AntianÉco 64 - Année économique et sociale 2004 en Guadeloupe

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Commerce extérieur Les échanges extérieurs se contractent n 2004, la valeur des exporta- 24 % des recettes d’exportationsEn 2004, les échanges de biens en Etions guadeloupéennes a bais- agricoles. Ces difficultés contras- sé de 16 %, tandis que les impor- tent avec la situation en Marti-Guadeloupe ont subi une nette tations fléchissaient de 5 %. Cette nique : dans ce département, où contraction. Ce repli est imputable contraction résulte de la grève la restructuration du secteur ba- qui a touché le port de mi octobre nanier a permis aux planteurs deà la grève des dockers ainsi qu’aux à mi-décembre, ainsi que d’une renforcer leur position sur les difficultés poursuivies du secteur de nouvelle diminution des exporta- marchés, les exportations agrico- tions agricoles. Dans ce contexte les progressent de 14 %. Avec lala banane. de repli, le déficit des échanges production de rhum, les produits de biens se réduit quelque peu. Il agro-alimentaires représentent reste néanmoins très accusé, les 40 % des exportations de Guade- importations s’élevant à 1,831 loupe : leurs recettes d’exporta- milliards d’euros, soit treize fois tion ont progressé de 10 %, avec plus que les exportations (139 la très légère croissance de la pro- millions d’euros). Ainsi, le taux de duction de rhum et une orienta- 1 couverture des échanges de tion renforcée vers les marchés biens ne dépasse pas 7,6 % en extérieurs. Les biens d’équipe- 2004.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Commerce extérieur
Les échanges
extérieurs
se contractent
n 2004, la valeur des exporta- 24 % des recettes d’exportationsEn 2004, les échanges de biens en Etions guadeloupéennes a bais- agricoles. Ces difficultés contras-
sé de 16 %, tandis que les impor- tent avec la situation en Marti-Guadeloupe ont subi une nette
tations fléchissaient de 5 %. Cette nique : dans ce département, où
contraction. Ce repli est imputable contraction résulte de la grève la restructuration du secteur ba-
qui a touché le port de mi octobre nanier a permis aux planteurs deà la grève des dockers ainsi qu’aux
à mi-décembre, ainsi que d’une renforcer leur position sur les
difficultés poursuivies du secteur de nouvelle diminution des exporta- marchés, les exportations agrico-
tions agricoles. Dans ce contexte les progressent de 14 %. Avec lala banane.
de repli, le déficit des échanges production de rhum, les produits
de biens se réduit quelque peu. Il agro-alimentaires représentent
reste néanmoins très accusé, les 40 % des exportations de Guade-
importations s’élevant à 1,831 loupe : leurs recettes d’exporta-
milliards d’euros, soit treize fois tion ont progressé de 10 %, avec
plus que les exportations (139 la très légère croissance de la pro-
millions d’euros). Ainsi, le taux de duction de rhum et une orienta-
1
couverture des échanges de tion renforcée vers les marchés
biens ne dépasse pas 7,6 % en extérieurs. Les biens d’équipe-
2004. Les échanges dégagent un ment représentent 17 % des ex-
léger excédent pour les produits portations guadeloupéennes, re-
agricoles, cependant qu’ils sont couvrant principalement des
très déséquilibrés pour tous les réexpéditions de machines et de
autres types de produits (y com- bateaux vers les deux autres dé-
pris l’agro-alimentaire). Le déficit partements français d’Amérique
est plus prononcé qu’en Marti- ou, pour des montants très fai-
nique et en Guyane, où les taux bles, vers les pays voisins de la
de couverture sont respective- Caraïbe. Ces exportations de
ment de 15,9 % et 17,8 %. biens d’équipement ont très forte-
ment chûté en 2004 (- 42%). Les
exportations de la Guadeloupe
sont concentrées à 67 % vers la
métropole. La Martinique est le
second partenaire (18 % des ex-
Les exportations guadeloupéen- portations), suivi des autres pays
nes sont composées à 28 % de de l’Union européenne (dé-
(1) Ce taux rapporte les exportations aux importations denrées agricoles, principale- sormais à 24 pays sans la France,
(2) Voir l'article sur l'activité du port ment de bananes. Le marasme du 5 % des exportations guadelou-
secteur bananier a perduré en péennes). Il faut noter que
2004, entraînant une chute de l’année 2004 est marquée par un
5Commerce extérieur
effet en trompe l’œil : si les exporta- taires et des produits énergétiques pro- tion locale, qui permettrait d’intensi-
tions de la Guadeloupe ont nettement venant de Trinidad-et-Tobago. fier la croissance, les créations d’em-
baissé en valeur, les quantités expé- plois, le rayonnement économique du
diées pour les vracs liquides (mélasse département. Dans les années 90, la
résidus d’hydrocarbure) ont presque production locale s’est sensiblement
quadruplé, ce qui suffit à accroître les renforcée au détriment des importa-
2
quantités exportées . tions, attestant que les entrepreneurs
Le solde des échanges de biens est dé- guadeloupéens ont quelque peu re-
ficitaire avec toutes les zones parte- conquis leur marché intérieur. Symé-
naires, à l’exception d’un très léger ex- triquement, les pistes sont désormais
cédent avec la Guyane. Le déficit s’é- bien identifiées pour accroître les ex-
levait à 24,7 % du PIB en 2003, der- portations notamment vers les pays
nière année pour laquelle cet agrégat voisins de la Caraïbe : s’appuyer sur
Les importations sont composées à est actuellement disponible. Le déficit les points forts du tissu productif gua-
69 % de biens manufacturés ou de des biens est toutefois quelque peu deloupéen comme la fabrication de
biens d’équipement, à 20 % de pro- compensé par l’excédent des services charpentes en métal, la location de
duits alimentaires, à 10 % de produits touristiques. En ajoutant aux exporta- machines, le traitement des eaux… ;
énergétiques. Sous l’effet de la grève tions de biens les recettes du tourisme, développer les exportations de servi-
des dockers, les importations ont dimi- le taux de couverture reviendrait à ces ; accroître le dynamisme à l’expor-
nué en 2004 pour pratiquement tous 26 % et serait alors du même ordre tation des grands groupes français im-
les types de produits : seules progres- qu’en Martinique. Surtout, le com- plantés dans le département. Vis-à-vis
sent les importations d’automobiles merce extérieur des biens ne présente de la métropole et des autres pays eu-
(+ 13 %), qui représentent 13 % des pas de contrainte macroéconomique ropéens, le renforcement des
importations guadeloupéennes. En co- pour un département français. Pour la exportations pourrait passer par une
hérence avec la structure par produits, Martinique comme pour l’ensemble montée en gamme qui accompagne-
les importations proviennent avant de la France ou pour les autres pays de rait une plus forte affirmation de
tout de pays industrialisés : 63 % vien- la zone euro, la contrainte extérieure l’«origine Guadeloupe ».
nent de métropole et 14 % des autres porte sur l’équilibre de la balance des
pays de l’Union européenne. Environ paiements de l’ensemble de la zone.
8 % des importations viennent des Néanmoins, les enjeux du commerce
pays voisins de la Caraïbe. La Guade- des biens pour la Guadeloupe sont
loupe leur achète des denrées alimen- ceux du renforcement de la produc-
Des échanges de biens concentrés avec la Métropole, la Martinique
et l'Union européenne
Part de la zone partenaire dans les échanges de biens et solde
pour la Guadeloupe en 2004
Solde pour
Importations Exportations la Guadeloupe
(millions ( )
Métropole 63,2% 66,9% -1 064,3
UE hors France 14,2% 5,1% -253,4
Martinique 2,6% 18% -23,4
Guyane 0,2% 3,2% 1,4
Caraïbe 7,7% 2,6% -136,9
États-Unis 2,0% 1,6% -34,1
Autres 10,1% 2,7% -181,9
Total 100,0% 100,0% -1 692,6
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