Le secteur des services de conseil et d'assistance en Basse-Normandie. Un soutien à la croissance des entreprises

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Le secteur des services de conseil et d'assistance en Basse-Normandie Unsoutienàlacroissance des entreprises Le conseil et l’assistance aux Dans toutes les économies développées, et en Basse-Normandie 14 % entreprises est une activité les services marchands affichent une seulement. Avec les transports et la lo- stratégique pour accompagner les forte croissance. En Basse-Normandie, gistique, le conseil et l’assistance cons- dans leur développe- près de 10 000 emplois nouveaux sont tituent pourtant des soutiens externes ment. Il croît rapidement en apparus dans ces secteurs entre début indispensables pour la croissance de la Basse-Normandie comme en 2000 et fin 2007, autant que les em- compétitivité des entreprises. Est-ce àFrance. plois détruits dans l’industrie. Dopés dire que la Basse-Normandie serait pé- par les pratiques d’externalisation nalisée dans son développement, faute En Basse-Normandie, le déve- des grandes entreprises, notamment d’une offre de services “haut de loppement du secteur est des entreprises industrielles qui se gamme” suffisante ? Cela ne semble concentré dans les principales ag- concentrent sur leur cœur de métier, pas être le cas, si l’on considère d’une glomérations urbaines mais ignore les services aux entreprises, services les territoires ruraux qui accueil- opérationnels (intérim, nettoyage in- lent une grande part de l’industrie dustriel, gardiennage...) et services de régionale.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Le secteur des services de conseil
et d'assistance en Basse-Normandie
Unsoutienàlacroissance
des entreprises
Le conseil et l’assistance aux
Dans toutes les économies développées, et en Basse-Normandie 14 %
entreprises est une activité
les services marchands affichent une seulement. Avec les transports et la lo-
stratégique pour accompagner les
forte croissance. En Basse-Normandie, gistique, le conseil et l’assistance cons- dans leur développe-
près de 10 000 emplois nouveaux sont tituent pourtant des soutiens externes
ment. Il croît rapidement en
apparus dans ces secteurs entre début indispensables pour la croissance de la
Basse-Normandie comme en
2000 et fin 2007, autant que les em- compétitivité des entreprises. Est-ce àFrance.
plois détruits dans l’industrie. Dopés dire que la Basse-Normandie serait pé-
par les pratiques d’externalisation nalisée dans son développement, faute
En Basse-Normandie, le déve-
des grandes entreprises, notamment d’une offre de services “haut de
loppement du secteur est
des entreprises industrielles qui se gamme” suffisante ? Cela ne semble
concentré dans les principales ag-
concentrent sur leur cœur de métier, pas être le cas, si l’on considère d’une
glomérations urbaines mais ignore
les services aux entreprises, services
les territoires ruraux qui accueil-
opérationnels (intérim, nettoyage in-
lent une grande part de l’industrie
dustriel, gardiennage...) et services de
régionale.
conseil et d’assistance, concourent pour
une grande part à cette croissance.
Le secteur bas-normand du
conseil et de l’assistance se dé-
En Basse-Normandie, les services opé-veloppe autour des activités tech-
rationnels sont surreprésentés dansniques de contrôle et d’inspection.
les services aux entreprises, en raisonLes activités informatiques sont
de l’activité des agences d’intérim. Larelativement peu implantées.
structure industrielle spécifique de la
Basse-Normandie (forte implantationL’offre de service, en forte
de l’industrie automobile et des indus-croissance, est globalement sa-
tries agricoles et alimentaires) ex-tisfaisante et permet de répondre
plique en grande partie que la régionpresque complètement à la de-
ait un secteur d’offre de travail tempo-mande.
raire très développé. En revanche, le
Les petites structures man- conseil et l’assistance, avec les servi-
quent cependant de visibilité ces “haut de gamme” (ingénierie, ser-
auprès des grands donneurs vices informatiques...), sont moins
d’ordre qui se tournent parfois présents. En France, le secteur du
vers des prestataires extérieurs à conseil et de l’assistance aux entrepri-
la région. ses concentre près de 18 % des em-
plois salariés des services marchands,
WWW.INSEE.FR/BASSE-NORMANDIEpart le développement actuel de
l’offre, et d’autre part l’état de la de-
mande.
Fortecroissancedel’offre
Un grand nombre de très petites entreprises, et quelques filiales
Comme en France, la croissance des
ou agences locales de grands groupes
secteurs du conseil et de l’assistance
est vive en Basse-Normandie. Entre le
Le secteur du conseil et de l’assistance est composé pour partie d’entrepre-début 2000 et fin 2007, les effectifs sa-
neurs individuels, au sein desquels figurent les professions libérales (architec-lariés ont augmenté de 28 % en
tes, avocats...). Ces entrepreneurs individuels employaient moins de 1 500
Basse-Normandie (soit 4 200 emplois
salariés début 2008. De leur côté, hors secteur de l’administration d’entreprise,nouveaux), exactement comme en
les sociétés prestataires de services (de forme juridique société anonyme, so-France. La croissance atteint même
ciété anonyme à responsabilité limitée, etc...) employaient un peu plus de
47 % dans le Calvados, et 39 % dans er10 000 salariés au 1 janvier 2008, répartis dans 2 114 établissements. Cesl’Orne. Elle est moindre dans la Manche
établissements sont le plus souvent de très petite taille. 44 % n’ont aucun sala-(+ 4 % seulement) , département déjà
rié et 99 % en ont moins de cinquante. Seulement sept établissements em-
doté, depuis les années quatre-vingts
ploient plus de cent salariés. A eux seuls, ces sept regroupentet quatre-vingt dix, d’une forte implan-
13 % des 10 000 salariés du secteur travaillant dans une entreprise de formetation des services aux entreprises,
sociétaire du secteur.
notamment pour l’assistance à la filière
nucléaire. Si la Basse-Normandie reste La grande majorité des établissements (83 %) sont des établissements uniques
loin des régions où le poids du conseil d’entreprises bas-normandes, la “ressource locale” en matière de conseil et
et de l’assistance dans l’emploi total est d’assistance aux entreprises. Les établissements les plus importants appartien-
très important, comme l’Ile-de-France nent tous à une entreprise extérieure à la région, à l’exception de MAINCO, en-
ou Midi-Pyrénées, la forte croissance treprise basée à Tourlaville, spécialiste de la logistique des sites nucléaires.
des effectifs salariés ces dernières an- Encore faut-il préciser que MAINCO est une filiale à 100 % du groupe Areva et
nées indique que l’offre s’adapte rapi- n’a donc pas grand chose à voir avec une “entreprise bas-normande”. Au total,
dement aux besoins nouveaux des 4 400 des 10 000 salariés des entreprises du secteur dépendent directement
entreprises dans cette région comme d’une entreprise extérieure à la région, une fois sur deux implantée en
ailleurs. Dans les autres secteurs de Ile-de-France. Pour les petites locales et leurs 5 600 salariés, l’en-
soutien, la progression est moindre jeu est d’acquérir une plus grande “visibilité” dans leur offre de prestations et
(+ 18 % dans les services opération- de valoriser leurs compétences auprès des clients potentiels.
nels et + 13 % dans l’immobilier et les
transports).
Si cette forte croissance ne comble pas
l’écart entre la Basse-Normandie et la
Chiffres clés du secteur du conseil et de l'assistance France quant au poids du secteur dans
l’emploi total, elle n’élimine pas non
plus les différences de structure du
Basse-Normandie France
secteur. En Basse-Normandie, la crois-
Ensemble du secteur Conseil et assistance (y compris professions libérales) sance du secteur s’organise autour de
la branche ingénierie-contrôle, la plus1 361 135Effectif salarié (31 décembre 2007) 19 109
génératrice d’emplois. 40 % des sala-
Age moyen 38,2 37,0 riés bas-normand du secteur y travail-
lent, la branche concentrant seulementPart des plus de 50 ans 15,8 % 14,4 %
28 % des salariés du secteur en
42,2 %Part des cadres 19,9 % (1)France . Dans cette branche, les
Part des professions intermédiaires 39,0 % 31,1 % prestataires réalisent des études pour
leurs clients, dans les domaines du
Taux de féminisation 50,8 % 45,7 %
génie industriel et du génie logistique,
Sociétés (SA, SARL...) du secteur (hors "administration d'entreprise") ou des études techniques spécialisées
(voir précisions sur le champ dans l'encadré "méthode") pour l’industrie (procédés, production,
assainissement et lutte contre la pollution,Données 2007
etc..). Ils peuvent assurer la maîtrise
Nombre d'établissements 2 114 186 146
d’œuvre de certaines opérations. Ils
966 841Effectifs salariés 10 053
166 433Chiffres d'affaires (M€) 1 180
Valeur ajoutée (M€) 591 69 245
(1) Ces données, ainsi que celles qui suivent
72Valeur ajoutée par personne (K€) 59 dans le texte, concernent uniquement les
unités ayant une forme juridique sociétaire4 411Investissements (M€) 35
(SA, SARL…), à l’exclusion des entrepre- par personne (K€) 3 5 neurs individuels (essentiellement les pro-
fessions libérales), et de l’activité
Sources : Insee, estimations d'emploi, RP 2006, CLAP 2007 "administration d’entreprise" (pour ces pré-
cisions de champ, voir l’encadré méthode).
WWW.INSEE.FR/BASSE-NORMANDIEréalisent aussi les analyses, essais et
inspections techniques nécessaires au Salariés du secteur du conseil et de l'assistance
fonctionnement optimal des entrepri-
ses, imposés le cas échéant par la ré-
glementation. En revanche, la Salariés du secteur travaillant
Basse-Normandie est en retrait dans en Basse-Normandie
Région du siège socialles services informatiques (conseil en
systèmes informatiques, réalisation de Nombre %
logiciels, traitementsdebasededon-
Basse-Normandie 5 653 56,2nées...), avec moins de 18 % des sala-
riés du secteur du conseil et de 4 400Autres régions 43,8
l’assistance contre un tiers en France.
2 558dont Ile-de-France 25,4Dans les services du conseil pour les
affaires et la gestion (y compris les ac- Provence-Alpes-Côte d'Azur 426 4,2
tivités comptables et juridiques, hors
364Pays de la Loire 3,6professions libérales), l’offre bas-nor-
mande est conséquente (30 % des em- 343Rhône-Alpes 3,4
plois salariés en Basse-Normandie,
Bretagne 204 2,025 % en France). L’implantation de
l’expertise comptable à destination du Ensemble 10 053 100,0
monde agricole explique le fort taux
bas-normand. En proportion de l’emploi Source : Insee, CLAP 2007
salarié du secteur, la branche publicité
et études de marché paraît autant re-
présentée en Basse-Normandie (12 %
des salariés) qu’en France (13 %).
sements du secteur : Euriware, SGTN, tion, ni d’un carnet d’adresses deL’évolution du secteur ne bénéficie ce-
Euridoc et Assystem France. A l’in- prestataires externes. Ce phénomènependant pas à tous les territoires.
L’emploi dans le conseil et l’assistance verse, les zones d’emploi industrielles renforce aussi les inégalités entre terri-
de Flers et du Bocage virois, ainsi que toires, souvent en situation de concur-reste concentré dans les villes, là où
les zones d’emploi de Lisieux et de rence face à l’installation de nouvellesl’offre de services peut rayonner de fa-
çon optimale auprès d’une clientèle L’Aigle-Mortagne-au-Perche, consti- entreprises, généralement soucieuses
tuent encore des déserts en terme de trouver dans leur environnementd’entreprises elle-même de plus en
d’offre de services, notamment de ser- proche des infrastructures de soutienplus agglomérée sur le territoire. Ainsi,
les quinze villes de plus de 10 000 ha- vices informatiques. Les clients doivent développées : tant en matière de servi-
communiquer avec des prestataires ces opérationnels que de conseil et d’as-bitants de Basse-Normandie concen-
assez éloignés. Ceci pourrait constituer sistance, de transport et de logistique.trent 43 % des établissements du
secteur du conseil et de l’assistance et un handicap pour la mutation des sec-
teurs industriels puissants de ces terri-63 % des salariés de ce secteur. 30 %
toires, notamment pour les PME qui nedes salariés sont basés à Caen ou à Globalement, une offre
Equeurdreville-Hainneville, dans l’ag- disposent pas en interne ou au travers
plutôt bien calibréed’une relation avec un groupe de res-glomération cherbourgeoise, ville qui
sources en terme de capacité d’innova-accueille quatre des plus gros établis- à la demande
De leur côté, les clients estiment globa-
lement que l’offre de services dispo-
nible en Basse-Normandie est
satisfaisante. C’est la conclusion es-
sentielle de l’étude de la Sofred réa-
lisée à la demande de la DRIRE auprès
d’un panel de clients, entreprises ou
associations d’entreprises. 80 % des
besoins de ces entreprises seraient
ainsi couverts par l’offre locale, les
20 % restant conduisant les clients à s’a-
dresseràdesprestatairesextérieursà
la région plus ou moins éloignés
(Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte
d'Azur...). Or, selon les responsables
des entreprises ou des réseaux d’en-
treprises interrogés, l’éloignement ne
constitue pas un handicap pour l’activi-
té de leur entreprise. Encore faut-il
préciser que les besoins des entrepri-
ses donnant lieu à la recherche de
prestataires externes à la région peu-
vent n’être que ponctuels, et qu’au-
cune “carence” en terme d’offre
générale n’est manifeste. C’est bien
sûr une configuration qui n’incite pas
WWW.INSEE.FR/BASSE-NORMANDIEles grands opérateurs du conseil et de des principales filières de la région : les souvent le siège social de l’entreprise
l’assistance à accroître leur présence en filières nucléaires, automobiles et ou du groupe qui “référence” les pres-
Basse-Normandie, le marché étant jugé agroalimentaires, réputées très consom- tataires de service pour tous les éta-
par eux-mêmes trop étroit, d’autant que matrices de ce type de prestations. blissements de l’entreprise ou du
la pratique des cabinets d’étude est plu- groupe. L’établissement ne dispose
En revanche, les responsables des en-
tôt de s’organiser en pôles interrégio- donc que d’une marge de manœuvre li-
treprises ou des réseaux d’entreprisesnaux. Cette situation explique sans mitée dans le choix de prestataires lo-
interrogés conviennent connaître assez
doute pourquoi la croissance du conseil caux, et avoir à disposition la liste des
mal les compétences disponibles chez
et de l’assistance en Basse-Normandie prestataires référencés par le siège so-
les prestataires de services bas-nor-n’est pas plus forte qu’en France, alors cial n’incite pas à rechercher une res-
mands. C’est une réalité sans doute
que l’implantation du secteur y est source locale.
liée à la taille modeste de la plupart de
moindre. On pourrait supposer, de ce
ces prestataires (manque de notorié-fait, qu’il existe une “marge” pour une Sabrina LEROUX,
té), mais elle provient aussi de l’orga-
augmentation plus vigoureuse. En ce
nisation des clients. Ces derniers sont Michel MOISAN,sens, le “retard” bas-normand quant
souvent les grandes entreprises don-au poids du secteur du conseil et de
neuses d’ordre de la région. Or, c’est Insee
l’assistance ne peut être considéré en
soi comme un handicap pour les entre-
prises régionales. Les utilisateurs po-
tentiels font valoir également que les
prestations offertes en Basse-Nor-
mandie, essentiellement techniques,
correspondent assez bien aux besoins
L’étude du secteur du conseil et de l’assistance aux entreprises en Basse-Nor-
mandie repose sur les données mises à disposition des internautes dans le Por-
(1)tail des entreprises bas-normandes et sur l’enquête réalisée par la SOFRED
auprès d’un panel de prestataires de services et d’entreprises utilisatrices de
services d’assistance et de conseil.
- Le Portail des entreprises bas-normandes est réalisé en collaboration par
l’INSEE et par la DIRECCTE de Basse-Normandie. Il offre des informations à
jour sur l’activité des entreprises par secteur d’activité et par territoire. Il est
accessible en page d’accueil de www.insee.fr/basse-normandie (rubrique
Liens).
Le champ de l’étude statistique du secteur du conseil et de l’assistance est ré-
duit aux seules unités de forme juridique sociétaire (SA, SARL...). Les entrepre-
DIRECTION
neurs individuels (dont les professions libérales telles que les avocats, les
REGIONALE DE L'INSEE
architectes...) sont donc exclus.
DE BASSE-NORMANDIE
Les activités couvertes correspondent aux postes suivants de la Nomenclature93, rue de Geôle
économique de synthèse (NES) calée sur la NAF2003 :14052 CAEN CEDEX 4
Tél. : 02.31.15.11.00
Fax : 02.31.15.11.80 N21 - Activités informatiques ;
www.insee.fr/basse-normandie N22 - Services professionnels (activités juridiques et comptables, conseils
pour les affaires et la gestion) ;
Directeur de la publication :
Michel GUILLEMET N24 - Publicité et études de marché ;
Service études et diffusion : N25 - Architecture, ingénierie, contrôle.
Julien BECHTEL
Le poste N23 - Administration d’entreprises est exclu du champ de l’étude.
Rédacteur en Chef :
- L’enquête réalisée par la SOFRED a été commanditée par la DIRECCTE deDidier BERTHELOT
Basse-Normandie dans le but de caractériser l’offre de services disponible sur le
Composition PAO : territoire et d’identifier les difficultés des prestataires de services. Cette en-
Françoise LEROND quête, qualitative et quantitative, s’est concentrée sur les entreprises propo-
Marie-Isabelle LARDET sant des prestations de services à forte valeur ajoutée pour leurs clients
(ingénierie, études techniques, programmation informatique, conseil en système
Crédit photos :
d’information, conseil en stratégie...). 190 prestataires ont été interrogés.Comité régional du tourisme ; Chambre régio-
nale d'agriculture ; Comité départemental du
tourisme de la Manche.
(1) SOFRED est un cabinet conseil spécialisé en développement économique, revitalisation
Attaché de presse : de bassins d’emplois et réindustrialisation
Philippe LEMARCHAND
02.31.15.11.14
© INSEE 2010
WWW.INSEE.FR/BASSE-NORMANDIE

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