Des groupes étrangers de plus en plus diversifiés

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Fin 2003, près d'un salarié sur quatre dépend en Alsace d'un groupe étranger. L'Allemagne et les États-Unis restent les premiers investisseurs étrangers mais l'origine des capitaux étrangers tend aujourd'hui à se diversifier. C'est dans l'économie des zones frontalières que l'impact de ces groupes se ressent le plus fortement.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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ENTREPRISES
Fin 2003, l’industrie alsacienne compte
43 % de salariés dépendant de groupes
étrangers contre 27 % pour la moyenne
nationale.Des groupes étrangers Le taux de pénétration étrangère est de
23 % pour le commerce alsacien contre
14 % en France métropolitaine.
Dans les établissements de plus dede plus en plus diversifiés
500 salariés, 40 % des salariés dépen-
dent de groupes étrangers.
d’entreprises contrôlées majoritai-Fin 2003,
rement par des groupes étrangers.près d’un salarié sur quatre
C’est nettement plus que la pendait de groupes étrangers, et
dépend en Alsace
moyenne nationale (14 %). L’Alsace 18 % au niveau national.
d’un groupe étranger. arrive en tête des régions devant la Les implantations étrangères indus-
L’Allemagne et les États-Unis Picardie et la Lorraine. trielles se retrouvent plutôt dans les
Quatre pays dominent. L’Alle- secteurs de haute technologie etrestent les premiers
magne contrôle près d’un tiers très concentrés : pharmacie,investisseurs étrangers
des effectifs dépendant de grou- chimie, équipements électriques et
mais l’origine
pes étrangers, les États-Unis en électroniques. Dans ces secteurs,
des capitaux étrangers contrôlent un sur cinq, la Suisse plus de la moitié des salariés relè-
tendaujourd’huiàsediversifier. et le Benelux un sur sept. vent d’un groupe étranger.
En revanche, la construction navale,C’est dans l’économie
aéronautique et ferroviaire reste lar-Une industriedes zones frontalières
gement nationale. Les groupes na-sous influence
que l’impact de ces groupes
tionaux dominent aussi l’industrieétrangère
se ressent le plus fortement. automobile en raison du poids du
Les groupes étrangers ont investi groupe Peugeot qui emploie 60 %
principalement dans l’industrie qui des salariés du secteur.
regroupe les deux tiers des sala-
Par sa situation géographique et sa riés dépendant d’un centre de dé- Nouveaux
tradition industrielle, l’Alsace est cision étranger. Le taux de contrôle investisseurs de
une région très ouverte aux inves- qui atteint 43 % des effectifs de l’industrie : Benelux
tissements étrangers. Fin 2003, l’ensemble du secteur, contre 27 % et Grande-Bretagne
sur l’ensemble du secteur concur- pour la France métropolitaine, s'est
rentiel alsacien, 23 % des salariés, renforcé. Dix ans auparavant, 35 % De nouveaux pays s’affirment ré-
soit 98 000 personnes, dépendent de l'emploi industriel alsacien dé- cemment en Alsace, en adoptant
une stratégie d’achat-acquisition.
Depuis 2000, les pays du BeneluxEn Alsace,un salarié sur quatre dépend d’un centre de décision étranger
investissent dans la région, no-50
Poids des groupes étrangers dans l’emploi du secteur (en %)
tamment dans l’agroalimentaire et45
la chimie-pharmacie. L’américain
40
Bestfoods, présent à Strasbourg,
35
est repris par le néérlandais Uni-
30 lever et c’est le grand groupe chi-
25 mique néérlandais DSM qui ac-
20 quiert la division Roche Vitami-
15 nes et chimie à Saint-Louis. La
10
5
0
Industrie Commerce Services Ensemble
Alsace France
3Chiffres pour l'Alsace · revue n° 36 · décembre 2006
Source : Insee, LIFI 2003ENTREPRISES
Dans 5 secteurs industriels sur 15,
plus de la moitié des salariés dépendent d'un groupe étranger
Pharmacie, parfumerie et entretien
Composants électriques et électroniques
Chimie, caoutchouc, plastiques
La Suisse se retrouve dans ces
Équipements électriques et électroniques
mêmes secteurs d’activité. Les ca-
Équipements mécaniques
pitaux helvétiques sont, en effet,
Métallurgie et transformation des métaux
présents dans les équipements
Textile mécaniques (Liebherr, Kuhn), la
Produits minéraux chimie (Clariant, Ciba), la phar-
Équipements du foyer macie (Novartis, Weleda) et l’a-
groalimentaire (Kraft Foods).Bois - papier
C’est au cours des années 60-70Industries agricoles et alimentaires
que ces trois pays ont investi dans
Industrie automobile
la région, par l’implantation de
Édition, imprimerie, reproduction
grands sites de production. Dans
Habillement, cuir
la décennie 80, les Japonais ont
Construction navale, aéronautique et ferroviaire pris la relève, avec l’installation de
010 20 30 40 50 60 70 80 90 filiales dans les équipements élec-
France Alsace triques et électroniques (Ricoh,
Sharp et Sony). À la fin des an-
présence britannique s’est égale- sent dans les composants électri- nées 80, la Scandinavie s‘est im-
ment renforcée : dans l’agroali- ques et électroniques (Hager plantée dans le bois-papier avec
mentaire, avec l’acquisition en Electro, Osram), la mécanique l’acquisition de Stracel par le
2000 de la brasserie Kronenbourg (Ina Schaeffler), les équipements groupe finlandais UPM Kymmene.
par le groupe Scottish and New- électriques et électroniques (Sew
castle ; dans le bois-papier, avec la Usocome, Siemens) et parmi les L’Europe du Nord
prise de contrôle de Kaysersberg équipementiers de l’automobile dans les services
Packaging par DS Smith PLC. (Behr Mahle, Daimler-Chrysler).
Par ailleurs, les Canadiens ont Deuxième employeur étranger Au cours des années 90, l’essor
pris pied dans la métallurgie locale de l’industrie alsacienne, les des services liés à la production
avec le rachat de la Société Alsa- États-Unis se positionnent plutôt (informatique, conseils et assis-
cienne d’Aluminium et du groupe dans des secteurs de haute tech- tance, services opérationnels…),
français Pechiney Rhenalu par le nologie. Ils sont présents dans la entraîne une montée de l’interna-
géant de la métallurgie Alcan. pharmacie (Eli Lilly), la chimie tionalisation de ces activités,
(Johnson Controls), les équipe- avec la constitution de groupes
mentiers automobiles (General mondiaux.Allemagne
Motors, Delphi). Ils sont aussi im- Néanmoins, sur l’ensemble deset États-Unis :
plantés dans l’agroalimentaire al- services, le taux de pénétrationpoids lourds
sacien, essentiellement dans la étrangère reste encore faible. Ende l’industrie
chocolaterie-confiserie : Wrigley Alsace, 8 % des effectifs de ce sec-
Comme dans l’ensemble de la et Mars Incorporated. teur travaillent dans des filiales
France, les groupes allemands et
américains prédominent dans l’in-
L’enquête Liaisons Financières (LIFI) vise à identifier les groupes dedustrie. Investisseurs traditionnels
sociétés opérant en France et à déterminer leur contour. Elle recense les
en Alsace, ils regroupent à eux liaisons de détention de capital entre sociétés au 31 décembre de chaque
deux 60 % de l’emploi étranger du année. L’enquête est réalisée auprès des entreprises d’au moins 500 salariés,
ou 30 millions de chiffre d’affaires ou disposant de 1,2 millions d’euros de titressecteur. Les Allemands s’impo-
de participation. Les résultats obtenus sont complétés par la base de données
Diane, constituée à partir notamment des obligations de publicité légale au-
près des greffes de tribunaux par la Coface SCRL et le bureau Van Dijk.
Cette étude porte sur l’ensemble des secteurs d’activité à l’exception des fi-
nances, de l’administration publique, de l’enseignement, la santé, l’action so-
ciale et l’agriculture.
4 Chiffres pour l'Alsace · revue n° 36 · décembre 2006
Source : Insee, LIFI 2003ENTREPRISES
Allemagne en tête dans l'industrie et le commerce,
Europe du Nord dans les services
Industrie : 43 %*
16
Poids* (en %)
14
12
10
8
6
étrangères, taux comparable à celui rié sur six. L’Allemagne et le 4
2de la France métropolitaine (9 %). Bénélux rassemblent 60 %
0
L'Allemagne occupe une position des effectifs dépendant de
assez modeste comme employeur groupes étrangers.
étranger dans les services, de- Les Allemands s’imposent
Services : 8 %*
vancée par l'Europe du Nord, les plutôt dans le commerce de 3
Poids* (en %)
États-Unis et le Benelux.Les grou- gros, comme les Suisses. 2,5
pes scandinaves se distinguent La filiale alsacienne du 2
dans ces activités : dans la région, groupe Wurth, spécialisée
1,5
ils regroupent 30 % de l’emploi dans la distribution d’équi-
1
étranger des services. Ils sont pré- pements de fixation, est le
0,5
sents dans les services opération- premier employeur étran-
0
nels : le danois ISS Abillis dans le ger du commerce en
nettoyage, le suédois Securitas Alsace. La présence étran-
dans la sécurité. Les Américains gère s’est aussi renforcée
Commerce : 23 %*investissent plutôt dans les servi- dans ces activités par la
7
Poids* (en %)ces de conseils et assistance, réorientation de certains si- 6
dans les études de marché et les tes industriels vers des acti- 5
4services de conseil informatique. vités de distribution, en par-
3
Dans la construction et les trans- ticulier dans la filière
2
ports, la représentation étrangère cuir-habillement. En 2001, 1
est moindre avec un salarié sur le groupe allemand Adidas 0
vingt. La moitié des effectifs dé- réorganise ses sites alsa-
pendent de groupes étrangers al- ciens de fabrication de
* Poids des groupes étrangers dans l'emploi salarié du secteur (en %)lemands. chaussures en plates-for-
mes logistiques. Le groupe
helvétique Triumph Univer-L’Allemagne secteur grâce aux enseignes
sa, fabricant de lingerie, a recadré "Match" et "Cora" du groupe belgedans le commerce
ses activités vers le commerce dede gros... Louis Delhaize. Les capitaux alle-
gros d’habillement. mands sont faiblement représen-
Les groupes étrangers emploient tés et se positionnent plutôt dans
23 % des salariés du commerce le "discount" (Lidl, Norma)....le Benelux dans
en Alsace contre 14 % en France le commerce de détail Les groupes britanniques, troi-
métropolitaine.Les pays étrangers sième investisseur étranger du
investissent davantage dans le Le Benelux constitue le premier in- commerce de détail, se concen-
commerce de gros avec un salarié vestisseur étranger du commerce trent surtout dans l’équipement de
sur trois, que dans le commerce de détail.Il rassemble 64 % des ef- l’habitat (Castorama et Darty du
de détail avec seulement un sala- fectifs des groupes étrangers du groupe Kingfisher).
Le groupe est un ensemble de sociétés dépendant, directement ou indirectement, d’une même société appelée tête de
groupe.
La tête de groupe n’est détenue majoritairement par aucune autre société, ni directement ni indirectement. Elle peut
être située à l’étranger.Le lien de dépendance entre deux sociétés est mesuré par la part des voix détenues en as-
semblée générale ordinaire. Lorsqu’une société détient plus de 50 % des voix en assemblée générale d’une autre socié-
té, on considère qu’elle la contrôle.
Groupe étranger : par convention internationale, la nationalité d’un groupe doit correspondre au pays où est située sa
tête de groupe.
Taux de pénétration : rapport entre le nombre de salariés d'un secteur d'activité dépendant de groupes étrangers et le
nombre de salariés total du secteur, exprimé en %.
5Chiffres pour l'Alsace · revue n° 36 · décembre 2006
Allemagne
États-Unis
Suisse
Benelux
Allemagne Grande-
Bretagne
États-Unis Japon
Suisse
Canada
Benelux Europe
du Nord
Allemagne
Grande-
Bretagne Italie
États-Unis
Japon
AutresSuisse
Canada
Benelux
Europe
du Nord
Grande-
Bretagne
Italie
Japon
Autres
Canada
Europe
du Nord
Italie
Autres
Source : Insee, LIFI 2003ENTREPRISES
Les groupes étrangers présents dans les grands établissements
% de salariés par taille d’établissement
100
80
pendance vis-à-vis de l’étranger
représenterait les trois quarts des
60
effectifs. Dans le commerce, 70 %
des emplois dans les établisse-
40
ments de plus de 500 salariés
sont sous contrôle d’un groupe
20
étranger.
0
0à19 20à49 50à99 100 à 249 250 à 499 500 salariés
Olivier MAISONNEUVEsalariés salariés salariés salariés salariés et plus
Groupe étranger Groupe français Entreprises hors groupe
sence dans des unités de grande
taille. Dans les établissements deDe grandes
plus de 500 salariés, 40 % des ef-structures
fectifs dépendent d'un groupe
Le positionnement des groupes étranger.
étrangers dans l’industrie, la Dans l'industrie, ce taux est de
grande distribution et les services 56 %. Sans la présence du groupe
opérationnels explique leur pré- français Peugeot, ce taux de dé-
Industrie : forte dépendance étrangère dans 6 zones d’emploi sur 12
L'effet de frontière joue. Dans la zone d’emploi de Saint-Louis,
75 % de l’emploi industriel dépend de capitaux étrangers. La
proximité de la chimie-pharmacie bâloise a largement contribué à
l’implantation de filiales de groupes suisses.
À Colmar-Neuf-Brisach, le taux atteint 67 %. L’origine des capi- Wissembourg
taux est diversifiée, avec d’anciennes implantations suisses et Saverne
Haguenau-Sarre-Unionaméricaines dans la mécanique et l’agroalimentaire, allemandes
Niederbronn
dans l’équipement automobile, et japonaises dans l’électronique.
L'arrivée des groupes anglais et canadiens est plus récente dans
Strasbourgcette zone, suite à des reprises respectivement dans le bois-pa-
pier et la métallurgie.
Molsheim-Dans les zones de Guebwiller (61 %) et Thann-Cernay (52 %), Schirmeck Poids des groupes
plus de la moitié des emplois industriels sont d’origine étrangère : étrangers dans l'emploiLorraine
équipement automobile allemand à Guebwiller et chimie améri- salarié industriel (en %)
Sélestatcaine à Thann-Cernay.
Ste-Marie-aux-Mines 60 et plus
Dans le Bas-Rhin, Wissembourg est la zone la plus dépendante
de 50 à moins de 60
des investisseurs étrangers industriels (64 %). Les États-Unis de 30 à moins de 50
Colmarsont implantés dans la chimie, les Allemands dans la métallurgie moins de 30Neuf-Brisach
et la construction de caravanes. À Haguenau, 55 % de l’emploi in-
Alsace : 43 %dustriel est sous contrôle étranger, surtout dans des filiales alle-
Guebwillermandes de la mécanique, des équipements électriques et Limite des
électroniques. zones d’emploi
Thann-
Strasbourg reste la zone la plus riche en effectifs de groupes Cernay
Mulhouse
étrangers industriels malgré un taux de pénétration de 39 %, infé-
rieur à la moyenne régionale. Les groupes américains sont surtout
Franche- Saint-Louisprésents dans la pharmacie, l’automobile et les équipements du Altkirch
Comtéfoyer. Le Benelux est le deuxième investisseur industriel étranger
devant l’Allemagne grâce au rachat récent de nombreuses entre-
prises agroalimentaires.
6 Chiffres pour l'Alsace · revue n° 36 · décembre 2006
Source : Insee, LIFI 2003
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Source : Insee, LIFI 2003

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