Combien d'étudiants en Lorraine en 2015 ?

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Les universités lorraines devront faire face à un choc démographique d'ici dix ans. Les effectifs d'étudiants devraient diminuer du seul fait de la baisse des naissances intervenue dès la fin des années 1980 dans leurs régions de recrutement et singulièrement en Lorraine. La projection mécanique des effets démographiques ne prend certes pas en compte l'évolution des structures de recrutement ou le plus fort accès des jeunes à l'enseignement supérieur. Son ampleur cependant mérite d'être quantifiée et anticipée. La prise en compte et la projection des données démographiques de naissances et de migrations constituent un socle de réflexion pour la prospective dans ce domaine.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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www.insee.fr/lorraine Données sur ... N° 32 Juin 2005 > Combien d’étudiants en Lorraine en 2015 ? Les universités lorraines devront faire face à un choc démographique d’ici dix ans. Les effectifs d’étudiants devraient diminuer du seul fait de la baisse des naissances intervenue dès la fin des années 1980 dans leurs régions de recrutement et singulièrement en Lorraine. La projection mécanique des effets démographiques ne prend certes pas en compte l’évolution des structures de recrutement ou le plus fort accès des jeunes à l’enseignement supérieur. Son ampleur cependant mérite d’être quantifiée et anticipée. La prise en compte et la projection des données démographiques de naissances et de migrations constituent un socle de réflexion pour la prospective dans ce domaine. perLdre entre 7 000 et 7 800 étudiants d’iciexpliquent à elles seules près des deux tiers de académie de NancyMetz pourraitla majeure partie ; les générations 19941996 2015, du seul fait de la démographie. Ce constatla baisse des effectifs des étudiants prévue en se base sur l’application du modèle Omphale de2015. projections de population de l’Insee à la popula tion étudiante recensée dans les quatre universi Une baisse du nombre d’étudiants tés lorraines ainsi que dans les classes due à la démographie lorraine postbaccalauréat des lycées en 2003. Deux scénarii ont été retenus pour faire vieillir la popu L’origine géographique des étudiants atelle un lation des bassins de recrutement des universi impact sur l’évolution des effectifs d’ici 2015 ? tés lorraines. Le premier scénario appelé Plus de quatre étudiants sur cinq de l’académie «scénario central» reconduit les tendances ob de NancyMetz (non compris les étudiants d’origine servées entre 1990 et 1999 (cf encadré méthodo étrangère et des DOMTOM) sont originaires de logique) et conduit à une baisse de 7 800 Lorraine. Viennent ensuite par ordre d’impor étudiants soit plus de 13% des effectifs. Le se tance les régions ChampagneArdenne (3,9%), cond scénario, dit de «déclin démographique I l e  d e  F r a n c e(2 , 9 %A l s a c e() ,2 , 3 %) , contenu» (évolution démographique plus favorable FrancheComté et RhôneAlpes (1,8% et 1,6%). pour la Lorraine) conduit à une baisse de 7 000 étudiants, soit un peu moins de 12%. Or si les années 1990 ont vu en France une baisse du nombre des naissances, le phéno La démographie n’est certes qu’un des élémène a été plus marqué en Lorraine et en ments à prendre en compte pour évaluer la poChampagneArdenne. La diminution attendue pulation étudiante d’ici dix ans ; elle n’estde la population lorraine âgée de 19 à 21 cependant pas à négliger, d’autant plus que lesans, conjuguée aux taux de présence les plus projections démographiques des générationsélevés pour cette classe d’âge dans l’ensei susceptibles de suivre des études supérieuresgnement supérieur, conduit inéluctablement en 2015 ne présentent pas ou peu d’incertituà une diminution des effectifs des étudiants. des. En effet, les étudiants de 2015 sont déjàEn effet, ces générations expliquent 60% de nés, les générations 19851997 en constituentla diminution des effectifs estimés en 2015.
Rédigé le 27/06/2005  Directeur de la publication : JeanPaul FRANÇOIS INSEE Lorraine 15 rue du Général Hulot CS 54229  54042 NANCY Tél : 03 83 91 85 85© Insee 2005
Provence Alpes Côte d'Azur
Franche Bourgogne Comté
Pays de la Loire
5 000
Source : Rectorat  Année univesritaire 20032004
15 000
MarieVéronique HENRYWITTMANN (Rectorat de l’académie NancyMetz)
Stéphane THOMAS (Rectorat de l’académie NancyMetz)
Christiane MILLET (InseeLorraine)
Martine NEISS (Insee Lorraine)
Picardie Haute Normandie Basse Île Alsace Normandie Lorraine de France Champagne Ardenne Bretagne
La baisse des effectifs devrait affec ter dans des proportions proches les
10 000
35 000
25 000
30 000
20 000
2015 : 6 000 étudiants d'origine lorraine en moins Répartition des étudiants par région de résidence en 2003 et 2015 50 000
40 000
45 000
Champ : étudiants âgés de 18 à 40 ans en Lorraine Source : Rectorat  Insee (Omphale : scénario de "déclin démographique contenu")
0 Lorraine ChampagneIledeFrance AlsaceFrancheComté RhôneAlpesAutres régions Ardenne
Une période de profondes mutations Enfin, si la démographie est un élé ment indispensable pour estimer le nombre d’étudiants d’ici dix ans, elle n’est naturellement pas le seul et d’au tres facteurs difficiles à quantifier de vraient influencer l’évolution du nombre d’étudiants :  La mise en place du dispositif LMD (li cence mastère doctorat) ayant pour but d’harmoniser les diplômes au niveau eu ropéen influencera sans aucun doute le choix de cursus universitaires des étu diants ; il pourrait également jouer sur la durée moyenne des études.  La volonté affichée d’amener une pro portion toujours plus grande de jeunes à des diplômes de l’enseignement su périeur devrait faire mécaniquement augmenter le nombre d’étudiants, sur tout dans la région Lorraine où l’ensei gnement technique occupe une place Corse plus importante qu’au niveau national.  La concurrence des universités voisi nes qui pourraient être également con frontées au même type de difficultés de recrutement. Cette concurrence pourrait être facilitée par l’arrivée pro chaine du TGV dans l’Est de la France. La mobilité des futurs étudiants pour rait en être accrue, cette mobilité s’ef fectuant bien sûr dans les deux sens.  La montée en puissance de l’universi té de Luxembourg combinée à l’harmo nisation des diplômes européens qui pourrait attirer des jeunes de l’aire d’attraction actuelle de l’académie.
Effectifs 2003 Effectifs 2015
Au total, près de 90% de la baisse du nombre d’étudiants est due à la démographie lorraine.
différentes universités de Lorraine (de 11% à 14% selon les scénarii), et ce malgré un recrutement géogra phique plus ou moins étendu. Il n’est pas possible de donner des estima tions fiables pour l’INPL compte tenu
Une provenance essentiellement du Grand Est Répartition des étudiants selon leur région d'origine
Poitou Charentes Limousin Auvergne RhôneAlpes
Rédigé le 27/06/2005  Directeur de la publication : JeanPaul FRANÇOIS INSEE Lorraine 15 rue du Général Hulot CS 54229  54042 NANCY Tél : 03 83 91 85 85© Insee 2005
Nord PasdeCalais
de ses effectifs plus restreints, et de son mode de recrutement par le biais d’un concours national. Il paraît cependant raisonnable d’imaginer que le recrutement géographique étant beaucoup plus large, le risque d’une diminution des effectifs serait moindre.
Centre
Aquitaine MidiPyrénées Languedoc Roussillon
Au total, le solde migratoire des étudiants est favorable à la région, le nombre de jeunes Lorrains allant suivre leurs étu des hors académie étant inférieur au nombre d’étudiants ve nant d’autres régions. Cette tendance tend à se renforcer.
En 2003, 4 000 étudiants environ viennent de l’étranger. 40% d’entre eux sont issus de pays européens, avec notam ment une forte proportion d’étudiants provenant des pays pro ches que sont le Luxembourg (16% des étrangers) et l’Allemagne (7,5%). Ils sont aussi nombreux à venir d’Afrique (38%) et plus particulièrement d’Afrique du Nord (un étudiant étranger sur 5), principalement du Maroc.
L’âge moyen des étudiants des établissements universitaires, qui n’a pas évolué entre 1998 et 2003, est de 22,7 ans. Les étudiants apparaissent un peu plus âgés à l’université Henri Poincaré (Nancy 1) et un peu moins à l’université Paul Ver laine (Metz). La majorité des étudiants a moins de 30 ans (91,5%) et 80% des étudiants ont entre 18 et 24 ans. Les classes postbac ne couvrent que deux années de scolarité après le baccalauréat et leurs élèves sont, par conséquent, en moyenne un peu plus jeunes, surtout ceux des classes pré paratoires (18,6 ans et 19,9 ans dans les STS).
Par ailleurs, un étudiant non lorrain sur quatre vient d’un dé partement limitrophe à la région. Les autres étudiants vien nent de toutes les autres régions françaises (métropole ou DOMTOM) ou de l’étranger.
(1) Les IUT sont entendus en tant qu’établissements : sont donc considérés comme étudiants d’IUT tous les étudiants y effectuant des études, quel que soit le diplôme préparé.
En 2003, 65 000 étudiants sont inscrits dans les principales filières de l’enseignement supérieur. Parmi eux, 64% font leurs études en université (hors IUT et écoles d’ingénieurs), 10% en IUT (1), 11% dans une école dépendant d’une univer sité et 15% dans une classe postbaccalauréat de lycée : sec tion de technicien supérieur (STS) ou classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE). Par rapport à 1998, les effectifs des universités et leur poids ont diminué alors qu’ils ont augmenté en IUT et dans les écoles.
Cependant, la zone de recrutement est fortement liée au type d’établissement considéré. Ainsi les filières universitaires (hors IUT et grandes écoles) recrutentelles 78% d’étudiants lorrains, proportion qui est comparable à celle des IUT (79%),
Les étudiants lorrains hors lycées se répartissent entre quatre universités : l’université Henri Poincaré (Nancy 1) où sont regroupées les formations scientifiques et de santé, l’u niversité Nancy 2 qui regroupe les filières littéraires et scien ces humaines, juridiques et économiques, l’université Paul Verlaine (Metz) pluridisciplinaire (lettres, sciences humai nes, droit, sciences …) et l’INPL majoritairement composé de grandes écoles scientifiques.
mais bien supérieure à celle des écoles qui accueillent quant à elles moins d’un tiers d’étudiants régionaux. Leur mode de re crutement, par le biais d’un concours national, explique en grande partie ce faible pourcentage.
Avec 85% d’étudiants lorrains, l’université Paul Verlaine (Metz) a un recrutement moins large que les deux universités nancéiennes où la part des étudiants locaux est de trois sur quatre environ (les écoles et IUT étant exclus).
Rédigé le 27/06/2005  Directeur de la publication : JeanPaul FRANÇOIS INSEE Lorraine 15 rue du Général Hulot CS 54229  54042 NANCY Tél : 03 83 91 85 85© Insee 2005
Le recrutement géographique de l’enseignement supérieur lorrain est majoritairement régional : en 2003, l’ensemble des établissements universitaires accueille 72% d’étudiants lorrains et les classes postbaccalauréat de lycée 93,5%. Parmi ces dernières, les STS ont un recrutement plus local que les CPGE (95% de Lorrains dans les premières et 88,6% dans les secondes). La proportion d’étudiants originaires de Lorraine a diminué entre 1998 et 2003, en particulier dans les universités (de 76% à 72%).
Zone de recrutement de Metz
Source : Insee  RP99  exploitation complémentaire
Qui étudie en Lorraine en 2003 ?
Metz
Nancy
Un recrutement plus local à Metz
Note de lecture : la zone de recrutement est définie par la présence d’au moins un étudiant dans la commune
Zone de recrutement de Nancy
Les projections de population En se basant sur les résultats du recensement de 1999, des projections de population sont réalisées à l’aide du modèle Omphale. Ce modèle permet de simuler l’évolution attendue d’une population sur une zone géographique en s’appuyant sur l’examen de la fécondi té, de la mortalité et du solde migratoire (excédent des arrivées par rapport aux départs) au cours d’une période passée, et en formulant des hypothèses d’évolution de ces trois composantes démographiques. Les résultats des projections dépendent donc :  du scénario retenu quant à l’évolution de la fécondité, de la mortalité et du solde migratoire,  mais également de la période dite de «référence» au cours de laquelle sont observés les comportements démographiques pour évaluer la situation de 1999. Les scénarii de projection retenus dans l’étude sont :  Le scénario «central» dont les hypothèses sont les suivantes :  Maintien de la fécondité au niveau de 1999;  Baisse de la mortalité au même rythme que la tendance métropolitaine;  Maintien des quotients migratoires de référence calculés entre les recensements de 1990 et 1999 sur la période de projection.  Le scénario dit «déclin démographique contenu» dont les hypothèses sont :  Hausse des quotients de fécondité par âge de +0,3 d’ici 2020;  Augmentation des quotients de migrations de 0,002 de 2000 à 2020 pour les 1 à 15 ans et les 25 à 40 ans. Ainsi le niveau du solde migratoire diminue de 2 500 entre 1999 et 2020;  Baisse de la mortalité au même rythme que la tendance métropolitaine. Pour la période de référence, on a privilégié la période 19901999 qui convient mieux aux particularités lorraines, compte tenu de la forte modification des comportements migratoires constatée sur la dernière période intercensitaire. Le déficit migratoire lorrain, très dégradé entre 1975 et 1990, s’est en effet largement atténué entre 1990 et 1999. Naturellement, les hypothèses relatives aux quotients de fécondité n’ont pas d’impact sur l’estimation des étudiants en 2015 puisque celleci se base sur des projections de générations nées en 1997 ou avant. Champ de l’étude et méthodologie L’estimation du nombre d’étudiants à l’horizon 2015 est basée sur les résultats des seules évolutions démographiques issues des pro jections Omphale. Champ En 2003/2004, près de 78 000 étudiants font leurs études en Lorraine dans l’enseignement supérieur : universités, Instituts Universi taires de Technologie (IUT), Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM), Sections de Techniciens Supérieurs (STS),Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles (CPGE), écoles paramédicales et sociales, écoles de commerce, etc. Dans cette étude, seuls ont été pris en compte les étudiants des universités, des IUT et des écoles dépendant d’un des quatre établisse ments universitaires lorrains (universitésHenri Poincaré (Nancy1), Nancy 2, Institut National Polytechnique de Lorraine et université Paul Verlaine (Metz)) ainsi que les élèves des classes postbaccalauréat des lycées (STS et CPGE), soit 65 000 étudiants en 2003. Ils re présentent 83% de l’ensemble des étudiants. Les étudiants originaires de l’étranger ne sont pas retenus dans l’évolution du nombre d’étudiants d’ici 2015. Ils sont environ 4 000 à la rentrée 2003. Données disponibles Le Système d’Information sur le Suivi de l’Étudiant (SISE) ainsi que la Base Elèves Académique (BEA) permettent de connaître le nombre d’étudiants :  par âge et région d’origine;  par filière et par cycle. Les données utilisées dans l’étude concernent les rentrées scolaires 1998/1999 et 2003/2004. Coefficient de présence Cet indicateur calculé par âge et par région est le rapport entre le nombre d’étudiants en Lorraine et le nombre d’individus total. Il indique par exemple la proportion d’étudiants de 20 ans, originaires de FrancheComté et inscrits dans l’académie de NancyMetz parmi la popu lation franccomtoise du même âge. L’origine géographique des étudiants est repérée par l’adresse des parents. Estimation du nombre d’étudiants à l’horizon 2015 L’estimation est obtenue en appliquant les coefficients de présence observés en 2003 aux effectifs de la population en 2015 issus des projections Omphale, par âge et par région. Nous ne retiendrons que les étudiants âgés de 18 à 40 ans qui représentent 97% des étu diants en Lorraine. Deux scénarii sont retenus :  le scénario central appliqué pour chaque région, y compris la Lorraine;  le scénario dit de «déclin démographique contenu» pour la seule région Lorraine. Il est apparu nécessaire, afin de vérifier une éventuelle variation des coefficients de présence entre 1998 et 2003, de faire cet exercice en appliquant les coefficients de présence calculés en 1998 aux effectifs issus des projections de la population en 2003 et de comparer les résultats ainsi obtenus aux effectifs réellement observés en 2003. L’écart est quasi nul pour les étudiants âgés de 18 à 40 ans. Enfin, cette étude concerne les étudiants présents en Lorraine, quelle que soit leur région d’origine. Elle ne prend pas en compte une pos sible variation de la part des jeunes Lorrains qui font leurs études dans une autre région.
Rédigé le 27/06/2005  Directeur de la publication : JeanPaul FRANÇOIS INSEE Lorraine 15 rue du Général Hulot CS 54229  54042 NANCY Tél : 03 83 91 85 85© Insee 2005
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