Les services marchands en 1997 - L'intérim dopé par la reprise industrielle

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En 1997, la croissance de la production des services marchands s'est légèrement accélérée, atteignant + 2,6 % en volume. Parmi les services aux entreprises (+ 2,8 %), le secteur du travail temporaire a établi une croissance record à deux chiffres. Il a totalisé plus du tiers des 132 000 emplois supplémentaires dans les services, en moyenne. La reprise de l'industrie est à l'origine de cette embellie. Les autres services ont nettement moins progressé en raison de la maîtrise des dépenses dans les entreprises, à l'exception des locations de véhicules et d'équipements et des activités informatiques, notamment. Les services aux particuliers (+ 1,9 %) ont prolongé en 1997 la croissance amorcée l'année précédente : la consommation des ménages, globalement atone, s'est montrée dynamique dans le tourisme et les loisirs. Les activités immobilières ont progressé (+ 3,1 %) grâce en particulier à la bonne tenue du marché des bureaux haut de gamme.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 594 JUIN 1998
PRIX : 15 F
Les services marchands en 1997
L’intérim dopé par la reprise industrielle
Valérie Albouy et Marie Hélène Blonde, division Services, Insee
l’année précédente, la demande étant res n 1997, la croissance de la produc
tée dynamique.
tion des services marchands s’est La valeur ajoutée des services marchands aElégèrement accélérée, atteignant augmenté de 2,9 % en volume (aux prix de
1980 cf. Pour comprendre ces résultats ).+ 2,6 % en volume. Parmi les services aux
C’est un peu mieux que l’ensemble de l’éco
entreprises (+2,8 %), le secteur du travailnomie, qui a progressé de 2,3 %, mais
temporaire a établi une croissance recordmoins bien que l’industrie manufacturière
(+ 4,7 %) tableau 1( ). Celle ci a été la pre à deux chiffres. Il a totalisé plus du tiers
mière à bénéficier de la reprise économique,
des 132 000 emplois supplémentaires tirée par une demande extérieure particuliè
dans les services, en moyenne. La reprise rement soutenue. Néanmoins, la contribu
tion des services marchands à la croissancede l’industrie est à l’origine de cette em
a nettement progressé.
bellie. Les autres services ont nettement
moins progressé en raison de la maîtrise Services aux entreprises :
des dépenses dans les entreprises, à le boom du travail temporaire
l’exception des locations de véhicules et Les services aux entreprises ont progressé
d’équipements et des activités informati en 1997 au même rythme qu’en 1996 :
+ 2,8 %.ques, notamment.
Parmi eux, les services opérationnels ont
Les services aux particuliers (+1,9 %) ontaugmenté de 3,8 % en volume. Le travail
prolongé en 1997 la croissance amorcée temporaire, en plein essor depuis la fin de
1996, a tiré l’activité avec ses 23,5 % del’année précédente : la consommation
croissance annuelle. Le recours aux intéri
des ménages, globalement atone, s’est maires a fortement augmenté dans l’indus
montrée dynamique dans le tourisme et trie qui a privilégié cette forme d’emploi
pour répondre aux besoins suscités par lales loisirs. Les activités immobilières ont
reprise. Le taux de recours, rapport du nom
progressé (+3,1 %) grâce en particulier à bre de postes occupés par des intérimaires
la bonne tenue du marché des bureaux au nombre total de postes, est passé de
3,5 % en 1996 à 4,3 % en 1997 dans l’indus haut de gamme.
trie. C’est dans l’automobile et les compo
sants électriques et électroniques que le
En 1997, la croissance de la production desrecours à l’emploi temporaire a le plus
services marchands s’est légèrement accé augmenté. L’appel aux intérimaires dans les
lérée : + 2,6 %, après 2,4 % en 1996 et entreprises de services continue également
2,2 % en 1995. Ce rythme de croissance sede progresser avec le développement de
rapproche de celui des années précédant lal’offre des cadres. Le raccourcissement des
récession de 1993. Il est toutefois nettementdurées de missions observé depuis deux
inférieur à celui de la fin des années quatre ans s’est interrompu en 1997 : les missions
vingt (+ 7 % en moyenne) ( graphique 1). se sont multipliées dans l’industrie, où leur
Si l’on excepte le secteur du travail tempo durée est plus longue que dans le tertiaire.
raire dont la production a établi une crois Dans un souci de flexibilité, le travail intéri
sance record ( graphique 2 ), celle des autres maire s’affirme donc comme un moyen pri
services aux entreprises a encore ralenti envilégié pour ajuster au plus près les besoins
1997. Au contraire, les services aux particu de main d’œuvre à la production en flux
liers ont prolongé la croissance amorcée tendus.
INSEE
PREMIERELa reprise économique a également soucieuses de maîtriser leurs dépen logistiques ont gardé le même volume
profité aux activités de location de ses et ont été très attentives lors du de production qu’en 1996 ; seule
véhicules automobiles (5,1 %) et renouvellement de leurs contrats. l’organisation de foires et salons reste
d’autres matériels de transport et Cette logique de gestion a entraîné desdynamique (+3,6 %), les professionnels
d’équipement (+ 3,4 %). baisses de prix. De plus, le recoursadoptant une stratégie de communica
En revanche, la croissance a été faibleà des compétences extérieures, tion plus directe. L’activité d’épuration
pour les autres services opération « l’externalisation », qui alimentait le des eaux usées et de traitement des
nels : +0,8 % sans le travail tempo développement des activités, semble autres déchets a pratiquement stagné
raire. Les entreprises sont restées être parvenu à un palier. Les services pendant trois ans : + 0,5 % en 1997,
0 % en 1996 et 0,4 % en 1995. La mise
en place d’une taxe sur les déchets
La production des services marchands depuis 1980 industriels et la forte hausse des prix
ont certainement poussé les indus
triels à maîtriser le volume de leurs
déchets.
Les services de conseil et assistance
ont progressé de 1,9 % en volume. Le
recours à ces services s’inscrit dans une
stratégie de long terme, répondant à la
même logique de comportement que
l’investissement (graphique 3). Rien
d’étonnant donc à un taux de crois
sance modéré dans un contexte de fai
ble investissement. Les activités
d’architectes, métreurs, géomètres et
celles d’ingénierie ont renoué de jus
tesse avec la croissance après quatre
années de repli. L’ingénierie est res
tée pénalisée pendant plusieurs mois
Source : comptes de la nation 1997, Insee par le profil bas de l’investissement et
l’atonie du marché du BTP, mais ces
indicateurs semblent plus favorablesÉvolution de la valeur ajoutée (VA) des grandes branches de l’économie
en fin d’année.
En % À l’opposé, toujours dopées par les
Contribution à la passages à l’an 2000 et à l’euro, lesTaux de croissance Valeur ajoutée
croissance de la VA
de la VA 1997 activités informatiques sont restées
marchande
dynamiques (+ 4,2 %). Le développe
milliards
ment du conseil pour les affaires et la
1994 1995 1996 1997 1994 1995 1996 1997 (prix de en %
gestion (+ 4,5 % après 5,3 %) a conti 1980)
nué de profiter de la préoccupation
Services marchands 0,7 2,7 1,3 2,9 0,1 0,5 0,2 0,6 579 19,2
des entreprises d’optimiser leur appa Autres activités tertiaires 3,2 1,4 0,2 1,6 1,2 0,6 0,1 0,6 1 163 38,5
reil productif et les ressources humai Industrie manufacturière 5,7 4,6 2,1 4,7 1,2 1,0 0,5 1,0 676 22,4
nes. Les activités de contrôle ontAgriculture, IAA, énergie, BTP - 0,9 1,0 0,7 0,6 0,2 0,2 0,1 0,1 602 19,9
VA marchande totale 2,3 2,2 0,9 2,3 2,3 2,2 0,9 2,3 3 021 100,0bénéficié de la complexification crois
Source : comptes de la nation 1997, Insee sante des procédés de production, qui
nécessite une multiplication des con
trôles, et de l’engouement des entre L’emploi salarié (en moyenne annuelle)
prises pour les normes de qualité. Les
En milliers
activités de publicité et d’études de
Variation Variation
marché, marquées par de forts inves
(en milliers) (en %)1995 1996 1997
tissements des professionnels des
96/95 97/96 96/95 97/96
télécommunications, ont progressé de
Activités tertiaires 7 937 8 053 8 199 116 146 1,5 1,8 3,3 % comme l’année précédente.
Services 3 869 3 960 4 092 91 132 2,3 3,3
L’activité des postes et télécommu
Activités immobilières 302 305 307 3 1 1,0 0,5
nications a crû de 3,4 % en volume.
Services aux entreprises 2 213 2 250 2 342 38 92 1,7 4,1
Celle de la Poste est restée stable tan
Services aux particuliers 1 354 1 404 1 443 50 38 3,7 2,7
dis que le courrier privé progressait deAutres activités tertiaires 4 067 4 093 4 107 26 14 0,6 0,3
4,3 %, ses prix ayant beaucoup moinsIndustrie et construction 5 353 5 270 5 190 83 80 1,5 - 1,5
augmenté qu’en 1996. Malgré l’expan Ensemble de l’économie (1) 13 290 13 323 13 389 33 66 0,3 0,5
sion de la téléphonie mobile et une1. Hors agriculture et administration.
Source : division Emploi , Insee politique tarifaire se préparant à la
˚¸?concurrence, la croissance des télé niveau bas, même si ce secteur a re blement augmenté (+ 0,7 %). Les acti
communications publiques s’est ralen noué avec la croissance (+ 0,2 %) vités de blanchisserie teinturerie se
tie (+ 3,3 % après + 4,7 % en 1996) pour la première fois depuis 1992. démarquent de l’atonie des services
alors que les sociétés privées ont Le recul de la coiffure s’est ralenti personnels, en progressant de 1,8 %
poursuivi leur fort développement ( 1,0 %) et les soins de beauté ont fai par rapport à 1996.
(+ 17,3 %).
Services aux particuliers : Production des principaux services marchands en 1997
le dynamisme du tourisme
et des loisirs
Pour la deuxième année consécutive,
le volume de la production des servi
ces aux particuliers a accéléré. Après
une progression déjà sensible de
1,3 % en 1996, il a atteint + 1,9 % en
1997. Tirée par les dépenses de loisirs
et le tourisme, la consommation des
ménages a augmenté de 2,4 % (après
+ 1,4 % en 1996) pour les services
marchands, alors que dans son en-
semble elle a nettement ralenti sa pro
gression (+ 0,8 % après + 1,9 %, aux
prix de 1980).
Bénéficiant de l’appréciation du dollar
et de la livre sterling, l’excédent touris
tique a augmenté de 12,2 milliards
pour se situer à 66,2 milliards de
francs. Grâce à l’afflux de touristes,
l’activité des hôtels cafés restaurants
a atteint + 1,5 % de croissance après
une baisse de trois années, juste en
rayée en 1996. Le secteur n’avait pas
enregistré une telle augmentation de
puis six ans. Autres bénéficiaires, les
agences de voyages ont affiché une
progression de + 8 %, double de celle
de l’année précédente, après le léger
recul ( 0,6 %) de 1995. Source : commission des comptes des services, Insee
Côté loisirs, la toujours forte progression
des activités cinématographiques et de
Les services marchands
vidéo (+ 7,7 %) n’a pas atteint cepen
Les services marchands correspondent au secteur des activités tertiaires hors com dant le taux record de 1996 (+ 9,2 %).
merce, transports, location immobilière, assurances et organismes financiers. LesUn certain ralentissement a touché les
résultats sont présentés selon la nomenclature d’activités française (NAF) qui est entrée
activités de radio et de télévision : leur
en vigueur en 1993 et a modifié le champ des services marchands. Il se décompose de
croissance s’est établie à + 3,4 % contre
la manière suivante :
+ 11,3 % l’année précédente. Les
autres activités culturelles, récréatives – Promotion et gestion immobilières : elles regroupent les promoteurs, les agences
et sportives qui avaient fléchi en 1996 immobilières, les marchands de biens et administrateurs d’immeubles ; ces activités
( 1,4 %) se sont stabilisées en 1997 représentent environ 5 % de la production de l’ensemble des services marchands.
(+ 0,1 %). Les agences de presse, qui
– Services aux entreprises ce secteur intègre les postes et télécommunications, : lesavaient progressé de + 5,4 % en 1996,
services de conseil et d’assistance (activités informatiques, comptables, juridiques,ont consolidé leur activité (+ 0,7 %). Au
publicité, architecture,...), les services opérationnels (location sans opérateur, travailtotal, les activités culturelles, récréati
temporaire, nettoyage, assainissement,...) et la recherche et développement ; il réaliseves et sportives ont enregistré un ralen
70 % de la production totale.
tissement sensible après + 4,6 % en
volume en 1996, mais leur augmenta
– Services aux particuliers (hors services domestiques) : ils comprennent les hôtels
tion de 2,6 % en 1997 reste un score
et restaurants, les agences de voyage, les activités récréatives et sportives, l’audiovi
honorable. suel et les services personnels tels que la coiffure et la blanchisserie ; leur production
En revanche, la production des servi constitue 25 % de l’ensemble.
ces personnels s’est maintenue à un
`représentent près de 13 % de l’emploiProduction de Conseil et assistance et investissement des sociétés
du secteur. Ces effectifs ont baissé de(taux de croissance annuel hors tendance)
28 000 depuis 1990, et de plus de
455 000 dans l’ensemble de l’écono
mie. Les non salariés sont particuliè
rement nombreux dans les services
aux particuliers, notamment dans les
hôtels cafés restaurants où ils consti
tuaient plus de 23 % de l’emploi. Les
services aux entreprises n’employaient
qu’environ 9 % de non salariés.
Pour comprendre
ces résultats
Sauf mention contraire, les évolutions sont
exprimées en moyenne annuelle et les évo
lutions en volume sont calculées sur les
Source : commission des comptes des services, Insee
comptes à prix constants (prix de 1980).
services marchands. Les effectifs ontPromotion et gestion Celles ci peuvent différer légèrement des
augmenté de 3,3 % par rapport à évolutions calculées aux prix de l’annéeimmobilières :
1996, soit une création nette de précédente, publiées par ailleurs. Les sta le bout du tunnel ?
132 000 emplois ( tableau 2). tistiques sur l’emploi salarié sont produites
La production des activités immobi Les gains des services ont plus que par la division Emploi de l’Insee ; les autres
lières (hors location) a progressé de compensé les pertes du BTP et de l’in données sont directement issues des
3,1 % en volume. Les promoteurs de dustrie, qui ont, ensemble, perdu comptes nationaux.
bâtiments non résidentiels et d’infra 80 000 emplois en 1997. Les autres
structures ont eu une activité particu activités tertiaires ont créé moins
lièrement soutenue (+ 5,7 %). Les d’emplois que les années précéden
mises en chantier de bâtiments indus tes. Pour en savoir plus
triels ont fortement augmenté en fin La reprise économique dans l’indus
d’année et le marché des bureaux trie a entraîné une forte demande d’in
Les comptes de la nation en 1997, Insee
haut de gamme s’est ranimé sous la térimaires, de sorte que les effectifs
première n° 579, avril 1998.
pression d’investisseurs étrangers. des entreprises de travail temporaire
Les promoteurs de logements ont eu ont augmenté de plus de 48 000 sala Rapport sur les comptes de la nation
1997, Insee Résultats, série Économieune année en demi teinte. Les mesu riés en moyenne par rapport à 1996.
générale n° 165 166 167, juin 1998.res de soutien gouvernementales ont Dans les autres services aux entrepri
surtout dynamisé le marché de la mai ses, le nombre d’emplois a crû de près
Résultats détaillés des comptes des
son individuelle, segment sur lequel ilsde 44 000. services en 1996, Insee résultats, série
sont moins présents. La fin de la Dans les services aux particuliers, la Économie générale n° 162 163 164,
janvier 1998.baisse des droits de mutation n’a pas progression des effectifs a perduré
trop pesé sur l’activité des agences mais elle s’est ralentie d’année en an
Enquête annuelle d’entreprises dans
immobilières (+ 4,0 %). née : après + 4,2 % en 1995 et + 3,7
les services en 1996, Insee Résultats, à
en 1996, elle est passée à + 2,7 % en paraître.
1997, ce qui correspond à 38 000 pos La reprise industrielle a créé
« L’évolution du travail temporaire detes.des emplois dans les services
1996 à 1997 », Premières informationsAprès cinq années de baisse, les em
et premières synthèses , 98 05, n° 22.1,
Désormais, 30 % des salariés, soit plois non salariés sont stabilisés à
Dares, 1998
plus de 4 millions, travaillent dans les 530 000, niveau atteint en 1996 ; ils
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