Elementary, my dear Watson...

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Élémentaire, mon cher Watson...
La phrase est mythique. A-t-elle été bien prononcée ?...
Vous le saurez avec cette étude.
Publié le : mardi 15 juillet 2014
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Elementary… my dear Watson
«Le chien des Baskervilles est un chien, et non un mythe.»
S.H. Private papers.
La phrase est mythique.
Sherlock Holmes ne l’aurait pourtant pas prononcée, Watson ne l’aurait recueillie et Conan Doyle ne l’aurait publiée...
Elle apparaîtrait pour la première fois en 1929 dans le film «The return of Sherlock Holmes » 1 de Basil Deanavec le dialogue suivant :
- Watson : Amazing (étonnant), Holmes.
- Holmes : Elementary, my dear Watson, elementary.
Mais cette attribution apocryphe n’est-elle pas elle-même un mythe ?...
Pour éclaircir l’affaire, nous allons utiliser la méthode de Sherlock Holmes : la validation des faits, le recueil des indices et la mise à jour de la chaîne causale.
Le terme «elementary »apparaît pour la première fois dans le premier récit du docteur Watson en 1887,A study in Scarlet,deuxième chapitre – intitulé «The science of au deduction ».Nos deux personnages viennent de s'installer au 221 B Baker street et Watson essaye de découvrir qui est son colocataire.
À cet effet notre auteur cite, in texto, à l'attention de ses lecteurs, les premières lignes de : « The Book of Life». Cet article, écrit par Sherlock Holmes lui même, pose les bases de sa 2 : fameuse méthode d’investigation
«[...] unlogicien pourrait déduire laEn partant d’une goutte d’eau, possibilité d’un océan Atlantique ou d’un Niagara, sans avoir vu l’un ou l’autre, sans même en avoir jamais entendu parler. Ainsi toute la vie est une vaste chaîne dont la nature nousdevient connue chaque fois qu’on nous en montre un seulanneau. Comme tous les autres arts, la Science de la Déduction et de l’Analyse est un art que l’on ne peut acquérir que par une longue et patiente étude, et la vie n’est pas assez longue pour permettre à un
1 InSherlock Holmes,Saint-Joanis, Barquin, Bannier, DLM Pézilla-la-rivière, 2013. Nous n’avons pu visionner le film. 2 Le livre de la vie, la méthode Sherlock Holmes, l’art de mener une enquête,L.G. Boulin, llunum, 2014.
homme, quel qu’il soit, d’atteindre à la plus haute perfection possible en cet art.  Avantde s’appliquer aux aspects moraux et mentaux de ce sujet qui sont ceux qui présentent les plus grandes difficultés, le chercheur fera bien de commencer par résoudre des problèmes plusélémentaires. »
 «From a drop of water, […] a logician could infer the possibility of an Atlantic or a Niagara without having seen or heard of one or the other. So all life is a great chain, the nature of which is known whenever we are shown a single link of it. Like all other arts, the Science of Deduction and Analysis is one which can only be acquired by long and patient study nor is life long enough to allow any mortal to attain the highest possible perfection in it. Before turning to those moral and mental aspects of the matter which present the greatest difficulties 3 let the enquirer begin by mastering moreelementary problems. »
Et Sherlock Holmes précise ce qu’il entend par problèmes élémentaires :
 «Quand il rencontre un homme, qu’ilapprenne, rien qu’en le regardant, à connaître l’histoire decet homme, sa profession, son métier. Tout puéril que cet exercice puisseparaître, il aiguise les facultés d’observation et il vous apprend où l’on doit regarder et ce que l’on doit chercher. Les onglesd’un homme, les manches de son vêtement,ses chaussures,les genoux deson pantalon, les callosités de son index et de son pouce,son attitude, ses manchettes, toutes ces choses révèlent nettement lemétier d’un individu.Que ces éléments tous assemblés, échouent à éclairer le chercheur expérimenté, est presque inconcevable quelque soit le cas. »
 «Let him, on meeting a fellow-mortal, learn at a glance to distinguish the history of the man, and the trade or profession to which he belongs. Puerile as such an exercise may seem, it sharpens the faculties of observation, and teaches one where to look and what to look for. By a man's finger nails, by his coat-sleeve, by his boot, by his trouser knees, by the callosities of his forefinger and thumb, by his expression, by his shirt cuffs – by each of these things a man's calling is plainly revealed. That all united should fail to enlighten the competent enquirer in any case is almost inconceivable. »
C’est clair, net et précis. Et les récits du docteur Watson en sont l’illustration rigoureuse.
Elementary est donc bien un terme qui, dès le premier récit de Watson, qualifie la méthode de déduction et d’induction de Sherlock Holmes, plus précisément l'apprentissage de cette méthode, en commençant par résoudre des problèmes élémentaires.
Sherlock Holmes possède d’ailleurs si bien la pratique de cette méthode qu'elle lui en est
3  Pourcette étude nous avons utilisé les textes originaux disponibles sur internet (ebook libre et gratuit, coolmicro, Projet Gutenberg, recoupés avec l’édition bilingue Omnibus) ainsi que les informations disponibles sur Wikipedia, Wiksource et auprès des clubs et sociétés qui entretiennent le culte de Sherlock Holmes.
devenue inconsciente, et qu’il ne juge bon d’en révéler à chaque page les mécanismes précis à ce bon docteur Watson, toujours aussi stupéfait des prouesses de son colocataire ami, fellow-lodger. Holmes les qualifie même de bagatelles :
4 - « Je n'ai pas de temps à perdre en bagatelles (I have no time for trifles). »
En effet, pour problèmes élémentaires, Sherlock Holmes sous-entend des exercices qu'il qualifie de puérils.
Pour un cerveau aussi puissant que celui d'Holmes ces problèmes sont justement élémentaires parce qu’ils sont d’un premier niveau de déduction, que tout cerveau humain est en mesure d’exercer.
Seulement tout le monde n’a pas le cerveau de Sherlock Holmes et ces exercices puérils qu’il préconise ne sont pas si évidents à pratiquer.
Et une fois explicitée sa méthode d’apprentissage, Holmes n’y reviendra plus. Sherlock Holmes n’est en effet guère patient et il ne revient jamais sur ses explications. Qui sont d'ailleurs toujours très claires et concises.
Aussi, tout au long de ses enquêtes, prononcera-t-il rarement elementary, et s’il le prononce il y apportera une tonalité significative, témoignage de l’évolution de ses rapports avec le docteur Watson vers une plus grande proximité, si ce n'est une intimité.
5 Ainsi elementary est rare dans les récits de Watson (huit occurences ), Sherlock Holmes en est avare, le docteur Watson ne le prononce jamais, ni aucun des personnages de ses récits ! 6 Elementary appartient à Sherlock Holmes! L'on pourrait même parler d'hapax! Raison d’autant plus d’y prêter attention…
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C’est dansA Case of identity(septembre 1891), le cinquième récit de Watson, au milieu du récit, que Sherlock Holmes exprimera verbalement, pour la première fois, elementary.
En conclusion de toute une chaîne de déductions, à partir de simples bottines et d'une tache d'encre sur l'index de sa visiteuse, Holmes s’écrie :
- « Tout ceci est bien amusant ! Un peu élémentaire, sans doute, mais il faut que je me mette au travail, Watson.
- All this is amusing, thought ratherelementary, but I must go back to business,
4 A Study in scarletIII « The Lauriston garden mystery »., chapitre 5 Elementary dans les récits de Watson, L.G. Boulin,Anthropological Journal, nov. 2013. 6 Hapax : « mot prononcé une seule fois ».
Watson.» Elementary est donc bien lié à la méthode de déduction... mais en y rajoutant cette fois-ci une connotation... Elementary est opposé à business. Elementary ce n’est pas du travail mais un jeu, un jeu intellectuel d’inductions et de déductions. C’est le jeu de Sherlock Holmes, ce pur cerveau de l’investigation, presque un jeu d'enfants…
Remarquons tout de suite un indice : elementary est relié à Watson dans la même phrase.
Or dans toute cette enquête d'identité Sherlock Holmes se moque – affectueusement - de son compagnon le docteur Watson. Notamment de son esprit d'observation...
Ainsi, justement cette précédente remarque, avant que Holmes ne déroule sa chaîne de déductions :
- «Ma parole, Watson, vous êtes en gros progrès! En vérité vous n'avez pas oublié grand chose : sauf un détail d'importance, mais je vous félicite pour votre méthode, […].
- Pon my word,Watson, you are coming along wonderfully. You have really done very well indeed. It is true that you have missed everything of importance, but you have hit uponthe method, […]. »
Elementary qualifie donc bien l'apprentissage de la méthode... des problèmes élémentaires… un jeu d'enfant... mais avec maintenant une tonalité ironique vis à vis de Watson, qui essaye désespéramment d'apprendre et d'appliquer cette méthode au contact de son ami.
Ne lâchons pas cette piste…
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Sherlock Holmes prononcera pour la deuxième fois elementary dansThe crooked man(juillet 1893), le vingt et unième récit de Watson :
- « Excellent ! I cried.(Watson).
-Elementary, said he. » (Holmes).
Et Holmes de préciser :
 «Cest un de ces exemples dans lesquels le logicien peut produire un effet qui paraît remarquable à son voisin parce que l'autre n'a pas saisi le petit détail qui sert de base à la déduction. On peut en dire autant, mon cher ami, de l'effet produit par quelques uns de vos petits récits, effet tout factice, puisqu'il résulte de ce que vous gardez par-devers vous quelques uns des éléments du problème, dont vous ne faites part au lecteur […]. »
 «It is one of those instances where the reasoner can produce an effect which seems remarkable to his neighbor, because the latter has missed the one little point which is the basis of the deduction. The same may be said,my dear fellow, for the effect of some of these little sketches of yours, which is entirely meretricious, depending as it does upon you retaining in your own hands some factors in the problem which are never imparted to the reader […]. »
Elementary a définitivement une tonalité ironique vis à vis de Watson...
Holmes, après s'être moqué des progrès de Watson, ironise maintenant sur les procédés de Watson, écrivain reporter de ses enquêtes, qui veut faire apparaître comme sensationnels des procédés littéraires qui sont après tout… élémentaires.
Watson le reconnaissait lui-même, Sherlock Holmes avait de l’esprit... quelquefois un peu acide...
Mais de qui se moque réellement Holmes?... de l’ingénuité du Docteur Watson et de ses effets de manche ?... ou de Conan Doyle et de ses procédés littéraires ?... Serions-nous dans 7 l’auto-dérision ou une mise en abyme?...
Comme les poupées russes, chaque procédé est imbriqué dans le précédent :
Watson garde par devers lui les informations qui permettraient au lecteur de découvrir le coupable, comme Sherlock Holmes garde pour lui ses analyses et déductions qui permettraient à Watson de découvrir le coupable, comme Conan Doyle garde pour lui les indices qui permettraient au lecteur de découvrir le coupable... Pour le plus grand plaisir du lecteur qui en apprécie le suspense...
Conan Doyle lui même en révèle la méthode dans son autobiographie,Memories and 8 adventures :
« Quede fois l'on m'a demandé si je connaissais la fin d'une histoire de Sherlock Holmes avant de me mettre à l'écrire ! Évidemment, je la connais: comment diriger quand on ignore où on va ? L'important c'est d'avoir une idée maîtresse. En possession de cette idée, il reste à la masquer en attirant l'attention sur tout ce qui peut appeler une explication différente. Holmes, lui,
7 Mise en abyme : faceà son miroir l'écrivain écrit sur lui même écrivant son récit. 8  ConanDoyle,Ma vie aventureuse, chapitreSur Sherlock Holmes, p. 123, Terre de Brume, 2003. Le titre original de Conan Doyle fait référence aux titres des recueils de Sherlock Holmes, The Adventures of Sherlock HolmesetThe Memoirs of Sherlock Holmes.
ne se laisse pas égarer par des apparences. Il arrive plus ou moins dramatiquement à la vérité par une suite d'étapes qu'il peut retracer et justifier. Il manifeste ses moyens par […] d'adroites petites déductions qui, souvent, n'ont aucun rapport avec l'affaire, mais qui préviennent favorablement le lecteur. ».
C’est donc bien un jeu élémentaire… et littéraire.
Relevons un autre indice : dans cette réplique Sherlock Holmes s'adresse, affectueusement, à Watson, «My dear fellow...» mon vieux compagnon... Elementary relié à Watson est maintenant reliéà dear, toujours dans une tonalité ironique...
Un autre indice nous le confirme. Avant la réplique « elementary »,trois lignes auparavant, Sherlock Holmes, après avoir déduit, par l'observation de ses chaussures, que le docteur Watson s’était déplacé en fiacre toute la journée, avait conclut :
- « J'ai l'avantage de connaître vos habitudes, mon cher Watson […].
- I have the advantage of knowing your habits,my dear Watson[…]. »
Ce qui rend évidemment très élémentaires les déductions de Sherlock Holmes, et leur fait perdre leur caractère magique...
La chaîne causale est établie: elementary, Watson, dear fellow, dear Wason. La phrase mythique n’est pas prononcée mais nous n’en sommes pas très loin…
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Nous en arrivons à l’opus majeur de Watson et de Sherlock Holmes,The Hound of the Baskervilles (1901), le vingt sixième récit de Watson, qui signe le retour du détective après sa disparition dans les chutes du Reichenbach.
Conan Doyle fatigué des récits de Watson avait fini par faire disparaître Sherlock Holmes dans sa dernière aventure,The Final Problem. Mais devant l’insistance du docteur il se résoudra à publier une enquête de Sherlock Holmes antérieure à sa disparition. Avant finalement de le ressusciter dansThe Adventure of the Empty Houseen 1921.
Cette fois-ci Sherlock Holmes est prolixe puisqu’il prononcera par deux fois elementary dans le même récit !
Dès le premier chapitre alors que Watson se rengorge de ses propres déductions à propos d’une canne oubliée par un visiteur, Holmes répond :
9 - «Interesting, thoughelementary(Intéressant, bien qu'élémentaire)[…]. »
Watson semble enfin pratiquer à merveille la méthode. Aussi s'inquiète-t-il :
- «Une petite chose m'aurait-elle échappée ? Demandai-je avec quelque suffisance. J'espère ne rien avoir négligé d'important ?
- Has anything escaped me ? I asked with some self-importance. I trust that there is nothing of consequence which I have overlooked ? »
La réponse du maître est sèche comme le couperet de la guillotine.
- «J'ai peur, mon cher Watson, que la plupart de vos conclusions ne soient erronées […].
- Iam afraid,my dear Watson, that most of your conclusions were erroneous […]. »
Elementary est définitivement ironique pour ce pauvre dear Watson...
Il y prend en outre une valeur toute péjorative puisque ce cher Watson – même après plusieurs années de fréquentation de Sherlock Holmes - est toujours incapable de mettre en oeuvre les bases de la méthode, les déductions élémentaires. Et quand il s'y livre ses conclusions sont erronées...
Sherlock Holmes enfonce d'ailleurs le clou en poursuivant :
- « Quand je disais que vous me stimuliez, j'entendais par là, pour être tout à fait franc, qu'en relevant vos erreurs j'étais fréquemment guidé vers la vérité […].
- When I said that you stimulated me I meant, to be frank, that in noting your fallacies I was occasionallyguidedtowardsthe truth[…]. »
L'aveu est rude pour Watson qui apparaît ainsi comme un faire valoir de Sherlock Holmes. Ce qu'il est en effet... Bien que si Watson n'était pas là pour raconter ses aventures, Sherlock Holmes n'existerait pas...
9 Phrase qui a exactement la même structure que : « All this is amusing, thought ratherelementary[…] ».
Il semble ainsi y avoir peu de différences entre Watson et le vulgum pecus, ou l'inspecteur Lestrade de Scotland Yard. Tous deux expriment l'opinion commune, les déductions à l'emporte-pièces, une psychologie primaire, rien en tout cas d'une méthode rationnelle d'enquête criminelle...
Pourtant il y a une différence essentielle ; Lestrade ne sert à rien à Holmes.
Watson tout au contraire, lui, sert à Sherlock Holmes de réactif (Holmes est chimiste amateur). Il lui permet d'expérimenter ses hypothèses, de réfléchir en fonction des ses erreurs.
Watson ne porte pas la lumière, il ne marche pas en avant, mais il est un révélateur, un réactif - qui révèle les erreurs - un silex qui permet l'étincelle du feu. Le feu de la vérité, the truth, de Sherlock Holmes.
Holmes le reconnaît lui même quelques lignes auparavant :
- « […] Vous n'êtes peut-être pas une lumière par vous-même, mais vous êtes un conducteur de lumière. […].
- […] It may be that you are not yourself luminous, but you are a conductor of ligth. […]. »
Voilà à quoi sert Watson, outre son rôle de mémorialiste. Sinon pourquoi Sherlock Holmes 10 l'enverrait-il enquêter seul dans la lande, alors qu'il est incapable de distinguer des indices et d'en tirer des déductions correctes?... Si ce n'est pour conduire la lumière dans la nuit du bourbier de Grimpen...
Mais si Holmes se moque de lui, c'est d'une moquerie affectueuse, en toute amitié.
Cette hypothèse est confirmée par l'emploi du vocable dear employé dans son sens de cher, cher ami, qui fait toujours référence à Watson.
Le vocable dear est un marqueur chez Conan Doyle. Il évolue depuis sa première apparition 11 dansA study in scarletun sens humoristique très précis vers. Et toujours au détriment de Watson.
DansThe Hound of Baskervillesc’est un véritable festival de dear (trente quatre occurences) 12 dont vingt deux sont systématiquement reliés à Watson.
10 DansThe Hound of the Baskervilles, Holmes reste à Londres, tout en envoyant Watson en mission sur la lande et dans le bourbier de Grimpen. 11 Dear Watson… un marqueur,L.G. Boulin, à paraître. 12 Proportionnellement c'est le récit où le lexème dear est le plus employé (à égalité avecThe Final Problemet The Adventure of the Empty House, les récits de la disparition et de la réapparition de Sherlock Holmes). Au premier chapitre pas moins de quatre tous reliés à Watson et tous aussi ironiques les uns que les autres. Au troisième chapitre, deux avec la même tonalité. Au quatrième trois ironiques réservés à Watson, deux au cinquième chapitre, un au huitième, trois au neuvième, un au onzième, deux au douzième et treizième, et deux au dernier chapitre. Pour une analyse complète consulterThe Hound of the Baskervilles,une lumière dans la nuit,
Ils sont pour la plupart ironiques vis à vis de Watson et de ses capacités déductives. Sherlock Holmes ne se prive pas d’ironiser sur son compagnon le docteur Watson,qu’il a envoyé tout seul enquêter dans la lande, tout en sachant parfaitement qu’il ne maîtrise pas les bases élémentaires de sa méthode...
Revenons donc au texte du premier chapitre deThe Hound of the Baskervilles oùnous a conduit la piste :
- «Intéressant, bien qu'élémentaire, dit-il en revenant s'asseoir sur le canapé qu'il affectionnait. Il y a un ou deux indices patents sur cette canne. Ils nous fournissent le point de départ de plusieurs déductions.
- Une petite chose m'aurait-elle échappée ? Demandai-je avec quelque suffisance. J'espère ne rien avoir négligé d'important ?
- J'ai peur, mon cher Watson, que la plupart de vos conclusions ne soient erronées […]. »
- « Interesting, thoughelementary, said he as he returned to his favourite corner of the settee. There are certainly one or two indications upon the stick. It give us the basis for several deductions.
- Has anything escaped me ? I asked with some self-importance. I trust that there is nothing of consequence which I have overlooked ?
- I am afraid,my dear Watson, that most of your conclusions were erroneous […]. »
Tout est résumé :
Elementary… my dear Watson
- La méthode, élémentaire et accessible à tous. - La « difficulté » de Watson à apprendre cette méthode. - Et la relation Holmes/Watson, affectueusement ironique.
Nous avons donc ici la phrase mythique. Certes le scénariste du film de 1929 a procédé à des coupures dans le texte, mais c’est bien là le propre d’un scénario, procéder à des coupes, condenser et synthétiser le texte original, individualiser les personnages. Rendons grâce à son
L.G. Boulin,Anthropological Journal, janv 2014.
talent qui a permis de caractériser la relation de Sherlock Holmes et du docteur Watson. Et ce pour l'éternité...
Sherlock Holmes l’a bien prononcée, Watson l’a bien recueillie, Conan Doyle l’a bien écrite.
Le chien des Baskervilles est bien un chien, et non un mythe.
Montpellier 2014 L.G. Boulin
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