Vers un enseignement secondaire de masse (1985-2001)

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La démocratisation de l'enseignement secondaire, menée de manière volontaire par l'Éducation nationale depuis le milieu des années quatre-vingt, a eu des résultats significatifs. Ainsi, en 2001, 70 % des jeunes générations vont jusqu'en classe terminale contre 35 % en 1985, et 38 % d'entre elles sortent de formation initiale avec un diplôme de l'enseignement supérieur contre 15 % en 1980. Ces progrès reposent sur une généralisation du premier cycle - 97 % des jeunes générations atteignent désormais une classe de troisième - amplifiée de 1985 à 1990 par des passages plus fréquents en seconds cycles généraux et technologiques, qui ont connu alors un afflux considérable d'élèves. Ces tendances se sont infléchies à partir de 1993-1994, avec un repli des poursuites d'études générales, accentué par l'évolution démographique, suivi par un tassement des progrès de la scolarisation dans le supérieur, maintenant sensible parmi les étudiants les plus jeunes.
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Éducation, formation 2
Vers un enseignement secondaire
de masse (1985-2001)
Paul Esquieu, Pascale Poulet-Coulibando*
La démocratisation de l’enseignement secondaire,
menée de manière volontaire par l’Éducation nationale depuis le milieu
des années quatre-vingt, a eu des résultats significatifs.
Ainsi, en 2001, 70 % des jeunes générations vont jusqu’en classe terminale
contre 35 % en 1985, et 38 % d’entre elles sortent de formation initiale
avec un diplôme de l’enseignement supérieur contre 15 % en 1980. Ces
progrès reposent sur une généralisation du premier cycle — 97 % des
jeunes générations atteignent désormais une classe de troisième —
amplifiée de 1985 à 1990 par des passages plus fréquents en seconds cycles
généraux et technologiques, qui ont connu alors un afflux considérable
d’élèves. Ces tendances se sont infléchies à partir de 1993-1994, avec un
repli des poursuites d’études générales, accentué par l’évolution
démographique, suivi par un tassement des progrès de la scolarisation
dans le supérieur, maintenant sensible parmi les étudiants les plus jeunes.
ntre 1975 et 1985, l’ins- été marquées par de profonds ambition d’élever sensiblement
tauration du collège changements. Au milieu des le niveau de qualification desEunique n’avait pas pro- années quatre-vingt, l’objectif jeunes et ainsi de mieux les
voqué de modifications sensi- d’amener 80 % des jeunes gé- préparer aux mutations écono-
bles de l’orientation des nérations jusqu’au terme de miques, dans un contexte où
collégiens. En revanche, les l’enseignement secondaire à ils étaient particulièrement
quinze dernières années ont l’horizon de 2000 avait pour touchés par le chômage à la
* Paul Esquieu et Pascale Poulet-Coulibando font partie de la direction de la Programmation et du Développement du ministère de la
Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche.
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sortie de leur formation. Cet initial, réaffirmé et précisé par la déclaré être titulaires du bacca-
objectif ouvre une période de loi d’orientation de 1989, n’a pas lauréat, contre 22 % en 1990 et
transformation majeure et sou- été totalement atteint, les change- 13 % en 1975. Les informations
daine des flux d’orientation. ments intervenus sont de très forte annuelles fournies par les enquê-
ampleur : ils ont conduit au dou- tes Emploi de l’Insee confirment
blement de l’accès en classes de l’élévation du niveau de forma-
terminale. L’autre objectif central tion atteint par les différentes gé-Depuis 1985,
développé par la loi d’orientation nérations au terme de leursde profonds progrès
de 1989, la réduction des sorties études. Près de 38 % des jeunes
de scolarisation
de l’école sans qualification, a été sortent aujourd’hui de formation
atteint, avec une diminution de- initiale en étant diplômés de l’en-
L’institution scolaire amorce alors puis 1985 de près de moitié de la seignement supérieur et moins
une politique « volontariste » proportion de jeunes concernés. de 8 % sans aucune qualification.
d’ouverture des seconds cycles, En 1980, ces deux groupes
généraux, technologiques et pro- Ces progrès, qui semblent mar- étaient d’importance à peu près
fessionnels (encadré 1). Les résul- quer une pause depuis 1994, ont équivalente (15 %) (figure 1).
tats en sont manifestes : en 2001, eu de profondes répercussions Cette élévation du niveau de for-
70 % des jeunes générations vont sur le niveau d’études de la po- mation a été particulièrement fa-
jusqu’en classe terminale et accè- pulation française. Ainsi, au der- vorable aux jeunes femmes. En
dent ainsi au niveau du baccalau- nier recensement de population mars 2001, 38 % des femmes
réat, contre seulement 35 % vers de mars 1999, 30 % des person- âgées de 25 à 29 ans et qui ne
1985 (encadré 2). Si l’objectif nes d’au moins 25 ans ont poursuivent plus d’études décla-
rent posséder un diplôme de l’en-
seignement supérieur contre
15 % vingt ans auparavant. Pour
Encadré 1 les hommes de cet âge, cette pro-
portion s’élève à 32 % en marsLes principales mesures depuis 1985
2001, contre 12 %.
Les principales mesures relatives au niveau du baccalauréat et de
au déroulement et à l’organisation ne plus laisser sortir de jeunes
Ces progrès ont permis à la
des cycles secondaires depuis 1985 sans qualification du système édu-
France de rattraper une partie desont les suivantes : catif. Elle s’attache aussi à l’orga-
nisation des enseignements, son retard sur les autres pays dé-
Création du baccalauréat profes- désormais structurés en « cycles » veloppés. En considérant la part
sionnel et disparition du CAP post et à celle des établissements (qui de la population ayant au moins
cinquième au profit des nouvelles doivent élaborer des projets péda-
atteint le niveau des deuxièmesclasses technologiques (la voie pro- gogiques spécifiques), ainsi qu’au
cycles de l’enseignement secon-fessionnelle scolaire étant ainsi recrutement et à la formation des
tirée vers le haut et pouvant enseignants (création des IUFM, daire (indicateur retenu par
conduire aux niveaux IV de forma- annonce d’un plan pluriannuel de l’OCDE dans ses Regards sur
tion) ; recrutement) ;
l’éducation), la progression fran-
çaise en l’espace de trente ans,En 1987, le « plan pour l’avenir Rénovation pédagogique du lycée :
de l’Éducation nationale » présenté à partir de la rentrée 1992, la classe mise en évidence en comparant
par le ministre René Monory trace de seconde, déjà indifférenciée les jeunes de 25-34 ans à leurs
des perspectives à l’horizon 2000 depuis le début des années aînés de 55-64 ans, est particuliè-
en matière de scolarisation et de quatre-vingt, devient un cycle de dé-
rement forte, même si elle ne luidéparts et recrutements d’ensei- termination, préparant l’orientation
permet pas de rejoindre les paysgnants ; dans les nouvelles séries générales
et technologiques de première, vi- les plus avancés (figure 2).Le
Réforme de 1987 de l’apprentissage sant un profil plus marqué des ly- sens exact des calculs des diffé-
qui peut désormais préparer aux céens qui les fréquentent ;
rents pays reste toutefois incer-
diplômes professionnels de tous ni-
tain. En France, ce calcul porteveaux, suivant en cela une évolu- Réforme du collège en 1996 : mise
tion comparable à celle de la voie en place des trois cycles, s’assurer sur la population déclarant pos-
scolaire ; des acquis scolaires dès l’entrée en séder un diplôme du second
sixième, pratique d’un soutien plus cycle, c’est-à-dire un CAP, un
La loi d’orientation de juillet individualisé et généralisation ef-
BEP ou un baccalauréat, ce qui1989 réaffirme d’abord l’objectif fective de l’accès en classe de troi-
ne correspond pas exactement àd’amener 80 % d’une génération sième générale.
la notion interministérielle de
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« qualification ». S’agissant de progrès enregistrés depuis le dé- plus nets pour les jeunes fem-
l’obtention de ces diplômes, les but des années quatre-vingt sont mes : en mars 2001, 79 % des
femmes de 25 à 29 ans déclarent
posséder au moins un diplôme
du second cycle, contre 50 %
Encadré 2
vingt ans plus tôt ; en comparai-
son, les jeunes hommes d’au-Définitions relatives au baccalauréat
jourd’hui ne devancent ceux de
Il convient de ne pas confondre ces taux. Les âges pris en compte sont
1981 que de 18 points (78 %
trois indicateurs : les suivants : de 17 à 23 ans pour
contre 60 %).les séries générales et technologi-
Taux de réussite au baccalau- ques et de 18 à 24 ans pour les sé-
réat : il s’agit de la proportion des ries professionnelles, la scolarité Les transformations intervenues
admis par rapport au nombre de étant décalée d’un an pour dans l’enseignement secondaire
présentés (78,8 % en juin 2001). celles-ci.
semblent d’autant plus avoir ré-
pondu à une volonté explicite,Proportion d’une classe d’âge Proportion d’une classe d’âge qui
titulaire du baccalauréat : il accède au niveau du baccalauréat : notamment de l’institution sco-
s’agit de la proportion de bache- il s’agit de la proportion d’entrées en laire, que les conditions actuelles
liers dans une génération fictive dernière année d’une formation pré-
de scolarisation sont proches de
de jeunes qui obtiendraient le bac- parant à un baccalauréat ou à un di-
ce qui était envisagé dès 1987,calauréat à chaque âge comme plôme du même niveau dans une
l’année considérée. Ce nombre est génération fictive de jeunes (69,5 % dans le cadre du « plan Monory »
obtenu en calculant, pour chaque en 2000-2001) ; c’est ce dernier indi- (encadré 2). L’accès aux classes de
âge, le rapport du nombre de lau- cateur qui est mentionné dans la loi terminale atteint aujourd’hui 70 %
réats à la population totale de cet d’orientation n°89-486 du 10 juillet
contre 74 % prévu par le plan.âge, et en faisant la somme de ces 1989 (encadré 1).
Toutefois, 62 % des jeunes obtien-
nent le baccalauréat (figure 3)
Figure 1 - Les sortants de formation initiale : davantage diplômés que par le passé
1 1 1 1 1 1
1977-1978 1982-1983 1987-1988 1992-1993 1997-1998 1999-2000
Licence, maîtrise, doctorat ou diplôme de grande école 53 000 51 000 72 000 101 000 151 000 157 000
2
DUT/BTS 24 000 37 000 57 000 75 000 94 000 90 000
2
Diplômes paramédicaux et sociaux 26 000 21 000 14 000 17 000 19 000 18 000
Diplôme d’études universitaires générales (DEUG) 13 000 15 000 13 000 13 000 19 000 15 000
Total diplômés de l’enseignement supérieur 116 000 124 000 156 000 206 000 283 000 280 000
Baccalauréat général, Brevet supérieur 70 000 62 000 52 000 61 000 83 000 82 000
Baccalauréats techniques et professionnels 36 000 40 000 42 000 82 000 98 000 95 000
CAP/BEP, équivalents et autres diplômes professionnels 221 000 142 000 134 000 147 000
Total diplômés des seconds cycles secondaires 327 000 285 000 315 000 324 000
3 3
Brevet seul 88 000 524 000 430 000 60 000 48 000 61 000
Aucun diplôme (ou CEP) 207 000 112 000 105 000 98 000
Au mieux le Brevet 295 000 172 000 153 000 159 000
dont Sortants de niveau CAP (niveau V) 105 000 96 000 101 000 sans qualification (niveau VI-Vbis) 67 000 57 000 58 000
Ensemble des Sortants de formation initiale 738 000 663 000 751 000 763 000
Primosortants (estimation sur sources scolaires) 750 000 680 000 656 000 784 000 779 000
1. Pour plus de représentativité statistique, ces données sont des moyennes observées sur deux cohortes consécutives. Le flux de sortants de « 1999-2000 » est la
demi-somme des effectifs sortis de formation initiale en 1999 puis en 2000.
2. Quelques diplômes d’écoles techniques sont répertoriés avec les diplômes paramédicaux et sociaux durant les années soixante-dix. En revanche, ils figurent
avec les DUT/BTS depuis 1982.
3. Les apprentis n’étant pas interrogés sur la fin de leurs études par les enquêtes Emploi de l’Insee de 1982 à 1989 (ni sur le moment de leur départ du collège, ni
sur celui de la fin de leur apprentissage), celles-ci ne fournissent pas d’indication sur les diplômes de sortie en deçà du baccalauréat.
Sources : DPD, ministère de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche à partir des enquêtes Emploi de l’Insee (1975-2001) et des recensements
d’inscrits.
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contre un objectif de seulement les trois grandes filières - générale, La quasi-totalité des
58 %, leur réussite à l’examen technologique et professionnelle - jeunes générations
ayant fortement augmenté est pratiquement conforme aux
effectuent un premier
entre-temps. Leur répartition selon prévisions (figure 4).
cycle complet
Durant la seconde moitié des an-Figure 2 - Part de la population ayant atteint au moins
le deuxième cycle du secondaire dans différents pays (1999) nées quatre-vingt, l’extinction des
classes « préprofessionnelles » du
premier cycle (classes préprofes-
sionnelles de niveau et classes
préparatoires à l’apprentissage
notamment) et le développement
des classes de quatrième et troi-
sième technologiques sont venus
concrétiser la suppression du pa-
lier d’orientation de fin de cin-
quième, permettant à davantage
de jeunes de terminer leur pre-
mier cycle. Héritières des classes
de fin d’études du primaire, les
classes préprofessionnelles lais-
saient peu de possibilités de
poursuites d’études ; elles étaient
aussi réputées particulièrement
difficiles par les enseignants.
Figure 3 - Proportion d’une classe d’âge titulaire du L’éviction de nombreux élèves de
1baccalauréat l’enseignement général dès le mi-
lieu du collège plaçait la France
parmi les pays pratiquant les
modes de sélection les plus pré-
coces. Aujourd’hui, c’est l’im-
mense majorité des jeunes
générations (près de 97 % - fi-
gure 5) qui atteint le terme d’un
premier cycle, c’est-à-dire une
classe de troisième, qu’elle soit
générale, d’insertion, technolo-
gique ou relevant de l’enseigne-
ment adapté (SEGPA).
Si ce mouvement de généralisation
de l’accès en troisième est plus ma-
nifeste à la fin des années
quatre-vingt, l’instauration des nou-
veaux cycles au collège a permis
récemment de résorber un peu
plus les filières du premier cycle,
de sorte que les jeunes aient au
moins les mêmes possibilités de
parcours ultérieur (sinon les mê-
mes chances). L’extension de l’ac-
cès en troisième générale marque
ainsi, après un quart de siècle, une
sorte d’accomplissement du
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projet d’un collège unique, ou du L’absence d’inscription dans un leurs bas salaires apparaissent
moins commun à tous. établissement scolaire en deçà de ainsi, toutes choses égales par
16 ans est marginale et liée à des ailleurs, comme un trait caracté-
Cette évolution a contribué à circonstances très particulières : ristique des jeunes démunis de
l’élévation générale du niveau handicaps physiques lourds et toute qualification. Ceux-ci ont
d’études comme à la réduction manque d’appétence de la famille souvent connu depuis leur en-
des sorties sans qualification, qui pour les institutions proposées, fance le même quartier paupéri-
intervenaient au début des an- arrivée très récente sur le terri- sé. Bien que la « grande difficulté
nées quatre-vingt essentiellement toire, délabrement du réseau fa- scolaire » renvoie à des dysfonc-
en cours de premier cycle. Moins milial et errance ou délinquance tionnements du système éducatif,
nombreux, les actuels sortants « installée ». elle tient aussi au maintien sinon
sans qualification (environ au renforcement de « poches de
60 000 depuis 1994) sont ceux La sortie sans qualification a pu pauvreté ». Les résultats du re-
qui ne trouvent pas à la fin de être analysée au moyen des en- censement de population de 1999
leur premier cycle une formation quêtes sur l’Emploi de l’Insee, en montrent que le chômage s’est
à leur goût ou à la hauteur de comparant les caractéristiques plus nettement aggravé dans les
leurs ambitions ; ils arrêtent leurs individuelles des parents et de la zones urbaines sensibles au
études après un passage de courte fratrie de ces jeunes, à celles de cours de la dernière décennie.
durée en lycée professionnel ou en jeunes ayant des
centre d’apprentis, parfois après sociologiques proches et sortants
une période d’absentéisme de plus de niveau CAP-BEP (niveau V). Évolution de l’accès
en plus sévère. L’absence d’emploi des parents et en second cycle :
deux phases successives
1Figure 4 - Constats et prévisions du plan Monory
L’accès et l’orientation en se-
conds cycles ont connu deuxen %
phases différentes sur la période
Situation Constat Prévisions
1985-2001.
en 1986 2000 2000
2
Accès au niveau du baccalauréat 36 70 74 De 1985 à 1990, les collégiens
3
Proportions de bacheliers 31 62 58 sont nombreux (dernières géné-
Répartition de 100 bacheliers 100 100 100 rations importantes nées durant
baccalauréat général 67 52,5 52 les « trente glorieuses ») et choi- technologique 33 29,5 31 sissent plus souvent de pour-
baccalauréat professionnel 0 18 17 suivre des études générales.
L’afflux d’élèves dans les lycées
1. Voir encadré 1.
d’enseignement général et tech-2. Il s’agit de la proportion d’une classe d’âge atteignant le « niveau du baccalauréat », soit une terminale
du second cycle de l’enseignement secondaire (on se reportera à l’encadré 2). nologique est considérable. En
3. Il s’agit de la proportion d’une classe d’âge titulaire du baccalauréat (on se reportera à l’encadré 2). quelques années, la part d’une
Source : DPD, ministère de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche. classe d’âge admise en classe de
1Figure 5 - Davantage de jeunes parviennent en classe de troisième
en %
1984-1985 1990-1991 1994-1995 1999-2000 2000-2001 2001-2002
Toutes troisièmes 70 93 94 96 97 97
dont : générales 65 80 79 84 85 85
dont:spécialisées 51315121212
1. Proportion de jeunes qui atteignent le terme d’un premier cycle, c’est-à-dire une classe de troisième, qu’elle soit générale, d’insertion, technologique, ou relevant
de l’enseignement adapté (SEGPA)
Sources : estimations DPD, ministère de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche à partir des enquêtes sur les effectifs d’élèves (DPD)etles
estimations de population (Insee).
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seconde générale et technolo- 1993/1994, ces mouvements ont de formation au profit des filières
gique passe de 40%à57%et connu un net ralentissement. Ce- professionnelles. Une des consé-
les effectifs de lycéens progres- lui-ci est dû à partir de 1990-1991 quences de cette inversion de ten-
sent de quelque 370 000, soit de au repli démographique (la géné- dance est la baisse des effectifs
30 %. ration 1975 entre alors au lycée), des lycées généraux et technolo-
puis au tassement des progrès de giques : ils perdent 120 000 élè-
Durant les années quatre-vingt-dix, la scolarisation, accompagné d’un ves de 1991 à 2001. Ainsi, après
et tout particulièrement depuis rééquilibrage entre les trois voies une progression plus rapide que
prévue jusqu’en 1994, les effectifs
de lycéens ont été par la suite in-
Figure 6 - Nombre d’élèves scolarisés dans les lycées férieurs aux prévisions de 1987
d’enseignement général et technologique : constats et (figure 6).
1Prévisions du “plan Monory”
Après 1992,
moins de collégiens
s’engagent dans un
second cycle général
ou technologique
Le mouvement d’afflux des élèves
en second cycle général et techno-
logique connaît un renversement
de tendance particulièrement ma-
nifeste aux rentrées 1993 et 1994.
En fin de troisième générale, les
taux de passage en classe de se-
conde baissent de cinq points
entre 1992 et 1997. Ce recul pro-
fite au second cycle professionnel
dans sa globalité mais peu aux
Encadré 3
Impact de la démographie et de la durée des études
sur les effectifs de l’enseignement secondaire
À la fin des années quatre-vingt, de plus de 110 000 élèves par an de Cette génération a été marquée par
les fortes pertes démographi- 1987-1988 à 1990-1991. D’autre part, le baccalauréat exceptionnel de
ques ont été compensées par la l’arrivée des générations creuses pro- 1995. Les plus forts taux de scola-
hausse de la scolarisation voque alors des baisses d’au moins risation ont été enregistrés à son
100 000 élèves par an. passage lorsqu’elle avait 18 ans
De 1988-1989 à 1993-1994, les étu- (85 % en 1995-1996), 19 ans (72 %
des s’allongent de plus de 0,2 année Depuis 1997, la durée des études en 1996-1997), puis 22 ans (35 %
par an, avec des progressions des baisse et ne compense plus les en 1999-2000) et enfin dernière-
taux de scolarisation de plus de pertes démographiques ment 23 ans (26 % des jeunes de
trois points par an, entre 18 et 22 cette génération sont étudiants en
ans. Ce mouvement s’amorce sur La durée moyenne des études a ces- 2000-2001).
les fortes générations de la fin des sé de progresser dans le secondaire
années soixante. Toutefois c’est après 1994, puis, par « propaga- Les taux de scolarisation ont donc
pendant cette même période que tion de générations moins scolari- diminué après le passage de cette
les générations de faible taille nées sées » sur l’ensemble du système génération d’abord à 18 ans, puis
de 1975 à 1977 entrent au collège. éducatif depuis 1997. 19, 20, 21 et 22 ans, alors qu’ils
Ainsi, d’une part, la hausse de la progressent encore parmi les plus
scolarisation entraîne une augmen- La génération qui a étudié le plus âgés.
tation des effectifs du secondaire longtemps est la génération 1977.
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lycées professionnels de l’Éduca- longues (huit années dans le se- faveur du second cycle profes-
tion nationale (figure 7) : davan- condaire et le supérieur pour des sionnel et au détriment du cycle
tage de collégiens s’orientent jeunes commençant un second général et technologique sont-ils
alors vers des seconds cycles cycle général et technologique, directement ou entièrement res-
sous statut d’apprenti ou en lycée contre quatre, essentiellement ponsables des deux phénomènes
agricole. Au total, le second cycle dans le secondaire, pour ceux actuels majeurs : l’inflexion à la
général et technologique a perdu commençant un second cycle baisse de la durée des études et
entre 1994-1995 et 1998-1999 professionnel en fin de le tassement des flux d’entrée
près de 2 % des jeunes de 16 et troisième). dans le supérieur ?
17 ans et plus de4%de ceux
âgés de 18, 19 et 20 ans, tandis La tendance historique à l’allon-
que le second cycle professionnel Baisse de la durée des gement de la durée des études a
a gagné 5 % des 16 ans et 2 % bien cessé, et en premier lieuétudes et du taux de
des jeunes de 17 ans. dans l’enseignement secondaire.scolarisation dans le
Cela ne tient pourtant pas, à ce
supérieur
Les trois dernières rentrées nuan- niveau, aux modifications
cent un peu, et de manière con- d’orientation en fin de collège car
tradictoire, ce renversement de Les changements d’orientation les durées d’études dans le se-
tendance. Un retour vers les étu- observés en fin de collège en cond cycle professionnel (avec
des générales, amorcé depuis
1999-2000, est infirmé en
2001-2002. La part des élèves en-
Figure 7 - Vœux des familles en fin de troisième généraletrant en seconde générale et
et orientations effectivestechnologique en fin de premier
cycle (toutes troisièmes confon-
dues) fluctue fortement : après
un minimum de 57,1 %, elle
connaît une légère reprise en
1999-2000 (+ 0,9 point), plus vi-
goureuse en 2000-2001 (+ 1,4
point), avant un nouveau repli à
la rentrée 2001-2002 (- 0,8 point).
A contrario, la part des élèves
orientés en CAP ou en BEP a dé-
passé 42 % en 1998-1999, pour
descendre à 40 % en 2000-2001,
avant de reprendre tout récem-
ment dans les lycées profession-
nels (+ 0,6 point).
Cet attrait relatif des filières pro-
fessionnelles pourrait s’expliquer
par une plus grande promotion
de l’apprentissage d’abord, et tout
récemment des lycées profession-
nels, mais aussi par la conjonc-
ture économique. Les intentions
d’ « investissement éducatif » des
ménages semblent en effet assez
parallèles à leur consommation
d’ensemble : dans un contexte
économique difficile, des parents
d’adolescents peuvent avoir douté
de leur capacité à accompagner
des études générales, de fait plus
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ses successions de CAP/BEP, particulier en 2000 : le taux d’ac- avait été le cas dans le
puis de baccalauréat ou brevet cès des élèves de CAP / BEP au secondaire (encadré 3).Lacom-
professionnels préparés chacun baccalauréat et brevet profes- pensation prend fin après 1995.
en deux ans) et dans le second sionnel a alors baissé de un Les dernières promotions comp-
cycle général et technologique point et le taux d’abandon de tent moins de bacheliers géné-
(en théorie trois ans) sont très première professionnelle a raux que leurs aînées, aussi bien
proches. La baisse de la durée augmenté de 1,5 point, comme en proportion d’une classe d’âge
des études secondaires tient en vraisemblablement celui de pre- (moins d’un tiers en 2000 contre
fait à celle des redoublements. mière technologique (accessible un maximum de 37 % en 1995 -
Les jeunes n’abandonnent pas après le BEP). figure 3) qu’en nombre absolu
davantage en cours de route - (- 6 % entre 1995 et 2000). Or,
leur niveau de sortie en atteste - Les changements intervenus à 83 % des bacheliers généraux
mais ils redoublent moins et l’issue du collège ont surtout une poursuivent leurs études dix ans
leurs parcours sont plus rapides. incidence sur le supérieur. après leur entrée en sixième, es-
Les redoublants sont 20 000 de sentiellement dans le supérieur,
moins, dans chacun des deux Dans un premier temps, la pour seulement 44 % des bache-
cycles en 2000-2001 qu’en hausse de la fréquence d’obten- liers technologiques et 12 % des
1996-1997. Les jeunes tendent tion du baccalauréat a compensé bacheliers professionnels. Les
aussi moins souvent à poursuivre l’impact de la baisse démogra- taux de scolarisation dans le su-
leurs études lorsqu’ils possèdent phique (perceptible sur les ba- périeur des générations récentes
un diplôme professionnel, en cheliers dès 1992), comme cela sont ainsi en légère baisse (enca-
dré 3), la durée d’études y de-
meurant cependant stable, grâce
à la persistance d’une hausse de
Figure 8 - Taux de chômage comparés des jeunes sortants de la scolarisation parmi les plus
formation initiale et de leurs aînés âgés.
À partir de 1998,
davantage de sortants
de formation initiale
avec la légère baisse
la durée des études
Les flux de sortants du système
éducatif ont diminué entre 1987
et 1992. Cela tient à l’allonge-
ment rapide des études : ces gé-
nérations nombreuses ont espacé
leur départ de l’appareil de for-
mation, chacune d’entre elles ter-
minant ses études plus âgée que
la précédente.
Les parcours se sont ensuite
progressivement stabilisés, dans
le secondaire en raison du recul
des redoublements, puis, de gé-
nération en génération, dans le
supérieur. Depuis 1997 et sur-
tout 1998, les jeunes étudient
donc un peu moins longtemps
que leurs prédécesseurs. Certes,
ce mouvement de baisse est
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Éducation, formation 2
Figure 9 - Les jeunes sortants de formation initiale d’autant sans commune mesure avec la
moins exposés au chômage qu’ils sont diplômés hausse qui l’a précédé. Il n’en
reste pas moins que le flux an-
nuel de sortants est maintenant
sensiblement égal à l’effectif des
jeunes des classes d’âges
concernées.
Amélioration
de la position des jeunes
sur le marché du travail
Dans leur ensemble, les jeunes
sortis de formation initiale de-
puis moins de cinq ans sont sen-
siblement mieux placés par
rapport à l’ensemble des adultes
aujourd’hui qu’en 1985. Leur
« surexposition au chômage » est presque deux fois
moindre. En 2001, un jeune sorti
de formation initiale depuis
moins de cinq ans a une proba-
bilité 2,5 fois plus élevée d’être
au chômage que les autres actifs
contre 4,5 fois plus en 1985 (fi-
gure 8).
Pour en savoir plus
Epiphane D., Giret J.-F., Hallier P., tion professionnelle des jeunes Formations, ministère de
(1996-1998) », Notes d’information, l’Éducation nationale, direction deLopez A., Sigot J.-C. et le DEVA ,
n° 7 et 8, ministère de Éducation la programmation et du développe-« GÉNERATION 1998-Àquiapro-
nationale, de la Recherche et de la ment, n° 57, juillet-septembre 2000.fité l’embellie économique ? », Bref
Technologie, direction de la pro-n° 181, Céreq, décembre 2001.
grammation et du développement, « Parcours et territoires », Éduca-
avril 1999. tion et Formations, ministère deLe Toqueux J.-L., Moreau J., « Les
Éducation nationale, direction dezones urbaines sensibles - Forte pro-
Nauze-Fichet E., Tomasini M., la programmation et du développe-gression du chômage entre 1990 et
« Diplômes et insertion sur le mar- ment, n° 62, avril-juin 2002.1999 », Insee première, n° 835, mars
ché du travail », Économie et Statis-2002.
tiques, Insee, à paraître. OCDE-CERI, Regards sur l’éduca-
tion, Les indicateurs de l’OCDE,Minni C., Poulet P., « L’évolution -
« Le système éducatif : évolutions OCDE, 2001.récente de la scolarité et de l’insertion
et perspectives à l’an 2000 », Édu-professionnelle des jeunes (1998-2000) »,
cation et Formations, ministère de Ministère de l’Éducation nationale,Notes d’information,n°28et29, mi-
l’Éducation nationale, direction de L’État de l’école, n° 11, octobrenistère de l’Éducation nationale, direc-
l’évaluation et de la prospective, 2001.tion de la programmation et du
numéro spécial, avril-juin 1988.développement, juin 2001.
Ministère de l’Éducation nationale,
« Les sortants du système scolaire Repères et références statistiques,Minni C., Poulet P., « L’évolution
sans qualification », Éducation et édition 2001.récente de la scolarité et de l’inser-
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En outre, l’obtention d’un emploi cas d’emploi) y a d’ailleurs leur diplôme (niveaux V et IV) a
dépend plus que jamais du ni- contribué. eu un emploi (1 point de mieux
veau du diplôme et la surexposi- qu’en 1991) et un sortant « sans
tion au chômage des moins En 2001, 85 % des diplômés du qualification » (niveaux VI et
diplômés a nettement augmenté supérieur sortis de formation ini- Vbis) sur trois.
depuis 1998 (figure 9). tiale depuis moins de cinq ans
comme 74 % des diplômés des Ainsi le chômage ou bien, à l’in-
seconds cycles secondaires ont verse, la rapidité d’obtention d’un
Sur les dix dernières années, les obtenu un emploi, contre 80 % emploi, et de façon plus générale
meilleures performances en et 67 % d’entre eux dix ans plus sa qualification et sa rémunéra-
terme d’accès à l’emploi des jeu- tôt. À l’opposé, seule la moitié de tion, dépendent peut-être actuel-
nes diplômés ont été enregistrées ceux qui avaient fini la prépara- lement plus que jamais des
en 2001. La disparition du ser- tion d’un CAP ou d’un BEP voire niveaux de diplôme et de forma-
vice national (et des dispenses en d’un baccalauréat sans obtenir tion.
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