1989-2000 : douze ans de créations d'entreprises en Franche-Comté

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La création d'entreprises est un peu moins soutenue en Franche-Comté qu'au niveau national. Au cours de la dernière décennie, plus de 3 600 entreprises ont été créées chaque année. Les créations pures, qui concernent surtout de petites unités ne sont pas rares, mais les réactivations sont nombreuses. Phénomène surtout urbain, la création d'entreprises n'est pas sans impact sur le marché du travail.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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La création dentreprises est un peu moins soutenue en Franche-Comté qu'au niveau national Au cours de la dernière décennie, plus de 3 600 entreprises ont été créées chaque année Les créations pures, qui concernent surtout de petites unités ne sont pas rares, mais les réactivations sont nombreuses Phénomène surtout urbain, la création dentreprises nest pas sans impact sur le marché du travail
Nº 62 - MARS 2003
Entreprises
e 1989 à 2000, près defait chuter le nombre annuel de 43 500 entreprises ontcréations de près de 300 unités# été créées en Franche-Avec la reprise de l'année 2000, Comté, soit 3621 enles créations sont reparties à la moyenne chaque année# Auhausse, présentant une augmen-cours de la même période, iltation de 5,2% par rapport à s'en est créé annuellement1999# 281 500 en France dont 67 000Les créations d'entreprises sont pour la seule région Île-de-en majorité des créations pures# France# La région, qui rassem-Sur 100 entreprises créées en ble 1,5% du parcFranche-Comté, 57 Une majorité français d'entrepri-sont des vraies créa-ses contribue pourde créations pures,tions, 25 sont des re-1,3% aux créations#mais aussiprises et 18 des réac-Les années 1989 ettivations# Dans la ré-plus de reprises 1990 - période degion on enregistre conjoncture régionale bienmoins de créations pures qu'au orientée - ont été favorables à laniveau national (57% contre création# En revanche la situa-63%) mais relativement plus de tion s'est dégradée de 1996 àreprises# 1999# La restriction deContrairement à ce que l'on l'ACCRE (Aide aux Chômeursconstate au niveau national il y Créateurs ou Repreneurs d'En-a dans la région plus de reprises treprises) en 1995, puis sa sup-que de réactivations# Ces der-er pression au 1janvier 1997 ontnières concernent essentielle-
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ment des entreprises n'em-cafés restaurants# À l'opposé, ployant aucun salarié et qui sontprès de 80% des créations dans quasiment toutes des personnesles services aux entreprises sont physiques ; par contre 45% desdes créations pures# reprises concernent des unitésLes créations pures portent sur-ayant entre 1 et 9 sala-tout sur de petites uni-riés et presque la moi-On crée surtouttés ;les reprises se tié sont des personnesdes entreprisesfont sur des unités plus morales, des Sociétésimportantes# Les en-individuelles Anonymes à Respon-treprises sans salarié sabilité Limitée (SARL) pour laà la création sont pour près des plupart# deux-tiersdes créations pures# Les reprises sont majoritairesLes créations d'entreprises de dans les industries agroali-50 salariés ou plus sont peu nom-mentaires (56%) et les hôtelsbreuses, et sont le plus souvent
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des reprises# Les créations pu-(3,3% de l'ensemble des créa-res sont plus fréquentes quandtions)# le capital à mobiliser est faible#Le commerce totalise dans la Sur dix entreprises nouvelles,région un peu plus de 30% des sept sont du type entreprise sousnouvelles entreprises# Cela re-forme de personne physique, lesprésente chaque année plus de trois autres sous forme de per-1 100entreprises, dont sept sonnes morales, en grande ma-sur dix sont des entreprises jorité (93%) des sociétés com-sous forme de personne phy-merciales# sique#12% des entreprises Dans l'industrie (hors IAA) lacréées sont des entreprises in-proportion entre « personnesdustrielles contre 9% au ni-physiques » et « mo-veau national# On Les services sont rales » est pratique-relève, en revanche, ment de moitié-moi-un peuun net déficit pour tié ; mais dans les ser-ce qui concerne les le parent pauvre vices aux particuliersservices aux entre-seulement 11% des créations seprises (14% des créations ré-font sous forme de sociétés com-g i o n a l e sc o n t r e1 9 %e n merciales# France)# Dans les trois-quarts des cas lesGénéralement, les entreprises professions libérales optent poursont de petite - voire de très la création pure de leur entre-petite - taille au moment de leur prise# Inversement, chez les ar-apparition# Près de 73% des tisans-commerçants la reprise« nouvelles » entreprises débu-l'emporte (43% des cas)# Lestent sans salarié# Cette propor-réactivations sont surtout le faittion monte à 85% dans le sec-des commerçants ou des arti-teur des services aux particu-sans# lierset « chute » à 46% dans les Lors de la constitution d'uneindustries agroalimentaires, où entreprise sous forme de per-la proportion importante, des sonne morale, la SARL est uti-« métiersde bouche» nécessi-lisée dans 84% des cas# La créa-tent à la fois une personne à la tion d'Entreprises Uniper-vente et une autre à la fabrica-sonnelles à Responsabilité Li-tion# mitée (EURL), d'apparition ré-Seulement 1,6% des entrepri-cente, est encore peu fréquenteses créées démarrent avec plus
de 9 salariés# Cette part atteintautour de 8%)# Les autres sont 6% dans l'industrie# Plus de latoutes entre 9 et 10%# moitié des sociétés commer-Avec un taux annuel moyen ciales ont entre 1 et 9 salariésde créations de 10,0%, la Fran-lors de leur création, tandische-Comté est nettement au-que 86% des entreprises sousdessous de la moyenne natio-forme de personne physiquenale qui s'établit à 12%# Seu-n'ont pas de salarié#les trois régions françaises La création d'entreprise sem-font moins bien que la Fran-ble plutôt être un phénomèneche-Comté : la Bourgogne, urbain# Le Territoire de Bel-l'Auvergne et le Limousin# fort et le Doubs présententCeci n'est pas dû à une spéci-ainsi des taux de créations su-ficité sectorielle de ces ré-périeurs à la moyenne régio-gions# Dans toutes ces régions, nale# Ce département est lele taux de création est infé-plus dynamique de larieur à la moyenne région dans quasi-pour chaque secteur Un phénomène ment tous les secteursd'activité# L'Alsace urbain d ' a c t i v i t éh o r m i srégion au taux d'in-dans l'industrie (hors IAA) oùdustrialisation comparable à il cède la palme à la Haute-celui de la région se situe à Saône et dans les transports et11,0%, la Lorraine également ; les services aux particuliersRhône-Alpes est à 11,6%# qui sont l'apanage du Jura#Mais au plan national, le taux Les zones d'emploi les plusde créations d'entreprises dynamiques sont, par ordre dé-s'est constamment dégradé croissant, Belfort, Besançon,depuis 1989 alors qu'il n'a Dole et Montbéliard, zones for-que très peu varié dans la ré-tement urbanisées et traverséesgion# Celle-ci parait ainsi par les principales voies de com-moins réactive aux aléas de la munications de la région# Enconjoncture# revanche, trois zones sont net-Tous les secteurs présentent tement moins fécondes: Mor-d e st a u xi n f é r i e u r sà la teau, Champagnole et le Rever-moyenne française# Le diffé-mont (avec des taux tournantrentiel avec le niveau national
est faible dans le tertiaire, plusnales# Le commerce (30% marqué dans l'industrie et lades créations) se situe lui c o n s t r u c t i o n #L' i n d u s t r i ea u s s ia u - d e s s u sd el a franc-comtoise crée relative-moyenne (10,7%)# L'indus-ment plus d'entreprises maistrie (hors IAA) et les IAA l ' a p p a r i t i o nd esont les secteurs Moins de créations, nouvelles unitésles moins dyna-moins de sensibilité est freinée par unmiques avec des aux aléas parc déjà relative-taux respectifs de de la conjoncture ment dense au sein7,8% et 6,8%# duquel la concurrence est vive#Les créations d'entreprises Les secteurs les plus dyna-o n ta u s s iu ni m p a c ts u r miques sont les services auxl'évolution de l'emploi ré-entreprises et les cafés-hô-gional# tels-restaurants# Ils repré-Ainsi sur la période 1989-sentent respectivement 14%1999 plus de 56 400 emplois et 12% des créations régio-salariés ont été induits par des
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MÉTHODOLOGIE
Source Les données relatives à la création dentreprises sont issues de lexploitation du répertoire SIRENE (Système Informatique pour le Répertoire des ENtreprises et des Établissements) géré par lINSEE$ Cet outil didentification, à vocation inter administrative, est mis à jour en permanence à partir des déclarations de création, de modification ou de cessation recueillies par les Centres de Formalités dEntreprises (CFE)$
Unité statistique Lunité retenue est lentreprise$ Il sagit dune unité institutionnelle, jouissant dune autonomie de décision, financière et juridique, produisant des biens ou fournissant des services destinés à être vendus sur le marché$ Elle est localisée à son siège, indépendamment de limplantation de ses établissements (dans le cas dune entreprise à établissement unique elle se confond avec celui-ci)$
Champ Les statistiques sont réalisées sur le champ de léconomie marchande hors agriculture$ Il sagit des entreprises de lindustrie, de la construction et des services (champ ICS) à lexclusion de lagriculture et des services financiers$ Ne sont prises en compte que les unités juridiques ayant une réalité économique (unités ordinaires)$
Les données sont agrégées suivant une nomenclature dactivité en 8 postes propre au champ ICS$ Selon le code NAF à 2 positions, les postes sont : - industries agroalimentaires15, 16 - industrie (hors IAA)10 à 14, 17 à 41 - construction45 - services transports 60à 63 hôtels, cafés, restaurants55 services aux entreprises64, 70 à 74, 90 services aux particuliers75 à 85, 91 à 99$
créations d'entreprises# Il s'agit des effectifs au 31 dé-cembre 1999, de l'ensemble des entreprises créées sur cette période# À cette date, et sur le champ de l'Industrie, du Com-merce et des Services (ICS), un emploi salarié sur cinq est le fruit d'une création inter-venue sur la période considé-rée# La plus forte part de ces « nouveaux »emplois sala-riés - plus d'un sur trois -est présente dans l'industrie (y compris les IAA)# On en r e c e n s eu np e um o i n sd e 30% dans les services (aussi bien aux entreprises qu'aux particuliers), un petit quart dans le commerce et à peine moins de 12% dans la cons-truction# Les emplois sala-
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riés liés à des créations sont concentrés dans les zones à dominante urbaine; néan-moins l'industrie est moins sensible à l'attraction des villes et certaines zones ru-rales sont très spécialisées#
Un taux de rotation de lemploi important dans la construction
C'est dans la construction que la rotation des emplois est la plus importante (35% des sa-lariés au 31 décembre 1999 sont des emplois résultant de créations intervenues entre 1989 et 1999)# L'industrie est le secteur le plus statique : les « nouvelles »entreprises n'y représentent que 14% des emplois salariés#
Création dentreprise La création dune entreprise correspond à la naissance dune n o u v e l l eu n i t él é g a l e $E l l es em a t é r i a l i s ep a r limmatriculation de lunité au répertoire SIRENE$ Le concept de création dentreprise recouvre trois réalités économiques : - la création pure (ou création ex nihilo), résulte de la création dune unité économiquement active, jusqualors inexistante, elle a pour conséquence lexploitation de nouveaux moyens de production ; - la reprise concerne la mise en activité dun ou plusieurs établissements reprenant des moyens de production déjà exploités par une autre entreprise ; - la réactivation est le fait pour une entreprise qui avait cessé son activité, de la reprendre; ce mouvement concerne surtout les personnes physiques$
Parc ou stock dentreprises er Le parc dentreprises au 1janvier (ou au 31 décembre de lannée précédente) est le nombre dentreprises existantes dans le répertoire SIRENE à cette date$
Taux de création dentreprises Il sagit du rapport du nombre de créations dentreprises enregistrées une année au parc dentreprises existantes au er 1 janvier$ Ce taux est un indicateur de renouvellement du tissu productif$ Il permet des comparaisons entre zones géographiques (régions, zones demploi) et entre secteurs dactivité$ Sur la période étudiée on utilise un taux moyen de créations dentreprises qui est le rapport entre la moyenne arithmétique des créations annuelles, pendant ces douze années, et la er moyenne arithmétique des stocks au 1janvier de chaque année$
Si l'on ne prend en compte que les effectifs salariés ré-sultants des créations pures d'entreprises, cela réduit de plus de moitié l'influence de la création d'entreprise sur l'emploi régional# En effet, parmi les emplois in-duits, 46% l'ont été par des créations pures; en consé-quence, entre 1989 et 1999, un seul salarié régional sur dix doit son emploi à une création ex nihilo# Cette pro-portion tombe à un sur vingt dans l'industrie# En revan-che, elle atteint 18% dans les services et plus particu-lièrement dans les services aux entreprises où elle cul-mine à 20%#n
Christian Guerraz
INSEEFranche-Comté « le Major » 83, rue de Dole BP 1997 25020 BESANÇON Cedex Tél : 03 81 41 61 61Fax : 03 81 41 61 99 www.insee.fr/fc
Directeur de la publication :Bernard Le Calvez Rédacteur en chef :Jean Michel Floch Mise en page :Maurice Boguet Imprimerie :Éblé Besançon
Nº de CPPAP : 3 021 AD ISSN : 1248-2544 © INSEE 2003 dépôt légal : Mars 2003
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