Les services marchands en 1995

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En 1995, l'activité des services marchands a poursuivi son redressement : production et valeur ajoutée se sont accrues de 2,6 % en volume, les effectifs salariés augmentant nettement (+ 3,8 %). Les services aux entreprises - le travail temporaire en particulier - ont bénéficié de la bonne tenue de l'activité industrielle au premier semestre. Par contre, les services aux particuliers ont encore stagné (+ 0,3 %). La promotion et la gestion immobilière ont progressé, mais sans rejoindre les niveaux antérieurs. La hausse des prix des services est restée modérée.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 459 JUIN 1996
PRIX : 14 F
LES SERVICES MARCHANDS
EN 1995
Valérie Albouy et Brahim Laouisset, Division Services, Insee
nomie puisque le PIB marchand a augmen n 1995, l’activité des services mar-
té, en 1995, de 2,2 %. Ce bon résultat place
chands a poursuivi son redr esse
les services marchands devant les autresE ment : production et valeur ajoutée activités tertiaires, qui n’ont progressé que
se sont accrues de 2,6 % en volume, lesde 1,8 %. Cette amélioration est surtout sen
sible dans le secteur des services aux entre effectifs salariés augmentant nettement
prises (graphique 2) qui a bénéficié d’une
(+ 3,8 %). Les services aux entreprises -
reprise de l’investissement industriel. En
le travail temporaire en particulier - ont revanche, les services aux particuliers ont
bénéficié de la bonne tenue de l’activité peu progressé. Leur activité, fortement liée
au niveau de consommation des ménages,industrielle au premier semestre. Par con
a souffert du retournement de tendance en
tre, les services aux particuliers ont en-
milieu d’année : les incertitudes sur le marché
core stagné (+ 0,3 %). La promotion et la de l’emploi et les perspectives de revenu ont
gestion immobilière ont progessé,r mais conduit les ménages à freiner leurs dépen
ses et accroître leur taux d’épargne.sans rejoindre les niveaux antérieurs. La
hausse des prix des services est restée
Les services
modérée.
toujours créateurs d’emplois
En 1995, l’activité des services marchands Pour la seconde année consécutive, les
(encadré) a poursuivi son redressement : la effectifs salariés ont nettement progressé
production a progressé en volume de 2,6 %en 1995 avec une création nette de 144 000
après une hausse de 1,1 % l’année précé postes (tableau 2), soit une augmentation
dente et un recul de 0,5 % en 1993. Si ce en moyenne annuelle de 3,8 %. A titre de
résultat reste modeste, comparé aux taux decomparaison, les effectifs de l’industrie et
croissance observés entre 1985 et 1990 (+ 7 % de la construction sont restés stables et l’en
en moyenne annuelle), il permet néanmoins semble de l’économie hors activités de ser
aux services marchands de retrouver un vices ne crée que 40 000 emplois.
Ce dynamisme est particulièrement net pourniveau de croissance voisin de celui du dé
les services aux entreprises : ils ont créébut des années 90, avant la récession de
près de 100 000 emplois en 1995, soit1993 (graphique 1).
15 000 de plus qu’en 1994. Cette améliora La valeur ajoutée des services marchands a
tion est encore plus marquante si l’on exclutprogressé en volume de 2,6 % après une
du champ le travail temporaire : 70 000hausse de 0,8 % en 1994 (tableau 1) ; cette
contre 30 000.hausse dépasse celle de l’ensemble de l’éco
Évolution de la production des serces mvi archands
Source : Comptes nationaux 1995, Insee
?
INSEE PREMIERE50 000 postes ont été créés dans le la croissance après trois années de Services aux entreprises :
secteur des services aux particuliers. fort repli de l’activité ( 10,7 % en 91, la reprise se confirme
Cependant, le secteur des hôtels - 13,4 % en 92 et 6,2 % en 93). Si
cafés restaurants n’a créé que 18 0001995 a confirmé cette reprise, avec La croissance des services aux entre
emplois supplémentaires alors qu’il une croissance de 2,9 % de la produc prises s’est accélérée en 1995 :
représente près de 55 % de la valeur tion, l’amélioration reste modeste. En + 3,5 % en volume. Elle aurait pu être
ajoutée de l’ensemble des services effet, après un début d’année atone, encore plus nette si, après un début
aux particuliers. Au sein des marqué par les incertitudes électora d’année prometteur, comparable au
marchands, le secteur immobilier a étéles, on pouvait penser que la baisse dernier trimestre 1994, l’activité ne
le seul à marquer le pas en 95 avec des droits de mutation, la fin des ten s’était infléchie tout au long du second
une perte nette de 5 000 postes. sions sur les taux d’intérêt et des ni semestre.
S’élevant à 540 000, soit 12 % de veaux de prix relativement stables et Les services opérationnels ont enregis
l’emploi total, les effectifs non sala bas, relanceraient plus nettement le tré une progression de 4,1 % en volume,
riés sont restés quasiment stables marché de l’immobilier. La mise en imputable pour moitié au travail tem
entre 94 et 95, tant dans les services place de prêts à taux préférentiels poraire. Ce dernier, après trois années
aux particuliers que dans les services pour la transformation de bureaux en de crise sévère, a profité pleinement
aux entreprises. La très légère baisse logements a eu peu d’impact et les depuis 1994 de la croissance de l’in
observée ( 3 000 emplois) corres effets du prêt à taux zéro, entré en dustrie. Le travail intérimaire confirme
pond à une tendance de long terme qui vigueur le premier octobre seulement, son rôle classique d’amortisseur
touche l’ensemble des secteurs de ne se manifesteront qu’en 1996. Ce conjoncturel sur le marché de l’emploi.
l’économie. sont les activités de promotion immo Il a enregistré en 95 une progression
bilière qui se sont le mieux compor de 15,2 %, malgré un tassement de
tées (+ 3,4 %). En revanche, les l’activité au quatrième trimestre. DansPromotion et gestion immobi-
agences immobilières sont restées en les autres activités qui composent leslière : une croissance sans
demi teinte : la hausse de 1,7 % de services opérationnels, la croissanceeuphorie
leur activité est un résultat décevant moyenne a été de 2,3 %. Cette hausse
1994 avait été une année charnière, après la progression de 6,6 % enregis modérée s’explique par le fait que les
les services immobiliers renouant avec trée en 1994. dépenses en services logistiques, qui
s’apparentent à des dépenses de
fonctionnement pour partie fixes, sontÉvolution de la valeur ajoutée par grandes branches de l’économie
faiblement élastiques. De plus, les
Contribution à la difficultés de la période récente ont pu
Taux de croissance de croissance de Valeur ajoutée
conduire les entreprises clientes à
la valeur ajoutée (%) l’ensemble de la VA 1995
porter plus d’attention au renouvelle marchande (en %)
ment de tels contrats. Les activitésEn milliards
d’assainissement ont connu en 95 une1992 1993 1994 1995 1992 1993 1994 1995 de francs %
courants progression plus modérée (+ 2,9 %),
comparée au taux d’évolution annuelServices marchands 1,5 -0,5 0,8 2,6 0,3 -0,1 0,2 0,6 1281,8 21,9
moyen de + 8 % enregistré au coursAutres activités tertiaires 1,6 -0,1 4,6 1,8 0,6 -0,1 1,7 0,7 2269,4 39,6
des cinq dernières années. La réduc Industrie manufacturière -1,5 -5,1 5,6 3,4 -0,3 -1,1 1,1 0,7 1182,3 20,4
tion des dépenses des collectivitésAgriculture, IAA, énergie, BTP 1,6 -2,6 -1,0 1,0 0,3 -0,5 -0,2 0,2 1031,3 18,1
locales en période électorale expliqueValeur ajoutée marchande totale 0,9 -1,8 2,8 2,2 0,9 -1,8 2,8 2,2 5764,8 100
en partie ce ralentissement.Source : Comptes nationaux 1995, Insee
Par contre, les consommations de
services de conseil, du fait des
Évolution de l’emploi salarié (en moyenne annuelle)
moyens financiers qu’elles impliquent
En milliers
et des stratégies de long terme
Variation Variation
qu’elles s upposent, s’apparententen milliers en %1993 1994 1995
plus à des investissements classi
94/93 95/94 94/93 95/94
ques. Cette année encore, elles ont
Industrie et construction 5447 5333 5332 -115 -1 -2,1 -0,0
suivi le profil de l’investissement total
Activités tertiaires (**), dont : 7726 7859 8044 133 185 1,7 2,4
des sociétés (graphique 3) et ont connu
Activités tertiaires (**) hors services 4072 4073 4114 2 41 0,0 1,0
une croissance en accélération en
Services, dont : 3654 3786 3930 131 144 3,6 3,8
1994 et 1995 (respectivement + 1,4 %
Activités immobilières 243 242 237 -2 -5 -0,7 -1,9
et + 3,5 %). En particulier, les services
Services aux entreprises 2216 2300 2398 84 99 3,8 4,3
informatiques se sont nettement re-
Services aux particuliers 1196 1245 1294 49 50 4,1 4,0
dressés avec une croissance de 6,1 %.
Ensemble de l’économie (*) 13173 13191 13375 18 184 0,1 1,4
Elle provient des bons résultats du
Ensemble de l’économie (**) hors services 9519 9406 9446 -113 40 -1,2 0,4
conseil informatique et de la réalisa
(*) hors agriculture, administration, éducation, santé et action sociale.
tion de logiciels (+ 3,6 %) et surtout de
(**) hors administration, éducation, santé et action sociale.
l’entretien et de la réparation du ma Source : Comptes nationaux 1995, Insee
˚¸tériel informaique ; cela correspond àt
Évolution de la production des principaux seces mrvi archands en 1995
un rattrapage de travaux non effectués
au cours des années précédentes et à
la remise à niveau des parcs informa
tiques. La publicité a également affi
ché un profil dynamique avec 4,8 % de
croissance, conséquence d’une aug
mentation des diffusions aux heures
creuses de la télévision et d’une reprise
des investissements publicitaires.
Ceux ci avaient bien repris début 95
mais se sont ensuite essouflés jus
qu’à stagner en fin d’année. Les acti
vités d’architectes, métreurs et
géomètres ont, quant à elles, continué
de reculer : leur production a baissé
en volume de 1,2 %. C’est la consé
quence d’une mauvaise conjoncture
dans le bâtiment et d’une diminution
des mises en chantier.
Les postes et télécommunications
n’ont progressé que de 2,7 % ; ce résul
tat moyen s’explique par le recul de la
production des activités de poste, pour
la première fois depuis 15 ans. La
poste nationale a été particulièrement
touchée par les grèves de fin d’année.
Les activités de télécommunication
ont augmenté de 3,9 % en 1995 après
une année 1994 médiocre (+ 1,2 %).
Source : Comptes nationaux 1995, Insee
Les télécommunications privées, en
particulier la téléphonie mobile, ont re
trouvé une forte croissance (+ 13 %),
Les services marchands
mais elles n’ont encore qu’un très fai
Les services marchands correspondent au secteur des activités tertiaires hors com ble poids dans la valeur ajoutée du
merce, transport, location immobilière, assurances et organismes financiers. Lessecteur. Globalement, on est loin des
résultats sont présentés selon la nouvelle nomenclature d’activités française (NAF) quitaux de croissance régulièrement
est entrée en vigueur en 1993 et a modifié le champ des services marchands. Il se
supérieurs à 10 % des années 80.
décompose de la manière suivante :
* Promotion et gestion immobilières ; elles regroupent les promoteurs, les agencesServices aux particuliers :
immobilières, les marchands de biens et administrateurs d’immeubles ; ces activitésstagnation depuis trois ans
représentent 4,6 % de la production de l’ensemble des services marchands.
La production de l’ensemble des ser
* Services aux entreprises ; ce secteur intègre les postes et télécommunications, les
vices aux particuliers n’a progressé
services de conseil et d’assistance (activités informatiques, comptables, juridiques,
que de 0,3 % en 1995, après une quasi
publicité, architecture,...), les services opérationnels (location sans opérateur, travail
stagnation en 1994 et un recul de temporaire, nettoyage, assainissement,...) et la recherche et développement ; il réalise
0,6 % en 1993. Ce secteur n’a pas 70,7 % de la production totale.
bénéficié de la croissance de l’économie
* Services aux particuliers (hors services domestiques) ; ils comprennent les hôtels etet se situe encore bien en deçà de son
restaurants, les agences de voyage, les activités récréatives et sportives, l’audiovisuelniveau de 1992. La consommation des
et les services personnels tels que la coiffure et la blanchisserie ; leur production
ménages en services marchands a
s’élève à 24,7 % de l’ensemble.
augmenté de 1 % soit 0,7 point de
moins que l’évolution de la consom
mation totale (graphique 4). Malgré
une hausse sensible de leur pouvoir progressé de 0,5 % après deux bais la fin d’année ont aussi contribué à la
d’achat (+ 2,7 %) en 1995, les ména ses consécutives de 1,6 % en 93 et baisse d’activité. Les agences de
ges sont restés prudents : leur taux 0,5 % en 94. L’appréciation du franc avoyage, dynamiques en 1994
d’épargne est passé de 13,6 à 14,3 %. certainement détourné une partie de la(+ 3,1 %), ont nettement fléchi : leur
Le secteur des hôtels cafés restau- clientèle vers des destinations plus production a baissé de 4,5 % en 1995.
rants, qui représente plus de la moitié économiques. La vague d’attentats de L’excédent touristique a baissé mais
de la production de ces services, a l’été 95 et les mouvements sociaux dereste néanmoins important.
`Cependant, on observe un tassementProduction de conseil et d’assistance et investissement des sociétés
de cette évolution dont le niveau annuel(taux de croissance a nnuel hors trend)
moyen était de 5 % au début des an
nées 90. C’est essentiellement l’au
diovisuel qui a tiré ce secteur avec une
augmentation de 3 % de sa produc
tion : + 4,3 % pour les activités ciné
matographiques et + 2,6 % pour la
radio et la télévision. Les autres activi
tés sont en retrait par rapport à 1994
( 1,3 %) ; seules les agences de
presse et les jeux de hasard se sont
maintenus.
Les prix des services aux particuliers
ont augmenté de 2,6 % en 1995 après
une hausse de 2,4 % en 1994. Cela
confirme la tendance à la modération
des prix observée depuis le début des
années 1990 : l’écart entre l’indice
général des prix à la consommation
et celui des services aux particuliers
Source : Comptes nationaux 1995, Insee est resté limité à 1 point.
Pour comprendre
Évolution comparée du pouvoir d’achat et de la consommation des ménages ces résultats
Sauf mention contraire, les évolutions sont
exprimées en moyenne annuelle et l’en
semble des résultats est présenté selon la
nouvelle nomenclature d’activités françai
ses (NAF). Les statistiques sur l’emploi sa
larié sont produites par la division Emploi
de l’Insee ; les autres données sont issues
des comptes nationaux.
Pour en savoir plus
"Les comptes de la Nation en 1995",
Insee Première n° 446, avril 1996.
Rapport sur les Comptes de la Nation
1995, Insee Résultats à paraître.
Source : Comptes nationaux 1995, Insee
Résultats détaillés des comptes des ser
vices en 1994, Insee Résultats, Série
système productif, n° 121 123, décem
Les services personnels ont reculé fure a baissé de 0,8 %, les services debre 1995.
pour la troisième année consécutive : blanchisserie teinturerie de 1,3 % et les
Enquête annuelle d’entreprises dans les- 1,9 % en 95 après 2 % en 94 etservices d’esthétique corporelle de 2,6 %.
services en 1994 , Insee Résultats à pa
- 1,7 % en 93. Ce constat est valable Les activités culturelles récréatives et
raître en juin 1996.
pour l’ensemble du secteur : la coif- sportives ont mieux résisté (1,1 %).
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