Artisanat-commerce : 22 % de l'emploi régional (Octant n° 82)

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En Bretagne, l'artisanat et le commerce regroupent 22 % de l'emploi régional. L'artisanat comprend plutôt des entreprises de petite taille, implantées sur tout le territoire. Il joue un rôle important dans la transmission du savoir-faire par le biais de l'apprentissage. Le commerce, quant à lui se compose d'unités très hétérogènes : les hypermarchés et les petits commerces ont des comportements économiques très différents. Les salaires dans le commerce et l'artisanat sont inférieurs à la moyenne régionale, du fait des structures du salariat, taille des entreprises, catégories socio-professionnelles
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Système productif
Artisanat-commerce :
22 % de l’emploi régional
En Bretagne, l’artisanat et le commerce regroupent 22 %de
l’emploi régional. L’artisanat comprend plutôt des entreprises de
petite taille, implantées sur tout le territoire. Il joue un rôle
important dans la transmission du savoir-faire par le biais de
l’apprentissage. Le commerce, quant à lui se compose d’unités
très hétérogènes : les hypermarchés et les petits commerces ont
des comportements économiques très différents. Les salaires
dans le commerce et l’artisanat sont inférieurs à la moyenne
régionale, du fait des structures du salariat, taille des
entreprises, catégories socio-professionnelles...
u 31 décembre 1998, les secteurs emploient un peu plus de 183 000 sala- salariés. 40 000 d’entre eux travaillentAdu commerce et de l’artisanat en riés. L’emploi salarié dans les entrepri- dans l’artisanat et 25 800 dans le com-
Bretagne rassemblent près de ses de ce secteur est de 174 000. La dif- merce. Les artisans-commerçants (ap-
58 000 entreprises. Cet ensemble se dé- férence entre ces deux chiffres vient des partenant simultément à l’artisanat et
compose en 40 700 entreprises artisana- établissements bretons dépendant d’une au commerce) rassemblent autour de
les et 28 500 entreprises commerciales. entreprise non régionale et des entrepri- 11 500 actifs non salariés.
L’intersection entre ces deux groupes ses bretonnes ayant des établissements
comprend un peu plus de 11 200 en dehors de la région. L’emploi total (salarié et non sa-
artisans-commerçants. larié) dans l’artisanat et le commerce en
Dans les deux cas, la part de Bretagne au 31 décembre 1998 peut
En termes d’établissements, le l’emploi salarié de cet ensemble au sein donc être estimé à un peu moins de
commerce et l’artisanat comptent de l’emploi salarié régional avoisine 240 000 personnes au 31 décembre
65 700 établissements, dont 43 100 20%. 1998, soit 22 % de l’emploi total
dans l’artisanat et 35 100 dans le com- régional.
merce. Les établissements de l’artisanat- L’artisanat et le commerce en
commerce implantés en Bretagne Bretagne emploient environ 54 300 non
28 Octant n° 82 - juin 2000Système productif
57 976
entreprises dans l’artisanat et le commerce
29 847 11 255 17 234
artisans artisans- commerçants
non commerçants commerçants non artisans
28 48940 742
artisans commerçants
Nombre d’entreprises et d’établissements en Bretagne au 31 décembre 1998
Ensemble Ensemble Artisans-
des artisans des commerçants commerçants
dont versant dont versant dont versantTotal Total Total
des salaires des salaires des salaires
Entreprises 40 742 22 210 28 489 15 578 11 255 7 203
Établissements 43 165 22 551 35 102 18 396 12 572 7 550
Source : SIRENE - URSSAF
Octant n° 82 - juin 2000 29Système productif
Près du quart des entreprises bretonnes dans l’artisanat
vec 40 700 entreprises, soit un se décompose en quatre grands électricité, couverture... C’est le secteurAquart des entreprises régionales, et secteurs. le plus important avec 38 % des entre-
125 700 emplois (85 700 salariés et prises et un tiers de l’emploi salarié de
40 000 non salariés), l’artisanat est un Le bâtiment regroupe les activi- l’artisanat. Les services constituent le
acteur économique de premier plan qui tés de maçonnerie, plâtrerie, peinture, deuxième volet. Ils associent des activi-
tés très hétérogènes se rapportant au
transport, aux services aux personnes et
à la réparation. Troisième employeur,
Nombre d’entreprises artisanales et de salariés l’artisanat de production occupe 22 %
dans l’artisanat en 1998 des salariés de l’artisanat, pour 16 %
des entreprises. Il est composé d’activi-
Entreprises Salariés
tés plus industrielles telles que l’impri-
merie, le travail des métaux, la fabrica-Secteur Nombre % Nombre %
tion de meubles.... Ce secteur se
démarque assez nettement des précé-Bâtiment 15 379 37,8 28 070 32,7
dents par une part plus élevée des struc-Services 11 780 28,9 21 586 25,2
tures sociétaires, et des effectifs salariés
Artisanat
plus importants. Enfin, le quatrièmede production 6 488 15,9 19 147 22,3
groupe d’activité est constitué par les
Alimentation 7 095 17,4 16 919 19,8 activités de l’alimentation (boulan-
Ensemble artisanat 40 742 100,0 85 722 100,0 gerie, pâtisserie, charcuterie...). Sou-
vent de très petite taille, ces entreprises
Source : SIRENE - URSSAF
spécialisées dans les métiers de bouche
occupent un salarié de l’artisanat sur
cinq.
La densité artisanale bretonne
est plus élevée que celle des régions situées
Une large implantation
dans une large moitié nord de la France sur le territoire
La répartition sur l’ensemble du
territoire régional témoigne de la forteLa densité d’entreprises artisanales (nombre d’entreprises artisanales pour
implication de l’artisanat dans l’aména-10 000 habitants) est très variable sur le territoire français. Elle est élevée dans la
gement du territoire. Plus de 98% desmoitié sud du pays et plus faible dans les régions du nord et de l’est, à tradition in-
communes bretonnes ont, sur leur terri-dustrielle ancienne, comme Le Nord-Pas-de Calais ou la Lorraine. Entre ces deux
toire, au moins une entreprise artisa-groupes, se situent des régions dont la densité artisanale se situe autour de la
nale. Cette diffusion est d’autant plusmoyenne nationale, qui est de 137 entreprises artisanales pour 10 000 habitants :
remarquable que les petites communesce sont la Franche-Comté, la Bourgogne, le Centre, la Basse-Normandie, les Pays
ne sont pas les moins bien dotées. Si lade la Loire et la Bretagne. De ces six régions, la Bretagne affiche la densité la plus
proximité de grandes villes ou de voiesélevée (144).
de communication importantes est gé-
néralement un facteur important de
choix d’implantation pour les entrepri-
ses moyennes ou de grande taille, ces
contraintes sont moins déterminantes
pour les petites unités que sont les en-
treprises artisanales. C’est notamment
le cas pour les artisans travaillant dans
l’alimentaire. Leur marché étant essen-
tiellement local, ils peuvent être pré-
sents jusque dans des communes de
taille réduite, plus éloignées des
chefs-lieux de département. Par contre
les activités artisanales de service s’im-
plantent plus fréquemment à proximité
de communes plus peuplées. Pour le
bâtiment ou l’artisanat de production,
la localisation de l’entreprise ne répond
pas à une contrainte forte de marché et
relève le plus souvent de choix person-
nels de l’entrepreneur ou
d’opportunités.
30 Octant n° 82 - juin 2000Système productif
Le poids important
des non salariés Répartition sectorielle des entrepreneurs individuels
et des gérants-associés d’EURL en 1996
Les effectifs des entreprises arti- Entreprises
EURL Ensemblesanales se caractérisent par une part im- individuelles
portante de l’emploi non salarié : 31 %
contre 17 % pour l’ensemble des entre- Nombre % Nombre % Nombre %
prises bretonnes. Etre non salarié re-
couvre des situations très différentes. La Alimentation 5 536 93 412 7 5 948 100
plupart sont des chefs d’entreprise, mais
Travail des métaux 1 018 90 107 10 1 125 100à leurs côtés, des aides-familiaux ou des
conjoints-collaborateurs apportent aussi Textile-habillement- 406 93 31 7 436 100leur concours à l’activité des entreprises cuir
artisanales.
Bois-ameublement 1 122 94 71 6 1 192 100
Les chefs d’entreprise non sala- Autres fabrications 1 294 90 151 10 1 444 100
riés sont principalement des
Bâtiment 12 972 96 555 4 13 527 100entrepreneurs individuels (31 300 sur
les 40 000 non salariés). Agés en
Transports- 100moyenne de 45 ans, ces entrepreneurs réparations-services 8 995 94 590 6 9 585
sont très présents dans l’alimentation,
les services-réparations-transports et
Ensemble 31 341 94 1 917 6 33 258 100surtout le bâtiment, où ils dirigent 81 %
des entreprises artisanales. Tout comme
Source : INSEE - SUSEles 1 900 gérants d’entreprises uniper-
Champ : entreprises individuelles et EURL soumises à l’impôt sur le revenu, relevant d’un régimesonnelles à responsabilité limitée
réel d’imposition ou du forfait.
(EURL), soumises à l’impôt sur le reve-
nu, leur travail est rémunéré grâce au
bénéfice fiscal de l’entreprise. Celui-ci,
sur la base des déclarations annuelles
des résultats, ne dépasse pas en
moyenne 130 000 francs pour l’en-
semble de l’année 1996. Les plus forts
Bénéfices fiscaux moyens des entrepreneurs individuelsrésultats moyens ont été obtenus dans
selon le secteur d’activité en Bretagne en 1996des activités liées au secteur de la santé :
plus de 230 000 francs pour les entrepri- (en francs par an)
ses de services d’ambulance, les
fabricants d’appareils médico-chirurgi- Alimentation 160 000
caux et les opticiens-photographes. Les Viandes et poissons 176 000
boulangeries-pâtisseries sont aussi bien Autre alimentation 146 000
placées avec un bénéfice proche de
220 000 francs. Ces métiers sont les Artisanat de production 125 000
seuls à dégager un bénéfice fiscal Travail des métaux 147 000
moyen supérieur à 200 000 francs. Les Textile, habillement 78 000
horlogeries-bijouteries approchent ce Cuir, chaussures 85 000
seuil, mais sans l’atteindre. A côté de Bois, ameublement 93 000
ces activités à forte rémunération, les Matériaux de construction céramique, verre, chimie 114 000
entreprises des services aux personnes
Papier, imprimerie, reproduction arts graphiques 109 000
se distinguent par les plus faibles bénéfi-
Fabrication d’articles divers 179 000
ces moyens : moins de 60 000 francs
pour les soins de beauté et le secteur des
Bâtiment 126 000autres services à la personne (toilettage
Maçonnerie 127 000d’animaux...). Les blanchisseries et les
Couverture, plomberie, chauffage 140 000salons de coiffure déclarent en
Menuiserie, serrurerie 118 000moyenne, un résultat de 76 000 et
Installation électricité 130 00092 000 francs.
Aménagements, finitions 121 000
Terrassements, travaux divers 116 000
Les salariés : prédominance
Services 113 000des ouvriers et des hommes
Transport 106 000
Réparation 141 000
Coiffure, teinturerie 87 000Le nombre total de postes de sa-
Autres services 117 000lariés dans les entreprises artisanales au
cours de l’année 1997 s’élève à
113 000. En excluant les chefs d’entre- Ensemble 128 000
prise, les apprentis et les stagiaires, on
atteint le chiffre de 96 300 postes. Source : INSEE - SUSE
Octant n° 82 - juin 2000 31Système productif
Méthodologie : Champ de l’étude
L’étude porte sur l’artisanat-commerce en Bretagne.
La détermination du champ s’est faite en deux parties :
pour les artisans d’une part, pour les commerçants d’autre part.
rtisanat ommerce
L’artisanat est défini par une loi qui fait intervenir à La sélection des unités commerciales a été faite
la fois la taille et l’activité de l’entreprise. C’est ce critère ju- selon un critère économique. Une entreprise (ou un éta-
ridique qui a été retenu. Dans cette étude, une entreprise blissement) appartient au commerce si son code activité
artisanale est une entreprise inscrite au répertoire informa- dans le répertoire SIRENE relève du champ commercial
tique des métiers (RIM). Un établissement artisanal est un au sens de la Nomenclature d’activités françaises (NAF).
établissement appartenant à une entreprise inscrite au RIM. Il s’agit des activités suivantes :
Cette inscription est obligatoire sous certaines commerce et réparation automobile (codes
conditions d’activité exercée et de nombre de salariés. La d’activité commençant par 50),
loi du 5 juillet 1996, relative au développement et à la pro-
motion du commerce et de l’artisanat précise en effet : commerce de gros (codes d’activité commen-
« Doivent être immatriculées au répertoire des métiers (..) çant par 51),
les personnes physiques et morales qui n’emploient pas
plus de dix salariés et qui exercent, à titre principal ou se- commerce de détail (codes d’activité commen-
condaire, une activité professionnelle indépendante de çant par 52).
production, de transformation, de réparation ou de presta-
tion de services relevant de l’artisanat et figurant sur une Ont également été considérées comme commer-
liste établie par décret (...) ». ciales les activités suivantes :
Le seuil de dix salariés est théorique. En effet, certai- charcuterie (code 151F),
nes catégories (conjoints, associés, handicapés, apprentis,
etc.) ne sont pas prises en compte : l’effectif salarié peut cuisson de produits de boulangerie (code
donc être supérieur à dix. Par ailleurs, le décret du 14 dé- 158B),
cembre 1995 a mis en place le « droit de suite », qui per-
met, sous des conditions peu restrictives, aux entreprises boulangerie-pâtisserie, pâtisserie (code 158C),
inscrites au répertoire des métiers d’y rester sans limitation
de durée, même si elles dépassent le seuil de dix salariés. biscotterie, biscuiterie (code 158D),
De fait, un certain nombre d’entreprises inscrites au
31/12/1998 dépassent ce seuil de dix salariés, voire celui chocolaterie, confiserie (code 158K),
de vingt.
transformation du thé et du café (code 158P),
D’ailleurs, pour certaines sources, pour lesquelles
l’inscription au répertoire des métiers n’est pas connue, la Ces six activités figurent dans l’étude sous l’appel-
question du seuil est primordiale. Autrefois, le seuil retenu lation « transformation et commerce de produits
était celui du texte réglementaire, à savoir dix salariés. alimentaires ».
Compte tenu des réserves mentionnées ci-dessus et des
évolutions constatées, la Direction des entreprises com-
merciales, artisanales et de services (DECAS), du Ministère
de l’économie, des finances et de l’industrie, a décidé en
juin 1999, de porter ce seuil à 19 salariés, ce qui corres-
pond au seuil des très petites entreprises.
32 Octant n° 82 - juin 2000Système productif
L’écart entre le nombre de postes et leRépartition comparée des salariés
nombre de salariés tient au fait qu’un
selon la catégorie socio-professionnelle en 1997 individu peut avoir changé d’établisse-
ment au cours d’une année, et surtout
Ensemble que des postes de travail ont pu être ou-Ensemble de
Catégorie socioprofessionnelle des salariésl’artisanat * verts en cours d’année ou supprimés
bretons
avant le 31 décembre.
Les emplois d’ouvriers prédomi-Cadres et ingénieurs 1,8 6,8
nent très nettement - plus de six salariésProfessions intermédiaires 7,7 19,2
sur dix - alors qu’ils ne sont que quatreEmployés 29,2 34,0
sur dix dans l’ensemble des entreprisesEmployés administratifs d’entreprises 8,5 10,8
bretonnes. Dans les métiers de la cons-Employés de commerce 9,7 6,4
truction, la part des ouvriers atteintPersonnels des services directs aux
même 86 %. Les emplois d’ouvriersparticuliers 9,5 5,1
sont très largement de niveau ouvriersAutres employés 1,5 11,7
qualifiés. Dans tous les secteurs d’acti-Ouvriers 61,3 40,0
vité de l’artisanat, les postes de cadresOuvriers qualifiés 44,4 18,9
et les professions intermédiaires occu-Ouvriers non qualifiés 13,4 13,6
pent une place réduite : 9,5 % des sala-Autres ouvriers 3,5 4,8
riés contre 26 % pour l’ensemble des
Total des salariés 100,0 100,0 entreprises bretonnes. La part des hom-
mes dans le salariat de l’artisanat est de
70 % contre 55 % dans l’ensemble desSource : INSEE - DADS
* : secteur privé et semi-public. salariés bretons du secteur privé et
Champ : salariés de l’artisanat hors apprentis, stagiaires, chefs d’entreprise. semi-public.
La place des hommes est parti-
culièrement importante dans les mé-
tiers de la construction (92 %), mais
aussi dans le travail des métaux et du
bois, et la réparation automobile.
Même si les femmes sont globalement
moins présentes dans l’ensemble de
l’artisanat, elles dominent dans certainsSalaires mensuels nets moyens dans l’artisanat
secteurs comme l’alimentation (bou-
selon le secteur d’activité en Bretagne en 1997 langerie-pâtisserie, préparation de plats
à emporter), le textile-habillement-cuir,
et surtout la coiffure (88 % des salariés
Alimentation 6 402 sont des femmes). Les trois quarts
6 528Viandes et poissons d’entre elles occupent un poste de type
6 266Autre alimentation employé, aussi bien pour des tâches
commerciales, administratives ou de
Artisanat de production 7 700
services. Leurs postes sont plus souvent
7 822Travail des métaux
à temps partiel que dans les autres sec-
Textile, habillement 6 477
teurs de l’économie bretonne : 38 %
Cuir, chaussures 6 624
contre 27 %. En effet, les femmes tra-
Bois, ameublement 7 067 vaillent principalement dans les très pe-
Matériaux de construction, céramique, verre, chimie 7 430 tits établissements (moins de 5 salariés).
8 532Papier, imprimerie, reproduction arts graphiques Or une entreprise de taille réduite ne
Fabrication d’articles divers 8 125 peut souvent embaucher qu’une per-
sonne à temps partiel pour certains em-7 678Bâtiment
plois, notamment administratifs,Maçonnerie 7 750
compte tenu du volume de travailCouverture, plomberie, chauffage 7 583
proposé.Menuiserie, serrurerie 7 605
Installation électricité 7 713
7 679Aménagements, finitions
Des salaires inférieursTerrassements, travaux divers 7 802
à la moyenne bretonne
6 859Services
6 386Transport
Les salaires versés par les entre-Réparation 7 180
prises artisanales apparaîssent assezCoiffure, teinturerie 6 090
modérés par rapport à ceux des autresAutres services 7 088
entreprises bretonnes. Hors chefs d’en-
Ensemble 7 248 treprises salariés et apprentis, les sala-
riés de l’artisanat perçoivent en
moyenne 7 250 francs nets par mois,Source : INSEE - DADS
Champ : salariés de l’artisanat, hors apprentis, stagiaires et chefs d’entreprise. contre 8 880 francs pour l’ensemble
Octant n° 82 - juin 2000 33Système productif
des salariés bretons, soit 18 % de moins.
Nombre d’artisans et d’artisans-commerçantsCet écart tient en grande partie à la
selon l’activité en Bretagne au 31 décembre 1998structure de l’artisanat : peu de salariés
d’encadrement, spécificités sectorielles,
entreprises de petite taille,.... Une fois DontEnsemble des artisans
artisans-commerçantspris en compte tous ces facteurs, les sa-
lariés de l’artisanat perçoivent une ré-
munération qui reste certes inférieure à Total Total% %
des entreprises des entreprisesla moyenne bretonne, mais la différence
est ramenée à 4,5 %.
Alimentation 7 095 17,4 4 586 40,8Le secteur économique déter-
Travail des métaux 1 996 4,9 321 2,9mine fortement le niveau de salaire :
Textile, habillement, cuir 541 1691,3 1,5l’alimentation verse en moyenne les
Bois et ameublement 1 533 3,8 234 2,1plus bas salaires (6 400 francs), puis
Autres fabrications 2 418 5,9 329 2,9viennent les services et le bâtiment.
Bâtiment 15 379 37,8 272 2,4Cependant le secteur des services
Transports, réparation etest hétérogène, avec des rémunéra-
autres services 11 780 28,9 5 344 47,5tions mensuelles qui s’échelonnent
de 6 090 francs dans la coiffure à Ensemble 40 742 100,0 11 255 100,0
7 180 francs dans la réparation (automo-
bile et articles divers). Le salaire moyen
Source : SIRENE
le plus élevé est atteint dans l’artisanat
de production. Ce secteur est en effet
composé d’entreprises dont les effectifs
sont, en moyenne, plus élevés que dans
de 5 salariés. Elles apprennent en prio-les autres secteurs de l’artisanat, avec l’artisanat. Par contre, ces derniers sont
rité le métier de coiffeuse devant celuiplus de postes de cadres, un temps par- très peu présents dans l’artisanat de
de vendeuse en boulangerie.tiel peu développé. Selon l’activité, les production.
différences sont sensibles : un salarié
touche 6 480 francs en moyenne s’il tra- Quatre apprentis sur cinq sont
11 200 artisansvaille dans le textile, 7 820 francs dans des garçons, près d’un tiers n’a pas dix-
sont aussi commerçantsle travail des métaux et 8 530 francs huit ans. Dans le secteur de l’alimenta-
dans le secteur papier-imprimerie. tion, plus de la moitié des 3 200 salariés
masculins employés comme apprentis
11 255 entreprises artisanalesse forment au métier de boulan-
ont aussi une activité commerciale. Cesger-pâtissier, les autres sont fréquem-Un rôle important
artisans-commerçants sont notammentment apprentis charcutiers ou bouchersdans le dispositif de formation
des boulangers-pâtissiers, des charcu-ou travaillent comme apprentis cuisi-
tiers, des garagistes... Ils sont essentiel-niers dans la fabrication de plats à em-
lement présents dans le secteur de l’ali-En Bretagne, plus d’un apprenti porter. La majeure partie des apprentis
mentation et dans celui desdu bâtiment apprend les métiers de me-sur deux apprend son métier dans une
services-réparation-transport. Les arti-entreprise artisanale. En 1997, 12 000 nuisier, maçon, peintre ou électricien.
sans-commerçants emploient 25 800Enfin, dans les services, 1 100 apprentisjeunes ont ainsi choisi cette voie, ce qui
salariés, soit 28 % des salariés de l’arti-représente un salarié sur dix pour le seul se forment à l’entretien et à la réparation
sanat. Activité de négoce oblige, leursde véhicules automobiles. 2 580 fillesartisanat, contre un sur vingt-cinq pour
effectifs se démarquent des autres arti-l’ensemble des salariés bretons. L’ali- ont travaillé comme apprenties au cours
sans avec une proportion d’employésde l’année 1997. Elles sont essentielle-mentation, le bâtiment et les services
quasiment égale à celle des ouvriers.(réparation, coiffure) rassemblent les ment employées. Les deux tiers se ren-
contrent dans des entreprises de moinsneuf dixièmes des apprentis de
34 Octant n° 82 - juin 2000Système productif
Le commerce emploie 125 000 salariés
e commerce occupe une place im- un peu moins de 7 000 établissements Les communes rurales sontLportante dans l’économie bretonne : mais emploie 30 % des salariés du com- moins largement dotées que les plus
au 31 décembre 1998, ce secteur re- merce. Enfin, le commerce-réparation importantes. Toutefois, les services de
groupe environ 155 000 personnes, soit automobile et la transformation et le base subsistent encore souvent dans les
plus de 14 % de l’emploi régional, tra- commerce de produits alimentaires petites communes : les plus répandus
vaillant dans environ 35 000 établisse- comptent un nombre d’établissements selon l’inventaire communal sont le bu-
ments. Boutique d’habillement en assez proche. Mais le premier occupe reau de tabac, souvent associé à un
centre-ville ou hypermarché en proche plus de 17 100 salariés contre 7 800 café, l’épicerie-supérette et le garage.
banlieue, petit garage ou grande pour le second.
concession automobile, négociant en Selon l’activité commerciale, les
produits agro-alimentaires ou intermé- logiques d’implantation sont très diffé-
diaire du commerce de gros, boulan- rentes. Ainsi les commerces de détail sePeu de communes bretonnes
gerie, pâtisserie : toutes ces activités situant à proximité de la populationsans commerce
appartiennent au champ du commerce. sont implantés en milieu urbain pour
Cette brève énumération révèle l’éven- les trois quarts des établissements.
tail des activités concernées et la diver- Cette proportion n’est que des deuxPrises dans leur ensemble, les di-
sité du tissu commercial. tiers pour le commerce de gros, et pourverses unités commerciales sont bien ré-
le commerce et la réparation automobi-parties sur l’ensemble du territoire. Au
Le commerce de détail est de les. C’est dans la transformation et letotal, 83 communes bretonnes sur les
loin la composante la plus importante commerce de produits alimentaires,1 268 que compte la région et rassem-
du commerce, puisqu’il regroupe près qui comprend entre autres les boulan-blant 25 000 habitants n’ont pas de
de 60 % des établissements commer- geries et les pâtisseries, que les établis-commerce sur leur territoire.
ciaux bretons et la moitié des salariés du sements dans une commune urbaine
secteur. Le commerce de gros compte sont relativement les moins nombreux
(60 %). A l’inverse ils sont les plus pré-
sents dans les zones rurales.
Les hypermarchés
sont les plus dépendants
d’un siège hors région
Nombre d’établissements commerciaux
et de salariés dans le commerce en 1998
L’analyse des liens entre les éta-
blissements commerciaux et le siège ré-Établissements Salariés
vèle également des situations très va-
riées. En moyenne, 15 % des effectifsSecteur Nombre % Nombre %
du commerce sont gérés par un siège si-
Commerce de détail 20 681 58,9 62 371 50,1 tué à l’extérieur de la région. Le com-
merce de détail, avec 20 % d’effectifs
Commerce de gros 6 681 19,5 37 089 29,8 dépendant d’un siège hors Bretagne, est
le plus lié avec l’extérieur. Cette dépen-Commerce et réparation
automobile 4 099 11,7 17 133 13,8 dance est particulièrement forte pour
les hypermarchés : plus de la moitié des
Transformation et effectifs des hypermarchés implantés
commerce de produits
dans la région appartiennent à une en-alimentaires 3 461 9,9 7 800 6,3
treprise dont le siège est hors Bretagne.
La situation est comparable pour le sec-
Ensemble commerce 35 102 100,0 124 393 100,0 teur du bricolage où 49 % des effectifs
bretons dépendent d’un siège non bre-
Source : SIRENE - URSSAF ton. Cette dépendance est quasi
Octant n° 82 - juin 2000 35Système productif
inexistante pour les établissements de Répartition des effectifs commerciaux
transformation et de commerce de pro-
selon la catégorie d’établissementduits alimentaires.
31-12-1998 Effectif salarié des établissements commerciaux (en %)
Une majorité d’employés
Pluri-régionaux
parmi les salariés
Mono-
Ensemblerégionaux Siège hors
Siège breton BretagneA la fin de l’année 1998, les éta-
blissements commerciaux bretons em-
Commerce et réparation 66,2 25,7 8,1 100,0ploient 125 000 salariés. Ces mêmes automobile
établissements ont proposé 166 100
Commerce de gros 39,8 44,5 15,7 100,0postes salariés sur l’ensemble de l’année
1997, total ramené à 153 700 si l’on ex-
Commerce de détail 55,4 25,5 19,1 100,0
clut les chefs d’entreprises salariés, les
apprentis et les stagiaires. Le commerce dont : supermarchés 69,6 22,6 7,8 100,0
s’appuie sur une main-d’oeuvre salariée
hypermarchés 25,3 25,9 48,8 100,0composée à 46 % de postes de niveau
employé, contre 30 % dans l’ensemble bricolage 42,3 6,2 51,5 100,0
des établissements privés et semi-pu-
Transformation etblics de Bretagne. Parmi eux, 54 000
commerce de produits 77,1 22,8 0,1 100,0postes d’employés de commerce prédo-
alimentaires
minent dans les effectifs. Cette catégorie
d’emploi est complétée par 18 500 au- dont : boulangeries 77,7 22,2 0,1 100,0
tres postes d’employés, essentiellement -pâtisseries
affectés à des tâches administratives. Les
ouvriers sont en contrepartie moins pré- Ensemble du commerce 53,6 31,0 15,4 100,0
sents que dans les autres établissements
bretons, et occupent 30 % des postes. Il
Source : SIRENEs’agit majoritairement d’ouvriers quali-
fiés. Enfin, un peu moins d’un quart des
postes est constitué par des emplois
d’encadrement (cadres et professions in-
termédiaires), c’est 10 % de moins que
dans l’ensemble des salariés.
Globalement, 53 % des postes
salariés dans les établissements du com-
merce sont occupés par des hommes.
Cette répartition est très proche de celle
de la moyenne des secteurs privé et Répartition des postes de salariés du commerce selon
semi-public bretons (55 % d’hommes).
la catégorie socio-professionnelle (en %) en Bretagne en 1997
Néanmoins, les différences sectorielles
sont très importantes. Les femmes sont
dont
largement majoritaires dans le com- Ensemble Ensemble desCatégorie socio-professionnelle artisanat-
du commerce salariés bretons *merce de détail et la transformation et le commerce
commerce de produits alimentaires.
Dans les hypermarchés et les supermar-
chés, plus de 60 % des postes sont occu- Cadres et ingénieurs 4,7 1,5 6,8
pés par des femmes. Cette proportion
Professions intermédiaires 18,8 8,1 19,2dépasse même 90 % dans certaines acti-
vités du commerce de détail, comme les Employés 45,7 42,1 34,0
parfumeries, l’habillement, la maroqui- Employés administratifs
nerie. Près de trois femmes sur quatre d’entreprises 10,3 9,8 10,8
travaillent sur des postes de niveau em- Employés de commerce 34,4 30,6 6,4
ployé, avec une large prédominance Autres employés 1,0 1,7 16,8
des métiers liés à la vente. Elles sont plus
souvent à temps partiel que les autres Ouvriers 30,8 48,3 40,0
salariées des établissements privés et Ouvriers qualifiés 17,7 36,9 18,9
semi-publics (33 % contre 28 %). Ouvriers non qualifiés 5,1 8,6 13,6
Autres ouvriers 8,0 2,8 4,8
Les hommes prédominent dans
Total des salariés hors apprentis,le commerce et réparation automobile
stagiaires et hors chefs d’entreprise 100,0 100,0 100,0où ils représentent plus de 80 % des ef-
fectifs. Dans certaines activités du com-
Source : INSEE - DADSmerce de gros, ils passent aussi la barre
Champ : salariés du commerce hors apprentis, stagiaires, chefs d’entreprise.
de 80 % de la main-d’oeuvre salariée,
* : secteur privé et semi-public.
c’est notamment le cas pour le
36 Octant n° 82 - juin 2000Système productif
commerce de gros de boissons, de bois des salariés en congés annuels. En de l’établissement est un critère déter-
et de produits dérivés, de fournitures et 1997, 12 % des entreprises du com- minant du recours à une main-d’oeuvre
équipements industriels, et de matériel merce ont fait appel à une main- saisonnière. L’appel est plus fréquent
agricole. La moitié des hommes est d’oeuvre temporaire au cours de la pé- dans les zones d’emploi où les flux tou-
employée comme ouvrier, le plus sou- riode estivale (du 1er juin au 30 sep- ristiques sont relativement les plus in-
vent qualifié. Dans les métiers d’enca- tembre). Les établissements du tenses. Ainsi, plus de 30 % des
drement (cadres et professions intermé- commerce et de la réparation automo- établissements de la zone d’emploi
diaires), ils sont aussi plus représentés bile ont moins recours à ces renforts que d’Auray proposent des postes de courte
que les femmes (30 % contre 17 %). les autres secteurs. Ainsi, dans l’entre- durée l’été, 19 % à Lannion, 15 % à
tien et la réparation, seule une entre- Saint-Malo. Par contre, à Fougères,
prise sur 20 embauche l’été. A Rennes et Carhaix, cette proportion estForte saisonnalité de l’emploi
contrario, les hypermarchés sont les nettement sous les 10 %.dans le commerce de détail
plus fréquemment demandeurs avec
60 % des structures qui augmentent Au final, plus de 10 600 postes
L’accroissement du nombre de leurs effectifs au cours de l’été, suivis sont ainsi proposés au cours de la pé-
par les supermarchés (40 %) et les prin- riode estivale 97. 78 % sont occupéspostes enregistré au cours de l’été ré-
pond à l’augmentation saisonnière de cipales activités du commerce de gros par des jeunes de moins de 25 ans.
(25 %). Outre l’activité, la localisation Hommes et femmes se partagent à partsl’activité, et à la nécessité de remplacer
égales ces emplois, mais la catégorie
du poste diffère. Alors que les femmes
sont très largement candidates aux pos-
tes d’« employées », les hommes tra-
vaillent indifféremment comme ou-
vriers ou employés. Parmi ces salariés
de l’été, plus de 6 800 se dirigent vers le
commerce de détail. Les offres d’em-
ploi visent alors surtout à renforcer le
domaine des ventes ; ce sont ainsi plus
de 5 500 employés de commerce qui
arrivent dans les effectifs pour l’été.
Alors que ces postes sont habituelle-
ment largement occupés par des fem-
mes, plus de 40 % des postes d’em-
ployés de commerce sont occupés par
des hommes.
Des salaires
relativement modestes
Hors chefs d’entreprise salariés
et apprentis, les salariés du commerce
perçoivent une rémunération netteSalaire net mensuel moyen dans le commerce
mensuelle de 7 960 francs, soit 10,3 %selon l’activité économique en Bretagne en 1997
de moins que l’ensemble des salariés
des secteurs privé et semi-public de
Commerce et réparation automobile 8 084 Bretagne. Cet écart tient en grande
partie à des différences de structure duCommerce de gros 9 073
salariat, et notamment à la très fortecommerce de gros de produits laitiers, oeufs, huiles 8 908
proportion d’employés et de jeunescommerce de gros de poissons, crustacés et
dans les effectifs commerciaux. Les sa-coquillages 7 835
laires nets mensuels versés par les éta-commerce de gros de matériaux de construction, et
blissements du commerce varient entreappareils sanitaires 8 681
17 000 francs pour un cadre, et 6 600commerce de gros de matériel agricole 8 843
francs pour un employé. Parmi ces der-
Commerce de détail, réparations 7 299 niers, les employés de commerce sont
supermarchés 6 674 les moins bien rémunérés avec une
hypermarchés 7 837 moyenne de 6 400 francs.
commerce de détail de produits pharmaceutiques 8 872
commerce de détail d’habillement 6 733 Le salaire versé dépend de plu-
sieurs critères, en particulier la taille de
Transformation et commerce l’établissement et la qualification.
de produits alimentaires 6 141
L’analyse « toutes choses égales par ail-
boulangeries-pâtisseries 6 014
leurs » estime l’importance propre de
chaque facteur explicatif et permet de7 958Ensemble
tenir compte de tous les déterminants
Source : INSEE - DADS du salaire. L’écart observé entre le sa-
Champ : Salariés du commerce, hors apprentis, stagiaires et chefs d’entreprise. laire moyen dans le commerce et le
Octant n° 82 - juin 2000 37

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