Démographie des établissements : un fort renouvellement mais un impact plus limité sur l'emploi

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Durant la dernière décennie, le tissu productif lorrain se renouvelle fortement, en phase avec les évolutions nationales. Entre 1993 et 1997, le nombre d'établissements diminue légèrement.De 1998 à 2002, il progresse au même rythme que la moyenne française, principalement dans le sillon lorrain et à l'est de la région. L'évolution de l'emploi salarié sur une année dépend moins des mouvements de créations ou de disparitions d'établissements que des variations d'effectifs dans les établissements pérennes. C'est dans le devenir de ces créations que réside l'augmentation de l'emploi. Elles contribuent en effet à la mutation du système productif, surtout à l'intérieur des secteurs et des zones d'emploi.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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www.insee.fr/lorraine ° N 2 Février 2004  3
Démographie des établissements : un fort renouvellement, mais un impact plus limité sur l’emploi
Durant la dernière décennie, le tissu productif lorrain se renouvelle fortement, en phase avec les évolutions nationales. Entre 1993 et 1997, le nombre d’établissements diminue légèrement. De 1998 à 2002, il progresse au même rythme que la moyenne française, principalement dans le sillon lorrain et à l’est de la région. L’évolution de l’emploi salarié sur une année dépend moins des mouvements de créations ou de disparitions d’établissements que des variations d’effectifs dans les établissements pérennes. C’est dans le devenir de ces créations que réside l’augmentation de l’emploi. Elles contribuent en effet à la mutation du système productif, surtout à l’intérieur des secteurs et des zones d’emploi.
d’unLpeu moins de 3 000 unités entre 1993 et e nombre d’établissements progresse 2002 en Lorraine, pour atteindre 76 000 éta blissements. Cependant, en dépit de cette sta bilité apparente, le tissu productif se renouvelle fortement à la faveur des créations, cessations et reprises qui se succèdent à un rythme rapide. Chaque année, entre 1993 et 2001, c’est en moyenne 13,6% des établisse ments qui apparaissent et 12,4% qui dispa raissent. La Lorraine occupe une position médiane parmi les régions françaises, tant en ce qui concerne l’importance des créations que des disparitions.
Position médiane parmi les régions françaises
Pour la croissance du nombre d’établissements, la Lorraine se classe également dans une posi e tion médiane (22 régions12 sur ), avec un taux (+4%) supérieur à celui du NordPasdeCalais,
de ChampagneArdenne (+1%) et de la Picardie (2%). Les pertes ont été plutôt modérées entre 1993 et 1997 et la croissance est restée dans la moyenne ensuite. L’augmentation légèrement moins marquée en Lorraine est due au portefeuille d’activités présentes sur son territoire. C’est le cas de la plupart des régions, par contraste avec l’IledeFrance, qui concentre de nombreuses activités plus dynamiques que la moyenne. La Lorraine compense en partie ce déficit struc turel par un dynamisme propre, d’ampleur comparable à celui de la Bretagne, de la BasseNormandie et même de RhôneAlpes. Le taux moyen d’entrée (1) de nouveaux éta blissements est quant à lui comparable à celui du NordPasdeCalais, et supérieur à celui des régions Picardie et ChampagneArdenne. Pour le taux de sortie (1), la région est proche
(1) Voir note de méthode.
des régions voisines (Alsace, Cham pagneArdenne, Picardie), mais aussi du Centre ou des Pays de la Loire.
Deux périodes distinctes mar quent la démographie des entre prises. De 1993 à 1997, le nombre d’établissements évolue peu au total. En 1993, alors que l’activité se dégrade fortement, les disparitions atteignent un ni veau plus élevé que les créations, sans que cellesci ne connaissent une chute. En 1996, un nombre élevé de disparitions accompagne un faible dynamisme des créa tions. Le nombre d’établissements chute alors fortement, effaçant les gains de 1994 et 1995. De puis 1997, le stock d’établisse ments s’est fortement accru et varie de façon continue. Ces évo lutions ne sont pas spécifiques à la Lorraine, qui à cet égard ne pâ tit d’aucun handicap, et l’on ob serve les mêmes mouvements pour l’ensemble de la France.
Un tissu industriel en mutation
Le tissu industriel lorrain, stable en nombre d’établissements, est dans une phase intense de mutation. Après les vagues de fermetures en registrées durant les années 1980 dans les activités industrielles histo riques, la Lorraine cherche pendant la décennie 1990 un nouveau souffle industriel dans le développe ment d’activités de reconversion, avec un succès inégal.
Par rapport à l’ensemble de la France, la Lorraine se caractérise par une progression dans des secteurs industriels qui perdent des établissements au niveau na t i o n a l . A i n s i l ’ a u t o m o b i l e , l a chimiecaoutchoucplastiques et les équipements électroniques ap paraissent comme des secteurs se développant particulièrement en Lorraine entre 1993 et 2002. La métallurgietransformation des métaux reste stable en nombre d’établissements, alors que ce secteur régresse au niveau natio nal. Enfin, les industries des com p o s a n t s é l e c t r i q u e s e t é l e c t r o n i q u e s e t d e l ’ i m p r i merieédition gagnent proportion nellement plus d’établissements
2
Les services moins dynamiques en Lorraine
en Lorraine qu’en France. Par ail leurs, le secteur des biens de consommation perd de nombreux établissements. Le secteur de l’habillementcuir a ainsi perdu 44% de ses établissements de puis 1993. Dans le secteur de l’agroalimentaire, les cessations ont également été nombreuses, comme pour l’ensemble de la France. Il s’agit de disparitions de petits établissements de la bou cherie, de la charcuterie et de la boulangerie artisanale.
A l’inverse, en Lorraine, le nombre d’établissements dans les services progresse moins vite qu’en France. Ainsi, en lien avec la faible crois sance de la population, on observe un moindre développement de la santéaction sociale, des établisse ments de formation, des activités récréatives, culturelles et sporti ves, des postes et télécommunica tions. Les créations de cabinets d’auxiliaires médicaux expliquent une large part de la progression des établissements liés à la santé e t à l ’ é d u c a t i o n . L ’ i m m o b i l i e r compte de nombreux nouveaux établissements, avec un fort taux de renouvellement. La progression relativement limitée dans les servi ces aux particuliers résulte de mouvements opposés. On compte de plus en plus d’établissements dans la coiffure, les activités artisti
ques, et la restauration rapide. Au contraire, les débits de boissons, les restaurants traditionnels et les hôtels avec restaurant sont de moins en moins nombreux. Le dynamisme est également moindre qu’en moyenne dans les services aux entreprises, notam ment le conseil et l’assistance et les services opérationnels, sec teurs qui ont cependant progres sé sur la période.
Fort développement dans les banlieues et les petites communes
Les établissements ne se créent pas au hasard sur le territoire lor rain : prix du foncier, recherche d’espace, proximité des concen trations de population, fiscalité ou encore infrastructures peuvent être des critères pour le choix de localisation. En particulier, la dyna mique démographique des établis sements n’est pas la même selon le degré d’urbanisation des terri toires. Dans les zones les plus ur baines s’implantent des secteurs d’activité où l’on observe une plus forte rotation des établissements, avec un taux d’entrée comme un taux de sortie élevés. Au con traire, les zones rurales sont mar q u é e s p a r u n e p l u s g r a n d e pérennité des établissements.
3 000 établissements de plus depuis 1997
Évolution du nombre d’établissements en Lorraine
20%
18%
16%
14%
12%
10%
8%
6%
4%
2%
0%
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
Taux d'entrée Taux de sortie(Échelle de gauche) (Échelle de droite) Nombre d'établissements
Source : Insee, SIRENE  Champ ICS
77 000
76 000
75 000
74 000
73 000
72 000
71 000
70 000
Un fort contraste entre l’Est et l’Ouest de la Lorraine
Évolution du stock d’établissements 1993  2002 et nombre moyen d’établissements par zone d’emploi
MeuseduNord
Longwy
Commercy BarleDuc
Thionville Briey
Metz
Nancy Toul
Évolution du nombre d'établissements 19932002 (%) Vosgesdel'Ouest 7 4 1,5 1,5
BassinHouiller
Sarrebourg
Lunéville
Épinal
SaintDié
Sarreguemines
Nombre moyen d'établissements 14 800 2 600
RemiremontGérardmer
Source : Insee, SIRENE  Champ ICS
Fort dynamisme propre à Metz Décomposition du taux d’évolution du nombre d’établissements par zone d’emploi entre effets structurel et géographique 1,0 Effet géographique (%)
0,5
0
Briey
SaintDié Remiremont Gérardmer
Sarrebourg
Toul
Sarreguemines Thionville Bassin Houiller
Épinal
Commercy Meuse du Nord 0,5 Lunéville Vosges de l'Ouest BarleDuc 1,0Longwy
Metz
Nancy
Effet structurel (%) 1,5 0,3 0,2 0,1 0 0,1 0,2 0,3 Note : le taux d’évolution est ici mesuré par le taux net moyen : différence entre le taux d’entrée moyen et le taux de sortie moyen sur la période. Note de lecture : les zones d’emploi de Nancy et de Metz bénéficient toutes deux d’un effet positif de plus 0,2% lié à leur portefeuille d’activités. Metz y ajoute un dynamisme propre estimé à 0,6%. Au total, l’évolution est la somme de ces deux effets. Source : Insee, SIRENE  Champ ICS
Les villes centres moins attractives
EFFET STRUCTUREL ET EFFET SPÉCIFIQUE
Le nombre d’établissements a augmenté dans les banlieues des grandes agglomérations et les pe tites communes, notamment cel l e s o ù r é s i d e n t d e s a c t i f s travaillant dans les pôles urbains. Les villescentres des grandes ag glomérations ont perdu de nom breux établissements entre 1993 et 1997, et n’en ont regagné qu’à un rythme moyen ensuite. Les établissements des secteurs du conseil et de l’assistance, du com merce de gros, du commerce au t o m o b i l e e t d e s s e r v i c e s personnels se sont plus souvent implantés en banlieue que dans les villescentres. Le manque de place et le coût des implantations sont une explication possible. Les communes moyennes et les peti tes villes de l’espace à dominante rurale (qui ne dépendent pas d’un pôle urbain pour l’emploi) ont perdu par contre des établissements sur la période 19932002, en lien avec une population de moins en moins nombreuse.
Metz, Toul et Sarreguemines en pointe
La Lorraine est marquée par une forte polarisation géogra phique des mouvements d’éta blissements. On enregistre peu de créations dans l’ouest de la région. Dans les zones les plus rurales de la Meuse, le déclin démographique de la population coïncide avec celui des établisse ments. Les Vosges de l’Ouest ont subi en particulier de nom breuses fermetures de fabriques de meubles. L’est de la région et le sillon lorrain sont notablement plus dynamiques.
Cette décomposition des variations de l’emploi permet d’analyser les différentiels d’évolution d’une zone géographique à l’autre en te nant compte des différences de structure du tissu productif. En effet, si une zone se caractérise par un poids important d’activités mal orientées (ou au contraire très dynamiques), il serait normal que l’évolution globale y soit plus défavorable (ou au contraire plus favorable). Ce potentiel de la zone est calculé comptetenu du poids relatif des différentes activités de la zone, en appliquant à chaque secteur la variation observée sur une zone de référence, ici la Lorraine. Il est appelé «effet structurel». L’«effet spécifique» ( ou «effet géographique») de la zone correspond à l’écart entre l’évolution réellement observée et l’évolution at tendue du fait du potentiel de cette zone. Il est d’autant plus positif (et inversement négatif) que les différents secteurs d’activité ont connu des évolutions plus favorables (et inversement moins favorables) que dans la zone de référence (ici la Lorraine). On a alors : Évolution = effet structurel + effet spécifique.
3
LE SILLON LORRAIN EN TÊTE DEPUIS 1997
10%
Forte croissance depuis 1997
11
10,5
Toul
Briey Sarreguemines
Source : Insee, SIRENE  Champ ICS
Taux d’entrée (%) 17
1993  1997
16
Des évolutions comparables du nombre d’établissements peuvent recouvrir des configurations très différentes pour ce qui est des taux d’entrée et de sortie. Metz occupe une position exceptionnelle en Lorraine. La zone associe des très forts taux d’entrée et de sortie à une très forte croissance du nombre d’établissements. Un deuxième groupe rassemble Nancy et deux zones du nord de la Moselle, Thionville et le Bassin Houiller.
6%
4
8%
2%
4%
S a r r e g u e m i n e s
M e t z
M e u s e d u N o r d
De 1993 à 1997, de nombreuses zones ont subi une baisse du nombre d’établissements. De 1997 à 2002, alors que l’économie se portait mieux, seule la zone de Longwy n’a pas connu de progression. Les zones de Commercy, des Vosges de l’Ouest, de BarleDuc et de Lunéville, qui avaient été particulièrement touchées par les baisses, ont regagné depuis 1997 le terrain perdu. Depuis 1997, quatre zones du sillon lorrain, Metz, Toul, Nancy et Thionville connaissent les rythmes de croissance les plus élevés. Les zones de SaintDié et de Sarreguemines ont eu, sur l’ensemble de la période 19932002, une croissance plus régulière que les autres.
R e m i r e m o n t  É p i n a l N a n c y G é r a r d m e r S a r r e b o u r g B a s s i n H o u i l l e r
B r i e y
T h i o n v i l l e
BarleDuc 10 1011 12 13 14 15 Note : la surface est proportionnelle à l’évolution. Les pertes sont en bleu. Source : Insee, SIRENE  Champ ICS
1993  2002
To u l
S a i n t  D i é
L u n é v i l l e
1997  2002
0%
Entrée, sortie et évolution du nombre d’établissements entre 1993 et 2002 14,5 Taux de sortie (%)
6%
8%
2%
4%
Évolution du nombre d’établissements par zone d’emploi 12%
Epinal Lunéville SaintDié Meuse du Nord Commercy Sarrebourg Vosges de l'Ouest RemiremontGérardmer
Longwy
Bassin Houiller Thionville Nancy
Taux d’évolution (%) 9,4 4,1
Un renouvellement moindre dans les zones à dominante rurale
Metz
C o m m e r c y
B a r  l e  D u c
L o n g w y
Vo s g e s d e l ' O u e s t
13
12,5
12
11,5
14
13,5
L’évolution du nombre d’établisse ments dans une zone résulte pour une part de la composition secto rielle de son système productif («effet structurel» : voir encadré) : une zone plus tertiarisée connaît natu rellement une croissance des en treprises plus forte. Mais sa dynamique propre joue également. Nancy et Metz bénéficient toutes deux d’un effet structurel très posi tif, principalement en raison de la forte implantation des établisse ments du conseil et de l’assis tance. Cependant Metz y ajoute un fort dynamisme spécifique, qui l’amène à accueillir plus de nou veaux établissements que Nancy. Toul, au contraire, pâtit d’un léger désavantage en terme de porte feuille d’activités, qu’un effet géogra phique propre fait plus que compenser. Sa proximité immédiate avec la zone de Nancy lui permet vraisemblablement de «capter» une partie de la croissance nancéienne. La zone de Sarreguemines bénéficie quant à elle de l’implantation de l’usine Smart et de nombreux soustraitants de l’automobile. Les évolutions du nombre d’établis sements à Thionville et dans le Bas sin Houiller sont proches de celles de Nancy, mais elles ne sont pas de même nature. C’est la structure productive de Nancy qui lui assure une hausse du nombre d’établisse ments. Mais c’est uniquement par un effet propre à la zone que le
nombre d’établissements progresse à Thionville et dans le Bassin Houil ler. Il s’agit peutêtre du résultat des efforts de réindustrialisation dans ces zones qui ont éprouvé de gran des difficultés économiques. Ce dy namisme ne se retrouve pas dans la zone de Longwy, qui a également fortement subi la crise de la sidé rurgie et possède encore un handi cap particulier, dont est emblématique la fermeture récente de Daewoo. A Briey et Longwy, le poids important des établissements du commerce de détail a eu un im pact négatif sur la démographie des établissements.
Les zones de RemiremontGérard mer et SaintDié sont structurelle ment déficitaires en terme d’évolution du nombre d’établisse ments. Dans les deux cas, les diffi cultés dans les secteurs de l’habillement et du boispapier ont eu un impact négatif. Cependant, ces pertes ont été compensées par le développement des transports, et, pour RemiremontGérardmer, des activités culturelles et sportives.
Des créations d’emploi surtout les deux premières années
De nombreux établissements dispa raissent au cours des premières années de leur vie. En effet, quatre ans après leur création, seuls la moitié des établissements sont en
Un établissement sur trois encore actif huit ans après sa création
Pourcentage moyen d’établissements survivants selon leur âge (établissements nés entre 1993 et 2002) % 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 Âge de l'établissement (en années) 0 3 4 5 8 1 2 6 7
Source : Insee, SIRENE  Champ ICS
Les nouveaux établissements plus fragiles
core actifs, et un tiers seulement après huit ans. Le risque de sortie de l’établissement décroît régulière ment au cours du temps. Les nou veaux établissements apparaissent ainsi plus fragiles que les anciens. Des différences entre les généra tions existent cependant. Ainsi les établissements nés en 1998, béné ficiant d’une conjoncture écono mique plus favorable, possèdent un meilleur taux de survie à trois ans que ceux nés en 1995 ou 1994.
Les créations d’emplois dans les nouveaux établissements sont for tes les deux premières années de leur vie. En moyenne, c’est plus de 4 000 emplois salariés qui sont créés dans les nouveaux éta blissements survivants la pre mière année, environ 3 000 la deuxième, et 1 500 la troisième année. Les établissements créés en 2000 se distinguent en créant plus de 6 500 emplois dès la pre mière année. Par la suite, les nou veaux établissements survivants restent créateurs d’emplois, mais à un moindre niveau.
Au total, l’emploi dans les nouveaux établissements croît la première année d’environ 7% en moyenne. Dès la troisième ou quatrième année, les pertes d’emplois dans les cessations l’emportent sur les créa tions dans les établissements survi vants, et l’emploi dans les établissements de la génération est inférieur à l’emploi initial. Une partie de ces disparitions d’emplois ne sont cependant qu’apparentes, une cessation d’activité est en effet sou vent suivie d’une reprise.
Emploi : les créations ne compensent pas les disparitions sur une année…
Les idées intuitives sur les liens entre démographie des établis sements et emploi sont souvent prises en défaut. En moyenne, sur une année, 65% des établis sements ne cessent pas leur ac t i v i t é e t n e g a g n e n t n i n e perdent des emplois. Il s’agit s o u v e n t d e p e t i t s é t a b l i s s e ments, parfois sans salarié. Les v a r i a t i o n s d ’ e f f e c t i f s s o n t
5
6
Autre intuition démentie : les sec teurs en croissance enregistre raient beaucoup de créations et peu de disparitions, ou possède raient de nombreux établisse
Évolution de l’emploi salarié dans les nouveaux établissements
Les pertes l’emportent sur les créations à partir de la troisième année
Établissements pérennes Solde des mouvements démographiques Source : Insee, SIRENE  Champ ICS
ments en croissance et peu en déclin. A une forte proportion d’emplois gagnés dans les créa tions correspond souvent une forte proportion d’emplois perdus d a n s l e s d i s p a r i t i o n s . E n moyenne, on compte ainsi huit emplois perdus pour dix créés dans les établissements pérennes des secteurs en croissance, et la proportion inverse pour les sec teurs en déclin. Dans les services opérationnels (intérim, nettoyage) c’est plus de 15% de l’emploi qui est concerné,
Variation de l’emploi
30 000
20 000
10 000
ments de moins de 10 salariés. Le mouvement de renouvellement des établissements est donc créateur de 13 000 emplois environ.
60
70
90
80
1999
1998
Sur une année, la variation de l’emploi dépend des établissements pérennes
1997
2001
2000
0
2 3 4 5 Source : Insee, SIRENE  Champ ICS
1
Les créations plus petites que les cessations
110
100
120
Nombre d’emplois salariés
30 000
20 000
10 000
0
Base 100 année de la création
1996
1994
1993
Croissance d’établissements, créations d’emplois : une relation complexe
7
6
Âge de l'établissement (en années)
1995
… mais les mouvements d’établissements créent 13 000 emplois entre 1993 et 2002
Au total, créations d’établissements et évolution de l’emploi sont ainsi peu liées pour une année donnée, tant pour les secteurs d’activité que pour les zones d’emploi. En Lor raine, les plus fortes évolutions d’emploi sont ainsi enregistrées dans des zones possédant des taux de création et de disparition pures (hors reprises) à un niveau moyen.
concentrées dans 25% des éta b l i s s e m e n t s . T o u j o u r s e n m o y e n n e , 5 % d e s é t a b l i s s e ments sont l’objet d’une reprise, 7% cessent leur activité, et à peu près autant se créent.
Seulement 38% des établissements lorrains actifs début 2002 étaient déjà présents en 1993, et parmi les établissements existant en 1993, 62% ont disparu ou ont été repris. Entre 1993 et 2002, envi ron 6 600 emplois ont été créés dans les établissements pérennes. Les établissements ayant cessé leur activité durant la même période comptaient 205 000 emplois en 1993. Une part importante de ces établissements ont en réalité été re pris, ou ont changé d’implantation, en grande majorité en restant en Lorraine. Seuls 55 500 emplois ont été perdus dans ces mouvements. Les établissements créés entre 1993 et 2002 totalisaient 68 500 emplois en fin de période, dont plus de 40% dans des petits établisse
Sur une année, ce sont les évolu tions dans les établissements péren nes qui donnent le ton de l’évolution de l’emploi, et non les mouvements liés à la démographie des établisse ments. Ces derniers ont en général, pour une année donnée, un impact négatif sur la variation de l’emploi. Les nouveaux établissements sont en effet, au démarrage, de taille souvent inférieure aux établisse ments sortants. L’emploi dans les établissements entrants représente ainsi en moyenne chaque année 6% de l’emploi total, alors que 8% de l’emploi est perdu dans les établisse ments sortants.
chaque année, par des cessations et des créations, et plus de 10% dans le conseil et l’assistance, de même que dans les activités ré créatives, culturelles et sportives. Ces secteurs se caractérisent ain si par un fort renouvellement des établissements et de l’emploi. La part importante de petits établis sements dans ces secteurs ex plique en partie ces taux.
Les secteurs industriels sont gé néralement plus stables, tant pour l’intensité des mouvements démographiques que pour la pro portion des emplois concernés. Le secteur de l’énergie, qui com prend notamment des établisse mentsEDF, est ainsi extrêmement stable en nombre d’établisse ments. Deux secteurs industriels en difficulté se distinguent cepen dant. Dans l’habillementcuir, on enregistre de nombreuses cessa tions d’établissements et peu de créations. En terme d’emploi, le mouvement démographique se traduit ainsi par de nombreuses pertes et un solde négatif. Dans l’industrie textile, le bilan des ces sations et des créations est équili b r é p o u r l e s é t a b l i s s e m e n t s . Cependant, les nouveaux établis sements sont beaucoup plus pe tits que ceux cessant leur activité, et les pertes d’emplois dues aux
mouvements démographiques des établissements sont nombreuses. De même, à une grande quantité d’emplois apparus dans les éta blissements pérennes en crois sance une année donnée dans un secteur, correspondent d’impor tantes pertes dans les établisse ments en déclin. De la sorte se distinguent des secteurs à forte volatilité de l’emploi : créations et disparitions en grand nombre, forte croissance et forte décrois sance. La logique selon laquelle évoluent ces secteurs n’est pas la même. Les services aux entre prises, les services aux particu liers et les activités immobilières se caractérisent ainsi par de forts gains d’emplois dans des établissements en croissance et, simultanément, de fortes pertes dans des établissements en dé croissance. Au total, ces sec teurs sont créateurs d’emplois. Deux secteurs s’écartent de ce schéma général. L’emploi dans les établissements du secteur de l’énergie subit les pertes liées à la fermeture progressive des mines de charbon lorraines. Au con traire, dans l’industrie automo b i l e , o n o b s e r v e d e f o r t e s augmentations d’emplois et peu d’emplois perdus dans des éta blissements en déclin.
La réallocation de l’emploi plus forte dans les services
Réallocation moyenne de l’emploi par secteurs d’activité (19932001)
Services aux entreprises
Services aux particuliers Activités immobilières Construction Commerce Transports Agroalimentaire Biens d'équipement Éducation, santé Biens intermédiaires Biens de consommation Automobile Energie
0%
5%
10%
15%
20%
25%
établissements pérennes créations/ disparitions
30%
35%
40%
Note : les mouvements de créations et de disparitions sont considérés hors reprises. Lecture : dans les ser vices aux entreprises, plus de 40% de l’emploi est réalloué chaque année en moyenne. Les réallocations liées aux mouvements de création et de disparition d’établissements représentent 18% de l’emploi, celles liées aux évolutions d’emplois dans les établissements pérennes 24%.
Source : Insee, SIRENE  Champ ICS
45%
Des secteurs en mutation
Peu d’échanges d’emplois entre secteurs
Il existe de vastes mouvements de réallocation de l’emploi (2) entre le début et la fin de chaque année. Ils résultent des créations et cessa tions, ainsi que des évolutions dans les établissements pérennes. En 2001, 124 000 emplois ont ainsi été réalloués entre secteurs entre le début et la fin de l’année, soit près de 30% de l’emploi total. En moyenne, sur l’ensemble de la pé riode 19932002, c’est 25% de l’emploi qui est réalloué chaque année. L’évolution globale de l’emploi en Lorraine explique en moyenne 7% de ces mouvements. En 2001, on compte ainsi un peu moins de 12 000 emplois supplémentaires. Une part des mouvements d’emploi, environ 5% du total en moyenne, est réallouée entre secteurs en dé clin et secteurs en croissance. Mais dans plus de 80% des cas, l’emploi réalloué n’aura eu aucune consé quence en terme de mouvements d’emploi entre secteurs ou d’évolu tion régionale de l’emploi. Une grande part des mouvements d’em ploi s’explique donc par la réalloca tion au sein d’un même secteur, et correspond ainsi à la réorganisation interne entre établissements dyna miques et établissements en déclin de ce secteur.
Les mouvements de réallocation d’emploi sont très différents sui vant les secteurs. L’expérience, la technicité du travail, les qualifica tions nécessaires peuvent être ainsi des freins aux mouvements des salariés entre entreprises. D’autre part, un secteur constitué de petits établissements connaît, en règle générale, une instabilité plus prononcée, avec de nombreu ses fermetures et créations.
Les services, qui cumulent sou vent faibles qualifications et éta b l i s s e m e n t s d e p e t i t e t a i l l e , possèdent ainsi le taux de réallo cation de l’emploi le plus impor tant. Les activités immobilières, pour lesquelles les mouvements de salariés entre entreprises pé rennes sont également nombreux, apparaissent en revanche plus
(2) Voir note de méthode.
7
8
Savoir plus :
 Des entreprises en constant renou vellement  Insee MidiPyrénées, 6 pages, n° 68 (déc. 2003)
 L’impact sur l’emploi des créations d’entreprises  Insee Lorraine  Insee première, n° 917 (août 2003)
 Tableau de bord 2002 de la créa tion d’entreprises en Lorraine  Insee Lorraine, IDIL  Économie Lorraine dossiers, n° 16 (avril 2003)
Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie Insee Institut National de la Statistique et desÉtudesÉconomiques Direction Régionale de Lorraine 15, rue du Général Hulot CS 54229 54042 NANCY CEDEX Tél :03 83 91 85 85 Fax :03 83 40 45 61 www.insee.fr/lorraine
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION JeanPaul FRANÇOIS Directeur régional de l’Insee
COORDINATION RÉDACTIONNELLE Joël CREUSAT William ROOS
RÉDACTRICE EN CHEF Agnès VERDIN
SECRÉTARIAT DE FABRICATION MISE EN PAGE  COMPOSITION MarieOdile LAFONTAINE MarieThérèse PERRIN
ATTACHÉE DE PRESSE Brigitte MILITZER
ABONNEMENTS Myriam PUJOL
Code SAGE : EL040240 ISSN : 02939657 © INSEE 2004
NOTE DE MÉTHODE
Cette étude a été réalisée à partir des données de SIRENE, le répertoire national des entreprises et des établissements géré par l’Insee. Le champ de l’étude comprend les établissements du secteur marchand, hors agri culture et services financiers (champ ICS). Les établissements ont été sui vis sur la période 19932002. Sa principale originalité est de raisonner en solde net des créations et dis paritions d’établissements alors que les analyses conjoncturelles habituel les ne considérent que les créations d’entreprises. Elle cherche aussi à mesurer l’impact de ces mouvements en terme d’emploi. Le taux dentréeest la part des établissements entrant dans le champ rapportés au nombre d’établissements. Le taux de sortieest la part des établissements sortant du champ rappor tés au nombre d’établissements. Le taux netest la différence entre le taux d’entrée et le taux de sortie. La réallocation totale demploicorrespond pour une année donnée à la somme de l’évolution de l’emploi dans les établissements en croissance, de l’emploi perdu dans les établissements en déclin, de l’emploi apparu dans les créations ex nihilo et de l’emploi disparu dans les cessations non suivies d’une reprise. Cette réallocation globale est ensuite décomposée entre :  la part ayant contribué à la variation globale d’emploi en Lorraine ;  la part ayant contribué à la réallocation entre strates (secteurs, zones d’emploi ou les deux) en croissance et strates en décroissance ;  la part résultant des ajustements du système productif au sein d’une strate. Les créations et destructions d’emplois sont calculées par comparaison des effectifs salariés des établissements en début et en fin d’année. Si les effectifs augmentent, il y aura création d’emplois, s’ils diminuent, on aura des destructions d’emplois. Cette méthode ne tient pas compte des mou vements de travailleurs (embauches, licenciements, retraites...) à l’intérieur des établissements, ni des variations infraannuelles de l’emploi. Les réal locations d’emplois seront mesurées par le total de ces créations et de ces destructions d’emplois.
stables pour ce qui concerne la durée de vie des établissements.
Le taux de réallocation est relati vement faible dans les secteurs in dustriels. Le secteur de l’énergie, qui ne comprend quasiment que des grands établissements, enre gistre peu de mouvements d’em p l o i d a n s l e s c r é a t i o n s e t cessations, mais les pertes d’em plois dans les mines de charbon entraînent des variations consé quentes dans les établissements pérennes. L’emploi dans le sec teur automobile apparaît égale ment comme relativement stable (hors emploi intérimaire).
L’observation de la réallocation entre zones d’emploi donne des résultats comparables à ceux constatés pour les secteurs. Les mouvements d’emploi entre zones sont faibles au regard des mouvements d’emploi au sein de chaque zone.
La réallocation d’emplois entre les zones ne représente que 3% du
total, alors que près de 90% de ces mouvements sont liés à la réorganisation interne du système productif des zones d’emploi. On observe là encore quelques dispa rités suivant les zones. Ainsi, les zones où les activités de services sont les plus développées, comme Nancy et Metz, enregistrent des taux de réallocation parmi les plus importants. La zone de Longwy connaît également, sur l’ensemble de la période, d’importantes réal locations de l’emploi, liées à la réorganisation du système pro ductif dans cette zone. Il en est de même, à un moindre niveau, de Thionville et de Sarreguemines. Au contraire, les zones meusien nes connaissent des mouvements de réallocations moindres, signe d’une évolution plus lente du sys tème productif.
Laurent AUZET
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