Formation initiale : Des baisses d'effectifs contrastées

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Si les effectifs du premier degré dans leur globalité et ceux des universités restent à peu près stables par rapport à l'an dernier, ceux du second degré connaissent encore une baisse sensible, notammment au niveau des formations de collèges.

Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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FORMATION INITIALE
Des baisses d’effectifs contrastées
Isabelle LE BLOND - Rectorat de l’Académie de Rouen
essentiellement en Seine-Maritime. de collèges et de sections d’enseigne-Si les effectifs du premier degré
L’écart entre les deux départements se ment général et professionnel adapté, 4e
dans leur globalité et ceux des
manifeste aussi pour le secteur public : le et 3e technologiques de lycée profes-
universités restent à peu près dynamisme démographique lié au sionnel, perd 2 050 élèves en un an,
«baby-boom» de l’an 2000 est relative- conséquence de générations moinsstables par rapport à l’an
ment plus sensible dans le département nombreuses et aussi, mais dans une
dernier, ceux du second degré de l’Eure qu’en Seine-Maritime. Ses moindre mesure, d’une fluidité plus
connaissent encore une baisse effets ne devraient se poursuivre que grande à l’intérieur du premier cycle.
pendant encore deux ans dans lesensible, notamment au niveau
pré-élémentaire. Dans l’élémentaire, il
des formations de collèges. faudra attendre au moins deux ans pour LA REVALORISATION
que les effectifs connaissent une légère DE L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNEL
la rentrée 2003, le premier augmentation au niveau académique ; là A PORTÉ SES FRUITS, AU DÉTRIMENT
Adegré, public et privé, compte encore, grâce au département de l’Eure. DU SECOND CYCLE GÉNÉRAL
191 900 élèves. Il a perdu 590 élèves en Toutefois, les effets du «baby-boom» ET TECHNOLOGIQUE
un an, ce qui est relativement peu par sont à relativiser : ils n’ont rien à voir avec
rapport aux diminutions d’effectifs ceux connus dans les années cinquante. Après une baisse assez régulière des
connues antérieurement. Cette baisse Il ne s’agit d’accueillir qu’une classe effectifs de second cycle professionnel
globale d’effectifs masque en réalité des d’âge d’un bon millier d’enfants de plus depuis la rentrée 1999, l’Académie de
évolutions contrastées selon les niveaux sur l’ensemble de l’Académie, représen- Rouen voit ses effectifs de CAP, BEP et
et les lieux de scolarisation. tant une évolution de +4,5% des effectifs. BAC PRO croître de 550 unités entre 2002
Ainsi, d’une part, pour la deuxième Le second degré, public et privé sous et 2003, tandis que ceux de second cycle
année consécutive, les effectifs du contrat, totalisant 175 000 élèves à la général et technologique diminuent
pré-élémentaire évoluent à la hausse rentrée 2003, a encore perdu cette d’autant. Cette évolution ne compromet tou-
(+470 élèves en un an, soit +0,6%), année 1,3% de ses effectifs : 2 350 tefois pas l’équilibre entre les deux voies de
malgré la baisse sensible de la scolarisa- élèves de moins entre 2002 et 2003. formation, le poids du second cycle profes-
tion des 2 ans dans les deux départe- Cette baisse touche avant tout les collè- sionnel restant voisin de 33% sur la pé-
ments. L’élémentaire perd, quant à lui, ges, notamment du secteur public. La riode. Cela étant, on peut penser que les
près d’un millier d’élèves. D’autre part, il baisse ainsi constatée sur l’ensemble du nouvelles modalités d’affectation en se-
semblerait que le secteur privé ait connu second degré s’explique pour une conde professionnelle, les campagnes d’in-
cette année une évolution plus favorable grande partie par l’évolution des effectifs formation en faveur de l’enseignement
que le public, pour la scolarisation à 3 de 1er cycle. professionnel et la politique académique en
ans et à l’entrée du Cours Préparatoire, Celui-ci, comprenant les formations faveur des BEP ont contribué à cette évolu-
LES EFFECTIFS SCOLARISÉS EN HAUTE-NORMANDIE PAR NIVEAU DE FORMATION (1) (PUBLIC ET PRIVÉ SOUS CONTRAT)
2003-2004
Académie Seine-
1996-1997 1997-1998 1998-1999 1999-2000 2000-2001 2001-2002 2002-2003 de Rouen Eure Maritime
Premier degré (2) (enseignement
préélémentaire et élémentaire) 212 247 207 548 204 201 201 334 197 876 194 592 192 498 61 814 130 095191 909
Second degré dont : 189 778 189 870 188 580 186 593 182 703 179 743 177 343 174 998 52 066 122 932
Premier cycle (y compris 4e et 3e technologiques) 118 762 117 010 115 110 112 840 110 409 107 914 106 355 33 399 70 570103 969
Second cycle professionnel 24 196 24 800 24 570 24 461 23 682 23 481 23 057 5 639 17 98323 622 cycle général et technologique 46 820 48 060 48 900 49 292 48 612 48 348 47 931 13 028 34 37947 407
Post-baccalauréat en lycée 6 542 6 570 6 507 6 624 6 632 6 640 6 523 6 470 1 152 5 318
Université 33 146 31 573 32 006 31 275 31 099 29 689 30470 30 461 1 197 29 264
Source : Éducation nationale - Rectorat de Rouen Unités : élève, étudiant
(1) hors EREA, y compris SEGPA.
(2) constat estimé pour les rentrées 2000, 2001,2002 et 2003 du fait de grèves.
28 CAHIER D’AVAL n° 67 - Juillet 2004
SOCIÉTÉtion, les taux de passage entre la 3e et la
LES RÉSULTATS AUX PRINCIPAUX EXAMENS DANS L’ACADÉMIE DE ROUEN (hors agriculture)
seconde professionnelle ayant augmenté
Session 2003 Session 2002
cette année. Il conviendra quand même de
Admis Taux de réussite (%) Taux de réussite (%)rester vigilant sur l’évolution des effectifs
Diplôme national du brevet 18 985 77,7 78,3de lycées généraux et technologiques ;
Certificat d’aptitude professionnelle 5 274 74,3 75,2en effet, ces lycéens, notamment géné-
Brevet d’enseignement professionnel 6 869 75,3 75,8
raux, sont destinés à des études supé-
Baccalauréat 14 801 74,9 74,7
rieures plus longues. Un déficit de général 7 523 79,0 75,9
lycéens de cette filière pourrait avoir de Baccalauréat technologique 4 264 68,2 72,4
fâcheuses conséquences sur l’enseigne- professionnel 3 014 75,9 75,4
ment supérieur dans les prochaines Brevet de technicien supérieur 2 765 64,2 65,6
années. D’autant que si l’on tenait
Source : Éducation nationale, Académie de Rouen Unités : diplômé, %
compte des effectifs de redoublants de
seconde générale et technologique, tou- réussi à eux seuls à enrayer la baisse du sous contrat (-0,8%). Les Universités et le
jours relativement plus nombreux dans nombre total de néo-bacheliers de l’aca- Rectorat ayant fait le constat d’abandons
l’Académie de Rouen qu’au niveau natio- démie, qui s’établit à 14 801. fréquents en cours ou à la fin de la première
nal, on pourrait considérer la baisse année d’enseignement supérieur – près
réelle des effectifs de lycée plus d’un étudiant sur cinq est concerné tant
importante. dans les filières sélectives que non sélecti-LES DÉBUTS DANS L’ENSEIGNEMENT
ves -, ces établissements se sont asso-SUPÉRIEUR SONT SOUVENT DIFFICILES
ciés pour réaliser une enquête commune
DES RÉSULTATS AUX EXAMENS En 2003, les Universités ont réussi à auprès des bacheliers haut-normands de
EN DEMI-TEINTE maintenir leur effectif, totalisant sur l’en- la session 2002, non réinscrits dans la
semble de l’académie 30 461 étudiants. Le même filière de l’enseignement supé-
Dans l’ensemble, les taux de réussite post-baccalauréat de lycée comprenant no- rieur à la rentrée 2003. Les résultats de
aux examens étaient moins bons pour la tamment les sections de techniciens supé- cette enquête devraient être publiés à
session 2003 qu’en 2002. Seuls les taux rieurs et les classes préparatoires aux l’automne 2004. Dans le même temps,
de réussite aux baccalauréats général et Grandes Ecoles, filières par définition sé- les Universités, qui avaient déjà entamé
professionnel se sont améliorés, passant lectives et comptant 6 470 étudiants, la création de licences professionnelles,
respectivement de 75,9% à 79% et de connaît quant à lui une très légère diminu- se préparent à la réforme du LMD (Li-
75,4% à 75,9%. Toutefois, ils n’ont pas tion de ses effectifs dans le public et privé cence-Mastère-Doctorat)
REDOUBLEMENT ET RÉUSSITE AU BACCALAURÉAT GÉNÉRAL
PROBABILITÉ D’OBTENIR LE BACCALAURÉAT EN 2003
ET TECHNOLOGIQUE DANS L’ACADÉMIE DE ROUEN (élèves passant leur baccalauréat pour la première fois)
Baccalauréat général et technologique
(7 630 élèves) Probabilité ÉcartDepuis 1997, les taux de redoublement ont considérablement
chuté dans le secteur public de l’Académie de Rouen comme en Situation de référence 93,8
France métropolitaine pour les niveaux de collège tandis que Garçons 89,6 -4,2
celui de seconde générale et technologique demeure plus élevé Filles
dans l’Académie qu’au niveau national (17,5% contre 15% à la Sans redoublement
rentrée 2003). Parallèlement, l’écart des taux de réussite au bac- Redoublement au lycée 84,3 -9,5
calauréat s’amplifie au détriment de la Haute-Normandie. C’est à au collège 78,3 -15,5
partir de ce constat que le Rectorat de Rouen a réalisé une étude 69,8 -23,9 différenceRedoublement au lycée et au collège
pour mesurer l’impact du parcours de formation des élèves sur
Redoublement au primaire 73,6 -20,2 non significative
l’obtention du baccalauréat, en matière de sexe, de catégorie so-
Catégorie sociale très favorisée 96,2 2,4
ciale d’appartenance et de département de scolarisation au
Catégorie sociale 93,8 ns
collège. sociale moyenne
Sur les 7 630 élèves du public se présentant pour la première fois
Catégorie sociale défavorisée 91,8 -1,9
à l’examen du baccalauréat en 2003, 6 540 ont obtenu leur di-
Scolarisé dans un collège de l’Eure 93,6 ns
plôme, soit 86%. Or, tous les élèves ne sont pas égaux devant
Scolarisé dans un collège de
l’examen du baccalauréat. Les résultats de l’étude ainsi menée
Seine-Maritimemontrent que la variable la plus discriminante est celle du par-
Source : Rectorat de Rouen - SPréSERcours de formation et que, plus tard intervient le redoublement,
ns : non significatif
plus l’élève augmente sa probabilité d’obtenir son baccalauréat
Note de lecture : La probabilité d’obtenir son baccalauréat général ou technologique lorsqu’on est une fille, n’ayant
dès la 1ère fois. Ceci nous amène à nous interroger sur l’effi- jamais redoublé, appartenant à une classe sociale moyenne et ayant été scolarisée dans un collège de Seine-Mari-
time est de 93,8%.cience d’un redoublement précoce : en effet, si le redoublement
Toutes choses égales par ailleurs, cette probabilité chute de 9 points lorsque l’élève n’a redoublé qu’au lycée, de
avait réellement été efficace, nous aurions pu espérer que, toutes 15 points lorsque l’élève n’a redoublé qu’au collège et de plus de 20 points lorsqu’il a redoublé au collège et au
lycée et/ou en primaire.choses égales par ailleurs, la probabilité qu’un élève obtienne
son baccalauréat, qu’il ait redoublé ou non, soit très voisine.
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