Créer son entreprise en Franche-Comté en 2006

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Entre 2002 et 2006, le nombre de créations d’entreprises augmente de 9,5% par an en Franche-Comté. Cette progression est plus forte qu’en moyenne métropolitaine dans tous les secteurs d’activité. En 2006, un quart des nouveaux créateurs sont des femmes et huit créateurs sur dix ont plus de 30 ans. Le nombre de chômeurs créateurs d’entreprises croît fortement au cours de la période. Les projets de création francs-comtois sont plus coûteux et plus aidés qu’au niveau national. Être indépendant et assurer leur propre emploi sont les deux principaux motifs de création avancés par les nouveaux entrepreneurs.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 108 - septembre 2008
1
www.insee.fr/fc nº 108insee-contact@insee.fr
0 825 889 452 (0,15€/mn) Septembre 2008
La création d’entreprise
au cœur du développement
économique de la
Franche-Comté
Le dynamisme économique d’un territoire
repose d’abord sur la capacité d’initiative Entre 2002 et 2006, le nombre de créations d’entreprises augmente des hommes et des femmes qui y vivent,
et ensuite sur la pertinence des outils de 9,5% par an en Franche-Comté. Cette progression est plus forte
d’accompagnement de leurs projets.
Il est donc important, pour les acteurs qu’en moyenne métropolitaine dans tous les secteurs d’activité.
de l’accompagnement des créateurs
et créatrices d’entreprises, de pouvoir En 2006, un quart des nouveaux créateurs sont des femmes et
disposer d’informations objectives, fiables huit créateurs sur dix ont plus de 30 ans. Le nombre de chômeurs et dynamiques tant sur le profil des
porteurs de projets que sur leurs attentes, créateurs d’entreprises croît fortement au cours de la période. leurs motivations et les problèmes qu’ils
rencontrent. La présente étude, réalisée Les projets de création francs-comtois sont plus coûteux et plus
en partenariat avec l’INSEE, a l’ambition
d’être utile tant aux Francs-Comtois qui ont aidés qu’au niveau national. Être indépendant et assurer
un projet de création d’entreprise qu’aux
collectivités et structures d’accompagnement leur propre emploi sont les deux principaux motifs de création
de la création d’entreprises, à qui il appartient avancés par les nouveaux entrepreneurs.de leur rendre le meilleur service possible,
dans l’intérêt de la Franche-Comté.
Conseil régional de Franche-Comté
Une hausse des
La nouvelle taux de création
démographie
d’entreprises en des entreprises
Franche-Comté
er Depuis le 1 janvier 2007, la définition depuis 2001
des créations d’entreprises est modifiée.
Elle reprend désormais les concepts
européens harmonisés par Eurostat. En 2006, 3 700 entreprises
Une création d’entreprise englobe ainsi ont été créées en Franche-
trois cas de figure :
Comté (cf. sources et champ La création de nouveaux moyens de
production (nouvelle immatriculation de l’étude). Le taux de créa-
SIRENE) ; tion, qui rapporte les créa-
Le cas où l’entrepreneur reprend une
tions d’entreprises au nombre activité après une interruption de plus
d’un an (reprise de l’ancien numéro total d’entreprises, s’établit
SIREN) ; à 9,5% (10,8% en moyenne
Les reprises s’il n’y a pas continuité
métropolitaine). La Franche-de l’entreprise (il y a nouvelle
eimmatriculation dans SIRENE). Comté se classe au 19 rang
des régions métropolitaines
selon cet indicateur, devant
la Champagne-Ardenne,
le Limousin et l’Auvergne.
Cependant, entre 2002 et
2006, grâce à une croissance
zzzINSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 108 - septembre 2008
2
Le taux de création et l’évolution
du nombre de créations d’entreprises :
deux mesures complémentaires
Le taux de création d’entreprises, qui rapporte le nombre de créations
erd’entreprises d’une année au stock d’entreprises au 1 janvier de cette
même année, mesure la capacité d’un territoire à renouveler et à élargir
son tissu productif. Il fait partie des indicateurs utilisés pour mesurer
l’attractivité économique d’un pays, d’une région ou d’une zone d’emploi.
Il est à comparer au taux de survie des entreprises qui informe sur les
disparitions d’entreprises.
Le suivi de l’évolution du nombre de créations d’entreprises dans l’économie
régionale est plus difficile à interpréter. La hausse du nombre de créations
d’entreprises peut provenir d’évolutions législatives ou réglementaires
ou de la mise en place de dispositifs d’aides au niveau national ou
local. L’augmentation du nombre de chômeurs créateurs d’entreprises
en est une manifestation. Elle peut également être liée à des départs en
retraite d’entrepreneurs conduisant, par exemple, à la vente du fonds de
deux fois et demi plus forte Parmi ces nouvelles unités, commerce à un nouvel entrepreneur. L’impact des créations d’entreprises
sur l’emploi est, lui aussi, très variable. Ainsi, entre 2002 et 2006, le dans la construction (+12,4% 38% ont une activité dans
nombre d’emplois créés par chaque nouvelle entreprise a reculé de plus par an) que dans l’industrie les services (46% au niveau
de 20%, en Franche-Comté comme au niveau national. La progression
(+4,7%). Le tertiaire (services national). Tous les autres des créations d’entreprises a surtout concerné des petites entreprises, une
des motivations des créateurs étant d’assurer leur propre emploi. marchands et commerce) se secteurs sont surreprésentés
situe en position intermé- au sein des créations régio-
annuelle moyenne plus forte les départements francs-com- diaire (+9,3% par an). Dans nales.
du nombre de créations en tois connaissent une évolution les services, la hausse des
Franche-Comté qu’en France annuelle plus favorable qu’en créations a été forte dans Les nouveaux
métropolitaine (+9,5% contre France métropolitaine : de les activités immobilières créateurs :
+7,4%), le renouvellement du +8,6% dans le Doubs à (+18,0% par an) et les servi- 25% sont des
parc productif de la région +11,0% en Haute-Saône. ces aux entreprises (+9,8%). femmes, 80% ont
tend à se rapprocher du ni- Entre 2002 et 2006, la hausse En revanche, les créations plus de 30 ans et
(1)veau national . La mise en annuelle du nombre de créa- sont restées stables dans 30% sont diplômés
place de mesures en faveur tions est plus importante les transports. Bien qu’entre du supérieur
de la création, comme la loi en Franche-Comté qu’en 2002 et 2006 le rythme des
erpour l’initiative économique moyenne nationale dans tous créations dans le tertiaire soit Au 1 semestre 2006 comme
(dite loi Dutreil) en août 2003, les secteurs d’activité, à l’ex- plus élevé en Franche-Comté quatre ans plus tôt, près des
a pu faciliter cette forte crois- ception des industries agroa- qu’en moyenne nationale, trois quarts des nouvelles
sance, en Franche-Comté limentaires et du transport. il ne permet toutefois pas entreprises franc-comtoises
comme dans les autres ré- Cependant, cette augmen- à ce secteur de rattraper le ont été créés par des hom-
gions métropolitaines. Au tation varie fortement selon niveau national. La part des mes, alors que ces derniers
cours de cette période, tous les secteurs d’activité. Elle est activités de services et de représentent 54% des actifs
commerce dans le tissu pro- régionaux. Cette surreprésen-
ductif franc-comtois reste en tation masculine est observée
effet inférieure à la moyenne dans toutes les régions fran-
française (respectivement 71 çaises. Les femmes créent
et 77% en 2006). cependant plus d’entreprises
Selon l’enquête SINE (système que les hommes dans certai-
d’information sur les nouvel- nes activités tertiaires où la
les entreprises ; cf. sources main-d’œuvre est déjà très
de l’étude), 1 400 entreprises féminisée. Elles sont ainsi
eront été créées au 1 semestre majoritaires dans les domai-
2006 en Franche-Comté. nes liés à l’éducation, la santé
(1) En 2007, le nombre de créations d’entreprises progresse de 15,9% en Franche-Comté,
contre +12,5% en moyenne métropolitaine. Avec un taux de création de 10,1%,
ela Franche-Comté se classe au 15 rang des régions métropolitaines.INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 108 - septembre 2008
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et l’action sociale (57% des plus. Ces deux catégories treprise sont diplômés de supérieur. En Franche-Comté,
créateurs) et dans les services d’âge sont ainsi sous repré- l’enseignement supérieur en les titulaires d’un CAP/BEP re-
(2)aux particuliers (52%). sentées comparativement à 2006 contre 26% quatre ans présentent 29% des nouveaux
À l’opposé, les hommes leurs poids respectifs au sein plus tôt. Cette augmentation entrepreneurs (32% en 2002).
sont surreprésentés dans la de la population active. Près n’est pas propre aux créa- Enfin, la proportion de chefs
construction où ils créent 94% de la moitié des créateurs teurs francs-comtois puisque, d’entreprises non diplômés
des nouvelles entreprises, es- ayant 50 ans ou plus mettent selon les dernières enquêtes diminue légèrement, passant
sentiellement artisanales. en place leurs projets dans les annuelles de recensement, de 17 à 15% entre 2002 et
En 2006, le créateur franc- services notamment ceux des- l’ensemble de la population 2006. Elle reste cependant
comtois est âgé en moyenne tinés aux entreprises (activités régionale est concerné par la supérieure à la moyenne
de 38 ans et demi comme comptables, de nettoyage, progression du niveau d’étu- française (13% en 2006). La
au niveau national. Cet âge conseils pour la gestion, étu- de. Toutefois, malgré cette Haute-Saône est le départe-
moyen varie assez peu d’un des techniques, publicitai- hausse, la part des diplô- ment franc-comtois où cette
secteur d’activité à l’autre res…). Les jeunes créateurs més post-baccalauréat parmi part est la plus élevée.
même s’il est légèrement plus se tournent davantage vers les nouveaux entrepreneurs
élevé dans l’industrie (40 ans) la construction et les services francs-comtois reste plus 41% des créateurs
et plus bas dans la construc- pour lancer leurs projets et faible qu’au niveau national étaient au chômage
tion (37 ans). Créer son en- se distinguent, comme dans y compris hors Île-de-France. avant de monter
treprise aux âges extrêmes l’ensemble de la population, Le Doubs se rapproche de leur projet et 55%
est peu fréquent puisqu’un par un niveau de diplôme la moyenne française grâce des nouveaux chefs
créateur sur cinq a moins de plus élevé. notamment à la zone d’em- d’entreprises ont
30 ans et 15% des nouveaux En Franche-Comté, 30% des ploi de Besançon où 40% des déjà été employés
entrepreneurs ont 50 ans ou nouveaux dirigeants d’en- créateurs sont diplômés du ou ouvriers
erLe portrait des créateurs d’entreprises au 1 semestre 2006 En 2006, qu’ils soient hom-
mes ou femmes, 41% des Franche-Comté France métropolitaine
nouveaux chefs d’entreprises Nombre de Part Nombre de Part
(3)créateurs (%) créateurs (%) étaient au chômage avant
Sexe de mettre en œuvre leur pro-
Hommes 1 033 74 77 594 72 jet, contre près d’un tiers en
Femmes 365 26 30 926 28 2002. Cette proportion est
Âge identique au niveau national
Moins de 30 ans 293 21 23 331 21 mais varie au sein de la ré-
30-49 ans 890 64 68 127 63 gion. En effet, les chômeurs
50 ans et plus 215 15 17 062 16 créateurs sont, proportion-
Diplôme le plus élevé nellement, moins nombreux
CEP, BEPC, Brevet des collèges… 104 7 8 131 7 dans le Territoire de Belfort
CAP/BEP 411 29 27 444 25 (36%) qu’en Haute-Saône
Baccalauréats général, technique et professionnel 263 19 18 480 17 (46%). À l’échelon régional,
Diplômes du supérieur 414 30 40 252 37 dans quatre cas sur dix, le
Aucun diplôme 206 15 14 213 13 demandeur d’emploi était
Situation avant la création au chômage depuis un an
En activité (salariés, chefs d’entreprise, indépendants…) 686 49 52 265 48 ou plus. Les chômeurs sont
Au chômage 578 41 43 966 41 fortement représentés par
Sans activité professionnelle (étudiants, retraités…) 134 10 12 289 11 rapport à leur poids parmi les
Profession et catégorie socioprofessionnelle antérieures du salarié
Ouvriers 262 20 17 928 18
(2) Hôtellerie, restauration, services
Employés 444 35 33 420 34 domestiques ou personnels…
(3) Parmi les chômeurs récents, certains ont Professions intermédiaires (techniciens, agents de maîtrise...) 282 22 18 689 19
arrêté leur activité professionnelle afin de
Cadres et professions intellectuelles supérieures 296 23 28 384 29 préparer leur projet, mais l’enquête SINE
Source : INSEE - SINE 2006 ne permet pas d’en connaître le nombre. INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 108 - septembre 2008
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Les repreneurs francs-comtois
erAu 1 semestre 2006, 214 entreprises franc-comtoises ont été reprises
par de nouveaux dirigeants, soit presque autant que quatre années plus
tôt. Les transmissions d’activité sont un enjeu important compte tenu du
(1)nombre de chefs d’entreprises âgés et de la perspective de leurs départs
en retraite. Près des trois quarts des reprises se font dans les services aux
particuliers et le commerce. Elles concernent principalement des activités
de proximité c’est-à-dire des rachats de cafés-hôtels-restaurants ou de
fonds de commerce et artisanaux (commerces de détail alimentaires ou
non, salons de coiffure...). La prédominance de ces secteurs tertiaires
explique la forte présence de femmes chez les repreneurs : 48% des
repreneurs sont des femmes contre 26% des créateurs. Leur part s’est
e d’ailleurs accrue de six points depuis 2002 et place ainsi la région au 6
rang national. En moyenne, les repreneurs francs-comtois sont à peine plus
âgés que les créateurs (39 ans contre 38,5 ans). Toutefois, l’âge moyen
des femmes, qui reprennent une entreprise, s’élève à 41 ans contre 37
ans pour les hommes dans la même situation.
En Franche-Comté comme en France métropolitaine, les repreneurs sont créateurs augmente entre jours plus élevée en Franche-
moins souvent diplômés de l’enseignement supérieur que les créateurs
2002 et 2006 (respectivement Comté.(19 contre 30%). Ils ont en revanche plus fréquemment un diplôme
professionnel notamment un CAP-BEP (38 contre 29%). Plus de quatre 16 et 23%). Malgré cette Les emprunts bancaires et
repreneurs sur dix étaient salariés avant de reprendre la direction d’une hausse, la Franche-Comté les subventions ou les primes
entreprise. Dans deux cas sur dix, il s’agit du rachat de l’entreprise de leur
reste en deçà de la moyenne constituent les principales dernier employeur. Les reprises d’activités mobilisent des moyens beaucoup
plus importants que les créations. Plus de la moitié des repreneurs nationale (29%) y compris sources de financement des
dépensent au moins 40 000 euros pour financer leurs projets contre hors Île-de-France. projets. Un créateur sur qua-
17% des créateurs. Dès lors, la banque est plus souvent sollicitée par les
tre a mobilisé uniquement repreneurs : 81% d’entre eux ont recours à un prêt bancaire contre 51%
des créateurs. Les repreneurs déclarent moins souvent que les créateurs Les projets francs- des ressources personnelles.
avoir reçu des aides publiques (respectivement 36 et 51%). Cette situation comtois sont plus Dans ce cas, les projets ont
s’explique parce que soit les repreneurs n’ont pas été suffisamment
coûteux et plus aidés généralement nécessité peu informés de leur existence, soit ils n’en ont pas fait la demande ou ils
ne répondent pas aux critères d’obtention. Ils recourent aussi moins qu’en moyenne de moyens au démarrage.
souvent à une structure spécialisée (chambres du commerce, des métiers nationale Plus de la moitié des projets
ou autres). En revanche, ils déclarent recevoir davantage d’appuis et de
mis en place sans recours conseils de leur entourage (conjoint, famille, professionnel…) pour mettre
en place de leur projet. En 2006 comme quatre ans à l’emprunt ont demandé
Parmi les entreprises reprises, 68% poursuivent leur activité avec des plus tôt, créer son entre- moins de 4 000 euros, contre
salariés (29% parmi les créations). La transmission d’une entreprise
prise (achats de locaux, de un peu plus du quart pour permet ainsi au départ de maintenir de l’emploi. Mais il s’agit surtout de
petites entreprises puisque 42% d’entre elles n’ont qu’un ou deux salariés. matériel, constitution des l’ensemble des créations.
erAu démarrage, une entreprise reprise au 1 semestre 2006 emploie en stocks…) exige des moyens Si les créateurs francs-comtois
moyenne 3,4 personnes contre 1,5 pour les créations.
plus élevés en Franche-Com- investissent plus de moyens
(1) Cf. Y. SALAMON, Près d’un salarié franc-comtois sur quatre a plus de 50 ans, INSEE Franche- té qu’en moyenne nationale. dans leurs projets que leurs Comté, Info web, juillet 2006, n°19.
Les projets les plus impor- homologues français, ils reçoi-
actifs. L’augmentation du taux un emploi, le plus souvent tants financièrement (plus de vent aussi davantage d’aides
de chômage régional (+1,1 salarié (71% des cas). Parmi 16 000 euros au démarrage) ou d’exonérations publiques
point entre 2002 et 2006), ceux qui étaient salariés lors représentent ainsi 36% des (ACCRE, EDEN, PCE, avances
(4)l’objectif de se sortir d’une d’un emploi précédent , créations franc-comtoises remboursables locales… ;
situation difficile et les dispo- plus d’un tiers occupait des contre 29% en France métro- cf. définitions). En 2006, en
sitifs d’aides à la création, qui postes d’employés et deux politaine. Le montant investi Franche-Comté, la moitié des
leurs sont plus spécifiquement sur dix étaient ouvriers, soit est fortement lié au secteur nouveaux entrepreneurs ont
destinés (ACCRE, EDEN ; cf. à peine plus qu’en France d’activité. Seulement 20% ainsi bénéficié d’une aide pu-
définitions), expliquent sans métropolitaine. En 2002, les des projets industriels francs- blique contre 45% en France
doute la propension des de- ouvriers étaient, en propor- comtois nécessitent moins de métropolitaine. Comme au
mandeurs d’emploi à créer tion, beaucoup plus nom- 4 000 euros au démarrage niveau national, la part de
leurs entreprises. breux à créer leurs entre- contre 38% dans le secteur ces bénéficiaires a fortement
Au moment de la création, prises (28% des salariés). À des services. Mais, quel que
près d’un chef d’entreprise l’opposé, la part des anciens soit le secteur d’activité, la
(4) Hormis les anciens chefs d’entreprise
franc-comtois sur deux avait cadres supérieurs parmi les salariés.mise de fonds reste tou-INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 108 - septembre 2008
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augmenté, puisqu’elle s’éle- solitaire. En effet, alors qu’en d’entreprises est plus marqué souvent mentionné est le
vait à 37% en 2002. Cette 2002, 52% des entrepreneurs en Haute-Saône (42%) que goût d’entreprendre, excepté
hausse s’explique d’abord par francs-comtois ont créé seuls dans les autres départements chez les anciens chômeurs.
l’augmentation du nombre leurs entreprises, ils ne sont de la région. Dans le Territoire Être sans emploi influence en
d’anciens chômeurs au sein plus que 31% en 2006. Pour de Belfort, seulement 28% des effet la décision de créer son
des créateurs d’entreprises. mettre en place leur projet, projets ont reçu un tel appui. entreprise. C’est pourquoi
Ces derniers sont en effet les les créateurs sont de plus en près d’un chômeur créateur
premiers bénéficiaires d’aides plus nombreux à recevoir les Être indépendant sur deux est devenu chef
publiques, en particulier de conseils de structures d’ap- et assurer son d’entreprise, par choix ou
(5)l’ACCRE (aide aux chômeurs pui (35% d’entre eux en propre emploi par contrainte, afin de sortir
créateurs ou repreneurs d’en- 2006 contre 13% en 2002). du chômage. Cette raison est
treprises) qui exonère l’en- Parmi les nouveaux entre- Quel que soit le profil du d’autant plus évoquée que
treprise de charges sociales preneurs, 49% des anciens créateur, la création d’en- le demandeur d’emploi est
pendant un an. Par ailleurs, chômeurs et 43% des artisans treprises répond d’abord à âgé ou au chômage depuis
81% des anciens demandeurs ont bénéficié du soutien d’un un désir d’indépendance. plus d’un an. Quant à la
d’emploi ont perçu une aide organisme spécifique. La part Cette motivation est d’autant perspective d’augmenter ses
publique en 2006, contre 70% des projets soutenus est plus plus forte que le créateur est revenus, elle séduit davan-
en 2002. élevée dans l’industrie (46%) jeune : 73% des moins de 30 tage les hommes, les jeunes et
En Franche-Comté, créer et plus faible dans le com- ans la citent contre 43% des les entrepreneurs qui étaient
son entreprise est de moins merce (29%). Le soutien d’une 50 ans et plus. Le deuxième en activité avant de monter
en moins une démarche structure dédiée à la création motif de création le plus leur projet.
En 2006, qu’elles qu’aient été
leurs motivations de départ,
les deux tiers des nouveaux
dirigeants d’entreprises ont
pour objectif principal d’as-
surer leur propre emploi, soit
près de dix points de plus
qu’en 2002. Le fait qu’une
plus grande partie des créa-
teurs soient d’anciens chô-
meurs explique probablement
l’importance croissante ac-
cordée à cet objectif. En effet,
73% des chômeurs créateurs
francs-comtois affichent cet
objectif contre 58% des autres
créateurs. Le désir d’investir
dans son entreprise croît avec
le montant du capital de dé-
part, alors que la proportion
de ceux souhaitant embau-
cher dépend peu des moyens
investis lors de la création. Les
ambitions varient également
en fonction de l’expérience du
(5) Chambres de commerce et d’industrie,
chambres des métiers et de l’artisanat,
Agence pour la création d’entreprises
(APCE) ou toute autre structure d’appui.INSEE Franche-Comté - l’essentiel Nº 108 - septembre 2008
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chef d’entreprise en matière d’emploi à 1,7 par unité. Les Le champ d’étude
de création : 69% de ceux secteurs les plus dynamiques
Le champ d’étude regroupe les entreprises, de toutes tailles, nouvellement créées
qui créent pour la première sont la construction et l’indus- au premier semestre 2006 et actives au 30 septembre 2006. Les reprises d’activité
en sont exclues (sauf s’il y a reprise d’activité après une interruption de plus d’un fois ont pour objectif principal trie. Ils regroupent 53% des
an ou s’il n’y a pas de continuité de l’entreprise). Toutes les entreprises étudiées
d’assurer leur propre emploi entreprises ayant embauché appartiennent au champ de l’industrie, du commerce et des services (ICS). Même
contre 47% de ceux qui ont entre le démarrage et le jour si ce champ inclut désormais les activités financières, ces dernières ont été exclues
afin de permettre les comparaisons avec les données issues de l’enquête SINE de déjà créé au moins deux de l’enquête alors que ces
2002. En 2006, un financement de la Région de Franche-Comté via l’ARDEA, a
entreprises auparavant. deux secteurs ne représentent permis d’enquêter l’ensemble des entreprises créées au premier semestre et non
Enfin, quand ils évoquent que 35% des créations. Les un échantillon comme en 2002.
l’avenir de leur entreprise, zones d’emploi de Belfort et
58% des créateurs francs- de Saint-Claude comptent Les sources d’étude
comtois pensent la déve- proportionnellement le plus
Les données annuelles sur les créations d’entreprises sont issues du répertoire SIRENE lopper à court terme. Les grand nombre d’entreprises
(système informatique pour le répertoire des entreprises et des établissements), géré
hommes sont légèrement plus nouvelles ayant embauché de- par l’INSEE. Ce système permet de dénombrer de façon exhaustive les nouvelles
entreprises et fournit des informations sur leur identification, leur localisation, leur nombreux que les femmes puis le début de leur activité.
activité économique ou leur taille. Il informe peu sur le créateur lui-même, la mise à afficher cet objectif (59%
en place et la poursuite du projet. C’est pourquoi des enquêtes sont régulièrement
contre 55%). Dans un tiers Une clientèle réalisées par l’INSEE auprès des nouvelles entreprises au sein du dispositif SINE
(système d’information sur les nouvelles entreprises). Elles permettent d’étudier le des cas, ce développement essentiellement
profil du créateur, les conditions de la création ou de la reprise et d’analyser les devrait se faire par de nouvel- locale
difficultés rencontrées, l’impact de la création sur l’emploi et le développement de
les embauches de personnel. l’entreprise au cours des premières années de son existence. Le questionnaire est
disponible à l’adresse suivante :Les entrepreneurs jurassiens Parmi les nouvelles entre-
http://www.insee.fr/fr/ppp/fichiers_detail/accueil.asp?page=sine2006/fd_avert_doc.htm.apparaissent comme les plus prises franc-comtoises, 54%
ambitieux : 63% d’entre eux ont une clientèle locale ou
pensent développer leur af- de proximité, essentiellement Définitions
faire à court terme. des particuliers. Cette pro-
L’ACCRE (aide publique aux chômeurs créateurs d’entreprises) permet au chômeur
portion atteint 60% pour les créant ou reprenant une entreprise de bénéficier d’une exonération des charges
Sept nouvelles artisans. Le type de clientèle sociales pendant un an et, le cas échéant, d’un maintien du revenu pendant les
premiers mois de la vie de l’entreprise. entreprises sur dix dépend du secteur d’activité :
L’EDEN (encouragement au développement d’entreprises nouvelles) est un prêt
créent un seul 76% des commerces tra- sans intérêt de l’État, remboursable dans un délai maximum de cinq ans, qui
s’adresse aux personnes en difficulté souhaitant créer ou reprendre une entreprise. emploi vaillent pour des particuliers
L’attribution de l’EDEN entraîne une exonération de cotisations sociales et le maintien contre 47% des entreprises
de revenus sociaux.
Au moment de leurs créa- industrielles. Plus d’un quart Une entreprise est une unité économique, juridiquement autonome, organisée
pour produire des biens ou des services. tions, 71% des entreprises des nouvelles entreprises
Le PCE (prêt à la création d’entreprises) est un crédit de 2 000 à 7 000 euros franc-comtoises créent un seul exécutent des travaux de
sans garantie ni caution personnelle du créateur qui facilite le financement des
emploi, celui du créateur alors sous-traitance : dans un cas petits projets.
qu’en 2002, elles étaient 61%. sur deux cela représente la
En 2006, chaque entreprise se principale source du chiffre
Pour en savoir plus
crée ainsi en moyenne avec d’affaires. Ces proportions
INSEE (pôle Démographie des entreprises et des établissements), Créations et 1,5 emploi contre 1,9 en sont identiques au niveau
créateurs d’entreprises - Première interrogation 2006, profil du créateur, INSEE,
2002. La Franche-Comté ne national. La sous-traitance INSEE Résultats, février 2008, n°34 Économie.
se distingue pas du niveau est largement répandue dans L. BOUILLON, Entreprises : davantage de chômeurs créateurs d’entreprises en
2007 in L’Année économique et sociale 2007, INSEE Franche-Comté, Dossier, national. le secteur de la construction
juin 2008, n°20.eAu moment de l’enquête (4 (50% des entreprises) et, dans P . QUILLERY (INSEE), W. CADET (ARD), Attractivité économique des zones d’emploi :
trimestre 2006), soit après une moindre mesure, dans davantage d’atouts pour Belfort et Besançon, INSEE Franche-Comté, L’Essentiel,
décembre 2007, n°100.quelques mois d’activité, 8% l’industrie (40%).
P. QUILLERY (INSEE), W. CADET (ARD), Attractivité économique : forces et
des nouvelles entreprises ont faiblesses de la Franche-Comté, INSEE Franche-Comté, L’Essentiel, septembre
embauché du personnel, ce Audrey MIRAULT 2007, n°98.
V. FABRE, Les créations d’entreprises poursuivent leur hausse en 2006, INSEE, qui porte le nombre moyen Yannick SALAMON
INSEE Première, janvier 2007, n°1120.
ARDEA Valparc Espace Valentin Est - 25048 BESANÇON CEDEX
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Directeur de la publication : Didier Blaizeau Rédacteur en chef : Yannick Salamon Mise en page : Maurice Boguet, Yves Naulin
© INSEE 2008 - dépôt légal : septembre 2008?

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