Diversité des taux de création d'entreprises

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Taux moyen de création d'établissements en Aquitaine selon les zones d'emploi et les secteurs d'activité. Effets de structure ou effet géographique ? 4 grands pôles de création : pôle urbain, pôle des zones touristiques, pôle périurbain-villes moyennes, pôle rural. Cartes - Graphique - Tableau - Définitions - Bibliographie
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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DIVERSITÉ DES TAUX DE
CRÉATION D’ÉTABLISSEMENTS
En Aquitaine, le taux moyen
Une forte dispersion selon les zones d’emploide création d’établissements s’établit
et les secteurs d’activités
à 8,8 % sur la période 1996-1999.
Ce taux moyen de création, tous secteurs confon-Il est le résultat d’une forte dispersion
dus, dissimule la grande hétérogénéité des 23 zonesentre les zones d’emploi de la région
d’emploi au sein de la région. Le taux varie de 5,3 %et les secteurs d’activité.
pour le Nord-Est de la Dordogne, le plus en retrait, àEn effet, les écarts de taux moyens
12,8 % pour le Sud des Landes, le plus dynamique.
de création, d’une zone à l’autre ou
d’un secteur à un autre, Seulement 5 zones d’emploi sur 23 ont un taux
moyen de création supérieur à la moyenne régionale.peuvent atteindre près de 8 points.
Il s’agit des zones qui bordent le littoral atlantique, deCette hétérogénéité peut s’expliquer
la pointe du Médoc à Bayonne (la zone de Dax ex-par des effets de structure sectorielle ou
ceptée), et de celle de Bordeaux-zone centrale.des effets purement liés
à l’appartenance géographique à une zone. Le taux moyen de création, toutes zones d’emploi
L’analyse de ces effets permet confondues, occulte aussi la grande diversité des
taux par secteurs d’activités. Cependant l’éventailde dégager quatre grands pôles :
des taux moyens par secteurs reste proche de celuiurbain, touristique,
des zones d’emploi. Décomposé en huit secteurs, lepériurbain-villes moyennes et enfin rural.
taux moyen de création varie de 4,5 % dans l’in-Les zones d’emploi de Bordeaux et
dustrie agroalimentaire à 12,4 % dans les services
du littoral se révèlent les plus dynamiques.
rendus aux entreprises. Deux secteurs, le com-
merce, et les services rendus aux entreprises ont un
taux supérieur à la moyenne régionale. Ils représen-
tent 43 % de l’ensemble du parc d’établissements.
Un seul secteur est proche de la moyenne régionale,
celui des transports.
Avec un taux moyen de création pure d’établisse-
ments de 8,8 % sur la période 1996-1999, l’Aqui- Quatre autres secteurs (services aux ménages, in-
taine se place parmi les régions les plus créatrices, dustrie, construction, hôtels-cafés-restaurants) ont
eau 5 rang derrière les régions touristiques du Sud de un taux de création, compris entre 7 % et 7,5 %, lé-
la France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc- gèrement inférieur à la moyenne des secteurs.
Roussillon, Corse et la région Ile-de-France, mais
Seule l’industrie agroalimentaire (IAA) a un taux net-devant Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes.
tement inférieur. En fait, plus de la moitié des IAA
Sur cette période, 12 200 établissements se sont sont des boulangeries, pâtisseries et charcuteries. Ce
créés en moyenne chaque année en Aquitaine, soit secteur s’apparente donc pour partie au commerce
près de 9 nouveaux établissements par an pour 100 traditionnel.
établissements déjà existants. Il s’agit de créations ex
Enfin, le croisement entre zone d’emploi et secteurnihilo, soit 70 % des créations totales aquitaines
d’activité fait apparaître une hétérogénéité encored’établissements et environ 5,2 % des créations fran-
plus grande au sein de la région. Le Nord-Est de laçaises ex nihilo d’établissements.INSEE
AQUITAINE
INSTITUT NATIONAL
DE LA STATISTIQUE
ET DES ÉTUDES
ÉCONOMIQUES
N ° 86
JUIN 2000Dordogne enregistre le plus faible taux zone elle même. La plupart des secteurs nale et regroupe donc un grand nombre
moyen de création, avec 1,5 % dans d’activités sont plus dynamiques dans de créations d’établissements, près du
l’industrie agroalimentaire, et le Sud une zone que dans l’autre ou vice versa. tiers des créations régionales. Son taux
des Landes, le plus élevé, avec 17,2 % Il n’y a donc pas d’effet lié à la structure de création est de 10 %, il est supérieur
dans le commerce. Or le Nord-Est de la sectorielle de la zone. On parlera alors au taux moyen régional. Cette zone,
Dordogne cumule une forte présence d’effet géographique. fortement dotée en établissements de
(la plus forte après Terrasson) du secteur tous secteurs d’activités, a un profil tel
Au total, en raisonnant en écart à la
agroalimentaire, secteur où le taux de qu’il tire la moyenne régionale.
moyenne régionale, les effets de struc-
création est le plus faible, et une
ture et les effets géographiques peuvent La zone “ pôle urbain ” est la seule pour la-
sous-représentation des services rendus
être positifs, négatifs ou nuls. Ainsi la quelle les effets structurel et géographique
aux entreprises (par rapport à la
zone d’emploi de Bordeaux-zone cen- sont tous deux positifs. D’une part, cela si-
moyenne régionale), secteur le plus dy-
gnifie que comparé à la moyenne régio-trale et celle du Nord-Est de la Dor-
namique en termes d’établissements.
nale, l’orientation vers les secteursdogne affichent des effets de structure
Une différence de taux expliquée radicalement opposés, positif pour la d’activités les plus porteurs (services aux
en partie par les effets structurels première, négatif pour la seconde. De entreprises et commerce) explique le dy-
même, les effets géographiques sont namisme des pôles urbains. D’autre part,La différence entre le taux de création
l’appartenance à ce pôle urbain, qui béné-aussi de signes différents.d’une zone d’emploi et le taux moyen de
ficie en général de la présence dela région Aquitaine résulte en partie
Effets de structure et effets géographiques
main-d’œuvre qualifiée et d’infrastructu-d’écarts de profil sectoriel entre la zone se combinant, quatre grands pôles de
res développées, explique aussi un taux ded’emploi et la région. La présence de sec-
création se dessinent en région Aquitaine.
création plus élevé que la moyenne, quelteurs d’activités plus dynamiques dans
que soit le secteur considéré.Pôle urbainune zone d’emploi que dans une autre
entraîne de forts taux de création et vice
Dans cette catégorie, on trouve Bor- La zone de Bayonne qui a un taux
versa. On parle alors d’effet structurel. deaux-zone centrale. Cette zone se dé- moyen de création de 9 % peut être rap-
marque nettement des autres zones car prochée de ce groupe mais elle se situe
Cet effet n’explique qu’une partie de
elle est le siège de la métropole régio- loin derrière la zone de Bordeaux. Les
l’écart à la moyenne régionale, dans le
cas présent, environ la moitié. Le reste
peut être attribué à l’appartenance à la
Effet de structure ou effet géographique ?
Comment interpréter les différences entre les
taux moyens de créations d’établissements par
zone d’emploi ? Il est légitime de se demander
jusqu’à quel point les écarts observés entre les
différentes zones d’emploi sont dus à des diffé-
rences de structure d’activité. La forte présence
dans une zone d’activités ayant un comporte-
ment dynamique en matière de créations d’éta-
blissements, par exemple les services aux
entreprises, tire vers le haut le taux moyen de
cette zone. De même, la présence d’activités
plus traditionnelles où le parc se renouvelle
moins vite tire vers le bas le taux moyen.
En utilisant un modèle économétrique simple,
on peut montrer que la structure par activité ex-
plique 55 % des écarts à la moyenne régionale
des taux de créations d’établissements des zo-
nes d’emploi.
Les écarts résiduels peuvent s’interpréter
comme l’effet de la zone elle-même ou effet
géographique. Cet effet recouvre alors des phé-
nomènes d’externalités : présence d’un bassin
d’emploi développé et qualifié ou présence de
centres de recherche, d’entreprises de services.
Ces deux types d’externalités sont fortement
liés, comme cause et conséquence du processus
d’urbanisation.
N°86
JUIN 2000effets structurel et géographique sont
quasiment nuls.
Pôle des zones touristiques
Dans ce pôle se trouve le littoral consti-
tué par les zones de Bordeaux-Médoc,
Bordeaux-Arcachonnais et Sud des Lan-
des. Celles-ci affichent les taux de créa-
tion les plus élevés de la région (11 à
13 %). Leur localisation en bordure de
mer les oriente vers les activités typi-
quement touristiques, comme le com-
merce, les services aux particuliers et
l’hôtellerie-restauration, mais y sont
aussi très présents les autres secteurs
d’activités, notamment les services ren-
dus aux entreprises.
Ces zones sont toutes trois caractérisées
par un effet structurel faiblement négatif
et un effet géographique nettement po-
sitif. L’attractivité de ces zones, en ter-
mes de créations d’établissements,
provient donc de leur localisation.
Pôle périurbain-villes moyennes
Vient ensuite tout un ensemble compo-
sé de zones comprenant des villes
moyennes de la région, des chefs-lieux
de département et de zones aux abords
de Bordeaux. Elles ont un taux de créa-
tion qui varie de 7 % à 8,7 %, inférieur à
la moyenne régionale. Elles ont des pro-
fils sectoriels de création proches de la
structure régionale. Les effets structurel
et géographique sont dans la plupart des
cas faiblement négatifs sauf pour Pau où
l’effet structurel est nul.
Pôle rural
Enfin, apparaît un groupe de six zones à
caractère plus rural, éloignées de Bor-
deaux. Leur taux moyen de création in-
férieur à 7 % les situe nettement en
retrait du reste de la région. Ce sont les
zones d’emploi du Nord-Est de la Dor-
dogne, de Marmande-Casteljaloux,
d’Oloron-Mauléon, de l’Est des Landes,
de la Haute-Lande et de Lacq-Orthez.
Ces zones sont en déclin démogra-
phique sauf celles des Landes. Elles ne
N°86
JUIN 2000N° 86
JUIN 2000
Établissements : Taux de création, nombre de créations et parc sont pas orientées vers des secteurs por-
sur la période 1996-1999
Unité : % teurs mais plutôt tournées vers l’in-
Taux moyen Nombre moyen Parc moyen
dustrie et la construction. De plus, ellesde création de créations
Par zones d’emploi ne sont pas dynamiques dans ces sec-
Nord-Est de la Dordogne . . . . . . . . . . . . 5,3 1,0 1,6
teurs qui sont les plus représentés. LesPérigueux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7,1 4,1 5,1
Terrasson 7,2 0,8 1,0 effets structurel et géographique y sont
Sarlat-la-Canéda. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8,4 1,8 1,9
nettement négatifs.Bergerac. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7,6 2,7 3,0
Dax . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8,2 3,8 4,0
Marmande-Casteljaloux . . . . . . . . . . . . . 6,7 1,6 2,1 Enfin les zones de Sarlat et Terrasson
Agen. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7,8 4,5 5,1
Lacq-Orthez . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,4 1,4 1,9 sont difficilement classables dans les
Oloron-Mauléon . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5,9 1,0 1,5
quatre grands groupes précédents.Pau. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7,8 7,1 8,0
Libourne-Montpon-Ste-Foy-la-Grande . . 8,0 4,3 4,7 Leurs taux de création respectifs sont de
Langon-Bazas-La Réole . . . . . . . . . . . . . 8,0 2,0 2,2
8,4 % et de 7,2 %. Dans ces deux zones,Villeneuve-sur-Lot-Fumel . . . . . . . . . . . . 7,6 2,7 3,1
Bordeaux-Médoc . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10,6 2,7 2,2
isolées des pôles de développement,
Bordeaux-Arcachonnais . . . . . . . . . . . . . 11,7 6,4 4,8
Bordeaux-Entre-deux-Mers . . . . . . . . . . . 8,7 1,7 1,7 l’effet structurel est très négatif. En re-
Bordeaux-Cubzacais. . . . . . . . . . . . . . . . 8,2 1,9 2,1
vanche, l’effet géographique est faible-Bordeaux-zone centrale . . . . . . . . . . . . . 10,0 31,6 27,6
Mont-de-Marsan-Haute-Lande . . . . . . . . 6,7 0,4 0,5 ment négatif pour Terrasson et nul pour
Mont-de-Marsan-Est des Landes . . . . . . . 6,5 2,3 3,1
Sud des Landes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12,8 3,6 2,5 Sarlat sans doute avantagée par sa posi-
Bayonne-Pyrénées . . . . . . . . . . . . . . . . . 9,0 10,6 10,3
tion de zone touristique.
8,8 100,0 100,0Aquitaine · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
Par secteurs d'activité On constate que les zones d’emploi les
IAA. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4,5 1,7 3,3
plus rurales sont à l’écart du dynamismeIndustrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7,0 6,5 8,1
Construction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7,2 11,9 14,5 régional. Elles n’ont pas un seul secteur
Commerce et réparations . . . . . . . . . . . . 10,0 33,0 29,0
Transports. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9,0 3,8 3,7 d’activités porteur en termes de création,
Hôtels-cafés-restaurants . . . . . . . . . . . . . 7,5 6,8 8,0
sauf la Haute-Lande dans le domaine des
Services rendus aux ménages . . . . . . . . . 7,4 16,0 19,1
Services rendus aux entreprises . . . . . . . 12,4 20,3 14,3 transports. En revanche, les zones urbani-
8,8 100,0 100,0Aquitaine · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
sées de Bordeaux-zone centrale,
Source : Insee - Sirene Bayonne-Pyrénées et celles du littoral ma-
nifestent leur dynamisme sur plusieurs
secteurs d’activités, notamment les servi-Définitions
ces rendus aux entreprises, le commerceLe taux annuel moyen de création ex nihilo d’établissements est défini comme le rapport entre le
nombre moyen de créations ex nihilo et le stock moyen d’établissements sur la période 1996-1999. et l’industrie.
La création d’un établissement peut se produire à l’occasion de différents événements : la création ex
nihilo, la création par reprise, la création par réactivation ou par transfert. Dans cette étude, on ne s’in- Colette JORDA
téressera qu’à la création ex nihilo. Celle-ci correspond à l’ouverture d’un établissement économi-
quement actif jusqu’alors inexistant et donc à la création de nouveaux moyens de production. On
parle aussi de création “pure” ou “nouvelle”.
Une entreprise exerce ses activités dans un ou plusieurs lieux géographiques distincts : c’est la notion POUR EN SAVOIR PLUS...
d’établissement. Un établissement est une unité qui exerce une activité en vue de produire des biens
“Le renouvellement du tissu productif
et des services. Pour ce faire, il utilise un ensemble de moyens de production (machines, personnel)
régional” - Insee Provence-Alpes-Côte
réunis en un même lieu d’implantation. d’Azur - Sud Dossier n°6-Juillet 1999
(54 pages) - 60 francs ; 9,15 euros.
“Où se créent les entreprises en Aquitaine ?”
Insee Aquitaine n°46-Avril 1997 (4 pages)
13 francs ; 1,98 euro.
“Entreprendre en région Centre” - Insee
Centre - Dossier-Janvier 1996 (68 pages) -
100 francs ; 15,24 euros.
Directeur de la publication : Michel Schrantz - Rédacteur en chef : Paul Ahmed Michaux - Secrétaire de fabrication : Daniel
Lepphaille - INSEE Aquitaine - 33, rue de Saget - 33076 Bordeaux cedex.INSEE Tél. 05 57 95 05 00 - Fax : 05 57 95 03 58 - Minitel : 3615 ou 3617 INSEE - Imprimé à l’Insee Aquitaine.
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