1999-2000-2001 : trois années d'embellie sur le marché du travail franc-comtois

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Les années 1999, 2000 et 2001 ont été pour la France une période de conjoncture économique très favorable. La croissance, qui s'est traduite par une hausse de l'emploi et une baisse du chômage significatives, n'a pas eu les mêmes effets sur toutes les régions françaises. La Franche-Comté a certes profité de la reprise, mais entretient une dépendance vis à vis des emplois extérieurs de plus en plus forte. Localement, de fortes disparités existent également : certaines zones d'emploi comme Vesoul cumulent hausse de l'emploi, baisse du chômage et renforcement de l'attractivité par l'emploi, d'autres zones d'emploi comme le Haut-Jura ont connu une évolution du marché local de l'emploi beaucoup moins favorable.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Les années 1999, 2000 et 2001 ont été pour la France une période de conjoncture économique très favorable La croissance, qui sest traduite par une hausse de lemploi et une baisse du chômage significatives, na pas eu les mêmes effets sur toutes les régions françaises La Franche-Comté a certes profité de la reprise, mais entretient une dépendance vis à vis des emplois extérieurs de plus en plus forte Localement, de fortes disparités existent également : certaines zones demploi comme Vesoul cumulent hausse de lemploi, baisse du chômage et renforcement de lattractivité par lemploi, dautres zones demploi comme le Haut-Jura ont connu une évolution du marché local de lemploi beaucoup moins favorable
Nº 70 - MAi2004
Marché du travail
vant la période de creuxde 4% Cest la plus forte hausse conjoncturel actuel, laaprès la Corse et la région Pro-France et lensemble devence-Alpes-Côte dAzur Trois ses régions ont connu unecomposantes expliquent la varia-embellie tout à fait exceptionnelletion de la population active : lim-sur le marché du travail Fin 2001,portance des générations en âge le nombre demplois en Franche-de travailler, la modification des Comté a atteint le niveau recordcomportements dactivité et les de 454000, alors quil était demouvements migratoires La seulement 420000 fin 1997, soithausse du nombre dactifs sex-le même niveau quen 1975 Plusplique essentiellement par un plus de 34 000 emplois ontgrand nombre de per-Jamais les générations été créés en 4 ans,sonnes en âge de tra-en âge de travailler après une stagnationvailler et par une nont été aussi globale sur les deuxhausse des taux dac-nombreuses décennies précéden-tivité Jamais en tes Parallèlement, le chômage aFrance ou en Franche-Comté, les fortement diminué, avec pour lagénérations en âge de travailler Franche-Comté un retour du tauxnont été aussi nombreuses En de chômage aux environs de 7%2001 toutes les générations du fin 2001 Lactualisation de la des-baby-boom sont encore dans cette cription du marché du travail, déjàsituation Sans recensement de la effectuée entre 1990 et 1999 per-population, on ne dispose pas de met de mieux comprendre cesla mesure des taux dactivité mais évolutions remarquablescelui des femmes a probablement Entre fin 1998 et fin 2001, la Fran-continué de progresser comme che-Comté a connu une croissancecela a été constaté depuis plu-de sa population active de lordresieurs décennies, facilité par la
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nont profité de la reprise franc-comtoise La Franche-Comté est de plus en plus dépendante de lextérieur en matière demploi Le nombre demplois en Franche-Comté est relativement faible pour le nom-bre dhabitants Début 2002, 34 300 Francs-Comtois travaillent à lextérieur de la région, contre seulement 11800 personnes qui rentrent quotidiennement dans la région pour venir y travailler Ce déficit (= 22 500) est pour une très large part (15000) lié à limpor-tance du travail frontalier, en plein essor au cours de ces trois années (+3 700) Le caractère résidentiel se renforce aux dépens du carac-tère de pôle économique, réser-voir demplois pour la popula-tion Autrement dit, à ses fron-tières, la région attire davantage Note de lecture: dactifs allant travailler à lex-térieur que demplois destinés Pour 10 000 actifs présents en 1999, la Franche-Comté en compte environ 400 de plus 3 ans après Parallèlement la région compte 500 emplois supplémentaires pour 10 000 actifs présents en débutaux résidents extérieurs de période Dans toutes les régions françaises le nombre d%emplois a sensiblement plus augmenté Comparée aux autres régions de que le nombre d%actifs La Franche-Comté se distingue par une forte hausse de la population active France métropolitaine, la Fran-e e (3 plusforte hausse des régions métropolitaines), et par une hausse «normale »(12 région)du che-Comté a raisonnablement nombre d%emplois Ainsi le nombre d%emplois supplémentaires rapporté au nombre d%actifs supplé-profité de la reprise en emplois mentaires est moins favorable à la Franche-Comté qu%à la majorité des autres régions pendant ces trois années de bonne conjoncture Cependant, plus grande fluidité du marché dulution de la population active reste25 000 Dans une économie fer-malgré la croissance de lem-travail Cette situation plus favo-faible comparé aux deux facteursmée, ces évolutions auraientploi et le nombre important dac-rable peut également expliquer uneprécédents Cette hausse de la po-conduit à une baisse de 5 000 dutifs partis travailler à lextérieur entrée plus précoce des jeunes danspulation active devrait se poursui-nombre de demandeurs dem-de la région, le nombre de de-la vie active Larbitrage entre étu-vre jusquen 2006 ou un peu plusploi En réalité, la baisse du chô-mandeurs demplois a moins des et emploi se fait plustard dans le cas dun re-mage a été deux foisdiminué quailleurs 25 000 emplois facilement en faveur decul sensible de lâgeplus forte (= 9 350 per-Une régionS e u l eal  A l s a c e créés en 3 ans lemploi quand les oppor-moyen de départ à la re-sonnes en 3 ans), beau-plus dépendanteconnu une évolution tunités sont plus nombreuses Letraite coupde Francs-Comtoism o i n sf a v o r a b l e  de lextérieur solde migratoire des actifs resteSi entre fin 1998 et fin 2001, leayant trouvé un emploiLexplication est sim-probablement déficitaire mais sen o m b r ed e sa c t i f sf r a n c s -hors de leur région de résidenceple :le potentiel de baisse du réduit par rapport aux périodescomtois a augmenté de 20 000,La plus grande mobilité des ac-taux de chômage est faible dans antérieures Son impact sur lévo-celui des emplois a crû detifs nest pas une tendance nou-les régions où ce taux est déjà velle, mais, dans la région, lesfaible Ce qui distingue vrai-évolutions des entrées et desment la Franche-Comté des sorties ne sont pas symétriquesautres régions françaises est bien Le nombre de personnes quice nombre de sorties du terri-habitent hors de la région et quitoire en forte augmentation: la o c c u p e n tu ne m p l o if r a n c -région héberge de plus en plus c o m t o i sa ce r t e sa u g m e n t éd ep e r s o n n e st r a v a i l l a n te n (+7 150), mais beaucoup moinsSuisse, à Oyonnax ou en Alsace que le nombre de personnes quiCe constat se retrouve dans sortent quotidiennement du ter-les évolutions comparées du ritoire régional pour aller tra-nombre dactifs et du nombre vailler (+11500) Les Francs-d  e m p l o i s E nm o y e n n ee n Comtois ont ainsi plus profitéFrance pour 1 nouvel actif, 2 de la reprise en emplois à lexté-emplois ont été créés En Fran-rieur de la région, que les per-che-Comté, 5 emplois ont été sonnes résidant à lextérieurcréés pour 4 nouveaux actifs
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(soit 1,25 emploi pour 1 nou-les zones demploi de Belfort et vel actif)du Revermont, la proportion Lembellie économique ne sestdemplois occupés par des per-pas déclinée uniformément sursonnes résidant à lextérieur de le territoire franc-comtois Sansla zone demploi est particuliè-parler de pôles de croissance, onrement importante Les échan-distingue toutefois des zonesges avec lextérieur sont impor-demploi dans lesquelles la re-tants dans les deux sens Ainsi prise de lemploi a été très dy-Belfort entretient des relations namique, dautres où elle naprivilégiées avec la zone dem-pas eu lieu Ainsi, en trois ans,ploi de Montbéliard ou avec la variation de po-lAlsace Vesoul, Belfort, pulation active dansLes zones demploi Lons-le-Saunier l e st r e i z ez o n e sde ray, Montbéliard demploi de Fran-et le Revermont :et Besançon ont éga-che-Comté est com-lement connu une pé-premiers bénéficiaires prise entre =2% etriode favorable sur le de la reprise +9%, lévolution demarché du travail lemploi entre = 1% et +8% Lamais un peu moins marquée que baisse du chômage na pas nonles zones demploi précédentes plus été également répartie puis-À Besançon et Montbéliard, la que les variations séchelonnentpopulation active a fortement aug-entre +5% et = 25%menté avec lapport de jeunes gé-Les zones demploi de Vesoul,nérations plus nombreuses et plus Belfort, Lons-le-Saunier et duactives en 2001 quen 1998 En Revermont ont connu une évo-effet, le rebond de la natalité du lution du marché du travail trèsdébut des années 1980 est respon-favorable entre fin 1998 et finsable dune génération plus nom-2001 Dans ces quatre zonesbreuse que la précédente (nais-demploi, le nombre demploissances en 1975) De plus, pour des a augmenté sensiblement plusraisons de logement ou doppor-que le nombre dactifs et le chô-tunité demploi, les jeunes rési-mage a fortement diminué Dedent souvent dans les grandes ag-plus, dans les zones demploi deglomérations La plus grande flui-L o n s - l e - S a u n i e re tVe s o u l ,dité sur le marché du travail les a lattractivité sest plutôt renfor-conduit à rentrer de façon plus cée Ainsi, pour Lons-le-Sau-précoce dans la vie active nier le nombre dactifs entrantNéanmoins, dans ces trois zo-travailler dans la zone demploines demploi, le nombre dem-a augmenté de 750 alors queplois a plus augmenté que le dans le même temps, le chiffrenombre dactifs Montbéliard se de ceux qui sortent na augmentédistingue par une baisse du chô-que de 300 Fin 2001, les échan-mage moindre car les emplois ges domicile-tra-créés ont souvent Lure-Luxeuil et Dole vail sont de ce faitprofité aux rési-quasiment équili-ont profité de la croissancedents extérieurs brés pour la zonede la zone dem-des territoires limitrophes demploi de Lons-ploi, alors que le-Saunier Vesoul est la seuleles habitants de la zone dem-zone demploi franc-comtoiseploi nont profité que plus rare-qui attire plus dactifs quoti-ment des emplois créés à lexté-diennement quelle nen perdrieur Ce décalage pose la ques-Le chef-lieu de la Haute-Saônetion de ladéquation entre la a, semble-til, renforcé son rôlemain-duvre disponible et les de pôle structurant en matièreemplois offerts À Besançon et demploi au cours des trois der-ray, les échanges avec lexté-nières années: de plus en plusrieur ont joué en sens inverse, de personnes résidant dans lesfavorisant une forte baisse du zones demploi de Lure-Luxeuilchômage local ou de ray viennent travailler àLes zones demploi de Lure-Vesoul ou aux alentours DansLuxeuil et Dole ont connu une
Note de lecture:
À Vesoul, il y a 34 100 actifs, 32 300 emplois et 2 800 chômeurs au 01/01/2002 Par ailleurs 4 100 personnes sortent quotidiennement de la zone d%emploi pour aller travailler (sortants), et 5 100 emplois de la zone d%emploi sont occupés par des résidents extérieurs (entrants) On a l%équation comptable : Nombre d%actifs = emplois + chômeurs + Sortants  Entrants En effet 34 100 = 32 300 + 2 800 + 4 100  5 100
variation du nombre demplois sensiblement égale à la varia-tion du nombre dactifs entre fin 1998 et fin 2001 Ceci na pas empêché le chômage de dimi-nuer dans dimportantes propor-tions Ces territoires ont profité de la croissance en emplois des zones voisines, le nombre dha-
Note de lecture:
bitants travaillant à lextérieur étant de plus en plus important Parallèlement, peu demplois ont été occupés par des person-nes résidant à lextérieur Ces zones demploi, à limage de la région, entretiennent une forte dépendance vis à vis de lexté-rieur
À Vesoul, entre le 01/01/1999 et le 01/01/2002, la population active a augmenté de 1 400 personnes Cette hausse se décompose comme suit : 2 300 emplois en plus, 800 chômeurs en moins, 400 personnes en plus qui vont travailler à l%extérieur et 500 emplois de plus occupés par des résidents extérieurs (1 400 = 2 300  800 + 400  500)
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Méthode Choix du découpage en zones demploi Pour relier évolutions de lemploi et du chômage, on a choisi de travailler sur des territoires que lon peut qualifier de bassins dem-ploi :les résidents y trouvent, pour la grande majorité, un emploi sur place et les employeurs locaux la main d!uvre dont ils ont besoin" Le découpage en zones demploi présente lavantage de proposer une partition de les-pace régional en territoires cohérents et adap-tés à létude du marché du travail"
Schéma déquilibrage du marché du travail Quand on veut étudier un marché local de lemploi, on cherche à relier les ressources en main-d!uvre (la population active) avec les besoins en main-d!uvre (les emplois)" Bien sûr le territoire ne vit pas complètement en autarcie" Si une grande part dactifs résident et travaillent dans la zone (les «stables »),cer-tains actifs travaillent à lextérieur de la zone (les «sortants »)et certains emplois sont oc-cupés par des personnes résidant à lextérieur (les « entrants »)" Comptés dans les actifs, les chômeurs ne tra-vaillent ni dans la zone ni à lextérieur" Caractériser un marché de lemploi par le seul taux de chômage est très réducteur et ne tient pas compte, en particulier, du volume et de la nature des échanges" Pour être complet, on a: Population active = Actifs ayant un emploi+ Chômeurs = Stables + Sortants+ Chômeurs = Stables + Entrants 5 Entrants + Sortants+ Chômeurs = Emplois + (Sortants 5 Entrants)+ Chômeurs"
Cette équation comptable reste vraie en variation"
Les zones demploi de Morteaulégèrement progressé La forte et Pontarlier constituent vérita-hausse de lemploi et surtout le blement un cas à part Le nom-grand nombre de sorties du ter-bre demplois a certes augmenté,ritoire nont pas suffi à absorber mais la population active en-laugmentation de la population core plus Dans ces deux terri-active Ces deux zones dem-toires limitrophes de la Suisse,p l o ia p p a r a i s s e n tm o i n s le nombre de fronta-q u  a u p a r a v a n t Morteau liers a considérable-comme des réservoirs et Pontarlier : ment augmenté endemplois pour leurs trois ans Lattrait dudes zones demploihabitants, tandis que travail frontalier fa-de plus en plusleur caractère rési-vorise probablementdentiel sest renforcé résidentielles les migrations rési-Les zones demploi dentielles, qui entraînent unede Saint-Claude et de Champa-forte croissance de la popula-gnole sont celles qui ont le moins tion active À Morteau, le chô-profité de la période de con-mage a fortement diminué, lejoncture économique favorable surplus de population activeEn effet, alors que la hausse étant plus quabsorbé par unmoyenne de lemploi est de près nombre de navettes vers lexté-de 6% dans la région, ces zones rieur très important À Pontar-ont connu une baisse des effec-lier, en revanche, le chômage atifs Dans le Haut-Jura, malgré
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Ainsi une variation de la population active peut être décomposée en une variation de lemploi, une variation du solde des navettes domi-cile-travail (variation du nombre de sorties moins variation du nombre dentrées) et une variation du chômage" (pour exemple voir le tableau sur les zones demploi)"
Chômage au sens du recensement de la populationAfin dêtre cohérent avec le der-nier recensement de la popula-tion (1999), nous avons estimé au 01/01/2002, la population ac-tive ainsi que le nombre de chô-meurs au sens du recensement" Le chômage au sens du recense-ment est déclaratif" Est considé-rée comme chômeur toute per-sonne se déclarant au chômage" Généralement ce nombre est un peu plus élevé que le nombre de demandeurs demplois en fin de mois ou que le nombre estimé de chômeurs au sens du BIT"
Estimations Sans recensement de la population, il est très difficile de compter le nombre demplois dune zone demploi, le nombre de chômeurs ou le nombre de déplacements domicile-travail" Afin de réaliser cet exer-cice de bouclage de marché du travail, lINSEE a dû estimer de nombreux éléments" Plutôt que de donner un intervalle de confiance, nous avons préféré donner une valeur arrondie à la centaine (ou à la cinquantaine dans les cas litigieux)" Ces résultats sont à interpréter avec prudence" Il ne faut pas attacher trop dimportance aux valeurs prises isolément, mais plutôt sintéresser au scénario construit à partir de lensemble des grandeurs estimées"
un nombre plus important de navettes vers lextérieur, notam-m e n td ef r o n t a l i e r sv e r sl a Suisse, cette dégradation de lemploi sest même accompa-gnée dune hausse du chômage À Champagnole, la population active a diminué et la pression démographique est donc moins forte Le chômage y a même diminué La structure économi-que, industrielle et agricole, de ces zones demploi peut contri-buer à expliquer la moins bonne tenue de lemploi sur longue période Mais cet effet structu-rel est insuffisant pour expli-quer le déficit constaté, qui est avant tout le produit dun moin-dre dynamisme économiquen
François GITTON
INSEEFranche-Comté « le Major » 83, rue de Dole BP 1997 25020 BESANÇON Cedex Tél : 03 81 41 61 61Fax : 03 81 41 61 99 www.insee.fr/fc
Directeur de la publication :Didier Blaizeau Rédacteur en chef :Jean-Michel Floch Mise en page :Maurice Boguet Imprimerie :Noir sur Blanc Besançon
Nº de CPPAP : 3 021 AD ISSN : 1248-2544 © INSEE 2004 dépôt légal : Mai 2004
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