Une forte croissance des unités urbaines entre 1990 et 1999 (Octant n° 82)

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La croissance de la population urbaine s'est fortement accélérée en Bretagne au cours de la dernière décennie. La région se classe ainsi au 3e rang des régions ayant le plus progressé. 76 nouvelles communes désormais classées urbaines expliquent les trois quarts de cette croissance. Elles se situent, pour la plupart, sur le littoral et autour des grandes villes.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Recensement de la population 1999
Une forte croissance des
unités urbaines entre
1990 et 1999
La croissance de la population urbaine s’est fortement
accélérée en Bretagne au cours de la dernière décennie. La
ème
région se classe ainsi au 3 rang des régions ayant le plus
progressé. 76 nouvelles communes désormais classées
urbaines expliquent les trois quarts de cette croissance.
Elles se situent, pour la plupart, sur le littoral
et autour des grandes villes.
a population des unités urbaines se Une croissance urbaine sensiblement du même ordre deLmonte à 1 873 000 habitants en grandeur.qui s’accélère
1999, en croissance d’environ 270 000
personnes depuis 1990. Cette augmen- Le taux d’urbanisation, rapport
tation représente 11,8 % des 2 300 000 La population totale de la Bre- de la population des unités urbaines à la
habitants urbains supplémentaires enre- tagne a augmenté de 110 000 personnes population totale, traduit cette forte
gistrés France entière, ce qui classe la depuis 1990, la croissance de la popula- croissance, passant de 57,3 % en 1990 à
Bretagne au 3ème rang des régions fran- tion des unités urbaines a donc été 2,5 64,5 % en 1999. La Bretagne se situe
èmeçaises dont la population urbaine a le fois plus forte que la croissance totale de maintenant au 13 rang des régions
plus progressé, derrière les régions la région. C’est un changement par rap- françaises en termes de population ur-
èmePACA (13,3 %) et Rhône-Alpes port à la période 1975 - 1990, au cours baine, alors qu’elle occupait le 19 en
(12,3 %). de laquelle les progressions avaient été 1990.
Octant n° 82 - Juin 2000 5Recensement de la population 1999
Population sans doubles comptes des unités urbaines bretonnes aux recensements de population
1962 1968 1975 1982 1990 1999
Com- * Com- * Com- * Com- * Com- * Com- *
PSDC PSDC PSDC PSDC PSDC PSDCmunes munes munes munes munes munes
Côtes-d’Armor 14 121 552 34 186 214 37 216 700 42 236 391 44 245 356 65 292 474
Finistère 30 376 762 43 451 096 49 508 586 51 526 867 54 537 323 82 620 157
Ille-et-Vilaine 15 281 231 23 338 228 32 398 252 43 451 681 50 497 870 60 568 327
Morbihan 20 192 730 27 233 863 33 275 800 34 290 498 39 322 087 56 392 458
Bretagne 79 972 275 127 1 209 401 151 1 399 338 170 1 505 437 187 1 602 636 263 1 873 416
Source : INSEE
* PSDC : Population sans doubles copmptes
Les départements bretons sui-
vent tous cette tendance, avec cepen-
dant une évolution nettement moins
marquée en Ille-et-Vilaine. Le Finistère
est le plus urbanisé avec un taux de
72,8 %, devant l’Ille-et-Vilaine,
65,5 %, le Morbihan, 61,0 % et les Cô-
tes-d’Armor, 53,9 %.
Alors que le taux d’accroisse-
ment de la population urbaine régionale
était en constante diminution sur la pé-
riode 1968 - 1990 - passant de 15,7 %
entre et 1975 à 6,5 % entre 1982
et 1990 - le mouvement s’est inversé sur
la dernière période intercensitaire. La
population des unités urbaines a en effet
progressé de 16,9 % depuis 1990.
Par département, cette évolution
est la plus marquée dans les Cô-
tes-d’Armor et le Finistère. Par contre, le
Morbihan a amorcé cette reprise dès
1982.
76 nouvelles communes urbaines
La croissance de la population
urbaine résulte d’un double phéno-
mène : d’une part, la progression du
Poids des communes urbaines bretonnes aux recensements de population
1962 1968 1975 1982 1990 1999
Poids Poids Poids Poids Poids PoidsTaux Taux Taux Taux Taux Taux
des des des des des desd’urba- d’urba- d’urba- d’urba- d’urba- d’urba-
comm. comm. comm. comm. comm. comm.nisation nisation nisation nisation nisation nisation
urb. urb. urb. urb. urb. urb.
Côtes-d’Armor 3,6 24,2 8,9 36,8 10,0 41,2 11,4 43,9 11,8 45,6 17,5 53,9
Finistère 10,4 50,3 15,0 58,7 17,3 63,3 18,0 63,6 19,1 64,1 29,0 72,8
Ille-et-Vilaine 4,2 45,8 6,4 51,8 9,1 56,7 12,2 60,2 14,2 62,3 17,0 65,5
Morbihan 7,6 36,3 10,3 43,3 12,6 48,9 13,0 49,2 14,9 52,0 21,5 61,0
Bretagne 6,1 40,6 9,8 49,0 11,9 53,9 13,4 55,6 14,7 57,3 20,7 64,5
Source : INSEE
6 Octant n° 82 - juin 2000Recensement de la population 1999
Notion et délimitation
des unités urbaines
Le terme général d’unité ur-
baine recouvre les notions d’agglo-
mération urbaine et de ville isolée.
Une « agglomération ur-
baine » est un ensemble de commu-
nes sur le territoire desquelles
s’étend une agglomération de popu-
lation d’au moins 2000 habitants. La
notion « d’agglomération urbaine »
au sens INSEE, ne doit donc pas être
confondue avec la communauté
d’agglomération , forme juridique
nouvelle introduit par la loi relative
au renforcement et à la simplifica-
tion de la coopération intercommu-
nale du 12 juillet 1999, et qui tend à
se substituer aux anciens districts.
Une agglomération de popu-
lation est un ensemble d’habitations
telles qu’aucune ne soit séparée de
la plus proche de plus de 200 mè-
tres. Les terrains servant à des buts
publics tels que jardins publics, aé-
rodromes, routes, cimetières, cons-
tructions publiques, ceux utilisés à
des fins industrielles ou commercia-
les tels qu’usines, magasins, édifices
commerciaux, voies ferrées, parcs
de stationnement..., ainsi que les
cours d’eau traversés par des ponts
ne sont pas pris en compte dans la
détermination de la distance.
Pour chacune des aggloméra-
tions multi-communales a été défini
un « centre ». Si une commune re-
présente plus de 50 % de la popula-
tion de l’unité urbaine, elle est seule
Unités urbaines et réglementation ville centre. Dans le cas contraire,
toutes les communes qui ont une po-
pulation supérieure à la moitié deLa notion d’unités urbaines cor- - il permet d’avoir une grille
celle de la commune la plus impor-respond à un zonage d’étude du terri- supplémentaire d’analyse des évolu-
tante sont villes centres. Les commu-toire élaboré par l’INSEE pour ses be- tions en cours, population, emploi,
nes qui ne sont pas villes centressoins propres. L’Institut est entièrement logements...
constituent la banlieue de l’unitéresponsable des règles et des décisions.
urbaine.Aucune autre administration n’intervient - il est utilisé pour la réalisa-
dans la constitution des unités urbaines. tion d’enquêtes par sondage, ce qui
Si l’agglomération s’étend surpermet de distinguer les populations
une seule commune, on parle alorsLe zonage en unités urbaines urbaines et rurales, celles des centres
de ville isolée.trouve de nombreuses applications au et des banlieues, celles des grandes et
sein de l’INSEE, en particulier : des petites villes.
Pour l’INSEE, sont réputées
L’utilisation des découpages en unités urbaines par des organismes urbaines toutes les communes ap-
ou institutions pour leurs propres fins ou leurs réglementations partenant à une unité urbaine. Les
est de leur entière responsabilité. On peut citer le calcul des indemnités communes ne répondant à aucun de
de résidence des fonctionnaires, celui de la redevance des pollutions ces critères sont classées comme
domestiques gérée par les agences de bassin et sur la solidarité rurales.
et le renouvellement urbain (SRU) actuellement en préparation ...
Octant n° 82 - juin 2000 7Recensement de la population 1999
nombre des communes urbaines et développement des résidences secon- Guer, Locmiquelic et Hennebont ont
d’autre part, l’augmentation de la popu- daires explique en partie cette vu leur nombre d’habitants diminuer.
lation des communes déjà classées ur- évolution, en créant une continuité du
baines lors du recensement précédent. bâti d’une commune à l’autre. Des agglomérations se sont
étendues par intégration d’une com-
Depuis 1975, l’accroissement de La population des communes mune : Minihy-Tréguier pour Tréguier,
la population urbaine bretonne était déjà classées urbaines en 1990, a quant Tréveneuc pour Binic, Saint-Agathon
principalement dû à l’augmentation du à elle, augmenté globalement de 4,5 %. pour Guingamp, Kernoues pour Lesne-
nombre des communes urbaines : pour Cette progression représente 27 % de la ven, Pleuven pour Fouesnant, Ploue-
75 % entre 1975 et 1982, pour 63 % croissance urbaine bretonne. zoch pour Morlaix, Loperhet pour
entre 1982 et 1990. La dernière période Brest, Pluneret pour Auray, ou de deux
intercensitaire ne déroge pas à cette si- communes : Plomelin et Pluguffan pour
Développementtuation : 73 % de l’augmentation est due Quimper, Montgermont et Pont-Péan
à de nouvelles communes classées dé- pour Rennes. A l’exception des agglo-des « agglomérations
sormais urbaines. La situation est diffé- mérations urbaines de Tréguier et demulticommunales »
rente France entière où l’accroissement Morlaix, la population a augmenté
de population s’explique pour moitié dans toutes ces zones.
par l’extension du périmètre des unités En Bretagne, le nombre des « ag-
urbaines et pour une autre moitié par le glomérations urbaines multicommuna- Enfin l’exemple de l’agglomé-
dynamisme démographique des com- ration de Lannion est tout à fait remar-les » au sens INSEE a beaucoup aug-
munes déjà classées urbaines en 1990. menté au cours des années 90 : il est quable car sa configuration a été com-
plètement modifiée. L’agglomérationpassé de 26 à 43. Le nombre de commu-
Cette caractéristique bretonne se nes constituant ces agglomérations a urbaine de Lannion est passée de2à13
retrouve dans trois départements : dans communes, d’une part en se fondantaugmenté de 88 à 156 et leur popula-
les Côtes-d’Armor où 91 % de l’accrois- tion de 1 005 000 à 1 279 500 habitants. avec l’agglomération urbaine de Per-
sement de la population urbaine est dû à ros-Guirec constituée des communes
l’augmentation du nombre de commu- Ces nouvelles agglomérations de Perros-Guirec, Saint-Quay-Perros,
nes urbaines, contre 88 % dans le Finis- Trégastel et Louannec et d’autre part ensont issues du regroupement de com-
tère et 80 % dans le Morbihan. Par munes qui étaient classées rurales en intégrant 7 communes rurales : Pleu-
contre, en Ille-et-Vilaine, en raison no- meur-Bodou, Trébeurden, Ploulec’h, et1990 (Plouagat, Plouaret, Pleslin-Triga-
tamment de la croissance des commu- vou, Plaintel, Porspoder, Penmarch) ou également Kermaria-Sulard, Trélévern,
nes constituant l’unité urbaine de Ren- Trévou-Tréguignec et Penvénan.d’extension de communes qui étaient
nes, c’est l’augmentation de la classées « villes isolées » en 1990 (Ples-
population dans les communes déjà ur- Deux phénomènes expliquenttin-Les-Grèves, Paimpol, Carantec, Bé-
baines qui est l’explication principale nodet, Chateaulin, Lannilis, Quimperlé, ces évolutions :
(63 % ). Saint-Pol-de-Léon). Environ les 3/4 des
agglomérations urbaines nouvelles se si- le modèle classique de l’étale-
263 communes urbaines ont été ment urbain : arrivée de familles avectuent dans les Côtes-d’Armor et le
répertoriées en 1999 contre 187 en Finistère. de jeunes enfants vers des communes
1990. Les 76 nouvelles communes ur- proches de la ville centre. Le dévelop-
baines bretonnes représentent 11,6 % Les agglomérations urbaines bre- pement de l’habitat dans ces commu-
des 657 communes urbaines supplé- nes conduit alors à leur rattachementtonnes déjà existantes en 1990 peuvent
mentaires enregistrées France entière, être classées en trois catégories : celles pour constituer ou agrandir une agglo-
ce qui classe la Bretagne au 3ème rang mération urbaine multicommunale.dont la composition communale n’a pas
des régions françaises ayant connu la changé, celles qui se sont étendues par
plus forte progression du nombre de le développement des résiden-intégration d’une ou parfois plusieurs
communes urbaines, derrière les ré- communes, et celles dont la configura- ces secondaires, déjà signalé précé-
gions Rhône-Alpes (13,7 %) et Aqui- demment, qui conduit à un regroupe-tion a été totalement modifiée.
taine (13,2 %). ment de communes dont la population
agglomérée dépasse alors le seuil de Les agglomérations urbaines de
Les communes urbaines repré- Dinard, Saint-Brieuc, Concarneau, Etel 2 000 habitants.
sentent désormais 20,7 % des commu- et Lorient font partie de la première ca-
nes de la région, contre 14,7 % en 1990. tégorie : leur contour n’a pas été modi- Dans le cas de Lannion, on peut
Les départements bretons suivent tous penser que les deux explications se cu-fié. Elles ont enregistré une augmenta-
cette tendance avec, comme pour la po- tion de population. D’autres, comme mulent puisque l’habitat principal se
pulation des unités urbaines, une crois- développe autour de la ville de Lannioncelles de Dinan, Audierne, Fougères,
sance nettement moins marquée en
Ille-et-Vilaine. C’est le département du
Finistère qui compte la plus grande part
de communes urbaines avec 29,0 %,
Évolution des unités urbaines entre 1990 et 1999 en Bretagne
devant le Morbihan avec 21,5 %. Puis
viennent ensuite les Côtes-d’Armor avec 1990 1999
17,5 % et l’Ille-et-Vilaine avec 17 %.
Nombre d’unités urbaines 125 150
Nombre de communes urbaines 187 263Cet accroissement du nombre de
communes urbaines se situe principale- dont communes appartenant à une
ment sur la bande littorale, sauf en agglomération multicommunale 88 156
Ille-et-Vilaine. La Bretagne étant une ré- dont villes isolées 99 107
gion à forte fréquentation touristique, le
8 Octant n° 82 - juin 2000Recensement de la population 1999
et l’habitat secondaire dans des commu- population agglomérée est passée en 1982 à 597 500 en 1990 et à 593 500
nes plus éloignées qui se touchent dessous du le seuil de 2 000 habitants. en 1999. La part de leur population
désormais. dans l’ensemble de la ur-
Environ deux-tiers des nouvelles baine n’est plus que de 32 % en 1999
Le nombre de villes isolées (l’ag- villes isolées se situent dans deux dé- contre 40 % auparavant.
glomération s’étend alors sur une seule partements : le Finistère (Clohars-Car-
commune) a peu progressé en Bre- noët, Combrit, Landeda, Locma- La notion d’unité urbaine (voir
tagne, passant de 99 en 1990 à 107 en ria-Plouzané, Plouescat, Plougasnou, définition) est un outil adapté pour ana-
1999. Leur part dans l’ensemble des Plougonvelin, Plouigneau, Plozevet et lyser le fait urbain dans sa dimension
communes urbaines, qui dépassait Saint-Evarzec) et le Morbihan (Arra- lieu d’habitat. D’autres outils, comme
50 % en 1990 ne représente plus que don, Belz, Elven, Gacilly, Languidic, la notion d’aire urbaine, répondent à
41 % en 1999. Parmi les 99 villes iso- Plescop, Saint-Pierre-Quiberon, Sar- une autre dimension : celle de l’emploi.
lées en 1990, la plupart (79) le sont res- zeau et Séné).
tés en 1999, d’autres se sont intégrées
dans des agglomérations multicommu- La population des villes isolées
nales et une est redevenue rurale, Cal- est en diminution depuis le début des
lac dans les Côtes-d’Armor dont la années 1980, passant de 608 600 en
Jean-Michel GRIGNON
Octant n° 82 - juin 2000 9

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