Artisans et commerçants cherchent repreneurs

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En 2004, 4 200 entreprises ont été créées, réactivées ou reprises en Champagne-Ardenne. La région a retrouvé le niveau de création observé il y a 10 ans. Les futurs créateurs se lanceraient plus facilement dans un projet de création pure plutôt que dans un projet de reprise, qui nécessite de mobiliser des moyens financiers plus importants, à l'aide de prêts bancaires. Le potentiel d'entreprises à reprendre, donc d'emplois à pérenniser, devrait fortement augmenter dans les années à venir. En 1999, 36 % des 25 800 artisans et commerçants champardennais étaient âgés de 50 ans ou plus. Insee flash infos n°4
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE
FLASH
CHAMPAGNE-ARDENNE infos
Nº 4 - janvier 2006 www.insee.fr/champagne-ardenne
Artisans et commerçants cherchent repreneurs
Le regain des créations d'entreprise constaté depuis 2003 en Champagne-Ardenne
permet de retrouver le niveau de création observé il y a 10 ans. Toutefois, les
reprises d'entreprise profitent peu de cette embellie, alors qu'un nombre
important d'artisans et de commerçants sont susceptibles de céder leurs
entreprises dans les années qui viennent.
Sandrine Dagnicourt
Benoît Jacquemot
En 2004, la Champagne-Ardenne a retrouvé son niveau de créations d'entreprise de
1994, soit un peu plus de 4 200 entreprises créées, réactivées ou reprises. Entre 1994 et
1997, le nombre de créations s'était réduit, pour se stabiliser jusqu'en 2002 aux environs
de 3 600 unités par an. La hausse observée en 2003 (+7,1 %) dans la région se confirme en
2004 (+ 9,4 %).
Deux législations récentes ont pu favoriser ce bon résultat. D'une part, la mise en place de
la loi pour l'initiative économique promulguée en août 2003 vise à favoriser la création en
la rendant moins coûteuse, plus rapide et plus simple. D'autre part, l'annonce faite début
2004 du durcissement de l'indemnisation du chômage aurait incité les demandeurs d'em-
ploi à s'engager plus rapidement dans une démarche de création d'entreprise.
Nombre de créations d’entreprise
eren Champagne-Ardenne La loi pour l'initiative économique du 1 août
2003 (loi Dutreil 1) prend notamment en
INSEE, Direction Régionale Nombre compte les difficultés à reprendre une entre-
de Champagne-Ardenne 4 500 prise, avec des mesures spécifiques d'aides à
10, rue Edouard Mignot
4 25051079 Reims Cédex la transmission :
Tél : 03.26.48.60.00
4 000 - la réduction d'impôt en cas de reprise d'une
Directeur de la publication :
Michel Gaudey société financée par un prêt ;3 750
Rédacteur en chef :
- l'allègement des droits de mutations en casJeanny Naulot 3 500
Secrétaire de fabrication : de transmission anticipée ;
3 250Pascale Breton
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 - l'exonération des droits de mutation pour lesCommunication externe :
Jeanny Naulot donations aux salariés sous certaines condi-
tions.© INSEE-2006 Source : INSEE, Répertoire des entreprises et
des établissements (SIRENE)La part des reprises en baisse depuis six ans
En Champagne-Ardenne, la part des créations par reprise décroit au profit des créations pu-
res, comme au niveau national. Dans la région, en 10 ans, les reprises ont diminué de 18 %,
alors que les créations pures progressaient de 13 %. En conséquence, la part des créations
par reprise de l'ordre de 22 % de 1994 à 1998 s'est réduite peu à peu pour atteindre 18 % en
2004. Le commerce est particulièrement touché par ce recul du nombre des reprises avec
une baisse de 27 % en 10 ans.
Les aides publiques aux créateurs d'entreprise, plus importantes que par le passé, sédui-
raient davantage les projets de création ex nihilo, dont un tiers est porté par d'anciens chô-
meurs. Les futurs créateurs se lanceraient ainsi plus facilement dans un projet de création
pure plutôt que dans un projet de reprise, qui nécessite de mobiliser des moyens financiers
bien plus importants, souvent à l'aide de prêts
bancaires. Ainsi, un tiers des créateurs d'en-
Evolution des créations d’entreprises selon l’origine treprises ex nihilo interrogés en 2002 décla-
(base 100 en 1994)
rait avoir engagé moins de 4 000 euros dans
leur projet, alors qu'ils ne sont que 20 % par-
120 mi les repreneurs d'entreprise. A contrario,Pures Reprises
110 ces derniers sont 42 % à avoir investi plus de
40 000 euros, contre seulement 12 % chez les100
créateurs d'entreprise nouvelle (Enquête SINE
90
2002).
80 La mesure-phare de la loi pour l'initiative éco-
70 nomique qui consiste à supprimer l'exigence
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 d'un capital minimal de 7500 euros dans la
société à responsabilité limitée (SARL) et dans
l'entreprise unipersonnelle à responsabilité li-Source : INSEE, Répertoire des entreprises et des établisse-
ments (SIRENE) mitée (EURL) pourrait avoir conforté cette ten-
dance.
Création pure ou entreprise nouvelle : une création est dite pure si l'activité exercée ne constitue pas la pour-
suite d'une activité de même type exercée antérieurement au même endroit par une autre entreprise. On
parle aussi de création " ex nihilo ".
Reprise : une reprise d'entreprise peut s'effectuer par achat, prise en location-gérance d'un fonds de com-
merce, donation, héritage. Par ailleurs, les conversions d'entreprises individuelles en sociétés sont aussi clas-
sées conventionnellement en reprise.
Réactivation : une personne physique peut cesser son activité non salariée puis la reprendre ultérieurement.
Elle retrouve alors le numéro d'identification unique qui lui avait été attribué la première fois. Cette reprise
d'activité non salariée sera comptabilisée en réactivation.
Les reprises : un enjeu pour le maintien des systèmes productifs locaux
Alors que la part des créations d'entreprise par
Répartition des artisans-commerçants selon l’âge reprise se réduit depuis plusieurs années, le
en 1990 et 1999 potentiel d'entreprises à reprendre, donc
d'emplois à pérenniser, devrait fortement aug-
menter dans les années à venir. En 1999, 36 %
Ans
des 25 800 artisans et commerçants champar-
70 et +
dennais étaient âgés de 50 ans ou plus. Parmi65à69
60à64 eux, certains ont aujourd'hui déjà pris leur re-
55à59 traite en cédant ou fermant leur entreprise.
50à54
Mais pour la majorité d'entre eux, âgés cette
45à49
année d'au moins 57 ans, la question de la re-
40à44
prise de leur activité se pose avec acuité. Ils35à39
30à34 vont devoir préparer la transmission de leur
25à29 1999 entreprise dans un contexte démographique
1990-de25
moins favorable.
25%0 5 10 15 20
En Champagne-Ardenne, en 1999, neuf acti-
vités de l'artisanat et du commerce se caracté-
risent par une part des 50 ans ou plus
Source : INSEE, Recensements de la population 1990 et 1999
dépassant 40 % : le commerce de détail deviandes et de produits à base de viande, le transport de voyageurs par taxi, le commerce de
détail divers en magasin spécialisé, le commerce de détail d'alimentation générale, le com-
merce de détail d'habillement, les cafés-tabacs, les débits de boissons, les auxiliaires d'as-
surance, et les écoles de conduite.
Plus que la création pure, la reprise d'entreprise semble avoir un rôle à jouer dans le
maintien des systèmes productifs locaux et des emplois générés. En 2004, 48 % des reprises
d'entreprise démarrent avec 1 salarié ou plus contre seulement 14 % des créations ex nihi-
lo. D'autre part, les chances de survie sont meilleures pour les entreprises reprises : 60 %
d'entre elles sont pérennes à leur cinquième anniversaire, contre 50 % pour les créations
pures.
Tous secteurs confondus, la zone d'emploi où les arti-
Part des artisans-commerçants âgés sans ou commerçants sont les plus âgés est celle dede 50 ans ou plus par zone d’emploi
Troyes, avec une part des 50 ans ou plus égale à 38,5 %,
suivie par celles du Sud-Ouest Champenois et de la
Marne-Moyenne. A l'inverse, les artisans-commerçants
BELGIQUE
de la zone d'Épernay (31 %), et dans une moindre me-
sure celles de la Vallée-de-la-Meuse (33 %) et de ReimsLUXEMBOURG
Vallée- (34 %), sont plus jeunes.
de-la-Meuse
Reims
Champ de l'étude : cette étude porte sur les créations d'entreprise
Châlons-en- des années 1994 à 2004 du champ ICS (Industrie, Commerce,
ChampagneEpernay Services). Le champ ICS couvre les activités économiques mar-
chandes des secteurs de l'industrie, de la construction, du com-
merce et des services, à l'exclusion des activités financières.
Marne-
MoyenneSud-Ouest- L'agriculture est également exclue. C'est le champ de la statis-
Champenois
tique courante actuelle de la création d'entreprise. Cette étude ne
comporte aucune donnée sur les créations d'établissement.
Troyes
L'enquête SINE : le dispositif SINE est un système permanent
d'observation des jeunes entreprises. Il a pour objectif de suivre
Haute-Vallée- pendant cinq ans les entreprises nées une même année. L’ossa-de-la-Marne
ture de ce système repose sur trois enquêtes directes par voie pos-
tale : la première intervient dès les premiers mois de la création de
l’entreprise, la seconde est réalisée la troisième année d’existence
de l’entreprise et la troisième est adressée cinq ans après la nais-
Part des 50 ans ou plus (%)
sance. La cohorte la plus récente, constituée d’un échantillon
moins de 35 de 35 à moins de 38 38 et plus d’entreprises créées au cours du premier semestre 2002 a été en-
quêtée en septembre 2002.Source : INSEE, Recensement de la population
de 1999

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