Vers une meilleure adaptation des équipementsà la population en région Centre

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Du fait de la structure de son territoire, vaste et peu dense, une part importante de la population de la région Centre se trouve éloignée d'équipements et de services. Les zones les plus urbaines, à fort dynamisme démographique, sont les plus favorisées mais risquent à l'avenir une saturation de leurs équipements. Le périurbain apparaît comme sous-doté en la matière. Les territoires ruraux, dans leur ensemble, sont relativement bien équipés. Mais, pour certains d'entre eux se pose la question du maintien ou du développement d'équipements pour répondre aux besoins d'une population dispersée et vieillissante. Ces enjeux seront particulièrement importants pour les services de santé ou aux personnes âgées, domaines dans lesquels la région accuse un fort déficit, sans oublier l'alimentation de proximité.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Vers une meilleure adaptation
des équipements à la population en région Centre
Du fait de la structure de son territoire, vaste et peu dense, une part im-
portante de la population de la région Centre se trouve éloignée d’équi-
pements et de services. Les zones les plus urbaines, à fort dynamisme
démographique, sont les plus favorisées mais risquent à l’avenir une
saturation de leurs équipements. Le périurbain apparaît comme
sous-doté en la matière. Les territoires ruraux, dans leur ensemble,
sont relativement bien équipés. Mais, pour certains d’entre eux se
pose la question du maintien ou du développement d’équipements
pour répondre aux besoins d’une population dispersée et vieillissante.
Ces enjeux seront particulièrement importants pour les services de
santé ou aux personnes âgées, domaines dans lesquels la région ac-© WikiMedia
cuse un fort déficit, sans oublier l'alimentation de proximité.
Le niveau et l’accès de la population Le type d’espace, la taille des commu- communes les plus peuplées sont en
aux équipements sont des enjeux im- nes - superficie et population - sont au- général les mieux dotées en équipe-
portants pour l’aménagement des terri- tant d’éléments qui vont influer sur la ment. Dans les zones rurales où la po-
toires. La présence de commerces localisation, la densité et l’accès aux pulation est plus clairsemée et le
alimentaires et non alimentaires, d’arti- services à la population. Pour qu’un réseau routier moins dense, les temps
sans, d’écoles, d’établissements et de équipement soit viable, la demande d’accès sont allongés.
spécialistes dans le domaine de la san- doit être suffisamment forte. Ainsi les L’espace rural de la région Centre est
té ou encore de services publics est
L’accès aux équipements plus difficileun atout indéniable pour un territoire
dans les espaces périurbains du Centreafin d’assurer une bonne qualité de vie
durée moyenne d’accessibilité (en minutes)à sa population. Outre le maintien des
résidents, cela peut favoriser l’arrivée Nombre moyen
Temps d'accès d'équipementsde nouveaux habitants.
par commune
Centre Province Centre ProvinceL’espace rural relativement
rural 4,6 4,6 10,6 8,6bien équipé en services de
Type d'espace périurbain 4,9 4,3 8,7 9,4proximité
urbain 0,9 0,9 42,0 37,7
proximité 1,2 1,1 8,2 7,6La légère faiblesse en termes d’équi-
Gamme d'équipement intermédiaire 4,6 3,9 2,4 2,6pement de la région Centre par rap-
supérieure 11,6 10,0 0,8 1,0port à la moyenne des régions de
ensemble 3,0 2,6 11,5 11,2province s’explique en partie par sa
Note de lecture : dans l’espace périurbain du Centre, le temps de trajet moyen en voiture pour accéder à
structure : territoire plutôt rural et un équipement est de 4,9 minutes (de sa commune de domicile à la commune de l’équipement).
vaste avec une population dispersée. Source : Insee, Base permanente des équipements 2008
1
www.insee.fr/centreInsee
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Les pôles de service dans le Centre et à proximité le plus et donc où les besoins
©IGN - Insee 2011 Évreux pourraient devenir les plus importants.
Falaise
Verneuil- Des enjeux variables selon les
sur-Avre Dreux
perspectives d’équipementArgentan L' Aigle
des territoiresRambouillet
Provins
Mortagne-au-Perche
DourdanAlençon Montereau- Selon le niveau actuel d’équipement -
Chartres Fault-Yonne
Mamers densité et accès - et l’évolution pro-Étampes FontainebleauNogent-le-Rotrou
jetée de la population, les perspecti-Nemours
La Ferté-Bernard Sens ves d’équipement ne sont pas les
Pithiviers
mêmes. Cette mise en regard deChâteaudun
l’offre actuelle et de la demande future
Le Mans Saint-Jean-de-Braye Montargis implique des risques différents selon
Orléans
qu’il y ait adéquation, excès d’offre ouOlivet
VendômeLa Flèche Gien excès de demande. Pour certains équi-
pements, l’offre s’adaptera d’elle-
Blois
même. Mais pour d’autres, elle pourra
Saint-Cyr-sur-Loire être accompagnée par les pouvoirs pu-
Amboise Cosne-Cours-Tours blics en fonction des risques diagnosti-Romorantin- sur-LoireSaint-Pierre-des-CorpsSaumur Joué-lès-Tours Lanthenay qués. Les dix-huit bassins démogra-Vierzon
phiques de la région Centre ont ainsiChinon
Loches été classés en cinq groupes.Loudun
Bourges Nevers
Issoudun Le premier groupe, constitué des bas-
sins démographiques de Romorantin,
Châtellerault Châteauroux
Bourges-Vierzon et Châteauroux-
Saint-Amand-Montrond
Issoudun, se caractérise par une
Le Blanc
Poitiers bonne adéquation entre l’offre actuelleLa Châtre
en équipements et la demande future.
Montmorillon Pour le premier bassin cité, la popula-
Montluçon
tion pourrait croître, en particulier dans
les communes les plus urbaines. Les
Type d'espacePôle de service équipements actuels apparaissent suffi-
de proximité périurbain
intermédiaire rural samment nombreux pour accompa-
Source : Insee, Recensement de la population - urbainsupérieur
Base permanente des équipements 2008 gner cette hausse de population. Les
temps d’accès moyens devraient
Saint-Amand-Montrond. Les pôles in- même s’améliorer, les nouveaux rési-plutôt bien équipé (10,6 équipements
termédiaires sont peu nombreux et les dents s’installant principalement danspar commune contre 8,6 pour l’espace
pôles supérieurs absents. Cet espace les zones urbaines où les équipe-rural de province), notamment en ser-
est pourtant celui où la population croît ments sont les plus présents. Pour lesvice de proximité. Les distances d’ac-
cès plus longues expliquent que les
temps correspondants soient compa-
Un classement des équipements en trois gammes
rables à ceux de province. Des pôles
de service intermédiaires et même Trois gammes d’équipements ont été Ces trois gammes mettent en évi-
quatre pôles supérieurs (La Châtre, créées selon leur fréquence sur le terri- dence une organisation hiérarchisée
Loches, Le Blanc, Chinon) viennent toire et la proximité du service rendu. du territoire en termes de services à
compléter l’offre d’équipement en La gamme de proximité regroupe des la population. Pour chacune d’entre
zone rurale. équipements dits de première nécessi- elles, on peut identifier des pôles de
Dans les espaces urbains du Centre, té tels que la boulangerie, l’école élé- services. Une commune est pôle de
l’accès aux équipements est égale- mentaire, l’artisan ou le médecin service d’une gamme si elle possède
ment d’un niveau comparable à la généraliste (24 équipements au total). au moins la moitié des équipements
moyenne des régions de province. La gamme intermédiaire est com- de la gamme. Ce sont généralement
Chaque aire urbaine de la région pos- posée d’équipements un peu moins les communes les plus peuplées qui
sède un pôle de service supérieur, cel- fréquents tels que le supermarché, le proposeront les équipements les plus
les de Tours et d’Orléans en comptent collège ou le magasin de vêtements rares. Ainsi, les pôles de service des
même plusieurs. À l’inverse, le périur- (28 équipements). trois gammes sont emboîtés,
bain est sous-doté, notamment sur les La gamme supérieure rassemble des c’est-à-dire qu’un pôle intermédiaire
franges parisiennes de l’Eure-et-Loir équipements plus rares comme le lycée, est aussi un pôle de proximité et un
et du nord-est du Loiret ainsi qu’entre l’hypermarché, l’hôpital ou des spéciali- pôle supérieur est également pôle in-
Bourges, Châteauroux, Romorantin et tés médicales (36 équipements). termédiaire et donc de proximité.
2 2Insee
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deux autres bassins démographiques,
l’accès aux équipements est bon mais L’accès aux équipements et services : un enjeu majeur pour
la densité un peu faible. Avec une dimi- l’aménagement du territoire régional
nution possible de la population de
En juin 2010, les élus du Conseil régional du Centre ont décidé, à l’unanimité,ces zones, il suffirait de maintenir le ni-
de lancer l’élaboration du Schéma r d’aménagement et de développe-veau actuel d’équipement pour arriver
ment durable du territoire (SRADDT). D’après la loi, ce schéma doit fixer « lesà une bonne adéquation. Cela n’empê-
orientations fondamentales, à moyen terme, du développement durable du terri-chera pas des problèmes d’équipe-
toire régional ». Au sein de ce schéma, la question du maillage du territoire enment sur quelques communes ou sur
termes d’équipements et services à la population doit occuper une place de pre-un type d’équipement en particulier.
mier plan. Il est en effet indispensable que tous les habitants aient un accès en
Les bassins démographiques de Du- un temps raisonnable aux services et équipements essentiels.
nois-Perche, Vendôme, Pithiviers, Afin de nourrir les travaux d’élaboration du SRADDT, la Région Centre a souhai-
Montargis et Gien forment le té nouer un partenariat avec l’Insee afin de disposer d’éléments objectifs sur la
deuxième groupe. Ce sont des bas- localisation et sur l’accès aux équipements et services sur le territoire régional.
sins plutôt sous-équipés actuelle-
Région Centrement : accès aux équipements
relativement long et densité faible ou
moyenne. Avec une progression at- déplacement domicile-travail sur l’ac- turation des équipements. Si la popula-
cès aux équipements joue moins dans tion peut accéder rapidement àtendue de leur population, la situation
les autres bassins démographiques ceux-ci, c’est que ces zones à domi-pourrait empirer à l’avenir. Pour le bas-
sin de Pithiviers, les déplacements do- compte tenu d’une plus faible propor- nante urbaine disposent d’éléments fa-
micile-travail jouent un rôle important tion de navetteurs. vorables : population concentrée,
réseau routier dense, accès aux trans-sur l’accès aux équipements. En effet, Pour les troisième et quatrième grou-
ports collectifs. Par contre, la densitéune part importante des habitants de pes, bassins ruraux du sud de la ré-
cette zone est amenée à se déplacer d’équipement y est peu élevée. Cela
gion, le risque se situe plutôt au
quotidiennement pour rejoindre son ne signifie pas pour autant que la capa-
niveau de l’accès aux équipements.
cité d’accueil soit plus faible, les équi-lieu de travail dans les grands pôles En effet, ces bassins démographiques
pements étant souvent de plus granded’emploi d’Orléans et de Paris. Ces na- ont les plus fortes densités d’équipe-
vetteurs ont alors la possibilité au taille. Avec une population en crois-
ment de la région mais aussi les temps
cours de leur déplacement d’accéder sance, il pourrait survenir une satura-
d’accès les plus longs. Cela s’explique
tion avec pour conséquence uneà des équipements qui auraient été par le caractère rural de ces zones : la
dégradation des conditions d’utilisa-plus éloignés autrement. C’est le cas population est moins nombreuse et
également pour le bassin démogra- tion de ces équipements.
plus dispersée. Avec une population
phique de Montargis. L’effet positif du Avec le vieillissement de la popula-qui pourrait diminuer localement, plu-
sieurs équipements tion, les services aux personnes
âgées et les équipements de santédevraient fermer ouDes perspectives d’équipement déclinées
(hôpitaux, médecins, spécialistes…)du moins se rassem-en cinq groupes
vont prendre encore plus d’impor-bler dans quelques pô-
tance pour les populations. Accéder fa-les. L’alternative au
cilement à ces équipements sera unmaintien d’équipe-
Chartres- élément prépondérant au bien-êtrements peut-être laDreux
des populations et pour l’attractivitémise en place de
des territoires, ce qui constitue demoyens de transport
Dunois- grands défis pour les politiques publi-Perche pour les populationsPithiviers
ques. L’alimentation de proximité, ré-les plus éloignées.
vélateur des besoins élémentairesMontargis L’enjeu est ici d’éviter
OrléansVendôme des populations, mérite aussi une at-qu’une partie de la po-
tention particulière, notamment enGien pulation de ces zones
Blois zone rurale.se retrouve isolée
Tours-Amboise voireexcluedenom-Romorantin Sancerre- Un enjeu pour l’avenir : leAubigny-sur-Nère breux équipements y
Chinon développement de servicescompris ceux dits de
Bourges-Vierzon aux personnes âgéesLoches proximité.
Le Blanc
Le cinquième groupe, Pour les personnes âgées dont leChâteauroux-
Typologie de l'équipement St Amand-Issoudun
des bassins démographiques composé des bassins nombre va fortement croître dans les an-Montrond
Groupe 1 démographiques de nées à venir, la problématique est 2 La Châtre-
Argenton-sur-CreuseGroupe 3 Chartres-Dreux, double. D’un côté leur offrir des services 4
Orléans, Blois et et des aides (repas et soins à domicileGroupe 5
Tours-Amboise, pré- par exemple) afin qu’elles puissent res-
Sources : Insee, Base permanente des équipements 2008 sente un risque de sa- ter à leur domicile. De l’autre, leur propo-
3
©IGN - Insee 2011Insee
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Des zones en déficit d'accès qui diffèrent selon les domaines :
typologie d'accès aux équipements
Services aux personnes âgées Santé quotidienne Alimentation de proximité
Communes à temps d'accès relatif favorable à temps relatif proche de la référenceSources : Insee, Base permanente des
équipements 2008 à temps d'accès relatif défavorable
ser des solutions d’hébergement tants de plus de 75 ans), le constat est plus de 20 équipements pour
rapprochées afin qu’elles puissent le même : elle est deux fois moins forte 10 000 habitants de plus de 75 ans, les
maintenir le lien social avec leurs pro- en région Centre que pour la moyenne bassins démographiques de Romoran-
ches. des régions de province (8 contre 17). tin, Châteauroux-Issoudun, Chinon,
Les services aux personnes âgées au- Les bassins démographiques de Lo- Le Blanc, Tours-Amboise et Vendôme
tres que l’hébergement sont ches, Chinon et Pithiviers qui sont les sont les mieux équipés de la région
principalement des services dispensés mieux pourvus de la région ont un ni- dans ce domaine. Le bassin démogra-
à domicile. Ainsi l’accès ne va pas re- veau à peine supérieur à la moyenne phique d’Orléans a une densité assez
présenter le temps nécessaire aux per- des régions de province. Tous les au- faible (15,7) mais un pourcentage de
sonnes âgées pour se rendre à la tres bassins démographiques du communes équipées élevé (25 %). On
structure délivrant ce service mais plu- Centre ont une densité inférieure ou peut donc supposer que le nombre d’é-
tôt le temps de trajet effectué par les em- égale à dix. Même si les impératifs de quipements rapporté à la population y
ployés pour prodiguer ce service. C’est localisation sont moins importants est faible mais que ces derniers ont
donc le niveau et la qualité de l’offre qui pour les hébergements, l’offre doit être des capacités d’accueil plus élevées
vont être indirectement estimés ici. bien répartie sur le territoire. La région que la moyenne. À l’inverse, les bas-
Plus l’éloignement sera important, plus Centre a une des plus faibles densités sins démographiques de Blois, Montar-
il sera difficile de fournir ces services. d’hébergements pour personnes gis, Pithiviers et Bourges-Vierzon sont
L’offre est particulièrement faible en ré- âgées des régions françaises. Avec les moins bien dotés de la région.
gion Centre puisque le temps d’accès
moyen est 50 % plus élevé que pour les
Typologie
régions de province. De plus, 37,5 %
des habitants du Centre vivent dans Pour chaque commune, le temps d’ac- afin d’annuler l’effet de l’espace
une commune en « zone rouge » (cf. ty- cès moyen est relativisé par rapport au lui-même sur les comparaisons.
pologie et cartes). On les retrouve prin- temps de référence de l’ensemble des Les communes à temps d’accès relatif
cipalement dans le sud de la région régions de province pour un espace défavorable (zone rouge) sont celles
autour des zones de Romorantin, San- (urbain, périurbain, rural) identique. dont le temps est supérieur à 1,25 fois
cerre, Saint-Amand-Montrond, Vier- En effet, les temps d’accès sont géné- celui de la référence. De même, pour
zon, La Châtre, Amboise et au ralement beaucoup plus courts dans les communes à temps d’accès relatif
nord-ouest de Vendôme. les espaces urbains que ruraux. Mais favorable (zone verte), le ratio est de
ceci est le cas pour toutes les régions. 0,75. Les autres communes (en gris)Concernant la densité (nombre de
Il convient donc de comparer les ont un temps d’accès relatif dit proche.structures offrant des services aux
temps pour un type d’espace identiquepersonnes âgées pour 10 000 habi-
4 4Insee
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Santé quotidienne : un déficit dienne » mais également (« moins charcuterie, le supermarché, l’épicerie
d’accès généralisé hormis sur fréquente ») pour 10 000 habitants. Ce- ou la supérette, la logique d’implanta-
l’axe ligérien pendant, seul le bassin de tion est différente. Ces équipements
Tours-Amboise est au niveau de la auront tendance à se créer dans les
La santé est un autre domaine de la moyenne des régions de province, no- zones où la population est amenée à
vie quotidienne où la région Centre ac-
tamment grâce à la présence du centre croître, et à fermer dans les commu-
cuse un fort déficit d’équipements.
hospitalier régional et universitaire nes en déclin démographique. Une vi-
Avec 92 médecins généralistes et (CHRU). gilance doit être portée sur l’alimen-
65 spécialistes pour 100 000 habitants tation de proximité, en tant que besoiner À l’inverse, le nord de la région pré-au 1 janvier 2009, la densité médi-
élémentaire pour les populations les
sente la densité d’équipement la pluscale y est l’une des plus faibles de
plus isolées. Dans les petits villages,
faible (environ 25 équipements de san-France (respectivement 110 et ces commerces vont au-delà de leur
té, « quotidienne » et « moins fré-87 pour la France métropolitaine). Ce simple rôle alimentaire : ils sont un lieu
quente »), pour 10 000 habitants. Lesconstat se vérifie particulièrement
de vie et d’animation. Ils offrent parfois
temps d’accès les plus élevés concer-pour les équipements de santé « quoti-
des services complémentaires
nent les bassins démographiques dudienne » tels que le médecin, la phar- (presse, poste par exemple). Le main-
sud de la région (La Châtre-Argen-macie, l’infirmier, le dentiste ou le tien de ces commerces via la mobilisa-
ton-sur-Creuse, Sancerre-Aubigny-masseur kinésithérapeute. Plus de la
tion des collectivités locales et autres
sur-Nère, Le Blanc, Saint-Amand-moitié des communes régionales ont
acteurs locaux est un enjeu majeur
Montrond). La création de maisons deun temps d’accès supérieur à la pour ces communes.
santé pluridisciplinaires, encouragéemoyenne de province, mais seule-
par l’État et la Région, est une réponse Dans la région Centre, plus d’une com-ment 18 % de la population vit dans
quand le tissu de professionnels reste mune sur deux ne dispose pas desces « zones rouges ». Pour les établis-
assez fourni pour initier un projet col-sements de santé (hôpitaux, materni- cinq principaux commerces d’alimenta-
lectif. Elle sera toutefois rarement suffi-té…) et les spécialistes (gynécologue, tion de proximité tandis que seulement
sante et le recours à des solutionscardiologue…) 13 % des communes trente communes les ont tous. L’accès
alternatives sera nécessaire (télémé-sont en « zone rouge » pour une part à ces commerces depuis les commu-
decine, voire déplacement desde population identique. nes non équipées est très disparate.
patients vers les pôles urbains). Autour de l’axe ligérien, les accès auxLes bassins démographiques de
équipements sont bons. Pour le resteTours-Amboise et de Blois se distinguent Des risques d’abandon de
du territoire, l’accès est souvent plus dif-par un très bon équipement. Outre un services de proximité sur
ficile, en particulier dans les bassins dé-temps d’accès très court, ils ont la densi- certains territoires
mographiques de Pithiviers, Chinon,té d’équipement la plus élevée de la ré-
gion avec respectivement 64 et Pour les commerces d’alimentation de La Châtre-Argenton-sur-Creuse, San-
58 équipements de santé (« quoti- proximité tels que la boulangerie, la cerre-Aubigny-sur-Nère.
Temps d'accès moyen par bassin démographique et par domaine
Services aux personnes âgées Santé quotidienne Alimentation de proximité
Chartres-Dreux Chartres-DreuxChartres-Dreux
Dunois-Perche Dunois-PerchePithiviers Dunois-Perche PithiviersPithiviers
MontargisMontargis MontargisOrléans Orléans Orléans
Vendôme VendômeVendôme
Gien Gien Gien
Blois Blois Blois
Tours-Amboise Tours-AmboiseRomorantin Tours-Amboise Romorantin RomorantinSancerre- Sancerre-Sancerre-
Aubigny-sur-Nère Aubigny-sur-NèreAubigny-sur-Nère
Chinon ChinonChinon
Bourges- Bourges-Bourges-Loches LochesLochesVierzon VierzonVierzon
Le Blanc Le Blanc Le Blanc
Châteauroux- Châteauroux-Châteauroux-
Issoudun Issoudun Issoudun
St Amand- St Amand-St Amand-
Montrond MontrondMontrond
La Châtre- La Châtre- La Châtre-
Argenton-sur-Creuse Argenton-sur-CreuseArgenton-sur-Creuse
Services aux personnes âgées Santé quotidienne Alimentation de proximité
temps d'accès (en minutes) temps d'accès (en minutes) temps d'accès (en minutes)
20 et plus 2,5 et plus 3 ou plus
de 15 à moins de 20 de 1,5 à moins de 2,5 de2àmoins de 3
moins de 15 moins de 1,5 moins de 2
Sources : Insee, Base permanente des équipements 2008
5Insee
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Méthodologie
La base permanente des équipements du Système Éducatif du ministère chargé proche possédant cet équipement. Si l’équi-
(BPE) recense un large éventail d’équipe- de l’éducation) et quelques sources com- pement est présent dans la commune de do-
ments et de services rendus à la popula- plémentaires telles que les services de la micile, la durée est égale à zéro. Ces durées
tion, par commune sur l’ensemble du sont calculées pour des trajets en voiture engendarmerie nationale ou les enquêtes
territoire. Elle couvre les champs du com- Insee sur l’hôtellerie. heures creuses à partir du distancier inter-
merce et des services marchands ou non communal Odomatrix développé par l’Inra
Bassins démographiques : une typologie
marchands (santé, action sociale, éduca- (UMR 1041 CESAER).
des communes de la région Centre a été
tion, tourisme…). Pour les gammes ou paniers d’équipe-
réalisée selon des indicateurs socio-démo-
Le recensement se fait à partir de fichiers ments, la durée est pondérée par la popula-
graphiques (évolution de population, indice
administratifs et des vérifications ont lieu tion et par la fréquence de l’équipement.
de vieillesse, activité, diplômes, taux de ré-
sur le terrain lors des recensements an-
sidences principales…). Les communes Espaces : le territoire a été découpé en
nuels de population. Les principales sour-
ont été réparties en trois classes selon le ni- trois types d’espaces.
ces sont le répertoire SIRENE (Système
veau de dynamisme démographique (fort, L’espace urbain comprend les unités urbai-
Informatisé du Répertoire des ENtreprises
intermédiaire, faible). Cette typologie des nes offrant plus de 5 000 emplois.et des Établissements géré par l’Insee
communes a permis de délimiter des terri- Le périurbain tient compte des déplace-pour les services et commerces), ADELI
toires infrarégionaux, les dix-huit bassins ments domicile-travail. Ce sont des(Automatisation DEs LIstes des médecins,
démographiques, ayant connu des évolu- communes où plus de 40 % de la popula-chirurgiens-dentistes, pharmaciens et auxi-
tions de population relativement homogè- tion résidente a un emploi dans un pôle ouliaires médicaux du ministère chargé de la
nes. dans des communes attirées par celui-ci.santé), FINESS (FIchier National des Éta-
L’espace rural regroupe l’ensemble des pe-blissements Sanitaires et Sociaux du minis- Les durées d’accessibilité : la durée d’ac-
tites unités urbaines et des communes ru-tère chargé de la santé et de la protection cessibilité à un équipement correspond au
rales qui n’appartiennent pas à l’espacesociale), RAMSESE (Répertoire Acadé- temps mis pour faire le trajet aller (depuis
urbain et périurbain.mique et Ministériel Sur les Établissements son domicile) jusqu’à la commune la plus
Composition des équipements
pneumologie, stomatologie), radiodiagnos-Alimentation de proximité : boulangerie, santé long séjour, établissement psychia-
charcuterie-boucherie, supérette, épicerie, trique avec hébergement, centre de lutte tic, imagerie médicale, opticien-lunetier, or-
supermarché. contre le cancer, urgence, maternité, centre thophoniste, orthoptiste, pédicure-
de santé, structure psychiatrique en ambu- podologue, audioprothésiste, ergothéra-
Santé « quotidienne » : médecin omnipra-
lance, centre de médecine préventive, dia- peute, psychomotricien.
ticien, chirurgien dentiste, infirmier, phar-
lyse, laboratoire d’analyses médicales,
macie, masseur kinésithérapeute. Personnes âgées : soins à domicile, servi-
transfusion sanguine, différents spécialis-
ces d’aide, foyers restaurants, services de
Santé « moins fréquente » : établisse- tes (cardiologie, dermatologie, gynécologie,
repas à domicile.
ment de santé court séjour, établissement gastro-entérologie, psychiatrie, ophtalmo-
de santé moyen séjour, ét de logie, oto-rhino-laryngologie, pédiatrie,
Pour en savoir plusDirecteur de la publication
Dominique Perrin « Équipements de proximité et accessibilité dans les territoires de Champagne-Ardenne, antici-
per les besoins de demain » Insee Flash Champagne-Ardenne n° 133, avril 2011.
Coordination des études
« Rural Limousin : un accès inégal aux commerces et services » Focal n° 56, juillet 2009.Olivier Aguer
« Les commerces et services en Nord-Pas-de-Calais : une implantation plus accessible qu’ail-
Auteurs
leurs » Pages de profil n° 75, juillet 2010.
Benjamin Méreau
« Les Picards à 18 mn des équipements et services » Analyses n° 53, janvier 2011.Gilles Pellati
« L’accès aux équipements en Rhône-Alpes : un tiers des communes sont pôles de services de
Rédactionenchef
proximité » La lettre n° 118, septembre 2009.Philippe Calatayud
Danielle Malody
Maquettiste / Webmestre Institut national de la statistique et des études économiques
Christian Leguay / Yves Dupuis Direction régionale du Centre
131 rue du faubourg Bannier
Relations médias 45034 Orléans Cedex 1
Martine Blouin Tél : 02 38 69 52 52 - Fax : 02 38 69 52 00
Renée Rabany www.insee.fr/centre
Exemplaire non destiné à la vente - ISSN n° 0986-976X - © Insee 2011
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