La zone franche de l'Ariane à Nice : l'état des lieux

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A l'évidence défavorisée par rapport à Nice, la Zone Franche Urbaine de l'Ariane, au nord-est de la ville, se caractérise par une situation moins dégradée au niveau social que les deux autres zones franches de la région : les quartiers Nord Littoral à Marseille et la « Z.U.P. » de Berthe à La Seyne-sur-Mer. En revanche, le tissu économique y est fragile et le niveau de l'emploi faible.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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L’Etat s’engage à apporter un appui
particulier au logement en favorisant
l’investissement locatif et l’accession à
la propriété.
Une partie des mesures concerne aussi
l’école, autre thème prioritaire de la
politique de la Ville, en doublant l’ef-
fort pour l’aménagement des rythmes
scolaires.
Un tel dispositif, coûteux et sans précé-
dent à cette échelle, devra faire l’objet
d’une évaluation. Aussi, un bilan de la
situation économique et sociale de la
zone, avant la mise en place de ces
mesures, s’avère nécessaire (1).
Le pacte de relance pour la ville, loi du
14 novembre 1996, a sélectionné au
titre de la zone franche des grands en-
sembles et des quartiers d’habitat dé-
gradé connaissant un déséquilibre
accentué entre l’habitat et l’emploi.
C’est le cas au nord est de Nice pour la
zone franche urbaine de l’Ariane, située
En 1990, 13 700 personnes habitentsur le territoire des communes de Nice
dans la zone franche de l’Ariane. Cetteet de Saint André.
zone est très jeune : 35 % des habitants
ont moins de vingt ans contre 20 % àL’objectif est de créer ou de reconsti-
Nice. Les logements sont assez anciens,tuer les conditions classiques d’un mar-
ils ont été construits il y a plus de vingtché du travail. Il s’agit de conforter ou
ans et sont occupés majoritairement parde recréer de l’activité économique à la
des locataires. La proportion des habi-faveur d’exonérations d’impôts et de
tants sans diplôme y est plus forte qu’àcotisations sociales patronales dans ces
Nice. Le chômage est de six points pluszones en très grande difficulté.
élevé qu’à Nice.
(1) Cette étude a été réalisée par l’INSEE - PACA, avecUn autre but est de reconstruire un mar
l’appui financier du SGAR, de la mairie de Nice et de
ché du foncier et de l’immobilier. la préfecture des Alpes-Maritimes.
C INSEE 1998
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d?favoris? l??videnceComparée à l’ensemble de la commune breux à travailler à temps partiel et deux
de Nice, la situation de la zone apparaîtfois moins à être embauchés à l’année.
nettement défavorisée.
Pour ceux qui ne perçoivent pas ou plus
Sept ans plus tard, la situation ne s’estd’allocations chômage, le dispositif du
pas améliorée ; début 1997, la zone RMI prend le relais : près de 19 % des
franche urbaine (ZFU) comptait 1 130 allocataires de la Caisse d’Allocations
demandeurs d’emploi. Ces chômeurs Familiales (CAF) de cette zone en bé-
sont peu formés : la moitié a un niveaunéficient alors qu’ils sont moins de 12 %
inférieur à la classe de troisième. Une dans le total communal.
forte proportion de jeunes actifs est
dans une situation précaire : le quart des Les allocataires de la CAF percevant un
demandeurs d’emploi de la zone a minimum social (2) ou ayant de bas
moins de vingt six ans. Quand ils tra- revenus (3) représentent 51 % des allo
vaillent, les jeunes salariés occupent les cataires de la zone. Ils ne sont que 37 %
postes les moins sûrs. Seuls 22 % d’entrepour Nice.
eux occupent un poste permanent
(temps complet, toute l’année). Alors La comparaison avec Nice présente
qu’ils représentent 16 % des salariés de aussi l’Ariane sous un jour franchement
la zone, ils sont deux fois plus nom- défavorable ; pourtant sa situation est
(2) Minimum social : les trois minima s ociaux versés
par la CAF sont le Revenu Minimum d’Insertion (RMI),
l’Allocation d’Adulte Handicapé (AAH) e l’Allt ocation
Parent Isolé (API).
(3) Allocataire bas revenus : allocataire ayant des
revenus inférieurs à 90 francs par jour et par unité de
consommation.
(4) ZUP : les "zones à urbaniser en priorité" étaient
des outils d’urbanisme créés dans les années 1960.
INSEE 1998C
ssfNICEsNicedetionlaszoneud'?tudeadAuneaNoriLetd?l1996eillesitdemLaiaeyne-lur-Mers16,1s9,4n18,7bCommera26,8n27,9a30,0eS?rvFamiliaesbleu:entretsc13,8d?8,1?10,5quenicsarxnetncce7,0?12,2opo13,1tEducation,heant?,psra23,5?24,2e14,6eIndustrie,paucrr19,0t18,8rt18,0sNombrelesotalTatabliss1100,0Une100,0ua054ion615o3iale100,0oins100,0gr853?ed??tablissl?Arntnepourehabitantsa8s4,8e4,1a:tFerzoIRENEs30ra1996hebled2lUrpgiooPrirt?d??nomaelissanctmclrnanfllsecenssementnededslpopulationzoneder1990,eFtiucshieracdeivitsPaCaisdesseecteursd?AllocationsriaEnNice%d-TaiuxtoradeMarscZUPh?mageBertheAllocataireSssbasConstructionr7,8e9,4v11,5ecenus*26,3B?n?30,5f26,7ieciciairesaduxRpriseMI*7,6Zone7,5Franche5,6deSl?Arvresianeu17,6par51i20uliersZone13,9Franche11,1Nord-Littoral13,838,1s55action25ocialeZone15,1Franche17,4Z16,7UaPtdese23,1Ber23,5t20,8hted??32,5a56ements25328Moy27e100,0nne100,0des793Z267one2sNombreFrancheemessPcentA2C1,9A3,729,4Source53INSEE,25ichieNiceS12,4au37juin12Ta*Suraule:totalndesrallocaftlacoiresiquCpArFiSourceulie:dIsNSEE,eRzoela
mbl dans t?s ementsl’Ariane. La proportion de Rmistes par-Seyne sur-Mer et à Marseille mais dans
mi les allocataires de la CAF est plus des proportions moindres.
faible à l’Ariane. En outre, la moitié des
allocataires de l’Ariane ont un bas reve-Comme à Nice, les services (commerce
nu, proportion un peu plus faible que celle inclus) arrivent largement en tête dans
du Nord-Littoral et de Berthe (tableau 1). la zone franche. Mais si la part du com-
merce est la même dans la zone que
dans la commune, les services aux par-
ticuliers et aux entreprises font défaut :
ils y sont moitié moins représtés qen u’à
Nice.
Les mesures principales du dispositif
La part des services aux entreprises est
des zones franches sont tournées vers
faible dans les trois zones franches. Ce-
les activités économiques.
pendant, la particularité de l’Ariane est
d’avoir beaucoup moins d’établisse-
L’Ariane est mal dotée en empois. Sl i
ments exerçant dans le secteur des servi-
Nice peut se prévaloir de 42 emplois
ces aux particuliers. Les hôtels et les
pour 100 habitants de moins de
restaurants, qui représentent près de 8 %
soixante ans, la zone franche n’en a que
des établissements de Nice, n’atteignent
huit. Cette hiérarchie se retrouve, un
pas 4 % des établissements de l’Ariane.
moins dégradée que dans les deux au- peu atténuée, quand on rapporte le
tres zones franches de la région. Ainsi,nombre d’établissements à la popula-
en 1990, les taux de chômage de la zonetion : 8 établissements pour 100 per- Comme pour la ZUP de Berthe, le bâti-
franche Nord-Littoral à Marseille et de sonnes à Nice, 2 pour la zone franchement. est surreprésenté par rapport à
la "ZUP" (4) de Berthe à La Seyne-sur-La différence entre la commune et la Nice : 16 % des établissements exercent
Mer sont presque doubles de celui de zone franche se retrouve aussi à La dans ce secteur contre 8 % (tableau 2).
C INSEE 1998
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ZFU : les associations comptent pour
près de 7 % des établissements de la
zone (ne sont comptabilisées ici queL’économie de la Zone Franche Ur-
celles qui emploient des salariés ou quibaine (ZFU) de l’Ariane est basée sur
demandent des subventions).des petits et très petits établissements :
51 % n’ont pas de salarié, 40 % en ont
L’évaluation du dispositif de la zonemoins de six. Sur la ZFU, les artisans-
franche va supposer un suivi des entre-commerçants représentent 35 % des
prises de la zone, de l’emploi créé ouemployeurs, alors qu’ils ne sont que 22 %
maintenu et la situation sociale des ha à Nice. Si une grande partie de ces
bitants de la zone.établissements n’ont pas de salariés,
ceux qui en accueillent, emploient ma-
uatri inquanti alariL’INSEE fera donc un bilan après un anjoritairement des agents permanents :
d’existence. Il s’agira, notamment, deen 1995, 55 % des salariés de la zone
connaître la part des transferts en pro travaillent à temps complet, toute l’an-
venance des zones d’activité voisinesnée.
parmi les entreprises nouvellement im-
plantées et de voir dans quelle mesureSeuls trois établissements de plus de
les emplois créés ont bénéficié aux ré-cinquante salariés sont implantés dans
sidents de la zone. la zone : la société Koné qui assure la
maintenance des ascenseurs et escaliers
grands ens em es ou de quartiersCe suivi pourrait durer le temps de lamécaniques, une agence de France Té-
mesure (cinq ans). Il apporterait deslécom et la Société Niçoise de Réalisa-
éléments de réponse aux interrogationstion qui travaille dans la distribution de
apparues dans la presse dès la créationchaleur. les qu ar tiers de Saint-Charles-B
des zones franches urbaines.
La taille des entreprises, leurs secteurs
La volonté de renforcer l’emploi à l’in-d’activité laissent augurer d’une fragi-
térieur des zones en grande difficulté,lité économique.
soulève d’importantes objections et dé-
bats avant même la mise en place desEn effet, si le commerce et le bâtiment,
zones franches. Si ces interrogations sontsecteurs prépondérants, sont proches de
légitimes, compte tenu du coût, et surtoutla moyenne pour les créations d’entre
des enjeux, de ces politiques, elles doi prises, ils sont en tête pour le nombre de
vent s’appuyer sur une connaissance so défaillances d’entreprises dans les Alpes
lide des faits et des chiffres. Le simple étatMaritimes.
des lieux présenté ci-dessus en constitueDe plus, les entreprises individuelles
le point de départ pour avenil’ r.qui enrichissent pourtant le stock d’en-
treprises, sont celles qui présentent le
plus de risques de défaillance.
C INSEE 1998
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Chantal ?an Laury

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