Croissance parallèle de l'épargne et de l'endettement.

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L'épargne des Réunionnais a augmenté de moitié depuis cinq ans, grâce à une bonne conjoncture économique et à l'augmentation des revenus. Elle est moins souvent placée à long terme depuis la crise des marchés de l'année 2000. Sur la même période l'endettement des ménages a augmenté dans les mêmes proportions. En 2002, le niveau de l'endettement atteint ici en moyenne 82% de ce qu'il est en métropole.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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économie
Epargne et crédit
Croissance parallèle de
L’épargne des Réunionnais a augmenté de moitié depuis cinq
ans, grâce à une bonne conjoncture économique et à
l’augmentation des revenus. Elle est moins souvent placée à long
terme depuis la crise des marchés de l’année 2000. Sur la même
période l’endettement des ménages a augmenté dans les mêmes
proportions. En 2002, le niveau d’endettement d’un ménage
atteint ici en moyenne 82 % de ce qu’il est en métropole.
u cours des cinq dernières nion par rapport à la métropole. Ainsi,
années, La Réunion a connu uneL’auteur en 2001, seuls 20 % des contribuablesAphase de croissance dynamique, étaient imposables au titre de l’impôt sur
Stéphane MARTIN est responsable du soutenue principalement par la consom- le revenu à La Réunion, contre 54 % en
service “Etude” de l’agence de mation des ménages. Cette évolution métropole.
Saint-Denis de l’Iedom. favorable de la sphère économique s’est
Cette évolution favorable de l’épargne
logiquement répercutée sur la sphère
réunionnaise tient d’abord à l’accroisse-
financière. Ainsi les avoirs de l’ensemble
ment des revenus salariaux, lié à l’amé-
des agents économiques réunionnaisLa collecte des informations lioration de la conjoncture économique
(ménages et entreprises) ont augmenté
et à la baisse du chômage depuis 1998.
de 43 % sur la période, et leurs créditsDans le cadre de son rôle de place et L’alignement progressif des minima
de 31 %. Cette période s’est égalementd’observatoire économique, l’Iedom sociaux applicables dans le département
caractérisée par un enrichissementcentralise trimestriellement les sur ceux de métropole y a aussi contri-
informations sur l’épargne et le crédit important de l’offre de produits bancai-
bué ; il convient de rappeler à ce titredes agents économiques réunionnais res (assurance-vie, crédits à la consom- que la dernière mesure a concerné leauprès de l’ensemble des établissements mation, cartes de crédits, prêts à taux revenu minimum d’insertion, dont l’ali-de crédit et assimilés du département,
variables ou plafonnés pour les crédits gnement total est intervenu le 1er janvierainsi que d’un certain nombre
immobiliers, etc.), la place financièred’établissements installés hors du 2002.
réunionnaise ayant quasiment atteint à ladépartement. D’autres informations sont
fin de l’année 2002 les standards métro-également collectées à un rythme
Epargne des ménages réunionnaissemestriel ou annuel, concernant politains en la matière.
(en millions d’euros)
notamment les résultats du secteur
bancaire, le coût du crédit, les moyens
5 000Forte croissance dede paiement, le nombre de comptes ou
les effectifs. Cet échange d’informations l’épargne depuis cinq ans 4 000
entre l’Iedom et les établissements de
3 000crédit installés localement est régi par Sur les cinq dernières années, l’épargne
une convention de place, à l’image de
2 000totale des ménages réunionnais (particu-ce qui est pratiqué par la Banque de
liers et entrepreneurs individuels) aFrance dans les différentes régions 1 000
connu une croissance de 48 % pourmétropolitaines.
0atteindre 4,6 milliards d’euros, soit une déc déc déc déc déc déc
hausse moyenne annuelle d’environ 8 %. 97 98 99 00 01 02
L’épargne moyenne par ménage, c’est-
Dépôts à vueà-dire le patrimoine financier détenu en
Placements liquides ou à court terme
moyenne par chaque ménage réunion-s à long terme
nais, est ainsi passée de 15 152 € en
1997 à 19 711€ en 2002.
Les dépôts à vue et les placementsHors portefeuille de titres et contrats
à court terme ont repris de l’im-
d’assurance-vie, cette épargne était de portance depuis le milieu de
15 173 € en 2002, soit 49 % de son l’année 2000.
équivalent métropolitain. Ce rapport
était de 44 % en 1997, ce qui témoigne La structure de l’épargne des Réunion-
d’un effet de rattrapage sur la période, nais a connu de profonds changements
même si l’écart reste de l’ordre de un à sur la période 1997-2002. La part des
1deux. Cet écart s’explique par la diffé- placements à long terme s’est ainsi ren-
rence de revenus des ménages à La Réu- forcée continuellement jusqu’en mars
économie 2e trimestre 20036 DE LAREUNIONéconomie
l’épargne et de l’endettement
2000 grâce à la bonne orientation des sait auparavant à environ 21 %. Ce cons-
Répartition de l’endettement moyen desmarchés actions sur cette période. Elle a tat tendrait à confirmer que les encaisses ménages réunionnais
atteint 44,5 % du total des actifs à cette thésaurisées déposées avant le passage à (particuliers + entrepreneurs individuels (EI))
date, contre moins de 40 % fin 1997. La l’euro n’ont pas été reconstituées massi-
crise que les marchés traversent depuis vement, créant ainsi un effet de cliquet
29%
la mi-2000, après l’éclatement de la sur des sommes qui étaient jusqu’alors
“bulle technologique”, a ramené la part exclues des circuits financiers. Leur
des placements à long terme des Réu- reconstitution pourrait, dans ces condi-
nionnais à 41 % en fin d’année 2002. tions, s’avérer plus progressive qu’ima-
55%
giné initialement, à La Réunion comme
3%Parmi les placements à long terme, les
en métropole.
contrats d’assurance-vie ont crû sur la 7%
période de 145 % et constituent aujour-
6%L’endettement croît aussid’hui l’un des supports de placement
préférés des Réunionnais. Cette affinité trésorerie EIhabitat
Parallèlement, l’endettement des Réu- douteux consommations’explique, comme en métropole, par les
équipement EInionnais a connu sur la même périodeavantages fiscaux qui leur sont attachés
une croissance d’une ampleur voisine deet les performances des produits propo-
sés qui peuvent être, pour partie, déco- celle de leurs actifs. Le total des crédits
portés par les particuliers et les entrepre-rellées des soubresauts boursiers. Plus de la moitié des crédits sont
neurs individuels a ainsi progressé de des prêts à l’habitat.
46 %, tandis que l’endettement moyenPlacements à court terme
par ménage a augmenté de 29 %. Celui-
et thésaurisation ci était estimé au 31 décembre 2002 à période pour atteindre 55 % en 2002,
contre 51 % en 1997. En revanche, le17 500 euros, soit le niveau observé en
Une autre évolution significative concerne poids des crédits à la consommation estmétropole en 1998. Il est intéressant de
2
les placements rémunérés à court terme . resté stable à 29 %.noter que sur ce montant, 9 700 euros
Leur part dans le total des actifs a fléchi correspondent à des crédits à l’habitat
La croissance des crédits à l’habitat estde près de 40 % début 1998 à moins de (soit 30 % de moins qu’en métropole) et
favorisée par la conjonction d’un certain34 % fin 2000, en raison de la baisse des 5 000 euros sont des crédits à la consom-
nombre de facteurs favorables. Touttaux d’intérêt à court terme et des taux mation (soit 12 % de plus qu’en métro-
d’abord, les taux à long terme de réfé-réglementés servis sur certains supports. pole).
rence ont diminué de 1,3 point depuis leA partir de la fin 2000, leur part s’est
début de l’année 1997, orientant à laLes cinq dernières années se caractéri-redressée pour atteindre 35,2 % en fin
baisse les conditions de sorties offertessent par un rattrapage progressif dud’année 2002. En fait, ces placements
par les établissements de crédit de laniveau d’endettement des ménages réu-ont servi de refuge depuis le recul des
place. La concurrence bancaire ensuite,nionnais vers les niveaux nationaux. Enmarchés financiers, offrant une rémuné-
particulièrement vive sur ce marché por-effet, la dette moyenne d’un ménageration faible mais exempte de risques.
teur, a fortement contribué au quasi-ali-réunionnais représente 82 % de celle
Par ailleurs, ces produits à court terme gnement des conditions sur celles prati-d’un ménage métropolitain à la fin 2002,
ont également accueilli pour partie le quées en métropole. Enfin, les différentscontre 78 % à la fin 1997.
fruit de la déthésaurisation opérée par dispositifs de défiscalisation qui se sont
les ménages réunionnais au second Même si la part des crédits à l’habitat succédés (loi Pons, loi Paul et loi pro-
semestre 2001 avant le passage à l’euro reste plus faible qu’en métropole, ils gramme à venir), tous applicables à
sont en forte augmentation depuis 1997fiduciaire. Estimée à environ 91 millions l’acquisition ou à la construction de sa
d’euros, elle a également alimenté les (+ 59 %), alors que les crédits à la résidence principale, ce qui est propre à
comptes courants ou dépôts à vue. Ces consommation n’ont augmenté que de l’Outre-mer, ont motivé nombre de Réu-
derniers ont en effet augmenté de 14 % à 47 % et les crédits d’équipement des nionnais à devenir propriétaire de leur
entrepreneurs individuels de 38 %. Lala fin de l’année 2001, et leur part dans logement.
le total des actifs s’est maintenu depuis part des crédits à l’habitat dans le total
Stéphane MARTINautour de 23,5 %, alors qu’elle s’établis- s’est donc logiquement renforcée sur la
1Actions, obligations, OPCVM titres, contrats d’assurance-vie, Plan d’épargne populaire,
Plan d’épargne logement.
2Livrets A, Livrets jeunes, livrets ordinaires, Codevi, Livrets d’épargne populaire, compte
d’épargne logement, OPCVM monétaires, bons de caisses et d’épargne, comptes créditeurs à
terme.
économie2e trimestre 2003 7DE LAREUNION

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