Bilan 2008 - L'année 2008 en Basse-Normandie

De
Publié par

Un horizon assombri L’économie française connaît un fort ralen- élevée qu’au niveau national (+ 11,7 %). En outre elle tissement de son activité en 2008 : le PIB ne touche toutes les personnes, quel que soit l’âge ou le sexe, progresse que de 0,4 %, après 2,3 % en 2007. et plus intensément les jeunes. La part de ces derniers par- Ce recul de l’activité, qui démarre au prin- mi les demandeurs d’emploi bas-normands passe ainsi de temps, s’accentue à l’automne. La consommation des mé- 23,5 % à 25,5 % en un an. nages ne progresse que de 1 % avec un pouvoir d’achat qui stagne (+ 0,6 %). L’investissement, autre moteur du dy- La création d’entreprises ralentit en 2008 : le namisme national, marque le pas (+ 0,6 %) après sa vive nombre créées diminue de progression de 2007. Autre frein à la croissance : les entre- 1,1 % par rapport à l’année précédente. La prises déstockent en fin d’année. Enfin les échanges exté- baisse dans le commerce est de - 4,2 %, tou- rieurs ralentissent fortement : les exportations de biens chant notamment l’activité du commerce et stagnent, et les importations progressent légèrement. Ain- réparation automobile. Le bilan des créations est égale- si le solde extérieur se creuse, atteignant en valeur 2,5 ment négatif pour la construction (- 2,6 %), ainsi que pour points du PIB. les services aux entreprises (- 3,4 %) et aux particuliers (- 3,6 %).
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 7
Nombre de pages : 2
Voir plus Voir moins

Un horizon assombri
L’économie française connaît un fort ralen- élevée qu’au niveau national (+ 11,7 %). En outre elle
tissement de son activité en 2008 : le PIB ne touche toutes les personnes, quel que soit l’âge ou le sexe,
progresse que de 0,4 %, après 2,3 % en 2007. et plus intensément les jeunes. La part de ces derniers par-
Ce recul de l’activité, qui démarre au prin- mi les demandeurs d’emploi bas-normands passe ainsi de
temps, s’accentue à l’automne. La consommation des mé- 23,5 % à 25,5 % en un an.
nages ne progresse que de 1 % avec un pouvoir d’achat
qui stagne (+ 0,6 %). L’investissement, autre moteur du dy- La création d’entreprises ralentit en 2008 : le
namisme national, marque le pas (+ 0,6 %) après sa vive nombre créées diminue de
progression de 2007. Autre frein à la croissance : les entre- 1,1 % par rapport à l’année précédente. La
prises déstockent en fin d’année. Enfin les échanges exté- baisse dans le commerce est de - 4,2 %, tou-
rieurs ralentissent fortement : les exportations de biens chant notamment l’activité du commerce et
stagnent, et les importations progressent légèrement. Ain- réparation automobile. Le bilan des créations est égale-
si le solde extérieur se creuse, atteignant en valeur 2,5 ment négatif pour la construction (- 2,6 %), ainsi que pour
points du PIB. les services aux entreprises (- 3,4 %) et aux particuliers
(- 3,6 %). Seuls quelques secteurs, bien que peu créateurs
d’entreprises, affichent de meilleurs résultats, telles les in-
dustries agro-alimentaires, dont le nombre de créationsDétérioration du marché du travail
décolle en 2008.
L'emploi bas-normand pâtit de ce contexte
national dégradé. Après trois années d’une
hausse qui allait pourtant s’accélérant, l’em- Le bâtiment et l’industrie tentent de résister
ploi salarié recule de 0,8 % en 2008, soit 4 100 emplois en
moins. Les effectifs du secteur marchand non agricole La construction essaye de résister à la
baissent de 1,3 %, contre - 0,9 % en France. Dans le sec- baisse d’activité générale de l’économie
(1)teur non marchand , la croissance reste faible (+ 0,3 %). bas-normande. Avec 8 400 logements mis
en chantier, soit 13 % de moins qu’en 2007,
l’activité garde cependant un niveau com-Malgré la mauvaise conjoncture de l'em-
parable à celui de 2005. Le recul, s’il est plus marqué au ni-ploi, le nombre de bénéficiaires des mesu-
veau national (- 16 %), est néanmoins particulièrement netres spécifiques de la politique de l'emploi a
pour la mise en chantier de logements collectifs (- 20 %).fortement baissé en 2008 (- 9,5 %, soit près
Quant aux emplois dans la construction, ils résistent euxde 6 000 personnes de moins qu’en 2007). La suppression
aussi : le nombre d’emplois permanents est, fin 2008, légè-du Contrat Jeunes en Entreprises est en grande partie à
rement supérieur (+ 0,7 %) à celui de l’année précédente.l’origine de la baisse des aides dans le secteur marchand
Mais si on prend en compte l’emploi intérimaire, l’emploi(- 6,5 %). Dans le secteur non marchand, les aides allouées
global a baissé, de - 0,7 % en 2008.subissent une chute sévère, de plus de 28 %, liée en partie
au recul des Contrats d’Accompagnement dans l’Emploi
(- 37 %). Enfin les dispenses de recherche d'emploi pour les L’industrie bas-normande n’affiche qu’une
plus âgés sont elles aussi en baisse. relative stabilité de son activité en 2008. Le
chiffre d’affaires des entreprises industriel-
les marque une pause, puisqu’il n’augmenteLa politique de l’emploi n’a donc pu contre-
que de 0,6 % après cinq années de haussescarrer une forte hausse du chômage.Plusde
(2) plus importantes. Cette stagnation de l’activité joue d’une50 500 demandeurs d’emploi sont inscrits à
part défavorablement sur l’investissement, qui chute del’ANPE à la fin de l’année 2008, soit 7 850 de
- 8,7 %, et d’autre part affecte sévèrement l’emploi indus-plus que fin 2007. Cette reprise du chômage
triel. A la baisse de l’emploi stable (- 1,8 %), certes un peu(+ 18,4 %) est importante : elle annule la moitié de la baisse
moins importante qu’en France (- 2 %), s’ajoute un effon-des quatre années précédentes, et est nettement plus
drement de l’emploi intérimaire (- 34 %). Ainsi, la baisse
des effectifs dans l’industrie atteint - 4,5 %, soit plus de
4 700 postes de travail perdus en un an. Le bilan est cepen-(1) Éducation, santé, administration
dant variable selon les secteurs d’activité.(2) Chômeurs à la recherche d’un emploi à temps plein à durée
indéterminée (chômeurs de catégorie 1)
Insee Basse-Normandie - Bilan 2008 3L’automobile est dans la tourmente. C’est le La conjoncture n’est pas favorable non plus
secteur qui réduit le plus son chiffre d’affai- àl’artisanat. L’année 2008 est perçue en
res en 2008 (- 7,5 %). Ce retournement d’acti- demi-teinte par les artisans, surtout en fin
vité se répercute très fortement sur l’emploi. d’année où l’activité se maintient difficile-
Le nombre d’intérimaires baisse de moitié entre les qua- ment. Dans ce contexte les embauches et les investisse-
trième trimestres 2007 et 2008, et l’emploi permanent chute ments fléchissent dans tous les secteurs.
de 4 %. Au total un millier d’emplois sont supprimés.
L’agriculture affiche l’un des rares bilans po-
sitifs de 2008. D’une part, l’année agricole est
Malgré une progression du chiffre d’affaires caractérisée par une abondante production
(+ 4,7 %) dans les industries agro-alimentai- céréalière. Les récoltes atteignent des re-
res, l’emploi ne suit pas. La baisse de l’em- cords, à la fois grâce à un bon rendement et à
ploi permanent frôle les 2 %, et l’emploi l’augmentation des surfaces cultivées. La ré-
intérimaire essuie une chute de - 20 %. Ce sont 800 postes duction de la jachère profite au maïs et au blé tendre. Ces
de travail qui disparaissent ainsi, concentrés dans les in- bons résultats ont cependant un revers : le prix des céréa-
dustries de la viande et du poisson. les chute. D’autre part les livraisons laitières à l’industrie
atteignent un niveau exceptionnel, avec un prix du lait qui
se maintient. Côté élevage, le cheptel bovin est stable.Le bilan de l’emploi en 2008 est mitigé pour
le tertiaire. Dans le commerce, la création
d’emplois salariés permanents est faible L’année 2008 n’a pas profité à la fréquentation touristique.
(+ 0,2 %), et est annulée par la baisse de Les hôtels sont boudés (- 2,5 %) aussi bien
l’intérim. Hors intérim, les services aux entreprises conti- par les touristes français (- 1,2 %) qu’étran-
nuent de créer des emplois salariés en 2008 (+ 2 %). Les gers (- 6 %). Le repli de la fréquentation des
services à la personne tirent aussi leur épingle du jeu campings (- 1,3 %), bien que moins marqué
(+ 0,4 %), du fait de près de 700 postes supplémentaires qu’en 2007, contraste avec la hausse des fréquentations
dans les services personnels et domestiques. En revanche dans l’hexagone. Ce sont les campeurs étrangers qui ont
dans les liés au tourisme et aux loisirs, ou encore fait défaut.
l’hôtellerie et la restauration, l’emploi salarié réduit la voi-
lure (- 2 %). Quant aux transports, ils créent quelques em- Alain MÉNARD
plois nouveaux (+ 1 %). Insee Basse-Normandie
4 Insee Basse-Normandie - Bilan 2008

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.