Année économique et sociale 2006 en Guyane

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Contexte régional La coopération avec le Suriname, une opportunité à construire éparé de la Guyane par une Malgré une amélioration de la situation En 2006, le Suriname est Sfrontière fl uviale de 520 km, le économique et fi nancière au cours de encore largement dépen- Suriname est le seul pays de la Zone ces cinq dernières années, le Suriname 1dant de l’aide internatio- de Solidarité Prioritaire ayant une reste un des pays les plus pauvres de frontière commune avec l’Europe. la Caraïbe (21e sur 25 en 2003) et dé-nale. Dans un contexte Cette frontière génère une immigra- pend encore largement de l’aide inter-frontalier favorable aux 2tion diffi cile à maîtriser mais ouvre nationale : 650 M€ € pour la période échanges, les relations que également des perspectives de déve- 2006-2011 dont 67 % sous forme de loppement économique, de transfert dons.la Guyane entretient avec de savoir-faire et de protection d’un L’aide des Pays-Bas, très importante lors ce pays sont encore timi- environnement commun. Facteur de la mise en œuvre du traité d’indé- des. L’année 2006 a jeté d’intégration régionale et de déve- pendance en 1975 (1,2 Md€), est ré- les bases d’un renforce- loppement, la coopération est aussi duite à un fl ux annuel de 20 M€, 18 % un moyen de réduire la pression mi- du volume total de l’aide extérieure. ment de la coopération. gratoire qui s’exerce sur la Guyane.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Contexte régional
La coopération
avec le Suriname,
une opportunité à construire
éparé de la Guyane par une Malgré une amélioration de la situation En 2006, le Suriname est Sfrontière fl uviale de 520 km, le économique et fi nancière au cours de
encore largement dépen- Suriname est le seul pays de la Zone ces cinq dernières années, le Suriname
1dant de l’aide internatio- de Solidarité Prioritaire ayant une reste un des pays les plus pauvres de
frontière commune avec l’Europe. la Caraïbe (21e sur 25 en 2003) et dé-nale. Dans un contexte
Cette frontière génère une immigra- pend encore largement de l’aide inter-frontalier favorable aux
2tion diffi cile à maîtriser mais ouvre nationale : 650 M€ € pour la période
échanges, les relations que également des perspectives de déve- 2006-2011 dont 67 % sous forme de
loppement économique, de transfert dons.la Guyane entretient avec
de savoir-faire et de protection d’un L’aide des Pays-Bas, très importante lors ce pays sont encore timi-
environnement commun. Facteur de la mise en œuvre du traité d’indé-
des. L’année 2006 a jeté d’intégration régionale et de déve- pendance en 1975 (1,2 Md€), est ré-
les bases d’un renforce- loppement, la coopération est aussi duite à un fl ux annuel de 20 M€, 18 %
un moyen de réduire la pression mi- du volume total de l’aide extérieure. ment de la coopération.
gratoire qui s’exerce sur la Guyane. Elle se concentre sur l’éducation, la
santé, la gestion, l’environnement,
Quelques indicateurs surinamais l’habitat et l’agriculture.
L’Union européenne, dont le Suri-
name est un des principaux bénéfi -
ciaires dans la région, réduit égale-
ment son aide : 3 M€ sur le 8e Fonds
Européen de Déve-
Des aidesloppement (Fed 1997-
2001), 19 M€ sur le 9e. extérieures
Mais dans le prochain
Fed (2008-2013) , c’est dans les
transports que sera mise en œuvre
la recherche de cofi nancements ; ils
seraient de l’ordre de 15 M€.
La Banque Interaméricaine de Déve-
loppement, au Suriname depuis 1980,
a prêté, à ce jour, plus de 80 M€. Les
autres bailleurs occupent une moin-
dre place mais le poids de la Chine,
de l’Inde et du Brésil augmente.
Sources: Mission économique de Caracas, MAE, FMI, PNUD
(1) La Zone de Solidarité Prioritaire défi nie par la coopération française regroupe, en Amérique latine et dans les Caraïbes, Cuba, Haïti, la
République Dominicaine et le Suriname.
(2) A titre indicatif, ce volume représente 17,5% du coût total des investissements défi nis dans le Plan stratégique de développement du
gouvernement surinamais pour la période 2006-2011 (source : Ministère du Plan, avril 2006).
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N° 69 - Guyane - Septembre 2007Contexte régional
4dont l’enveloppe de 12,8 M€ € com-Une forte croissance
plètera le PO transnational Espace Ca-
Taux de croissance du Pib dans la Caraïbe raïbe, doté de près de 17 M€. Dans le
cadre de ces programmes, la coopéra-
tion concertée avec le Suriname pourra
ensuite être déclinée avec d’autres pays
de la région, le Brésil en particulier.
Les opérateurs économiques des deux
pays nouent des contacts par des ma-
nifestations périodiques et une antenne
de l’Association des Moyennes et Peti-
tes Industries de Guyane à l’Ambassade
de France à Paramaribo. Les échanges,
encore faibles, sont en faveur du Suri-
name avec lequel la Guyane enregistre
un défi cit de sa balance commerciale
de 650 000 € en 2005.
Le gouvernement surinamais attend
particulièrement de la Guyane une
Sources: EIU (Economist Intelligence Unit)
coopération active dans les secteurs
de l’éducation et de la santé mais aussiLa France coopère sur la base d’un en 2006, le renforcement des relations
dans le domaine énergétique, principa-document cadre de partenariat (DCP) de coopération entre le Suriname et la
lement le long de la frontière. De plus,signé par les deux pays. Le DCP 2006- Guyane est déjà perceptible.
les collectivités guyanaises sont favora-2010, en cours d’approbation, favori- L’AFD achève un cycle d’études qui
bles à une plus grande implication desera le développement économique et doit déboucher sur des projets dont
la Guyane dans les organisations ré-social du Suriname le long du Maroni, les plus visibles seront la réhabilitation
gionales comme le Caricom, l’AEC etla réalisation d’infras- de la route Paramaribo-Albina, l’inter-
5l’OTCA , lieux d’échanges des pays duMontée en tructures communes connexion électrique entre les deux
Plateau des Guyanes et de la Caraïbe.aux deux pays et la pays et le développement économi-puissance
Face à ces enjeux, la coopération avecgestion raisonnée que et social du Ressort Albina, zone
le Suriname devrait se renforcer dansd’un environnement commun. L’outil frontalière avec la Guyane. Le montant
les années à venir sur la base d’intérêtsprincipal de coopération de la France total des engagements prévus pour la
réciproques.est l’aide projet de l’Agence Française période 2007-2009, est de 50 M€, en
de Développement (AFD) qui se fait très forte progression par rapport à la
3essentiellement à partir de prêts . De- période 2000-2006.
puis qu’elle est habilitée à intervenir Sur la période 2007-2013, la Région
Roland MICHELau Suriname (2000), l’AFD a mis en Guyane mettra en œuvre un Program-
Agence Française deplace 4 projets et études pour un me Opérationnel (PO) transfrontalier
Développement de Cayennemontant total de 3,8 M€.
La barrière linguistique, limite le dé-
veloppement de la coopération avec
le Suriname mais il l’est aussi par la
Programmes européens de coopérationfaiblesse des capacités internes d’un
Le programme Interreg III B Espace Caraïbes (2000-2006) était unepays récemment indépendant et les
initiative du Fonds européen de développement régional pour encou-diffi cultés de communication. Par
rager la coopération transnationale entre les départements françaisailleurs, la Guyane a une attitude le
d’Amérique et leur environnement régional (Caraïbes et Amériques).plus souvent défensive face à la pres-
Il sera suivi par le programme transnational Espace Caraïbes pour lasion migratoire des ressortissants suri-
période 2007-2013.namais. En dépit de ces contraintes,
(3) Le Suriname est un pays à revenu intermédiaire (PRI) qui ne peut bénéfi cier qu’exceptionnellement de subventions de la part de l’AFD,
celles-ci étant réservées aux pays les moins avancés (PMA).
(4) A noter que 10% de cette enveloppe pourront être consacrés à des investissements dans des pays étrangers.
(5) AEC : Association des États de la Caraïibe ; OTCA : Organisation du Traité de Coopération Amazonien
N° 69 - Guyane - Septembre 20078

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