Une population plutôt
de Vernon, moteur économique de la favorisée, en croissance 50
CAPECAPE, a les caractéristiques d’un pôle rapide
40de cette taille : davantage de jeunes et
Agglomération de Vernon*
A l’échelle de plusieurs décennies,des disparités sociologiques marquées
30
le territoire constituant maintenant la(part importante de non diplômés, de
CAPE a connu une croissance démo- 20chômeurs, mais aussi de cadres et de
graphique très forte. CAPE hors agglomération de Vernondiplômés du supérieur). Le “plateau”,
10
Entre 1962 et 1999, la populationconstitué de dix communes résidentiel-
totale est passée de 32 800 à 55 300, 0les à l’ouest de Vernon est, de loin, le
1962 1968 1975 1982 1990 1999soit presque +70% d’augmentation.secteur sociologiquement le plus favo-
Source : INSEE Unité : millier d’habitantsJusqu’au milieu des années 70, le pôlerisé. L’autre secteur résidentiel, partie Recensements de la population
* Communes de Vernon, St Marcel, St Pierre d’Autils, St Just.de Vernon-Saint-Marcel était le moteursud-est de la communauté d’agglomé-
essentiel de cette croissance démogra-ration, très dépendant de
des années 90 se prolongeaientphique. Celle-ci a ensuite reposé enl’Ile-de-France, l’est un peu moins. Le
(solde migratoire légèrement positif,grande partie sur les petites communes,dernier secteur, sous l’influence par-
fécondité restant à son niveau derurales à l’origine, périurbaines au-tagée d’Evreux et de Pacy-sur-Eure,
1999), la population de la CAPEjourd’hui, qui ont profité de leur attractivi-héberge une population plus âgée et
continuerait de croître durablementté résidentielle, notamment à l’égardde niveau socioculturel plutôt moins
pour atteindre par exemple 58 000d’actifs franciliens, pour connaître desélevé que dans le reste de la CAPE.
habitants vers 2010. Ce n’est quetaux de croissance souvent compris
dans l’hypothèse d’un solde migra-entre +50% et +200% depuis 25 ans.
toire qui deviendrait nettement néga-Dans la CAPE comme dans la plu-
tif qu’on pourrait envisager une dé-part des territoires, la décennie 90
croissance de la population avantaura été celle du ra-
cette date.LA CAPE EN CINQ SECTEURS GÉOGRAPHIQUES lentissement démo-
graphique. Malgré ce
ralentissement,
Une population relativementl’augmentation de la
jeune…population reste
plutôt plus marquée
L’analyse par classe d’âge de la po-qu’ailleurs. Le pôle
pulation de la CAPE donne l’imagede Vernon continue
d’une population relativement jeune :de profiter d’une na-
55% des habitants ont moins de 40talité élevée, tandis
ans. Les agglomérations deque le reste de la
Pacy-sur-Eure et surtout de Vernonzone, essentielle-
sont significativement plus jeunes quement périurbain,
les agglomérations qui leur sont com-conserve un solde
parables au niveau national. Le restemigratoire plus favo-
de la CAPE, essentiellement périur-rable que les com-
bain, présente également une struc-munes périurbaines
ture d’âge plus jeune que les commu-en général.
nes périurbaines en général.Si les tendances
Inversement, la proportion de retraités
dans la population “communautaire”
RÉPARTITION DE LA POPULATION PAR TRANCHE D’ÂGE EN 1999 est relativement faible.
0-19 ans 20-39 ans 40-59 ans 60-74 ans 75 ans et + Ensemble
Aire urbaine de Vernon 28,6 27,8 25,3 11,8 6,5 100
Aires urbaines françaises de taille comparable 24,6 26,1 26,4 14,5 8,4 100
… et plutôt favorisée
Unité urbaine de Pacy-sur-Eure 26,6 27,8 24,8 12,3 8,5 100
Unités urbaines françaises de taille comparable 25,1 25,8 26,0 14,5 8,6 100
Ce qui caractérise le plus la popula-
CAPE 28,0 27,2 26,4 11,9 6,5 100
tion de la CAPE est sans doute qu’elle
Haute-Normandie 26,6 28,0 25,9 12,6 6,9 100
apparaît plutôt favorisée du point de
Source : INSEE - Recensement de population 1999 Unité : %
LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DES PORTES DE L’EURE - 5vue socioculturel (catégories sociopro- dix reste étudier dans la communauté Cette importance de l’immigration à
fessionnelles, niveau de formation, d’agglomération. Vernon est plutôt “historique” ; l’âge
revenus). La population de la CAPE apparaît moyen relativement élevé des immi-
On note tout d’abord une proportion également comme globalement favo- grés en témoigne. Après des arrivées
importante de cadres et de professions risée sous l’angle des revenus. Si on nombreuses jusque dans les années
intermédiaires dans la population. compare aux communautés d’agglo- 80, les flux se sont nettement réduits
Dans l’aire urbaine de Vernon, ces ca- mération voisines, par exemple, les re- ensuite, se rapprochant de la situation
tégories représentent 28% des ména- venus déclarés par les ménages de la observée ailleurs au cours de la dé-
ges résidents, contre moins de 20% CAPE sont supérieurs à ceux de leurs cennie 90.
dans les aires urbaines de taille com- “voisins”.
parable au niveau national. Pour les Si on se situe par rapport à l’en-
seuls cadres, la proportion est de 12%, semble du département de l’Eure, le
soit le double de la part dans les aires constat est semblable : la moitié des MIGRATIONS
urbaines de référence. Même parmi les communes de la CAPE figurent dans RESIDENTIELLES
retraités, la part des anciens cadres les 15% les plus “riches” du
est plus élevée qu’ailleurs. A l’échelle département. Une attractivité
de la CAPE dans son ensemble, la part La principale commune de la résidentielle surtout
des cadres dans la population est CAPE, Vernon, n’échappe pas à la ten-
à l’égard de l’Ile-de-France
aussi particulièrement élevée, supé- dance. Bien sûr, à l’image de tout pôle
Le territoire de la CAPE se caracté-rieure à ce qu’on observe dans les urbain de cette taille, elle “héberge”
rise depuis plusieurs décennies par unprincipales communautés d’agglomé- une proportion importante de ménages
solde migratoire favorable (particulière-ration de la région. à bas revenus, en lien avec l’existence
ment dans les années 70 et 80), àC’est la forte proportion d’emplois d’un parc de logements sociaux déve-
l’instar de l’ensemble de la façade estde haut niveau, sur place, qui constitue loppé. Mais elle abrite surtout une po-
du département de l’Eure, incluse dansde loin la cause essentielle de cette pulation de ménages aux revenus
ce que l’on peut appeler les “frangesforte représentation des catégories les élevés plus importante que dans la
franciliennes”.plus favorisées (voir rubrique emploi). moyenne des villes de taille compa-
Ces forts mouvements migratoiresEn lien avec les caractéristiques rable, si bien que les disparités socia-
ont pour effet de recomposer rapide-décrites ci-dessus, la proportion de di- les au sein de la “capitale” de l’agglo-
ment la population locale. Par exemple,plômés du supérieur est élevée : parmi mération apparaissent un peu plus
plus d’un habitant sur quatre en 1999les 30-39 ans, par exemple, la part des marquées que dans les villes
n’habitait pas la CAPE en 1990. Autourtitulaires d’un niveau au moins égal à comparables.
de 30 ans, c’est même une personne“Bac +2” est de 25% ; elle dépasse
sur deux qui est un nouveau résident.même 30% pour les 25-29 ans.
L’Ile-de-France, en tant que régionDe même, la propension des Une proportion importante
d’origine, participe fortement à cettejeunes originaires de la CAPE à suivre d’immigrés
recomposition locale de la population :des études supérieures est particuliè-
elle fournit à la CAPE le tiers de sesrement élevée ; elle est supérieure à ce Les personnes immigrées (étran-
que l’on observe en tendance natio- gers ou Français “par
LES MIGRATIONS RÉSIDENTIELLES ENTRE 1990 ET 1999nale, et a fortiori, régionale. La propor- acquisition”) représen-
tion importante de catégories sociales tent près de 10% de la
favorisées parmi les parents explique population totale de
en grande partie ce constat. On pour- l’unité urbaine de
rait également invoquer une situation Ver non (avec
géographique favorable aux poursuites Saint-Marcel,
d’études (desserte ferroviaire avec Saint-Just et
Rouen et Paris, proximité d’Evreux), Saint-Pierre-d’Autils),
qui permet à une part importante de ce qui place Vernon de
jeunes de poursuivre leurs études tout loin au premier rang
en restant résidents de la CAPE. Cela des agglomérations de
étant, qu’ils aient déménagé ou non la région ; cette pro-
pour suivre leurs études, les jeunes portion est également
originaires de la CAPE étudient pour élevée si l’on se réfère
près de la moitié à Rouen, près du à des agglomérations
quart en Ile-de-France et environ un de taille comparable
Note de lecture : entre 1990 et 1999, 2 700 personnes ont quitté les Yvelines pour s’installer
sur dix à Evreux. Près d’un étudiant sur au niveau national. dans la CAPE et 1 300 personnes ont fait “le chemin inverse”.
6 - LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DES PORTES DE L’EUREnouveaux arrivants (dont la moitié vient emploi dans la CAPE. Entre 40 et 60 forte présence des communes périur-
des Yvelines). A l’échelle de plusieurs ans, les échanges migratoires sont baines pour une communauté d’agglo-
décennies, cette relation forte avec la nettement déficitaires à l’égard des ré- mération. Les maisons individuelles
région parisienne se traduit par le fait gions de la moitié sud de la France sont nettement majoritaires (deux lo-
qu’une personne sur cinq vivant actuel- (cette tendance est enregistrée de gements sur trois) et le parc locatif est
lement dans la CAPE est francilienne façon générale dans les territoires du moins présent qu’ailleurs. De même,
“de naissance”. nord de la France). Après 60 ans, la les logements locatifs sociaux ne re-
Tout en étant touchée par le ralen- CAPE dégage un léger excédent mi- présentent qu’un logement sur cinq
tissement général de la croissance dé- gratoire, perdant presque autant de re- quand c’est autour d’un sur trois dans
mographique dans les zones périurbai- traités au profit de la province qu’elle les communautés d’agglomération voi-
nes, la CAPE a conservé un solde n’en gagne à l’égard de l’Ile-de-France. sines. Cette proportion qui, dans
migratoire légèrement positif entre l’absolu, peut être considérée comme
1990 et 1999. L’analyse que l’on peut faible à l’échelle de la CAPE, ne doit
faire des mouvements de population toutefois pas masquer le développe-
est toutefois très variable selon les ment important du parc social dansLOGEMENT
zones avec lesquelles se font les l’agglomération de Vernon ; un loge-
échanges. Schématiquement, si la ment sur trois dans la commune deUn parc de logements
communauté d’agglomération gagne Vernon et près d’un sur cinq dans cellesociaux peu développé,
encore beaucoup d’habitants sur de Saint-Marcel. Ces deux communestrès concentré
l’Ile-de-France, par le jeu des migra- concentrent ainsi 90% des logements
dans le pôle de Vernontions, elle en perd presque autant à sociaux de la CAPE alors que 33 com-
l’égard du reste de la région et des munes sur les 40 en sont totalement
autres régions de province. A l’image de la croissance démo- dépourvues.
Les échanges migratoires varient graphique du territoire, le nombre de
aussi fortement selon les catégories de résidences principales a augmenté de
population concernées. La CAPE a façon relativement soutenue dans la
tendance à perdre des étudiants au CAPE entre 1990 et 1999 (+10% EMPLOI
profit de la capitale régionale (et un environ).
peu de l’Ile-de-France). A l’inverse, si Parmi les principales caractéristi- Un ralentissement très net
elle perd de nombreux jeunes actifs di- ques du parc de logements, on peut au cours des années 90
plômés (moins de 30 ans) au profit de noter la part élevée des résidences se-
La communauté d’agglomération
la région parisienne, elle en gagne da- condaires, reflet d’un cadre de vie re-
des portes de l’Eure compte environ
vantage à l’égard du reste de la cherché (notamment dans la vallée de
22 000 emplois. Ces emplois sont à
Haute-Normandie et des autres ré- l’Eure) conjugué à la proximité de la
90% concentrés dans trois pôles
gions de province, souvent pour occu- région parisienne.
d’emploi. Avec 15 000 emplois (soit
per des postes de haut niveau. Au-delà Les autres caractéristiques du parc
68% du total), Vernon-Saint-Marcel est
de 30 ans, on enregistre de nombreu- de logements renvoient surtout à la
le pôle principal de la communauté
ses arrivées de mé-
d’agglomération. Il est suivi par l’unité
nages franciliens LE LOGEMENT SOCIAL, TRÈS CONCENTRÉ DANS LE PÔLE URBAIN
urbaine de Pacy-sur-Eure qui ras-DE VERNONavec enfants, sou-
semble 14% des emplois. Enfin, le pôle
vent de classe so-
d’emploi de Gasny ne représente que
ciale relativement fa-
1 500 emplois (7% du total). Les 10%
vorisée (professions
d’emplois restants sur le territoire sont,
intermédiaires…).
pour la plupart, des emplois liés à la
Les actifs originaires
population que l’on retrouve dans
d’Ile-de-France
toutes les communes : services à la
conservent souvent
personne, éducation, commerces…
leur emploi dans
cette région. Parmi
ces nouveaux arri-
Un territoire fortement industriel
vants depuis 1990,
plus de la moitié tra-
Le tissu productif de la CAPE est
vaillent encore en
fortement marqué par la présence de
région parisienne
grands établissements industriels, au
contre seulement un
premier rang desquels figure la
sur quatre qui a son
LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DES PORTES DE L’EURE - 7SNECMA avec ses quelque 1 400 em- La situation géographique de la boratoire de recherche en balistique et
plois. Chaque pôle d’emploi, zone aux portes de l’Ile-de-France et aérodynamique) est le principal éta-
Vernon-Saint-Marcel, Pacy-sur-Eure les infrastructures routières ne sont blissement de recherche et développe-
ou même Gasny est très industriel. sans doute pas étrangères au nombre ment mais cette activité est également
Globalement, à l’échelle de la CAPE, relativement important d’emplois (800) très présente dans l’industrie locale
près d’un emploi sur trois est industriel. liés aux transports routiers. (SNECMA…).Tous secteurs d’activité
A un niveau plus fin, la structure Les administrations publiques sont confondus, on compte plus de 500
des emplois de la communauté d’ag- peu représentées pour une aggloméra- chercheurs travaillant dans l’aire ur-
glomération présente quelques parti- tion de cette taille. Il est vrai que de baine de Vernon, contre très rarement
cularités souvent liées à la présence nombreuses villes de la taille de plus d’une centaine dans les aires ur-
d’un ou deux établissements. Vernon sont sous-préfectures (ou baines de même taille.
même préfectures) et que peu de villes
ÉVOLUTION DE L’EMPLOI de cette taille connaissent, comme
DANS LA CAPE ENTRE 1990 ET 1999 Vernon, la proximité de grands pôles Vernon et Pacy-sur-Eure :
Évolution urbains. Ainsi, malgré l’hôpital, les acti- deux pôles d’emploi en perte
Effectifs Répartition 1990/1999
1999 (en %) (en %) vités liées à la santé pèsent moins de dynamisme économique…
Agriculture, dans l’emploi de l’agglomération de
sylviculture, pêche 360 1,6 -31,6
Vernon qu’ailleurs, et le secteur de Après une période de croissance
Industrie 6 930 31,7 -15,6
l’action sociale est également moins soutenue de l’emploi (1975-1990), laConstruction 1 280 5,8 -31,6
présent. Les établissements d’action décennie 90 s’est révélée nettementTertiaire 13 320 60,8 +13,2
sociale bénéficient souvent aux per- moins favorable, aussi bien dans leEnsemble 21 890 100,0 -2,2
sonnes âgées et la structure d’âge par- pôle de Pacy-sur-Eure que dans celuiSource : INSEE - Recensements de population
ticulière de Vernon, assez jeune avec de Vernon, avec des évolutions bien
moins de retraités, peut expliquer cette en-deçà de ce qui s’est passé dans lesL’agriculture offre peu d’emplois sur
sous-représentation en matière pôles de taille comparable.le territoire et seule l’industrie laitière,
d’emplois. Dans la plupart des territoires, la ten-avec la fromagerie Boursin à
dance générale est à la décrue des ef-Croisy-sur-Eure, apparaît bien repré-
fectifs dans l’industrie depuis plusieurssentée parmi les industries
Des activités de recherche décennies. Le pôle Vernon-Saint-Marcelagroalimentaires.
très présentes ne déroge pas à la règle. Les effectifs in-Les secteurs industriels les plus ca-
dustriels ont fortement chuté et mêmeractéristiques sont la construction aéro-
Enfin, les activités de recherche un peu plus qu’ailleurs. Cependant,nautique et spatiale (SNECMA), la fabri-
sont très développées pour un pôle jusqu’en 1990, les pertes d’emplois in-cation d’appareils domestiques
d’emploi de cette taille. Le LRBA (La- dustriels étaient plus que compensées(ROWENTA), la fabrication de pâte à
papier, de papier et de carton
(SMURFIT, SCA Emballage), la fabrica-
tion de savon (CARAL et la Parfumerie ÉVOLUTION DE L’EMPLOI ENTRE 1975 ET 1990 ÉVOLUTION DE L’EMPLOI ENTRE 1975 ET 1990
de Pacy-sur-Eure), la parachimie 86 aires Rang de Unité urbaine 123 unités Rang de
Aire urbaine urbaines de Vernon sur les de urbaines de Pacy-sur-Eure(PEGUFORM), la fabrication de machi-
de Vernon référence 86 aires Pacy-sur-Eure référence sur les 123
(en %) (en %) urbainesnes outils (SAMM) et, jusqu’à un passé (en %) (en %) unités urbaines
récent, la fonderie (CATERPILLAR et la Industrie -21,9 -14,0 59 Industrie +23,3 -11,3 32
Construction +30,9 -17,5 1 Construction +5,9 -16,4 38Fonderie de Pacy).
Tertiaire +44,2 +36,7 25 Tertiaire +43,7 +39,8 61
Total +8,2 +8,2 44 Total +27,6 +7,6 37
Source : INSEE - Recensements de population Source : INSEE - Recensements de population
Un secteur tertiaire influencé
par la présence de grands
ÉVOLUTION DE L’EMPLOI ENTRE 1990 ET 1999 ÉVOLUTION DE L’EMPLOI ENTRE 1990 ET 1999établissements industriels
86 aires Rang de Unité urbaine 123 unités Rang de
Aire urbaine urbaines de Vernon sur les de urbaines de Pacy-sur-Eure
Avec une forte présence des servi- de Vernon référence 86 aires Pacy-sur-Eure référence sur les 123
(en %) (en %) urbaines (en %) (en %) unités urbainesces aux entreprises, le secteur tertiaire
Industrie -17,1 -12,0 64 Industrie -24,2 -13,6 93est, lui aussi, indirectement influencé
Construction -42,4 -16,9 83 Construction -17,8 -11,5 72
par les grands étabilissements indus-
Tertiaire +11,7 +15,3 59 Tertiaire +45,2 +21,4 22
triels. Ainsi, les activités de conseil et
Total -3,3 +4,0 76 Total +2,2 +6,0 81
assistance, l’informatique et l’adminis-
Source : INSEE - Recensements de population Source : INSEE - Recensements de population
Note : la forte croissance du tertiaire est lié à une faible présence initiale.tration d’entreprises sont assez bien
L’évolution majeure est la chute des emplois industriels plus marquée
représentées. qu’ailleurs.
8 - LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DES PORTES DE L’EUREpar le développement d’activités ter- ont augmenté leurs ef-ÉVOLUTION DU NOMBRE D’EMPLOIS DANS LA CAPE
ET LES COMMUNAUTÉS D’AGGLOMÉRATION VOISINEStiaires, et également par un essor fectifs depuis 1990.
Taux moyen de variation annuelleconsidérable des activités de construc- Parallèlement, davan-
Évolution Évolution
1975-1990 1990-1999tion. Globalement, de 1975 à 1990, Communauté 1975/1990 1990/1999 tage de grands éta-
d’Agglomération (en%) (en%) (en%) (en%)
l’emploi a progressé de 8% dans l’aire blissements ont perdu
Portes de l’Eure 14 -2 0,9 -0,2
urbaine de Vernon, ce qui correspond de nombreux emplois
Seine et Eure 27 12 1,6 1,3
à une évolution plutôt favorable pour au cours de la dé-Évreux 26 6 1,6 0,7
une aire urbaine de cette taille au nord cennie 90. CertainesMantes-la-Jolie 10 4 0,7 0,4
de la France. En revanche, entre 1990 Source : INSEE - Recensements de la population entreprises ont même
et 1999, le nombre d’emplois a diminué disparu : BATA à
de 3%, plaçant Vernon parmi les aires Saint-Marcel en 1990,
urbaines les moins dynamiques de ce WONDER en 1992 et la fonderie deCAPE semble pourtant très favorable
point de vue. Cette perte de dyna- Vernon plus récemment.en matière de développement de
misme est générale. Les effectifs in- Cette forte représentation desl’emploi. Les communautés d’agglomé-
dustriels continuent à chuter. Le sec- grands établissements ne doit pas mas-ration voisines de Seine-Eure et
teur de la construction connaît une quer la présence des plus petites struc-d’Evreux en témoignent : elles ont
période difficile après des années de tures, les plus créatrices d’emplois enconnu des évolutions d’emploi nette-
forte croissance entre 1975 et 1990. général. Les établissements de moinsment plus favorables depuis 25 ans, en
Enfin, les activités tertiaires se sont de 50 salariés regroupent en effet prèsparticulier entre 1990 et 1999.
moins développées qu’ailleurs. d’un salarié sur deux de l’industrie, duAutre signe de ce ralentissement
Le perte de dynamisme est égale- commerce et des services, et 20% deséconomique, le nombre de créations
ment très marquée dans le pôle de emplois sont pourvus dans l’artisanat.d’entreprises était en proportion plus
Pacy-sur-Eure. Après une situation Bien sûr, la prépondérance des petitsimportant à Vernon que dans les pôles
très favorable de l’emploi pendant la établissements est nette dans le secteurcomparables au début des années 90 ;
période 1975-1990 (avec notamment du commerce, des hôtels-cafés-restau-il est désormais du même ordre.
la création nette d’emplois industriels, rants, des services aux particuliers et,
des créations dans le BTP et dans une moindre mesure, des services
un fort dynamisme du tertiaire) où le aux entreprises et du bâtiment.D’importantes mutations dans le
nombre d’emplois dans l’unité urbaine paysage des grands établissements
de Pacy-sur-Eure avait augmenté de
28%, le nombre d’emplois entre 1990 Des emplois très qualifiésLe faible dynamisme de l’emploi au
et 1999 n’a progressé que de 2%. cours de la dernière décennie découle
Le système productif de l’aire ur-en partie du peu d’implantations de
baine de Vernon fait une place très im-nouveaux grands établissements. On
…malgré une composante portante aux emplois qualifiés. Ainsi,relève toutefois l’installation d’un
démographique favorable pour un pôle d’emploi de cette taille,centre LECLERC en 1995 à Vernon,
Vernon se distingue très nettement pardes PAPILLONS BLANCS en 1990 à
Le ralentissement économique de sa proportion de cadres. Sur 86 airesCaillouet Orgeville, de la société de
la dernière décennie aurait été encore urbaines de taille comparable, Vernonnettoyage SA VERNON MULTI
plus net si la CAPE n’avait pas profité se place en première position pour laSERVICES et de DULAC Imprimerie
d’une croissance démographique vive, part de cadres dans l’emploi, et en 3een 1992 à Pacy-sur-Eure. Quelques
génératrice de nombreux emplois. En position pour la proportion de profes-autres établissements, déjà présents,
effet, les seuls secteurs
plus dynamiques qu’ail-
LES DIX PRINCIPAUX ÉTABLISSEMENTS DE LA CAPEleurs sont l’éducation, les
Tranche Communeservices personnels et
Raison sociale Activité économique d’effectifs d’implantation
domestiques et le com-
SNECMA moteurs Construction de lanceurs et engins spaciaux Plus de 1000 Vernon
merce. En revanche, les
Centre hospitalier général de Vernon Activités hospitalières 500 à 999 Vernon
secteurs moins liés à la Commune de Vernon Administration publique générale 500 à 999 Vernon
population, comme l’in- Télémécanique Fabrication de matériel de distribution et de commande électrique 200 à 499 Pacy-sur-Eure
Rowenta France d’appareils électroménagers 200 à 499 Vernondustrie ou les transports,
Guintoli Terrassements en grande masse 200 à 499 Saint-Marcel
sont en net recul, signe
Goodrich actuation systemsas Fabrication d’équipements d’aide à la navigation 200 à 499
d’un dynamisme “pure- Peguform de pièces techniques en matière plastique 200 à 499 Saint-Marcel
ment économique” en Schneider Electric Industries Fabrication de matériel de distribution et de commande électrique 200 à 499 Pacy-sur-Eure
Transports Lohéac de l’Ouest Parisien Transports routiers de marchandises de proximité 200 à 499 Saint-Marcelperte de vitesse. La situa-
Source : INSEE - SIRENE au 1er janvier 2002tion géographique de la
LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DES PORTES DE L’EURE - 9Vernon est jeune et de nombreuses per-ACTIVITÉ – CHÔMAGERÉPARTITION DES EMPLOIS PAR CATÉGORIE
SOCIOPROFESSIONNELLE EN 1999 sonnes sont arrivées au cours de la dé-
cennie sur le marché du travail.86 aires Une situation moins
Aire urbaines Rang de
A l’échelle de la CAPE, le taux deurbaine de Vernon sur favorable qu’il y a dix ans
de Vernon référence les 86 aires chômage est toutefois modéré (de
(en %) (en %) urbaines Entre 1990 et 1999, la population
l’ordre de 8%).
Agriculteurs 0,2 2,2 85 active de la CAPE a augmenté d’envi-
Artisans commerçants 5,3 7,1 75
ron 1 300 personnes. Cette augmenta-
Cadres 14,2 8,8 1
tion est due aux apports migratoires,Professions Une insertion sur le marché
intermédiaires 26,3 22,0 3 au fait que les générations en âge de
du travail devenue difficile
Employés 26,8 29,9 60 travailler sont plus nombreuses et à
pour les jeunesOuvriers 27,2 30,0 55
une augmentation sensible du taux
Total 100,0 100,0
d’activité des femmes, perceptible
Plutôt favorisés par le marché localSource : INSEE - Recensement de la population1999
depuis plusieurs décennies.
de l’emploi au début des années 90,
sions intermédiaires. Les cadres et pro- les jeunes actifs sont ceux qui ont le
ÉVOLUTION DU NOMBRE DE DEMANDEURS D’EMPLOI
fessions inter de la fonction plus subi la dégradation observée en-
Aire urbaine
160publique (hors défense) ne sont, eux, de Vernon : suite. Signe des difficultés qu’ils ren-Aire urbaine
moins de 25 ansde Vernonpas plus présents qu’ailleurs. Cette forte contrent pour s’insérer sur le marché
140
proportion d’emplois de qualification su- du travail, un demandeur d’emploi sur
périeure est liée à la présence de la huit, dans l’aire urbaine de Vernon, n’a120
SNECMA, très gros pourvoyeur d’em- jamais travaillé, alors que cette pro-
100plois qualifiés, mais pas seulement. portion est de moins de un sur dix
Aires urbaines de référence
D’autres établissements font appel à dans les aires urbaines de taille
80
une main-d’œuvre très qualifiée : le comparable.Aire urbaine de référence : moins de 25 ans
LRBA emploie de nombreux cher- 60 Comme dans presque tous les ter-
1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002cheurs ; des entreprises de services à ritoires, le chômage est plus concen-
l’industrie, très présentes, offrent elles Source : INSEE - Données ANPE Unité : base 100 en 1990 tré en milieu urbain que dans les
aussi un nombre important d’emplois de zones résidentielles. En effet, la ville
cadres (dont aussi de nombreux cher- Plus d’actifs et moins d’emplois : est plus apte à accueillir les jeunes et
cheurs), et d’autres établissements à hausse du chômage les personnes en difficulté, essentiel-
Vernon-Saint-Marcel font appel à un et renforcement du caractère lement pour des raisons de logement
nombre important de techniciens. résidentiel de la CAPE (notamment social). La seule com-
Même parmi les ouvriers, en pro- mune de Vernon rassemble ainsi plus
Parallèlement à cette hausse duportion moins nombreux qu’ailleurs, la de 50% des demandeurs d’emploi de
nombre d’actifs de 1 300 personnes,part d’ouvriers qualifiés est importante. la CAPE, et l’unité urbaine de Vernon,
l’emploi a diminué d’environ 500 unités.Les pôles d’emploi de comprenant Saint-Marcel, en
Ces évolutions conjointes se traduisentPacy-sur-Eure et de Gasny sont assez concentre 63%.
d’abord par une dégradation du “soldedifférents dans la mesure où leur struc-
des navettes” : de plus en plus d’actifsture très industrielle offre une part im-
vont travailler à l’extérieur de la CAPE,portante d’emplois non qualifiés. Relativement peu d’emplois
renforçant ainsi le caractère résidentiel précaires
du territoire (voir page 3). Elles condui-TERRITOIRES
sent également à une augmentation du Avec une part d’emplois stablesDE RÉFÉRENCE
nombre de chômeurs. Celle-ci est parti- (CDI et emplois publics) plus impor-Afin de donner plus de relief aux don-
nées observées sur la CAPE, nous culièrement défavorable à l’aire urbaine tante qu’ailleurs, les conditions
avons comparé l’aire urbaine de Vernon de Vernon comparée aux autres aires d’emploi sont relativement favorables.
(35 000 habitants) aux aires urbaines
urbaines de même taille. Partie d’une si- Parmi les emplois précaires, lesfrançaises ayant entre 25 000 et 50 000
tuation assez favorable en 1990, àhabitants (86 aires urbaines de réfé- CDD et les “aidés” sont certes
rence). De même, l’unité urbaine de l’image de la façade est du département plus nombreux qu’il y a dix ans mais la
Pacy-sur-Eure (6 600 habitants) a été de l’Eure, l’aire urbaine de Vernon af- hausse est plus contenue qu’ailleurs. Le
comparée aux unités urbaines fran-
fiche désormais un taux de chômage lé- recours à l’intérim est fréquent dansçaises comptant entre 6 000 et 7 000 ha-
bitants (123 unités urbaines de gèrement supérieur à la moyenne. Cette l’aire urbaine de Vernon mais cela s’ex-
référence). Ces territoires de référence hausse importante du chômage s’ex- plique normalement par la présence de
permettent ainsi de tenir compte, dans
plique certes par la situation difficile de l’industrie qui traditionnellement fait plus
la comparaison, de la nature (urbain/pé-
l’emploi sur la décennie, mais également appel à l’intérim que les activitésriurbain/rural) et de la taille du territoire
étudié. par la démographie : l’aire urbaine de tertiaires.
10 - LA COMMUNAUTÉ D’AGGLOMÉRATION DES PORTES DE L’EURE

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