Le bilan économique 2002 : Le tourisme tient bon

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En 2002 le tourisme a souffert de la tension internationale et de la défiance vis-à-vis d'une importante compagnie aérienne. Le nombre de visiteurs s'est pourtant maintenu. Ils sont restés un peu plus longtemps et ont un peu plus dépensé. La Réunion apparaît ainsi comme une destination refuge pour les Français de métropole.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dossierLe bilan économique 2002
Le tourisme tient bon
nué de 2,3 %. Toutefois la durée den 2002 le a souffert de Confirmation du tourisme
séjour à l’hôtel s’est allongée pour lala tension internationale et de la affinitaire
clientèle ayant choisi ce mode d’héber-Edéfiance vis-à-vis d’une impor-
gement à 7 jours contre 6,7 en 2001.tante compagnie aérienne. Le nombre A La Réunion le tourisme d’agrément Les villages-vacances et les gîtes ontde visiteurs s’est pourtant maintenu. continue à fournir près de la moitié de la connu un nouvel attrait puisque leur fré-Ils sont restés un peu plus longtemps et clientèle (48,2 %) même s’il enregistre quentation, en hausse de 14,3 %, dépas-ont un peu plus dépensé. La Réunion une baisse de 1,6 % sur un an. Cela se même celle observée en 2000. Enapparaît ainsi comme une destination s’explique par la défiance de certains revanche les locations enregistrent unrefuge pour les Français de métropole. tours-opérateurs vis-à-vis de la destina- repli de 8,2 %, après deux années de
tion Réunion au moment des difficultés hausse soutenue.Parmi les voyageurs arrivés en 2002 à La
rencontrées par Air Lib. Le tourisme affi-
Réunion, 426 000 peuvent être considé-
nitaire, pratiqué par les personnes qui ren-
rés comme des touristes, d’après les Un budget moyendent visite à des amis ou à de la famille
résultats de l’enquête sur la fréquentation d’environ 1 200 euroscontinue à se développer (+ 3,5 %) et four-
touristique. La fréquentation se stabilise
nit 37,5 % du flux touristique. Cette évo-
(+ 0,5 %) après le tassement de 1,4 %
lution consacre la destination Réunion D’après leurs déclarations au question-
enregistré en 2001. La stagnation de la
comme une destination refuge dans un naire de l’enquête, les touristes ont
fréquentation est en partie compensée par
contexte international troublé. Le tou- dépensé sur place en moyenne 1 196 €
une augmentation de la durée moyenne risme d’affaires (10,7 %) progresse éga- par ménage. Soit un montant total de
du séjour qui est de 16,4 jours en 2002 lement de 3,3 % en 2002. 302 millions d’euros, en augmentation
(+ 3,8 %). La plupart des touristes vien- de 11,2 % par rapport à 2001. Il
L’accueil chez des particuliers, qui cons-nent de France métropolitaine, ils repré- convient d’y ajouter une quote-part des
titue le mode d’hébergement le plussentent 78,5 % du total des touristes dépenses réalisées avant leur départ et
répandu (45 % du total), a progressé decontre 77,4 % en 2001. Pourtant la fré- bénéficiant directement à La Réunion.
2,2 % avec la croissance du tourismequentation de la clientèle européenne L’impact économique du secteur est
affinitaire. Parallèlement, la fréquenta-étrangère, après une année de stabilité, ainsi estimé à 347 millions d’euros, en
tion des établissements hôteliers a dimi-reprend un rythme de croissance soutenu progression de 10,5 % par rapport à
(+ 18,4 %). Les touristes mauriciens, en
revanche, sont beaucoup moins nom-
Nombre et caractéristiques des touristes venus à La Réunionbreux en 2002 (- 18 %).
La Réunion se maintient ainsi en Varia-
deuxième place parmi les destinations de Entrées de touristes 1998 1999 2000 2001 2002 tions
la zone sud de l’océan Indien, derrière 2002/2001
l’Ile Maurice (682 000 touristes en 2002)
Type de touristeset largement devant Madagascar
1
(178 000 personnes en 2001 et les Sey- Touristes d'agrément 226 047 201 291 220 055 208 793 205 500 - 1,6 %
chelles (132 000 personnes en 2002). Touristes affinitaires 121 691 133 726 146 800 154 196 159 600 3,5 %
L’Ile Maurice a mieux tiré son épingle du Touristes d'affaires 31 905 41 041 44 416 44 048 45 500 3,3 %
Autres catégories 20 357 17 942 18 729 16 963 15 400 - 9,2 %jeu dans cette conjoncture internationale
troublée avec 3,2 % de croissance de sa
Pays de résidencefréquentation après + 0,6 % en 2001. A
Madagascar la forte expansion touris- France métropolitaine 320 389 304 602 345 230 328 135 334 300 1,9 %
tique de ces dernières années (+ 11,3 % Autres pays de l'Union
en 2001 et + 15,8 % en 2000) a été inter- européenne 8 588 12 040 14 459 14 528 17 200 18,4 %
Maurice 37 993 40 424 36 988 37 290 30 600 - 17,9 %rompue par la crise politique ; tandis que
Autres pays 33 029 36 934 33 322 44 047 43 900 - 0,3 %les Seychelles maintiennent un flux à peu
près stable (+ 2,0 % en 2002 après 4
Mode d'hébergement principal- 0,2 % en 2001).
Hôtel 141 742 140 604 150 933 143 109 139 800 - 2,3 %
Village-vacances, gîtes 51 466 51 432 55 262 51 268 58 600 14,3 %
Location 14 315 16 747 24 440 28 748 26 400 - 8,2 %
Parents, amis 175 470 171 719 188 567 187 348 191 500 2,2 %
1Les données 2002 ne sont pas disponibles Autre hébergement 17 007 13 498 10 797 13 527 9 700 - 28,3 %
compte tenu des événements politiques qui
se sont déroulés à Madagascar au premier
Total 400 000 394 000 430 000 424 000 426 000 0,5 %
semestre 2002.
économie 212e trimestre 2003
DE LAREUNIONdossier
l’année 2001. Selon les professionnels Les dépenses des touristes en 2002
du secteur, cette croissance des dépenses
diversLes auteurs plus forte que celle du flux de touristes 13,5% hébergement
s’explique par l’augmentation de la 22,2%
Jean-Baptiste HERBET est chef du
durée moyenne de séjour (+ 3,8 %) mais
service des études et de la diffusion loisirsaussi par une augmentation des tarifs desà la direction régionale de l’Insee. 13,0%
prestations de tourisme et de restaura-
Stéphane MARTIN est responsable tion.
du service “études” de l’agence de
Saint-Denis de l’Iedom.
restaurationcadeaux-
Colette BERTHIER est rédactrice en 20,6%Consolidation du souvenirs
chef de la revue “économie de La 15,0%secteur hôtelierRéunion”. location de
voitures
Même s’il est du même ordre de gran- 15,7%
deur, le nombre de clients des établisse-
ments hôteliers ne correspond pas auBibliographie
nombre de touristes puisque la majorité Les principaux postes du budget
des touristes affinitaires ne séjournent des touristes sont l’hébergement, la
Analyse conjoncturelle : Note de restauration et la location de voitu-pas dans les hôtels. A l’inverse, unemars 2003 - WWW.insee.fr/indicateurs res.partie des résidents réunionnais effectue
La Réunion en 2002 : Iedom. des séjours de courte durée dans ces éta-
L’emploi salarié marchand par blissements. L’année 2002 a été marquée
trimestre : n° 2 - juin 2003 - 2 pages par une augmentation de près de1%du Le taux d’occupation des hôtels s’y est
- direction régionale de l’Insee. 2nombre de clients enregistrés dans les nettement redressé (64,2 %, soit + 2 points)
L’indice des prix à La Réunion : hôtels, après un repli de 3,5 % en 2001. sans toutefois retrouver ses niveaux de
mensuel de 4 pages publié par la Cette amélioration globale provient du 1999 et 2000. A l’opposé, les régions de
direction régionale de l’Insee. redressement de la fréquentation dans les Saint-Denis (64,3 %, - 1,2 point) et les
hôtels de catégories supérieures (+ 2,5 autres zones (63,3 %, - 1,5 enre-
points), alors que celle des hôtels classés gistrent leur premier repli depuis 1999,
0 à 2 étoiles s’est repliée de 2,5 points. mais pour des raisons différentes. En
effet, pour la région de Saint-Denis,
Avec une moyenne de 64,0 %, le taux
l’origine de ce repli se trouve dans la
d’occupation des chambres a augmenté
baisse de 5,6 % du nombre de clients
de 0,4 point par rapport à l’année der- alors que pour les autres régions il
nière. Cette évolution est à mettre en
résulte plutôt de la diminution de la
relation avec la diminution du nombre de
durée des séjours.
chambres disponibles, elle-même liée à
la fermeture d’établissements de taille Stéphane MARTIN
importante pour travaux tout au long de
l’année 2002.
S’agissant de la répartition géographi-
que, la zone littorale de l’ouest de l’île 1
D’après l’enquête sur la fréquentation hôte-
constitue le pôle dominant de l’activité lière menée par l’Insee et la Délégation régio-
hôtelière du département avec 52 % des nale au commerce, à l’artisanat et au tourisme
chambres offertes et des chambres louées. (DRCAT).
Evolution de la fréquentation hôtelière à La Réunion
Variations
Fréquentation hôtelière 1999 2000 2001 2002 (p)
2002/2001
Nbre de chambres disponibles (*) 938 724 1 001 973 1 032 000 1 017 000 - 1,6 %
Nbre de chambres louées (**) 600 110 648 963 657 000 651 000 - 0,9 %
4
Taux d'occupation des chambres 63,9 % 64,8 % 63,6 % 64,0 % + 0,4 pts
Nombre de nuitées 1 032 071 1 081 258 1 112 000 1 087 000 - 2,2 %
Nombre de clients 440 725 476 597 460 000 464 000 0,9 %
Sources : enquête annuelle Insee et Direction régionale au commerce, à l'artisanat et au tourisme.
(*) Nombre de chambres du parc hôtelier x nombre de jours
(**) Nombre de chambres louées x nombre de jours
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DE LAREUNION

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