Contexte national et international (Octant n° 105)

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En 2005, dans un contexte international toujours porteur, la croissance française s'établit à 1,4 %, dans la moyenne de la zone euro. Le bilan du commerce extérieur est décevant, grevé par une forte hausse des importations en réponse à une demande intérieure soutenue. L'amélioration du pouvoir d'achat des revenus contribue au maintien d'une consommation dynamique. La progression de l'emploi, plus marquée qu'en 2005, a permis une réduction sensible du taux de chômage pour toutes les tranches d'âge. Dans une économie mondiale toujours allante, les perspectives pour 2006 sont plutôt encourageantes.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Contexte national
et international
Contexte national et international
En 2005, dans un contexte international toujours La hausse de l’investissement
des entreprises en 2005porteur, la croissance française s’établit à 1,4 %,
(+ 3,7 %) résulte essentielle-
dans la moyenne de la zone euro. ment de celle des dépenses en
Le bilan du commerce extérieur est décevant, produits manufacturés (surtout
en biens d’équipement). Les dé-grevé par une forte hausse des importations
penses des entreprises en cons-
en réponse à une demande intérieure soutenue. truction augmentent également
L’amélioration du pouvoir d’achat des revenus mais moins fortement. Les au-
tres investissements stagnent.contribue au maintien d’une consommation
Au total, le taux d’investisse-
dynamique. ment a continué à croître en
La progression de l’emploi, plus marquée qu’en 2005, atteignant 17,7 % en fin
d’année.2004, a permis une réduction sensible du taux
de chômage pour toutes les tranches d’âge.
Des importationsDans une économie mondiale toujours allante,
en hausseles perspectives pour 2006 sont plutôt
encourageantes. En réponse à une demande sou-
tenue de la part des entreprises
comme des ménages, les im-
n 2005, la croissance d’en- sième trimestre et le repli de la portations de produits manufac-Esemble des économies in- consommation privée. En turés ont fortement progressé en
dustrialisées est restée ferme. France aussi, la croissance a été 2005 (+ 7,5 % en moyenne an-
L’impact de la hausse des cours modeste au quatrième trimestre nuelle). La demande s’est no-
pétroliers s’est limité aux prix 2005, en raison d’un repli de la tamment orientée vers des
d’autres consommations inter- production manufacturière (no- produits souvent importés com-
médiaires. Son impact sur l’acti- tamment automobile). Ceci me les produits électriques et
vité a été très circonscrit, souligne la fragilité de l’activité électroniques, l’habillement et
comme en témoigne le dyna- dans l’industrie. certains biens d’équipement. En
misme des secteurs industriels, outre, la hausse des importa-
même dans les pays à forte dé- La croissance française a été tions en 2005 a été favorisée par
pendance énergétique. moins forte en 2005 qu’en 2004 des évolutions de prix peu favo-
(+ 1,4 % contre + 2,1 %), restant rables à la France. Les pertes de
Attestant de la fragilité du re- dans la moyenne de la zone compétitivité ont été particuliè-
bond amorcé mi-2005, le Pro- euro. Sur l’ensemble de l’année rement marquées pour les biens
duit Intérieur Brut (PIB) de la 2005, la contribution des varia- d’équipement et les biens de
zone euro a fléchi au quatrième tions de stocks à la croissance, consommation, dont les achats
trimestre après trois trimestres en baisse, s’établit à + 0,2 point. ont été très vigoureux en 2005.
d’accélération. La croissance Elle reflète un moindre stockage
s’y établit à 1,4 % en 2005, de produits énergétiques et de La croissance des exportations
contre 1,8 % en 2004. La pro- produits agroalimentaires, alors de produits manufacturés a été
duction industrielle a ralenti, que le comportement de stoc- plutôt décevante (+ 2,3 % en
pénalisée par une demande ex- kage de produits industriels moyenne annuelle), en dépit
térieure moins forte qu’au troi- reste globalement dynamique. d’une demande mondiale ro-
6 Octant n° 105 - Avril 2006 Bilan économique 2005Contexte national et international
buste (+ 5,5 % en moyenne par secteurs concurrentiels non ment amorti à cet horizon. En
rapport à 2004) et d’une légère agricoles a progressé régulière- France, l’accroissement des
dépréciation de l’euro qui a ment en 2005. Plus de 50 000 commandes en provenance de
rendu les produits français plus postes ont ainsi été créés sur l’étranger devrait générer une
compétitifs. Les pertes de parts l’ensemble de l’année. accélération des exportations,
de marché sont concentrées malgré nos difficultés d’adapta-
dans les ventes de produits de La baisse de l’emploi industriel tion à la structure de la de-
l’industrie automobile et de qui perdure depuis l’été 2001 mande mondiale. Par ailleurs,
biens intermédiaires. En re- s’est confirmée en 2005 (80 000 la consommation des ménages
vanche, les exportations de emplois ont été supprimés). Ce- continuerait d’augmenter dans
biens de consommation et de pendant elle semble s’atténuer l’hexagone. Dans un contexte d’équipement ont forte- en fin d’année. de stabilisation du taux
ment progressé. Pour ce dernier d’épargne, elle reposerait sur
secteur l’évolution est liée au La croissance de l’emploi dans une progression du pouvoir
dynamisme des livraisons la construction s’est accélérée d’achat qui bénéficierait du re-
d’Airbus. significativement au cours de cul de l’inflation.
l’année 2005 : 38 000 créations
de postes contre 24 000 en Après une pointe en janvier, le
Maintien 2004. Cette progression, cons- glissement annuel des prix re-
de la consommation tante sur l’ensemble de l’année, viendrait à 1,6 % en juin. Sous
et recul de l’inflation tend à s’intensifier fin 2005. l’effet notamment de la re-
montée des taux d’intérêt, la de-
Après un rebond en 2004, l’em- mande de logements commen-En 2005, le revenu disponible
ploi dans le secteur tertiaire cerait à plafonner. Mais labrut des ménages a augmenté
poursuit sa progression : progression de l’activité dans lede 3 % (après 3,1 % en 2004).
100 000 emplois supplémentai- bâtiment resterait forte, en rai-La croissance des revenus d’ac-
res en 2005. Cette reprise est son des très nombreuses misestivité a été soutenue par le dy-
principalement due aux servi- en chantier de la fin 2005. Ain-namisme de la masse salariale,
ces marchands : 85 000 postes si, au premier semestre, le PIBdans un contexte de croissance
créés. augmenterait sur un rythme an-de l’emploi. La forte augmenta-
nualisé un peu supérieur à 2 %.tion des impôts versés par les
En 2005, le nombre de bénéfi- Les importations conserveraientménages liée au relèvement de
ciaires d’un contrat aidé a bais- une tendance soutenue, maistaux et à l’élargissement de l’as-
sé, mais ce repli a été nettement moins vigoureuse qu’à la fin desiette de la CSG a eu peu
plus faible que les années pré- l’année dernière.d’impact.
cédentes. Les sorties des an-
ciens dispositifs sont massivesAvec des fluctuations impor-
De meilleurestandis que la montée en chargetantes au cours de l’année, dues
perspectives pour l’emploides nouveaux contrats a étéaux variations des prix de
plus progressive. La diminutionl’énergie, les prix à la consom-
du chômage amorcée aumation ont augmenté plus mo- L’emploi salarié marchand, af-
deuxième trimestre de 2005dérément en 2005 qu’en 2004 : fecté au premier trimestre par le
s’est confirmée aux troisième et+ 1,9 % contre + 2,3 %. Cette contre-coup de la faible crois-
quatrième trimestres (respecti-hausse a été limitée par le ra- sance de la fin de 2005, pro-
vement 58 000 et 51 000 chô-lentissement des prix des gresserait de 25 000 au premier
meurs de moins). Ainsi, aprèsproduits manufacturés. Finale- semestre. Mais, avec l’apport de
avoir atteint 10,1 % à la fin dument, compte tenu de la décé- l’emploi non marchand, notam-
premier trimestre de 2005, lelération des prix, le pouvoir ment aidé, l’emploi total aug-
taux de chômage a décru aud’achat a augmenté de 1,8 % menterait d’environ 100 000
cours de l’année pour s’établir à(contre 1,6 % en 2004), favori- sur la même période. Con-
9,6 % fin décembre 2005. Lasant le dynamisme de la juguée avec le ralentissement
baisse du chômage concerneconsommation des ménages en de la croissance de la popula-
toutes les catégories d’âge.2005 (à l’exception acciden- tion active, cette progression
telle du deuxième trimestre). permettrait une poursuite du re-
Sur l’ensemble de l’année cul du taux de chômage (9,2 %Vers une croissance
2005, le taux de croissance de en juin).
plus soutenue en 2006la consommation (+ 2,1 %) est
resté légèrement en deçà de
l’année 2004 (+ 2,3 %). Bien que confrontée à des prix
D’après la note deénergétiques encore élevés,
conjoncture de mars 2006l’économie mondiale resterait
Accélération (direction générale deallante au premier semestre de
de la création d’emplois l’Insee)2006. La bonne orientation des
perspectives d’activité dans
Excepté le deuxième trimestre toutes les régions du monde
au cours duquel il est resté sta- confirme bien que l’effet du
tionnaire, l’emploi salarié des choc pétrolier resterait large-
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