Les migrations des jeunes Bretons diplômés de l'enseignement supérieur entre 1990 et 1999 (Octant n° 104)

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Entre 1990 et 1999, quatre jeunes sur dix ont quitté le pays de Bretagne où ils résidaient. Dans la région, pour les 18-26 ans, le solde des départs sur les arrivées excède 10 000. Ce déficit migratoire s'amplifie lorsqu'il s'agit des jeunes titulaires en 1999 d'un diplôme de l'enseignement supérieur, obtenu en Bretagne ou ailleurs. Et les arrivées ne compensent les départs que dans l'est de la région, où se concentrent les créations d'emplois qualifiés. Pour les jeunes diplômés de la plupart des pays, l'Ile-de-France est la première destination. Cependant, l'essaimage des diplômés issus des pays de Rennes et Brest rééquilibre un peu le territoire.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Société
Les migrations des jeunes Bretons
diplômés de l’enseignement
supérieur entre 1990 et 1999
Entre 1990 et 1999, quatre jeunes sur dix ont quitté le pays
de Bretagne où ils résidaient. Dans la région, pour
les 18-26 ans, le solde des départs sur les arrivées excède
10 000. Ce déficit migratoire s’amplifie lorsqu’il s’agit des
jeunes titulaires en 1999 d’un diplôme de l’enseignement
supérieur, obtenu en Bretagne ou ailleurs. Et les arrivées
ne compensent les départs que dans l’est de la région,
où se concentrent les créations d’emplois qualifiés.
Pour les jeunes diplômés de la plupart des pays,
l’Ile-de-France est la première destination. Cependant,
l’essaimage des diplômés issus des pays de Rennes et Brest
rééquilibre un peu le territoire.
ntre 1990 et 1999, la Bretagne a ac- Le nombre des emplois de cadres et de ce déficit migratoire s’explique par leEcueilli plus d’habitants qu’elle n’en professions intermédiaires a progressé seul des jeunes diplômés, qu’ils
a vu partir. L’excédent migratoire est de de 26,6 %, contre 17,8 % pour la France aient obtenu leur diplôme en Bretagne
75 500 personnes. Sur cette période, métropolitaine. Cette progression n’a ce- avant leur départ, ou qu’ils soient partis
l’emploi total a augmenté de 7,6 % dans pendant pas suffi à inverser le solde mi- suivre ou poursuivre leurs études dans
la région (contre 3,3 % en France mé- gratoire des diplômés du supérieur : une autre région. En effet, au-delà de 30
tropolitaine) contribuant à rendre la - 8 000 entre 1990 et 1999. Avec 77 000 ans, le solde migratoire redevient positif.
Bretagne attractive. départs et 69 000 arrivées sur la période,
4 Octant n° 104 - Janvier 2006Société
Les migrations intra et extra régionales entre 1990 et 1999 pour les Bretons âgés de 15 ans et plus en 1999
Taux Taux de Taux de
Arrivées Sorties Solded'arrivée (%) départ (%) solde (%)
15 ans et +
Ensemble 447 781 19,0 394 196 16,7 53 585 2,3
Diplômés du supérieur 131 719 36,4 139 978 38,7 - 8 259 - 2,3
27-35 ans
Ensemble 125 752 35,4 136 050 38,3 - 10 298 - 2,9
Diplômés du supérieur 52 265 49,2 65 727 61,8 - 13 462 - 12,6
dont : Bac+2 25 675 44,8 30 555 53,3 - 4 880 - 8,5
e e2 et 3 cycles 26 590 54,3 35 172 71,8 - 8 582 - 17,5
Source : Insee, recensement de la population 1999
Part des jeunes résidant dans le même pays en 1990 et 1999Le déficit migratoire
des jeunes s’amplifie
pour les plus diplômés
Parmi les jeunes âgés de 18 à 26 ans et
résidant en Bretagne en 1990, plus de
70 000 ont en effet quitté la région pour
faire ou poursuivre des études, pour tra-
vailler ou pour tout autre motif. Ils ne ré-
sident plus en Bretagne en 1999. Durant
la même période, ils ne sont que 60 000
à être venus s’y installer alors qu’ils vi-
vaient dans une autre région en 1990.
En %
Par conséquent, pour ces jeunes, qui
67ont entre 27 et 35 ans en 1999, le déficit
63migratoire dépasse 10 000. Le
59
s’amplifie pour les jeunes de cette
tranche d’âge qui sont diplômés de l’en- Région : 63 %
©IGN-Insee 2005seignement supérieur. La région a perdu
Source : Insee, recensement de la population 199913 500 jeunes, dont 5 000 sont titulaires
en 1999 d’un diplôme du premier cycle
de l’enseignement supérieur et 8 500
d’un diplôme des deuxième ou troi- Migrations extra régionales entre 1990 et 1999
sième cycles. Plus le niveau de diplôme Taux de départ des diplômés de l'enseignement supérieur
augmente et plus les jeunes sont mobi-
les. Ainsi, le taux de départ des jeunes
hors de Bretagne est de 20 % pour l’en-
semble des jeunes âgés de 18 à 26 ans
en 1990 alors qu’il atteint 29 % au ni-
veau BAC+2, et 47 % au-delà.
Quatre jeunes sur dix
ont quitté le pays
dans lequel ils résidaient
Parmi les jeunes âgés de 18 à 26 ans en
En %1990, 38 % ne résident plus en 1999
1dans le pays dont ils sont originaires.
40
Uniquement 53 % de ces départs sont 34
des migrations extra régionales. 28
Région : 37 %
©IGN-Insee 2005
er1- Il s'agit de la délimitation des pays au 1 janvier Source : Insee, recensement de la population 1999
2005
Octant n° 104 - Janvier 2006 5Société
Migrations extra régionales entre 1990 et 1999 de départs de jeunes. Il héberge 13 %
Indicateur de fuite* de la ressource en main d'œuvre diplômée du supérieur des 18-26 ans et la deuxième université
de Bretagne mais le taux de départ des
jeunes (35 %) est inférieur de 3 points à
la moyenne régionale, témoignant
d’une relative réticence à la mobilité.
Ce constat vaut également pour les pays
de Cornouaille et de Morlaix. Dans ces
trois pays la part de jeunes résidant en
1999 dans le même pays qu’en 1990
(qu’ils aient ou non déménagé dans l’in-
tervalle) est la plus élevée de Bretagne.
A contrario, dans les pays de Rennes,
Brocéliande et Vallons de Vilaine ce
pourcentage est le plus bas. Dans ces
deux derniers pays, la croissance de la
population est forte, du fait notamment
2,2
de l’installation d’actifs et plus particu-2,0
1,8 lièrement de jeunes ménages travaillant
dans l’aire urbaine de Rennes.
Région : 1,9
©IGN-Insee 2005
Source : Insee, recensement de la population 1999
* voir signification dans la note de lecture p.7 Un jeune diplômé
de l’enseignement supérieur
Migrations des jeunes âgésde27 à 35 ans en 1999 selon le niveau de diplôme sur deux a quitté son pays
e eDiplômés 2 et 3Ensemble Bac+2
du supérieur cycles Parmi les jeunes ayant un diplôme de
l’enseignement supérieur en 1999,
Migrations intra régionales 62 % ne résident plus dans le même
Taux de migrations * 18,4 24,5 24,4 24,7 pays qu’en 1990. Ce taux atteint 72 %
pour les diplômés des deuxième et troi-Migrations extra régionales
sième cycles. Dans chaque pays le tauxTaux de départ 19,9 37,3 29,0 47,1
de départ est plus élevé pour les jeunes
Taux d'arrivée 17,0 24,6 20,5 29,5
diplômésdel’enseignement supérieur
que pour l’ensemble des jeunes. La partSource : Insee, recensement de la population 1999
* Il s'agit de la part des jeunes ayant changé de pays de résidence entre 1990 et 1999 de jeunes diplômésrésidant dans le
même pays en 1990 et en 1999 est plus
élevée dans les pays de l’ouest, tandis
qu’à la périphérie de Rennes la mobilité
est importante. Ces comportements mi-
Arrivées en Bretagne et retours au pays gratoires ne diffèrent guère de ceux ob-
servés pour l’ensemble des jeunes. Ce-
Avec les données du recensement, il n’est pas possible de mesurer parmi les arrivants pendant, dans le pays de Rennes la
la part de ceux qui avaient quitté la Bretagne avant 1990. La proportion des arrivants
proportion de jeunes diplômés restés
nés en Bretagne constitue cependant une approche de cette mesure. dans le pays est proche de la moyenne
régionale, alors qu’elle est parmi les
Parmi les jeunes âgésde27 à 35 ans titulaires d’un diplôme de l’enseignement supé-
plus basses pour l’ensemble des jeunes.
rieur en 1999, et arrivés en Bretagne entre 1990 et 1999, un sur cinq y est né.
Ce ratio atteint 17 à 28 % selon le pays. C’est pour les pays de l’ouest qu’il est le plus
La fuite des diplômésélevé (pays de Cornouaille, Morlaix et Centre-Ouest Bretagne). En revanche, dans les
pays de Brocéliande et de Vallons de Vilaine la proportion de retours au pays est la de Bretagne centrale
plus basse.
Concernant les seules migrations extra
régionales, les pays de Brest et Rennes,
avec 20 000 départs, fournissent la moi-
tié des jeunes partis travailler ou suivre
une formation supérieure hors de la ré-
Selon les pays, les jeunes ont eu plus ou Le pays de Rennes concentre 17 % de la gion. Parmi les jeunes ayant un diplôme
moins tendance à partir. Dans le pays population jeune et dispose d’une offre du deuxième ou troisième cycle de l’en-
de Rennes un jeune sur deux est allé de formation importante qui lui donne seignement supérieur en 1999, le taux
s’installer ailleurs. Ce taux de départ des vocation à alimenter l’économie de mobilité hors région avoisine 40 %.
jeunes, le plus élevé de Bretagne dé- au-delà de son territoire. Les sorties en Ceci indique que sur le segment des
passe de 20 points celui du pays de Cor- sont donc logiquement très nombreu- hauts niveaux de qualification le mar-
nouaille dans lequel la propension au ses. En second lieu, c’est le pays de ché du travail dépasse nettement les li-
départ est la plus basse. Brest qui a connu le plus grand nombre mites de la région.
6 Octant n° 104 - Janvier 2006Société
Migrations intra régionales entre 1990 et 1999Les taux de départ extra régionaux sont
plus particulièrement élevés dans les Les principaux flux de jeunes diplômés entre les pays
pays de Brest et de Rennes. Ceci est lo-
gique puisque ces territoires attirent un
nombre important de jeunes venus
suivre des formations supérieures, et
plus particulièrement des formations
des deuxième et troisième cycles. Pour
autant, leur ressource en main d’œuvre
qualifiée ne diminue pas. Ces deux pays
concentrent une grande part des fonc-
2tions métropolitaines supérieures et of-
frent donc des débouchés à ces diplô-
més. Mesurée par le rapport entre la
part des diplômésdusupérieur dans les
départs de jeunes hors région et leur
part dans la population résidante, la
fuite de la ressource potentielle en main Intensité migratoire relative
d’œuvre qualifiée est inférieure à la 60 et plus
moyenne régionale dans ces deux pays.
790de 30 à moins de 60
En Bretagne il y a prèsdedeuxfoisplus
de 15 à moins de 30 260de diplômés parmi les jeunes partants ©IGN-Insee 2005
que dans la population des jeunes Bre- Source : Insee, recensement de la population 1999
tons. C’est dans les pays du centre Bre-
Lecture : L’indicateur de fuite de la ressource en main d’œuvre diplôméedusupérieur pour un terri-tagne (Centre Ouest Bretagne, Centre
toire est la part des diplômésdel’enseignement supérieur dans les départs de jeunes (entre 1990 etBretagne, Pontivy et Ploërmel-Cœur de
1999) rapportée à leur part parmi la population de jeunes résidant dans ce territoire en 1990.
Bretagne) que ce ratio est le plus élevé.
Pour la région, on compte 1,9 fois plus de diplômés parmi les jeunes partants que parmi les jeunes
Bretons.
Les flux représentés sur cette carte sont ceux qui s’exercent avec une intensité au moins 30 fois su-
Première destination : périeure à la valeur médiane de l’intensité des flux observés entre pays. Deux flux peuvent être pro-
ches en volume, comme ceux de Brest vers Morlaix et Brest vers Rennes, et d’intensitéstrèsl’Ile-de-France
différentes compte tenu des effectifs auxquels ils sont rapportés. La valeur de l’intensité d’un flux est
représentée par la couleur de la flêche le symbolisant.
L’Ile-de-France est la première destina-
L’indice d’intensité migratoire relative entre deux pays X et Y est le rapport entre l’indice d’intensitétion des jeunes originaires de la plupart
migratoire entre X et Y et l’indice médian d’intensité migratoire.
des pays bretons et titulaires en 1999
L’indice d’intensité migratoire entre deux pays X et Y est égal au produit du taux de départ de X vers
d’un diplôme de l’enseignement supé- Y par le taux d’arrivée en Y venant de X.
rieur. Elle devance les autres pays de la
L’indice médian d’intensité migratoire est défini comme la valeur de l’indice d’intensité migratoire
région. Ainsi, pour 16 des 21 pays la telle que 50 % des flux aient une intensité inférieure à cette valeur.
part des départs en région francilienne
dans l’ensemble des départs de jeunes
diplômésdusupérieur va de 16 % à
30 %. Néanmoins, l’attraction du pays
de Rennes s’avère plus forte pour les
pays de Fougères, Vallons de Vilaine,
Migrations extra régionales entre 1990 et 1999Brocéliande, Redon et Vilaine, et Vi-
Taux de solde migratoire des diplômés de l'enseignement supérieurtré-Porte de Bretagne.
La région Pays de la Loire est la seconde
destination pour quelques pays, au pre-
mier rang desquels les pays de Redon et
Vilaine, et de Vannes. C’est aussi le cas
des pays de Rennes, Lorient et Brest.
Rennes alimente la moitié
des pays, Brest
essentiellement le Finistère
L’origine des jeunes diplômés arrivés En %
dans les pays bretons entre 1990 et
0
- 6,5
2- Il s'agit de postes de cadre, ingénieur ou chef d'en- - 14,5
treprise, au contenu décisionnel élevé davantage pré-
sents dans les villes. Les fonctions métropolitaines
Région : - 13 %supérieures jouent un grand rôle dans le développe- ©IGN-Insee 2005
ment des principales métropoles de niveau régional et Source : Insee, recensement de la population 1999
national.
Octant n° 104 - Janvier 2006 7Société
Migrations intra et extra régionales entre 1990 et 1999 Les arrivées en provenance
Taux de solde migratoire des diplômés de l'enseignement supérieur
de Rennes et Brest
rééquilibrent un peu
le territoire
Le déséquilibre entre les départs et les
arrivées d’Ile-de-France explique à lui
seul 85 % du déficit migratoire des jeu-
nes diplômésdel’enseignement supé-
rieur avec le reste de la France. Ce défi-
cit affecte la quasi-totalité des pays
bretons. Cependant, les pays de Rennes
et Brest en expliquent à eux seuls 60 %.
Pour 11 pays à l’ouest d’une ligne Au-
En % ray-Saint-Malo, le déficit est supérieur à
7 %. En revanche, dans le pays des Val-45
0 lons de Vilaine l’excédent migratoire at-
- 15 teint 17 %. Les pays de Brocéliande et
Vitré-Porte de Bretagne tirent également
Région : - 13 %
©IGN-Insee 2005 leur épingle du jeu.
Source : Insee, recensement de la population 1999
L’essaimage des diplômés issus des
pays de Rennes et Brest sur l’ensemble
du territoire breton joue un rôle impor-
tant en réduisant significativement le
déficit migratoire de la plupart des pays.
Les pays du centre Bretagne conservent
Évolution de l'emploi pour les cadres et professions intermédiaires néanmoins un déficit qui dépasse 15 %.
entre 1990 et 1999
Le déficit de jeunes diplômésdes
deuxième et troisième cycles est plus
marqué que celui de l’ensemble des di-
plômésdusupérieur. Ainsi, plus de la
moitié des pays affichent un déficit pour
les migrations extra régionales supé-
rieur à 10 %. Seuls quatre pays sont lé-
gèrement excédentaires : Brocéliande,
Vallons de Vilaine, Redon et Vilaine et
Fougères. Avec les mouvements intra
régionaux, le pays de Trégor-Goëlo ac-
cueille finalement plus de diplômésdes
deuxièmes et troisième cycles qu’il n’en
perd. Le solde des migrations intra et ex-
En % tra régionales est également positif pour
les pays situés à l’est de l’axe Van-42
28,5 nes-Saint-Malo, à l’exception du pays
23 de Rennes.
Région : 26,6 %
©IGN-Insee 2005
Source : Insee, recensement de la population 1999 La progression des emplois
les plus qualifiés
se concentre à l’est
1999 est plus diversifiée. Cinq pays ac- venance du pays de Rennes dépasse L’attractivité de l’est de la Bretagne pour
cueillent une part plus élevée de jeunes 30 % dans les pays de Vallons de Vi- les jeunes diplômésdel’enseignement
diplômés venant d’Ile-de-France que laine et Brocéliande. La majorité de supérieur s’explique par l’évolution de
-des autres pays ou régions : Tregor-Goë cette population continue toutefois de l’emploi des cadres et professions inter-
lo, Rennes, Brest, Auray et Lorient. Ce- travailler dans le pays de Rennes. médiaires dans cette zone En effet, le
-pendant, cette proportion demeure mo nombre de cadres supérieurs travaillant
deste, ne dépassant pas 17 %. Les pays de Cornouaille, Morlaix et dans le pays de Rennes s’est accru de
Centre Ouest Bretagne accueillent prin- 34 %, celui des professions intermédiai-
Le pays de Rennes est le principal pour- cipalement des diplômés venant du res de 31 %. Cette augmentation, la plus
voyeur de main d’œuvre diplôméedu pays de Brest, tandis que les pays de forte en valeur absolue, représente
supérieur pour la plupart des autres Vannes et de Redon et Vilaine sont ali- 20 000 emplois soit un tiers des créa-
pays. La part des arrivants en pro- mentésd’abord par la région ligérienne. tions de la région. Dans les pays de
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Migrations des diplômés de l'enseignement supérieur entre 1990 et 1999 par pays
Départs Dont départs Arrivées Dont arrivées
intra et extra extra intra et extra extra Sédentaires
régionaux régionaux régionales régionales
Pays de Dinan 1 606 772 1 326 520 969
Pays de Guingamp 1 307 583 1 099 385 819
Pays du Trégor-Goëlo 2 314 1 280 2 001 996 1 418
Pays du Centre-Bretagne 837 348 516 157 491
Pays de Saint-Brieuc 3 843 2 131 3 141 1 292 2 730
Pays de Brest 10 069 6 942 6 358 3 699 8 851
Pays du Centre-Ouest-Bretagne 1 683 701 1 149 374 1 193
Pays de Morlaix 2 136 1 090 1 704 684 1 935
Pays de Cornouaille 5 295 3 229 4 284 2 049 5 181
Pays de Fougères 1 096 596 1 024 523 778
Pays des Vallons de Vilaine 582 258 1 120 454 304
Pays de Brocéliande 968 390 1 262 461 476
Pays de Redon et Vilaine 1 036 537 957 498 553
Pays de Rennes 18 227 12 223 12 651 7 471 11 685
Pays de Saint-Malo 2 201 1 260 2 233 1 052 1 461
Pays de Vitré - Porte de Bretagne 1 413 770 1 611 787 1 013
Pays d'Auray 1 187 631 1 127 514 648
Pays de Lorient 3 894 2 442 3 010 1 544 2 822 Ploërmel - Cœur de Bretagne 1 318 811 1 025 479 555
Pays de Pontivy 1 464 654 981 335 984
Pays de Vannes 3 178 1 962 3 620 1 881 2 412
Source : Insee, recensement de la population 1999
Vitré-Porte de Bretagne, Brocéliande et Part des actifs travaillant dans leur pays de résidence en 1999
Vallons de Vilaine l’offre d’emploi de
27-35 ans diplôméscadres supérieurs comme de profes- Ensemble de l'enseignementsions intermédiaires s’est également des 27-35 ans supérieur
développée pour satisfaire les besoins
générésparl’afflux de résidents. En Tré- Pays de Dinan 70,5 65,8
gor-Goëlo le nombre de postes de Pays de Guingamp 68,5 60,3
cadres supérieurs a fortement progressé, Pays de Trégor-Goëlo 85,9 84,7
mais l’augmentation des emplois pour
Pays de Centre-Bretagne 79,5 72,4
les professions intermédiaires est infé-
Pays de Saint-Brieuc 87,8 83,1rieure à la moyenne régionale.
Pays de Brest 93,2 91,5
Pays de Centre-Ouest-Bretagne 77,5 69,7Marie-Hélène KEROUANTON
et Stéphane MORO Pays de Morlaix 86,4 79,3
Pays de Cornouaille 91,5 88,1
Pays de Fougères 83,7 77,6
Pays de Vallons de Vilaine 34,3 22,9
Pays de Brocéliande 44,1 31,9
Pays de Redon et Vilaine 75,0 72,7
Pays de Rennes 90,0 86,6
Pays de Saint-Malo 82,7 77,6
Pays de Vitré - Porte de Bretagne 76,5 65,6
Pays d'Auray 71,2 56,6
Cette étude a été réalisée
Pays de Lorient 87,1 84,0en partenariat avec la Région Bretagne
et le GREF (GIP Relation Emploi- Ploërmel - Cœur de Bretagne 78,4 71,5
Formation) de Bretagne Pays de Pontivy 79,7 73,6
avec le concours financier de la Région.
Pays de Vannes 85,2 79,3
Source : Insee, recensement de la population 1999
Octant n° 104 - Janvier 2006 9
nSociété
La mesure des migrations inter-censitaires et ses limites
Les données en 1999. Le champ retenu concerne les jeunes de cette
tranche d’âge résidant en Bretagne en 1990, en 1999 ou les
A partir des données des recensements de 1990 et 1999, on peut
deux années à la fois. Ceci permet d’appréhender à l’échelon
comptabiliser les migrations des personnes ayant quitté une zone
des pays bretons, l’ensemble des migrations intra et extra ré-
géographique (commune, pays ou région) sans y revenir en 1999.
gionales. Dans l’article, les migrants (arrivants ou partants)
Dans l’intervalle inter censitaire, si le départ est suivi d’un retour
sont les personnes ne résidant pas dans le même pays en 1990
le mouvement migratoire n’est pas pris en compte.
et 1999.
Le champ de l’étude
On ne peut pas déterminer les motifs de départ des migrants
Dans cette étude, on s’intéresse à la population des jeunes âgés (études, emploi ou raisons familiales), mais on connaît leur ni-
de 18 à 26 ans en 1990, donc de la tranche d’âge des 27-35 ans veau de diplôme en 1999.
Définitions
Taux de mobilité pour une population donnée :ils’agit de l’en- Solde migratoire:ils’agit de calculer, pour un territoire, la dif-
semble des arrivées et départs de cette population pour un terri- férence entre le nombre des arrivées observées entre 1990 et
toire donné rapportéà l’effectif de cette population dans le 1999 et celui des départs. A l’échelon d’un pays de Bretagne,
territoire. on peut calculer le solde de l’ensemble des départs et arrivées
( quelle que soit leur provenance ou destination) ou bien en ne
Arrivées :ils’agit des personnes arrivées dans chaque pays bre- tenant compte que d’un type de migrations (intra ou extra
ton entre 1990 et 1999 en provenance d’un autre pays breton régionales).
(migrations intra régionales) ou d’une autre région métropolitaine
(migrations extra régionales). Taux d’arrivée pour une population donnée:c’est le nombre
des arrivées dans un territoire concernant cette population
Départs :ils’agit des personnes parties de chaque pays breton rapportéà l’effectif de cette population résidant dans le
entre 1990 et 1999, à destination d’un autre pays breton (migra- territoire.
tions intra régionales) ou d’une autre région métropolitaine (mi-
grations extra régionales). Taux de sortie pour une population donnée:c’est le nombre
de départs de cette d’un territoire rapportéà l’ef-
Sédentaires :ils’agit des personnes qui résident dans le même fectif de cette population résidant dans le territoire.
pays de Bretagne en 1990 et en 1999, même si elles ont quitté ce
pays et y sont revenues dans l’intervalle. Taux de solde:c’est le solde migratoire rapportéà la popula-
tion du territoire.
Pour en savoir plus
Nord-Pas-de-Calais. - Dans : Pages de Profils ; n° 8 (2005, juil.). - 6 L’importance des retours à la région natale / Michel Rouxel ;
p.Insee Bretagne. - Dans : Octant. - N° 94 (2003, juin). - P. 20-23.
Les migrations des jeunes diplômés : mythes ou réalitésrégionales Les Haut-Normands de plus en plus attirés par les autres régions :
/ Chantal Dutilleul, Vincent Houillon ; Insee Nord-Pas-de-Calais. -enquête annuelle de recensement 2004 / Jean Lemattre ; Insee
Dans : Profils ; n° 3 (2003, mai). - 4 p.Haute-Normandie. - Dans : Aval. - N° 46 (2005, juin). - P. 1-5.
Une forte mobilité résidentielle des actifs ayant un emploi, des jeu- La région Centre n’attire pas les jeunes adultes / Marc Branchu. -
nes et des diplômés en Languedoc-Roussillon / Claude Michel ;Dans : Insee Centre info ; n° 128 (2005, juil.). - 4 p.
Insee Languedoc-Roussillon. - Dans : Synthèse ; n° 2 (2000, janv.). L’enquête 2004 du recensement en Nord-Pas-de-Calais : migra-
- 4 p.tions inter-régionales et population / Arnaud Degorre ; Insee
10 Octant n° 104 - Janvier 2006Société
Mobilité comparée des jeunes hommes et des jeunes femmes entre 1990 et 1999
Un tiers des Bretonnes âgées de 27 à 35 quitter leur pays de résidence pour un constat est similaire pour les pays de Ren-
ans en 1999 sont titulaires d’un diplôme autre pays de Bretagne ou une autre ré- nes, des vallons de Vilaine et de
de l’enseignement supérieur, contre un gion que les hommes. Mais les compor- Vitré-Porte de Bretagne. En revanche, le
quart seulement des Bretons de cette tements migratoires ne sont pas tout à fait taux de départ des jeunes hommes titu-
tranche d’âge. La mobilité augmente homogènes sur le territoire. Les femmes laires d’un diplôme de deuxième ou
avec leur niveau de diplôme. titulaires d’un Bac+2 sont plus nombreu- 3ème cycles vers les autres régions est
ses à avoir quitté les pays du centre Bre- toujours supérieur celui des filles.
Dans la population des jeunes âgésde18 tagne où elles résidaient en 1990. Le
à 26 ans en 1990, tous diplômes confon-
dus, les jeunes femmes ont été un peu
plus enclines à quitter, entre 1990 et Comparaison des taux de départ par sexe et par pays
1999, le pays de Bretagne dans lequel el-
des jeunes de niveau Bac+2
les résidaient. Le rapport entre les taux de
départ masculins et féminins est de 0,98.
En revanche, pour les titulaires d’un di-
plôme de l’enseignement supérieur en
1999, le ratio (1,09) indique que les hom-
mes ont été plus mobiles sur la période.
Si l’on ne considère que les migrations
extra régionales, le rapport entre les taux
de départ masculins et féminins est tou-
jours supérieur à 1. Quel que soit le ni-
veau de diplôme, les jeunes femmes quit-
tent moins volontiers la région. En outre,
plus le niveau de diplôme est élevé et
plus le phénomène est marqué : le ratio
atteint 1,11 pour les titulaires d’un di- 1,15
plôme de niveau Bac+2, 1,2 au delà. 1,07
1,00
Globalement, les diplômées de niveau
Région : 1,07Bac+2 ont été moins nombreuses à ©IGN-Insee 2005
Source : Insee, recensement de la population 1999
1- Le ratio calculé est le taux de départ des hommes Lecture : le ratio représenté, taux de départ des hommes rapporté au taux de départ des femmes,
rapporté au taux de départ des femmes. concerne les titulaires d’un Bac+2 âgés de 27 à 35 ans.
Les migrations des jeunes ayant entre 27 et 35 ans en 1999
Effectifs et taux migratoires selon le sexe et niveau de diplôme
Migrations intra et extra régionales Migrations extra régionales
entre 1990 et 1999 entre 1990 et 1999
Arrivées Départs Arrivées Départs Solde
Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes Femmes Hommes
Effectifs
Ensemble des 27-35 ans 62 818 62 934 67 106 68 944 29 949 30 510 34 237 36 520 - 4 288 - 6 010
Taux (%) 36,2 34,7 38,7 38,0 17,3 16,8 19,7 20,1 - 2,4 - 3,3
dont : diplômés de
l'enseignement supérieur 48,8 49,6 59,4 64,7 23,9 25,5 34,5 40,7 - 10,6 - 15,2
dont : Bac+2 44,8 44,9 51,7 55,5 20,8 20,0 27,7 30,6 - 6,9 - 10,6
e e
2 et 3 cycles 53,8 54,8 69,0 74,9 27,7 31,6 43,0 51,7 - 15,3 - 20,1
Source : Insee, recensement de la population 1999
Octant n° 104 - Janvier 2006 11Société
La mobilité favorise l’accès des jeunes aux
Le recensement permet de connaître la situation des jeunes mi- titulaires d’un diplôme de niveau Bac+2.
grants au regard de l’activité. Pour les jeunes âgésde27 à 35 ans
Parmi ceux qui arrivent en Bretagne, les proportions d’indépen-et ayant un emploi en 1999, la position professionnelle peut
alors être mise en regard du niveau de diplôme. Les comparai- dants et chefs d’entreprise, d’inactifs ou de chômeurs sont plus
1 élevées que pour les partants ou les sédentaires.sons faites entre migrants et sédentaires permettent alors de
penser que la mobilité favorise l’accès aux professions intermé-
Concernant les diplômés des deuxième et troisième cycles, ladiaires pour les diplômés du premier cycle, et aux emplois de
mobilité hors région favorise davantage l’accès aux emplois decadres pour ceux des deuxième et troisième cycles.
cadres que les migrations intra régionales entre pays. A ce ni-
veau d’études, la proportion d’indépendants et chefs d’entrepri-Pour les diplômés du premier cycle, la part des emplois de ni-
veau professions intermédiaires augmente sensiblement quand ses est moins importante qu’au niveau Bac+2. En revanche, la
part des inactifs ou chômeurs chez ceux qui n’ont pas migré estles jeunes ont changé de pays. La proportion augmente encore
un peu pour ceux qui quittent la Bretagne. Et, le départ hors ré- de 10 points supérieure à celle observée au niveau Bac+2.
gion favorise nettement l’accès aux emplois de cadres pour les
Répartition selon le niveau de diplôme et la position professionnelle
des diplômés de l'enseignement supérieur âgés de 27-35 ans en 1999
Diplômés Diplômés
du premier cycle (en %) des deuxième et troisième cycles (en%)
Employé,
Indépendant Profession Indépendant ouvrier,
Employé, Inactif, Inactif,
chef Cadre intermé- chef Cadre profession
ouvrier chômeur chômeur
d’entreprise diaire d’entreprise intermé-
diaire
Sédentaires* 9,0 4,6 38,7 32,0 15,7 6,0 32,2 36,2 25,6
Migrations 6,4 5,6 46,1 27,1 14,8 6,2 39,2 35,7 18,9
intra régionales**
Migrations
extra régionales
Départs 3,7 9,5 49,2 21,3 16,3 3,1 53,4 26,9 16,6
Arrivées 7,8 8,9 41,6 19 22,7 5,9 50,1 22,4 21,6
Source : recensement de la population de 1999
* Un sédentaire est une personne qui résidait en 1999 dans le même pays qu’en 1990.
** Les migrations intra régionales se réfèrent aux limites du pays.
En matière d’accès aux emplois les plus qualifiés, les jeunes de qualification des emplois féminins, mais nettement moins
hommes et les jeunes femmes ne sont pas logés à la même que celui des hommes. Ils sont 55 % à exercer une profession
enseigne. intermédiaire, les femmes à peine 40 %. Pour les diplômés des
deuxième et troisième cycles, l’écart entre la part de cadres
Parmi les sédentaires, la part des jeunes femmes diplômées du chez les hommes et les femmes est de 15 points.
premier cycle occupant un emploi d’employéeoud’ouvrière
est de 5 points supérieure à la part de celles qui exercent une Parmi les sédentaires, les femmes sont à peine plus souvent
profession intermédiaire. Concernant les hommes, elle est de inactives ou au chômage que les hommes. En revanche l’écart
20 points inférieure. se creuse pour les migrantes qui sont particulièrement nom-
breuses à ne pas travailler lorsqu’elles arrivent en Bretagne :
Pour les diplômés des deuxième et troisième cycles, l’écart 30 % contre 22 % pour les hommes.
entre la part de cadres parmi les hommes et parmi les femmes
est bien plus importante (15 points de plus).
1- La mobilité et la sédentarité sont appréciées par rapport aux limites des pays de
Au niveau Bac+2, la mobilité entre les pays améliore le niveau Bretagne.
12 Octant n° 104 - Janvier 2006Société
emplois de cadres, surtout pour les hommes
Position professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur âgés de 27 à 35 ans en 1999
selon le comportement migratoire, le sexe et le niveau de diplôme (en %)
Jeunes n’ayant pas changé de pays entre 1990 et 1999 Jeunes ayant changé de pays entre 1990 et 1999
70 70
Femmes Hommes Femmes Hommes60 60
50 50
40 40
30 30
20 20
10 10
0 0
ee ee ee eeBac +2 2et 3 Bac +2 2et 3 Bac +2 2et 3 Bac +2 2et 3
cycle cycle cycle cycle
Chef d’entreprise Niveau identique Niveau inférieur Niveau supérieur Autre
Jeunes partis de Bretagne entre 1990 et 1999 Jeunes arrivés en Bretagne entre 1990 et 1999
70 70
Femmes Hommes Femmes Hommes60 60
50 50
40 40
30 30
20 20
10 10
0 0
ee ee ee eeBac +2 2et 3 Bac +2 2et 3 Bac +2 2et 3 Bac +2 2et 3
cycle cycle cycle cycle
Source : Insee, recensement de la population 1999
Ces graphiques mettent en regard le niveau de diplôme et la position professionnelle pour les hommes et femmes âgésde27 à 35 ans en 1999
qui ont un emploi. On considère que la position professionnelle est de niveau identique, inférieure, ou supérieure selon les cas.
Niveau identique : profession intermédiaire ou technicien pour les Bac+2
cadre pour les deuxièmes et troisième cycles
Niveau inférieur : ouvrier ou employé pour les Bac+2
e e
ouvrier,employé, profession intermédiaire ou technicien pour les 2 et 3 cycles
Niveau supérieur : cadre pour les Bac+2
Pour les statuts de chef d’entreprise ou d’indépendant, qui recouvrent des situations diverses, on ne peut pas comparer la position professionnelle
avec le niveau de diplôme. La catégorie « autre » rassemble les inactifs et chômeurs.
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