Année économique et sociale 2011 en Guadeloupe

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Synthèse régionale Logement 2 La croissance régionale marque le pas en 16 La construction s’effondre en 2011 2011 Transport maritime Actualités 18 2011, poursuite de la reprise de l’activité 3 2011 en quelques dates portuaire Contexte national et international Transport aérien 4 Un regain de tension en 2011 20 2011, embellie sur le front du transport aérien Commerce extérieur 6 En 2011, les exportations sont plus dynami- Automobile ques 22 Stabilisation du marché de l’automobile Épargne-crédit Tourisme 8 Activité de crédit soutenue 23 Progression de l’activité touristique en 2011 Emploi-Chômage Prix de détail 25 Une reprise tirée par le secteur public 10 Une infation portée par les prix de l’éner - gie 27 Du chômage ves l’inactivité 29 Dégradation du marché du travail en 2011 Création d’entreprises 12 Des créations toujours dynamiques en Solidarité Guadeloupe 31 La précarité s’accentue Agriculture Démographie 14 Production en hausse pour la banane et en 33 Deux fois moins de croissance qu’au baisse pour la canne niveau national N° 75 - Guadeloupe - Juin 2012 © INSEE 2012 Édito J’ai le plaisir de vous présenter une nouvelle édition de l’Année Économique et Sociale en Guadeloupe. Ce bilan 2011 est un regard synthétique et cohérent, mais non exhaustif, sur les évolutions qui ont mar- qué l’année, sur le plan économique et social, en Guadeloupe.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Synthèserégionale Logement
2La croissance régionale marque le pas en 16 La construction s’effondre en 2011
2011
Transportmaritime
Actualités
18 2011, poursuite de la reprise de l’activité
3 2011 en quelques dates portuaire
Contextenationaletinternational Transportaérien
4 Un regain de tension en 2011
20 2011, embellie sur le front du transport
aérien
Commerceextérieur
6 En 2011, les exportations sont plus dynami- Automobile
ques
22 Stabilisation du marché de l’automobile
Épargne-crédit
Tourisme
8 Activité de crédit soutenue
23 Progression de l’activité touristique
en 2011
Emploi-Chômage
Prixdedétail
25 Une reprise tirée par le secteur public10 Une infation portée par les prix de l’éner -
gie 27 Du chômage ves l’inactivité
29 Dégradation du marché du travail en 2011
Créationd’entreprises
12 Des créations toujours dynamiques en Solidarité
Guadeloupe 31 La précarité s’accentue
Agriculture Démographie
14 Production en hausse pour la banane et en
33 Deux fois moins de croissance qu’au
baisse pour la canne
niveau national
N° 75 - Guadeloupe - Juin 2012 © INSEE 2012Édito
J’ai le plaisir de vous présenter une nouvelle édition de l’Année Économique et Sociale en Guadeloupe.
Ce bilan 2011 est un regard synthétique et cohérent, mais non exhaustif, sur les évolutions qui ont mar-
qué l’année, sur le plan économique et social, en Guadeloupe. Il est complémentaire avec d’autres pu-
blications de l’INSEE Antilles-Guyane, qui proposent des analyses structurelles et des évolutions de long
terme. Il s’appuie sur les données disponibles au moment de son élaboration et constitue le résultat de la
collaboration entre le service statistique public et d’autres organismes qui concourent, chacun dans son
domaine, à l’observation de la situation économique et sociale.
Je tiens à remercier les représentants des organismes contributeurs, ainsi que tous les auteurs de cette
Année Économique et Sociale 2011 en Guadeloupe :
- Nathalie Béhary de la Caisse d’allocations familiales de Guadeloupe ;
- Mathias Bini de la Chambre de commerce et d’industrie des îles de la Guadeloupe ;
- Alexandre Ducros de la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt ;
- Charly Darmalingon et Roman Janik de la Direction des entreprises, de la concurrence, de la consom-
mation, du travail et de l’emploi ;
- Lorry Hajjar et Éric Moriame de l’Institut d’émission des départements d’Outre-mer ;
- Olivier Pierrot du Port autonome de la Guadeloupe ;
- Christophe Rafraf de la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement ;
- Martine Camus, Cynthia Duchel, Joëlle Nacitas, Évelyne Ragot, Ali Benhaddouche, Fabien Breuil, Gérard
Forgeot, Hugues Horatius-Clovis, Philippe Mouty, Guy Mystille, Nicolas Sylvestre et Émmanuel Thioux de
l’INSEE.
Je remercie également Armelle Bolusset et Cédric Mureau pour la production des comptes économiques
rapides 2011.
Je vous souhaite à tous une bonne lecture et vous invite à consulter les publications similaires pour la
Guyane et de la Martinique respectivement sur :
www.insee.fr/guyane et www.insee.fr/martinique.
Jean-ÉricPLACE
N° 75 - Guadeloupe - Juin 2012Synthèse
Lacroissancerégionale
marquelepasen2011
féchit mais reste bien orientée moins vite que l’année passée (+6 % En2011,dansun
(+0,9 % en euros constants). Tirée en 2011).environnementnationalet
par une hausse des revenus salariaux Le secteur de la construction est dé-
internationalpeufavorable, (+3,8 %) deux fois plus importante primé. Il est pénalisé par l’absence
que celle des effectifs salariés, la de grands chantiers de travaux pu-lacroissancerégionale
consommation des ménages est blics et une forte baisse du nombre marquelepas(+1,3%).
même supérieure à la moyenne de logements individuels autorisés
Laconsommationdes nationale. Pourtant, en raison du (-17 %). En conséquence, la consom-
ménages,letourismeetles renchérissement de l’énergie, l’in- mation de ciment diminue de 3,3 %
fation reste élevée en Guadeloupe et retrouve son niveau de 2009, le exportationssontles
(+2,6 %). Cette hausse des prix n’a plus bas de la décennie. La morosité
principauxsoutiensàune pas entamé le moral des ménages du secteur n’épargne pas l’emploi
croissancequirésiste, guadeloupéens dont la demande de qui diminue de 1,2 % pour le BTP
crédit à la consommation continue et de 8 % pour les activités immo-tandisquelesecteurdela
de progresser en 2011 (+4 %). bilières.constructionestdéprimé.
Avecunehaussemarquée D’autres secteurs soutiennent éga- Le marché du travail se dégrade en-
lement la dynamique régionale. core en 2011. Près de 59 000 deman-delademanded’emploi,le
D’une part, l’embellie du transport deurs d’emploi de catégories A, B et marchédutravailse
aérien, +5 % (deux millions de C sont comptabilisés en Guadelou-
dégrade. passagers) est la conséquence pe, un chiffre en hausse de 6,5 % par
de celle du tourisme dont le rapport à 2010. Dans ce contexte
niveau d’activité se rapproche de de détérioration de la situation éco-
2008 : hausse du taux d’occupation nomique et sociale des familles, le
des chambres, hausse de l’emploi Revenu de Solidarité Active a été mis
salarié dans l’hôtellerie et la restau- en place. Les prestations précarité et
ration. D’autre part, les exportations, handicap, liées à la solidarité, qui
même si elles restent très faibles par constituent la moitié des versements,
rapport aux importations, sont très progressent de 6 % en 2011.
dynamiques avec une progression
de 21 %, en raison principalement Au premier trimestre 2012, la
de la reprise des exportations de ba- consommation des ménages conti-
nanes. nue à être bien orientée comme
en témoigne l’augmentation des
e produit intérieur brut (PIB) de la L’investissement reste limité cette an- importations de biens destinés aux LGuadeloupe progresse de 1,3 % née (+1,2 % en euros constants). Il ménages. Le tourisme poursuit son
en 2011 (en euros constants), retrou- est nettement plus faible qu’en 2010 redressement tandis que la reprise
vant un niveau en volume proche de (+7,7 %), année marquée par le re- des ventes de ciment laisse augurer
celui de 2008. La croissance reste port exceptionnel d’investissements une amélioration dans le bâtiment.
toutefois inférieure à la moyenne non réalisés en 2009. Les entreprises Toutefois, les inquiétudes et les in-
nationale (+1,7 %) et proche de la continuent toutefois de s’équiper ; certitudes économiques sont persis-
moyenne de la zone euro (+1,4 %). leur encours de crédits d’investisse- tantes, tout comme la hausse de la
ment progresse de 8 % en valeur. Les demande d’emploi.
La consommation des ména- achats d’équipements mécaniques,
ges, traditionnel moteur de l’ac- matériel électrique, électronique et
tivité avec l’investissement, s’in- informatique progressent trois fois Ali BENHADDOUCHE

N° 75 - Guadeloupe - Juin 2012Actualités
2011enquelquesdates
er janvier 4 août
Le RSA (Revenu de Solidarité Active) remplace le Boris Carène remporte le tour cycliste de Guadeloupe.
RMI (Revenu Minimum d’Insertion). Il est destiné à Cela faisait vingt ans que la l’île attendait un enfant du
deux publics : les anciens allocataires du RMI, de pays comme vainqueur.
l’allocation parent isolé et les personnes en activité
mais dont les revenus sont limités.
7 septembre
Le préfet publie un arrêté qui reconnaît l’état de cala-
4 janvier mité agricole pour les cultures vivrières et maraîchères
Des pluies torrentielles font cinq morts par noyade. (tomates, concombres, courgettes, melon et pastèques)
En moins de 24 heures, 250 litres d’eau par mètre pour les communes de Morne À L’eau, Le Moule, Sain-
carré se sont déversé dans les Grands-fonds des Aby- te-Anne, Sainte-Rose, Saint-François, Lamentin, Des-
mes. haies, et les Abymes.
février 5 novembre
Lancement symbolique de « 2011 Année des Outre- Vol inaugural de la desserte Paris-Charles-de-Gaulle/
mer » par la mise en lumière du Palais Bourbon aux Pointe-A-Pitre. Pour l’instant un seul vol par semaine
couleurs des 12 territoires ultramarins. est prévu.
mars décembre
Mayotte devient le 101ème département français. Les élus départementaux, régionaux et différents ex-
perts de la santé ont décidé de faire émerger des poli-
tiques et des plans d’actions pour modifer les habitu -
4 avril - juillet 0 des alimentaires des Guadeloupéens. Parmi les actions
proposées, on peut citer l’aide à la création d’industrie Revendiquant une augmentation de salaire de 15 %,
de petits pots pour bébé avec des aliments tropicaux.au titre d’un accord signé en 1972, la section CGTG
Énergie d’EDF Archipel Guadeloupe a déclenché le
4 avril 2011, un mouvement de grève illimitée inter
dom avec la Réunion et la Martinique. Après plu-
sieurs mois de confit, cause de nombreux délesta -
ges tournants, la grève a été suspendue le 12 juillet
2011.
8 mai
Le palais des sports du Gosier a été inauguré. Il s’agit
de la plus grande structure couverte de la Guadelou-
pe pour l’accueil des manifestations sportives et des
spectacles. Sa superfcie est de 7 268 m², offrant ainsi
5 144 places debout, 2 700 places sur trois niveaux
de gradins, sans compter les sièges modulables.
N° 75 - Guadeloupe - Juin 2012Contexte national et international
Unregaindetensionen2011
minimisant l’impact de cette catastro-augmenté de respectivement 5,4% et En2011leProduitIntérieur
phe sur l’activité qui n’a reculé que de 8,6%.Brutmondialaprogressé
0,7%. En Thaïlande, le tsunami et les Au Japon, le tsunami de mars 2011 a
dansl’ensembledesrégions inondations ont pénalisé l’économie fortement perturbé l’économie. Celle-
mondiale, entrainant une baisse de la ci s’est remise en route très rapidement àunrythmemoindrequ’en
2010,enraisondelapoursui-
La crise épargne les pays émergents
tedesplansdeconsolidations
CroissanceduPIBen2010et2011,projectionspour2012et2013
budgétairesetd’unregainde
En %
tensionautourdesdettessou-
veraines.DanslazoneEuro,
larepriseaétéenrayéepar
larechutedel’étémaisles
situationsdesdifférentspays
membresrestenthétérogènes.
Cesperturbationsaffectent
moinslespaysd’Amérique
latineetdelaCaraïbedontla
croissancerestesoutenue.
près la reprise de l’économie mon-Adiale en 2010, l’activité n’a progres-
sé que de 3,9 % en 2011. Cette crois-
sance modérée est à relier :
à une moindre contribution de la ·consommation privée, en lien avec des
incertitudes sur le marché du travail et à
Sources : FMI, World Economic Outlook, avril 2012 sauf (*) Insee, comptes nationaux,
la soutenabilité des dettes souveraines ; base 2005
1 Costa Rica, Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panamaà une consommation publique en forte
2 Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Dominique, Grenade, Guyana, Haïti, Jamaï-·décélération, dans le cadre des consoli-
que, République dominicaine, Saint Kitts-et-Nevis, Sainte Lucie, Saint-Vincent et les Grenadines, dations budgétaires;
Suriname et Trinidad-et-Tobago.
à une contribution des stocks quasi nulle
Les prix du pétrole reste élevé·après leur reconstitution l’année précé-
dente, face à une prévision de demande ÉvolutionduprixmoyendubarildeBrent,pétrolebrutléger(Royaume
stabilisée Uni),moyen(Dubai)etlourd(/Texas)(calculàpondérationégale)
Unité : $ / barilAux États-Unis, après le ralentissement
de l’activité à la fn de l’année 2010,
la croissance trimestrielle a accéléré au
long de l’année 2011, tirée par la de-
mande extérieure, notamment asiatique,
et intérieure (consommation privée et in-
vestissement), et avec l’amélioration du
marché du travail.
En Chine et en Inde, la croissance est res-
tée élevée (respectivement 9,2% et 7,2%).
Toutefois l’infation menace d’éroder les
progrès : les prix à la consommation ont Source : Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement
(unctadstat.unctad.org)
4 N° 75 - Guadeloupe - Juin 2012Contexte national et international
demande globale et surtout une rupture En France, le climat en 2011 (+2,7%), en lien avec la situa-Croissance dans la chaine de production de nom- des affaires s’est vio- tion des pays développés et les coupes
breux produits. stable lemment retourné à budgétaires au détriment de l’investis-
Tout au long de l’année 2011, le prix du l’été, le rythme de sement public. La politique monétaire en France
pétrole est resté élevé, laissant craindre croissance s’est tou- stricte et la moindre croissance mon-
des répercussions sur les prix des pro- tefois maintenu en 2011 à 1,7%, mais diale ont permis de contenir l’infation
duits alimentaires et des tensions socia- les perspectives restent moroses. protégeant les gains de pouvoir d’achat.
les. Malgré un environnement peu favora- Le programme gouvernemental de ré-
ble, les entreprises ont soutenu la crois- duction des inégalités et de la pauvreté,
En 2011, l’ac- sance, par des dépenses d’équipement a contribué positivement à la croissance Dans la Zone Euro
tivité dans la dynamiques et un cycle de stock sou- en soutenant les revenus des plus pau-
une reprise malgré zone euro a tenu. L’évolution de la valeur ajoutée, vres donc la demande intérieur ce qui a
f a i b l e m e n t la rechute de l’été plus lente que celle de la masse sala- compensé une partie de la baisse de la
p r o g r e s s é riale, a entrainé une diminution de leur demande extérieure.
(+1,4%) sur fond de consolidation bud- taux de marge qui a atteint son mini- Au Suriname, la croissance reste soute-
gétaire et de crise de dettes souveraines, mum depuis 1986 (28,6%). nue grâce aux exportations de pétrole
avec une rechute au milieu de l’année L’accélération des prix l’a emporté sur et d’or toujours dynamiques. Les ma-
celle des revenus d’activité, entrainant tières premières représentent environ la 2011. Les États ont réaffrmé leur enga -
un ralentissement des gains de pouvoir moitié du PIB et près de 90% des ex-gement en matière de discipline budgé-
d’achat, et, avec des perspectives mé- portations. La forte hausse des prix à la taire, pour renforcer leur crédibilité. La
diocres, la hausse du taux d’épargne consommation (+18%) pèse sur la de-Banque Centrale Européenne a intensi-
des ménages a pesé sur leur consomma- mande intérieure dont la contribution à fé les recours à des opérations excep -
tion, réduisant encore sa contribution à la croissance est faible, la pauvreté tou-tionnelles pour apaiser temporairement
la croissance. chant la moitié de la population.les tensions fnancières. Cependant cet -
Malgré la baisse de la demande mon- Dans les petites Antilles de l’Organisa-te détente n’a pas permis de desserrer
diale adressée à la France, le commerce tion des États de la Caraïbe Orientale les conditions de crédit, limitant le re-
extérieur n’a plus contribué négative- l’activité est restée morose, la dette pu-démarrage de l’investissement. De plus,
ment à la croissance en 2011. blique a continué de se dégrader en les mesures budgétaires ont pesé sur le
Comparativement aux autres pays de 2011. La reprise de l’activité touristique revenu des ménages, déjà très affectés
la zone euro, l’infation en France en moindre que dans les grandes Antilles par la dégradation du marché du travail
2011 est restée limitée (+2,3%), aidé est restée insuffsante pour réduire le et la hausse des prix.
par le poids du chômage sur le marché surendettement et offrir de meilleures Les situations des différents membres
du travail. perspectives. restent très hétérogènes. En Allema-
Retour de la croissance en Haïti en gne, la croissance est restée soutenue.
Les économies 2011 à +5,6%, cette croissance est sou-L’Espagne et l’Italie ont fait face à une En Amérique
d ’ A m é r i q u e tenue par l’aide internationale massive demande interne très faible. La Grèce,
latine et dans les latine et de la consécutive au séisme et par la reprise le Portugal et l’Irlande ont mis en place
Caraïbe ont eu des transferts des migrants. Cette hausse des plans drastiques de réduction des Caraïbes, une
une croissance vient compenser quasi entièrement la défcits entrainant parfois des troubles activité soutenue soutenue en chute du PIB de 2010. Les personnes sociaux.
2011 (+ 4,5 %), cependant moindre les plus vulnérables restent toujours Les craintes liées aux tensions sur la
qu’en 2010 en raison des tensions en confrontées à des conditions de vie très dette de certains états restent présentes.
provenance des pays développés. En précaires.En particulier en Grèce et au Portugal et
dépit du ralentissement des fux de capi -dans une moindre mesure en Espagne,
taux extérieurs et de la croissance mon-qui subissent les humeurs des marchés
diale, les pays exportateurs de matières fnanciers.En 2011 l’infation accélère
premières ont profté des prix élevés.également dans la zone Euro (+2,7%
Au Brésil, l’activité a fortement ralenti Fabien BREUILHaprès +1,6%).
Pour en savoir plus
World Economic Outlook (WEO), “ Growth Resuming, Dangers Remain», avril 2012, http://www.imf.org/external/pubs/ft/weo/2012/01/
pdf/text.pdf
Regional Economic Outlook, Western Hemisphere, “Shifting Winds, New Policy Challenges”, octobre 2011, http://www.imf.org/external/
pubs/ft/reo/2011/whd/eng/pdf/wreo1011.pdf
Note de conjoncture, « La fèvre tombe, le rétablissement sera lent», mars 2012, http://www.insee.fr/fr/indicateurs/analys_conj/archi -
ves/0312_ve.pdf
Les comptes de la nation en 2011, « La croissance du PIB se maintient à 1,7 %», Insee Première n°1401, mai 2012, http://www.insee.
fr/fr/ffc/ipweb/ip1401/ip1401.pdf.
5
N° 75 - Guadeloupe - Juin 2012Commerce extérieur
En2011,lesexportations
sontplusdynamiques
la hausse des prix dans le secteur En2011,lesimportations n 2011, le montant global des
s’accompagne d’un accroissement E importations progresse de 16 % delaGuadeloupe,hors
plus important du montant des pro-et atteint 2,6 milliards d’euros. Il
énergie,ontprogressé duits importés (+ 11 %). Les achats retrouve un niveau proche de celui
àunrythmebeaucoup d’équipements mécaniques, maté-de 2008 avant la crise. Les impor-
riel électrique, électronique et in-tations progressent pour l’ensem-moinsélevéqu’en2010
formatique progressent de 6 %. Les ble des principaux produits hormis (+3%,après+16%en achats d’autres produits industriels dans du transport. Elles sont por-
2010).L’année2010était augmentent de 3 %.tées par les achats de produits pé-
Après la timide reprise de 2010, les troliers raffnés qui constituent l’es -uneannéederattrapage.
exportations sont plus dynamiques. sentiel des importations d’énergie Enrevanche,lesexporta-
En 2011, leur montant augmente de l’île. Après les fortes baisses de
tionssontplusdynami- de 21 % pour atteindre 262 mil-2009 et 2010, le volume des impor-
lions d’euros. Hors réexpéditions quesetprogressentde tations de pétrole raffné progresse
de produits raffnés, de machines de 67 %. Il est proche du niveau 21%.Ledéfcitcommer -
et de matériel, le montant des ex-médian de la décennie 2000-2010.
cialatteint2,4milliards portations (190 millions d’euros) La progression en valeur est plus
d’euros,enhaussede progresse au même rythme qu’en forte en raison de la hausse du prix
2010, soit +23 %.du pétrole (le cours annuel moyen 16%.Lapartdesimpor-
Presque tous les secteurs d’expor-du Brent a augmenté de 40 % en-tationsenprovenancede tation progressent, en particulier tre 2010 et 2011).
laFrancemétropolitaine celui de l’agriculture. Ce dernier
retrouve son niveau de 2009 après Hors énergie, la hausse de la va-reculedehuitpointset
les dommages causés en 2010 par leur des produits importés est plus celledesexportationsen
les cendres volcaniques. Le volume faible (+ 3 %). Les achats de ma-
gagnedix. des réexpéditions de produits pé-tériel de transport baissent de 8 %.
troliers raffnés diminue de 17 %.Dans l’industrie alimentaire (hors
Comme pour les autres départe-boissons et tabac), les volumes
ments d’outre-mer, la dépendance importés progressent de 3 %. Mais
Défnitions Partdelazonepartenairedansleséchangesdebiens
L’espace Caraïbe comprend toutes les etsoldecommercialen2009
îles de la Caraïbe, ainsi que les pays
d’Amérique Centrale et du Sud qui
possèdent une ouverture maritime sur En % et million d’euros
la Caraïbe. Les échanges avec Porto-
Rico sont confondus avec ceux des
États-Unis faute de données les isolant.
On distingue un groupe de pays signa-
taires de l’accord de libre échange de
Cotonou (pays ACP de la Caraïbe) et
ceux qui n’en font pas partie (« Pays
non-ACP de la Caraïbe »), dans la me-
sure où ils ne bénéfcient pas du même
régime douanier dans leurs relations
avec l’Union Européenne et donc avec
les départements français d’outre mer.
Source : Douanes, calculs Insee
N° 75 - Guadeloupe - Juin 2012Commerce extérieur
de la Guadeloupe avec l’extérieur d’ordinateurs, d’équipements de portations se destinent à la France
est importante. Le montant des communication et d’appareils élec- métropolitaine, soit un gain de
importations est dix fois plus éle- troménagers. dix points par rapport à 2010. Les
vé que celui des exportations. En Les achats auprès des autres DFA principaux produits expédiés sont
2011, le défcit commercial s’élève restent faibles. La Martinique four- la banane, le sucre et le rhum. Les
à 2,4 milliards d’euros en hausse nit 2,5 % des produits et la Guyane exportations de banane se font
de 16 %. Le taux de couverture des 0,3 %. Il s’agit essentiellement de exclusivement vers la France mé-
échanges de biens est toujours de pétrole raffné pour la Martinique, tropolitaine qui reçoit également
10 %, il n’évolue pas depuis 2009. de poissons et de crustacés pour la 93 % des ventes de rhum et 82 %
Guyane. de celles de sucre.
Cette année, la part des exporta- Les États-Unis :
tions vers la Martinique augmentent Reprise des exportations
deuxième partenaire de dix points, en cause les réexpé-de bananes
ditions de carburant (gazole et sans commercial
Les exportations guadeloupéennes plomb) qui progressent fortement.
Avec 71 % des achats en 2011, la se composent essentiellement de Elles représentent le tiers du mon-
France métropolitaine reste le pre- produits de l’agriculture et de l’in- tant de ces envois. Inversement, les
mier fournisseur de la Guadeloupe. dustrie agroalimentaire. En 2011, exportations vers la Guyane se ré-
Les États-Unis sont le second four- le montant des ventes agricoles duisent de 18 points à cause de la
nisseur de la Guadeloupe. Les augmente de 28 %. La banane est baisse des réexpéditions de pétrole
achats y représentent 12 % du total, le principal produit exporté en vo- raffné. Les pays voisins de l’Espace
soit une progression de cinq points lume. Cette année, les quantités ex- Caraïbe ne reçoivent qu’1 % du
par rapport à 2010. Ils sont tirés par pédiées progressent de 39 % après montant des exportations. Il s’agit
la hausse des approvisionnements la baisse de production de 2010 principalement de ciment à desti-
en produits pétroliers raffnés es - due aux cendres volcaniques et la nation des Antilles néerlandaises.
sentiellement du fuel, du gasoil et chute de 22 % des quantités expor-
de l’essence sans plomb. tées. C’est le meilleur niveau atteint
La part des livraisons provenant de ces cinq dernières années. En re-
l’espace Caraïbe (hors DFA) est de vanche, le volume des exportations
9 %. Elle progresse de cinq points de melon baisse de 43 %.
en un an en raison de la forte haus- Les ventes de denrées alimentaires,
se des achats de produits pétroliers de boissons et de produits à base Emmanuel THIOUX
raffnés à Trinidad et Tobago, aux de tabac progressent de 13 %. En
Îles Vierges américaines et à Aruba. particulier, la valeur des exporta-
Comme en 2010, les achats prove- tions de sucre s’accroît de 8 % mais
nant de Chine représentent environ celle du rhum baisse de 2 %.
5 %. Ils se composent notamment En 2011, 43 % du montant des ex-
Évolutiondelavaleurdesimportationsetdesexportationsparsecteurd’activitéenGuadeloupe
En % et millions d’euros
Source : Douanes, calculs Insee
7N° 75 - Guadeloupe - Juin 2012Épargne Crédit
Activitédecrédit
soutenueen2011
En Guadeloupe, le dynamisme de Le crédit-bail se redresse (+1,1 % Dansuncontexted’amélio-
l’activité de crédit est porté par les en- contre +0,7 % en 2010), refet d’une rationprogressivedel’envi-
treprises dont l’encours (3,6 milliard amélioration de l’activité dans le
ronnementéconomique,en d’euros ) a progressé de 8 % en 2011, commerce. Le recours aux crédits
contrastant avec une d’exploitation continue Guadeloupe,laconjoncture
année 2010 peu dy- en revanche à diminuer Des crédits aux monétaireetfnancièreaété
namique (+1,7 %). (-7,5 % sur un an contre entreprises en forte caractériséeparuneactivité Pour comparaison, en -11,4 % en 2010). Les
croissancedecréditsoutenueetune France métropolitaine, entreprises du départe-
l’activité de crédit aux ment ajustent, comme améliorationdelasinistralité.
entreprises augmente de 4,4 % sur un en 2009 et 2010, leurs charges et
Laprogressiondesencours an. Cette évolution provient essentiel- limitent leur recours aux crédits de
estnotammentportéepar lement de la croissance des crédits court terme (-10,1 %). Après une
immobiliers (1,8 milliard d’euros). baisse marquée en 2010 (-20 %), le lefnancementdel’immobi -
Après une hausse modérée en 2010 recours aux découverts, en retrait de-lierfavoriséparlesniveaux
(+1,8 %), l’encours progresse de puis fn 2008, se replie à nouveau de
historiquementbasdestaux 11,5 % fn 2011, dépassant de 6 points 3,4 % en 2011.
la croissance annuelle moyenne rele-d’intérêtetparlescrédits
vée entre 2006 et 2010. À fn 2011, d’investissementaccordés Les crédits aux ménages
les crédits immobiliers représentaient
auxentreprises. progressent de 6,5 %49 % de l’encours total porté par les
entreprises.
Les fnancements consentis aux mé -La croissance des crédits d’investisse-
nages guadeloupéens (2,9 milliards ment s’accélère également en 2011,
d’euros) progressent plus modéré-de 7,7 % sur un an contre +5,2 % en
ment que ceux consentis aux sociétés 2010, pour atteindre un encours de
non fnancières. Leur rythme de crois -1,5 milliard d’euros. Cette évolution
sance, quoique soutenu, décélère reste inférieure aux taux de croissan-
(+6,5 % après +8,2 % en 2010). Le ce à deux chiffres des années 2006 à
taux de croissance de l’encours des 2008. Les crédits à l’équipement en
crédits à la consommation reste positif e fnancement de l’économie guade - particulier augmentent de 9 % en
(+4 %), mais en léger retrait par rap-L loupéennne par le système bancaire 2011 (après +6,1 % un an plus tôt). En
port à l’année précédente (+5,3 %).reste dynamique en 2011 : l’encours revanche, l’encours des crédits d’équi-
Le fnancement de l’habitat des mé -des crédits sains consentis par les éta- pement des entrepreneurs individuels
nages reste bien orienté malgré un lé-blissements bancaires atteint 7,7 mil- recule pour la troisième année consé-
ger ralentissement. Favorisé comme en liards d’euros, en hausse de 7 % sur un cutive (-3,4 % après -4,1 % en 2010 et
France métropolitaine par les niveaux an (+504,1 millions d’euros ) après une -3,2 % en 2009).
historiquement bas augmentation de 6,5 % en décembre
des taux d’inté-2010. À titre de comparaison, en France Répartitiondel’encourssainparnatureen
rêt, l’encours (1,9 métropolitaine, l’augmentation était de Guadeloupeau31décembre2011
milliard d’euros et 5,3 % sur un an à fn décembre 2011.
65,7 % de l’ensem-L’ensemble des catégories de crédits Unité: % et million d’euros
ble des crédits aux augmente, à l’exception des
ménages guadelou-d’exploitation qui se replient à nou-
péens) progresse de veau, toutefois moins nettement que
7,9 % après une les années précédentes (-1,7 % après
hausse de 9,8 % un -10,9 % en 2010 et -13,4 % en 2009).
an plus tôt. Cette Les entreprises demeurent les princi-
évolution demeure paux bénéfciaires du fnancement ban -
nettement infé-caire, avec 47,4 % de l’encours sain,
rieure aux taux de suivies par les ménages (37,7 %) et les
Source : Iedom croissance à deux collectivités locales ( 10,7 %).
8 N° 75 - Guadeloupe - Juin 2012Épargne Crédit
redressent (+7,2 %) à la faveur d’un (2 945) reste en revanche stable en chiffres observés de 2006 à 2008.
relèvement de leurs taux de rémuné- glissement annuel (+0,3 %).Après une bonne performance en
ration.2010 (+12,1%), les crédits aux col-
lectivités locales augmentent de
Baisse signifcative La sinis-7,8 % en 2011 (+59 millions d’euros). Un renforcement de la
tralité de Les crédits d’investissement, 95,3 % du taux de créan- présence bancairela place-de l’ensemble, sont en hausse de
ces douteuses bancaire 5,5 %, deux fois moindre que celle
Les banques de Guadeloupe ont g u a d e - de 2010 (+12,4 %). L’encours total
ouvert de nouvelles agences et ont loupéenne s’améliore sur un an. est porté à hauteur de 85 % par les
renforcé l’implantation de guichets L’encours des créances douteuses établissements de crédit locaux.
automatiques. À fn 2011, 405 dis -brutes (597 millions d’euros)
tributeurs de billets et guichets auto-diminue, pour la première Évolutiondescréditsàlaconsommation
matiques (DAB-GAB) ont été installés fois depuis mi-2009, de etàl’habitatdesménagesguadeloupéens
(+14 DAB-GAB sur un an). En cinq 9,9 %, en raison des reclas-englissementannuelau31décembre
ans, le parc d’automates bancaires sements des dossiers de cer-
Unité: % s’est nettement renforcé avec l’ins-taines entreprises en encours
tallation de 132 DAB-GAB de plus sain. Le taux de créances
qu’en 2006.douteuses brutes s’élève dé-
Et le taux d’équipement en distribu-sormais à 7,2 %, en baisse
teurs de billets et guichets automati-de 1,2 point sur un an. Il
ques s’améliore : 1 105 habitants par s’agit du taux le plus faible
DAB-GAB à fn 2011, contre 1 152 en sept ans (maximum de
l’année précédente. La Guadeloupe 11,6 % en décembre 2005).
est mieux équipée que la Martini-Cette évolution va de pair
que (1 109 habitants par DAB-GAB) avec une amélioration de
Source : Iedom et l’Hexagone (1 122 habitants par la couverture du risque de
DAB-GAB) ou encore que la Guyane contrepartie : le taux de pro-
(un DAB-GAB pour 2 167 habitants).visionnement est en hausse de 5,7 Faible croissance
points et couvre 60,2 % des créances
des actifs fnanciers En parallèle, les établissements de douteuses brutes fn 2011.
crédits ont poursuivi leurs efforts En parallèle, la situation fnan -
Les actifs fnanciers, à 6,8 milliards afn de réduire leurs coûts et rendre cière des ménages continue de
d’euros, progressent (+2,5 %) moins de meilleurs services aux clientèles. s’assainir : le nombre de personnes
que l’année précédente (4,4 %), en Des conventions signées avec les so-physiques en interdiction bancaire
raison de la stagnation de l’épargne cioprofessionnels visent à réduire les (21 218) est à son niveau le plus bas
longue (+0,1 %). L’assurance-vie, délais de traitement et de décision depuis 1997 et le nombre de retrait
premier produit d’épargne à long sur les demandes de crédit, en par-de cartes bancaires est en repli de
terme des ménages, progresse de ticulier des TPE/PME, et plus globale-8,2 % par rapport à 2010.
2,5 % mais marque le pas en fn ment à renforcer la relation banques/Les indicateurs de vulnérabilité des
d’année. L’encours des dépôts à vue, entreprises.entreprises s’améliorent également.
plus du tiers des actifs fnanciers du Le nombre d’incidents de paiement
département, progresse de +0,3 % sur effets de commerce diminue tant
sur un an. A l’inverse, après deux an- Lorry HAJJAR en volume (-1,7 %) qu’en valeur
nées consécutives de baisse, les pla- Eric MORIAME(-2,8 %) en 2011. Le nombre de per-
cements liquides ou à court terme se IEDOMsonnes morales en interdit bancaire
Défnitions
Encoursdecréditbrut:capital restant dû en fin de période
Créancesdouteuses: créances présentant un risque d’impayé ou un risque probable de non rembourse-
ment partiel ou total
Encoursdecréditsain:encours de crédit brut – créances douteuses
Pour en savoir plus
Le Rapport Annuel 2011 – Edition 2012 de l’Institut d’émission et le Bulletin trimestriel de conjoncture
financière et bancaire. Comme toutes les publications de l’IEDOM, ces études sont disponibles
en ligne sur le site internet de l’Institut : www.iedom.fr
N° 75 - Guadeloupe - Juin 2012

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