Lens-Liévin, Hénin-Carvin : deux intercommunalités dans des structures urbaines particulières

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Les évolutions démographiques contrastées au niveau communal, autant que la variété des échanges au sein du territoire et avec les autres communes de la région, ne structurent pas la zone d'emploi de Lens-Hénin autour d'un véritable pôle. La ressource humaine disponible, jeune et nombreuse, vient remplacer des générations parties en préretraite au moment des cessations d'activité. C'est en partie pour cela que l'emploi local n'absorbe que la moitié de l'augmentation de la population active. D'intenses migrations alternantes traduisent l'ouverture des habitants aux emplois proposés dans les bassins voisins, autant que l'attrait des actifs des territoires avoisinants pour le dynanisme du tissu productif. Le rythme intéressant de créations d'établissements, la forte présence de sièges sociaux et la croissance des services constituent des atouts pour l'avenir.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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F N°2 - FÉVRIER 20022,2 € -15
Lens-Liévin, Hénin-Carvin :
deux intercommunalités dans des
structures urbaines particulières
VUE DU CIEL,
UNE NÉBULEUSE URBAINE
Les évolutions démographiques contrastées au niveau Les deux communautés d’agglomération de
Lens-Liévin et de Hénin-Carvin correspondent
communal, autant que la variété des échanges au sein à très peu de choses près à la zone d’emploi
de Lens-Hénin. Elles constituent une des
du territoire et avec les autres communes de la région, parties de l’ancien bassin minier qui
conserve aujourd’hui une armature urbaine
ne structurent pas la zone d’emploi de Lens-Hénin autour très spécifique. La population se répartit
sur un ensemble de nombreuses villes
d’un véritable pôle. La ressource humaine disponible, moyennes et petites. Les indices de
(1)concentration de la population des deux
jeune et nombreuse, vient remplacer des générations communautés d’agglomération de Lens-
Liévin et de Hénin-Carvin sont faibles (0,57
et 0,49 respectivement), comparés à ceuxparties en préretraite au moment des cessations d’activité.
(1) d’intercommunalités comme Valenciennes
(0,62), Dunkerque (0,70), Caen (0,82) ouC’est en partie pour cela que l’emploi local n’absorbe
Reims (1,05). La moitié des communes
regroupe environ les trois quarts de laque la moitié de l’augmentation de la population active.
population de Hénin-Carvin, et un peu
plus de 80% de celle de Lens-Liévin. PourD’intenses migrations alternantes traduisent l’ouverture
référence, 80% de la population de chacune
des intercommunalités de Reims et dedes habitants aux emplois proposés dans les bassins voisins,
Grand Caen se concentrent dans la seule
commune principale de chacune des deuxautant que l’attrait des actifs des territoires avoisinants
agglomérations.
pour le dynamisme du tissu productif.
(1) Il s’agit de l’indice de Gini : cet indicateur, compris entreLe rythme intéressant de créations d’établissements,
0 et 1, est d’autant plus élevé que l’écart est important entre une
répartition uniforme de la population dans les communes et la
répartition réelle.la forte présence de sièges sociaux et la croissance des
(2) Pour analyser les situations respectives de ces deux commu-
nautés d’agglomération, il est nécessaire d’avoir des points de
référence.Ainsi, les intercommunalités de Dunkerque et deservices constituent des atouts pour l’avenir.
Grand Caen sont choisies du fait de leur taille comparable en
termes de population, Valenciennes du fait de son organisation
urbaine proche et caractéristique de l’ancien bassin minier, etSER VICE ÉTUDES DIFFUSION
Reims comme référence d’une structure urbaine très polarisée.
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Cette organisation spatiale en nébuleuse équipement, tandis que sa voisine de tailleAVEC L’ACCÈS AUX ÉQUIPEMENTS,
urbaine se traduit logiquement par une comparable ne le possédera pas : la frontière
LA FRONTIÈRE COMMUNALE
densité de population de la zone d’emploi communale s’estompe, accentuant le
S’ESTOMPE2relativement élevée (1 168 habitants/km ). sentiment de non polarisation du territoire.
Depuis 1975, la densité de population de
Comme c’est traditionnellement le cas enla zone d’emploi a globalement peu diminué LA RESSOURCE HUMAINE PRÉSENTE
2 France, dans un espace structuré autour(-46 hab/km). Cette évolution n’est
SUR LE TERRITOIRE EST JEUNE, d’une grande ville et de communes péri-cependant pas homogène sur l’ensemble
ET S’OUVRE PROGRESSIVEMENTphériques moins peuplées, la taille d’unedu territoire (cf. carte). La plupart des
commune et son équipement en commercescommunes qui ont été marquées par SUR L’EXTÉRIEUR
et services sont fortement liés. Certainsl’activité minière jusqu’à la fin des années
commerces ou services sont peu répandusquatre-vingt ont connu une baisse du Venant compenser en partie un solde
et se concentrent dans les villes les plusnombre de leurs habitants. En revanche, migratoire constamment négatif pendant
importantes. D’autres se répartissent dans deles plus fortes croissances concernent des les périodes intercensitaires passées, la
nombreuses communes. La ville principalecommunes situées à l’écart des espaces croissance naturelle de la population s’est
dégage ainsi un pouvoir d’attractionanciennement miniers. Moins touchées maintenue à un niveau élevé, entraînant
important, à la hauteur du degré de concen-par les conséquences du repli et de la avec elle cette forte inertie démographique
tration de la population sur le territoire. C’estconversion des activités traditionnelles, ces globale caractéristique de la zone d’emploi
un tout autre phénomène qui caractérisecommunes ont pu bénéficier d’importantes de Lens-Hénin. Des taux de fécondité élevés,
les communautés d’agglomération de Lens-redistributions locales de population par et une mortalité encore caractéristique de
Liévin et de Hénin-Carvin : la population seun apport migratoire conséquent. l’héritage du passé [2, 6] conduisent à une
répartit sur un ensemble de communes population parmi les plus jeunes de France.
Cependant, la dernière période intercensitaire moyennes, très proches les unes des Ainsi, plus de 30% des habitants de la zone
apporte quelques nuances à cette évolution autres. De ce fait, les services sont répartis d’emploi de Lens-Hénin ont moins de 20 ans,
sur le long terme. L’ancien axe transversal sur plusieurs communes. Ainsi, à taille contre 28% au niveau régional, et 25% en
Béthune-Lens-Douai ne concentre plus les comparable, les communes peuvent appa- France métropolitaine. En héritage d’un
plus fortes baisses. Lens, principale ville de raître comme sous-équipées lorsqu’elles se passé minier et industriel, la population
la zone d’emploi, a même retrouvé la comparent à d’autres communes françaises. résidente reste globalement peu qualifiée.
croissance démographique (+0,37%). Ceci Pourtant, pour accéder à un équipement, Presque 25% des 15-60 ans de la zone
s’explique en grande partie par une amé- les habitants de Lens-Hénin, parcourent en d’emploi de Lens-Hénin n’ont aucun
lioration de la situation migratoire puisque moyenne une distance comparable (5 km), diplôme, contre environ 15% dans la région,
désormais entrées et sorties s’équilibrent. voire inférieure dans le cas de Hénin-Carvin comme dans l’ensemble des provinces
(3,8 km), à celle parcourue sur d’autres françaises. Toutefois, ces écarts diminuent
Pour quelques communes, la période territoires (6,2 km dans l’intercommunalité au fur et à mesure que les générations
1990-1999 a vu également apparaître de Valenciennes). récentes vieillissent. Les jeunes prolongent
(Loos-en Gohelle : +0,71%) ou se confirmer Ainsi, l’accès aux équipements est caracté- plus souvent qu’avant leurs études. Ainsi, en
(Billy-Montigny : +0,36%) une amélioration ristique d’une logique d’agglomération 1999, environ 45% des 15-29 ans des
de la situation démographique. diluée. Une commune peut disposer d’un communautés d’agglomération de Lens-Liévin
TABLEAU 3 : Le poids des sièges sociaux est élevé dans les deux commTABLEAU 1 : Nombre d’actifs au lieu de travail : évolution entre 1990 et 1999
de Lens-Liévin et de Hénin-Carvin
1990 1999 Évolution en %
Lens-Liévin Hénin-Carvin Dunkerque Grand CaLens-Liévin 60 864 64 327 + 5,7
Hénin-Carvin 30 952 32 291 + 4,3 Taux d’autonomie 65,6 64,8 60,5 59,8
Dunkerque 78 123 81 876 + 4,8
Taux d’autonomie : rapport du nombre d’emplois dans les établissement
Valenciennes 65 478 68 097 + 4,0 d’emplois dans l’ensemble des établissements de l’intercommunalité.
Grand Caen 98 675 106 780 + 8,2 Source : Insee - Fichiers Sirene 2000, champ Industrie Commerce Services
Reims 93 837 97 729 + 4,1
Source : Insee - Recensements de la population
TABLEAU 4: Taux de création d’établissements par secteur d’activité
TABLEAU 2: Taux d’activité des 55-59 ans, de 1982 à 1999, par sexe
Industrie Construction Commerce S
Unité : %
Lens-Liévin 9,3 12,5 14,5Hommes Femmes
Hénin-Carvin 10,2 12,5 11,61982 1990 1999 1982 1990 1999
Dunkerque 9,5 10,8 11,6Lens-Liévin 28,8 33,7 50,6 14,4 17,4 31,4
Valenciennes 10,2 12,8 12,8Hénin-Carvin 31,0 36,6 52,2 13,6 18,6 29,4
Grand Caen 10,6 16,7 16,0Dunkerque 71,7 44,5 59,6 27,9 29,3 39,3
Reims 8,6 12,2 13,6Valenciennes 55,6 44,8 60,5 22,5 22,7 35,3
Source : Insee - Fichiers Sirene, champ Industrie Commerce ServicesGrand Caen 81,0 65,0 70,1 48,8 49,6 58,9
Reims 80,8 71,8 74,2 50,4 48,1 59,4
Source : Insee - Recensements de la population
TABLEAU 5: Répartition des établissements par tranche de taille, en
0 salarié 1 à 9 salariés 10 à 199 salariés 200 s
Lens-Liévin 45,0 44,8 10,0
Hénin-Carvin 44,6 44,3 10,6
Dunkerque 40,8 48,2 10,5
Valenciennes 41,9 49,1 8,6
Grand Caen 42,8 47,4 9,4
Reims 41,6 47,6 10,4
Source : Insee - Fichiers Sirene, champ Industrie Commerce ServicesN°2
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et de Hénin-Carvin étaient en cours d’études, que de départs massifs. Toutefois, le poids LA MOITIÉ DE L’ÉVOLUTION DE LA
soit moins de 5 points d’écart avec les des flux de migrations résidentielles sur
POPULATION ACTIVE EST ABSORBÉE
intercommunalités de Dunkerque ou de l’organisation spatiale des deux commu-
PAR LA CROISSANCE DE L’EMPLOIValenciennes, 7 points avec Reims, et 10 nautés d’agglomération de Lens-Liévin et
points avec le Grand Caen. Les jeunes qui de Hénin-Carvin n’est pas disproportionné
Le nombre de personnes actives de la zonehabitent la zone d’emploi de Lens-Hénin par rapport à ce qui peut se passer dans
d’emploi de Lens-Hénin a augmenté entrefont majoritairement leurs études près de d’autres intercommunalités comparables.
1990 et 1999 à un rythme souvent supérieurchez eux. La zone d’emploi de Lens-Hénin Entre 1990 et 1999, la migration nette repré-
à celui observé ailleurs. Cette évolution estattire plus Béthune et Arras que Lille. Ainsi, sente 13% de l’ensemble des flux migratoires
en grande partie liée à l’augmentationl’attraction des étudiants n’est pas établie de Lens-Liévin et de Hénin-Carvin, contre
des taux d’activité des personnes âgéesselon une relation de réciprocité, puisque 24% pour Dunkerque et le Grand Caen, et
de plus de 50 ans. Les nombreusesles jeunes habitants de la zone d’emploi de 11% pour Valenciennes et Reims. Comme les
retraites et préretraites qui ont fait suiteLens-Hénin sont très attirés vers Lille, Arras, mouvements résidentiels au sein même de la
aux cessations des activités minières etDouai, Béthune [7]. zone d’emploi de Lens-Hénin autant qu’avec
industrielles se sont traduites par unles zones d’emploi environnantes sont très
retrait du marché du travail d’une classenombreux et très hétérogènes, ils ne font pasLES MIGRATIONS, POURTANT
d’âge qui aurait été active sinon. Ces géné-apparaître de centralité [7].
NOMBREUSES, NE FONT PAS rations sont progressivement remplacéesS’ils sont très attachés à leur lieu de naissance
APPARAÎTRE DE CENTRALITÉ par des personnes qui souhaitent exercer unainsi qu’à leur lieu de résidence, les habitants
SUR LE TERRITOIRE emploi, et qui sont nombreuses car néesde la zone d’emploi de Lens-Hénin n’en
pendant le baby-boom.sont pas moins ouverts sur le marché de
La création d’emplois absorbe en partieLa population de la zone d’emploi de Lens- l’emploi des territoires voisins. Les actifs
cette augmentation de population active.Hénin est très autochtone. Plus des trois occupés qui résident dans la zone d’emploi
Entre 1990 et 1999, au sein de la zonequarts des habitants sont nés dans le Pas- de Lens-Hénin et qui ne travaillent pas dans
d’emploi de Lens-Hénin, le stock d’emploisde-Calais alors qu’en moyenne, en France, leur commune de résidence représentent
s’est élevé de près de 4 700 emplois au lieuseulement 54,5% des habitants sont nés 78% de l’ensemble des actifs occupés qui
de travail. En dépit de ce dynamisme certain,dans le département où ils résidaient en habitent la zone d’emploi. La moitié de ces
la hausse du nombre d’emplois au lieu de1999. Plus des trois quarts (77,4%) des navetteurs quitte chaque jour la zone
travail est insuffisante pour compenserhabitants de la zone d’emploi de Lens- d’emploi pour travailler, tandis que l’autre
l’ensemble de l’augmentation de la popu-Hénin en 1999 habitaient déjà leur com- moitié change de commune au sein de la
lation active résidente. Cette évolutionmune de résidence actuelle en 1990, alors zone d’emploi. Même si les directions des
insuffisante de l’emploi s’accompagneque c’est le cas de 71,4% des habitants de flux sont en moyenne orientées sur un
d’un ajustement au niveau du chômage etla région Nord-Pas-de-Calais, et de 66,4% axe nord-sud, traduisant l’attractivité la
des navettes domicile-travail.de la population française métropolitaine. métropole lilloise, les directions prises par
Sur la zone de Lens-Hénin, les migrationsMalgré cela, les taux de migration sont les navetteurs sont très hétérogènes. De ce
alternantes jouent un rôle de compensationnégatifs à chaque âge, résultat certes banal fait, les migrations alternantes ne font pas
important. Le nombre d’actifs résidents quidans le contexte régional, et qui provient apparaître de centralité au sein de la zone
travaillent en dehors de la zone (navettesplus d’un déficit d’entrées sur le territoire d’emploi de Lens-Hénin.
munautés d’agglomération ÉVOLUTION DE LA DENSITÉ DE POPULATION ENTRE 1975 ET 1999
aen Reims Valenciennes
59,5 57,9
ts sièges avec le nombre
é en 1999
Unité : %
Services Ensemble
11,6 12,4
11,2 11,4
10,1 10,5
11,0 11,7
11,9 13,4
11,5 11,9
1999
Unité : %
salariés et plus Ensemble
0,3 100,0
0,5
0,4 100,0
0,4
Les grands axes routiers sont indiqués en traits jaunes.0,3 100,0
0,4 Source : Insee - Recensements de la population 1975 et 1999
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sortantes : 36 838) est supérieur au nombre contribuent moins qu’avant à absorber qu’ailleurs. Les niveaux de salaires y sont
de personnes actives et résidentes en dehors l’augmentation de la population active. également plus faibles en moyenne. Ces
de Lens-Hénin et qui y viennent travailler résultats globaux s’expliquent sans doute
(navettes entrantes : 23 705). Le solde de en partie par des effets de structure.UN TISSU PRODUCTIF DYNAMIQUE
migrations alternantes (sorties-entrées) Comparées à des intercommunalitésÉMERGE PROGRESSIVEMENT D’UN
s’élève à plus de 13 000 déplacements. comme Dunkerque, Valenciennes, Grand
HÉRITAGE ÉCONOMIQUE DIFFICILE
Toutefois, ce flux net a diminué de 2 000 Caen et Reims, les communautés de Lens-
migrants depuis 1990. Les communautés Liévin et de Hénin-Carvin se caractérisentContrairement à une idée reçue, les sièges
d’agglomération de Lens-Liévin et de toutes deux par une forte spécificité danssociaux sont très présents dans l’économie
Hénin-Carvin attirent plus de travailleurs l’habillement et le cuir : la proportion desde la zone d’emploi de Lens-Hénin, et
qu’avant : entre 1990 et 1999 , l’indice emplois dans ce secteur y est significati-confèrent à cette dernière une dynamique
d’attractivité globale (le nombre d’entrants vement plus élevée. Pour autant, ce dernierintéressante. En effet, Lens-Hénin figure
divisé par le nombre de sortants) passe de n’occupe qu’une part de plus en plus faibleparmi les soixante zones d’emploi (sur 353
0,60 à 0,69 pour Lens-Liévin, et de 0,63 à de la population active. Les secteurs éco-en France) qui concentrent 75% des
0,71 pour Hénin-Carvin. En moyenne, en nomiques les plus importants en termessièges sociaux d’entreprises de plus de
1999, les personnes qui font les navettes d’emplois sur le territoire sont la santé et250 salariés [1]. Le taux d’autonomie
quotidiennes pour venir travailler dans la l’action sociale, l’éducation, le commerce(rapport des effectifs des établissements
zone d’emploi de Lens-Hénin alors qu’ils de détail et l’administration publique. Justedes sièges sociaux avec les effectifs salariés
n’y résident pas sont plus qualifiées que les derrière, le secteur de la construction atotaux) des deux communautés d’agglo-
habitants de Lens-Hénin : par exemple, en plutôt tendance à perdre des emplois, etmération est supérieur à ceux des quatre
provenance de Lille, 30% sont des cadres, les services opérationnels aux entreprises àintercommunalités de référence (cf.
et autant des professions intermédiaires, en gagner. Ainsi, à l’industrialisation passée,tableau 3).
32% ont un diplôme supérieur à bac + 2 ; ne semble pas s’être substituée une nouvellePar ailleurs, en termes de créations d’éta-
parmi les actifs occupés qui habitent la zone structure industrielle d’une même intensitéblissements, les intercommunalités de
d’emploi, ces proportions sont respectivement qu’avant : la tertiarisation s’est poursuivie,Lens-Liévin et de Hénin-Carvin sont aussi
égales à 6%, 21% et 6%. Ce déséquilibre Lens-Liévin laissant une place importante àdynamiques que les inter
s’est amplifié depuis 1990 seulement pour les l’administration. Pour autant, le secteurValenciennes et Reims, et plus dynamiques
hauts niveaux de qualification. Les professions industriel est encore très présent à Lens-Liévinque celle de Dunkerque (cf. tableau 4).
intermédiaires et les diplômes de niveau (16% de la population active occupée enLa zone d’emploi ne semble pas non plus
bac et bac + 2 résident plus souvent sur le 1999) et encore plus à Hénin-Carvinmanquer de petits établissements, ni de
territoire qu’avant. (22%), dans des proportions certes moinsgros : la répartition des établissements par
Enfin, et comme partout entre 1990 et fortes qu’à Dunkerque (26%), mais compa-tranche d’effectifs dans les communautés
1999, une partie de l’augmentation de la rables à Valenciennes (19%) et Reimsd’agglomération de Lens-Liévin et de
population active alimente le chômage. (15%), et supérieures à Grand Caen (15%).Hénin-Carvin est proche de celle observée
Sur Lens-Hénin, le nombre de chômeurs a Entre 1990 et 1999, dans l’industrie, seulsdans des intercommunalités comme
augmenté d’environ 7 100 sur la période. les effectifs du secteur agroalimentaire etDunkerque, Valenciennes, Grand Caen ou
Ainsi, entre 1990 et 1999, la croissance de de l’automobile ont augmenté très signifi-Reims. Les petites structures ne sont que
l’emploi, bien que dynamique, absorbe cativement. Encore peu présents danstrès légèrement sous-représentées à Hénin-
moins de la moitié de l’évolution de la l’économie locale [9], les services auxCarvin. Toutefois, en regardant de près, les
population active de la zone d’emploi de entreprises et les services aux particuliersdeux communautés d’agglomération ont
Lens-Hénin. Même si l’évolution du chômage se sont développés entre 1990 et 1999une proportion plus élevée d’établissements
est comparable à ce qui se passe en dans des proportions bien supérieuresde 0 salarié, et en contrepartie, les établis-
moyenne partout ailleurs, plus de 70% de aux autres secteurs, et avec une ampleursements de 1 à 9 salariés sont légèrement
l’écart de population active entre 1990 et plus grande que ce qu’on observe danssous-représentés (cf. tableau 5).
1999 correspond à une augmentation du les autres intercommunalités prises
En héritage d’un passé industriel, la zonenombre de chômeurs. Comme la zone comme référence. Cette évolution pourrait
d’emploi de Lens-Hénin propose de nombreuxd’emploi de Lens-Hénin attire plus de s’accélérer avec la mise en place de la
emplois ouvriers, en proportion plus fortenavetteurs qu’avant, les migrations alternantes plate-forme de Dourges.
Pour en savoir plus
[1] Vitalité et attractivité du tissu productif régional - Insee - Les Dossier de Profils n° 62, mars 2001.
[2] Que reste-t-il de l’originalité des comportements démographiques du bassin minier ? - Pierre-Jean Thumerelle - USTL - Hommes et Terres
du Nord, 1994/1.
[3] Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais après le charbon : la difficile gestion de l’héritage spatial - Guy Baudelle - USTL - Hommes et Terres
[4] Extension modérée de l’influence des villes dans le Nord-Pas-de-Calais - Insee - Profils Nord-Pas-de-Calais n° 6, septembre 2001.
[5] L’inventaire communal de 1998 dans le Nord-Pas-de-Calais - Insee - Les Dossiers de Profils n° 59, mai 2000.
[6] Les chances et les moyens du nouveau développement d’un ancien bassin minier - Marcel Cabiddu - Rapport à Monsieur le Premier ministre -
Avril 2001.
[7] Population, emploi, migrations : une vision de la région Nord-Pas-de-Calais en trois dimensions - Insee - Les Dossier de Profils n°65,
décembre 2001.
[8] Le bassin minier - Insee - Les Dossiers de Profils n° 33, septembre 1994.
[9] L’offre de services aux entreprises : un facteur de développement du territoire - Insee - Profils Nord-Pas-de-Calais n° 11, décembre 2000.
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