Les transports en Haute-Normandie en 2004 : Hausse vigoureuse du trafic au Havre

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En 2004, le port du Havre poursuit sa croissance et fait preuve de beaucoup de dynamisme en matière de conteneurs à la veille de la mise en service des premiers postes à quai de Port 2000. Par contre, Rouen et Dieppe reculent de nouveau. Le trafic passager des deux aéroports haut-normands est lui aussi en baisse. Quant au trafic du fret ferroviaire, il chute à son plus bas niveau depuis plus de cinq ans.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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LES TRANSPORTS EN HAUTE-NORMANDIE EN 2004
Hausse vigoureuse du trafic au Havre
Francis COUVOUT
TRAFIC DU PORT AUTONOME DU HAVRE (HORS AVITAILLEMENT)En 2004, le port du Havre -20% à 5,3 MT. Sur les
80
poursuit sa croissance et fait six premiers mois de
l’année, la baisse estTotalpreuve de beaucoup de
60
encore plus sévèredynamisme en matière de
(-40%), conséquence
Entréesconteneurs à la veille de la mise
40 de la sécheresse 2003
en service des premiers postes à et de la concurrence des
quai de Port 2000. Par contre, 20 blés de la Mer
Sorties
Noire. Hors céréales, leRouen et Dieppe reculent de
trafic atteint presque les0nouveau. Le trafic passager des
1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 15 MT, en recul néan-
deux aéroports haut-normands
Source : Port autonome du Havre Unité : million de tonnes moins de -2% par rap-
est lui aussi en baisse. Quant au port à 2003. Concernant
trafic du fret ferroviaire, il chute toujours les vracs solides, en plus de laneurs dont il réalise 60% du trafic natio-
baisse sensible des importations de gra-à son plus bas niveau depuis nal, Le Havre est dépassé par Calais
nulats et de charbon, la fermeture depour les marchandises diverses et leplus de cinq ans.
l’unité de production d’acide phospho-trafic roulier. Néanmoins, si en termes
rique de Grande Paroisse a entraîné und’évolution, Le Havre se situe en tête des
effondrement des importations de phos-ports autonomes français, aussi bienn 2004, le port du Havre confirme
phates (moins de 50 000 T contrepour l’ensemble du trafic que pour celuiEson dynamisme avec une hausse
425 000 T en 2002).de trafic de +7% (après +5% en 2003) et des conteneurs, il reste cependant en
Du côté des vracs liquides, le dyna-se situe à plus de 76 millions de tonnes deçà des évolutions de Hambourg
misme des exportations d’essences se(MT) (hors avitaillement). Ces bons ré- (+15%) et surtout de Rotterdam (+16%)
sultats sont imputables aux vracs liqui- maintient (+24% après +50% en 2003).dont le trafic de conteneurs dépasse am-
des et aux marchandises diverses, tous Pour les gazoles, la chute des exporta-plement à lui seul le trafic total du Havre.
deux en augmentation (+7% et +9%), qui tions est presque compensée par la re-La maîtrise de ce type de transport re-
compensent largement le recul de -10% montée des importations (+8% aprèsprésente un enjeu capital justifiant les in-
des vracs solides. Les importations de -17%). Les autres produits dérivés du pé-vestissements de Port 2000 dont le
pétrole brut progressent de +5% et ac- trole sont pour la plupart en baisse en-premier poste à quai deviendra opéra-
croissent encore davantage leur part de traînant une baisse globale des vracstionnel dès 2005.
marché qui représente près des deux liquides de -2%. En revanche les tonna-Par ailleurs, le trafic passager est en
tiers des entrées et la moitié du trafic ges des produits “divers” repartent vigou-net recul de -18%, le plus fort parmi les
total. Les échanges de produits pétroliers
reusement (+9% après -4% en 2003)ports métropolitains de la Mer du Nord.
raffinés sont en plein essor dans les
entraînés par les conteneurs (+11%), lesLe port de Rouen, tributaire de ladeux sens ce qui est assez rare : +30%
conjoncture écono-pour les entrées et +20% pour les
TRAFIC MARITIME DU PORT DE ROUENmique et du climat, en-sorties.
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registre en 2004 uneDu côté des vracs solides, l’augmen- Total
baisse de -8% (aprèstation des importations de charbon à 20
+12% en 2003) et undestination des centrales électriques de
trafic de 20,2 MT. La 15l’Ile-de-France ne suffit pas à compenser
Sortiesmajeure partie de lal’arrêt momentané des exportations de
10baisse de trafic (1,3 MTcéréales. D’autre part le trafic des conte-
Entréessur 1,7MT), provient duneurs est en plein développement avec
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recul des vracs solidesune augmentation de +13% et se situe à
et plus particulièrement21,6 MT, correspondant à près de 2,2 0
des exportations de cé- 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004millions d’EVP (équivalents vingt pieds).
réales, en chute de Source : Port autonome de Rouen Unité : million de tonnesPremier port français pour les conte-
CAHIER D’AVAL n° 69 - Juin 2005 21
ACTIVITÉS
ÉCONOMIQUESproduits forestiers et les “autres divers”. seule ligne régulière existe pendant toute
LÉGER REBOND DES
Par contre les produits ensachés, sucre l’année, la ligne Le Havre - Lyon qui fait IMMATRICULATIONS DE VOITURES
NEUVES EN 2004et farine, sont en net recul. escale à Rouen, et qui transporte les
Après les fortes baisses enregistrées en 2002Le trafic passager du port de Rouen trois quarts des passagers recensés à
et en 2003 (respectivement -23% et -18%), les
établit un nouveau record avec plus de Rouen-Boos : 16 000 d’entre eux sont immatriculations de voitures neuves particu-
lières, hors entreprises, retrouvent un léger28 000 passagers en 2004 contre moins “locaux” et 15 000 en transit (pour la plu-
rythme de croissance en Haute-Normandie :de 23 000 en 2003. Le port a accueilli 24 part déjà comptés au Havre). Durant la
+3,3%, soit 1 200 immatriculations supplémen-
paquebots différents, totalisant le record période estivale, la ligne de Bonifa- taires. On constate également un renverse-
de 40 escales dans sa circonscription. cio-Figari reprend du service le samedi, ment de tendance au niveau national mais il
est un peu moins sensible (+1,2%).Au cours de la période 2001-2003, le mais elle est aussi en net recul de -40%
La progression des voitures à essence est
port de Dieppe a connu une certaine re- avec moins de 1 900 passagers. nettement plus forte que celle des véhicules
prise d’activité pouvant être interprétée Diesel (+7% contre +1,5%), mais elles avaient
enregistré un recul des ventes très marquécomme une montée en charge. Malheu-
l’année précédente. C’est la première fois
reusement, en 2004, le trafic baisse à TRANSPORT FERROVIAIRE : FORTE depuis de nombreuses années que la part des
nouveau de -4% à 1,4 MT. Cette baisse BAISSE DU TRAFIC RÉGIONAL véhicules Diesel recule dans les immatricula-
tions nouvelles, même légèrement (67% enest imputable au trafic transmanche en
région et 63% au niveau national).
En 2004, après le sursaut enregistréchute de -16% avec 910 000 T. Le recul
Par ailleurs, les marques étrangères connais-
en 2003 à 12,9 MT, le trafic ferroviaire ende -16% du trafic passager sur la liaison sent un net rebond en région comme au
niveau national (+11% et +7%). Les taux de pé-Haute-Normandie (concentré à 95% enrapide ouverte d’avril à septembre a pro-
nétration remontent à nouveau mais la région
Seine-Maritime) retombe lourdement àvoqué l’abandon de l’opérateur conces-
reste à un niveau inférieur à la moyenne natio-
8,6 MT, soit une baisse de -33% et lesionnaire. A la fin de l’année, il ne restait nale (32% de voitures étrangères contre 40%
au plan national).plus bas tonnage réalisé depuis plus deen activité que les deux ferries affrétés
Au plan départemental, la croissance est un
cinq ans. Cela tient à la structure du traficpar le Département. Par ailleurs, le port
peu plus soutenue en Seine-Maritime que
concentré à 45% sur deux postes en trèsde commerce retrouve un peu de vigueur dans l’Eure (+4% contre +2%), mais les véhi-
cules Diesel y sont moins nombreux et lesfort recul. D’abord, les “objets manufactu-mais son tonnage de 480 000 T reste
marques étrangères plus fréquentes.rés et transactions spéciales”, premierbien en dessous des niveaux atteints
Les immatriculations de voitures d’entrepri-
poste responsable de l’embellie de 2003,entre 1995 et 1997. Le trafic des fruits, ses augmentent également dans l’Eure (+6%)
alors qu’elles baissent très fortement enest aussi celui du recul de 2004 avec uneessentiellement des bananes en prove-
Seine-Maritime (-30%). Rappelons que lachute de -68% à moins de 1,7 MT, sonnance de Côte d’Ivoire, est victime des est l’un des rares départe-
plus bas niveau. Ensuite, les produitsévénements politiques dans ce pays ; ments français à avoir supprimé la vignette
agricoles et les denrées alimentaires pour tous les types de propriétaires (et doncson tonnage a presque été divisé par
pour les véhicules d’entreprises), ce qui ex-sont également en baisse sensible (-33%deux depuis 2001. Enfin, la plaisance,
plique le point très élevé atteint en 2003
pour l’ensemble des deux) avec un ton-avec une capacité d’accueil de près de (117 000 avant 82 000 en 2004, pour seulement
nage juste supérieur à 2 MT. En re- 3 500 dans l’Eure).400 places, reste nettement inférieure à
Le marché de l’occasion est lui aussi à lavanche, les expéditions résistentla demande.
hausse en Haute-Normandie en 2004, presque
légèrement mieux que les arrivages et sur le même rythme que pour le neuf (+3,7%,
remontent ainsi au-dessus de ces der- 167 000 ventes annuelles). Sur ce marché, les
véhicules Diesel sont majoritaires et leur partniers (4,4 MT contre 4,2 MT). Après uneAÉROPORTS : BAISSE DE TRAFIC
a tendance à croître (54%) mais elle reste bien
telle chute des tonnages, les trafics ex-AU HAVRE ET À ROUEN moins élevée que sur le marché du neuf. Les
primés en tonnes x kilomètres (T x km) marques françaises et étrangères progressent
à peu près au même rythme.En 2004, le trafic passager de l’aéro- reculent eux aussi sévèrement (-30%).
port du Havre-Octeville chute à nouveau Les postes cités précédemment sont Antoneta NOTHEAUX
de -20% et retombe un peu au-dessus de également ceux qui connaissent les bais-
son niveau de 2002 à 52 200 passagers. ses les plus lourdes. Au niveau national,
Après la fermeture de la ligne Le on observe des évolutions similaires
Havre-Toulouse en 2003, il ne reste plus avec des baisses de plus de -20% pour
qu’une seule ligne régulière, celle de l’ensemble du trafic qu’il soit calculé en
Lyon, en progrès sensible néanmoins Tonnes ou en T x km. Les postes en
avec près de 20 000 passagers pour recul le plus fort sont encore les mêmes :
l’année. Les vols charters sont en fort dé- d’abord les “objets manufacturés” et tran-
veloppement (+30%). De son côté, le fret sactions spéciales’ devant les produits
est en chute brutale et ne représente agricoles et denrées alimentaires (-59%
plus que le tiers du tonnage de 2001. et -11% en tonnage respectivement). Le
Le trafic de l’aéroport de Rouen-Boos totalTxkm régional rapporté à celui de
recule pour la deuxième année consécu- la France métropolitaine fléchit d’un point
tive (-7% après -14% en 2003) et tombe à 7% après trois années de stabilité rela-
en dessous des 40 000 passagers. Une tive
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