Parc naturel régional de Lorraine : léconomie résidentielle à la recherche d'un équilibre durable

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Le Parc naturel régional de Lorraine présente une grande variété d’ambiances paysagères, entre plateaux agricoles du Saulnois et de la Woëvre, Côtes de Meuse et de Toul, forêts et étangs multiples. Ce cadre de vie attire de plus en plus les classes moyennes et supérieures dans les zones périurbaines de Toul, Pont-à-Mousson et Metz, ou plus récemment dans le rural meusien. La croissance démographique se concentre dans la partie ouest du Parc. Dans la partie est, plus éloignée des zones de croissance et de richesse, la population, en moyenne plus âgée, ne s’accroît pas. Si le territoire compte encore une forte spécificité dans l’agriculture et l’artisanat, et quelques grands établissements orientés vers la santé, l’action sociale ou l’industrie, plus de deux actifs sur trois y résidant travaillent à l'extérieur. Ce modèle d’économie résidentielle se traduit par une extension des zones pavillonnaires. Un des défis du PnrL sera de concilier ce modèle à une consommation économe d’espaces agricoles et naturels. De même, le recours à l’automobile, pour les déplacements domicile-travail et l’accès aux équipements, constituera un enjeu décisif en termes de développement durable. Sommaire Du Saulnois aux Côtes de Meuse 42% du territoire en Znieff Un territoire rural, mais aussi périurbain, voire urbain Excédents naturel et migratoire dans la partie ouest Progression de la construction neuve Un territoire attractif pour les classes moyennes et supérieures Ménages plus aisés près de Metz, Pont-à-Mousson et Toul Une pauvreté contenue dans le Parc mais pas dans les villes-portes Spécificités dans l’agriculture et l’artisanat pour le PnrL L’industrie, l’administration et l’armée dans les huit villes-portes Une économie très fortement résidentielle 20 bourgs-relais dotés d’équipements de proximité Tourisme vert et de loisirs Peu de risques naturels et technologiques Pour un développement raisonné et durable Du Saulnois aux Côtes de Meuse 42% du territoire en Znieff Un territoire rural, mais aussi périurbain, voire urbain Excédents naturel et migratoire dans la partie ouest Progression de la construction neuve Un territoire attractif pour les classes moyennes et supérieures Ménages plus aisés près de Metz, Pont-à-Mousson et Toul Une pauvreté contenue dans le Parc mais pas dans les villes-portes Spécificités dans l’agriculture et l’artisanat pour le PnrL L’industrie, l’administration et l’armée dans les huit villes-portes Une économie très fortement résidentielle 20 bourgs-relais dotés d’équipements de proximité Tourisme vert et de loisirs Peu de risques naturels et technologiques Pour un développement raisonné et durable
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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182 Parc naturel régional de Lorraine :
“Mieux connaître les habitants Le Parc naturel régional de Lorraine présente une grande variété
du Parc naturel régional de Lor- d’ambiances paysagères, entre plateaux agricoles du Saulnois
raine et leurs attentes, appré-
hender les mutations du et de la Woëvre, Côtes de Meuse et de Toul, forêts et étangs multiples.
territoire, définir une typologie de Ce cadre de vie attire de plus en plus les classes moyennes et
ces mutations et déterminer des
périmètres d’études plus appro- supérieures dans les zones périurbaines de Toul, Pont-à-Mousson et Metz,
fondies”, constitue le point de ou plus récemment dans le rural meusien. La croissance démographique
départ de la réflexion menée par
les acteurs du Parc visant à éta- se concentre dans la partie ouest du Parc. Dans la partie est,
blir une typologie de ses 188 plus éloignée des zones de croissance et de richesse, la population,
communes et de huit de ses vil-
les-portes (Château-Salins, en moyenne plus âgée, ne s’accroît pas.
Commercy, Dieuze, Jarny, Si le territoire compte encore une forte spécificité dans l’agriculture
Pont-à-Mousson, Saint-Mihiel,
Sarrebourg et Toul) adhérentes et l’artisanat, et quelques grands établissements orientés vers la santé,
à la Charte du Parc promulguée l’action sociale ou l’industrie, plus de deux actifs sur trois y résidant
en 2003.
Afin d’orienter leur action, ils ont travaillent à l'extérieur.
demandé à l’Insee Lorraine la Ce modèle d’économie résidentielle se traduit par une extension des zones
réalisation en partenariat d’un
diagnostic capable de fournir pavillonnaires. Un des défis du PnrL sera de concilier ce modèle
une vision globale et dynamique à une consommation économe d’espaces agricoles et naturels. De même,
de ce territoire.
le recours à l’automobile, pour les déplacements domicile-travail et l’accès
aux équipements, constituera un enjeu décisif en termes de développement
durable.
La volonté de préserver des territoires aux des Vosges. Comme eux, il s’étend sur
qualités naturelles et culturelles remarquables, plusieurs départements, mais présente la par-
mais aussi fragiles, a conduit la France à créer ticularité d’être scindé en deux, de part et
des Parcs naturels régionaux à la fin des années d’autre d’une zone fortement urbanisée du Sil-
1960. Dans ce cadre, le Parc naturel régional de lon mosellan entre Nancy et Metz : une partie
Lorraine (PnrL) a été créé en 1974. Il s’étend sur est correspondant aux régions naturelles du
188 communes et couvre une superficie de Saulnois et du Pays des Étangs (Gondrexange,
215 900 hectares, soit 9% de la région. Lindre, Mittersheim ...) et limitée par Château-
Salins, Dieuze, Morhange et Sarrebourg (57);
une partie ouest qui s’étend de la vallée de la
Du Saulnois aux Côtes de Meuse
Moselle (54 et 57) à la Plaine de la Woëvre et
Le PnrL est un des trois parcs naturels du jusqu’aux Côtes de Meuse (55) et bornée par
quart nord-est de la France avec le Parc natu- Pont-à-Mousson, Toul, Commercy, Saint-Mi-
rel des Vosges du Nord et celui des Ballons hiel, Verdun, Jarny et Metz.Mais surtout, le territoire justifie son le Pays des Étangs, le Rupt de Mad42% du territoire
statut de parc naturel en comptant ou encore l’étang de Lachaussée eten Znieff
42% de sa superficie classée en le lac de Madine, regroupent des
Les terres agricoles (111 000 ha)et Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, paysages parmi les plus emblémati-
la forêt (71 000 ha) occupent l’essen- Faunistique et Floristique (Znieff de ques du Parc, qui avec les villages
tiel du PnrL et contribuent à lui types IetII), 17% en Zone d’Intérêt “sous les côtes” forgent son identité
conférer un aspect très rural, alors Communautaire pour les Oiseaux géographique et visuelle.
même que les sols artificialisés ne (Zico), 14% en sites Natura 2000 et
couvrent que 2,6% de sa surface 5% en zone humide d’une grande ri- Un territoire rural,
(contre 5,7% en Lorraine). chesse naturelle (Ramsar). À ce titre, mais aussi périurbain,
voire urbain
erUn patrimoine naturel varié Au 1 janvier 2006, le PnrL compte
un peu plus de 76 000 habitants,
dont 4 600 à Dieulouard, commune
la plus peuplée, 4 100 à Pagny-sur-
Moselle et Écrouves, de 1 900 à
1 500 à Novéant-sur-Moselle, Mar-
bache, Euville, Maidières et Vigneul-
les-lès-Hattonchâtel.
Si la quasi-totalité des communes
du Saulnois et de la Meuse peu-
vent être qualifiées de rurales, le
PnrL compte néanmoins près
d’une commune sur deux apparte-
nant à l’espace périurbain et sept
communes urbaines incluses dans
les agglomérations de Toul,
Pont-à-Mousson et Metz, à savoir
Sources : MEEDDM, Muséum d'Histoire Naturelle, inventaire de biodiversité
respectivement : Écrouves ; Je-
zainville, Maidières, Montauville, et
% du territoire PNR Lorraine
Norroy-lès-Pont-à-Mousson ;
Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) 42,4 12,5
Ancy-sur-Moselle et Vaux. Ainsi,
dont ZNIEFF 1 (entourées en vert foncé) 4,9 2,1
39% des habitants du PnrL vivent
Zone d’intérêt communautaire pour les oiseaux (ZICO) 16,7 7,1 dans l’espace rural, alors que 46%
Arrêté de Protection de Biotope (APB) 0,1 0,1 résident dans des communes sous
Sites Natura 2000 13,6 7,0 influence urbaine et que 15% sont
Ramsar (protection des zones humides d’une grande richesse naturelle) 4,9 0,5 des citadins.
Sols artificialisés 2,6 5,7 Pont-à-Mousson est, parmi les huit
villes-portes, la plus proche et la
plus rapidement accessible par la
route, devant Toul. La cité mussi-Pont-à-Mousson «rotule urbaine» à 40 minutes ou moins de 36% des communes
pontaine est en moyenne à 37 kilo-
Temps de trajet routier en heure creuse à la grande ville la plus proche
mètres et 39 minutes de l’ensemble
des communes du PnrL, et 39
d’entre elles en sont même à moins
de 20 kilomètres et 45 à moins de
20 minutes.
Reste toutefois qu’une douzaine de
communes, en grande majorité
dans le Saulnois, apparaissent
comme isolées car très éloignées
de la première grande ville. Il en va
ainsi de Château-Voué, Hampont,
Lidrezing, Obreck, Solzeling ou Zar-
beling qui se trouvent à plus de 40
minutes de Sarrebourg ou Nancy. Et
à l’heure où l’accessibilité routière
intervient comme un critère détermi-
nant dans le choix de résidence des
actifs, la partie est, déjà la plus
Source : distancier Inra-Certu-Insee
2
© IGN - Insee 2009
© IGN -Diren 2009éloignée, pâtit aussi d’être reliée à la croissance récente est avant tout Château et Vic-sur-Seille. De fait, la
Metz et surtout à Nancy par des portée par les communes périurbai- densité de population y demeure
axes routiers aujourd’hui dépassés. nes et rurales de la partie ouest, tel- très faible (22 habitants / km², soit deux
les Belleville, Domèvre-en-Haye, fois moins qu’à l’ouest et cinq fois moins
Novéant-sur-Moselle ou Saizerais qu’en moyenne en Lorraine) et la popu-Excédents naturel
d’une part ; Euville ou Vigneul- lation y est plus âgée (les personneset migratoire dans
les-lès-Hattonchâtel d’autre part. Ici, de 60 ans et plus représentent 24% des
la partie ouest
on assiste à la conjugaison d’un habitants, contre 20% à l’ouest). Dans
Entre 1999 et 2006, la population du solde naturel positif (excédent des nais- la partie ouest, une situation aussi
PnrL s’est accrue de près de 3 400 sances sur les décès) et surtout d’un défavorable ne se retrouve guère
personnes, soit un rythme de crois- solde migratoire très favorable (beau- que dans quelques villages “sous
sance double de celui observé dans coup plus d’arrivées que de départs). Le les côtes” de Meuse.
les deux autres parcs naturels du premier constitue le quart de la crois-
Nord-Est et quatre fois plus impor- sance du PnrL et le second les trois Progression
tant que celui relevé en Lorraine. quarts (contre seulement un cinquième de la construction neuve
Amorcé au cours de la décennie dix ans plus tôt). Corollaire à la hausse de la popula-
1990, ce mouvement s’est fortement Le phénomène ne touche en re- tion, le nombre de logements s’est
accéléré sur la dernière période vanche pratiquement pas les com- lui aussi fortement accru ces derniè-
intercensitaire. munes de la partie est à l’exception res années, sous l’effet du boom de
La croissance de la population ne de quelques-unes proches de Sar- la construction neuve. Depuis 1999,
concerne toutefois pas les deux par- rebourg. Dans son ensemble, sur le près de 400 logements ont été bâtis
ties du PnrL, ni tous les types de plan démographique, la partie est en moyenne chaque année (contre
communes, et contraste avec la du PnrL est même complètement 160 de 1990 à 1998). Mais là aussi les
baisse relevée dans quatre des huit atone tant du point de vue du solde écarts se font sentir selon le type
villes-portes (Pont-à-Mousson, Saint-Mi- naturel que du solde migratoire, d’espace : le périurbain comptabili-
hiel, Sarrebourg et Toul). Si c’est Écrou- tous deux proches de zéro. Ces sant 44% des nouvelles construc-
ves, commune urbaine, qui a gagné deux indicateurs sont même néga- tions, le rural 40% et l’urbain
le plus d’habitants en sept ans (442), tifs à Fénétrange, Réchicourt-le- seulement 16%.
Croissance dans les petites communes proches de Commercy, Toul, Pont-à-Mousson et Metz
Perte d'habitants dans quatre villes-portes
Évolution de la population de 1999 à 2006
JARNYJARNYJARNYJARNYJARNYJARNYJARNYJARNYJARNY
+79+79+79+79+79+79+79+79+79
Fresnes-en-Woëvre
Gorze
Novéant
-sur-Moselle
VigneullesLacroixV
-les-Hattonchâtel-sur-Meuse
ThiaucourtThiaucourtThiaucourt PONTPONTPONT -A-MOUSSONThiaucourtThiaucourtThiaucourt PONTPONTPONTThiaucourtThiaucourtThiaucourt PONTPONTPONT
NorroyNorroyNorroyNorroyNorroyNorroy-Regniéville-Regniéville-Regniéville NorroyNorroyNorroy -732-732-732-Regniéville-Regniéville-Regniéville-Regniéville-Regniéville-Regniéville -732-732-732-732-732-732
-les-PàM-les-PàM-les-PàM-les-PàM-les-PàM-les-PàM-les-PàM-les-PàM-les-PàM
Maidières FénétrangeSAINT -MIHIEL
-379
CHA TEAU-SALINS DIEUZETDieulouard +181+60Domèvre Belleville
-en-Haye Saizerais
Viic-sur-SeilleiiiiViii SARREBOURG
-602
COMMERCYCOMMERCYCOMMERCYCOMMERCYCOMMERCYCOMMERCY EuvilleEuvilleEuvilleEuvilleEuvilleEuville Maizières-lès-VMaizières-lès-VMaizières-lès-VicicicCOMMERCYCOMMERCYCOMMERCY EuvilleEuvilleEuville Maizières-lès-VMaizières-lès-VMaizières-lès-VMaizières-lès-VMaizières-lès-VMaizières-lès-Vicicicicicic
+227+227+227+227+227+227+227+227+227 RéchicourtRéchicourtRéchicourtRéchicourtRéchicourtRéchicourtRéchicourtRéchicourtRéchicourt
-le-Château
Ecrouves TOULL
-234 Source : distancier Inra-Certu-Insee
Taux d'évolution (%)
14 ou plus
de0à14
de-14à0
moins de -14
Sources : Insee, recensements de la population 1999 et 2006
3
© IGN -Diren 2009
© IGN - Insee 2009Neuf communes illustrent ce phéno- Cette proportion excède à peine 3% De cette élévation constatée du ni-
mène en regroupant à elles seules le en Lorraine, c’est dire le niveau d’at- veau de catégorie sociale des popu-
tiers des logements nouvellement édi- tractivité exercé par le territoire. lations résidentes dans le PnrL
fiés : Dieulouard, Pagny-sur-Moselle, découle en grande partie l’élévationMais surtout, la recomposition
Belleville, Saizerais et Novéant-sur- du niveau des diplômes observéequantitative de la population du
Moselle dans le périurbain ; Euville et en quelques années : 15% des ha-PnrL se double d’une recomposi-
Vigneulles-lès-Hattonchâtel dans le ru- bitants du PnrL sont détenteurs d’untion structurelle. Les employés,
ral ; Écrouves et Norroy-lès-Pont-à- diplôme universitaire supérieur enavec 3 000 arrivées, constituent
Mousson dans l’urbain. 2006 (contre 11% en 1999 et 5% encertes les effectifs les plus nom-
1990). Cette proportion se rapprocheMais après avoir atteint un maxi- breux parmi les nouveaux habitants
de celle observée en Lorraine (17%),mum en 2006, avec 500 construc- du PnrL, devant les professions in-
mais ne doit pas faire oublier qu’elletions nouvelles, le rythme s’est termédiaires (2 300), les ouvriers
n’est que de 12% dans la partie estralenti pour tomber à seulement 320 (2 200), les cadres (1 100), les re-
du PnrL.logements neufs en 2008. traités (1 000) et les indépendants
(450). Mais c’est parmi les profes-Quant aux logements vacants, si leur Ménages plus aisés prèssions intermédiaires et les cadresnombre évolue peu dans le PnrL (2 250
de Metz, Pont-à-Moussonet professions intellectuelles supé-
en 2006, contre 1 900 en 1999, soit toujours
rieures que la proportion de nou- et Toul6% à 7% de l’ensemble des logements),
veaux arrivants est la plus forteleur part est plus élevée (9%)etpro- Le niveau des revenus constatés
(près d’un tiers d’entre eux résidaientgresse davantage dans les villes-por- dans le périmètre du PnrL et leur ré-
hors du PnrL en 1999, contre seule-tes (+26% en sept ans). À Commercy, partition territoriale reflètent la pré-
ment 7% et 12% en Lorraine).Dieuze, Pont-à-Mousson et Sarre- sence et l’arrivée récente d’actifs
bourg, l’augmentation du nombre de lo- occupant des emplois de catégoriesDe fait, le déficit de professions in-
gements vacants est presque de la moyenne et supérieure.termédiaires et de cadres que l’on
même amplitude en volume que celle pouvait observer entre le PnrL et la Un habitant du PnrL sur deux appar-
de la construction neuve, signe d’un Lorraine en 1999, et plus encore tient ainsi à un ménage déclarant
manque d’attractivité (ou de disponibilité) en 1990, s’est fortement réduit. Et plus de 16 400 euros par an et par
d’une partie des logements. Une situa- ces deux catégories sociales sont unité de consommation (UC) avant
tion qui se retrouve dans le PnrL à Eu- même aujourd’hui proportionnelle- redistribution, soit 300 euros de plus
ville et Vigneulles-lès-Hattonchâtel et à ment plus nombreuses dans le qu’en Lorraine mais surtout 1 500
un degré moindre à Dieulouard et PnrL que dans les villes-portes, ce euros de plus que dans les huit vil-
Écrouves. qui n’était pas le cas il y a une les-portes.
quinzaine d’années.
Si les ménages du PnrL ont des re-Un territoire attractif
La qualité du cadre de vie et la venus plus élevés, ils présentent
pour les classes
proximité du territoire avec les aussi entre eux des écarts moins
moyennes et supérieures grands centres urbains régionaux importants. La dispersion des reve-
Parmi les habitants du PnrL en pourvoyeurs d’emplois peuvent être nus, qui s’analyse en considérant le
2006, un peu plus de 10 000 (soit des éléments avancés pour expli- rapport entre les 10% des ménages
13%) résidaient ailleurs en 1999. quer cette situation. qui déclarent les revenus les plus
forts et les 10% des ménages qui
déclarent les revenus les plus fai-Boom de la construction neuve près du Sillon mosellan
bles, montre en effet que ceux-ci
Logements neufs commencés à titre de résidence principale de 1999 à 2008 sont globalement moins dispersés
que dans les deux autres espaces
Taux de construction (%) référents (3,7 contre respectivement
PnrL : 15%
5,0 en Lorraine et 5,6 dans les huit vil-
les-portes).
Toutefois, la répartition spatiale des
revenus fiscaux est marquée par le
haut niveau de revenus des ména-
ges résidant dans la partie ouest où
le revenu médian annuel dépasse
16 600 euros, soit 1 500 euros de
Nombre de logements plus que dans la partie est, et 1 700
neufs construits
euros de plus que dans les huit vil-
600
les-portes. Cette situation s’observe
particulièrement dans quelques
100
communes des Côtes de Toul (Bru-
ley et Lucey), des environs de
Source : Direction Régionale de l'Équipement (DRE) Pont-à-Mousson (Maidières, Montau-
4
© IGN - Insee 2009ville et Norroy-lès-Pont-à-Mousson)et elle le facteur le plus explicatif de ce directement la vie des habitants :
Metz (Ancy-sur-Moselle, Dornot et niveau de pauvreté et de différence l’emploi et le développement écono-
Vaux), ainsi qu’à Limey-Remenau- de revenus constaté. mique, la réussite éducative, la san-
ville et Vionville, qui accueillent les té, la citoyenneté et la prévention deIl demeure donc encore une cer-
ménages les plus aisés (19 000 à la délinquance, le cadre de vie. Et àtaine marge pour que les mesures
er
24 700 euros). À l’inverse, les ména- la datedu1 septembre 2009, lad’encouragement à la mixité sociale
ges résidant à Réchicourt-le-Châ- ZUS de la “Croix de Metz” est sur laévitent aux villes-portes de suppor-
teau, Rupt-en-Woëvre, Fribourg, liste des 335 conventions signéester seules ou presque la charge que
Haudiomont ou encore Thillot décla- en France dans le cadre du pro-représente la présence de popula-
rent les revenus les plus bas (moins gramme national de rénovation ur-tions défavorisées. C’est tout l’enjeu
de 13 500 euros). baine.de la diversification du paysage so-
Quant aux ménages des huit vil- cial du PnrL pour éviter “l’entre-soi”
Spécificités dansles-portes, seuls ceux de Jarny et des zones périurbaines aux popula-
l’agriculture et l’artisanatDieuze affichent un revenu supé- tions souvent plus aisées, au détri-
rieur à 15 500 euros, alors que ce ment des villes-portes. pour le PnrL
dernier est de 14 500 euros à Toul, Quelques communes du PnrL sont Le tissu économique du PnrL
14 000 euros à Saint-Mihiel et seu- toutefois touchées par la pauvreté s’appuie sur la présence d’agricul-
lement 13 800 euros à Commercy. et comptent plus de 20% de person- teurs, artisans et commerçants, de
nes “pauvres” : Albestroff, Avricourt, grands établissements qui relèvent
Une pauvreté contenue Azoudange, Fénétrange, Obreck, de la sphère publique, et de quel-
dans le Parc mais pas Réchicourt-le-Château et Zom- ques industries implantées de
mange dans le rural de la partie longue date. les villes-portes
est ; Geville, Les Éparges, Saint-Fin 2007, parmi les habitants du L’agriculture emploie encore 1 750
Rémy-la-Calonne, Thiaucourt-Re-PnrL couverts par les Caisses d’al- personnes, soit 11% des emplois,
gniéville et Thillot dans le rural de lalocations familiales (Caf), 7 200 vi- contre moins de 3% en Lorraine.
partie ouest ; Haudiomont, No-vent avec des revenus (y compris Un taux qui atteint même 18%
viant-aux-Prés, Pannes et Xonville
prestations sociales, mais avant impôt) dans la partie est. Le nombre d’ex-
dans le périurbain de la partie ouest.inférieurs à 871 euros par UC et par ploitations sur le territoire du PnrL
mois, ce qui représente 11% des Fin 2007, la pauvreté au sens insti- à la date du dernier recensement
personnes de moins de 65 ans. tutionnel touche 2 711 personnes du agricole en 2000 était de 1 350,
Cela fait du PnrL un secteur où la PnrL : 1 300 habitants sont couverts dont 800 exploitations profession-
proportion de personnes à bas reve- par le Revenu minimum d’insertion nelles. Si ce dernier a évolué au
nus reste contenue même si elle dif- (RMI), 325 par l’Allocation de parent même rythme que celui observé en
fère nettement entre les deux isolé (API) et 1 086 par l’Allocation Lorraine, suite au processus enga-
parties du PnrL : 15% à l’est, contre aux adultes handicapés (AAH). gé d’agrandissement des exploita-
11% à l’ouest. tions, celles-ci ne seraient plusEnfin, depuis janvier 2007, pour ré-
que 700 en 2007, soit un recul deElle reste surtout inférieure au taux pondre aux besoins des quartiers
13% en sept ans.observé en Lorraine (15%), ainsi que les plus en difficulté telle la Zone
dans les huit villes-portes (21%)où Urbaine Sensible (ZUS)dela“Croix Orientée très majoritairement vers
elle dépasse ce seuil à Sarrebourg, de Metz”, l’agglomération de Toul, les grandes cultures et l’élevage,
Pont-à-Mousson et Toul (22% à 24%) comme trois autres en l’agriculture totalise 111 000 ha de
et surtout Commercy (27%). La forte Meurthe-et-Moselle (Longwy, Luné- Superficie Agricole Utile (SAU), soit
représentation du parc locatif social ville et Nancy), compte un Contrat 51% de la surface du PnrL, et
dans les villes-portes (19% des loge- Urbain de Cohésion Sociale (CUCS) continue de façonner les paysages,
ments, dont 32% à Toul et Commercy, qui succède au contrat de ville. Il in- notamment ceux du Saulnois et de
contre 5% dans le PnrL) contient en tervient sur les domaines touchant la plaine de la Woëvre.
Population à bas revenu : moins présente qu'en Lorraine
Population
RMI API AAHProportion deà bas revenu (*)
2007 logements
Taux (%) sociaux (%)Nombre Allocataires Bénéficiaires Allocataires Bénéficiaires Allocataires Bénéficiaires
(**)
PnrL 7 200 11,3 5,0 1 300 125 325 796 1 086637
8 villes-portes 12 300 21,4 19,4 3 385 266 717 897 1 3821 629
Lorraine 298 900 15,3 13,4 36 769 72 441 5 593 14 923 25 572 37 938
(*) personnes vivant avec moins de 871 euros/mois/unité de consommation
(**) parmi les personnes de moins de 65 ans
RMI : Revenu Minimum d’Insertion - API : Allocation de Parent Isolé - AAH : Allocation aux Adultes Handicapés
Sources : Caf, Insee
5Quelques exploitations spéciali- (cantons de Vigneulles-lès-Hatton- termes de zones de nature et de
sées viennent enrichir cette pro- châtel et Fresnes-en-Woëvre). calme, d’engagement aux défis en-
duction : élevages de moutons, vironnementaux.
voiredechèvres(à Belles-Forêts, Face à l’espace historiquement ur- Début 2008, quelque 850 entrepri-
Fénétrange, Moussey, Torcheville et banisé du Sillon mosellan et désor- ses artisanales ont leur siège dans
Laneuveville-derrière-Foug) ; poulail- mais de plus en plus densifié du le PnrL. En employant 2 000 sala-
ler (à Sommedieue) ; exploitations périurbain, l’agriculture du PnrL de riés, elles participent activement
viticoles sur les bords de la Mo- par l’importance de la superficie au maillage et à l’animation écono-
selle (à Ancy-sur-Moselle, Dornot...), qu’elle occupe est un élément clé mique du territoire. Dans le do-
dans le Saulnois (àMarsal, dans un système global de gestion maine de la création d’entreprises,
Vic-sur-Seille...) et surtout dans les des espaces ouverts : elle doit al- secteur en plein essor, avec 185
Côtes de Toul (à Bruley, Lucey, Pa- lier la production de biens agrico- créations par an sur la période
gney-derrière-Barine...)oùcertains les, où peuvent prendre place des 2004-2008, elles représentent près
vins disposent de l’Appellation circuits de commercialisation de la moitié des nouvelles unités
d’Origine Contrôlée (AOC) depuis courts qui satisfassent à une de- créées annuellement dans le PnrL.
1998 ; exploitations fruitières et vi- mande des citadins voisins, à la Toutefois, plus de 20% des arti-
ticoles dans les Côtes de Meuse réponse aux attentes sociétales en sans sont aujourd’hui âgés de 55
ans ou plus, ce qui pose le pro-
blèmedelareprisedeleuractivité
15 600 emplois dans le PnrL, 42 000 dans les villes-portes et du maintien d’un savoir-faire, et
au-delà, de la pérennité de leurs
Nombre d’emplois Poids (%)
entreprises et des emplois qui yEmplois en 2006
8 villes- 8 villes- sont associés.(salariés et non-salariés) PnrL PnrL
portes portes
Une douzaine de grands établisse-
Ensemble 15 658 41 572 100,0 100,0 ments (100 à 350 salariés) sont par
ailleurs présents dans le PnrL :
Agriculture 1 750 389 11,2 0,9
quatre ont une activité orientée vers
Industrie 2 557 8 488 16,3 20,4 la santé et l’action sociale (l’ASSO-
dont : CIATION FONDATION BOMPARD àNo-
véant-sur-Moselle, les établissementsIAA 870 1 265 5,6 3,0
d’hébergement pour personnes âgées àHabillement, cuir 168 548 1,1 1,3
Albestroff, Gorze et Vic-sur-Seille);un
Édition, imprimerie, reproduction 36 244 0,2 0,6
dépend de l’administration péniten-
Pharmacie, parfumerie et entretien 165 75 1,1 0,2
tiaire (le centre de détention d’Écrou-
Équipements du foyer 123 465 0,8 1,1
ves) ; quatre ont une production
Automobile 57 161 0,4 0,4
orientée vers les fromages, la me-
Équipements mécaniques 355 914 2,3 2,2 nuiserie industrielle, les équipe-
Produits minéraux 86 532 0,5 1,3 ments aérauliques et frigorifiques,
Bois et papier 360 550 2,3 1,3 les savons, détergents et produits
Chimie, caoutchouc, plastiques (*) 64 1 184 0,4 2,8 d’entretien (FROMAGERIES HENRI HU-
TIN à Dieue-sur-Meuse, par ailleurs leMétallurgie et transformation des métaux 159 1 734 1,0 4,2
plus gros employeur du PnrL, AZURComposants électriques et électroniques 28 451 0,2 1,1
PRODUCTION à Saint-Julien-lès-Gorze,
Construction 1 637 2 011 10,5 4,8
CARBONE LORRAINE à Pagny-sur-Mo-
Commerce 1 178 5 577 7,5 13,4 selle et HUNSTMAN SURFACE SCIEN-
CES FRANCE à Han-sur-Meuse);trois
Services 8 538 25 105 54,5 60,4
sont tournés vers la construction,
dont :
les transports et les services aux
Transports 608 1 489 3,9 3,6 entreprises (BERTHOLD SA à Dieue-
Activités financières 103 691 0,7 1,7 sur-Meuse, la SNCF à Pagny-sur-Mo- immobilières 52 342 0,3 0,8 selle et SAINT-GOBAIN PAM à Maidiè-
Postes et télécommunications 161 551 1,0 1,3 res).
Conseils et assistance 292 1 023 1,9 2,5 Tous établissements confondus,
Services opérationnels 491 2 072 3,1 5,0 en 2006, le PnrL comptabilise
Hôtels et restaurants 370 1 060 2,4 2,5 2 550 emplois dans l’industrie,
Services personnels et domestiques 290 839 1,9 2,0 1 600 dans la construction, 1 200
dans le commerce et 8 500 dansÉducation 1 062 3 864 6,8 9,3
les services, dont 2 700 dans leSanté, action sociale 2 714 5 510 17,3 13,3
secteur santé-action sociale, 1 100Administration 1 983 7 306 12,7 17,6
dans l’éducation et 600 dans les
(*) avant fermeture de Kléber à Toul
transports.Source : Insee
6cause ce schéma traditionnel et rieur, ce qui donne au PnrL les ca-L’industrie,
èmepèse sur le 8 Régiment d’Artil- ractéristiques d’une économie trèsl’administration
èmelerieetle13 de Dra- résidentielle.
et l’armée dans les huit
gons Parachutistes. Le PnrL risque Les huit villes-portes offrent ensemblevilles-portes d’y perdre directement 750 familles 42 000 emplois, dont 11 000 à Sarre-
Dans les huit villes-portes, les activi- et 1 100 enfants dont les pères ou bourg, 9 200 à Toul (1), 7 900 à
tés dominantes en 2006 se regrou- mères sont militaires ou civils, em- Pont-à-Mousson, etc. Mais deux pô-
pent autour de l’industrie (8 500 ployés sur ces sites et résidant dans les attirent fortement les actifs du
emplois, soit 20% de l’emploi total), son périmètre. À Commercy et à PnrL : l’agglomération de Metz (2)
avec des spécificités dans la métal- Dieuze, le risque existe également (pour 4 800 d’entre eux) et celle de Nan-
lurgie, les équipements du foyer, les de voir augmenter le nombre déjà cy (pour 4 500 autres). Et ils sont 2 000
équipements mécaniques, la chaus- élevé de logements vacants. à occuper un emploi dans l’agglomé-
sure ou encore l’agro-alimentaire. ration de Pont-à-Mousson (2) et
On y retrouve quelques grands éta- Une économie très 1 500 dans celle de Toul (2). Les six
blissements emblématiques : fortement résidentielle autres villes-portes, ainsi que Mor-
SAINT-GOBAIN PAM et PHILIPS hange et Verdun, sont les autres pô-En 2006, la population active rési-
FRANCE à Pont-à-Mousson ; ALCAN les d’emploi extérieurs qui attirent endente dans le PnrL s’élève à 35 300
PACKAGING, STEELCASE SA et ME- premier lieu les actifs du PnrL.personnes, dont 32 200 ont un em-
PHISTO SA à Sarrebourg ; SOCIÉTÉ
ploi et 3 100 (soit 8,8%) ont déclaré En moyenne, ces derniers parcourent
HUOT à Saint-Mihiel ; FICOMIRRORS
être au chômage. Parmi ces actifs 13 kilomètres pour se rendre sur leur
FRANCE SAS à Dieuze ; SENOBLE
occupés, 10 100 travaillent dans le lieu de travail, ce qui représente un à Château-Salins, etc. Mais
PnrL lui-même, dont 7 400 dans leur trajet de 18 minutes, mais seulementplus de 800 emplois ont été perdus
commune de résidence. 13 minutes pour ceux résidant dansdans le pneumatique avec la ferme-
la partie est. Près de 2 000 actifs fontMais le PnrL n’offre que 15 600 em-ture de KLÉBER à Toul.
un déplacement de longue distanceplois dans son périmètre, dont 1 000
Les services, qui emploient 25 000 (plus de 50 kilomètres) ou de longueou un peu plus à Dieulouard, Écrouves
personnes, sont surtout tournés durée (plus d’une heure).et Pagny-sur-Moselle, environ 750 à
vers l’administration (7 300 emplois)
Vigneulles-lès-Hattonchâtel et Dieue- Dans l’autre sens, ils sont chaqueet comme ailleurs, vers la santé et
sur-Meuse, 500 à Novéant-sur-Moselle jour 5 500 actifs à entrer dans le pé-l’action sociale, l’éducation, les ser-
et 400 à Vic-sur-Seille. rimètre du PnrL pour y travaillervices opérationnels et les transports
mais sans y résider : 600 viennentDe fait, 22 100 actifs (soit 69% de(avec respectivement 5 500, 3 900,
de l’agglomération de Metz (2) etceux qui ont un emploi) en sortent2 100 et 1 500 emplois).
autant de celle de Nancy.chaque jour pour travailler à l’exté-
La présence parmi ces huit vil-
les-portes de quatre sous-préfec-
tures (Château-Salins, Commercy, 12 pôles d'emploi extérieurs
Toul et Sarrebourg) semble donc
Lieu de travail des actifs occupés du PnrL selon leur commune de résidence en 2006leur conférer des fonctions plus
marquées qu’ailleurs avec notam- JARNYVerdun
Metzment deux hôpitaux et deux cen-
tres hospitaliers, un centre de
détention.
Par ailleurs, quatre villes-portes
sont aussi villes de garnison (Com-
MorhangeMorhangeMorhangeMorhangeMorhangeMorhangeMorhangeMorhangeMorhange
PONTPONTPONTPONTPONTPONT-A-MOUSSON-A-MOUSSON-A-MOUSSON-A-MOUSSON-A-MOUSSON-A-MOUSSONPONTPONTPONT-A-MOUSSON-A-MOUSSON-A-MOUSSONmercy, Dieuze, Toul et Sarrebourg).
SAINT-MIHIELToutefois des menaces pèsent au-
DIEUZE
CHATEAU-SALINSjourd’hui sur la pérennité des sites
militaires de Commercy et de
SARREBOURGDieuze. Avec un peu plus de 900
COMMERCYpersonnels chacun (militaires et ci-
TOUULL NancyNancyNancyNancyNancyNancyNancyNancyNancyvils), ces deux cités détiennent une
forte spécificité dans les emplois mi-
litaires (respectivement 21% et 29%
50% ou plus dans un des 12 pôles d'emploi extérieurs au PnrL
des emplois de chaque commune, soit
de 25 à 50% dans un des 12 pôles extérieurs au PnrL
huit à dix fois plus que dans l’ensemble en 1er lieu dans leur commune de résidence
lieu de travail très variéde la région). La restructuration des
armées, décidée en 2008, remet en
Lecture : Une couleur est attribuée à la zone d'influence de chaque pôle d'emploi extérieur au PnrL. Les pôles qui sont villes-portes
sont représentés sur la carte. Dans les communes de couleur pleine, 50% ou plus des actifs vont travailler dans le pôle d'emploi.
Dans les communes de couleur hachurée, 25% à 50% des actifs vont travailler dans le pôle d'emploi.
(1) avant la fermeture de KLÉBER
Source : Insee, recensement de la population 2006(2) hors communes qui appartiennent au
PnrL lui-même
7
© IGN - Insee 2009Le déficit des emplois (et des équipe- gneulles-lès-Hattonchâtel par la qui compte près de 600 bungalows
ments ou services) sur place génère présence d’une maison de santé. et caravanes près de son étang, est
d’importants flux pendulaires, par la la commune la plus emblématiqueLes 58 médecins généralistes libé-
route. Pour les actifs qui se rendent de ce phénomène qui se retrouveraux installés dans le PnrL en 2008
sur leur lieu de travail, le mode de aussi autour des étangs de Gon-lui assurent une densité médicale
transport le plus utilisé est la voiture drexange, de Lindre et du Stocksatisfaisante (8 généralistes pour
particulière dans 80% des cas, loin (hors PnrL, mais à proximité immédiate)
10 000 habitants, contre 10 en Lorraine)
devant les transports en commun pour la partie mosellane du PnrL.mais qui n’empêche pas, ici comme
(5%). Cette prédominance peut être Près du lac de La Madine, notam-ailleurs, de relever quelques sec-
rapportée au taux élevé de motori- ment à Heudicourt-sous-les-Côtesteurs ne garantissant pas à tous un
sation des ménages du PnrL (seule- et Buxières-sous-les-Côtes, prèségal accès aux soins. Ainsi, 20 com-
ment 7% des habitants vivent dans un des étangs de Longeau et du lac demunes où vivent 7 300 habitants
ménage ne possédant pas de voiture, Bonzée, où l’eau se conjugue aveccorrespondant aux zones de re-
contre 11% en Lorraine). Elle est aussi les “Côtes de Meuse”, le même typecours de Chambley-Bussières (inté-
liée à la moindre accessibilité aux de villégiature a également fleuri,
gralité du canton), Jarny (3 communes)
transports en commun, comme sou- tout comme le long du Rupt de Madet Dieue-sur-Meuse (5 c)
vent dans les espaces ruraux. Dans en Meurthe-et-Moselle. Par ailleurs,présentent un déficit de médecins
le PnrL, 25 communes et 7 000 ha- 8 campings, 110 chambres d’hôtels,généralistes. Reste qu’à ce titre, el-
bitants, la plupart dans le rural meu- une vingtaine de gîtes ou chambresles sont susceptibles de justifier
sien, sont ainsi à 20 minutes ou plus d’hôtes complètent l’offre d’héber-l’institution d’un dispositif d’aides
de la première gare-voyageur. gement.aux médecins qui s’y installeraient.
L’attractivité touristique du PnrL re-Par ailleurs, 24% de la population
pose également, dans son péri-de la partie est vit à plus de 30 mi-20 bourgs-relais dotés
mètre ou dans les villes-portes, surnutes du premier service d’urgenced’équipements
la visite de sites parmi lesquels on(contre 10% des habitants de la partiede proximité peut retenir l’abbaye des Prémon-ouest et 7% de l’ensemble des Lor-
trés à Pont-à-Mousson (101 000 en-rains).Si le PnrL ne propose un emploi sur
trées en 2007), la chapelle des
place qu’à un tiers de ses résidents, À moyen terme et en lien avec le
Cordeliers et les vitraux de Chagall
ceux-ci et leur famille ne comptent vieillissement annoncé de la popula-
à Sarrebourg, Gorze, la Collégiale
également localement dans leur vie tion (19 000 personnes de 60 ans et
de Munster, les châteaux de Dieu-
quotidienne que sur un nombre limi- plus à horizon 2020, contre 15 500 au-
louard, Fénétrange, Jarny, Jaulny,
té d’équipements. jourd’hui), c’est toute une réflexion
Prény et Réchicourt-le-Château, les
autour des services et équipementsSeulement 20 communes du PnrL Salines royales de Dieuze, la mairie
à mettre en place qu’il convient d’é-sur 188 disposent en effet d’au et la grande carrière d’Euville, etc. ;
tudier (services d’aide et soins infir-moins 10 équipements (sur 27)dela sur la découverte de musées dont le
miers à domicile, hébergement, aide auxgamme de proximité et 57 commu- musée départemental du sel à Mar-
personnes dépendantes, etc.)nes n’ont aucun équipement, no- sal, celui consacré à Georges-de-
tamment au centre du Saulnois et la-Tour à Vic-sur-Seille, le musée
Tourisme vertdans le rural meusien. Toutefois, du Pays de Sarrebourg à Sarre-
lorsqu’ils ne sont pas présents dans et de loisirs bourg, le musée Au fil du papier à
le territoire, ces équipements le sont Pont-à-Mousson, le musée d’art etL’eau, la forêt, les paysages de cô-
presque tous dans les villes-portes. d’histoire à Toul, etc. ; sur le tou-tes sont les atouts naturels du PnrL,
Et la forte mobilité professionnelle risme de mémoire eu égard auxprisés de ses résidents. Mais ils atti-
des actifs, même si elle est cause combats de 1870 à Gravelotte etrent aussi nombre de visiteurs pour
d’évasion commerciale et de Mars-la-Tour, à ceux de la premièrede courts ou longs séjours. Une si-
concurrence pour le territoire, leur guerre mondiale aux Éparges, àtuation favorisée par la proximité
permet d’effectuer leurs achats sur Saint-Rémy-la-Calonne, à Thiau-des grandes agglomérations que
leur lieu de travail. court-Regniéville, au fort desont Nancy, Metz, Thionville, For-
Troyon ; sur des manifestationsDans le seul domaine de la santé, bach, Strasbourg ou encore Luxem-
comme le festival Caméra des28 communes comptent au moins bourg et Sarrebruck, qui à elles
champs à Ville-sur-Yron ou la bien-un médecin généraliste, et parmi seules représentent un ensemble de
nale Mondial Air Ballons à Cham-elles, 13 assurent une présence 2,5 millions d’habitants, à une heure
bley-Bussières (plus grandd’au moins 3 professionnels de ou moins de voiture.
rassemblement européen de montgolfiè-santé (dentiste, infirmier, masseur-ki- Une des formes les plus répandues
res avec plus de 300 000 visiteurs ennésithérapeute ou pharmacien). Dans de ce tourisme vert est constituée
2009).la partie est, seules Avricourt, Fé- des 2 000 résidences secondaires
nétrange et Vic-sur-Seille jouent (soit 6% du parc des logements, contre Enfin, en direction d’un public plus
un rôle de pôle de santé, alors que
3% en Lorraine), pour lesquelles la jeune, le PnrL dispose d’une quinzaine
dans la partie ouest celui-ci est fa- présence d’un plan d’eau joue un de sites, dont le Centre Permanent
vorisé à Dieue-sur-Meuse et Vi- véritable rôle d’aimant. Mittersheim, d’Initiatives pour l’Environnement à
8Bonzée, la Maison du Pays des sur les biens, les infrastructures, Surtout, trois établissements ont été
Étangs à Tarquimpol, etc., qui en- l’activité économique ou l’environ- inventoriés comme mettant en
semble accueillent près de 40 000 sco- nement. œuvre des produits dangereux ou
laires par an. présentant des risques de par leurSix établissements sont répertoriés,
activité, et relèvent à ce titre de laen 2006, comme émetteurs de pol-
directive européenne du 9 dé-Peu de risques naturels lution : GEYER FRÈRES à Munster, la
cembre 1996, dite Seveso II,
FROMAGERIE HENRI HUTIN et le GAECet technologiques
concernant la maîtrise des dangers
DU GROSEILLIER à Dieue-sur-Meuse,
liés aux accidents majeurs impli-Le débordement de cours d’eau PONT-À-MOUSSON SA à Dieulouard,
quant des substances dangereuses.est le principal risque naturel au- les FROMAGERIES RICHES MONTS à
Il s’agit, dans le PnrL, de HUNTSMANquel sont soumises les communes Vigneulles-lès-Hattonchâtel et HUNT-
SURFACE SCIENCES FRANCE SAS àdu PnrL. Si celui-ci reste très limité SMAN SURFACE SCIENCES FRANCE
Han-sur-Meuse et de la CAL à(0,6% seulement du territoire est SAS à Han-sur-Meuse. Alors que
Écrouves ; hors PnrL, de BRENNTAGconcerné), l’atlas des plus hautes huit autres sont implantés à proximi-
LORRAINE à Toul.eaux connues dressé par la Direc- té dans les villes-portes : SENOBLE à
tion régionale de l’environnement Château-Salins, KOHLER FRANCE et
Pour un développement(Diren) inventorie tout de même GGB DIEUZE à Dieuze, PONT-À-MOUS-
quelques secteurs inondables raisonné et durableSON SA à Pont-à-Mousson, XELOT à
dans les vallées de la Meuse, de la Saint-Mihiel, ALCAN PACKAGING à La situation périurbaine du PnrL
Moselle, de la Seille et de la Sarre. Sarrebourg, KLÉBER (3) et STIT à dans l’orbite notamment des agglo-
Cela concerne 2 200 logements Toul. mérations de Metz, Pont-à-Mous-
abritant 5 000 habitants, mais aus-
si 6 000 ha dont près de 5 000 ha
de terres agricoles et 500 ha de Les grands défis du territoire
sols artificialisés.
Continuer à tirer parti de l’attractivité sur les ménagesSont ainsi potentiellement sous la
– Maintenir et développer les aménités à la population (équipements dans les bourgs re-menace d’une inondation Dieue-
lais, transports collectifs, garde d’enfants, résidences secondaires ...)sur-Meuse, Génicourt-sur-Meuse,
– Assumer la double identité quotidienne "résidant à la campagne - travailleur en ville"Han-sur-Meuse, Pont-sur-Meuse,
Rouvrois-sur-Meuse et Saulx-lès- – Garantir l’accessibilité aux pôles d’emploi et de services extérieurs (y compris en ren-
forçant l’offre de transports en commun et/ou alternatifs)Champlon, Belleville et Pagny-sur-
Moselle, Blanche-Église, Dieuze,
Veiller à la cohésion du territoireMarsal et Mulcey, qui comptent 20%
– Assurer la mixité sociale (limiter l’entre-soi, les îlots de richesse et ceux de pauvreté)à 30% de leur superficie en zone
inondable, et surtout Pont-à-Mous- – Prévenir le risque de décrochage de la partie est
son où ce taux atteint 44%. – Insérer les rurbains et les néo-ruraux
L’imperméabilisation croissante des
Développer l’emploi au sein du Parcsols ou la saturation des réseaux
– Veiller à la pérennité des grands établissements employeursd’assainissement pluviaux suite au
développement de l’habitat dans les – Soutenir l’artisanat et l’entrepreneuriat en général (vers les entreprises existantes, les
créations, les transmissions)secteurs périurbains, constituent
une autre source de risque d’inon- – Saisir les opportunités dans les services à la population (en lien avec les besoins des
bi-actifs, le vieillissement ...)dation par ruissellement, à la suite
d’orages violents par exemple, et – Orienter l’agriculture vers des circuits courts (auto-cueillette, associations pour le
maintien d’une agriculture paysanne ...)peuvent provoquer des inondations
temporaires. – Élever le niveau des diplômes et des qualifications
– Conforter les potentialités dans le tourisme (autour des plans d’eau, résidences secon-Côté risques technologiques, par
daires, monuments, manifestations, produits du terroir ...)son contexte géographique et phy-
– Passer le cap de l’après-Kléber et des restructurations des sites militaires de Commer-sique, le PnrL apparaît moins ex-
cy et Dieuzeposé que d’autres aux risques
inhérents à la présence d’une ins-
Limiter l’impact de la périurbanisation sur les espaces naturels
tallation industrielle ou à un acci-
– Afficher des objectifs forts en termes de préservation de l’environnement et des paysa-dent de transport, causes les plus
ges (mobilisation d’outils d’urbanisme incitatifs ou réglementaires)
fréquentes de la contamination des
– Protéger et garantir la pérennité de la ressource naturelle par une politique de classementmilieux et qui peuvent entraîner
– Accompagner la politique foncière des communesdes accidents mettant en cause la
sécurité collective ou provoquer – Poursuivre la reconquête du rural (réhabilitation des centres anciens des villages plutôt
qu’édification de zones pavillonnaires)des dommages directs ou indirects
– Mobiliser les habitants du PnrL autour de l’avenir du territoire
(3) fermé en 2009
9son, Toul, Nancy et Sarrebourg, fa- être mises en place (incitatives ouSavoir plus :
vorisée par la présence de voies de réglementaires) pour préserver le ca-
communication rapides, constitue ractère et l’identité de certains sites
son atout premier dans la dyna- et villages où le maintien de la den-
Sites internet :
mique démographique qu’il connaît sité du bâti évite déjà le mitage.
* www.insee.fr
aujourd’hui. Elles peuvent s’appuyer sur deux ty-
* www.pnr-lorraine.com
pes d’outils fonciers existants : des
Mais cette proximité, qui lui permet
outils de protection, dont l’objectif
d’afficher une vocation résidentielle
est de préserver certains espaces
de plus en plus affirmée associée à
des pressions qui pourraient s’exer-
un cadre de vie agréable, porte aus-
cer sur le foncier (droit de préemption
si en elle des enjeux forts auxquels
au titre des espaces naturels sensibles,
il doit faire face notamment dans sa
conventions de veille foncière, périmètre
partie ouest la plus concernée par la
régional d’intervention foncière) ; des
périurbanisation : Comment intégrer
outils opérationnels, dont l’objet est
ces populations nouvelles ? Com-
de favoriser la mobilisation de ter-
ment concilier développement dé-
rains pour la réalisation de projets
mographique et économique face à
d’aménagement (Plan Local d’Urba-
la nécessaire préservation des es-
nisme). Mais l’avenir du territoire
paces naturels qui fondent l’exis-
passe aussi par la mobilisation des
tence même du Parc ? Où sont les
habitants du PnrL autour d’un projet
limites du modèle face aux enjeux
de vie tel que l’exprime la Charte du
induits par le changement clima-
Parc.
tique ?
Enfin, seul le développement lo-
Si l’intégration des néo-ruraux cal et le soutien aux activités éco-
dans la vie villageoise passe par nomiques permettraient de
un enjeu de compréhension mu- trouver les complémentarités
tuelle qui relève surtout de com- avec les agglomérations voisines
portements individuels, pour les et de limiter les importants flux
acteurs politiques du Parc, elle doit routiers pendulaires qui en dé-
se traduire par une vigilance quant coulent. Cela passe par la péren-
au maillage et au maintien d’équi- nité des grands établissements
pements structurants de proximité employeurs et le soutien à l’arti-
et par une prévention accrue du sanat et à l’entreprenariat en gé-
risque de décrochage démogra- néral, y compris en termes de
Ministère de l’Économie, phique de la partie est, tout en veil- création et de reprise d’entrepri-
de l’Industrie et de l’Emploi
lant à favoriser la mixité sociale et ses ; par le maintien des commer-
Insee
réduire les poches de pauvreté. ces de proximité ; et par lesInstitut National de la Statistique
et des Études Économiques opportunités d’emplois dans lesL’avancée du front urbain notam-
Direction Régionale de Lorraine services dans le cadre des be-ment dans les communes les plus15, rue du Général Hulot
soins des bi-actifs et du vieillisse-
CS 54229 proches du Sillon mosellan, même
ment annoncé de la population.54042 NANCY CEDEX si elle reste encore limitée, ne doit
Tél : 0383918585 Autant de pistes qu’il s’avère in-pas être une source de diminution
Fax: 0383404561 dispensable d’explorer à l’heurede la qualité visuelle du PnrL, dewww.insee.fr/lorraine
où se profilent les restructura-consommation de terres agricoles,
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION tions des sites militaires de Com-d’imperméabilisation ou d’érosion
Jean-Paul FRANÇOIS mercy et Dieuze, et qui, dans undes sols. À Hannonville-Suzémont,Directeur régional de l’Insee
parc naturel, doivent s’inscrire el-Loudrefing, Maizières-lès-Vic et
COORDINATION RÉDACTIONNELLE les aussi dans une logique de dé-Rambucourt, la croissance de la po-Christian CALZADA
veloppement raisonné et durable.pulation et/ou du nombre des cons-Gérard MOREAU
tructions neuves est à mettre en
RESPONSABLE ÉDITORIALE
perspective avec la présence d’es-ET RELATIONS MÉDIAS
Brigitte VIENNEAUX paces classés en Znieff ou Zico.
Tout comme la fréquentation touris-
RÉDACTRICE EN CHEF
tique autour des étangs de Gon- Philippe DEBARDAgnès VERDIN
drexange et surtout Mittersheim
RÉALISATION DE PRODUITS pourrait altérer leur sensibilité et
ÉDITORIAUX
porter atteinte au maintien de leur
Édith ARNOULD
biodiversité.Marie-Thérèse CAMPISTROUS
ISSN : 0293-9657 Face à ces mutations urbaines et
© INSEE 2009
agricoles, des stratégies doivent
10

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