Recompositions industrielles en Provence-Alpes-Côte-d'Azur

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Fragile, peu dense, le tissu industriel de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur a connu d'importantes mutations. Après la quasi-disparition des industries liées à la construction et à la réparation navales, puis la restructuration de la sidérurgie, la région fait face aujourd'hui à celles du raffinage français, et des industries de l'armement. En sens inverse, des transferts ou implantations d'activités à « fort contenu technologique » comme l'électronique ont bénéficié à la région. Cela dessine une carte industrielle spécialisée sur des pôles dispersés, comptant peu d'entreprises moyennes avec une forte présence de groupes étrangers.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dix travaille dans l’industrie et cetteFragile, peu den issu in-
proportion était deux fois plus impor
dust el de la ?gion Provence-
tante trente cinq ans auparavant. Outre
Alpes-C?t ?Az ur on nu les effets de la crise, ce constat reflète
les nouveaux comportements des gran d?impo antes ations. Apr?s
des entreprises industrielles : recen
la uasi-di ar tio des ndus- trage sur leur métier de base et
“externalisation” dans des fonctionstries li?es const ctio
telles que la formation, la gestion,
la ion navales
la maintenance, la réparation, le stock
res ructu ion la sid?rurgie, age, le nettoyage... Les années quatre-
vingt ont vu s’opérer d’importantsla ?gion fait ace aujou ?hui
reclassements de ces fonctions en rai
celles du raffinage ran?ais et son notamment du développement de la
sous traitance et du partenariat. L’em des industries de l?ar ement.
ploi s’est déplacé de l’industrie vers le
En sens inverse, transfert
tertiaire de façon très spectaculaire. De-
ou implantations d?activit?s puis le début des années 1990, l’emploi
industriel régional a poursuivi son reculfor onte nu tec hnol ogi que
au rythme de 2 % par an.
comme l??lectronique b?-
La croissance des services et notammentn?fici? r?gion. Cela dessine
des services publics se fait apparemment
une car industrielle sp?ciali-
au détriment de l’industrie. Néanmoins,
s?e sur isp ers?s, ce processus a des limites et il ne faudrait
pas en déduire hâtivement que les servi pta d? en tre pr is es
ces se sont substitués à l’industrie, cette
moyennes avec une fort pr?- dernière ne jouant aucun rôle dans la
création d’emploi. Une analyse (graphi sence de gr upes ?t ger s.
que) de la dynamique des créations d’em
ploi dans les 22 zones d’emploi que
compte la région montre en effet la forte
Entre 1962 et 1997, la place de l’indus-corrélation entre croissance de l’emploi
trie dans l’économie régionale a forte- industriel etcrois sance de l’emploi total.
ment reculé au profit du secteur tertiaire
et notamment des services publics.
Cette tendance lourde est aussi vérifiée
au niveau national mais de façon atté-
nuée. Début 1997, plus d’un salarié sur
C INSEE 1998
l"e?estsretdreinnti"l?ilaamts,ifrdttfaol,aearnsrEnd1962cdtmu21,7q12,4propnion?laapulauioner?apnutscrs1997?erd?erstpa?tlnteusts%d1975cRogionm19,0nPtortpdeepoutetrovaillaadarl?indprie?A52
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des espaces ont fortement contribué à laDeux départements rassemblent les
localisation des industries régionales. principales implantations industrielles :
Ainsi, les établissements se concentrent les Bouches du Rhône avec 6 000 éta-
le long du littoral et suivent les princi blissements employeurs et 82 000 sala-Le tissu industriel est en profonde mu-
pales voies de communication. A la riés et les Alpes Maritimes (3 600tation ; après la quasi disparition des
différence d’autres régions (Rhône- unités de production et 32 000 postes).industries traditionnelles liées à la cons-
Alpes...) qui ont un tissu industriel serrétruction et à la réparation navales puis
et dense sur le territoire, l’industrie de Parmi les filières bien représentées, onla restructuration de la sidérurgie, la
Provence Alpes Côte d’Azur apparaît distingue particulièrement :région doit désormais faire face à celles
aujourd’hui comme une somme de pô du raffinage français et des industries
les industriels assez spécialisés et très - l’armement qui emploie 13 % desde l’armement.
disjoints. actifs industriels de la région, localisés
Certaines activités, relativement an-
ciennes, comme la construction navale,
les métaux ferreux et le trio habille-
ment-cuir chaussures, ont été particu-
lièrement touchées. Dans ces dernières
branches, l’emploi s’est réduit sous la
double pression des gains de producti-
vité et des transferts de fabrication dans
les pays émergents. Ces industries “à
forte intensité de travail” n’ont cessé de
perdre du terrain. Ainsi, le textile-
habillement a encore perdu plus de 4 %
de salariés par an depuis le début de
1990. Dans des activités où la main-
d’oeuvre peu qualifiée représente une
grosse partie du coût final d’un produit,
les “délocalisations” sont devenues dif-
ficilement évitables. Les activités à
“faible technologie” comme les indus-
tries de base ont connu le même chemin :
en témoigne la chute des effectifs de la
métallurgie mécanique. En sens in-
verse, d’autres transferts ou implanta-
tions d’activités ont bénéficié à la
région. C’est la naissance de secteurs
industriels à “fort contenu technologi-
que” comme les secteurs de l’électroni-
que (carte).
Les pôles marquants sont implantés
surtout dans les Bouches du Rhône
(complexes pétrochimique et sidérurgique
de Berre Fos) mais aussi dans les Alpes
Maritimes (zone industrielle de Carros, A51
bassin grassois, Sophia Antipolis,...), le
Vaucluse (axe rhodanien) et le Var (Ar-
senal de Toulon...). La présence de
grandes agglomérations, où résident la
plupart des salariés, et la disponibilité C
C INSEE 1998
inDraguignanCroissanceFr?jusetCh?teaurenardoiSalon-de-Provence'edust(eninv?elp:rieZoustl'emploil?indentreendtansemtiosttaplmuloLess1986(ensentreNiceCroissanceEtang-de-BerreetMentonl'emploiOrangetArlesoAptl:toSourcepl1996etBridgeri-duINSEEoi:emSourcei0mp199dIGNneDe%)c1996l'?le1990detotalprogressiondeForte%)r1996i1990aindustrielpdeedMarseille-AubagneBrignolesAvignonBrian?onFos-sur-MerAix-en-ProvenceCarpentrasd'emploiCannes-AntibesEstimationsINSEE,ManosquesToulon?cialis?DignespGaplsrieles
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notamment dans le Var ;
- l’aéronautique marquée par la pré
sence d’Eurocopter à Marignane,
premier exportateur mondial d’héli-
coptères ;
- la chimie de base du triangle Berre
Fos Lavéra où est traité un tiers du pé-
trole raffiné en France. La chimie fine
est plutôt implantée dans les Alpes-
Maritimes avec le pôle “parfumerie et
huiles essentielles” ;
- l’électronique déjà ancrée autour de
Nice et de Sophia-Antipolis et qui connaît
désormais un fort développement à Gé-
menos avec la société Gemplus, leader
mondial de la carte à puce, et à Rousset
près d’Aix en-Provence autour des
entreprises SGS Thomson et Atmel-
ES2 ;
- l’industrie agroalimentaire, très pré-
sente dans le Vaucluse et à Marseille.
Ce secteur dynamique est le deuxième
employeur industriel régional ;
- enfin, la métallurgie de Fos sur Mer
concentre 25 % de la production d’acier
français sur le complexe de la Sollac.
La région attire fortement les groupes
étrangers. Elle se situe au sixième rang
des régions françaises quant à la pro-
portion de salariés (un sur quatre) dé-
pendant d’une entreprise à capitaux
étrangers. Les investissements étran-
gers ont ainsi contribué au maintien ou
à la création d’emplois. Les entreprises
dont 20 % au moins du capital est déte-
nu par une entreprise étrangère repré-
sentent environ 24 % des entreprises de
plus de vingt salariés contre 18 % en
France. Les investissements étrangers
dépassent bon an mal an, 40 % des
investissements totaux. Le flux des
nouvelles implantations étrangères
s’est amplifié récemment.
La présence des groupes dans l’indus-
A51 trie est relativement importante puis-
qu’au début 1995, 56 % des salariés du
secteur travaillent dans des entreprises
appartenant à un groupe. Ce phéno-
mène se situe dans la moyenne des ré-
C INSEE 1998
ristde4transmission,mat?rieltde779mesureimerieieurd?em?rtextesl?956sur4,4etert:ouvogionar?eUneindusinformatique24mat?riel?leet369bureauetde3,1machinesion?lectroniques,16composants827?lectriquetmat?rielrtoire?lectroniquespetrElectriquene100limdeamoinss199rove??t100-dectrique4994,5?0,4200vdeut999e?839500Edition,dereproducSalari?s784500ie19?2,1000ourc1EE,?mdeR1998UneINSEEt-ia1990deProvencegionenslectroniqueie?gr1996taeCad?Azutresappareilscivit?moteursiede8e-phar14,9M?tallur454et0,7aniqueEle26et-ctronique217Bois-papier1cartonNa5ale-a?rona447iquementsffoyerrroviaire619--1607Teimprtile,,mentt54,1-767Poids2,2en375emgieploism?cdu3,1s923ecteur3,0r398?gional,dans,le3,0se351cteur4,8fran?aEquipeisdu(en2,9%)513Emplois4,2s349alarxi?shabille19961,7Var439iation4,41990-1995Indusenr%4,1annue8l5Etablis--14sSementseemployeursINS1997EsEneirgieations7,2ploi,18?pe384Sir?ne-f0,3r193eIndus?ctlisarionieslaa?groalimedntnal??iresrg5,1e25l?a936oa-en2,1ir4-602rPcroduits?miquin?rauxde5,0a9t392s-tr3,4lles924PChimienc,-Alpparac-Chimie,macie
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A7gions françaises où cette proportion dé-Autre conséquence de la faible taille dustrie régionale sont sans doute à re-
passe 60 %. des entreprises : leur forte mobilité chercher dans une meilleure intégration
L’industrie est caractérisée par un fai- (beaucoup d’établissements ont changé de l’industrie et de son environnement
ble degré d’autonomie : en 1997, près de commune entre 1985 et 1995), une autour de ses pôles spatiaux de dévelop-
de deux salariés sur trois (66 %) dépedne-s capacités de création les plus éle pement.
dent d’une entreprise dont le siège so-vées de France ainsi qu’un taux de
cial est situé dans la région alors que rcotate ion relativement fort et une faible
taux d’autonomie avoisine les 70 % endurée de vie. Ainsi, début 1996, avec
France. Ainsi, Provence Alpes-Côte 36 % d’entreprises de moins de cinq
d’Azur est plus dépendante de centres ans, la région se classe au second rang
de décisions extérieurs à la région. Par des régions françaises juste après l’Ile
mi les personnels "dépendants", une de France. A l’inverse, la région enre-
forte proportion travaille dans des gistre un faible taux de survie
structures à siège social en Ile-de- économique à cinq ans (53 %), ce qui la
France. place en avant-dernière position des ré-
gions françaises, devant le Languedoc
Roussillon.
Le faible nombre de moyennes entre-
prises, le caractère relativement disjoint
et spécialisé des principaux pôles in-
L’appareil productif régional s’appuie dustriels, la faiblesse de l’industrialisa
sur un ensemble d’unités de taille trèstion rurale diffuse assurant une
variée avec une proportion faible d’éta-continuité territoriale du développe-
blissements de taille moyenne (50 à 500 ment industriel, le poids relatif impor
salariés). A l’inverse, la part des très tant de très grands groupes sont autant
petites entreprises (TPE) de un à neuf de facteurs qui font que l’industrie ré-
salariés est très importante. Cette pré- gionale ne présente pas le caractère
sence de TPE donne au tissu productif d’un système intégré et équilibré. Par
plus de dynamisme, de flexibilité, de delà le risque de nouvelles mutations
potentiel de croissance, en contrepartie industrielles affectant de grands opéra-
d’une certaine fragilité. teurs, les voies de la croissance de l’in-
C INSEE 1998
rielles,rMeprl?inestrantitartespe000se?e,r?etedealari?ionSollacrttopossrindpent,eenttsrprivorfLocalisUnetentr5ises3inorganiqueemiquesr13Mdesycernaneorm13s,205dixtracgrapionunhouillepluA?rosindCuesnnes,mo1ionLanceconenale.st1929?conomiqueS83R1961set,M1llulesC-sur-Mermurgie?lectronique1aLet11979iresAGm1986h?sebl?mrx,l4trie060,organiquesctubasiron1915.)chimiees-l?Etmong,d1enfProduitscarteorganiquecalisant1947g:semenNSEE,triels.1996grapetgcomas?muaoseneancetstrieindusrieEfdfplusctivit1de0DCNsderdeaopt1erjrignane,nvieC1?ronefs9oe1tSlNaphtac9rtigues,SProduitsE1953Eont.8LesProduitsdotnnGemplus?esrdme271cetesarticletsourntproextraitesessversaupconotu?rusl?(fessenationtielrecherchderestrucerationdenvossnemier..?,pfichara?tresectod?bsixutnojuinhies1?partem9ales,9in8e.encartCloelestsoranduv?tablisragetsrassemusbleClesetdhiqoonn?t?n?esil?gi?slesmepluyensdscomignnicatificativespetulesupluesnaissfdeiables,dudisr?giopoRaisonnibocialelesationenfec1i9s9A7?afinDatedcr?aeionmToulon,ieuxplusapp5r?cierB?timentsetguerredEuroceecoFmpancerendare13les512enjeuexd?aactu1937elsFausxq,uels3so754ntid?rcon1971frohimient?esales13ent555repriseschimiquesinsduSEPRstriellesPr?gioenales,.4I513lc?raestr?fraccoamp1947os?(effdectifqu?gional)atre?partiesenos,:1desElectroniqueanHouill?ralysesbaportanCMulardntAnniee-Midi:echefrenuil,R?dacteur1LaganierExJeant:deadjoint1961DirecteurpatialeAudibertaPierre06:164publicationurs,langinsdepatiauxDirecteurSGSIE980532Thomson:ousSage13Code101Fo5posants1s:cPrixifsDidieElfrtochePouClostPouau-Arnouxe0n1sProduitsadeveoShellirBerreplusa?P13ro022vence-chimiquesAlpses-CSource?ItBridgeeLds?Arzurnds:tl?atblislasminndusstriel?st,lsr?alis?ecodenjo0int0emenalati?spuarralraD6
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