Attractivité économique de la Lorraine : concentrée dans le sillon lorrain et le nord de la Moselle

De
Publié par

La Lorraine se situe dans le groupe des régions moyennement attractives pour les entreprises. Elle ne pâtit plus aujourd'hui de handicap en termes de structure mono-industrielle et se situe en position médiane pour son effet proprement géographique. Si les zones d'emploi lorraines ne bénéficient pas d'autant d'implantations que celles du Sud-Est ou de la région parisienne, elles réalisent de meilleures performances que le centre de la France. L'attractivité ne se traduit pas toujours en termes d'emploi ou même d'augmentation du nombre d'établissements, mais elle participe au renouvellement du système productif. Le sillon lorrain et ses deux métropoles ainsi que le nord de la Moselle bénéficient notamment d'atouts favorisant cette attractivité. La Meuse reste en dessous de son potentiel.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 32
Tags :
Nombre de pages : 8
Voir plus Voir moins

www.insee.fr/lorraine
°
54N Attractivité économique de la Lorraine :
La Lorraine se situe dans le groupe des régions moyennement
attractives pour les entreprises. Elle ne pâtit plus aujourd’hui
de handicap en termes de structure mono-industrielle et se situe
en position médiane pour son effet proprement géographique.
Si les zones d’emploi lorraines ne bénéficient pas d’autant d’implantations
que celles du Sud-Est ou de la région parisienne, elles réalisent
de meilleures performances que le centre de la France. L’attractivité
ne se traduit pas toujours en termes d’emploi ou même d’augmentation
du nombre d’établissements, mais elle participe au renouvellement
du système productif. Le sillon lorrain et ses deux métropoles
ainsi que le nord de la Moselle bénéficient notamment d’atouts favorisant
cette attractivité. La Meuse reste en dessous de son potentiel.
L’économie lorraine traverse au- En Lorraine comme en France, près des deux
jourd’hui une période de doute. Depuis 2001, tiers des nouvelles entreprises se créent dans
les effectifs salariés lorrains baissent plus ra- seulement quatre secteurs d’activité. Le bâti-
pidement que dans les autres régions. Les ment regroupe près de 20% des créations
menaces de transferts d’activité dans des lorraines, contre 15% en France, le com-
pays à bas salaires se font également plus merce de détail 18% (16% en France), le com-
pressantes, et la Lorraine est une des régions mercedegros10% (11% en France)etles
les plus touchées par les fermetures d’établis- activités de conseil et d’assistance ne repré-
sements. Cependant, la région a bénéficié de sentent que 13% des créations contre 19%
nombreuses implantations d’entreprises à ca- en moyenne nationale.
pitaux étrangers, même si toutes n’ont pas
survécu. La Lorraine est aujourd’hui une des Attractivités économique
régions françaises où l’emploi dépend le plus
et démographique sont liées
de ces capitaux étrangers.
Les établissements créés sont pour la plu-
L’attractivité économique d’un territoire est part de petite taille, et même le plus souvent
un élément essentiel de la dynamique écono- sans salarié. La majorité de ces nouvelles
mique. Cette attractivité réside surtout dans créations dépendent largement des sec-
la capacité d’une zone à attirer de nouveaux teurs au service direct de la population.
établissements, mais aussi dans celle de Dans ces conditions, l’attractivité écono-
permettre aux établissements existants de mique d’une zone est très liée à son attracti-
procéder à des extensions d’activités et de vité démographique, l’une et l’autre
créer de l’emploi par localisation des bénéficiant des mêmes éléments favorables,
facteurs de production. et se renforçant mutuellement.
VPour l’ensemble de la France, les rement notre attention dans sés se concentre dans le sillon
taux de création de nouveaux éta- cette publication. Sur la période lorrain, véritable colonne verté-
blissements sont particulièrement 1997-2001, l’attractivité du terri- brale de la région, qui bénéficie
élevés dans les zones qui bénéfi- toire dans ces secteurs suit un de l’attractivité liée aux effets
cient d’un climat favorable et schéma globalement identifiable. d’agglomération. Deux zones
d’une bordure littorale. Le pour- Au littoral méditerranéen et aux d’emploi se distinguent nette-
tour méditerranéen et dans une agglomérations de l’arc atlantique ment. D’une part, la zone de
moindremesurelacôteatlan- (Rennes, Nantes, La Rochelle, Bor- Metz, la plus dynamique de la ré-
tique sont dans ce cas. Et si la deaux...), il faut ajouter l’Ile-de- gion, est la seule à afficher un
Lorraine a retrouvé un meilleur France,qui bénéficiedeson sta- taux de création supérieur à la
dynamismedémographiqueque tutdecapitaleetdegrandemé- moyenne nationale. D’autre part,
par le passé, elle ne peut pré- tropole européenne. La région la zone de Sarreguemines a béné-
tendre rivaliser dans ce domaine Rhône-Alpes exerce elle aussi une ficiédelacréationd’unensemble
avec ces régions. forte attractivité. Par ailleurs, les d’établissements de l’industrie au-
autres grandes agglomérations, tomobile autour de l’usine Smart.
comme celles de Toulouse, Lille, Cet effet s’est toutefois ralenti de-Le sillon lorrain attractif
mais aussi Orléans, Nancy et puis 2001.
L’attractivité dans les secteurs
Metz, sont nettement attractives. Les zones de la Meuse et desexposés à la concurrence interna-
Au contraire, le centre de la Vosges de l’Ouest sont beaucouptionale (voir encadré)porte surdes
France constitue une large zone moins attractives. Les zonesétablissements a priori moins di-
dans laquelle les entreprises choi- d’Épinal et de Saint-Dié se mon-rectement sensibles aux seules
sissent moins fréquemment de trent par comparaison plus dyna-évolutions concomitantes de po-
s’implanter. miques. La zone de Toul quant àpulation. Ce sont ces secteurs qui
elle, est peu attractive en ce quientrent en concurrence territo- En Lorraine, la création d’établis-
concerne les établissements desriale qui retiennent tout particuliè- sementsdansles secteursexpo-
secteurs exposés. Ce manque
d’attractivité ne porte pas sur la
Metz mais aussi Sarreguemines particulièrement attractives capacité de la zone à attirer de
nouveaux établissements, mais
Indice synthétique d'attractivité (secteurs exposés) (1997-2001) plus sur la croissance globale de
l’emploi.
Lesévolutionsrécentesdel’at-
tractivité des zones d’emploi lor-
raines, toujours mesurée par le
taux de création des établisse-
mentsdes secteursexposés,
viennent quelquefois modifier les
résultats précédents, obtenus
sur la période 1997-2001.
Ainsi, la zone de Nancy retrouve
une attractivité plus forte, de
Les secteurs exposés
Indicateur synthétique Les secteurs exposés à la concur-
d'attractivité rence internationale sont définis à
secteurs exposés
partir des taux d’exportation et d’im-
2 - 7,6
portation issus de la comptabilité na-
1-2 tionale. Il s’agit principalement de
secteurs de l’industrie (à l’exclusion
0-1
de l’artisanat commercial), du com-
-1-0 merce de gros, du transport (organi-
sation du transport de fret) et des
-2,7 - -1
services aux entreprises. Le secteur
de l’énergie n’étant pas compris
dans ce champ, les HBL (Houillères
du Bassin de Lorraine) n’apparais-
sent pas dans les évolutions d’em-
Indicateur synthétique :
ploi. L’utilisation de ce champL'indicateur d'attractivité est réalisé à partir de quatre éléments constitutifs de l'attractivité :
le taux de création d'entreprises, le taux de création pure d'établissements secondaires (non sièges), permet de ne pas prendre en
l'évolution de l'emploi due aux créations et l'évolution de l'emploi dans les établissements pérennes.
compte les créations des petites en-
Il permet de résumer ces quatre éléments.
treprises du commerce et des servi-
Source : Insee ces aux particuliers.
2
© IGN - Insee 2006même que celle de Longwy. La sont assez élevés, on enregistreAttirer
zone de Briey reste la plus attrac- en fait une légère diminution dumais aussi retenir
tive. Les zones mosellanes du nombre d’établissements. Il
Bassin Houiller, de Metz, de Au-delà des créations de nou- semble que l’on assiste à un fort
Thionville, et surtout de Sarregue- veaux établissements, il est im- mouvement de renouvellement de
mines et de Sarrebourg attirent portant de voir si celles-ci ont l’appareil productif. Les augmen-
moinsdenouvellesentreprises contribué à augmenter la ri- tations les plus importantes du
dans la périoderécente.Al’ex- chesse de l’appareil productif de nombre d’établissements ne sont
ception de celle d’Épinal et dans la zone, par l’accroissement du pas localisées dans les zones de
une moindre mesure de nombre des établissements et Metz et de Nancy, où les créa-
Bar-le-Duc, les autres zones pei- par la création d’emplois. tions participent surtout au re-
nent toujours à développer leur nouvellement de l’appareilAinsi, dans le Bassin Houiller, où
attractivité. productif, en particulier à Metz.les taux de création d’entreprises
Les zones de Toul et de
Bar-le-Duc profitent pleinementDe meilleurs taux de création depuis 2000
en revanche de taux de création
Taux de création (secteurs exposés) moyens pour développer leur ap-
Zone d’emploi
1995-1999 2000-2005 pareil productif. Les zones de Lu-
néville et Longwy, qui avaient subiLongwy 4,6 5,9
une forte diminution du nombreBriey 7,2 7,4
d’établissements, ont réussi à re-Lunéville 4,7 6,3
dresser la barre. La plus faible at-
Nancy 5,8 6,4
tractivité des zones de
Toul 5,2 6,1
Sarreguemines et de Sarrebourg
Meuse du Nord 5,0 4,1
se traduit par une stagnation du
Bar-le-Duc 5,0 5,9
nombre d’établissements des
Commercy 4,6 4,0
secteurs exposés sur la période
Thionville 6,5 6,2
2000-2005.
Metz 6,8 6,2
Toujours au titre des seuls sec-
Bassin Houiller 6,8 6,1
teurs exposés, les zones lorrai-
Sarreguemines 6,5 5,7
nes les plus dynamiques se
Sarrebourg 6,2 4,7
classent en bonne position parmi
Vosges de l’Ouest 4,5 5,3
l’ensemble des zones d’emploi
Épinal 5,1 6,3 françaises, et les moins attracti-
Remiremont-Gérardmer 4,9 4,5 ves ne sont pas particulièrement
Saint-Dié 5,6 5,2 mal classées, dressant un ta-
Source : Insee - Sirene bleau régional comparativement
De nouvelles zones se distinguent
Évolution du nombre d'établissements (secteurs exposés)
20 %
1995-2000
15 2000-2005
10
5
0
-5
-10
-15
-20
Meuse Bassin Saint-Dié Sarrebourg Vosges Nancy Longwy Briey Toul
du Houiller de
Remiremont-Nord l'Ouest
Commercy Gérardmer Sarreguemines Metz Thionville Épinal Lunéville Bar-le-Duc
Source : Insee - Sirene
3honorable au-delà de sa grande
Une région parmi d'autres diversité. Les zones d’emploi lor-
raines se classent ainsi à des po-Taux de création (secteurs exposés) - effets structurel et géographique
sitionstrèsdiversesencequi
3,0 Effet géographique
PROVENCE-ALPES- concernent l’attractivité. Cette
COTE D'AZUR
LANGUEDOC- disparité entre zones d’emploi
ROUSSILLON
2,0 d’une même région n’a rien
d’exceptionnel.
ILE-DE-FRANCE En revanche, les résultats sur la1,0
création d’emploi restent très fai-
bles. Entre 2000 et 2005, seu-NORD-PAS-DE-CALAIS
0,0
RHÔNE-ALPES les deux zones en Lorraine ont
AQUITAINE
PAYS DE LA LOIRE
ALSACE créé de l’emploi dans les sec-
BRETAGNE
MIDI-PYRENÉES
teurs exposés : Briey et Thion--1,0 LORRAINE HAUTE-NORMANDIE
ville. Dans toutes les autresCORSEFRANCHE-
POITOU-
COMTÉ zones, on enregistre des pertes
CHARENTES CENTRE
-2,0
d’emplois. Celles-ci sont particuliè-PICARDIEAUVERGNE
BASSE-NORMANDIE rement marquées pour les Vos-
CHAMPAGNE- BOURGOGNE
gesdel’Ouest,Longwy,-3,0 ARDENNE
Commercy et Sarrebourg.
LIMOUSIN Effet structurel
-4,0
Une attractivité lorraine
-2,0 -1,0 0,0 1,0 2,0 3,0
dans la moyenneEffets structurel et géographique
Cette décomposition permet de déterminer quelle part de l'écart du taux de création entre la zone et la moyenne française
provient des différences entre le poids des secteurs d'activité dans la zone et la répartition nationale, et quelle part provient L’attractivité, en termes de taux
d'autres caractéristiques propres à la zone. Ainsi, en Lorraine, l'écart au taux de création moyen se décompose
de création d’entreprises, dépenden -0,2 point (effet structurel), dû aux particularités en termes de secteurs d'activités de la région,
et -1,1 point (effet géographique) résultant d'autres caractéristiques. en partie des secteurs d’activité
implantés dans la zone, certainsSource : Insee
se renouvelant plus vite que d’au-
tres ou étant plus porteurs.
Caractérisation des zones
En ce qui concerne le taux de
création dans les secteurs expo-
sés, la Lorraine ne subit quasi-
ment pas de handicap en termes
de structure d’activité. Indépen-
damment de leur structure secto-
rielle, trois régions se distinguent
en raison de leur attractivité su-
périeure : le Languedoc-Roussil-
lon, Provence-Alpes-Côte d’Azur
et l’Ile-de-France. La Lorraine,
avec un effet propre négatif de
1,1 point, se situe dans une posi-
ème
tion médiane (11 sur 22), à
proximitéimmédiatedelaBre-
tagneoudeMidi-Pyrénées,età
peudedistancedeRhône-Alpes,
de l’Aquitaine, des Pays de la
Loire et de l’Alsace, régions par
ailleurs très dynamiques.
A un niveau géographique plus
fin, les zones d’emploi de Nancy
et de Metz profitent d’un bonus
Type de zone associé aux secteurs d’activité
emplois de niveau supérieur,
forte agglomération présents, mais ne manifestentdiplômes élevés, activités diversifiées
pas d’attractivité propre supplé-densité faible et niveau de diplôme faible, activités saisonnières
activités spécialisées
mentaire. La Meuse du Nord et
densité économique élevée très grande agglomération
Commercy souffrent d’un net défi-
densité faible et niveau de diplôme faible, cit d’attractivité. Les zones de Re-peu spécialisée
miremont et des Vosges de
Source : Insee l’Ouest cumulent des handicaps
4
© IGN - Insee 2006sectoriels et un manque d’attrac- de ces caractéristiques, on Un troisième élément permet de
tivité propre. Enfin, l’attractivité procède par analyse multidimen- faire la distinction entre des zones
de la zone de Briey dépasse lar- sionnelle. à caractère industriel et des zo-
gement ce que l’on aurait pu at- nes à caractère plus commercial.Le facteur le plus discriminant (pre-
tendre,comptetenudeses
mier axedel’analyse) porte notam-
secteurs d’activité, avec un fac- Enfin, le dernier axe met en évi-ment sur les niveaux de
teur local très fort. dence des zones où les servicesqualification et de diplôme. Il peut
aux ménages dominent. Il s’agitêtre interprété comme un effetMais l’attractivité ne se limite
de zones intermédiaires de villesd’agglomération urbaine. Les zonespas au taux de création d’entre-
moyennes.dans lesquelles une part impor-prises. En termes d’emploi, la
tante de la population possède auLorraine a des résultats un peu
Ces facteurs liés à l’attractivitémoins le niveau bac, où l’on trouvemoins bons. D’une part, elle
permettent de classer les zonesle plus de cadres, de technicienssouffre d’un léger handicap en
d’emploi françaises. En Lorraine,et d’agents de maîtrise, s’opposenttermes de secteurs d’activité
quatre groupes de zones peuventaux zones à forte proportion ou-(-0,7 point), d’autre part, si elle
ème être distingués à l’aide de cettevrière, où les non diplômés sontreste à un rang médian (13
classification.nombreux. Les premières sontsur 22), le décrochage est net
également celles où la densité de Le cœur lorrain comprend les zo-avec les régions mieux classées.
population et la part des services nes de Metz, Nancy et Toul. Il seCependant, si on la compare aux
aux entreprises est la plus forte. Il caractérise par des emplois quali-régions géographiquement pro-
s’agit en majorité des plus grandes fiés de niveau supérieur, des di-ches, la Lorraine est aussi at-
zones d’agglomération urbaines. plômes élevés et des activitéstractive que l’Alsace et bien plus
diversifiées.que la Champagne-Ardenne ou la Ce premier élément est complété
Bourgogne. par un deuxième, qui au-delà de Les zones frontalières, ainsi que
l’effet d’agglomération, permet d’i- l’est des Vosges, possèdent une
dentifier les zones à haute densité densité économique (nombre d’é-Densité économique
de recherche et développement tablissements au km²) élevée, des
et qualifications
(part élevée de chercheurs), par niveaux de diplômes moyens,
favorisent l’attractivité rapport aux zones à caractère tout en gardant une spécificité
plus résidentiel. industrielle supérieure à laLeszones lesplusattractives,au
sens de la création d’établisse-
ments, ont des caractéristiques Effets locaux positifs en Moselle
communes. Sur l’ensemble de la
France,cesontcellesoùl’on
Décomposition du taux de création (secteurs exposés)
compte le plus de diplômes élevés
Écart au tauxet d’emplois qualifiés (emplois supé-
de création moyen
rieurs et emplois intermédiaires), où les
2 - 3,2
services aux entreprises sont déve-
0-2loppés, avec une forte densité éco-
nomique, un pôle urbain, la -2-0
proximité d’un aéroport important et
-3,5 - -2
une bonne couverture haut débit.
Au contraire, les zones où l’em-
ploi industriel domine, où les non
diplômés sont nombreux, et qui
Facteurs explicatifs
sont fortement spécialisées dans du taux de création
3,9un nombre restreint d’activités,
sont les moins attractives.
Ces déterminants sont les mêmes
effet de la zonepour la création d’emploi, mais leur
impact y est moins marqué. effets d'agglomération
autres effetsTous ces déterminants étant très
liés, il n’est pas possible d’identifier
l’effet individuel de chacun d’entre
eux. On peut cependant recher- Note : L'écart au taux de création moyen est décomposé en différents éléments.
Les effets d'agglomération (densité économique, niveau de diplôme, intensité de la recherche notamment)cher quels ensembles de caracté-
permettent d'expliquer une partie de l'écart. Les effets sectoriels (part de l'industrie, de certains services)
ristiques liées à l’attractivité en expliquent une autre part. La part qui n'est pas expliquée par ces éléments constitue l'effet propre à la zone,
qu'il convient d'interpréter en fonction des spécificités locales.différencient le plus les zones
d’emploi françaises. Pour analyser
Source : Insee
les proximités et les dissemblances
5
© IGN - Insee 2006moyenne. C’est particulièrement ses caractéristiques, il sembleLes effets
vrai pour la zone de Thionville, que Nancy, qui dispose d’atouts,d’agglomération
qui dispose par ailleurs de bon- pourrait prétendre à une attracti-
expliquent l’attractivité
nes capacités dans le secteur vité supérieure.
Au-delà du simple effet des sec-de la recherche. La zone de Toul présente un taux
teurs d’activité, il faut considérer
de création d’entreprises plus éle-
l’ensemble des caractéristiquesLes autres zones lorraines se vé que celui attendu. Cela pour-
des zones d’emploi, que ce soitcaractérisent par une plus faible rait s’expliquer par les effets
les qualifications, les diplômes oudensité économique, une sur-re- positifs de la proximité de Nancy,
les effets d’agglomération. Ilprésentation des non diplômés, et un effet de desserrement de la
convient alors d’expliquer le tauxun portefeuille d’activités moins zone de Nancy vers l’ouest. De
de création des établissementsétendu.LazonedeCommercy même,lazonedeBriey bénéficie
des secteurs exposés, en esti-cumule plusieurs handicaps. La vraisemblablement de la proximité
mant ce taux pour l’ensemble desdensité économique y est très messine.
zones d’emploi françaises. Unefaible, comparée à l’ensemble
Le Bassin Houiller, touché par lamodélisation est ainsi réaliséedes zones d’emploi françaises,
fin de l’exploitation du charbon enpour mesurer les écarts aux ré-de même que la proportion de
Lorraine, connaît également plussultats attendus compte tenu desdiplômés. Les revenus y sont
de créations que prévu. Il a bénéfi-facteurs explicatifs. En Lorraine,peu élevés. La zone de Lunéville
cié d’un plan de revitalisation quil’élément explicatif principal résidesouffre d’une densité écono-
peut en partie expliquer ces résul-dans l’impact positif des effetsmique et d’une densité routière
tats. Par ailleurs, comme pour lad’agglomération. Les autres élé-assez faibles, associées à un
zone de Sarreguemines, la proximi-ments n’ont que des effets plusmanque de population diplômée.
té de l’Allemagne est sans douteréduits.
un élément facilitant de nouvellesLa Meuse du Nord se différencie Sans surprise, les zones d’emploi
implantations. Sarreguemines aun peu de ce groupe, la spéciali- de Nancy et de Metz apparaissent
ainsi profité, dans la périodesation y est en effet moins forte. comme attractives. Néanmoins, si
étudiée, de l’implantation de nom-Elle se classe dans les 10% de l’attractivité de Metz correspond
breuses usines liées à l’industriezonesfrançaisesles moinsden- parfaitement à ce que l’on peut at-
automobile autour de la Smart. Cetses économiquement. tendre de la zone, compte tenu de
effet positif est cependant tribu-
taire des bonnes conditions écono-
miques en Allemagne. Enfin, dans
Les zones de Briey et Sarreguemines plus attractives que prévu
la zone d’Épinal, le nombre de
créations d’entreprises semble
Décomposition des éléments explicatifs de l'attractivité (indicateur synthétique)
plus important que ce que l’on pou-
vait attendre.
Longwy
Thionville Les effets d’agglomération
Attractivité
indicateur synthétique
L’implantation des nouveaux établis-Meuse du Nord
0,7 - 0,8Briey sements obéit en partie à des méca-
nismes cumulatifs générés par les0,4 - 0,7
effets bénéfiques liés à l’aggloméra-Bassin- Sarreguemines 0 - 0,4 tion. En s’implantant dans des zonesHouiller
Metz à forte densité, les établissements
-1,5 - 0
trouvent un marché local, une
SarrebourgCommercy main-d’œuvre souvent plus qualifiée,
des facilités de transports et unToul
meilleur accès aux biens, aux servi-Décomposition
Bar-le-Duc Lunéville
de l'indicateur synthétique ces et à l’information. Ils contribuentNancy
par leur implantation à renforcer l’at-
1,2
tractivité de la zone tant pour de
nouveaux établissements que pour
la main-d’œuvre, entraînant un effet
Vosges de l'Ouest Épinal
effet zone «boule de neige». Cependant, ces ef-
Saint-Dié fets peuvent être contrariés par des
densité économique
forces inverses tendant au contraire
à augmenter la dispersion : prix dechômage
l’immobilier, coût de la main-Remiremont- part des diplômes niveau bac
d’œuvre, saturation des réseaux,Gérardmer
part du secteur immobilier concurrence sur le marché local,
par exemple.
Ces divers mécanismes n’intervien-
nent par ailleurs pas toujours à la
même échelle.
Source : Insee
6
© IGN - Insee 2006Taux de création 2001-2005
Prendre en compte la dimension spatiale
Les implantations d’établissements ne dé- Moran). Ce test confirme l’existence de l’Ile-de-France, par exemple, ainsi que le
pendent pas strictement des caractéristi- telles ressemblances (autocorrélation manque d’attractivité du centre de la
ques de chacune des zones d’emploi. spatiale) entre les zones d’emploi françai- France. Elle permet aussi de détecter des
L’influence d’une zone ne se cantonne pas ses pour l’attractivité. Le graphique met zones qui se démarquent de ce schéma,
non plus aux limites de celle-ci, et certains ainsi en relation l’attractivité de chaque telles Dijon ou Clermont-Ferrand. A l’é-
facteurs peuvent avoir un impact sur des zone d’emploi avec des zones chelle du Grand Est, ces méthodes don-
échelles géographiques plus larges que la voisines. Une étape supplémentaire per- nent des résultats moins probants.
zone d’emploi. Une zone proche d’autres met de détecter si une zone particulière
zones attractives a ainsi plus de chances ressemble ou non aux zones voisines (Indi- Par ailleurs, ces effets de proximité
d’attirer elle-même de nouveaux établisse- cateur local d’autocorrélation spatiale - peuvent être pris en compte lorsque l’on
ments. Il est possible de tester cette res- LISA). Cette recherche met en évidence cherche à estimer l’impact de différents
semblance des zones proches (test de les zones attractives du Sud-Est et facteurs sur l’attractivité.
Autocorrélation spatiale des zones d'emploi
4
3
2
Briey
1
Nancy
Thionville
Toul
Bassin Houiller
Longwy
Metz
Épinal
Lunéville
0
Sarreguemines
Saint-DiéBar-le-Duc
Sarrebourg
Vosges de l'Ouest
-1 Remiremont-Gérardmer
Meuse du Nord
Commercy
-2
Moyenne du taux de création des zones voisines
-3
-2,0 -1,5 -1,0 -0,5 0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
Note de lecture : Les zones d'emploi situées dans le quadrant en haut à droite sont des zones attractives entourées par d'autres zones attractives.
Le quadrant en bas à gauche contient les zones peu attractives dans un voisinage peu attractif. Le quadrant en haut à gauche contient des zones attractives situées
dans un environnement au contraire peu attractif. Par ailleurs, toutes les zones situées au-dessus de la droite ont une attractivité supérieure à celle des zones voisines.
Source : Insee - Sirene
7Au contraire, les zones de Long- envisageables. Il est possibleSavoir plus :
wy, de la Meuse du Nord et de que les zones les plus attracti-
Remiremont-Gérardmer sont vesattirent deschômeursqui
moins dynamiques. Longwy a subi ne trouvent pas immédiatement
- Les créations d’établissements desfermeturesd’établissements un emploi. Cependant, l’effet
contribuent à l’attractivité écono- industriels qui ont sans doute d’un taux de chômage élevé ne
mique des Pays de la Loire - Chris-
pesé sur la création d’entrepri- se réduit pas à un effet d’attrac-
telle BELKACEM - Insee Pays de la
ses. Dans la zone de Remire- tivité sur la population. On peutLoire Études N°43 - février 2006
mont, les secteurs d’activité en effet penser qu’un taux de
- Site Internet : www.insee.fr présents, notamment le textile chômage élevé favorise la créa-
qui représente encore plus de tion d’entreprises.
10% de l’emploi, ont vraisembla- La part des diplômes de niveaux
blement un impact négatif. A ces bac et bac+2 vient compléter l’ef-
handicaps déjà anciens viennent fet d’agglomération, plus lié aux
s’ajouter les difficultés récentes diplômes les plus élevés. Il assure
(SEB). Cependant, pour ces trois qu’une main-d’œuvre de niveau in-
zones, l’écart peut aussi être in- termédiaire est disponible.
terprété comme révélant un po-
Enfin,lapartdusecteur immobi-Ministère de l’Économie, tentiel de développement.
lier peut être un indicateur de lades Finances et de l’Industrie
L’indicateur synthétique d’attrac-Insee capacité de la zone à proposer
tivité permet de prendre enInstitut National de la Statistique des logements.
et des Études Économiques compte à la fois l’évolution de
Les résultats sont proches deDirection Régionale de Lorraine l’emploi et les créations d’entre-
15, rue du Général Hulot ceux que l’on obtient en considé-prises. Il est cependant plus diffi-
CS 54229 rant uniquement le taux de créa-cile de prévoir les évolutions54042 NANCY CEDEX
tion d’entreprises. En Moselle,Tél :03 83 91 85 85 d’emploi en fonction des carac-
Fax :03 83 40 45 61 les zones frontalières sont plustéristiques de la zone. En effet, il
www.insee.fr/lorraine attractives que ce à quoi l’onsuffit de peu de grands établis-
pourrait s’attendre. La zone de
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION sements pour influer fortement
Briey apparaît toujours très at-Jean-Paul FRANÇOIS sur les résultats.
Directeur régional de l’Insee tractive, compte tenu de ses ca-
Cet indicateur est en partie ex- ractéristiques. Les zones
COORDINATION RÉDACTIONNELLE plicable par un ensemble de fac- meusiennes cumulent des élé-Christian CALZADA
teurs. La densité économique mentsnégatifsentermesde
est le premier d’entre eux. Il per-RESPONSABLE ÉDITORIAL ET densité économique et de qualifi-
RELATIONS MÉDIAS met de mesurer les effets d’ag- cation, et des difficultés d’ordre
Jacqueline FINEL glomération. A cet indicateur plus géographique. La zone de
correspondent également des ni-
RÉDACTRICE EN CHEF Toul, pourtant attractive pour
veaux de diplôme élevés, un per-Agnès VERDIN les créations, ne parvient pas à
sonnel qualifié, un taux de créer de l’emploi. De même, laSECRÉTARIAT DE FABRICATION
recherche plus important.MISE EN PAGE - COMPOSITION zone d’Épinal, qui semblait béné-
Marie-Thérèse CAMPISTROUS Le taux de chômage constitue le ficier d’un bonus en termes de
Marie-Odile LAFONTAINE
deuxième facteur explicatif. L’at- créations, reste en retrait pour
ISSN : 0293-9657 tractivité est d’autant plus forte l’évolution de l’emploi.
© INSEE 2006 que le taux de chômage est éle-
vé. Plusieurs explications sont Laurent AUZET
Une modélisation de l’attractivité
Pour l’ensemble des zones d’emploi françaises, nous avons modélisé l’impact des facteurs explicatifs de l’attractivité.
Le taux de création (hors reprise) dans les secteurs exposés a été modélisé en utilisant plusieurs variables. Un indicateur résumé des ef-
fets d’agglomération a été construit en utilisant les résultats d’une analyse multidimensionnelle (coordonnée sur l’axe 1). Par rapport à la
densité économique, cet indicateur prend en compte l’information d’autres variables (niveau d’études, qualification, ...) et possède un pou-
voir explicatif supérieur. Par ailleurs des indicateurs sectoriels ont été introduits : part du secteur immobilier, part des industries de biens
de consommation.
Taux de création exp. = 11,0 + 0,7 indicateur d’agglomération + 44,7 part secteur immobilier - 5,8 part industrie biens de consommation
(0,23) (0,04) (8,82) (2,2)
R² corrigé = 0,66.
8

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.