La construction et les travaux publics en Haute-Normandie en 2004 : Une activité soutenue

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Le bâtiment affiche de bons résultats en 2004, en particulier dans le gros oeuvre. Les perspectives 2005 sont également bien orientées notamment dans la construction neuve. Les ouvertures de chantier sont nombreuses et les autorisations de construire très dynamiques. Les travaux publics de Haute-Normandie, profitant de l'effet d'entraînement des grands chantiers en cours, enregistrent également une activité plutôt soutenue, mais assez hétérogène. Dans ce contexte favorable, malgré un recours accru à l'intérim, le secteur de la construction crée toujours des emplois mais les difficultés de recrutement de personnel qualifié subsistent.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LA CONSTRUCTION ET LES TRAVAUX PUBLICS EN HAUTE-NORMANDIE EN 2004
Une activité soutenue
Francis COUVOUT
Patrick MATTELIN - Cellule Economique Régionale de Haute-Normandie (CERHN)
Le bâtiment affiche de bons n 2004, l’activité dans le bâtiment de travail qui a culminé au printemps.
Ehaut-normand a été nettement Des quatre branches, c’est la finition quirésultats en 2004, en particulier
plus soutenue que l’année précédente. a été la plus sollicitée pour ce type de tra-dans le gros œuvre. Les
Néanmoins, les résultats sont inégale- vail et dans une moindre mesure le grosperspectives 2005 sont
ment répartis selon la branche et le type œuvre. Pour le début 2005, le groségalement bien orientées
de travail. Pour le logement neuf, le gros anticipe une orientation favorablenotamment dans la construction
oeuvre est naturellement le premier bé- de la construction neuve, logement et
neuve. Les ouvertures de
néficiaire de la reprise démarrée à la fin non résidentiel, tandis que les trois bran-
chantiers sont nombreuses et
2003. L’année 2004 a été tout aussi profi- ches du second œuvre sont plus réser-
les autorisations de construire
table pour ce secteur, entraînant même vées sur l’avenir immédiat. D’autre part,
très dynamiques. Les travaux un sursaut d’activité en fin de période, la tendance des effectifs est résolument
publics de Haute-Normandie, qui devrait se poursuivre au début 2005. orientée à la hausse depuis le printemps
profitant de l’effet Les retombées sont nettement moins 2004, bien que les difficultés pour recru-
d’entraînement des grands évidentes dans le second œuvre, mise à ter du personnel qualifié subsistent prin-
chantiers en cours, enregistrent part la charpente couverture. L’installa- cipalement dans le gros œuvre.
tion connaît un sursaut d’activité au prin- Néanmoins, il s’agirait là plutôt d’une opi-également une activité plutôt
temps qui va ensuite en déclinant. La nion sur les effectifs globaux, perma-soutenue, mais assez
finition n’en profite qu’au second se- nents et intérimaires compris. Selon leshétérogène. Dans ce contexte
mestre. Pour le non résidentiel neuf, statistiques des URSSAF, les effectifsfavorable, malgré un recours
l’apport d’activité n’est appréciable qu’au permanents de la construction, aprèsaccru à l’intérim, le secteur de la
troisième trimestre mais concerne toutes avoir augmenté de plus de +1% au 2e
construction crée toujours des
les branches. Par ailleurs l’entretien-res- semestre 2003, ont marqué une pause
emplois mais les difficultés de
tauration, bénéficiant une année de plus en début 2004, avant de rebondir au prin-
recrutement de personnel
du taux réduit de la TVA à 5,5%, s’est ex- temps et de ralentir fortement à l’été. Sur
qualifié subsistent. primé en 2004 par une offre vigoureuse un an, l’accroissement est de +0,9% à fin
décembre 2004.
Les statistiques de l’EquipementLOGEMENTS COMMENCÉS EN 2004
confirment la bonne tenue du bâtimentHaute-Normandie France
Nombre Variation Nombre Variation neuf en Haute-Normandie, en 2004. Le
de constructions 2003/2004 de constructions 2003/2004
rebond des logements commencés en fin
Logements ordinaires 7 414 3,1 349 672 14,8
d’année 2003 s’est poursuivi jusqu’à laIndividuels purs 4 113 4,3 173 441 10,1 groupés 970 -4,3 42 594 20,6 mi-2004 avant de se replier en seconde
Total individuels 5 083 2,5 216 035 12,0
partie d’année. Au total, les logementsCollectifs 2 330 4,3 133 637 19,6
Logements en résidence 187 ns 13 215 42,2 ordinaires commencés progressent en
Total 7 601 5,5 362 887 15,6 2004 de +3% (après +16% en 2003) et
Source : Ministère de l’équipement/DAEI/SES - SITADEL Unités : logement, variation en % dépassent les 7 400, le meilleur chiffrens : non significatif
depuis 1999. Par ailleurs, les évolutions
LOCAUX NON RÉSIDENTIELS COMMENCÉS EN 2004 sont contrastées entre les deux départe-
Haute-Normandie France ments. L’Eure enregistre un recul de -7%
Créations Variation Créations Variation imputable à des baisses sensibles de
2004 2003/2004 2004 2003/2004
l’individuel groupé et du logement collec-Agriculture 314,4 -3,8 11 031,3 -3,3
Industrie et énergie 222,8 6,9 7 786,4 -2,1 tif ; seul l’individuel pur est en progrès. De
Stockage non agricole 101,2 2,8 2 117,7 -8,5 son côté, la Seine-Maritime est en forte
Garages, parking 2,1 -90,3 375,7 94,0
hausse, de +11%, avec des évolutions
Commerces 84,7 -0,4 4 166,7 4,6
positives pour les trois types de loge-Bureaux 79,6 15,5 3 354,9 5,9
Enseignement, santé, culture et autres 180,4 9,9 7 198,3 8,2 ments. Les autorisations de logements
Total 985,2 1,2 36 031,0 1,0 sont particulièrement dynamiques dans
2Source : Ministère de l’équipement/DAEI/SES - SITADEL Unités : millier de m , variation en %
CAHIER D’AVAL n° 69 - Juin 2005 17
ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUESest compensée par le dynamisme de
L’AGENCE NATIONALE DE LA RÉNOVATION URBAINE (ANRU)
constructions nouvelles liées aux services,
Le programme national de rénovation urbaine, tel qu’il a été défini par la loi du 1er août 2003, prévoit enseignement, santé ou culture dans les
une offre nouvelle de 250 000 logements locatifs sociaux, la réhabilitation de 400 000 logements lo-
deux départements. Les constructions in-catifs sociaux, la démolition de 250 000 logements ainsi que des équipements publics et des aména-
gements urbains pour la période 2004-2011. dustrielles se sont redressées sensible-
Le plan de cohésion sociale et son volet logement adopté fin 2004, renforce cette dynamique et pré- ment et sont en plein développement dans
voit le financement sur 2005-2009 de 500 000 logements sociaux au-delà du programme national de
l’Eure (+35%). Les locaux de stockage nonrénovation urbaine.
L’Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU) a été créée en 2004 dans le but de simplifier l’en- agricole et l’immobilier de bureaux repar-
semble des procédures, en regroupant dans un premier temps l’ensemble des financements du
tent vigoureusement en Seine-Maritime
secteur.
(respectivement +13% et +26%). Les sur-Elle globalise et pérennise les financements de l’Etat (5,25 milliards d’euros pour les premières
années du programme) et des partenaires publics et privés engagés dans le programme énoncé par faces autorisées progressent de +10% et
la loi d’orientation et de programmation du 1er août 2003 qui marque une étape d’importance dans
s’élèvent à plus de 1,2 million de m², gros-l’histoire de la politique de la ville.
Elle apporte son soutien aux collectivités, aux établissements publics et organismes privés ou pu- sies par une demande exceptionnelle en
blics conduisant des opérations de rénovation urbaine. Elle met en oeuvre un plan global de rénova- juin en Seine-Maritime.
tion urbaine pour faciliter le processus et permet d’agir efficacement dans la durée.
Par ailleurs, les travaux publics ontA la mi-avril 2005 et moins de 10 mois après la tenue de son premier Conseil d’Administration,
l’ANRU avait validé pour près de 11 milliards d’euros de travaux programmés sur les cinq années à également connu une activité plutôt sou-
venir (dont 3,4 milliards d’euros de subvention).
tenue en 2004, entraînée par un bon
Plus de 160 quartiers, où résident plus d’un million d’habitants, sont déjà bénéficiaires du dispositif
niveau des investissements des collecti-qui engage, en matière de logement : plus de 44 000 constructions, 48 000 démolitions et 91 000
réhabilitations. vités locales mais aussi par l’activité in-
En Haute-Normandie, l’ANRU a commencé à porter ses fruits dans le cadre des Grands Projets de
duite des grands chantiers en cours
Ville (Rouen, Le Havre) en permettant la construction ou la rénovation de 108 logements sociaux en
2004 qui s’ajoutent aux 1 692 réalisés par les programmes PLUS-PLAI et PLS. D’autres Zones Urbai- publics et privés (Port 2000, autoroutes,
nes Sensibles de la région passeront des contrats avec elle (Elbeuf, Evreux…). Ses projets de réalisa- 6e franchissement de la Seine à Rouen,
tion pour les années à venir sont en effet beaucoup plus ambitieux, avec notamment un objectif de
investissements pétrochimiques sur la1 045 logements nouveaux ou rénovés pour 2005.
Basse-Seine…). Ces chantiers concer-
nent certes davantage les grands grou-
les deux départements avec des aug- temps au niveau national. Les projec- pes ou des entreprises extérieures à la
mentations comprises entre +30% et tions à l’horizon 2009 prévoient de rele- région mais alimentent aussi les carnets
+45% sur un an. Pourtant, il faudra at- ver le niveau annuel à plus de 3 100 de commandes des entreprises locales.
tendre quelques mois pour savoir si les logements sociaux construits ou réhabili- Par la suite, de nouveaux investisse-
demandes d’autorisations se tés. Au cours des vingt dernières années, ments sont attendus pour amortir le con-
concrétisent. ce niveau n’a été approché qu’en 1993 et trecoup d’une baisse prévisible de
Le logement social aidé en 1994, et s’est situé en général entre l’activité des très grands chantiers, en
Haute-Normandie présente moins de dy- 1 600 et 2000 par an. particulier dès 2006. Ce manque de visi-
namisme qu’au niveau national. En Le non résidentiel est moins dyna- bilité du secteur favorise nettement plus
région, le nombre de logements locatifs mique : les surfaces commencées sont les emplois précaires, l’intérim et les con-
sociaux financés est passé de 1 620 en quasi stables pour la deuxième année trats à durée déterminée, que les em-
2001 à 1 800 en 2004 (y compris les opé- consécutive et se situent toujours en des- plois salariés permanents. L’emploi
rations ANRU), soit une augmentation de sous de un million de mètres carrés com- intérimaire, estimé en équivalent temps
+11%, relativement modeste par rapport mencés comme en 2002 et 2003. La plein, serait ainsi en hausse de +7,5%
aux +45% enregistrés dans le même baisse des bâtiments nouveaux agricoles sur un an, à fin septembre 2004
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