Deuxième trimestre 2008 : une économie au ralenti (Flash d'Octant n°145)

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Au deuxième trimestre 2008, la croissance de l'économie française cale dans un environnement international difficile. De l'avis des chefs d'entreprise, l'économie bretonne ralentit aussi dans l'industrie, le bâtiment et le commerce. L'hôtellerie souffre, avec notamment un repli de la fréquentation étrangère. De même, l'immobilier connaît des difficultés. Dans ce contexte délicat, les services aux entreprises ou aux particuliers font figure d'exception en parvenant à stabiliser leur activité. La création d'entreprises s'essouffle également. Sans annuler les bons résultats de la fin 2007, le nombre de chômeurs progresse, conséquence de ce ralentissement. Dans tous les secteurs, les perspectives pour le troisième trimestre sont plutôt moroses, avec des carnets de commande qui s'amincissent.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Deuxième trimestre 2008 :
une économie au ralenti
Au deuxième trimestre 2008, la croissance de l'économie française cale dans un
environnement international difficile.
De l'avis des chefs d'entreprise, l'économie bretonne ralentit aussi dans l'industrie, le
bâtiment et le commerce. L'hôtellerie souffre, avec notamment un repli de la fréquentation
étrangère. De même, l'immobilier connaît des difficultés. Dans ce contexte délicat, les
services aux entreprises ou aux particuliers font figure d'exception en parvenant à stabiliser
leur activité. La création d'entreprises s'essouffle également.
Sans annuler les bons résultats de la fin 2007, le nombre de chômeurs progresse,
conséquence de ce ralentissement.
Dans tous les secteurs, les perspectives pour le troisième trimestre sont plutôt moroses,
avec des carnets de commande qui s'amincissent.
Contexte national : la croissance cale
France entière, le PIB (Produit Intérieur Brut) décroît de effets de l'appréciation passée de l'euro. Dans le même
e temps, les importations se replient, mais dans une0,3 % au 2 trimestre 2008 après une progression de
er moindre mesure (- 0,3 % après + 1,7 % du fait de la0,4 % au 1 trimestre. Cet affaiblissement de l'économie
demande interne). Au final, le solde extérieur contribuenationale reflète celui de la zone euro dont le PIB baisse
donc négativement au PIB (- 0,4 point). Enfin, seulede 0,2 % ce trimestre contre + 0,7 % en début d'année.
l'augmentation des stocks contribue positivement au PIBJusqu'à présent moteur de la croissance, la demande
(+ 0,3 point).intérieure (hors stocks) pèse ce trimestre sur l'évolution
Dans ce contexte, l'emploi salarié décroît de 0,1 % cedu PIB à hauteur de 0,2 point. D'une part, l'investissement
trimestre, soit 19 100 emplois en moins. La constructionrecule nettement (- 0,9 % pour les entreprises non
continue de créer des (+ 0,3 %), mais les effectifsfinancières et - 2,9 % pour les ménages). D'autre part, la
du tertiaire et de l'industrie sont en baisseconsommation des ménages régresse légèrement
(respectivement - 0,2 % et - 0,4 %).comme au trimestre précédent (- 0,1 %). En effet, le
e
Au 2 trimestre, les demandes d'emploi de catégorie 1 enpouvoir d'achat du revenu disponible brut des ménages
fin de mois augmentent de 0,1 %. Le taux de chômage aubaisse en raison de l'augmentation des impôts et de
sens du BIT (Bureau International du Travail) restel'inflation.
stable : 7,2 % de la population active en FranceLe commerce international pèse lui aussi sur le PIB : les
métropolitaine en données Corrigées des Variationsexportations se contractent nettement (- 1,7 % après
Saisonnières (CVS).+ 2,6 %), pénalisées par le ralentissement mondial et lesAvis des industriels sur la tendance de la production L'activité industrielle ralentit Commerce de gros : repli
(Soldes d’opinion - en %)
des ventes30 En France, selon les chefs d'entreprise
1interrogés en juillet, la conjoncture industrielle En Bretagne comme au niveau national, les
eProduction passée se dégrade encore au cours du 2 trimestre20 grossistes estiment leurs ventes en repli sur les
2008. La production industrielle française quatre derniers mois. Sur cette période, elles
connaît en effet une baisse marquée (- 1,4 %). diminuent nettement dans les biens de10
1
En Bretagne , la production et la demande consommation alimentaires et les biens
s'effritent ce trimestre, comme au niveau intermédiaires. Dans les biens d'équipement,0
national. Les prochains mois pourraient les grossistes les jugent en légère baisse. DansProduction prévue
d'ailleurs être délicats avec des carnets de les biens de consommation non alimentaires, ils
-10 commandes très peu étoffés et un niveau de estiment qu'elles ne varient quasiment pas sur
stocks légèrement supérieur à la normale. quatre mois.
-20 Dans l'industrie agroalimentaire bretonne, la2004 2005 2006 2007 2008 Dans le même temps, les stocks s'alourdissent
production et la demande décélèrent à et les intentions de commandes reculent.Source : Insee, enquêtes nationales de conjoncture pondérées par la structure régionale
nouveau, contrairement aux anticipations
exprimées par les chefs d'entreprise en avril. Ils Commerce de détail : activité
estiment que leurs carnets de commandes se
en baisseAvis des professionnels du bâtiment dégarnissent fortement. En revanche, les
sur la tendance de l'activité (Soldes d'opinion - en %) stocks sont jugés légèrement moins lourds Les détaillants interrogés en juillet observent
30 qu'au trimestre précédent, à un niveau proche une baisse de leur activité en mai-juin comparé
1
de la normale. à mars-avril, en Bretagne comme au niveauActivité passée
20 Les industriels des biens intermédiaires et des national. Cet avis concerne tous les secteurs et
biens d'équipement font aussi état d'une plus particulièrement le commerce spécialisé.
e
situation nettement dégradée au 2 trimestre. Début juillet, les commerçants font d'ailleurs10
Dans l'industrie des biens de consommation, état d'une augmentation de leurs stocks. Pour
Activité prévue
l'opinion sur le niveau de production cesse de se juillet-août leurs intentions de commande sont0
détériorer pour la première fois depuis un an. en baisse, ce qui pourrait annoncer un nouveau
Malgré cette stabilisation, la demande et le ralentissement.
-10
niveau des carnets de commandes chutent au- Al'inverse, le marché des véhicules neufs repart
dessous du niveau de longue période. après un léger recul en début d'année. 24 800
-20 Selon les anticipations des entrepreneurs, voitures particulières et commerciales ont été2004 2005 2006 2007 2008
e
l'activité continuerait à ralentir au cours des immatriculées au 2 trimestre 2008, soit 5,3 %Source : Insee, enquêtes nationales de conjoncture pondérées par la structure régionale
erprochains mois, dans chaque secteur de de plus qu'au 1 trimestre, en données CVS. Sur
l'industrie bretonne comme au niveau national. un an, le marché progresse de 11 %.
Nombre de logements neufs en chantier en Bretagne Des fissures dans le bâtiment Services : l'activité se maintientMoyenne 1998 - 20082006 2007 2008
4 000
Le deuxième trimestre est marqué par un Les dirigeants des entreprises de services
ralentissement sensible de l'activité en jugent que leur activité est restée stable au
3 500 1 e1
Bretagne comme au niveau national, alors que 2 trimestre en Bretagne , alors qu'au niveau
les dirigeants du bâtiment prévoyaient un national, ils signalent un ralentissement.3 000
redémarrage de l'activité. Dans la région, seul l'immobilier est en repli,
Cet essoufflement est plus marqué dans le gros prolongeant ainsi les difficultés constatées dans2 500
œuvre que dans le second œuvre. La l'ensemble du secteur du bâtiment.
e
2 000 construction de logements neufs est en net repli. Pour le 3 trimestre 2008, comme au niveau
Avec 6 000 mis en chantier au national, les professionnels des services tablent
e1 500 2 trimestre, l'activité chute de 20 % par rapport sur un net ralentissement de l'activité.
à la moyenne des cinq derniers printemps. Cette
1 000
jan. fév. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. tendance ne concerne que les logements
individuels alors que la mise en chantier deSource : DRE, Sitadel
logements collectifs reste stable.
Selon les entrepreneurs, le ralentissement
devrait se poursuivre au cours des trois mois à
Avis des détaillants sur la tendance des ventes venir. En effet, ils estiment que leurs carnets de
(Soldes d’opinion - en %)
commande se dégarnissent fortement.20
D'ailleurs, avec 7 500 logements autorisés, la
demande de logements neufs fléchit de 20 %10
Ventes réalisées par rapport à la moyenne sur cinq ans.
0 Épargnés jusqu'à présent, les logements
collectifs subissent cette baisse de plein fouet
-10 avec une chute de 31 % par rapport aux cinq
derniers printemps contre - 14 % pour les
-20
Intentions de commandes logements individuels. Sur le marché des
bâtiments professionnels hors bâtiments
-30
agricoles, le nombre de mètres carrés autorisés
diminue de 6,8 % par rapport au niveau des cinq-40 1 - Selon l’enquête nationale régionalisée en tenant compte
2004 2005 2006 2007 2008 des spécificités sectorielles de l’économie bretonne (cf. encadré)dernières années.
Source : Insee, enquêtes nationales de conjoncture pondérées par la structure régionale
Insee Bretagne - Flash d'OCTANT - N° 145 - Novembre 20082présentent en revanche un taux d'occupation deRecul de la création Avis des professionnels des services
51 % ou 52 %, inférieur de 2 points à celui du sur la tendance de l'activité (Soldes d'opinion - CVS - en %)d'entreprises
printemps 2007.
40En Bretagne, 3 300 entreprises se sont créées En termes de gamme de confort, les hôtels
au deuxième trimestre, soit une diminution de 2 étoiles, les plus nombreux, conservent un
302 % par rapport au trimestre précédent contre niveau d'occupation similaire à celui du
Activité prévuee- 1,1 % en France en données CVS. Le 2 trimestre 2007. Dans les hôtels économiques
20ralentissement touche quasiment tous les (0 et 1 étoile) et de haut de gamme (3 et
secteurs. Le commerce souffre avec une 4 étoiles), la part de chambres louées baisse
diminution des créations d'entreprises de 3,4 %. 10respectivement de 1,5 et 1,9 point. Activité passéeer
Comme au 1 trimestre 2008, la construction
baisse. 0Légèrement plus de chômeursEn revanche, les services sont stables malgré
de grandes divergences. Ainsi, alors que les En Bretagne, le nombre de demandeurs
-10
d'emploi de catégorie 1 augmente plus qu'enservices aux entreprises et aux particuliers 2004 2005 2006 2007 2008
e
faiblissent, l'immobilier reste dynamique. France au 2 trimestre 2008 : + 0,7 % contre Source : Insee, enquêtes nationales de conjoncture pondérées par la structure régionale
Ce repli doit cependant être nuancé. Il peut + 0,1 % en données CVS. Fin juin 2008, 72 000
n'être qu'un ajustement suite aux six derniers demandeurs d'emploi de catégorie 1 sont
mois de 2007 très dynamiques en termes de inscrits à l'ANPE, soit 3,3 % de moins sur un an.
création d'entreprises. Sur un an, elle augmente France entière, leur nombre diminue de 2,9 %. Créations d’entreprises par secteur d’activité (CVS)
d'ailleurs de 9 % (contre 8 % en France). La hausse constatée entre fin mars et fin juin
2000semble toucher tous les profils de chômeurs,
aussi bien les jeunes que les chômeurs de
Baisse de l'activité hôtelière longue durée, les femmes, etc.
1500
Les hôtels bretons enregistrent une Au 30 juin 2008, 11 300 jeunes de moins de 25
fréquentation de 1,9 million de nuitées au ans sont à la recherche d'un emploi dans la
Services
printemps 2008, soit 3,2 % de moins qu'un an région, soit 3,5 % de moins qu'un an
1000
auparavant. La fréquentation des clients auparavant.
étrangers chute fortement (- 9 %), la baisse de À la même date, 37 500 femmes sont inscrites à
Commerce
clientèle française est plus modérée (- 2 %). l'ANPE, soit 3,2 % de moins sur un an. Le 500
ConstructionAvec 56 % de chambres louées, le taux chômage de longue durée continue de baisser :
d'occupation des hôtels bretons perd 0,8 point - 10,2 %. Le recul du nombre de chômeurs de Industrie
e
0par rapport au 2 trimestre 2007. Seul le mois de longue durée ainsi que du nombre de femmes 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
mai tire son épingle du jeu avec une occupation en recherche d'emploi demeure plus marqué au
Source : Insee, répertoire des entreprises et des établissements (Sirene, champ
des activités marchandes hors agriculture)en hausse de 3 points résultant de la niveau national qu'en Bretagne.
concentration de jours fériés et ponts associés. Le taux de chômage régional au cours du
eLes hôtels d'Ille-et-Vilaine échappent au 2 trimestre 2008 s'élève à 6,0 %. Il reste stable
fléchissement de l'activité : avec 64 % de sur le trimestre et diminue de 0,8 point sur Évolution du taux d'occupation des hôtels en Bretagne (en %)
chambres louées, leur occupation gagne l'année.
100
1 point. Les trois autres départements bretons 2007 2008
80
Demandes d'emploi et chômage
60
DEFM catégorie 1
Variation sur Taux de chômage localisés
au 30 juin 2008 40un an (en %) en moyenne sur le trimestre (CVS)
(série brute)
- 1,1 5,9Côtes-d'Armor 12 740 20
Finistère 21 337 - 0,8 6,6
Ille-et-Vilaine 21 073 - 6,3 5,2
0
jan. fév. mars avr. mai juin juil. août sept. oct. nov. déc.Morbihan 16 770 - 4,4 6,5
71 920Bretagne - 3,3 6,0 Source : direction du Tourisme - Insee - Réseau Morgoat module hôtellerie
Source : DRTEFP - Insee
Évolution du nombre des demandeurs
d'emploi de catégorie 1 (CVS - Base 100 janvier 2000)
110
Avertissement
100
France
En raison des changements intervenant
90dans l'exploitation des données provenant
Bretagne
de l'Urssaf par l'Insee, les résultats sur
80
l'emploi salarié sont exceptionnellement
indisponibles ce trimestre.
70
60
2004 2005 2006 2007 2008
Source : DRTEFP
Insee Bretagne - Flash d'OCTANT - N° 145 - Novembre 2008 3Tableau de bord Bretagne
Variation en %
Valeur au
e Région FranceIndicateurs trimestriels 2 trimestre
métropolitaine2008
sur un trimestre sur un an
sur un an
(en CVS)
ACTIVITÉ
Construction (Source : DRE)
(2)
7 575 - 27,8 - 4,3Logements autorisés - 23,3
(2) commencés 6 027 - 12,8 - 25,8 - 13,9
(2)
2 (1) - 27,0Locaux à usage professionnel (nombre de m autorisés) 500 660 - 4,07 4,4
Hôtellerie (Source : ORTB - Insee)
Nombre de nuitées (en milliers) 1 900 /// - 3,2 - 0,2
(3)(3)
Taux d’occupation moyen (en %) 56,0 /// - 0,8 0,6
DEMANDE
Immatriculations de véhicules neufs (Source : OST)
Voitures particulières et commerciales 24 773 5,3 11,0 7,4
ENTREPRISES
Créations d'entreprises (Source : Insee)
3 300Ensemble - 2,0 9,2 7,5
Industrie 208 - 11,1 - 2,3 - 8,9
Construction 532 - 2,5 6,0 2,5
Commerce 835 - 3,4 3,6 3,9
Services 1 725 - 0,2 15,0 13,2
(4)
Défaillances d'entreprises (Source : Insee-Bodacc)
Ensemble 489 - 2,4 3,8 8,7
MARCHÉ DU TRAVAIL
Demandeurs d'emploi en fin de trimestre
(données brutes) (Source : DRTEFP)
de catégorie 1 71 920 - 0,7 - 3,3 - 2,9
///de catégories 1, 2 et 3 73 885 - 6,5 - 5,0
///de moins de 25 ans 11 305 - 3,5 - 0,6
///de longue durée 17 814 - 10,2 - 12,0
(3) (3) (3)
Taux de chômage localisés (CVS) (Source : Insee) 6,0 - 0,0 - 0,8 - 0,9
(1) hors bâtiments agricoles
(2) en données brutes
(3) écart en nombre de points
er(4) au 1 trimestre 2008
/// : absence de résultat due à la nature des choses
Sources et définitions
Directeur de la Publication
Bernard Le Calvez Enquêtes nationales de conjoncture pondérées par la structure régionale
L'Insee effectue des enquêtes nationales auprès des entreprises des secteurs de l'industrie, du
Rédactrice en chef bâtiment, du commerce de détail, du commerce de gros et des services marchands.
Sylvie Lesaint Les résultats régionaux sont obtenus en appliquant aux indicateurs nationaux élémentaires la
structure régionale des établissements selon leur secteur d'activité et leur taille. Le profil régional estComposition
établi à partir des masses salariales de la source CLAP (Connaissance Locale de l'AppareilDominique Bertier
Productif).
Cette note a été rédigée par : Les résultats sont présentés sous la forme de soldes d'opinion, écarts entre les proportions
Lucile Cros, Valérie Mariette,
d'entrepreneurs qui estiment la situation " en hausse " et " en baisse " au regard de la question posée.et Isabelle Roiseau
Les réponses " stable " n'influencent pas la valeur des soldes. Cette représentation améliore la
lisibilité sans perte d'information notable.
L'interprétation des soldes d'opinion est fondée sur l'évolution des séries plutôt que sur leur niveau.
INSEE Bretagne
On peut toutefois comparer les soldes d'opinions à leur moyenne de longue période afin de tenir36, place du Colombier
compte du comportement usuel de réponse des chefs d'entreprise.CS 94439
35044 RENNES Cedex
Tél.:0299293333 Taux de chômage localisés
Fax:0299293390 Le taux de est le pourcentage de chômeurs dans la population active (actifs occupés +
Pour tout renseignement chômeurs).
statistique : Les séries localisées du chômage sont estimées en répartissant géographiquement les données
Tél. : 0 825 889 452 (0,15 € la minute) nationales au sens du BIT issues de l'enquête emploi.
Insee Bretagne - Flash d'OCTANT - N° 145 - Novembre 20084

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