La Lorraine dans l'espace européen : entre convergence et cohésion

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La réduction des disparités spatiales constitue l'essence des objectifs de la politique régionale européenne. L'analyse des performances de la Lorraine montre l'ampleur des défis auxquels doit encore faire face la région pour contribuer de manière substantielle à l'atteinte des objectifs de Lisbonne et ainsi assurer son rattrapage par rapport à la moyenne européenne en termes de taux d'emploi et d'innovation. L'étude des processus de croissance et de convergence des régions européennes au sein de l'UE à 27 montre, sur la période 1995-2004, que l'environnement géographique joue un rôle important, en particulier les régions frontalières seraient entourées de régions aux caractéristiques économiques différentes.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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97-98N La Lorraine dans l’espace européen :
La réduction des disparités spatiales constitue l’essence des objectifs
de la politique régionale européenne. L’analyse des performances
de la Lorraine montre l’ampleur des défis auxquels doit encore faire face
la région pour contribuer de manière substantielle à l’atteinte des objectifs
de Lisbonne et ainsi assurer son rattrapage par rapport à la moyenne
européenne en termes de taux d’emploi et d’innovation. L’étude des processus
de croissance et de convergence des régions européennes au sein de l’UE
à 27 montre, sur la période 1995-2004, que l’environnement géographique
joue un rôle important, en particulier les régions frontalières seraient
entourées de régions aux caractéristiques économiques différentes.
Au Conseil européen de Lisbonne en lors du Conseil européen de mars 2000
mars 2000, l’Union européenne s’est fixé un était “un taux de croissance économique
nouvel objectif stratégique pour la décennie à moyen de 3% environ (...) devrait être une
venir : “devenir l’économie de la connaissance perspective réaliste pour les années à ve-
la plus compétitive et la plus dynamique au nir”. Or sur la période 2001-2005, la crois-
monde, capable d’une croissance économique sance économique moyenne de l’UE25 se
durable accompagnée d’une amélioration situe nettement en retrait de cet objectif. La
quantitative et qualitative de l’emploi et d’une France appartient, avec la Belgique, au
plus grande cohésion sociale”. Le succès de groupe des pays n’ayant atteint que deux ou
cette stratégie repose sur l’utilisation de me-
sures de référence et d’objectifs quantifiés, Productivité de la main-d’œuvre
afin d’assurer un suivi et une évaluation des occupée dans la Grande Région (Fig.1)
progrès accomplis aux travers d’indicateurs
2001 2005
structurels, au niveau national aussi bien que Lorraine 101,3 103,3
régional. Les indicateurs harmonisés disponi- Luxembourg 148,3 157,1
bles au niveau régional recouvrent les domai- Wallonie 101,0 102,3
nes de la productivité, du marché du travail, de Sarre 90,5 88,9
l’innovation et de la cohésion sociale. Rhénanie-Palatinat 93,9 90,3
Grande Région 100,0 100,0
PIB à prix courant par personne occupée par rapport à laLa Lorraine moyenne Grande Région
et la stratégie de Lisbonne Sources :
Saarland : Volkswirtschaftliche Gesamtrechnungen der
Bien queletaux de croissanceannuel du Länder (Berechnungsstand : März 2006)
Lorraine : Insee, Comptes régionaux base 2000Produit intérieur brut (PIB) en volume ne fi-
Luxembourg : STATEC, Comptes nationauxgure pas parmi les indicateurs structurels
Rheinland-Pfalz : Volkswirtschaftliche Gesamtrechnungen
de suivi, la croissance reste l’objectif central der Länder (Berechnungsstand : März 2006)
Wallonie : Institut des comptes nationaux (ICN).de la stratégie de Lisbonne. L’objectif affiché
Vtrois années des taux de crois- suffisante des femmes et des tra- 57% est atteint par 16 pays de
sance annuels supérieurs à vailleurs plus âgés. Le chômage l’UE à 27. Les régions qui ont un
2,5%. Ses deux autres grands structurel de longue durée et les taux d’emploi féminin supérieur à
partenaires que sont l’Allemagne déséquilibres marqués entre les 60% forment un arc partant des
et l’Italie enregistrent des taux de taux de chômage régionaux sont Pays de la Loire, passant par la
croissance encore plus défavora- des problèmes dont continuent à Suisse et se prolongeant jusqu’à
bles. Le Luxembourg fait partie souffrir de façon endémique cer- l'Autriche et au Brandebourg en
des 11 pays européens qui ont taines parties de l’Union”. L’objec- Allemagne. Bien que la Lorraine
connu une croissance supérieure tif global défini dans ce cadre est ait une frontière commune avec
à 2,5% par an pendant au moins de “porter le taux d’emploi à un l’unedeces régions(Alsace), elle
six années. niveau aussi proche que possible ne réussit pas à atteindre l’ob-
de 70% d’ici à 2010”, un objectif jectif de Stockholm (56,4%), con-Dans l’UE à 27, le PIB lorrain par
intermédiaire de 67% en 2005 trairement à la Rhénanie-habitant en 2005 est dans la
étant fixé ultérieurement, et de Palatinat (59,7%). La Wallonie,moyenne européenne (103,3). Le
“faire en sorte que la proportion le Nord - Pas-de-Calais, leniveau élevé du PIB par habitant
de femmesactivesdépasse 60% Luxembourg connaissent desau Luxembourg s’explique par le
d’ici à 2010”. taux inférieurs à la moyenne. Enrecours important au travail fron-
outre moins d’une femme surtalier ; tout en contribuant au PIB, Le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la
deux en âge de travailler y dis-les frontaliers ne sont pas pris en Suède, le Danemark, la Suisse,
pose d’un emploi.compte dans la population rési- l’Islande et la Norvège ont déjà en
dente au Luxembourg. L’indica- 2005 un taux d’emploi supérieur La situation démographique de
teur de productivité de la à 70%. Quatre autres pays euro- l’Europe se caractérise, tout d’a-
main-d’œuvre occupée atténue ce péens (Autriche, Chypre, Irlande, bord, par un allongement de la
biais. La du Luxem- Portugal) ont par ailleurs dépassé durée de vie. Les réformes des
bourg, qui est supérieure de 57 l’objectif intermédiaire de Stock- retraites engagées dans plusieurs
points à la moyenne de la Grande holm. La France, avec un taux de pays de l’Union ont accru le taux
Région (1), a crû de 4,6% par an 62,6%, se situe en dessous de la d’emploi des seniors (55-64 ans)
entre 1992 et 2005. La Wal- moyenne de l’UE à27(63,3%). ces dernières années, inversant
lonie et la Lorraine présentent la
unetendancelongueàla baisse.À l’échelle de la Grande Région, laparticularité d’avoir des producti-
Le taux d’emploi des seniors estLorraine avec un taux d’emploi devités de la main-d’œuvre légère-
de 42,2% pour l’UE à27en62% se place juste devant lament supérieures à la moyenne
2005, l’objectif de Lisbonne étantWallonie (56,1%). Deux régionsde la Grande Région et qui pro-
fixé à 50% pour 2010.voisines de la Lorraine parvien-gressent de plus de 2% par an,
nent à frôler l’objectif de Stock-tandis que la Sarre et la Rhé- Le Luxembourg et la Belgique
holm en 2005 : l’Alsace avec unnanie-Palatinat peinent à suivre sont très en dessous de la
taux d’emploi de 67,6% et la Rhé-cette croissance (+1,5% par an) moyenne européenne, la France
nanie-Palatinat avec 66,9%. Ces[Fig.1]. dans une situation intermédiaire,
régions semblent profiter de la l’Allemagne est au-dessus de la
proximité géographique des ré- moyenne (45,4%). Depuis 1999,Un objectif
gions ayant des taux d’emploi déjà le taux d’emploi des seniors ade taux d’emploi supérieurs à 70% : la Suisse, le progressé de 9,4 points en
difficile à atteindre Bade-Wurtemberg, la Bavière et France, soit sensiblement plus
l’Autriche de l’ouest [Fig.2 etLors de sonlancement,enmars que la moyenne de l’UE à 27. Sur
Carte 1].2000, le Conseil européen de Lis- la même période, seuls quatre
bonne fixait comme un objectif pays de l’UE ont connu une pro-Bien que la situation respective
majeur de sa stratégie le renfor- gression plus forte à cet égard :des hommes et des femmes au
cement de l’emploi, en soulignant Finlande, Lettonie, Hongrie etregard de ce critère n’ait pas été
que si “l’Union dispose en général Pays-Bas.retenue sur la liste restreinte, la
d’une main-d’œuvre bien formée
réduction des disparités profes-
On retrouve ces écarts au niveau(...), plus de 15 millions d’Euro-
sionnellesentre leshommeset
régional avec le Luxembourgpéens sont toujours sans travail. -les femmes figure, elle, explicite
ayant le taux le plus bas (31,7%),Le marché du travail est caracté-
ment parmi les objectifs affichés
alors qu’en Allemagne, la Rhé-risé par un taux d’emploi (2) trop
pour la stratégiedeLisbonne.
nanie-Palatinat (47,6%)sedé-faible et par une participation in-
La progression de l’emploi fémi- marque fortement de la Sarre
nin permet à un grand nombre (39,5%) qui pour des raisons cul-
(1) Grande Région Saar - Lor - Lux - Rhé- de régions de satisfaire aux ob- turelles se rapproche plus des ré-
nanie-Palatinat - Wallonie. jectifs fixés, malgré une gions voisines de Lorraine
(2) Le taux d’emploi total est obtenu en
moyenne européenne à 55,9%. (35,9%)etdeWallonie(32,2%).
divisant le nombre de personnes occu-
L’objectif intermédiaire de taux Lesprogressions(autour de 12pées âgées de 15 à 64 ans par la popu-
lation totale de la même tranche d’âge. d’emploi féminin supérieur à points) ont été les plus fortes en
2La Lorraine loin des objectifs de Lisbonne (carte1)
Taux d'emploi pour l'ensemble des 15-64 ans en 2005 (%)
Taux d'emploi
pour l'ensemble des 15-64 ans
2005 (en %)
plus de 70 (21)
de 67 à moins de 70 (14)
de 60 à moins de 67 (44)
moins de 60 (26)
Source : Eurostat
Taux d’emploi (Fig.2)
15-64 ans 55-64 ans Femmes Temps partiel
%
1999 2005 1999 2005 1999 2005 1999 2005
60,4 62,6 28,4 37,8 53,5 57,0 17,3 17,2France
58,5 62,0 24,2 35,9 50,0 56,4 18,4 19,3dont : Lorraine
61,6 63,6 26,3 31,7 48,5 53,7 10,7 17,4Luxembourg
59,3 61,1 24,6 31,8 50,4 53,8 17,0 22,0Belgique
54,8 56,1 24,2 32,2 45,2 48,4 17,7 21,5dont : Wallonie
64,8 65,4 37,8 45,4 57,1 59,6 19,0 24,0Allemagne
60,9 62,1 28,4 39,5 52,2 55,3 20,4 25,8dont : Sarre
65,0 66,9 35,4 47,6 56,1 59,7 20,5 25,2dont : Rhénanie-Palatinat
60,2 62,1 27,7 37,4 50,4 54,7 17,3 21,4Grande Région*
n.d. 63,7 n.d. 42,5 n.d. 56,2 n.d. 17,8UE25
n.d. 63,3 n.d. 42,2 n.d. 55,9 n.d. 18,3UE27
70 50 > 60 -Lisbonne 2010
n.d. : non disponible
* Moyenne des sub-régions
Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95
3
IGN - Insee 2007Lorraine, Rhénanie-Palatinat et 2,17% du PIB de Dépense devant la Sarre (1,09%)etce
Sarre. intérieure brute de recherche et alors que dans les autres régions
développement expérimental en les taux dépassent 1,5% et attei-Par ailleurs, ces taux d’emploi éle-
2004, la France se situe sensi- gnent même 1,99% en Wallonievés peuvent correspondre à un
blement au-dessus de la moyenne [Fig.4].plus grand recours au temps par-
de l’UE à25auregarddececri-tiel (Pays-Bas, Suisse, Norvège)
tère (1,9%), mais n’a pas pro-[Fig.3]. Ce temps partiel, qui Cohésion sociale
gressé depuis 1999.donne la possibilité de concilier
vie familiale et professionnelle, Lorsque l’on compare les régions L’objectif de cohésion sociale
peut aussi refléter une certaine françaises avec les Länder alle- constitue le troisième pilier de la
précarité, lorsqu’il est subi. Ainsi mands, une diagonale se dégage stratégieeuropéenne:“Le chô-
l’indicateur des taux d’activité ne reliant la Saxe au Midi-Pyrénées mage structurel de longue durée
permet que partiellement de me- où l’indicateur est supérieur à et les déséquilibres marqués
surerl’objectifdecréer davan- 2%.Alors quelaFranche-Comté entre les taux de chômage régio-
tage d’emplois de meilleure se situe dans cette diagonale naux”étant “des problèmes dont
qualité. (2,07%), la Lorraine reste la continuent à souffrir de façon en-
moins bien lotie des régions du démique certaines parties de
Grand Est avec 1,11% de son PIB l’Union”. Le taux de chômage deL’économie
consacré à la recherche, juste longue durée s’établit à 3,9% en
de la connaissance
est l’objectif stratégique
Taux d'emploi dans l'Europe à 27 en 2005 (Fig.3)de Lisbonne
En lançant, en mars 2000, la
Part de l'emploi à temps partiel (%)stratégiedeLisbonne,leConseil
50 (UE27: 17,7%)européen entend “fairedel’Union
Pays-Baseuropéenne l’économie de la 45
connaissance la plus compétitive
40et la plus dynamique du monde”.
Même si certains des instru-
35
Suissements prévus en 2000 n’ont tou-
30jours pas été mis en place, Rhénanie- Royaume-
Sarre NorvègePalatinat Uni
notamment le brevet communau-
25 Islande
Wallonietaire, le Conseil européen de Allemagne
Suède
DanemarkBelgique Lorraine Autrichemars 2005 a réaffirmé cette 20
Taux d'emploi des 15-64 ans (%)
Luxembourgpriorité:“Dans le domaine de la France (UE27: 63,3 %)
15 FinlandeIrlandeR&D, l’objectif général d’un niveau ItaliePologne
Croatie Espagne Portugald’investissement de 3% (du PIB) 10 RoumanieLettonie Slovénie
Chypre
Malte Estonieest maintenu, avec une réparti-
Lituanie
5 GrèceHongrietion adéquate entre investisse- République tchèque
Bulgarie
Slovaquiements privés et investissements 0
50 55 60 65 70 75 80 85publics (...). Le capital humain est
Les ronds sont proportionnels à la part du temps partiel féminin (%) en 2005l’atout le plus important pour l’Eu- Ronds oranges : membres de la Grande Région
rope : les États membres sont in- Source : Eurostat, base Regio, NUTS1 et NUTS2, SEC95
vités à redoubler d’effort pour
relever le niveau général d’ins- Croissance économique et innovation (Fig.4)
truction et réduirelenombrede
PIB par habitant* DIRD**jeunes qui quittent prématuré-
ment l’école, notamment en pour- 2001 2004 2003
suivant le programme de travail France 119,3 112,3 2,17
“Éducation et formation 2010". Lorraine 98,7 92,8 1,11
L’apprentissage tout au long de la Luxembourg 224,9 251,0 1,66
vie constitue une condition sine Belgique 122,8 124,4 1,89
qua non pour atteindre les objec- Wallonie 88,8 90,0 1,99
tifs de Lisbonne". Allemagne 115,2 115,8 2,52
Sarre 105,9 108,3 1,09
Les comparaisons entre pays
Rhénanie-Palatinat 101,1 102,3 1,78
montrent qu’en termes d’effort
Grande Région*** 123,9 128,9 1,53
global de recherche et développe-
UE25 104,8 104,2 1,88
ment, seuls deux pays euro-
UE27 100 100 1,87
péens, la Suède (3,95%)etla
* en SPA, aux prix courants du marché, en pourcentage de la moyenne UE27
Finlande (3,43%) étaient en 2003 ** dépenses de R&D en pourcentage du PIB
*** moyenne des sub-régionsau-dessus de cet objectif. Avec Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95
4France en 2005, soit un taux deux régions voisines d’Alle- Redistribution spatiale
égal àlamoyenne de l’UE à 27. magne, un chômeur sur deux est
Plus de la moitié des régions eu-
àlarecherche d’un emploi depuis
ropéennes relèvent d’un schéma
Malgré un taux de chômage qui plus de 12 mois. La Wallonie
d’association spatiale positive
s’est élevé en 2005 à 10,2%, la connaît le taux le plus élevé ; le
[cf. encadré “Autocorrélation
Lorraine se place au sein de la nombre de chômeurs de plus
spatiale”] ; il existe peu de ré-
Grande Région juste après le d’un an en pourcentage de la po-
gions “atypiques” déviant de ce
Luxembourg avec un taux infé- pulation active y est supérieur de
schéma général. En d’autres ter-
rieur à 4% pour le chômage de près de 3 points à la moyenne eu-
mes, les régions possédant un
longue durée. En effet, dans les ropéenne.
PIB par tête relativement élevé
(resp. relativement faible)ont ten-
Schéma des disparités régionales de PIB par habitant dance à être localisées près
(Fig.5)
d’autres régions possédant un
PIB par tête relativement élevéNombre de régions (%) 1995 2004 1995-2004
(resp. relativement faible), plus
42,9 44,9 56,3Non significatif souvent que si cette localisation
32,7 29,1 17,7Haut - Haut était purement aléatoire [Fig.5].
20,1 19,3 23,6Bas - Bas Les régions qui s’écartent de
2,0 3,5 1,6Bas - Haut cette tendance globale sont des
2,4 3,1 0,8Haut - Bas régions que l’on peut qualifier
100,0 100,0 100,0 soit de “moutons noirs” : Sar-Total
daigne, Corse, Hainaut, Namur,Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95
Slovénie, etc., soit d’ “îlots de ri-
chesse” : Lisbonne, Vienne, Ber-
lin, Prague, etc.Schéma des dynamiques régionales du PIB
par habitant (Fig.6) L’analyse de la relation existant
entre la situation économique en
1995 1995-2004 Régions (%)
1995 (3) des régions et le taux
31,1Non significatif NS de croissance (4) que ces régions
5,1 ont connu sur la période 1995-Haut - Haut
2004 montre que la majorité desBas - Bas 5,9
régions, dont la Lorraine, appar-
0,0Bas - Haut
tenant au quadrant Haut-Haut
Haut - Bas 0,8 (resp. Bas-Bas) du diagramme de
13,0Haut-Haut NS Moran en 1995 pour le PIB par
habitant en niveau, relèvent d’une2,4Haut - Haut
association de type Bas-Bas (resp.Bas - Bas 16,9
Haut-Haut) lorsque l’on considère
Bas - Haut 0,4
les taux de croissance du PIB par
0,0Haut - Bas habitant sur la période 1995-
Bas-Bas NS 9,4 2004 [Fig.6etFig.7].
Unetelle dynamiquedeconver-Haut - Haut 9,8
gencetraduit àlafois letasse-
0,0Bas - Bas
ment des régions centres (16,9%)
Bas - Haut 0,8
caractérisées par un niveau de
Haut - Bas 0,0 développement élevé par rapport
1,2 au reste de l’Europe et le rattra-Bas-Haut NS
page des régions périphériquesHaut - Haut 0,0
(9,8%). Le phénomène de tasse-
0,8Bas - Bas
ment des régions centres peut
0,0Bas - Haut s’expliquer, soit par une accen-
Haut - Bas 0,0 tuation des écarts de coûts sala-
riaux entre les centres et la1,6Haut-Bas NS
périphérie incitative pour la délo-
0,4Haut - Haut
calisation de secteurs intensifs en
Bas - Bas 0,0
main-d’œuvre, soit par la pré-
0,4Bas - Haut
0,0Haut - Bas
(3) PIB par habitant en logarithme et
100,0Total en SPA pour les années 1995 et
2004 (NUTS2)NS : Non significatif
(4)GI=−1/(11ny,2004Iny 1995)Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95 i ii
5sence d’externalités négatives les régions d’un même pays. LesLe processus
liées àlacongestionouàl’aug- plus grandes disparités régiona-de convergence
mentation du foncier. Quant au les sont constatées au
1995-2004
rattrapage des régions périphéri- Royaume-Uni puis en Belgique,
En 2004, le PIB régional par ha-ques, les périphéries ont plus ten- qui présentent respectivement
bitant (en SPA) des 254 régionsdance à interagir entre elles, qu’à un facteur de 3,8 et 3,0 entre
que comptent les 25 pays inclusse relier au centre. L’examen des les deux valeurs extrêmes
dans l’étude s’étale de 35,3%régions atypiques, montre que [Fig.8].
de la moyenne de l’UE-25 pour lasoit le centre demeure dynamique
région Voïvodie de Lublin (Po-et par le jeu des interactions ses Lesdisparitésentermesde PIB
logne) à 303,5% pour la régionvoisins en profitent (Haut-Bas vers par habitant entre régions, ap-
Inner London au Royaume-Uni.Haut-Haut, région de Bratislava (Slo- préhendées par le biais de la sig-
Ainsi, la région ayant le PIB parvaquie)), soit lesinteractionsper- ma-convergence, diminuent de
habitant le plus élevé atteint unmettent aux voisins moins près de 15% sur la période
résultat près de 9 fois supérieurdéveloppés de bénéficier d’une 1995-2004. Par ailleurs conver-
à celui de la région ayant le PIBcroissance forte alors que le gence et dépendance spatiale
le plus bas. Il existe égalementcentre connaît un tassement de vont dans le même sens
des écarts considérables entresa dynamique économique [Fig.9].L’examen de l’évolution
(Haut-Bas vers Bas-Haut, Vienne (Au-
triche) ou Bas-Haut vers Haut-Haut). Diagramme de Moran
du taux de croissance annuel moyen 1995-2004Il n’existe pas sur la période de
du PIB par habitant en SPA (Fig.7)régions qui resteraient localisées
Décalage spatial du taux de croissance (standardisé)dans le même quadrant (Haut-Bas)
et qui traduiraient ainsi la domina-
tion que peut exercer un centre
économique sur le reste de son
territoire (phénomène “d’ombre
d’agglomération”). Reste deux ré-
gions insulaires (Sardaigne et la
Corse) qui renvoient à un schéma
de diffusion négative (Bas-Haut
vers Bas-Bas).
Taux de croissance
(standardisé)
Compte tenu de l’échelle spatiale
d’observation (NUTS2)etdelapé-
riode étudiée (1995-2004), la
croissance des régions s’avère
modérément influencée (31,9% de
valeurs significatives) par celle de
leurs voisins, ce qui atténue la
stratégie de développement poly-
centrique.
Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95
Autocorrélation spatiale
La décomposition du schéma de l’associa- * (BB) : une région à bas PIB par tête en- de croissance nous indiquent la dynamique
tion spatiale peut être réalisée grâce à la tourée de régions à bas PIB par tête dans laquelle se situent la région et ses voi-
construction du “diagramme de Moran” (quadrant III, en bas à gauche) ; sines sur la période.
(“Moran Scatterplot”, Anselin, 1996) où fi- * (HB) : une région à haut PIB par tête en- Enfin les statistiques locales de Moran
gurent en abscisses le PIB par tête stan- tourée de régions à bas PIB par tête (LISA) nous donnent une information quant
dardisé d’une région et en ordonnées son (quadrant IV, en bas à droite), “îlot de ri- à la façon dont cette dynamique s’opère. En
décalage spatial (standardisé également). chesse”. d’autres termes, une statistique LISA, en
Les quadrants du graphique correspon- termes de taux de croissance, nous in-Les quadrants I et III se réfèrent aux formes
dent aux quatre types d’association spa- dique, si elle est significative, que la perfor-positives d’autocorrélation spatiale alors
tiale locale entre une région et ses mance économique d’une région est liée àque les quadrants II et IV représentent une
voisines : celle de ses voisins (association spatiale si-autocorrélation spatiale négative. Dans ces
* (HH) : une région à haut PIB par tête en- gnificative) ou au contraire, si elle ne l’estdeux derniers cas, on parle de localisations
tourée de régions à hauts PIB par tête pas, que cette performance est due à d’au-atypiques.
(quadrant I, en haut à droite) ; tres facteurs ne provenant pas des interac-
Les diagrammes de Moran définis lors de
tions existant entre les régions.* (BH) : une région à bas PIB par tête en- l’analyse des PIB par habitant en niveau
tourée de régions à hauts PIB par tête La matrice de poids utilisée dans l’articlenous fournissent l’état de chaque région à
(quadrant II, en haut à gauche), “mou- est celle des 10 plus proches voisins.une date initiale, ceux établis pour les taux
tons noirs” ;
6de la sigma-convergence au re-
PIB par habitant (en SPA) par pays gard des régions éligibles à
et extrêmes régionaux, 2004 (Fig.8)
l’Objectif 1 (2000-2006), qui vi-
sait à promouvoir le développe-
Boîtes à moustaches
ment et l’ajustement structurel
des régions en retard de déve-
loppement, montre une diminu-
Maximum
tion plus sensible des écarts
ème
3 quartile
entre régions que prises globale-
Médiane
er
1 quartile ment [Fig.10].
Minimum
Sur la base des propositions mi-
ses sur la table par la Commis-
sion européenne pour la
prochaine programmation
(2007-2013), au niveau des
vingt-sept, l’objectif de conver-
gence régionale couvrirait 29%
des régions européennes, les ré-
gions des nouveaux États mem-
bres étant presque toutes
éligibles à cet objectif, ainsi que
les régions des Dom en France.
Seize régions européennes se-
raient concernées par le “Pha-Moyenne de l'UE25
sing out” statistique. La LorraineSource : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95
pourrait continuer à bénéficier
Sigma-convergence et instrumentsSigma-convergence et autocorrélation
de la politique régionale (Fig.10)spatiale (Fig.9)
Log du PIB en SPA par habitantLog du PIB en SPA par habitant
0,043 0,66
Base 100 (1995)
0,042
1000,64
CV(UE25)
0,041
0,62
0,040
95
0,60
Écart-type(Total)0,039
0,038 0,58
90I Moran
0,037
0,56 Écart-type(Obj. 1)
0,036
0,54
85
0,035
0,52
0,034
800,033 0,50
CV : coefficient de variation
Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95
Éligibilité des régions aux programmes européens 2007-2013 (Fig.11)
UE 15 UE 25 UE 27En nombre de régions
(NUTS2) 1995 2004 1995 2004 1995 2004
Convergence 33 28 70 64 76 78 Réunion, Guyane, Martinique, Guadeloupe
17 15 18 16 18 16 Province du Hainaut (BE)Phasing Out statistique In statistique 12 24 12 25 12 25 Corse, Languedoc-Roussillon, Limousin,
Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, Picardie
Autres 151 146 154 149 162 149
213 213 254 254 268 268Total
Convergence : régions NUTS2 dont le PIB par habitant est < 75% de la moyenne de l’UE25
Phasing Out statistique : régions NUTS2 dont le PIB par habitant est < 75% de la moyenne de l’UE15 et > 75% de la moyenne UE25 In statistique : régions NUTS2 éligibles à l’Objectif 1 mais ne remplissant pas les conditions d’éligibilité à l’axe de convergence
Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95
7
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005d’interventions dans le cadre de
Résultats des estimations pour les modèles de beta-convergence
l’axe Compétitivité régionale et
(Fig.12)
emploi (correspondant aux Objectifs
Modèle I Modèle II Modèle III Modèle IV 2et3actuels). Programme dont
les fonds, financés par le FEDER,
absolue avec conditionnelle- conditionnelle-
1995-2004 visent à anticiper et promouvoirvariable modèle modèle de
absolue
endogène régressif Durbin-spatial le changement économique des
décalée croisé contraint zones industrielles, urbaines et
rurales, en particulier les ré-Constante 0,088 0,048 0,110 0,010
gions ayant perdu leur éligibilité
(11,48) (5,60) (11,52) (0,91)
à l’Objectif 1 (25 régions dites en
Log(PIB/hab.) -0,017 -0,010 -0,007 -0,007 “Phasing In”)[Fig.11].
en 1995 Quelquesoitletypedemodèlerete-
(-8,97) (-5,10) (-2,34) (-2,52) nu [Encadré “Concepts de conver-
gence et effets spatiaux” et
Taux de croissance - 0,551 - 0,989
Fig.12], le coefficient associé au ni-
du Log(PIB/hab.)
veau de PIB par tête est négatif, ce
décalé spatialement
qui confirme l’hypothèse de conver-
- (7,18) - (12,19) gence globale pour les régions euro-
péennes. La vitesse de convergenceLog(PIB/hab.) 1995 - - -0,015 0,005
associée à ces estimations varie dedécalé spatialement
0,70% à 1,79%. Ces résultats indi-
- - (-3,71) (1,26)
quent que le processus de conver-
Lambda - - - -0,27 gence global reste faible, conclusion
qui est conforme aux résultats d’au-- - - (-1,74)
tres études empiriques sur le sujet
Vitesse 1,79% 0,99% 0,75% 0,70% [Dall’erba S., Le Gallo J. (5), 2005].
de convergence La spécification qui semble la plus
appropriée (6) est le modèle avecR² ajusté 0,24 0,43 0,28 0,47
variable endogène décalée (modèle II)Valeurs critiques entre parenthèses
Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95 [Fig.13]. Cette expression indique
queletaux de croissanced’une ré-
gion n’est pas seulement affecté parRésultats des estimations du modèle de beta-convergence
Taux de croissance du PIB par tête en SPA, 1995-2004 (Fig.13) son niveau de croissance initial mais
également par ceux des régions voi-
Coefficients
Variables explicatives T de Student sines. En d’autres termes, l’environ-
estimés
nement géographique compte, ce
Constante 0,037 4,988 qui corrobore les résultats théori-
ques mis en évidence par la Nou-Log(PIB/hab.) en 1995 -0,005 -2,974
velle Économie Géographique.
Taux de croissance du Log(PIB/hab.)
0,183 2,023 L’analyse des fonctions de densi-décalé spatialement
té pour la distribution des PIB
Allemagne -0,004 -5,790
par habitant relatifs à la
Estonie 0,017 4,558 moyenne européenne en 1994
et 2005 fait apparaître un seulFrance -0,004 -5,200
mode, situé aux alentours de la
Irlande 0,013 4,877 moyenne européenne et qui n’é-
volue pas entre 1995 et 2004,Italie -0,008 -7,031
et donc l’absence de club de
Lituanie 0,012 3,106
Lettonie 0,012 3,323
(5) Vitesse de convergence de +1,10%Suède -0,004 -2,648
(1980-1989) pour 145 régions euro-
Slovaquie 0,005 2,830 péennes et de +3,15% pour les ré-
gions périphériques (1989-1999). VoirHongrie 0,004 2,452
Dall’erba S., Le Gallo J., “Dynamique
du processus de convergence régio-Vitesse de convergence 0,50%
nale en Europe”, Région et Développe-
Demi-vie 142,2 ment, n° 21-2005.
(6) Au regard des tests robustes du2 0,61Pseudo-R multiplicateur de Lagrange pour une
autocorrélation des erreurs et pourEstimation par maximum de vraisemblance
Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95 une variable endogène décalée.
8convergence sur la période. Il en différents secteurs d’activité ontÉvolution
est de même si l’on analyse les connu desévolutionsplusdistinc-des spécialisations
taux de chômage [Fig.14 et tes : certains ont vu leur concen-
économiques
15]. Ce résultat ne remet pas tration spatiale se renforcer
en cause la capacité du proces- L’intégration européenne a été relativement rapidement alors
sus d’intégration européenne à marquée, pour tous les pays, que d’autres sont devenus plus
favoriser la cohésion sur son d’un renforcement des spécialisa- dispersés. Certains auteurs ob-
territoire. tions. Dans le même temps, les servent une concentration crois-
sante des secteurs à faible
croissance et intensifs en travail ;Densités de distribution de PIB (en SPA) par tête,
la réduction de la spécialisationconditionnement européen (Fig.14)
de l’UE dans ces secteurs condui-
sant à ne maintenir ces activités
que dans les quelques pays of-
1995
2004 frant des conditions de produc-
1
tion compétitives.
L’analyse de l’évolution des spé-
cialisations sectorielles sur la pé-
riode 1999-2004 montre peu de
changements (R²=0,76) [Encadré
"Spécialisation et performances
économiques", Fig.16, 17 et
0,5 18]. Il est à noter que les régions
dynamiques ou en perte de vi-
tesse sont plutôt positionnées sur
des spécialisations hautes
[Fig.19].
La Lorraine fait partie des régions
dites “divergentes”, avec une spé-
cialisation légèrement et cons-
0
tamment au-dessus de la
1 1,5 2 2,5 30,5 moyenne européenne et un PIB
par habitant initial et en crois-
Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95
sance inférieurs à la moyenne (Li-
mousin, Picardie, Corse, Languedoc-
Roussillon, Nord - Pas-de-Calais).
Densités de distribution des taux de chômage (Fig.15)
Intégration
2005
et marchés du travail
Entre 1999 et 2005, la moyenne0,8
des taux de chômage dans l’UE25 a
décru de 9,7% à 9,1% [Carte 2].
Ce recul masque de grandes diffé-
rences nationales et régionales. La
0,6
dispersion des taux de chômage,
mesurée par le coefficient de varia-
tion, passe de 1,67 en 1999 à
1,77 en 2005. Cette croissance
0,4 1999
est basée sur une dispersion crois-
sante entre États membres (2,5 à
2,8) et entre certaines régions au
sein des États (Suède, Pologne,
0,2
Pays-Bas). La distribution géogra-
phique des taux de chômage
semble indiquer que la dépendance
spatiale constitue un aspect impor-
0
tant des marchés du travail régio-
12 3 naux en Europe. Constat qui est
confirmé par la présence d’une au-
Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95
tocorrélation spatiale positive bien
9Estimation bivariée des densités d'indices de spécialisation des régions européennes
1999 - 2004 (Fig.17 et 18)
29,69
19,79
9,90
1,776
1,471
Indice d'Herfindahl
0 2004
1,166
1,465
1,262
Indice d'Herfindahl 1,060 0,861
1999
0,857
Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95
1,465
1999
1,48
5,94
10,39
14,84
1,313
19,30
23,75
28,20
1,161
1,009
2004
0,857
0,861 1,090 1,319 1,547 1,776
Source : Eurostat, base Regio, NUTS2, SEC95
10

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