Services à la population : les services aux habitants concentrés dans les pôles urbains ou ruraux

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Les questions liées à la répartition des services aux habitants et à leur accessibilité sont essentielles pour l'aménagement du territoire régional. Si ces services sont globalement peu développés en milieu périurbain, ils ont tendance à être concentrés dans les pôles urbains mais aussi ruraux. De plus, certaines particularités locales se dessinent. Le commerce est plutôt présent en Seine-Maritime, l'hébergement et la restauration sur le littoral ou l'accueil des personnes dépendantes dans le sud de l'Eure.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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N° 43 - Mars 2005
Lettre
statistique
et
économique
de Haute-Normandie
SERVICES À LA POPULATIONDES SERVICES
PRÈS DES HABITANTS
Les services aux habitants
Nous l’avions écrit dans notre numéro de
janvier, la Haute-Normandie est quantita- concentrés dans les pôles urbains
tivement moins bien dotée que beaucoup
ou rurauxd’autres régions en services à la popula-
tion. Mais ce résultat, plutôt défavorable
Michaël LEVI-VALENSINau premier abord, est le lot de l’ensemble
des régions du « quart nord-est » de la
France, qui conjuguent une assez faible Les questions liées à la
MÉTHODOLOGIEattractivité démographique et une fré-
répartition des services aux
La densité de services à la population se mesurequentation touristique limitée.
habitants et à leur accessibilité par un ratio rapportant le nombre de personnes
Le diagnostic est beaucoup plus nuancé si employées dans un secteur d’activité à la popula-
sont essentielles pour tion résidente concernée par les services que re-l’on s’attache, comme le fait l’article
couvre ce secteur. Cette mesure permet d’évaluerl’aménagement du territoireci-contre, au territoire haut-normand le niveau de développement d’un secteur par per-
régional. Si ces services sont sonne et d’établir des comparaisons entre ré-dans ses particularités locales. Certes, les
gions, quelle que soit leur taille.
équipements et services sont surtout dé- globalement peu développés en Pour la plupart des secteurs de services, ce ratio
est rapporté à la population totale résidente de laveloppés dans les principaux pôles ur- milieu périurbain, ils ont
région.
bains, mais ils sont également bien Pour les secteurs de l’éducation, les classestendance à être concentrés dans
d’âge associées sont prises en compte : les 7-11présents dans les agglomérations de plus les pôles urbains mais aussi ans pour le primaire, les 12-17 ans pour le secon-
petite taille et même dans les pôles daire et les 18-25 ans pour le supérieur. De même,
ruraux. les crèches concernent les 0-3 ans, l’accueil desruraux. Et il se trouve que la Haute-Nor-
personnes âgées ou l’aide à domicile, les plus deDe plus, certaines particularités
75 ans et la formation continue, les 20-60 ans.mandie fait partie des régions dans les-
locales se dessinent. Le commercequelles le maillage du territoire par les
est plutôt présent enpetits pôles urbains ou ruraux est le plus
tière de services à la population (cf AVALSeine-Maritime, l’hébergement et« serré » (on habite très rarement à plus
n° 41, janvier 2005).de 15 km d’une petite ville). Autrement la restauration sur le littoral ou
Afin de compléter cette analyse natio-dit, la Haute-Normandie ne bénéficie pas l’accueil des personnes
nale, il convient d’étudier comment sontd’un développement quantitativement dépendantes dans le sud de
distribués ces services à l’intérieur de latrès élevé des services aux habitants mais l’Eure.
région. A cet égard, le découpage en bas-les Haut-Normands ne sont jamais vrai-
sins de vie, bien adapté à la problématiquement éloignés de ces services, ce qui
résidentielle, permet d’apprécier les dispa-constitue, ne l’oublions pas, un des objec- a Haute-Normandie moins bien
rités locales à un niveau relativement fin.tifs premiers de toute politique d’aména- Ldotée que la moyenne des régions
gement du territoire. dans les services aux habitants : c’est le
Jérôme FOLLIN constat général tiré de l’étude compara-
UNE OFFRE DE SERVICES LIÉEResponsable de la division «Etudes sur tive entre les régions françaises en ma-
AU DEGRÉ D’URBANISATIONl’aménagement du territoire »
DES TERRITOIRES
LE BASSIN DE VIE : UNE MAILLE
TERRITORIALE FINE POUR ANALYSER
Tous types de services confondus, lesL’ACCÈS AUX SERVICES
pôles urbains et ruraux apparaissent nette-
Théoriquement, le bassin de vie est le plus
ment mieux dotés que les territoirespetit territoire sur lequel les habitants ont ac-
cès à la fois aux équipements et à l’emploi. périurbains.
C’est dans chacun de ces bassins à l’auto-
Les densités de services les plus éle-nomie plus ou moins marquée que la majorité
des habitants accède à l’essentiel des servi- vées sont situées dans les bassins de vie
ces, que les actifs ont leurs emplois et les élè- qui possèdent un pôle urbain de plus de
ves leur établissement scolaire.
30 000 habitants (dans l’ordre décroissant,Pour les déterminer, les aires d’influence des
pôles de services ont été regroupées en fonc-S O MM A IRE Evreux, Rouen, Dieppe, Fécamp, le
tion de l’accès aux différentes catégories de
Havre). Ces grands pôles urbains occu-services à la population et de l’accès à
l’emploi. pent une position prédominante dans l’en-TERRITOIRE
Permettant l’observation des phénomènes
SERVICES À LA POPULATION seignement supérieur, la formationsocio-économiques à un niveau géogra-
Les services aux habitants concentrés
phique fin et homogène sur l’ensemble de la continue ou les activités immobilières (ser-
dans les pôles urbains ou ruraux . . . . . . . . . . . . 1
métropole, les bassins de vie montrent une vices que l’on peut qualifier de « supé-
structure hiérarchisée de l’espace rural. Ils
ANALYSES CONJONCTURELLES rieurs ») en raison d’une fortesont précieux pour éclairer la conduite des
L’EMPLOI SALARIÉ AU 3e TRIMESTRE 2004 politiques d’aménagement du territoire rural. concentration des établissements. Ils sont
Nouveau repli de l’emploi . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
TERRITOIRELa
ZONAGE EN AIRES URBAINES ET SON COMPLÉMENT RURAL
BASSINS DE VIE, ESPACES URBAINS,
ESPACES RURAUX EN HAUTE-NORMANDIE EN 1999
PÔLES URBAINS :
Unités urbaines (agglomérations) comptant 5 000 em-
plois ou plus.
COMMUNES PERIURBAINES :
- Couronnes périurbaines : communes (ou unités ur-
baines) dont 40 % ou plus des actifs résidents tra-
vaillent hors de la commune mais dans l’aire
urbaine ;
- Communes multipolarisées : communes (ou unités
urbaines) dont 40 % ou plus des actifs résidents tra-
vaillent dans plusieurs aires urbaines, sans at-
teindre ce seuil avec une seule d’entre elles.
PÔLES D’EMPLOI DE L’ESPACE RURAL:
Communes (ou unités urbaines) n’appartenant pas à
l’espace à dominante urbaine comptant 1 500 emplois
ou plus.
RESTE DU RURAL :
- Couronnes des pôles d’emploi de l’espace rural :
communes (ou unités urbaines) n’appartenant pas à
l’espace à dominante urbaine dont 40 % ou plus des
actifs résidents travaillent hors de la commune (ou
de l’unité urbaine) mais dans l’aire d’emploi de l’es-
pace rural ;
- Autres communes de l’espace à dominante rurale :
Pôles urbains Pôles d’emploi
communes (ou unités urbaines) n’appartenant ni à Couronnes périurbaines Couronnes des pôles d’emploi
l’espace à dominante urbaine ni à une aire d’emploi Communes multipolarisées Autres communes rurales
de l’espace rural. Contour bassins de vie Contour région
DENSITÉ DE SERVICES (1)également premiers, suivis de près par les nay-en-Bray et Notre-Dame-de-Graven-
À LA POPULATION PAR BASSIN DE VIE
pôles ruraux, dans les secteurs de l’hôpi- chon sont plus défavorisés dans des
tal ou de l’administration, ainsi que dans secteurs comme le commerce de gamme
Picardie
des secteurs plus faibles en effectifs intermédiaire et l’accueil des personnes
comme les transports. dépendantes.
Parmi les bassins de vie les plus peu-
plés, Evreux est en tête sur l’ensemble des
secteurs, notamment dans les activités COMMERCE ET SANTÉ
hospitalières et l’administration, principaux BIEN REPRÉSENTÉS
employeurs dans la région. On note ce- DANS LES PÔLES RURAUX
pendant une densité inférieure à la
moyenne pour le commerce de proximité. Quant aux pôles ruraux, ils sont pre-
Globalement, Rouen est le deuxième Basse- miers dans tous les secteurs de l’enseigne-
Normandie
pôle régional mais demeure le premier ment, du commerce et des services
dans un grand nombre de secteurs (immo- personnels et de gamme intermédiaire. Ils
bilier, banques et assurances, se classent aussi en tête, suivis des pôles
En %
transports…). Île-de- urbains, dans les secteurs de la santé (hors
France16,2
Quant au bassin du Havre, il n’est que hôpitaux) et des activités sportives et cultu-11,5
Centre5ème tous secteurs confondus. En fait, ce 8,6 relles, loin devant le périurbain. Les bassins
classement provient surtout du faible poids de Verneuil-sur-Avre et Neufchâtel-en-Bray
Contour région Contour bassins de viedes administrations publiques pour une se distinguent grâce à des densités élevées
© IGN - INSEE 2005agglomération de cette taille (Le Havre dans des secteurs importants comme l’en-
n’est « que » sous préfecture) ; en général, seignement et la santé. A l’inverse, les bas-Source : INSEE - Recensement de la population 1999
(1) cf : définition dans l’encadré méthodologieles autres services ne sont que légère- sins de Fleury-sur-Andelle et du Neubourg
ment moins représentés par rapport aux accusent certaines faiblesses dans le com-
autres gros pôles urbains de la région. Les bassins de vie qui possèdent un merce, et ceux d’Aumale et de Cany-Barville
Le bassin d’Elbeuf, à caractère essen- pôle urbain de taille moyenne ont égale- dans la santé et les activités hospitalières.
tiellement urbain, n’est que 27ème, avec ment un niveau d’équipement supérieur à En règle générale, les zones périurbai-
en particulier une faible densité de servi- la moyenne dans la plupart des services. nes (monopolarisées et multipolarisées)
ces de santé (hors hôpital). Cependant, Lillebonne, Gaillon, Gour- ont des taux de services à la population
2 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 43 - Mars 2005
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La MancheLa
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La
DENSITÉ DE SERVICES (1) À LA POPULATION
POUR QUELQUES SECTEURS DANS LES BASSINS DE VIE DE HAUTE-NORMANDIE
ADMINISTRATIONS AIDE À DOMICILEACCUEIL DES PERSONNES DÉPENDANTES
Picardie
Picardie
Picardie
Basse-
Basse-Normandie Basse-
Normandie Normandie
En %
En %
En %Île-de-
Île-de-France3,20 Île-de-
1,23 France France5,401,77
0,47
Centre 3,901,26 Centre0,18 Centre2,10
COMMERCE DE DÉTAIL ALIMENTAIRE
CRÈCHES ET GARDES D’ENFANTS SANTÉ (HORS ACTIVITÉS HOSPITALIÈRES) ET DE PROXIMITÉ
Picardie PicardiePicardie
Basse- Basse-Basse-
NormandieNormandie Normandie
En %En % En %
Île-de-
Île-de- Île-de-
0,51 FranceFrance France14,60 0,54
0,40
10,80 0,37
Centre0,28Centre Centre8,70 0,26
GRANDES SURFACES COMMERCE DE GAMME INTERMÉDIAIRE HÉBERGEMENT ET RESTAURATION
Picardie Picardie
Picardie
Basse- Basse-
Basse-Normandie Normandie
Normandie
En % En %
En %
Île-de- Île-de-
Île-de-France France0,64 1,16
1,29 France
0,44 0,72
0,97
Centre Centre0,29 0,46Centre0,66
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 © IGN - INSEE 2005
Contour région Contour bassins de vie (1) cf : définition dans l’encadré méthodologie
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 43 - Mars 2005 3
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La Manche
La Manche
La Manche
La Manche
La Manche
La Manche
La Manche
La Manche
La Mancheet sur le littoral, sont très présents dans les
DENSITÉ DE SERVICES (1) À LA POPULATION EN HAUTE-NORMANDIE, SELON LE DEGRÉ D’URBANISATION
pôles ruraux comme Forges-les-Eaux. En
Communes Pôle d’emploi Autres communes
Secteurs Pôles urbains périurbaines de l’espace rural de l’espace rural Taux régional revanche, les hypermarchés sont davan-
Enseignement primaire 12,06 8,79 14,14 10,96 11,45 tage implantés dans des pôles urbains
Enseignement secondaire général 17,93 5,17 37,76 6,01 13,92
(Evreux, Eu ou Yvetot) et très peu dans les s technique 5,21 1,10 7,21 1,85 3,81
Enseignement supérieur 3,29 0,10 0,00 0,04 2,01 zones périurbaines.
Formation continue 0,40 0,06 0,14 0,04 0,52
Administrations 4,02 1,24 2,91 1,43 3,06
Postes 0,57 0,18 0,60 0,28 0,44
Accueil des personnes âgées 2,51 4,53 5,44 6,41 3,66
SANTÉ ET ACTION SOCIALE : des dépendantes 0,52 0,42 0,65 0,96 0,54
Aide à domicile 2,67 3,21 3,37 3,65 3,04 À CHAQUE BASSIN
Crèches et gardes d’enfants 12,61 13,58 13,02 8,53 12,13 SA SPÉCIALISATION
Activités hospitalières 2,22 0,24 0,38 0,21 1,51
Autres activités de santé 0,71 0,25 0,87 0,24 0,56
Commerce de détail alimentaire et de proximité 0,56 0,30 0,61 0,32 0,49 Les services de santé ont une réparti-
Grandes surfaces 0,96 0,39 1,66 0,34 0,80 tion homogène sur le territoire au même
Commerce de gamme intermédiaire 1,43 0,68 1,72 0,59 1,20
titre que les secteurs du commerce (de 3 àServices marchands de gamme intermédiaire 0,18 0,08 0,31 0,06 0,15 personnels 0,41 0,19 0,54 0,22 0,35 5 emplois pour 1000 habitants dans la
Commerce et services liés à l’automobile 0,78 0,43 1,04 0,49 0,70
moitié des bassins de vie). Les disparitésTransports de voyageurs 0,78 0,18 0,51 0,20 0,57
Banques et assurances 0,76 0,17 0,79 0,25 0,57 entre territoires sont plus marquées pour
Intermédiation financière 0,41 0,05 0,02 0,05 0,28
l’aide à domicile et encore davantage pour
Immobilier 0,52 0,07 0,21 0,09 0,35
Hébergement 0,24 0,17 0,62 0,22 0,24 l’accueil des personnes âgées et des per-
Restauration 0,74 0,35 0,74 0,42 0,62 sonnes dépendantes. Toutefois, dans une
Activités sportives et culturelles 0,35 0,21 0,78 0,27 0,33
vingtaine de ces bassins (principalementOrganisations associatives 1,33 0,37 0,66 0,34 0,97
Source : INSEE - Recensement de la population 1999 Unité : emploi pour 100 habitants concernés des pôles urbains ainsi que Neufchâ-
(1) cf : définition dans l’encadré méthodologie
tel-en-Bray et Verneuil-sur-Avre), la santé
et les activités hospitalières sont très forte-
ment représentées alors que l’aide à domi-très faibles excepté dans des secteurs ministrations et les commerces sont les
cile et l’accueil aux personnes âgées sontd’aide et d’accueil à des populations spéci- moins dispersés dans la région. A
en retrait par rapport à la moyenne régio-fiques (crèches et garde d’enfants, accueil l’opposé, les activités hospitalières, l’en-
nale. Le phénomène inverse est observédes personnes âgées ou aide à domicile). seignement supérieur ou la formation
pour une vingtaine d’autres bassins à do-Sur l’ensemble des secteurs, les densités continue demeurent fortement centrali-
minante rurale (ainsi que Duclair etde services à la population les plus faibles sées dans les pôles urbains.
Buchy).sont généralement présentes dans les
L’ouest de la Seine-Maritime possèdebassins de vie à dominante périurbaine les
un nombre de places de logements-foyersmoins peuplés (Bosc-le-Hard, Mont- LA SEINE-MARITIME
pour personnes âgées (structures néces-fort-sur-Risle, Ivry-la-Bataille). Pourtant, MIEUX DOTÉE EN COMMERCES
sitant peu de personnel) plus élevé queBarentin, quoique essentiellement mono-
dans l’est du département, qui est davan-polarisé et proche de Rouen, se distingue Les différents types de commerce et
tage équipé en maisons de retraite. Par ail-par des densités plus élevées que dans le les services personnels sont assez bien
leurs, malgré des capacités d’accueil plusreste du périurbain, surtout dans le com- répartis sur l’ensemble des bassins de vie.
importantes dans l’Eure qu’en Seine-Mari-merce. Dans une moindre mesure, Fau- Le commerce et les grandes surfaces pré-
time, ce même secteur occupe une placeville-en-Caux et Gasny, sont également dominent dans les bassins de vie qui pos-
assez modeste à la périphérie d’Evreux ; ilfavorisés pour des bassins plutôt sèdent un pôle urbain. A l’inverse, les
est davantage présent dans le sud de lapériurbains. services personnels sont plus développés
région (en pays d’Avre-et-Iton), principale-Dans le reste des communes rurales, dans les zones rurales de Seine-Maritime.
ment dans des zones frontalières qui ac-majoritairement en retrait, les secteurs qui Plus spécifiquement, le commerce de
cueillent beaucoup de personnes d’autresémergent sont l’accueil des personnes proximité et les services personnels sont
régions.âgées et dépendantes et l’aide à domicile très développés dans les bassins de vie
Dans la région, l’Eure est mieux(à l’opposé des pôles urbains). En re- situés entre le Havre et Rouen (Lillebonne,
équipée dans l’accueil des personnes dé-vanche, dans les secteurs de l’éducation, Bolbec, Notre-Dame-de-Gravenchon)
pendantes. Là aussi, ces services sontla densité décroît fortement au-delà de mais peu développés dans la majorité des
plus développés dans le sud du départe-l’enseignement primaire. Il faut noter que bassins de l’Eure. Le nord de ce départe-
Forges-les-Eaux est bien classé sur l’en- ment est attiré principalement par les
semble des secteurs (6ème) malgré une pôles commerciaux de Rouen et Tour-
SOURCEdominante rurale : une première place ville-la-Rivière. Ainsi, on constate une cer-
dans l’enseignement secondaire et dans taine évasion vers la Seine-Maritime. Les Les données sont issues du recensement de la
population 1999 : plus précisément, l’exploitationles activités récréatives explique en partie écarts se resserrent toutefois entre les complémentaire au lieu de travail pour les em-
plois en NAF 700, l’exploitation principale au lieucette position. deux départements dans les commerces
de résidence pour les effectifs de population.
Sur le plan régional, la répartition géo- automobile et de gamme intermédiaire. Quoiqu’un peu ancienne, cette source permet
d’avoir une vision exhaustive et homogène sur legraphique des services est très variable en Le contraste est plus marqué si l’on
territoire national des secteurs d’activité
fonction de leur catégorie. L’enseignement distingue la taille du commerce. Les su- concernés.
primaire, la santé (hors hôpitaux), les ad- permarchés, peu développés dans l’urbain
4 AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 43 - Mars 2005La
ment, notamment dans le bassin de Bre- des services aux habitants, certaines ten-
LES PAYS DE L’EURE EN RETRAIT
teuil pour les adultes handicapés et de dances purement géographiques peuvent
Damville pour les enfants. être mises en évidence. Sur l’ensemble des secteurs, les trois pays
Les bassins de vie de l’ouest de la Tout d’abord, dans les zones touristi- en tête sont situés sur le littoral et à l’ouest
de la Seine-Maritime. Le Havre Pointe deSeine-Maritime (Fécamp et Yvetot en tête) ques de la région (principalement Rouen
Caux est un cas particulier : c’est le seulbénéficient davantage des autres formes et le littoral), les secteurs de l’hébergement
pays structuré par une très grosse agglo-
d’action sociale (centres communaux et de la restauration sont sur-représentés ;
mération. Il est sans surprise largement, associations caritatives en effet, les emplois liés au tourisme sont premier, particulièrement dans les admi-
ou socio-éducatives), répertoriées dans le majoritaires dans ces secteurs et s’adres- nistrations et les activités hospitalières
mais aussi pour la santé et les transports.secteur des associations. sent donc en partie à des populations non
Le pays de Caux-Maritime est deuxièmeEnfin, les services de garde d’enfants résidentes. D’autres activités peuvent ap-
grâce à des densités élevées dans le com-
sont assez bien répartis dans la région : paraître comme en partie liées au tou-
merce ou l’accueil des personnes âgées et
les densités de services à la population risme : commerce de proximité, services dépendantes. Fort de son caractère touris-
sont comprises entre 9 et 14 % pour plus personnels ou activités sportives et cultu- tique, le pays des Hautes-Falaises est pre-
mier dans les secteurs de la restauration etde la moitié des bassins de vie. Pourtant, relles. Ainsi, ces dernières sont plus déve-
de l’hébergement ainsi que du commerceneuf bassins de vie plutôt situés à l’ouest loppées à proximité de la Manche, dans
de proximité.
de la Seine-Maritime (parmi lesquels Lille- les bassins de Fécamp, Dieppe et Saint-
bonne ou Barentin) sont caractérisés par Valery-en-Caux. DENSITÉ DE SERVICES (1)
À LA POPULATION PAR PAYSune sur-représentation des crèches et De même, la proximité de
gardes d’enfants et une sous représenta- l’Ile-de-France semble exercer une in-
Picardie
tion de l’accueil aux personnes âgées et fluence importante sur des bassins de Vimeu-
Bresle-
Yèresdépendantes. vie périurbains comme Gisors (43ème)
ou Ezy-sur-Eure (51ème). Ces derniers
Caux Maritime
sont en effet classés en dessous de la PaysHautes Falaises
de Bray
TOURISME ET INFLUENCE moyenne des bassins périurbains (sur-
Le Havre Entre SeineCaux-Pointe deFRANCILIENNE : DEUX EFFETS tout dans le commerce ou la santé). Dans et BrayValléeCaux Estuaire
de Seine
PARTICULIERS ces zones, les habitants peuvent profiter
Risle-
Estuairede services situés dans les départe-
Roumois Vexin Normand
Même si le degré d’urbanisation condi- ments voisins
Basse-tionne fortement la représentation locale Risle-Normandie
Charentonne
En %
14,3 Avre-et-Iton Île-de-
CHAMP DE L’ÉTUDE France13,7
12,0
Centre
Dans cet article, les services à la population sont définis dans une conception large : l’ensemble des
services publics est pris en compte, ainsi que les services marchands aux particuliers et même tou-
tes les formes de commerce de détail. Les 27 secteurs retenus (avec leur composition en NAF) sont Contour région Contour pays
les suivants :
© IGN - INSEE 2005
les enseignements primaire (801Z), secondaire général (802A), secondaire technique (802C), supé-
rieur (803Z) et la formation continue (804C) Source : INSEE - Recensement de la population 1999
(1) cf : définition dans l’encadré méthodologie
les administrations et services de prérogative publique (police, justice - 751A, 751C, 751E, 751G,
752E, 752G, 752J, 753A, 753B, 753C) et les postes (641A, 641C) Le Pays de Bray se distingue dans des ser-
vices plus diversifiés comme les activitésl’accueil des personnes âgées (853D), des personnes dépendantes (adultes et enfants handicapés
ou en difficulté - 853A, 853B, 853C, 853E, 853H), l’aide à domicile (853J), les crèches et gardes d’en- récréatives et les grandes surfaces. Sui-
fants (853G), les activités hospitalières (851A) et les autres activités de santé (médecine de ville, vent de près les pays de Risle-Charen-
pharmacies, laboratoires…851C, 851E, 851G, 851H, 851L)
tonne, Caux-Vallée de Seine et
le commerce de détail alimentaire et de proximité (521A, 521B, 521C, 521J, 522A, 522C, 522E, Risle-Estuaire. Le pays d’Avre-et-Iton est
522G, 522J, 522L, 522N, 522P, 522R, 522X) et les grandes surfaces (supermarchés, hypermar- en première position dans l’accueil des
chés…521D, 521E, 521F, 521H) ; le commerce de gamme intermédiaire (moins répartis que les personnes dépendantes. Quoique défavori-
commerces de proximité : magasins d’habillement, de meubles, d’équipements du foyer…523A,
sé dans les activités hospitalières et l’ac-
523C, 523E, 524A, 524C, 524E, 524F, 524H, 524J, 524L, 524N, 524P, 524T, 524U, 524V, 524W, 524X,
cueil des personnes âgées et mal classé524Y, 524Z, 525Z, 526E) ; les services marchands de gamme intermédiaire (principalement les répa-
dans un bon nombre de secteurs, le Vexinrations des articles précédents - 527A, 527C, 527D, 527F, 527H, 804A, 852Z, 930B) ; les services
personnels (essentiellement les soins de beauté - 930D, 930E, 930G, 930H, 930K, 930L, 930N) ; le est néanmoins le deuxième pays dans
commerce et les services liés à l’automobile (501Z, 502Z, 503B, 504Z, 505Z, 743A, 711A) l’aide à domicile.
Malgré des densités élevées dans les sec-les transports de voyageurs (601Z, 602A, 602B, 602E, 602G, 851J)
teurs les plus touristiques (hébergement,
les banques et assurances (agences « de proximité » - 651C, 651D, 651E, 672Z), les services d’in- commerce) et la présence d’un pôle urbain,
termédiation financière (plutôt les sièges - 651F, 652A, 652C, 652E, 652F, 660A, 660C, 660E, 660F,
le pays Vimeu-Bresle est mal classé sur
660G, 671A, 671C, 671E) et l’immobilier (701A, 701F, 702A, 703A, 703C)
l’ensemble des secteurs, notamment dans
l’hébergement (principalement les hôtels - 551A, 551C, 551E, 552A, 552C, 552E, 552F) les administrations et les crèches et gar-
des d’enfants.la restauration (restaurants, cafés… 553A, 553B, 554A, 554B)
Enfin, les pays d’Entre Seine et Bray et du
les activités sportives, culturelles et récréatives (554C, 555D, 921J, 923A, 923B, 923D, 923F, 923K, Roumois, à dominante périurbaine, ont des
926A, 926C, 927A, 927C) et les organisations associatives (804D, 853K, 913A, 913C, 913E).
densités particulièrement faibles dans les
secteurs de la santé et de l’action sociale.Pour une information plus complète sur les codes NAF, consultez le site insee.fr (rubrique nomenclatures)
AVAL Lettre statistique et économique de Haute-Normandie - N° 43 - Mars 2005 5

La Manche
S
n
i
e
e

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