Des groupes aux Systèmes Productifs Locaux, des stratégies différentes face à la concurrence internationale

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La Picardie se caractérise par la forte implantation de groupes français et étrangers qui contrôlent 1 emploi sur 2 et 2 sur 3 dans l'industrie. A l'inverse, les groupes picards ne représentent que 10% de l'emploi régional et les têtes de groupes sont surtout localisées dans l'Oise, reflet de la dynamique induite par l'Ile-de-France.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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DYNAMIQUES
CROISSANCE SYSTÈME RÉGIONALE PRODUCTIF 2ÉCONOMIQUES
Des groupes aux Systèmes Productifs
Locaux, des stratégies différentes
face à la concurrence internationale
La Picardie se caractérise par la forte
implantation de groupes français
et étrangers qui contrôlent 1 emploi sur 2
et 2 sur 3 dans l'industrie. À l'inverse,
les groupes picards ne représentent
que 10 % de l'emploi régional et les têtes
de groupes sont surtout localisées
dans l'Oise, reflet de la dynamique induite
par l'Île-de-France.
L'importance des centres de décision
extérieurs à la région est souvent perçue
comme un facteur de fragilité.
Or, s'ils ne créent pas d'emploi, les groupes
préservent une partie de l'emploi
en s'implantant par reprise d'établissement. Les entreprises appartenant à des groupes
français et étrangers ont de meilleurs résultats économiques que les entreprises
indépendantes, en particulier leur part de chiffre d'affaires à l'exportation est deux fois
plus importante pour les groupes français, quatre fois plus pour les groupes étrangers.
Pour faire face à un environnement de plus en plus concurrentiel, les PME se regroupent
en microgroupes (de moins de 500 salariés) drainant 3 entreprises en moyenne ;
d'autres formes de coopération entre entreprises se développent comme les systèmes
productifs locaux, qui permettent aux entreprises de s'adapter et de se renforcer
en mutualisant leurs ressources et leurs compétences.
La région dispose d'un dynamisme à l'international qu'elle doit développer pour conquérir
de nouveaux marchés.
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1 Dans la région, les groupes français (non pi- du Royaume-Uni. Les salariés dépendant de grou-
cards) et étrangers sont bien plus présents qu'en pes français non picards sont employés par des
moyenne nationale. Ils emploient près d'un sala- groupes franciliens, loin devant les groupes du
rié sur deux, et près de deux sur trois dans l'in- Nord - Pas-de-Calais. Ils sont fortement représen-
dustrie. Bien que la région ait très peu de frontières tés dans la métallurgie et la transformation des
avec l'étranger, elle se situe au deuxième rang, métaux (Alcatel, Pechiney, Montupet SA), dans la
derrière l'Alsace, pour la part d'emplois contrôlés transformation de matières plastiques (Faurecia
par les groupes étrangers. La région attire ainsi Interieur Industrie), dans l'industrie des équipe-
des investisseurs étrangers, le plus souvent in- ments du foyer et dans l'industrie des produits
dustriels, et provenant principalement des États- minéraux : la fabrication de verre et d'articles en
Unis, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Suisse et verre dans la région est réalisée en grande partie
par la Compagnie de Saint-Gobain dont le plus
grand établissement se trouve à Compiègne.
:
# Un tiers des têtes
2= de groupes picards dans l'Oise

En contrepartie de l'importance des groupes étran-&
gers, les salariés employés par des groupes ré-

gionaux sont bien moins nombreux qu'au niveau
=
national (10% contre 20%). La localisation des
& têtes de groupes picards s'inscrit dans une dyna- (

1Un groupe d’entreprises est un ensemble d’entreprises liées entre elles
par des participations au capital et parmi lesquelles l’une détient sur les
autres un pouvoir de décision.& * O
2 La tête de groupe est une entreprise qui contrôle au moins une autre
entreprise appelée filiale et qui n’est contrôlée par aucune autre société.
Le contrôle est défini par la détention de plus de 50 % des voix en
assemblée d’actionnaires. La localisation de la tête de groupe détermine
) 88 9 ! 6 la nationalité du groupe.
Les 10 plus grands groupes picards en 2003 (en effectif salarié français)
Tranche d'effectif Localisation
Raison sociale du groupe Activité
salarié français de la tête de groupe
COBEVIAL Plus de 3 000 La Chaussée-Tirancourt Industrie agroalimentaire
SUCRERIES ET DISTILLERIES DE L'AISNE 2 500-3 000 Origny-Sainte-Benoîte Industrie agroalimentaire
A NOVO 1 500-2 000 Beauvais Services aux entreprises
SOCIÉTÉ AUTONOME DE VERRERIES 1 000-1 500 Feuquières Industrie des biens de consommation
GROUPE K FINANCE 1 000-1 500 Albert Services aux entreprises
SOCIÉTÉ VERMANDOISE DE SUCRERIES 500-1 000 Estrées-Deniécourt Industrie agroalimentaire
PH FINANCE 500-1 000 Verberie Industrie des biens d'équipement
AGRO PICARDIE 500-1 000 Boves Commerce
S2F FLEXICO 500-1 000 Hénonville Industrie des biens intermédiaires
SOCIÉTÉ APPROVISION PROMOTION
ÉTUDES COMMERCIALES 500-1 000 Breuil-le-Sec Commerce
Source : Insee, Lifi 2003
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CROISSANCE SYSTÈME RÉGIONALE PRODUCTIF 2ÉCONOMIQUES
mique induite majoritairement par l'Île-de-France, Les groupes,
et beaucoup moins par la région elle-même. En atout ou faiblesse pour la région ?
effet, un tiers des têtes de groupes picards se si-
La dépendance du tissu productif picard à l'égardtuent dans l'Oise. La zone d'Amiens n'occupe pas
des centres de décision extérieurs et notammentla première place en terme d'implantation de tê-
des groupes étrangers est souvent perçue commetes de groupe ni en termes de sièges sociaux puis-
un facteur intrinsèque de fragilité. Elle présenteraitque la zone du Sud-Oise concentre près de 23 %
des risques forts de délocalisations à l'étranger facedes têtes de groupes picards, contre seulement
à la mondialisation et donc une menace pour l'em-16% pour Amiens. En revanche, les groupes
ploi local : les groupes étrangers délocaliseraientamiénois contrôlent un plus grand nombre de sa-
un peu plus souvent parce qu'ils privilégieraient leurlariés que ceux du Sud-Oise (18 % de plus).
pays d'implantation dans le cas d'une réorganisa-
tion, les groupes français garderaient plus souvent Une région attractive
leurs unités de production en France. D'un autrepour les groupes
côté, confronté à une trop forte concurrence, un
groupe qui délocalise ne ferme pas forcémentLa forte implantation des groupes en Picardie est
la totalité de ses usines alors qu'une entreprise in-liée à son histoire, à sa géographie et à sa struc-
dépendante est contrainte de fermer complète-ture productive fortement tournée vers l'industrie.
ment. Mais rien ne permet d'affirmer que lesLa région dispose de nombreux atouts qui expli-
délocalisations sont liées au type d'unité : les en-quent l'attraction des grands groupes industriels.
treprises, qu'elles soient indépendantes ou non, ontElle offre de nombreux territoires, susceptibles
toutes la nécessité de rechercher la baisse desd'accueillir de grands établissements, une main-
coûts de production en prenant en compte les dif-d'œuvre ouvrière formée depuis longtemps aux
férences de fiscalité, de réglementations ou d'aidesmétiers industriels et une position géographique
des états… Dans tous les cas, le phénomène dede carrefour des échanges. Elle se situe en effet
délocalisation est certainement à relativiser et trèsà proximité des grands marchés de l'Île-de-France
peu de cas ont été recensés en Picardie sur la pé-et du Nord, et au carrefour des grands flux entre
riode 1995-2001 (voir encadrés page suivante). Celes pays européens. De plus, nombre des activi-
ne sont pas les délocalisations les premières res-tés caractéristiques de la Picardie sont fortement
ponsables de la perte d'effectifs industriels maisinternationalisées et attirent les investisseurs
bien la réorganisation des activités, en lien avecétrangers : chimie, matières plastiques et caout-
l'évolution des choix des consommateurs vers leschouc (BASF, Goodyear, Continental AG...), phar-
services, et la concurrence des pays émergents.macie, parfumerie, produits d'entretien (Colgate
De plus, les établissements sous contrôle de grou-Palmolive, Procter and Gamble Company...), in-
pes présentent des caractéristiques économiquesdustrie du papier… La région accueillait déjà dans
qui jouent en faveur de leur résistance à la concur-les années 1950 des implantations étrangères et
rence (marketing, innovation…).a peu bénéficié du desserrement francilien des
groupes français entre 1950 et 1970.
Les groupes s'implantent
De plus, la présence de grandes cultures expli- en reprenant des établissements
que la forte présence des groupes dans plutôt qu'en créant des filiales
l'agroalimentaire. La tradition betteravière et l'exis-
tence de savoir-faire locaux ont suscité le déve- Lorsqu'ils s'implantent en Picardie, les groupes ont
loppement des confiseries et attiré des plutôt une stratégie de reprises d'établissements
que de créations de filiales. En 2000, les groupesinvestisseurs, comme le suisse Nestlé implanté
ont repris et préservé environ 7 000 emplois. Ceen Thiérache depuis les années 1920.
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Délocalisation et réductions d’effectifs dans l’industrie française
Dans ce rapport, l’évaluation des délocalisations se établissements industriels au cours d’une période de
fait au niveau micro-économique par les importations temps. Cette réduction d’effectifs correspond soit à une
industrielles. La délocalisation correspond à la forte réduction du volume de travail (au moins 25 %
substitution de production étrangère à une production du volume initial), soit à la fermeture de l’établissement.
française, résultant de l’arbitrage d’un producteur qui Condition 2 : dans le même temps, ce groupe
renonce à produire en France pour produire ou sous- augmente ses importations, en provenance d’un pays
traiter à l’étranger. « L’emploi délocalisé » correspond étranger donné, du même type de bien qui était
au nombre d’emplois détruits suite à une auparavant produit en France. Le montant de cette
délocalisation sur une période donnée, non au total augmentation d’importation représente au moins une
de tous les emplois détruits dans le passé. certaine fraction de la production française supprimée.
La présomption de délocalisation correspond à la Cette fraction dépend du pays d’origine : elle vaut
satisfaction concomitante de deux conditions : 100 % ou moins, selon que les coûts salariaux dans
Condition 1 : un groupe ou une entreprise indépendante les pays sont comparables ou inférieurs à ceux de la
réduit fortement les effectifs employés dans l’un de ses France.
6 % 22 # 6 % 22
# = # =
6 9




2 < 2 2 = > ) ? - @8 A ? 99- 4
Délocalisation et désindustrialisation
Il convient de préciser ce qu’on entend par le concept ou par l’implantation des activités de production
de délocalisation. Ce terme regroupe deux hors de France.
phénomènes principaux. Les délocalisations prennent pour l’essentiel la
Premièrement la délocalisation au sens strict, qui forme d’un déplacement d’activités intensives en
consiste à transférer, par un investissement direct main-d’œuvre vers des pays émergents à bas coûts.
à l’étranger, une partie ou l’intégralité d’une production En pratique, il est extrêmement difficile de faire
réalisée en France pour approvisionner le marché la part des différents phénomènes, car les entreprises
français. combinent dans le temps les différentes stratégies.
Deuxièmement la désindustrialisation, qui s’exprime
par le recours à la sous-traitance internationale
PICARDIE : DIAGNOSTIC ET PERSPECTIVES
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sont de loin les plus gros repreneurs d'emplois de Le développement des emplois dans les groupes picards
la région : les reprises par des entreprises indé- se fait hors de la région
pendantes n'ont concerné que 2 200 salariés. Les
Des groupes possédant au moins un établissement en Picardie depuis
groupes reprennent plus d'emplois parce qu'ils ci-
2000 ont été suivis ainsi que l'évolution de leurs effectifs globaux et
blent de plus grandes unités que les entreprises des effectifs picards qu'ils emploient.
indépendantes (presque 10 fois plus grandes). Depuis 2000, l'emploi salarié des établissements picards sous contrôle
de groupes français et étrangers baisse tandis que celui des groupes
auxquels ils appartiennent est stable.Quant aux créations ex nihilo, les groupes créent
Quant aux groupes picards, ils se développent en France et à l'étranger:également de plus grandes unités, mais l'emploi
ils ont vu leurs effectifs globaux augmenter en trois ans mais lesgénéré par ces créations est 30 % plus faible que
salariés picards ne profitent pas de ce développement : leurs effectifscelui généré par les entreprises indépendantes
ont légèrement diminué de 8 % entre 2000 et 2003. Cette augmentation
(environ 2 000 emplois).
des effectifs hors de la Picardie contribue à améliorer le rayonnement
économique de la région en France en termes d'effectif salarié contrôlé
par un centre de décision picard. En 2000, les unités picardes emploientLes groupes s'implantent plus pour reprendre que
environ 14 000 salariés dans les autres régions françaises se situantpour créer et ne constituent pas le principal vecteur
principalement en Île-de-France, dans le Nord - Pas-de-Calais, en
de la création d'emplois en Picardie. En contrepar-
Champagne-Ardenne et en Haute-Normandie.
tie, ces emplois ont plus de chances d'être assurés
à moyen terme grâce à la meilleure survie de leurs
00 0
entreprises. En effet, en 1998, 7% des créations # # 22 222
pures d'entreprises sont des filiales et elles sont plus
pérennes que les entreprises indépendantes : 79 %
des filiales créées en 1998 ont fêté leur troisième

anniversaire contre 66 % des entreprises indépen-
dantes. De plus, cinq ans après leur création, en
2003, 59% sont encore vivantes contre 52% des

entreprises indépendantes.

Si l'on considère le développement à court terme
des créations d'établissements, celles issues de
groupes génèrent plus d'emplois que celles issues

d'entreprises indépendantes. Cet emploi créé pro-
vient d'une part du développement interne des
établissements d'origine, et d'autre part de l'ac-

quisition et du développement d'établissements qui
étaient indépendants auparavant. En effet, cha- =** * : (
que année depuis leur création, des établisse- =** * 9 * O
: ( ments appartenant à une entreprise indépendante
=** * : ( ( passent sous le contrôle d'un groupe. En prenant
=** * * O ( (
l'exemple des établissements créés en 2000 tou-
=** * :( * O
jours en activité 3 ans plus tard, 91% d'entre eux
=** * * O ( * O
appartiennent à des entreprises indépendantes, "0 E (
0 ( 0 9 % à des groupes. Trois ans plus tard, la situation
88 9
a sensiblement évolué en faveur des groupes :
parmi ces mêmes établissements, 13 % appartien-
nent désormais à des groupes.
PICARDIE : DIAGNOSTIC ET PERSPECTIVES
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pétitivité et les synergies tout en atténuant les ris- De bons résultats économiques
ques pour l'emploi. En effet, la réponse à la pres-pour les groupes
sion concurrentielle passe par la recherche
La performance économique et la productivité d'efficacité, de baisse des prix et d'augmentation
apparente du travail sont supérieures dans les de la productivité. Plus les résultats économiques
établissements sous le contrôle d'un groupe non sont bons, plus les chances de pérennité sont for-
picard, et ces caractéristiques favorisent la com- tes face à un environnement instable.
Principaux ratios économiques selon le type d'établissement Une certaine hiérarchie apparaît dans les résul-
tats économiques : ils sont plus élevés dans les
Productivité établissements sous contrôle de groupes, notam-Taux Salaire
Établissements picards Taux de apparente du
d'investis- médian ment de groupes étrangers que dans les éta-
dépendants de marge brut travail en
sement en euros blissements dépendants de sièges sociauxeuros
d'entreprises. Cette progression s'observe égale-Entreprise non
ment en termes de salaire médian : il est plus élevépicarde 22 55 443 8 20 285
Entreprise picarde dans les établissements dépendants d'une tête de28 40 995 12 16 211
Groupe étranger 35 68 773 20 23 278 groupe externe (et d'autant plus si elle est étran-
Groupe français non gère). Et ceci quels que soient la taille et le sec-
picard 35 56 186 18 21 882 teur d'activité. Ce n'est pas non plus un effet
Groupe picard 26 44 119 17 21 346 "catégorie professionnelle" puisqu'en Picardie, ce
Champ : établissements employeurs picards du secteur marchand non agricole sont les établissements appartenant à une entre-
Sources : Insee, REE Sirene, Lifi 2000, prise picarde qui ont la plus grande proportion de
base de données économiques localisées 1999 cadres (ils disposent notamment de leur siège so-
Pour comprendre le tableau : cial où la concentration de cadres est plus forte).
Le taux de marge brut est égal au ratio de l’excédent brut d’exploitation sur la valeur Sinon, la part des cadres est plus importante dans
ajoutée.
les établissements sous contrôle de groupes étran-La productivité apparente du travail est égal à la valeur ajoutée moyenne par travailleur
(en équivalent temps complet). gers que de groupes français non picards, et même
Le taux d’investissement indique la part des richesses créées dédiée à l’accumulation que de groupes picards (alors que ceux-ci bénéfi-
du capital et est égal au ratio des investissements sur la valeur ajoutée. cient de leur établissement tête de groupe).
Le regroupement croissantLes groupes selon leur taille en Picardie
de PME en microgroupes
Répartition des groupes Nombre moyen d'entreprises
selon leur taille (en %) françaises par groupe Entre 1985 et 1995, le nombre de microgroupes
Ensemble des Ensemble des (groupes de moins de 500 salariés) présent sur leGroupes Groupes
groupes présents groupes présents
picards picards territoire picard a été multiplié par six. Ces derniè-
en Picardie en Picardie
res années, ils continuent de se développer, reflet
Microgroupe 97,7 67,8 3 4
de l'intensification des relations interentreprises.
Petit et moyen
L'émergence des microgroupes résulte du regrou-groupe 2,3 27,9 15 27
pement croissant de PME indépendantes. De plusGrand groupe 0,0 4,3 0 287
en plus, les entreprises se structurent en groupeEnsemble 100,0 100,0 3 23
d'entreprises, une forme d'organisation qui suit uneMicrogroupe : moins de 500 salariés - Petit groupe : de 500 à 1 999 salariés -
logique de croissance externe et présente de nom-Moyen groupe : de 2 000 à 9 999 salariés - Grand groupe: 10 000 salariés et plus.
breux avantages. D'abord, le regroupement d'en-Champ : groupes contrôlant au moins un établissement employeur en Picardie
dans le secteur marchand non agricole treprises permet d'atteindre une taille critique et
Sources : Insee, REE Sirene, Lifi 2003 de réaliser des économies d'échelle. Certaines
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fonctions horizontales et certaines dépenses sont de métier et doit développer son offre de servi-
mises en commun, comme la R&D ou la gestion ces vers une clientèle de plus en plus exigeante.
du personnel. Ensuite, cette structure permet des Cette réorganisation interne s'accompagne d'une
échanges internes de biens à des prix différents modification des relations interentreprises : face
de ceux du marché. Cette moindre concurrence à la montée de la concurrence extérieure et des
offre de meilleures conditions de rentabilité pour difficultés rencontrées, les entreprises ont été
les PME regroupées que si elles étaient indépen- amenées à coopérer pour être plus résistantes,
dantes. Chaque filiale a accès aux ressources et les regroupements d'entreprises se dévelop-
partageables du groupe. Elle permet aussi une pent depuis quinze ans en Picardie comme
meilleure gestion des ressources humaines et une ailleurs. Des dizaines de formes de réseaux lo-
organisation plus souple. Elle facilite la transmis- caux se sont instaurés (pépinières, associations
sion et amoindrit les risques pour chaque entre- d'entreprises, Groupements d'Intérêt Économi-
prise du groupe en cas de difficulté de l'une d'entre
elles.


L'expansion des microgroupes se traduit aussi par
un nombre d'entreprises contrôlées en constante


augmentation. Il a doublé entre 1985 et 1995 et

continue de croître ces dernières années. En 2003,
chaque microgroupe picard draine en moyenne 3


entreprises. Cette évolution résulte non seulement

de l'émergence des microgroupes mais également
de la filialisation croissante des grandes unités :


des établissements plus petits aux performances
mieux identifiées remplacent les grands établis-

sements. D'une part, les grands groupes se scin-


dent en filiales et il en résulte deux formes
d'organisation : soit la tête de groupe concentre la


quasi-totalité de l'activité, soit l'activité est concen-
- (
trée dans plusieurs pôles coordonnés par la tête J ( ;J <
de groupe. D'autre part, les groupes étrangers 88 9
participent à cette filialisation en ciblant principa-
lement les PME lorsqu'ils s'implantant dans la ré-
gion. La Picardie est, en effet, une région fortement
9 5 0 ? # attractive pour les groupes étrangers, mais aussi
pour les groupes français non picards. &
(
& * O Des synergies nouvelles


entre entreprises : &

les systèmes productifs locaux =


Avec la tertiarisation de l'emploi, l'augmentation =


de la sous-traitance et l'individualisation crois-
sante de la relation avec le client, le fonctionne-
" * = ) . , ment interne de l'entreprise se voit modifié.
88 9 4-4 ! Celle-ci se concentre davantage sur son cœur
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