Durée des études, trajectoire scolaire et insertion sur le marché du travail

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Si une scolarité longue reste un facteur favorable à une insertion professionnelle plus rapide et de meilleure qualité, elle ne garantit pas pour autant un recrutement à un niveau de qualification donné. En outre, parmi les jeunes ayant investi dans une trajectoire scolaire longue, la part de ceux qui acceptent un premier emploi d'un niveau hiérarchique faible au regard de leur formation, augmente sensiblement entre les générations nées dans les années soixante et dans les années soixante-dix.
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Éducation, formation 2
Durée des études, trajectoire scolaire
et insertion sur le marché du travail
Pierre Biscourp*
Si une scolarité longue reste un facteur favorable à une insertion
professionnelle plus rapide et de meilleure qualité, elle ne garantit pas
pour autant un recrutement à un niveau de qualification donné. En outre,
parmi les jeunes ayant investi dans une trajectoire scolaire longue, la part
de ceux qui acceptent un premier emploi d’un niveau hiérarchique faible
au regard de leur formation, augmente sensiblement entre les générations
nées dans les années soixante et dans les années soixante-dix.
a durée des études initia- (deux années sur 10 ans), mais la tème éducatif : primaire, collège,
les n’a cessé de croître dispersion s’accroît de nouveau lycée (professionnel, technique
erL depuis l’après-guerre, (figure 1). ou général), 1 cycle du supé-
epassant de 10 ans en moyenne rieur, 2 cycle du supérieur,
epour les générations nées entre 3 cycle du supérieur. Les trajec-
1940 et 1944, à 14 ans pour cel- toires conformes à cette logiqueL’allongement
les nées entre 1970 et 1974. Jus- sont qualifiées de « standard » ;
des trajectoires scolaires
qu’aux générations nées au début les autres trajectoires, qui com-
des années soixante, la disper- portent au moins une réorienta-
sion des durées d’études se res- La trajectoire scolaire est la suc- tion, sont « atypiques » (encadré).
serre : la durée des trajectoires cession des classes suivies depuis
scolaires les plus courtes aug- l’école primaire, sans tenir Dans l’après-guerre, les trajectoi-
mente plus vite que celle des tra- compte des redoublements. L’en- res scolaires « standard » s’achè-
jectoires les plus longues. Ensuite, chaînement des cycles scolaires vent au primaire, au collège ou
la durée moyenne continue d’aug- répond pour la plupart des élèves dans le technique court pour les
menter à un rythme soutenu à une logique inhérente au sys- trois quarts des élèves. Deux
* Pierre Biscourp était, au moment de la rédaction de cet article, chef de la section Profession et qualifications professionnelles de la
division Emploi à l’Insee.
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élèves sur dix accèdent au lycée L’analyse descriptive du lien tent. L’enquête FQP de 1993 per-
et, parmi ceux-ci, la moitié ac- entre trajectoire scolaire et inser- met d’expliquer la longueur des
cède ensuite à l’enseignement su- tion professionnelle est effectuée délais d’obtention. Les enquêtés
périeur. Les trajectoires scolaires ici à partir des données des en- ont en effet été interrogés sur
sont peu diversifiées, et les dévia- quêtes Formation et qualification leurs activités entre la fin de
tions par rapport aux trajectoires professionnelle (FQP) collectées leurs études et leur premier em-
standard rares (5 %). Jusqu’aux par l’Insee en 1993 et 2003 (enca- ploi. Un enquêté sur cinq connaît
générations nées dans les années dré). Ces enquêtes ont l’originali- une période de chômage de plus
soixante, les trajectoires scolaires té de décrire, année par année, la de 6 mois après la fin de sa sco-
les plus courtes s’allongent, le scolarité des personnes interro- larité. Un enquêté sur cinq ef-
passage par le collège se généra- gées mais aussi le premier em- fectue un ou plusieurs stage(s),
lisant.Danslemêmetemps,l’ac- ploi qu’elles ont occupé à l’issue ou une formation post-scolaire.
cès à l’enseignement supérieur à de leurs études initiales. Deux enquêtés sur cinq déclarent
partir des filières générale, tech- avoir eu des emplois occasion-
nique et professionnelle pro- nels avant d’obtenir ce qu’ils
gresse d’une dizaine de points. considèrent comme leur premierLe délai d’obtention
emploi.du premier emploi
Depuis la génération des années
s’allonge
soixante, les trajectoires scolaires Au sein de la filière profession-
s’achevant au primaire, au col- nelle, les personnes qui suivent
lège ou dans le technique court Le délai d’obtention du premier un cursus long trouvent leur pre-
perdent 20 points. Les trajectoi- emploi est très variable (figure 2). mier emploi un peu plus rapide-
res scolaires qui s’arrêtent au Par exemple, parmi la génération ment que celles qui suivent une
lycée (général ou technique) per- née entre 1970 et 1974, les 25 % trajectoire courte (18 mois en
dent quant à elles 6 points. En de personnes qui entrent le plus moyenne contre 25 mois). Ce-
contrepartie, les trajectoires de rapidement dans la vie active pendant, les personnes qui pro-
l’enseignement professionnel long mettent moins de trois mois à longent encore leurs études
gagnent 10 points et l’accès au trouver un premier emploi, alors jusqu’au supérieur ne bénéficient
supérieur 20 points. Sur l’en- que ce délai excède 18 mois pour pas d’une insertion significative-
semble de la période, les trajec- les 25 % de personnes qui éprou- ment plus rapide que celles qui
toires atypiques progressent de vent les plus grandes difficultés se sont arrêtées au niveau du bac
5points. d’insertion. Au sein de ce second professionnel, sans doute parce
groupe, de fortes variations d’une que leurs exigences en termes de
Les élèves qui prolongent leur trajectoire scolaire à l’autre exis- poste occupé sont plus élevées :
scolarité y trouvent un avantage.
Figure 1 - Durée des études initiales* selon les années de naissanceToutefois, quand le nombre de
jeunes arrivant sur le marché du durée en années
18travail avec une formation
longue s’accroît, certaines per-
16
sonnes ayant suivi un cursus
long sont amenées à accepter un 14
emploi moins qualifié que leur
12niveau de formation ne le sug-
gère, si la structure des emplois 10
offerts n’évolue pas au même
8rythme. Ceci tendrait à diminuer
le rendement de l’investissement 6
1940-1944 1945-1949 1950-1954 1955-1959 1960-1964 1964-1965 1970-1974scolaire. Par ailleurs, les filières
années de naissance
e ercourtes retiennent les élèves qui moyenne 3 quartile médiane 1 quartile
éprouvent le plus de difficultés. * Les études initiales correspondent à la période comprise entre l’entrée à l’école primaire et la sortie du système
Ce second effet tendrait à ac- éducatif, sans interruption de plus d’un an.
Lecture : parmi les personnes nées entre 1970 et 1974, les 25 % les moins formées ont passé moins de 12 annéescroître le rendement de l’investis-
er
à l'école depuis la classe de CP (1 quartile) ; les 50 % les moins formées ont une durée d'études inférieure ou
sement par le jeu de la sélection égale à 14 années (médiane) ; les 25 % les plus formées ont quant à elles une durée d'études supérieure ou égale
edans les filières, mais de façon à 17 ans (3 quartile) ;la durée d'études moyenne au sein de ces générations s'établit à 14,4 années.
Source :Insee, enquête FQP 2003.seulement apparente.
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leur accès au premier emploi se Le délai d’obtention du premier chique : ouvrier ou employé non
fait dans les mêmes délais que emploi est en moyenne plus éle- qualifié, o ou qua-
pour l’ensemble des élèves dont la vé dans la génération des années lifié, profession intermédiaire et
trajectoire s’achève dans l’ensei- soixante-dix que dans celle des cadre.
gnement supérieur technique, et années soixante. Cette hausse
plus généralement pour les élèves touche de façon significative tou- Le niveau hiérarchique du
qui accèdent à l’enseignement su- tes les trajectoires scolaires, à premier emploi dépend de la
périeur (19 mois). l’exception des trajectoires se ter- trajectoire scolaire, du délai d’ob-
minant dans l’enseignement tech- tention de l’emploi mais égale-
Ainsi, s’agissant du délai d’obten- nique supérieur. Elle est ment d’autres caractéristiques.
tion du premier emploi, les per- particulièrement marquée pour Certaines de ces caractéristiques
sonnes ayant des scolarités les trajectoires scolaires s’arrêtant sont observables, comme le sexe,
courtes s’achevant au collège ou au collège : pour trouver un pre- l’origine sociale, ou la situation
au lycée général sont celles qui mier emploi, la moitié des jeunes du marché du travail au moment
rencontrent les plus grandes dif- concernés ont besoin de plus de de la fin des études (décrite ici
ficultés d’insertion. Ces trajectoi- 10 mois dans la génération par le taux de chômage des
res scolaires n’offrent pas de 1960-1964, contre 20 mois dans moins de 25 ans lors de l’année
qualification adaptée à un type la génération 1970-1974. de fin d’études). D’autres sont
d’emploi déterminé. Dans ces inobservables, en particulier les
conditions, l’obtention d’un em- caractéristiques comportementa-
ploi est tributaire de facteurs très Le niveau hiérarchique les, ou l’insertion dans un réseau
inégalement répartis, comme le de relations.du premier emploi tend
capital social, l’environnement fa- à augmenter avec la
milial, l’appartenance à un ré- En moyenne, la probabilité d’ob-
longueur de la scolarité
seau de relations. Les trajectoires tenir un premier emploi non
techniques courtes occupent qualifié décroît avec la longueur
quant à elles une position inter- La qualité des emplois salariés de la scolarité (figure 3). Cette
médiaire. est décrite par leur niveau hiérar- probabilité est maximale pour les
Figure 2 - Délai d’obtention du premier emploi et trajectoire scolaire
en mois
Délai d’obtention du premier emploi
er e
Trajectoire scolaire* Moyenne 1 quartile Médiane 3 quartile
1960-1964 1970-1974 1960-1964 1970-1974 1960-1964 1970-1974 1960-1964 1970-1974
er
Secondaire 1 cycle 30 39 3 3 10 20 44 60
Professionnel court 15 21 2256 19 25 long 12 14 1266 20 18
Professionnel long / supérieur 10 17 1 3 5 11 18 19
Secondaire technique 15 26 3 3 8 14 19 33 / supérieur 13 17 3 3 12 10 20 21
e
Secondaire 2 cycle 24 34 3 3 9 14 30 51
e
Supérieur 3 cycle 9 14 1357 15 18
e 2 cycle 10 19 3 3 8 12 15 27
er
Supérieur 1 cycle 16 24 3 4 9 13 24 39 technique 13 16 2267 16 19
Trajectoires atypiques 8 16 1238 13 21
* La construction des trajectoires scolaires est décrite dans l’encadré.
Champ : personnes ayant obtenu un emploi.
eLecture : parmi les personnes nées entre 1970 et 1974 et ayant arrêté leur scolarité au lycée général (secondaire 2 cycle), les 25 % qui se sont insérés le plus
errapidement ont mis moins de 3 mois à trouver un emploi (1 quartile) ; les 50 % qui se sont insérés le plus rapidement l’ont fait en moins 14 mois (médiane) ;
eles 25 % dont l’insertion a été la plus longue n’ont obtenu leur premier emploi qu’après plus de 51 mois (3 quartile).
Sources : Insee, enquêtes FQP de 1993 et 2003.
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personnes qui ont arrêté leur lycée de déboucher sur un pre- de la trajectoire : 30 points pour
escolarité au collège : elles ont mier emploi non qualifié. Elles les 3 cycles du supérieur, mais
20 % de chances de plus d’occu- ont également de moindres chan- seulement 10 points pour les pre-
per un emploi peu qualifié que ces de déboucher sur un emploi mierscyclesdelafilière géné-
celles qui ont poursuivi leurs étu- d’encadrement. rale. La probabilité d’occuper un
des jusqu’au lycée. Elles ont à premier emploi de niveau cadre
l’inverse de moindres chances À l’inverse, les personnes dont la n’est significative que pour les
ed’occuper des postes qualifiés ou trajectoire scolaire mène à l’en- 3 cycles, et dans une moindre
ed’encadrement intermédiaire. Les seignement supérieur ont une mesure les 2 cycles du supérieur
trajectoires de l’enseignement probabilité d’occuper un premier et les trajectoires atypiques. L’ac-
professionnel court ont égale- emploi non qualifié inférieure cès aux emplois de niveau pro-
ment, mais dans une moindre d’environ 20 points à celles qui fession intermédiaire est enfin
mesure, une plus forte probabili- se sont arrêtées au lycée. Cet l’apanage de la filière supérieure
eté que celles qui s’arrêtent au écart s’accroît avec la longueur technique et du 2 cycle de la fi-
Encadré
Trajectoire scolaire et premier emploi dans les enquêtes
Formation et qualification professionnelle
Dans les enquêtes Formation et suit l’approche inverse. Pour – secondaire technique : trajectoire
qualification professionnelle,les cette raison, les personnes pas- s’arrêtant dans l’enseignement
personnes sont interrogées à un sées par l’apprentissage sont ex- secondaire technique (lycée
instant donné sur l’ensemble de clues de l’échantillon, soit près de technique) après un passage par
leur parcours scolaire, ainsi que 10 % de lillon. le collège ;
sur le premier emploi qu’elles ont
occupé. Cependant, plus on re- Dans les enquêtes FQP,lepremier – secondaire technique / supérieur :
montedansletemps,plusilest emploi est celui que l’enquêté trajectoire prolongeant la précé-
vraisemblable que l’information re- considère comme marquant son dente par un passage dans l’ensei-
lative au premier emploi occupé entrée dans la vie professionnelle. gnement supérieur ;
est sujette à une erreur imputable On exclut les périodes d’emploi
e
aux effets de mémoire. Au fur et à effectuées dans le cadre de la for- – secondaire 2 cycle : trajectoire
mesure que les personnes progres- mation et les activités occasion- s’arrêtant dans l’enseignement
sent dans leur parcours profession- nelles, telles que les « jobs » secondaire général (lycée) après un
nel, elles risquent en effet de d’étudiants. passage par le collège ;
considérer de façon différente les
er
emplois qu’elles ont occupés suc- La scolarité est décrite par l’enchaî- – supérieur 1 cycle, supérieur
e e
cessivement. Dans ces conditions, nement des classes depuis le CP. On 2 cycle, supérieur 3 cycle, supé-
il est préférabledeneconserver construit les trajectoires scolaires rieur technique : trajectoires pro-
dans l’analyse du premier emploi suivantes à partir du calendrier longeant la précédente par un
que les personnes dont la date de scolaire des enquêtes FQP : passage dans l’enseignement supé-
er e
fin d’études est relativement ré- rieur général (1 cycle, 2 cycle,
er e
cente. – secondaire 1 cycle : trajectoire 3 cycle) ou technique (BTS, DUT).
s’arrêtant au collège ;
L’enquête Formation et qualifica- Les trajectoires qui comportent
tion professionnelle (FQP) de – professionnel court : trajectoire une réorientation, c’est-à-dire le
2003 permet ainsi d’observer l’in- s’arrêtant dans l’enseignement pro- passage d’un cycle de cours à un
sertion des personnes nées entre fessionnel court (CAP, BEP) après autre cycle de cours de niveau
1970 et 1974, tandis que celle de un passage par le collège ; inférieur (par référence à la pro-
1993 donne des informations sur gression normale au sein du sys-
celles nées entre 1960 et 1964. – professionnel long : trajectoire tème éducatif) sont qualifiées
Le protocole de collecte ayant prolongeant la précédente par un d’atypiques (par exemple passage
peu changé entre les deux enquê- passage dans l’enseignement pro- du lycée général ou technique à
tes, il est possible de comparer les fessionnel long (Bac Pro, Mention un CAP, d’une licence à un BTS,
résultats. La seule source de diffi- complémentaire) ; d’une maîtrise à un Deug…). Une
cultéest ladifférencedansletrai- trajectoire rare comme l’enchaîne-
tement de l’apprentissage, que – professionnel long / supérieur : tra- ment BEP/Bac Pro/BTS/école d’in-
l’enquête FQP de 1993 exclut de jectoire prolongeant la précédente génieurn’estpaspourautant
la formation initiale et autorise à par un passage dans l’enseignement atypique : elle est conforme à la
figurer comme premier emploi, supérieur, le plus souvent technique logique de progression du système
alors que l’enquête FQP de 2003 (BTS, DUT) ; d’enseignement.
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lière générale, mais il est égale- tingue les trajectoires qui se ter- Les personnes ayant suivi une sco-
ment fréquent pour toutes les minent avec des diplômes et les larité du professionnel court, non
autres trajectoires du supérieur. trajectoires s’interrompant avant sanctionnée par le diplôme du
l’obtentiondudiplôme préparé. BEP ou du CAP, ont de moindres
chances d’occuper un emploi qua-
L’obtention du diplôme De façon générale, les personnes lifié. De façon analogue, les per-
qui quittent l’école sans le di- sonnes dont la trajectoire scolairepréparé est favorable
plôme préparé occupent plus aboutit à l’enseignement supérieurà la qualité de l’insertion
souvent que les autres, pour un technique ont de moindres chan-
professionnelle
même cursus, un premier emploi ces d’obtenir un premier emploi
non qualifié (figure 4). Seuls les de niveau profession intermédiaire
e eLa mise en rapport de la trajec- 2 et 3 cycles du supérieur font (technicien ou agent de maîtrise)
toire des cours suivis année exception à cette règle, mais ces lorsqu’elles ne sont pas titulaires
après année avec celle des diplô- trajectoires scolaires mènent de d’un BTS ou d’un DUT. Elles ont
mes obtenus complète l’analyse toute façon rarement à un em- en revanche de plus fortes chan-
des trajectoires scolaires. On dis- ploi non qualifié. ces d’obtenir un premier emploi
Figure 3 - Niveau hiérarchique du premier emploi et trajectoire scolaire
Ouvrier et employé Ouvrier et employé
Trajectoire scolaire* Profession intermédiaire Cadre
non qualifiés qualifiés
er
Secondaire 1 cycle 0,26 – 0,17 – 0,10 0,00
(0,04) (0,03) (0,03) (0,01)
Professionnel court 0,08 0,03 – 0,09 – 0,02
(0,03) (0,03) (0,02) (0,01)
Professionnel long 0,05 – 0,01 – 0,03 – 0,02
(0,04) (0,04) (0,03) (0,01)
Professionnel long / supérieur – 0,15 0,00 0,16 0,00
(0,05) (0,04) (0,04) (0,01)
Secondaire technique – 0,05 0,01 0,05 – 0,01
(0,04) (0,04) (0,03) (0,01)
Secondaire technique / supérieur – 0,17 – 0,05 0,19 0,04
(0,03) (0,03) (0,03) (0,01)
e
Secondaire 2 cycle Réf. Réf. Réf. Réf.
e
Supérieur 3 cycle – 0,32 – 0,32 0,15 0,48
(0,03) (0,03) (0,03) (0,03)
e
Supérieur 2 cycle – 0,19 – 0,24 0,30 0,15
(0,04) (0,04) (0,04) (0,03)
er
Supérieur 1 cycle – 0,10 – 0,05 0,15 0,01
(0,04) (0,04) (0,03) (0,01)
Supérieur technique – 0,20 – 0,17 0,39 0,00
(0,03) (0,03) (0,03) (0,01)
Trajectoires atypiques – 0,20 – 0,12 0,24 0,10
(0,03) (0,03) (0,03) (0,02)
* La construction des trajectoires scolaires est décrite dans l’encadré.
Champ : personnes ayant obtenu un emploi (les emplois non salariés ne sont pas reportés dans le tableau).
Lecture : les coefficients associés aux trajectoires scolaires sont calculés à partir des valeurs prédites par un modèle logit multinomial expliquant le niveau
hiérarchique du premier emploi par la trajectoire scolaire, le délai d’obtention de l’emploi, le sexe, l’origine sociale, le diplôme des parents et le taux de chômage des
moins de 25 ans lors de l’année de fin d’études. Ils s’interprètent comme la différence de probabilité d’obtenir un premier emploi de niveau indiqué par le titre de
colonne, entre les trajectoires indiquées en ligne et la trajectoire de référence. Au point moyen de l’échantillon, les probabilité prédites pour cette dernière valent
respectivement 0,38, 0,42, 0,15 et 0,02.
Les écart-types, entre parenthèses, sont obtenus par bootstrap.
Sources : Insee, enquêtes FQP de 1993 et 2003.
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d’employé ou d’ouvrier qualifié hiérarchiques occupées en pre-Le niveau du premier
lorsqu’elles ont transité par l’ensei- mier emploi par les personnesemploi est inférieur
gnement professionnel. appartenant à ces deux classes
dans la génération
d’âge (figure 5).
des années soixante-dixEnfin, l’échec au diplôme pour les
e e2 et 3 cycles du supérieur rend Globalement, la probabilité
beaucoup moins probable l’obten- Entre la génération née dans les d’obtenir un premier emploi
tion d’un premier emploi de ni- années 1960-1964 et celle née non qualifié est plus élevée au
veau cadre. Pour les non-diplômés dans les années 1970-1974, les sein de la génération 1970-1974,
edu 3 cycle, l’accès à un poste trajectoires longues ont forte- quelle que soit la trajectoire
d’encadrement intermédiaire de- ment progressé. Il est instructif scolaire. L’écart est particulière-
vient en contrepartie plus pro- de comparer, pour une même ment significatif pour les trajec-
bable. trajectoire scolaire, les positions toires du professionnel long, du
Figure 4 - Niveau hiérarchique du premier emploi et trajectoire scolaire, selon que le dernier diplôme
a été obtenu ou pas
Ouvrier et employé Ouvrier et employé
Profession intermédiaire Cadre
non qualifiés qualifiés
Trajectoire scolaire*
Diplômé Non diplômé Diplômé Non diplômé Diplômé Non diplômé Diplômé Non diplômé
er
Secondaire 1 cycle 0,10 0,28 – 0,10 – 0,16 – 0,07 – 0,12 0,00 – 0,01
(0,08) (0,04) (0,07) (0,05) (0,06) (0,04) (0,03) (0,02)
Professionnel court 0,03 0,16 0,10 – 0,02 – 0,10 – 0,11 – 0,02 – 0,02
(0,05) (0,05) (0,05) (0,05) (0,04) (0,04) (0,02) (0,02)
Professionnel long 0,00 0,11 0,03 0,00 – 0,03 – 0,06 – 0,02 – 0,03
(0,05) (0,06) (0,06) (0,06) (0,04) (0,04) (0,02) (0,02)
Professionnel long / supérieur – 0,22 – 0,10 – 0,06 0,11 0,26 0,05 0,00 – 0,02
(0,06) (0,07) (0,07) (0,08) (0,07) (0,06) (0,03) (0,02)
Secondaire technique – 0,11 0,00 0,08 0,00 0,06 0,02 – 0,03 – 0,01
(0,06) (0,05) (0,06) (0,05) (0,05) (0,05) (0,02) (0,02)
Secondaire technique / supérieur – 0,21 – 0,14 – 0,03 – 0,01 0,23 0,13 0,03 0,04
(0,05) (0,06) (0,06) (0,06) (0,04) (0,04) (0,02) (0,02)
e
Secondaire 2 cycle Réf. – 0,01 Réf. 0,05 Réf. – 0,02 Réf. – 0,01
(0,05) (0,05) (0,04) (0,02)
e
Supérieur 3 cycle – 0,32 – 0,34 – 0,30 – 0,27 0,09 0,31 0,54 0,29
(0,05) (0,05) (0,05) (0,05) (0,04) (0,07) (0,04) (0,06)
e
Supérieur 2 cycle – 0,20 – 0,21 – 0,23 – 0,16 0,28 0,35 0,17 0,06
(0,05) (0,05) (0,05) (0,07) (0,04) (0,07) (0,03) (0,03)
er
Supérieur 1 cycle – 0,26 – 0,07 0,06 – 0,04 0,25 0,12 – 0,01 0,00
(0,06) (0,06) (0,08) (0,06) (0,08) (0,05) (0,02) (0,02)
Supérieur technique – 0,24 – 0,13 – 0,16 – 0,09 0,44 0,22 – 0,01 0,00
(0,05) (0,07) (0,05) (0,07) (0,04) (0,06) (0,02) (0,02)
Trajectoires atypiques – 0,21 – 0,10 0,23 0,09
(0,06) (0,05) (0,04) (0,02)
* La construction des trajectoires scolaires est décrite dans l'encadré.
Champ : personnes ayant obtenu un emploi (les emplois non salariés ne sont pas reportés dans le tableau).
Lecture : les coefficients associés aux trajectoires scolaires sont calculés à partir des valeurs prédites par un modèle logit multinomial expliquant le niveau
hiérarchique du premier emploi par la trajectoire scolaire (croisée avec une indicatrice d’obtention du diplôme), mais aussi le délai d’obtention de l’emploi, le sexe,
l’origine sociale, le diplôme des parents et le taux de chômage des moins de 25 ans lors de l’année de fin d’études. Ils s’interprètent comme la différence de
probabilité d’obtenir un premier emploi de niveau indiqué par le titre de colonne, entre les trajectoires indiquées en ligne et la trajectoire de référence.
Les écart-types, entre parenthèses, sont obtenus par bootstrap.
Sources : Insee, enquêtes FQP de 1993 et 2003.
Données sociales - La société française 182 édition 2006
058.ps
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Éducation, formation 2
secondaire technique et l’en- lement stable entre les généra- drement intermédiaire diminue.
semble des trajectoires de l’en- tions, sauf dans le secondaire Enfin, la probabilité d’accès aux
seignement supérieur. La technique où elle est en baisse. postes d’encadrement supérieur
probabilité d’occuper un emploi Pour les trajectoires du supé- ne diminue de façon significa-
equalifié de niveau ouvrier ou rieur à l’exception des 3 cycles, tive que pour les trajectoires
employé est quant à elle globa- la probabilité d’accéder à l’enca- atypiques.
Figure 5 - Niveau hiérarchique du premier emploi et trajectoire scolaire, selon l’année de naissance
Ouvrier et employé Ouvrier et employé
Profession intermédiaire Cadre
non qualifiés qualifiés
Trajectoire scolaire*
1960-1964 1970-1974 1960-1964 1970-1974 1960-1964 1970-1974 1960-1964 1970-1974
er
Secondaire 1 cycle 0,28 0,20 – 0,20 – 0,14 – 0,11 – 0,08 0,00 – 0,01
(0,06) (0,05) (0,04) (0,05) (0,03) (0,03) (0,03) (0,02)
Professionnel court 0,05 0,05 0,03 0,06 – 0,07 – 0,08 – 0,02 – 0,02
(0,05) (0,04) (0,04) (0,04) (0,03) (0,03) (0,01) (0,01)
Professionnel long – 0,11 0,04 0,06 0,00 0,03 – 0,03 0,01 – 0,02
(0,08) (0,05) (0,11) (0,05) (0,08) (0,03) (0,04) (0,01)
Professionnel long / supérieur – 0,27 – 0,16 0,14 0,02 0,08 0,16 0,03 – 0,01
(0,10) (0,05) (0,11) (0,06) (0,10) (0,05) (0,06) (0,02)
Secondaire technique – 0,23 0,04 0,11 – 0,06 0,13 0,03 0,00 – 0,02
(0,05) (0,06) (0,06) (0,05) (0,05) (0,04) (0,02) (0,01)
Secondaire technique / supérieu – 0,33 – 0,15 – 0,08 – 0,01 0,42 0,14 0,01 0,04
(0,05) (0,05) (0,06) (0,05) (0,05) (0,03) (0,02) (0,02)
e
Secondaire 2 cycle – 0,08 Réf. 0,03 Réf. 0,05 Réf. 0,00 Réf.
(0,06) (0,05) (0,04) (0,02)
e
Supérieur 3 cycle – 0,38 – 0,32 – 0,28 – 0,29 0,09 0,19 0,54 0,43
(0,04) (0,04) (0,05) (0,05) (0,05) (0,04) (0,06) (0,04)
e
Supérieur 2 cycle – 0,32 – 0,18 – 0,19 – 0,21 0,41 0,28 0,11 0,14
(0,05) (0,05) (0,07) (0,04) (0,06) (0,04) (0,05) (0,03)
er
Supérieur 1 cycle – 0,27 – 0,06 – 0,07 – 0,01 0,28 0,11 0,04 – 0,01
(0,05) (0,06) (0,08) (0,06) (0,06) (0,05) (0,04) (0,02)
Supérieur technique – 0,35 – 0,18 – 0,22 – 0,12 0,60 0,32 – 0,01 0,00
(0,05) (0,05) (0,07) (0,05) (0,07) (0,04) (0,02) (0,02)
Trajectoires atypiques – 0,26 – 0,20 -0,13 – 0,08 0,24 0,24 0,17 0,06
(0,05) (0,05) (0,06) (0,05) (0,06) (0,04) (0,04) (0,02)
* La construction des trajectoires scolaires est décrite dans l'encadré.
Champ : personnes ayant obtenu un emploi (les emplois non salariés ne sont pas reportés dans le tableau).
Lecture: les coefficients associés aux trajectoires scolaires sont calculés à partir des valeurs prédites par un modèle logit multinomial expliquant le niveau
hiérarchique du premier emploi par la trajectoire scolaire (croisée avec l’année de naissance), mais aussi le délai d’obtention de l’emploi, le sexe, l’origine sociale, le
diplôme des parents et le taux de chômage des moins de 25 ans lors de l’année de fin d’études. Ils s’interprètent comme la différence de probabilité d’obtenir un
premier emploi de niveau indiqué par le titre de colonne, entre les trajectoires indiquées en ligne et la trajectoire de référence.
Les écart-types, entre parenthèses, sont obtenus par bootstrap.
Sources : Insee, enquêtes FQP de 1993 et 2003.
Données sociales - La société française 183 édition 2006
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2 Éducation, formation
Pour en savoir plus
« Bilan formation emploi, de l’école à Magnac T., Thesmar D. ,
l’emploi : parcours », Économie et Sta- « Analyse économique des poli-
tistique, n° 378-379, Insee, juillet 2005. tiques éducatives : l’augmenta-
tion de la scolarisation en
Rose J., « D’une génération à France de 1982 à 1993 », Anna-
l’autre… les « effets » de la forma- lesd’Économie et deStatis-
tion initiale sur l’insertion », Bref, tique, n° 65, p. 1-35, janvier-
n° 222, Céreq, septembre 2005. mars 2002.
Données sociales - La société française 184 édition 2006
058.ps
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