Contexte économique national : récession d'ampleur historique

De
Publié par

En 2009, le produit intérieur brut recule de 2,6 %, après + 0,2 % en 2008. C'est la récession la plus importante depuis l'après-guerre. Dans la continuité de la fin d'année 2008, l'activité se contracte fortement au premier trimestre. À compter du printemps, l'économie croît à nouveau, mais les niveaux d'activité restent faibles. Sur l'ensemble de l'année, la demande des entreprises s'effondre, en raison de la chute des investissements et d'un déstockage massif. Les flux d'échanges extérieurs diminuent fortement, dans un contexte de dépression de la demande mondiale. En revanche, la consommation des ménages résiste. La baisse des prix entraîne une légère progression du pouvoir d'achat individuel.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
Lecture(s) : 11
Nombre de pages : 2
Voir plus Voir moins

BILAN ÉCONOMIQUE ET SOCIAL 2009 - Provence-Alpes-Côte d'Azur

Contexte économique national :
récession d'ampleur historique

En 2009, le produit intérieur brut recule de 2,6 %, après + 0,2 % en 2008. C'est la récession la plus importante depuis l'après-
guerre. Dans la continuité de la fin d'année 2008, l'activité se contracte fortement au premier trimestre. À compter du
printemps, l'économie croît à nouveau, mais les niveaux d'activité restent faibles. Sur l'ensemble de l'année, la demande des
entreprises s'effondre, en raison de la chute des investissements et d'un déstockage massif. Les flux d'échanges extérieurs
diminuent fortement, dans un contexte de dépression de la demande mondiale. En revanche, la consommation des ménages
résiste. La baisse des prix entraîne une légère progression du pouvoir d'achat individuel.

En 2009, le produit intérieur brut (PIB) se replie, en moyenne annuelle, de 2,6 %, après + 0,2 % en 2008 et + 2,4 % en 2007. Corrigée
du nombre de jours ouvrables, la décroissance est minorée de 0,1 point, à - 2,5 %.
Initiée au printemps 2008, la contraction de l'activité s'est accentuée fin 2008 et au premier trimestre 2009. L'économie repart au
printemps 2009, mais les volumes d'activité demeurent bas : fin 2009, le niveau du PIB est comparable à celui observé trois ans
auparavant.
Équilibre ressources-emplois en volume
Aux prix de l'année précédente chaînés, moyennes annuelles, taux de croissance en %
2009 2008
PIB - 2,6 0,2
Importations - 10,7 0,6
Consommation effective des ménages 0,9 0,9
dont : dépense de consommation
des ménages 0,6 0,5
individualisable des administrations 2,0 2,1
Consommation collective des administrations publiques 4,2 0,9
Formation brute de capital fixe totale - 7,1 0,5
dont :
entreprises non financières - 8,0 2,4
ménages - 8,7 - 2,7
administrations 0,5 - 2,8
Exportations - 12,4 - 0,5
Contributions à la croissance du PIB :
Dépenses de consommation finale des ménages 0,4 0,3
Dépenses de consommation finale des administrations publiques 0,6 0,4
Formation brute de capital fixe - 1,5 0,1
Commerce extérieur - 0,2 - 0,3
Variation de stocks - 1,9 - 0,3
Source : Insee - comptes nationaux (base 2000)

Recul d'activité dans tous les secteurs
En 2009, la production manufacturière recule de 12,1 %, après un repli de 1,7 % l'année précédente. Toutes les grandes branches
contribuent à cette dégradation. La production énergétique et l'activité dans la construction se contractent fortement. Dans les services
principalement marchands, l'ampleur de la baisse de production est inédite depuis l'après-guerre (- 2,1 % après + 0,7 %). Les services
aux entreprises et les transports sont particulièrement affectés.

Résistance de la consommation des ménages, légère progression du pouvoir d'achat individuel
Le revenu disponible des ménages augmente moins vite en 2009 (+ 1,0 % après + 3,2 % en 2008). Ce mouvement est imputable au
ralentissement conjoint des revenus nets d'activité - en raison de la diminution de la masse salariale et des revenus des entrepreneurs
individuels - et des revenus du patrimoine.
Bilan économique et social 2009 Contexte économique national Dans le même temps, le prix des dépenses de consommation des ménages est en baisse (- 0,6 % après + 2,9 %). Au total, le pouvoir
d'achat du revenu disponible des ménages enregistre une hausse plus marquée que l'année précédente : + 1,6 % après + 0,4 %.
Cette évolution est relative au pouvoir d'achat de l'ensemble des ménages.
Le pouvoir d'achat par unité de consommation (ou pouvoir d'achat individuel), qui rapporte ce pouvoir d'achat global à la population
nationale, progresse de façon moins marquée : + 0,8 % après - 0,4 % en 2008 (cf. encadré).
Les dépenses de consommation des ménages résistent à la détérioration générale : elles continuent de progresser, modérément, en
2009 (+ 0,6 %, après + 0,5 % en 2008).
En particulier, les achats de produits manufacturés renouent avec la croissance (+ 0,8 % après - 0,2 %), en lien avec le rebond des
achats d'automobiles imputable pour partie à la mise en place du dispositif de "prime à la casse" (+ 4,7 % après - 4,1 %). Les
dépenses des ménages en services progressent au même rythme (+ 0,8 % après + 0,7 %), soutenues par la hausse des dépenses de
loyers et de services financiers, qui a fait plus que compenser le repli des dépenses de transport et dans les hôtels-cafés-restaurants.
En revanche, malgré le froid du début d'année, les dépenses énergétiques diminuent (- 1,9 %).
Revenu et pouvoir d'achat des ménages
A prix courants, taux de croissance en %
2009 2008
Revenu disponible brut des ménages* 1,0 3,2
Prix des dépenses de consommation des ménages* - 0,6 2,9
Pouvoir d'achat (global) 1,6 0,4
Pouvoir d'achat par unité de consommation (individuel) 0,8 - 0,4
* y compris entreprises individuelles
Source : Insee - comptes nationaux (base 2000)
Effondrement de l'investissement
L'investissement de l'ensemble des agents (formation brute de capital fixe) se contracte nettement en 2009 : - 7,1 % après + 0,5 % en
2008. Il s'agit d'une baisse historique, plus marquée encore que ne l'avait été celle de 1993, dernière récession en date (- 6,2 % pour
l'investissement). L'investissement des entreprises non financières recule de 8,0 % (après + 2,4 %). Les secteurs des biens
d'équipement et de la construction sont particulièrement affectés. En outre, fait habituel en période de crise, les entreprises déstockent
massivement. À lui seul, le déstockage réduit le PIB de 1,9 point sur l'année.
L'investissement des ménages, constitué pour l'essentiel d'achats de logements neufs, se replie davantage encore (- 8,7 % après
- 2,7 % en 2008).

Forte contraction des échanges extérieurs
En 2009, les échanges extérieurs de biens comme de services se contractent nettement. Dans un contexte de forte dépression des
échanges mondiaux, la faiblesse de la demande adressée à la France est le facteur principal de la chute des exportations : - 12,4 %
(après - 0,5 % en 2008). Une telle baisse est sans précédent depuis l'après-guerre. En particulier, les exportations en produits
manufacturés et en produits pétroliers raffinés sont lourdement touchées. Dans le même temps, le recul de la demande intérieure
française (- 2,4 % en 2009 après + 0,5 %) entraîne celui des importations (- 10,7 % après + 0,6 %).
Au total, la contribution du commerce extérieur à la croissance française est de nouveau légèrement négative, à - 0,2 point (après - 0,3
point en 2008).

Rédaction achevée le 19 mai 2010

Sylvain Adaoust
Insee Provence-Alpes-Côte d'Azur

Pour en savoir plus
SUD INSEE l'essentiel n° 141, mai 2010. Face à la crise, Provence-Alpes-Côte d'Azur résiste mieux


Méthodologie et définitions
Différentes mesures du pouvoir d'achat
(pour de plus amples détails, voir la section du site www.insee.fr dédiée au pouvoir d'achat)
La notion usuelle de pouvoir d'achat correspond au pouvoir d'achat du revenu disponible brut des ménages, revenu qui reste à la disposition des
ménages pour la consommation et l'épargne une fois déduits les prélèvements fiscaux et sociaux. L'évolution du pouvoir d'achat rapporte l'évolution du
revenu disponible brut à celle du prix de la dépense de consommation des ménages. L'inflation est donc prise en compte dans le calcul du pouvoir
d'achat.
La mesure obtenue est cependant une mesure globale qui doit être corrigée si on souhaite évaluer le pouvoir d'achat moyen des Français, de manière
à tenir compte à la fois de la croissance du nombre de ménages et de l'évolution de leur composition. La correction la plus pertinente consiste à diviser
le revenu par le nombre d'unités de consommation. Cette méthode permet de tenir compte de la croissance démographique, mais aussi du fait que
certaines consommations peuvent être partagées au sein d'un ménage (les appareils ménagers par exemple).

Bilan économique et social 2009 Contexte économique national

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.