Meuse : le rebond démographique, prélude au rebond économique ?

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La Meuse présente le caractère rural le plus marqué de Lorraine. L'agriculture et la forêt y sont dynamiques. Un artisanat porteur d'emplois y côtoie un tissu industriel composé de PME et de groupes de renom. Les aggomérations de Bar-le-Duc et Verdun affirment leur pouvoir d'attraction commerciale, tout en s'appuyant sur des fonctions administratives pour la première et hospitalières pour la seconde. L'armée continue de jouer un rôle non négligeable dans la vie économique locale. Le tourisme, basé sur un espace naturel protégé et sur le tourisme de mémoire, conserve un potentiel de croissance. Avec 192 700 habitants en 2005, et après des années de baisse, la population s'est stabilisée. Pour autant, à une façade Est placée désormais sous les influences de Toul-Nancy, Metz-Thionville, et depuis peu du Luxembourg, s'oppose une frange Ouest en dépression démographique et qui ne peut compter sur des effets d'entraînement de ses voisins champardennais eux-mêmes en difficulté. Les conditions d'amarrage à la zone de croissance métropolitaine constituent dès lors un enjeu majeur pour l'avenir du département.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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°
47N Meuse :
La Meuse présente le caractère rural le plus marqué de Lorraine.
L’agriculture et la forêt y sont dynamiques. Un artisanat porteur
L’Interconsulaire 55 (Chambre d’emplois y côtoie un tissu industriel composé de PME et de groupes
d’Agriculture, Chambre de Com- de renom. Les agglomérations de Bar-le-Duc et Verdun affirment leur
merce et d’Industrie et Chambre
de Métiers et de l’Artisanat, de la pouvoir d’attraction commerciale, tout en s’appuyant sur des fonctions
Meuse), avec le soutien du administratives pour la première et hospitalières pour la seconde.
Conseil Général de la Meuse,
s’est engagée dans une étude L’armée continue de jouer un rôle non négligeable dans la vie
ayant pour objet de présenter économique locale. Le tourisme, basé sur un espace naturel protégé
les repères et dynamiques
territoriales caractérisant le et sur le tourisme de mémoire, conserve un potentiel de croissance.
département. Avec 192 700 habitants en 2005, et après des années de baisse,
Dans cette optique, elle a
la population s’est stabilisée. Pour autant, à une façade Est placéesouhaité confier à l’Insee Lor-
raine la réalisation en parte- désormais sous les influences de Toul-Nancy, Metz-Thionville,
nariat d’un diagnostic sur le
et depuis peu du Luxembourg, s’oppose une frange Ouest en dépressionpérimètre du département.
démographique et qui ne peut compter sur des effets d’entraînement
de ses voisins champardennais eux-mêmes en difficulté.
Les conditions d’amarrage à la zone de croissance métropolitaine
constituent dès lors un enjeu majeur pour l’avenir du département.
Le tissu productif meusien se présente En 2003, on y recense 3 200 exploitations
aujourd’hui avant tout comme multiple et va- agricoles, dont 2 200 professionnelles, qui
rié. Une situation qui ne lui confère pas de for- exploitent les 323 000 hectares de Super-
tes spécialisations, mais qui en revanche, ficieAgricoleUtilisée(SAU) du département.
grâce à une large palette d’activités, le met à
l’abri d’une forte dépendance à l’égard d’une Ici comme ailleurs, si le nombre d’exploita-55
monoactivité. tions a presque été réduit de moitié en 15Interconsulaire
ans, les surfaces libérées ont été reprises
par les exploitations qui disposent mainte-
L’agriculture au cœur nant en moyenne de 137 hectares de SAU
(champ des exploitations professionnelles)etded’un département rural
63 hectares par UTA (Unité de Travail Annuel)
Couvrant 6 200 km², le territoire de la ce qui positionne la Meuse au second rang
Meuse est constitué à 54% de terres agri- desdépartementsfrançaisaprès la
coles et à 36% de superficies boisées ce qui Haute-Marne. Une situation qui s’explique
lui confère le caractère rural le plus marqué par les caractéristiques des systèmes d’ex-
de Lorraine. ploitation meusiens qui reposent sur le trip-
Vtyque «Grandes cultures-lait- plaine de la Woëvre et ses mas- de l’économie départementale
viande bovine», qui représente sifs boisés aux confins de la avec ses 250 métiers.
90% de la valeur des productions Meurthe-et-Moselle. Ses entreprises se répartissent
agricoles. La Meuse est le premier départe- principalement dans le bâtiment
La Meuse dispose par ailleurs ment producteur de hêtres en (36%), la réparation et les servi-
d’une centaine d’éleveurs profes- quantité et en qualité (14% de la ces (29%), l’alimentation (17%), le
sionnels de brebis et d’une tren- production française)etest bien travail des métaux et le
taine de producteurs de porcs placée dans celle de chêne (7%). bois-ameublement (5% chacun)et
spécialisés. L’arboriculture frui- Quelques expériences pilotes sont le cuir-textile-habillement (1%).
tière qui compte 200 exploitations menées pour la valorisation du Secteur en progression depuis
et 700 hectares de vergers et la «Bois énergie». une bonne décennie, l’attrait pour
viticulture représentée par 19 Mais si les modalités d’exploita- l’artisanat s’est encore renforcé
producteurs et 35 hectares de tion des forêts sont satisfaisantes au cours des cinq dernières an-
vigne sont principalement pré- et si les entreprises forestières nées (+53 entreprises et +1 340
sents sous les Côtes de Meuse. emploient près de 1 000 salariés emplois entre le 01.01.2000 et le
Enfin, l’horticulture et la piscicul- au travers des différents métiers 01.01.2005) et cela en dépit
Grandesture viennent compléter la palette liés à la forêt, on peut regretter d’une conjoncture plutôt maus-
ère èmede la diversification des produc- cultures-lait- le faible niveau de 1 et de 2 sade. L’année 2005 a confirmé
tions agricoles. viandes bovines transformation du bois, alors cette tendance avec un solde des
Le poids de l’agriculture se me- même que la Meuse se situe géo- immatriculations/radiations large-
sure également en Meuse par le graphiquement aux portes d’une ment positif de 53 artisans.
nombre d’actifs encore occupés clientèle européenne importante. Le secteur du bâtiment est incon-
dans ce secteur : 7 200 actifs testablement la locomotive de
permanents en 2003 (pour un L’artisanat : cette évolution, suivi de la fabrica-
équivalent de 4 900 UTA), soit 9% un secteur économique tion et des services (coiffure, soins
des actifs occupés (contre 3% en
à la personne, etc.). Les métiers deen progression
Lorraine).
er l’alimentation (boulangerie et bou-
La Meuse compte au 1 janvier
Enfin,l’importancedel’agriculture cherie-charcuterie) continuent de
2005, près de 2 300 artisans
se trouve confirmée par la pré- perdre des entreprises, mais ga-
qui emploient 7 700 salariés (1)
sencedansledépartement de gnent des emplois.
ce qui en fait presque la «pre-
sept établissements d’enseigne- Globalement, les entreprisesmièreentreprisedeMeuse»et
ment agricole, qui regroupent près créées ont de très bons taux deen tout cas un des secteurs-clé
de 940 élèves à la rentrée 2005.
Premier producteur 137 hectares de SAU moyenne
national de hêtres 2000 2003
Avec près de 225 000 hectares Nombre d’exploitations 3 535 3 213
de formations boisées, où prédo- dont professionnelles 2 322 2 217
minent les feuillus, la forêt re-
SAU des exploitations (ha) 328 776 323 115
couvre 36% du territoire
dont SAU des exploitations professionnelles (ha) 313 437 304 582
départemental.
SAU moyenne des exploitations professionnelles (ha) 135 137
Les principaux massifs forestiers Sources : Agreste - Recensement agricole 2000 et Enquête Structure 2003
se répartissent au Sud-Ouest à
partir de la Champagne humide
7 200 actifs permanents pour un équivalent de 4 900 UTA
vers les hauteurs des vallées de
la Saulx et de l’Ornain ; plus au Personnes actives
UTA (1)
sur l’exploitationNord, on entre dans la forêt
d’Argonne ; au Centre, une diago- 2000 2003 2000 2003
nale s’étiredeGondre- Chefs d’exploitation 4 531 4 331 3 380 3 408
et coexploitantscourt-le-Château à Dun-sur-
Meuse ; à l’Est, les hauteurs des Conjoints non coexploitants 1 301 1 143 615 590
Côtes de Meuse surplombent la Autres actifs familiaux 1 063 1 075 446 444
Total des actifs familiaux 6 895 6 550 4 441 4 441
Salariés permanents non familiaux 684 676 473 472
(1) Entreprises de moins de 20 salariés Total des actifs permanents 7 579 7 226 4 914 4 913
ayant une activité dans la production, la
Salariés saisonniers … … 243 230
transformation et la prestation de servi-
Total * …… 5 212 5 191ces.
Sources : répertoire des Métiers de la * y compris ETA (Entreprises de Travaux Agricoles) et CUMA (Coopératives d’Utilisation
de Matériel Agricole)CMA 55 et Assedic, non compris les
(1) UTA (unité de travail annuel) : quantité de travail annuel d’une personne à temps plein.
conjoints collaborateurs. Sources : Agreste - Recensement agricole 2000 et Enquête Structure 2003
2survie (3 sur 4 sont encore actives La présence de groupes perfor- ville;la SOCIÉTÉ MÉTALLURGIQUE DE
au bout de 3 ans, et 2 sur 3 au bout mants et renommés n’empêche REVIGNY (production d’acier calibré à
de 5 ans), preuve que les mesures cependant pas l’emploi salarié in- froid pour le décolletage, l’automobile,
d’aide et d’accompagnement mi- dustriel de perdre 1 200 postes etc.) à Revigny-sur-Ornain ;
ses en place par les différents entre 1999 et 2003, et de recu- TRÉFILEUROPE à Commercy ; GILLET
partenaires portent leurs fruits. ler plus vite en Meuse qu’en TUBES TECHNOLOGIES àÉtain et
France* (-8%, contre -2%), consé- bien d’autres.Toutefois, la formation et le re-
quences de la vulnérabilité struc-crutement d’une main-d’œuvre La métallurgie maintient son ni-
PMEturelle mais aussi de laqualifiée restent des préoccupa- veau d’emplois malgré le déclin de
et groupesmodernisation de l’outil industriel.tions majeures pour beaucoup petites unités de la fonderie et du
industriels
d’employeurs. Et à l’heure où près Lesexportationsdeproduitsin- travail des métaux.
diversifiés
de deux dirigeants sur cinq ont dustriels restent un débouché en- L’industrie agricole et alimentaireet performants
plus de 50 ans, la reprise de leur core ouvert : l’industrie (IAA) constitue avec 2 700 em-
entreprise constitue à court meusienne ne participe qu’à plois (soit proportionnellement 1,4
termeunenjeu de toutepremière 5,6% (18,3 millions d’euros) des ex-
fois plus qu’en France*)lesecond
importance, autant pour le main- portations lorraines, mais avec secteur d’activité industriel. Il est
tien des activités et des sa- un meilleur résultat hors de la représenté en Meuse par diver-
voir-faires, que pour la pérennité zone euro (Amérique) où elles sont ses fromageries : HENRI HUTIN à
des emplois qu’ils génèrent. supérieures à 11%. Dieue-sur-Meuse, BEL à Cléry-Pe-
La métallurgie et ses 3 100 em- tit, RENARD GILLARD à Biencourt-
Prédominance de la plois (soit proportionnellement 2,2 sur-Orge, LACTALIS à Raival et Sor-
fois plus qu’en France*)ytientle cy, SODIAAL à Vigneulles-lès-Hat-métallurgie et des IAA
premier rôle avec ARCELOR tonchâtel et DONGE à Cousances-
L’industrie, avec 13 600 emplois
CONSTRUCTION FRANCE (tôles profi- lès-Triconville. LACTOSÉRUM FRANCE
salariés fin 2003, représente
lées et panneaux de tôles) à Hairon- à Verdun valorise par ailleurs les
22% des effectifs salariés de la
ville et Contrisson ; SODETAL produits dérivés du sérum. Très
Meuse (soit le même poids qu’en
(fabrication de fil métallique pour ar- emblématique de Commercy, la
Lorraine, mais 3 points de plus qu’en
matures de pneumatiques)àTron- production de madeleines (chez
France*).
ville-en-Barrois ; la SOCIÉTÉ BAHLSEN SAINT-MICHEL ou ZINS) y
MEUSIENNE DE CONSTRUCTION occupe plus d’une centaine de
* France hors Ile-de-France MÉCANIQUE (tubes inox)àAncer- personnes et porte loin la re-
Poids important des emplois publics
Spécificités dans les équipements du foyer, la métallurgie, le textile et les IAA
Emploi salarié en Meuse en 2003
Effectifs
3,5 Spécificité 9 400Equipements
du foyer
3,0 1 800
Métallurgie
2,5
Administration
2,0 Textile
publique
Santé,IAA
Habillement, Bois-papier Action sociale
cuir Poste,1,5 Construction Éducation
Télécomm.
Agriculture
Produits
minéraux mécaniquesEquipts
1,0
ServicesPharmacie, Automobile opérationnelsparfumerie
0,5 TransportsActivité Services aux Commerce
financière particuliersConseil et
assistance
Poids (%)
0,0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18
Guide de lecture : le poids représente la part des emplois salariés du secteur dans l’emploi salarié total en Meuse.
La spécificité est le rapport entre le poids du secteur en Meuse et le poids du même secteur en France (hors-Ile-de-France).
Une de 1 indique qu'un secteur est aussi représenté en Meuse qu'en France.
La taille des cercles est proportionnelle aux effectifs.
Un cercle rouge indique des effectifs en hausse entre 1999 et 2003 ; un cercle bleu correspond à des effectifs en baisse.
Exemple : Les 1 800 emplois salariés dans les équipements du foyer représentent 3% de l’ensemble de l’emploi salarié en Meuse,
contre 1% en France (hors Ile-de-France). Leur spécificité en Meuse est donc de 3.
Source: Insee, DADS
3nomméedelaville. BERNI àVer- tériel optique avec plus de 700 Alliance de savoir-faires
dun s’est imposé comme personnes travaillant chez traditionnels
producteur et exportateur de ESSILOR INTERNATIONAL et OCULAR
et de modernité
charcuteries italiennes. SCIENCES SAS à Ligny-en-Barrois ;
et la fabrication de meubles avecAlors qu’elles représentent 35% Lesindustriesdes équipements
entre autres PIERSON DIFFUSION àdes exportations lorraines de ce mécaniques sont avec près de
Chauvoncourt et les SIÈGESsecteur, entre 1999 et 2003, 1 300 emplois un secteur fort
COLLINET à Baudignécourt, SARAPles industries agroalimentaires dans le département. A côté de
et ANTHÉA àAncemont, LES BOISmeusiennes ont vu leurs effec- la SOCIÉTÉ HUOT à Saint-Mihiel,
DE LA DIEUE à Sommedieue, LEStifs diminuer de 3% tandis qu’ils RÉALMÉCA à Clermont-en-Argonne,
MEUBLES HAUT-MARNAIS àMon-progressaient en France* de STEIN HEURTEY à Bar-le-Duc, ou en-
tiers-sur-Saulx, et de nombreu-3%. core SAUVAGEAU COMMERCY
ses autres entreprises plus
SOUDURE (fabrication de postes de
petites. Enfin du côté des cuisi-
soudage), ce sont 80 entreprisesSpécificités dans
nistes, signalons SACEL aux Sou- qui travaillent entre autres à lal’optique et le meuble hesmes-Rampont et MEUBLES réalisation de pièces de petites et
GENTE à Chauvoncourt.Lesindustriesdes équipements moyennes séries et de machines
du foyer occupent le troisième En 4 ans, le meuble voit ses ef- spéciales.
rang avec près de 1 800 sala- fectifs reculer de 19% (contre L’automobile, sans être une spé-
riés. Mais surtout, elles occupent 11% en France*). En cause notam- cificité meusienne, n’en est pour
en Meuse une place à part. L’em- ment, les difficultés et la mise en autant pas moins présente avec
ploi local dans ce secteur y est en liquidation judiciaire de MEUSE
ÉVOBUS MERCÉDES FRANCE (filiale de
effet proportionnellement trois OMNI STYLES qui, après suppres-
l’Allemand DAIMLER-CHRYSLER AG)à
fois plus important qu’il ne l’est en sion d’unecentainedepostesa Ligny-en-Barrois, ALLEVARD REJNA
France*. été reprise par la nouvelle société
AUTOSUSPENSIONS (qui dépend de
UNIVERSAL STYLES àGondre-Deux spécificités meusiennes s’y l’Italien SOGEFI SPA)et JIGE
court-le-Château.affirment : la fabrication de ma- INTERNATIONAL àRevigny-sur-
Ornain. Ensemble, ces trois éta-
Bois et habillement en difficulté blissements emploient plus de
90% des 700 salariés du secteur
Évolution de l'emploi salarié entre 1999 et 2003 (%)
qui progresse moins vite qu’au ni-
veau national (+1%, contre +3%).AGRICULTURE
INDUSTRIE Le bois-papier (850 salariés) mais
Énergie aussi le textile (580 salariés)etle
Métallurgie caoutchouc-plastique (600 salariés)
Automobile sont présents historiquement dans
le département. Des sociétésÉquipements mécaniques
comme AHLSTROM LABELPACK àSte-IAA
nay, la SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE OBER à
Produits minéraux
Longeville-en-Barrois ou encoreChimie, plasturgie
BERGÈRE DE FRANCE àBar-le-Duc,Équipements du foyer
TEXTILES DE VAUCOULEURS, et RHOVYL
Bois, papier
à Tronville-en-Barrois exploitent des
Habillement,cuir
marchés aussi variés et modernes
CONSTRUCTION
que l’emballage alimentaire, les pan-
COMMERCE
neaux en bois et les fibres nouvelles.
Com. de détail, réparation
Si entre 1999 et 2003 les effectifsSERVICES
du bois-papier ont baissé de 31%Services aux entreprises
(contre 3% en France*), ils le doiventdont serv. opérationnels
en grande partie à la fermeture en
dont conseils, assistance
2001 des PAPETERIES DE JEAND’HEURS.
Santé, action sociale
Administration publique L’industrie chimique meusienne
Services aux particuliers est historiquement présente par
Transports l’exploitation des produits miné-
MeuseActivités financières raux (aujourd’hui 510 salariés), acti-
France (hors Ile-de-France)Éducation vité que maintiennent ROCAMAT à
Euville et Savonnières-en-PerthoisENSEMBLE
et surtout les CARRIÈRES ET FOURS
-50 -40 -30 -20 -10 0 10 20
À CHAUX DE DUGNY et de SORCY.
Source: Insee, DADS Elle a su s’adapter par l’implanta-
4tion par exemple d’HUNTSMAN Quant au commerce de gros avec d’une position géographique straté-
(production de surfactants), d’INEOS ses 1 900 emplois et ses 270 éta- gique, mais où les effectifs du sec-
CHLOR (fabrication de dérivés du blissements, il reste dominé par ISA teur sont restés stables alors qu’ils
chlore et de bio-énergie)ouencore FRANCE, grossiste qui s’est fait une augmentaient de 9% en France*.
d’ALLERBIO (production de produits al- place entre les producteurs de ma- Enfin,avecprèsde3400 per-
lergènes). Elle évolue encore pour tériel informatique et la grande dis- sonnels (militaires et civils)etprès
permettre à des entreprises de tribution, EMC2 à Bras-sur-Meuse, de 800 gendarmes en 2004,
s’ouvrir au marché du recyclage première coopérative céréalière de l’armée reste très présente en
présent en Meuse au travers de Lorraine, l’UNIONLAITIÈREDELA Meuse ou à proximité immédiate
PROGILOR ou WELLMAN RECYCLAGE MEUSE, première coopérative laitière (base aérienne de Saint-Dizier). Sa
et une dizaine d’établissements du département, MILER à Savonniè- masse salariale annuelle dans le
qui emploient près de 200 sala- res-devant-Bar et d’autres. département s’élève à 104 mil-
riés. Cet ensemble représente au lions d’euros ce qui a un impact
total plus de 1 000 salariés. direct sur l’économie de Thier-Les services,
ville-sur-Meuse,Étain,Commercypremier employeur
Développement et Saint-Mihiel à quoi s’ajoutent
Le secteur des services est deve- les besoins culturels et sociaux etcommercial à Verdun
nu depuis longtemps, avec la sous-traitance de certains tra-et à Bar-le-Duc
34 800 postes, le plus gros vaux à des entreprises locales.
Malgré les difficultés relevées pourvoyeur d’emplois salariés.
dans l’industrie, l’emploi salarié Plus de 9 400 personnes travail-
Potentiel touristiquetotal a progressé en Meuse entre lent dans l’administration, 7 800
1999 et 2003 même si son évo- dans la santé et l’action sociale et A l’heure où l’urbanisation ne
lution est moins soutenue qu’en 5 200 dans l’éducation. Si les cesse de s’étendre, la Meuse
France* (+1%, contre +5%).Ille deux premiers ont gagné respec- moins densément peuplée
doit notamment à trois secteurs : tivement 480 et 630 emplois sur conserve son caractère rural. Peu
la construction, le commerce et la période considérée, en re- altérés et largement entretenus,
les services. vanche l’éducation est en repli de sespaysagesnaturelspeuvent dès
170 postes, soit un rythme plusLes effectifs salariés de la cons- lors constituer, en parallèle au
rapide qu’au niveau national (-3%,truction sont passés entre 1999 maintien d’activités agricoles et fo-
contre -1%). Dans ces trois activi- Bar-le-Duc,et 2003 de 3 600 à 3 900, sui- restières, un espace de temps
tés, Bar-le-Duc se démarque devant en cela le rythme de crois- pôle libre pour les habitants des gran-
Verdun, en profitant de son sta-sance national. Avec plus de 300 administratif des agglomérations voisines.
tut de chef-lieu de départementpetites entreprises, trois groupes A partir de Verdun, site embléma-
qui lui assure une présence plusse détachent : BERTHOLD SA à tiquederenomméeinternationale,
importante de professions inter-Dieue-sur-Meuse, CEREDA HENRI à on compte 3 millions d’habitants
médiaires et supérieures, ce quiDemange-aux-Eaux et JEAN GIGOT ET dans un rayon de 100 km (dont
n’est pas sans influence sur le ni-CIE àVal d’Ornain.
Metz,Nancy,Reims et Luxem-
veau des revenus moyens.
Le commerce qui occupe 7 100 bourg-ville),18 millionsà moinsde
Les services aux entreprises re-personnesdansprèsde1 500 200 km (dont Troyes, Strasbourg,
groupent quant à eux 5 000 em-établissements a quant à lui gagné Sarrebrück, Trèves, Bruxelles, Liège et
plois, répartis entre les services230 emplois, principalement dans Namur)et60 millionsà moinsde
opérationnels (2 200), les postesle commercededétail. Mais sa 300 km (dont Paris, Lille,Dijon,Be-
et télécommunications (1 700)oùprogression y reste inférieure de sançon, Anvers, Eindhoven, Maastricht,
les plus grands établissementsmoitié à celle observée au niveau Düsseldorf, Karlsruhe, Francfort, Fri-
sont implantés à Bar-le-Duc, et lenational. Verdun et Bar-le-Duc ont bourg et Bâle).
conseil et assistance (1 100).trusté l’essentiel des nouvelles L’arrivée du TGV-Est prévue pour
Trois secteurs qui ont recruté en-structures apparues ces dernières 2007 à Issoncourt et Bar-le-Duc,
semble 540 personnes entreannées : 60% des 106 000 m² rapprochera la Meuse de sa clien-
1999 et 2003, dans la lignéede locaux à usage commercial bâ- tèle potentielle par le biais d’un
des évolutions nationales.tis en Meuse entre 2000 et raccourcissement des distan-
2004, l’ont été dans ces deux ag- Parmi les 3 500 personnes occu- ces-temps, alors que les visiteurs
glomérations. pées dans les services aux particu- moins pressés pourront toujours
liers, plus de la moitié le sont dansA côté des grandes enseignes de naviguer sur le réseau fluvial.
les services personnels et domesti-la distribution bien représentées en Le tourisme qui se positionne de
ques et plus du tiers dans les 90Meuse, MAXIMO installé à Thier- plus en plus comme une activité
hôtels et 180 restaurants. Deux ac-ville-sur-Meuse, spécialiste de la économique à part entière, dis-
tivités qui recrutent également.distribution à domicile, symbolise la pose donc en Meuse de certains
Par ailleurs, 2 000 emplois sontréussite d’une entreprise familiale atouts pour se développer, notam-
proposés dans les transports, où lameusienne qui a su porter son ment vers un tourisme vert. Il se
base de Pagny-sur-Meuse profiteconcept dans l’ensemble du pays. pratique déjà à travers la présence
5TGV Est
de 5 500 résidences secondaires Si les agglomérations de Bar-le- demeure en revanche important
en 1999, soit 6% du parc des lo- Duc et Verdun structurent tou- dans l’animation de l’espace rural
gements. S’y ajoute un agrotou- jours le territoire, leur rayonne- autour de la fréquentation des
risme pratiqué dans 5 fermes de ment actuel est plus commercial commerces et services de proxi-
découverte, 10 fermes pédagogi- et de services que démogra- mité. Un rôle qui devient vital
ques, 4 fermes-auberges, 15 gîtes phique. Ces dernières années, dans un département constitué
àlaferme,95gîtes ruraux et 65 leur pouvoir d’attraction s’est en d’un nombre particulièrement éle-
chambres d’hôtes. Mais si le dé- effet renforcé à travers de fortes vé de très petites communes
partement a enregistré en 2004, créations de locaux bâtis à ces (87% ont moins de 500 habitants,
117 000 nuitées dans sa tren- usages, mais dans le même 63% ont moins de 200 habitants).
taine de campings et 217 000 nui- temps, la population de leur
tées dans sa quarantaine d’hôtels, ville-centre a baissé. Croissance
ces derniers restent relativement Le reste de la population du dé- démographique
peu nombreux. partement est groupé autour de sur la façade Est
Commercy, Ligny-en-Barrois,L’accueil de ressortissants étran-
Saint-Mihiel et Stenay, relayés par L’arrêt du déclin démographiquegers, en provenance notamment
une dizaine de bourgs ruraux de observé ces dernières annéesde pays proches, peut constituer
moindre importance, générale- n’est toutefois pas homogène surune autre source de développe-
ment chefs-lieux de canton. Le l’ensemble du territoire. Dans lement. En 1999, on comptait ainsi
Un département rôle de ces derniers s’est souvent prolongement des tendances ob-1 400 Belges et 220 Néerlan-
attractif pour affaibli en matière d’emploi mais servées lors de la décennie 1990,dais résidant en Meuse, dont res-
lesBelgesetpectivement 56% et 37% n’y
Population en hausse depuis le recensement de 1999les Néerlandaisrésidaient pasdix ansplustôt,
Évolution de la population, base 100 en 1982, estimations pour 2005ainsi que 650 propriétaires étran-
gers de résidences secondaires.
102 LorraineMais si leur installation, motivée
par un moindre coût du foncier et 100
du bâti, ainsi qu’un cadre de vie
Champagne-Ardenne
agréable rapidement accessible 98
Meusedepuis leur pays d’origine, con-
96tribue à l’animation du territoire,
elle nécessite aussi de la part de
1980 1985 1990 1995 2000 2005
celui-ci de veiller au maintien de Sources : Insee, Recensements de la population 1982, 1990 et 1999.
Enquêtes annuelles de recensement 2004 et 2005services de proximité utiles à leur
vie quotidienne.
Dix-huit millions d'habitants dans un rayon de 200 kilomètres
La baisse tendancielle
de la population
est stoppée
En 2005, la population de la
Meuse est estimée à 192 700 ha-
bitants. Mais l’enseignement dé-
mographiqueleplusimportant à
noter, tiré des premiers résultats
du recensement rénové, est que la
tendance historique à la baisse de
la population meusienne est
stoppée. Les dernières années ont
en effet été enfin plus favorables à
la Meuse qui a conservé son ni-
veau de population de 1999, alors
même que dans certains départe-
ments voisins (Ardennes, Marne et
surtout Haute-Marne), la situation se
dégradait.
Toutefois, les modèles de peuple-
ment et de développement orga-
nisés historiquement le long des
IGNvallées de la Meuse, de l’Ornain
Sources : Insee - Eurostatet de la Saulx évoluent.
6il provient en effet en très grande A côté, le canton de Commercy est en plein boom. Entre 1999
majorité de secteurs situés sur la bénéficie en sus de la présence et 2004, on y a bâti 120 loge-
façade Est du département. de l’armée. Les 1 000 militaires ments neufs chaque année, soit
ème
professionnels du 8 RA, dont 2,5 fois plus qu’au cours de la
Dans le Sud-Est, les cantons de un certain nombre sont installés décennie 1990.
Void-Vacon et Vaucouleurs tirent avec leur famille, participent en Dans le Centre-Est, les cantons de
parti de leur position géographique effetlargement àlavie écono- Fresnes-en-Woëvre et Vigneul-
qui les place d’une part sous l’in- mique locale. Signes de repeu- les-lès-Hattonchâtel tendent au-
fluence des aires urbaines de Toul plement et de rajeunissement, le jourd’hui à se rapprocher du vaste
et Nancy, où près d’un actif occu- solde migratoire et le solde natu- marché du travail ancré sur Metz.
pé sur quatre se rend désormais rel du canton sont positifs et le Leur vocation résidentielle se tra-
chaque jour pour travailler ; et nombre de naissances est en duit par la même accélération du
d’autre part à proximité de la hausse. Et sur l’ensemble de rythme des constructions neuves,
connexion RN4 - autoroute A31. ces trois cantons, l’immobilier mais à une échelle moindre (de 16
par an dans la décennie 1990 à 38
par an depuis 1999).
Un marché du travail plus ouvert à Verdun et Commercy
Enfin dans le Nord-Est, les can-
Pour 100 actifs résidents en 2002, par zone d'emploi
tons d’Étain, de Spincourt et
%80 Montmédy tirent la croissance.
70 Le premier bénéficie du dyna-
60 misme du Sillon mosellan tout
proche auquel il ajoute les effets50
moteurs induits par la présence
40
de l’armée.
30
Le second profitedelacrois-
20 sance exponentielle d’un nouvel
10 acteur apparu depuis quelques
années, notamment depuis l’an0
2000, sur le marché du travailZE de Bar-le-Duc ZE de Verdun ZE de Commercy
Nord meusien :
Nord-meusien : le Luxembourg.emplois dans la zone d'emploi chômeurs
l’attrait Anciens résidents ayant trouvé à dans le reste du département actifs résidant hors de la zone d'emploi
ou de la France du travail s’y embaucher ou nouveaux arri-
emplois à l'étranger frontalier vants ayant trouvé en Meuse des
Source : Insee
conditions de logement plus favo-
rables, ils sont en 2004, près de
Boom immobilier autour de Commercy et dans la Woëvre 1 200 travailleurs frontaliers
meusiens, principalement de ce
Nombre de logements canton, à s’y rendre quotidienne-
commencés entre 1999 et 2004
ment, attirés par l’emploi mais2500
800 aussi par des conditions salaria-
les attractives.
Le troisième enfin, doit sa bonne
tenue, entre autres, aux activités
tournant autour du site carcéral
de Montmédy et à sa proximité
avec la Belgique où 950 de ses
actifs (dont 400 sont Belges)vont
travailler chaque jour.
Est-Ouest : vers
deux destins séparés ?
Taux de Mais dans le même temps, une
création de
grande majorité du territoire, àlogements
entre 1999 l’Ouest d’une diagonale Ver-
et 2004 (en %)
dun-Commercy, reste à l’écart de
12 et plus
cette embellie. Déjà en phase dede 10 à 12
de8à10 dépression démographique lors
de6à8 de la décennie précédente, cetteIGN-Insee 2006
moins de 6
Source : Direction régionale de l'équipement partie de la Meuse accuse en-
7core une baisse de population. EtSavoir plus : S’amarrer
ce ne sont pas les marches des au dynamisme
Ardennes, les zones agricoles de
- Pays Barrois : un territoire excen- métropolitain
la Marne, les difficultés du bassintré en marge des zones de crois-
En Meuse, peut-être plus qu’ail-de Saint-Dizier et le déclin des ac-sance - Économie Lorraine n° 16 -
Décembre 2004. leurs, la croissance démogra-tivités traditionnelles dans les
phique observée suit celle de laVosges de l’Ouest qui constituent
- La Lorraine face à son avenir -
localisation et du développementdes pôles d’emploi dynamiques ouInsee - 184 pages - Juin
des activités et de l’emploi,des territoires attractifs capables2003 (consultable en ligne).
conjuguée avec les changementsde créer des effets d’entraîne-
- Site Internet : www.insee.fr dans les conditions d’ajustementment. Bien au contraire, on y ob-
des marchés locaux du travail.serve très peu de créations
d’entreprises et encore moins Le développement des navettes
d’emplois. quotidiennes domicile-travail à
destination de Toul-Nancy,
Des risques existent donc de rup-
Metz-Thionville, voire du Luxem-
ture territoriale Est-Ouest entre
bourg, en est l’illustration. Elles
une Meuse tournée vers l’Est et
constituent un frein à l’exode et
le Nord, qui bénéficie du dévelop-
un moyen de favoriser l’installa-
pement métropolitain et du poten-
tion de jeunes couples avec en-
tiel de croissance des régions
fant(s) capables de lutter contre
européennes proches, et une
la baisse de la population tout en
Meuse peu dense, dotée d’un tis-
participant à son rajeunissement.
su urbain fragilisé, loin des
La question se pose donc, pourgrands pôles d’emploi et adossée
l’avenir du département, desà des territoires eux-mêmes peu
conditions d’un amarrage de laattractifs et en déclin.
Meuse à ces zones capables de
Le Pays Barrois illustre malheu- lui diffuser leur croissance et de
reusement bien cette situation. Il l’entraîner par effets de rebonds.
résiste de par le statut de
chef-lieu de département de
Interconsulaire 55 :Bar-le-Duc, qui lui assure un cer-
tain nombre d’emplois publics et
Bruno BOSCHIERO
parlaprésencedegroupes indus- (Chambre d’Agriculture)Ministère de l’Économie,
triels renommés et performants.
des Finances et de l’Industrie
Alain DUTERTEMais il n’en demeure pas moinsInsee
(Chambre de Métiers et de«un territoire excentré en margeInstitut National de la Statistique
l’Artisanat)et des Études Économiques des zones de croissance»oùle
Direction Régionale de Lorraine taux d’activité féminin élevé et le Claude MEYER15, rue du Général Hulot
taux de chômage faible, mas-CS 54229 (Chambre de Commerce et
quent un équilibrage du marché54042 NANCY CEDEX d’Industrie)
Tél :03 83 91 85 85 du travail qui se réalise moins par
Fax :03 83 40 45 61 Émilie VICHARDla création d’emplois que par des
www.insee.fr/lorraine (Chambre de Commerce etdépartsimportantsdejeunes
d’Industrie)
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION (voir Économie Lorraine n°16 - dé-
Jean-Paul FRANÇOIS cembre 2004). Insee Lorraine :Directeur régional de l’Insee
Cette évolution démographique Philippe DEBARDCOORDINATION RÉDACTIONNELLE
opposéeauseindudépartementChristian CALZADA
Valérie GUILLEMET se double de peu de déplace-
ments quotidiens domicile-travail
RESPONSABLE ÉDITORIAL ET
entre les zones d’emploi de Ver-RELATIONS MÉDIAS
Jacqueline FINEL dun et Bar-le-Duc (de 300 à 400
dans chaque sens). Conjuguée à
RÉDACTRICE EN CHEF
l’absence d’axe routier perfor-
Agnès VERDIN
mant entre les deux cités qui fa-
SECRÉTARIAT DE FABRICATION voriserait le rapprochement et le
MISE EN PAGE - COMPOSITION
soutien entre l’Est et l’Ouest du
Marie-Thérèse CAMPISTROUS
département, la situation actuelleMarie-Odile LAFONTAINE
semble plutôt mener les deux par-
ISSN : 0293-9657
ties du département vers deux© INSEE 2006
destins séparés.
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