70 000 travailleurs pauvres en région Centre

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Occuper un emploi ne met pas à l'abri de la pauvreté. En région Centre, 70 000 travailleurs appartiennent à un ménage pauvre en 2006. Ce nombre, rapporté à l'ensemble des travailleurs, est identique au taux national. La pauvreté laborieuse résulte de facteurs individuels propres à la formation et au marché du travail, mais aussi d'éléments liés à la famille. Un niveau de diplôme élevé, un travail salarié à temps complet et, pour les femmes, la vie en couple limitent les risques de pauvreté. Appartenir à une famille monoparentale les augmente considérablement, notamment pour les femmes. Le travail ne préserve pas forcément de la pauvreté Diplôme et emploi salarié à temps completprotègent de la pauvreté laborieuse encadré 1 - Travailleurs pauvres et pauvreté des ménages Un travailleur appartenant à une famille monoparentale est plus exposé La pauvreté recouvre des situations familiales différentes selon l'âge encadré 2 - L'influence du salaire, des périodes de non-emploi, de l'ancienneté dans la vie professionnelle et du nombre de titulaires d'un revenu La pauvreté laborieuse touche un peu plus les hommes que les femmes La vie en couple protège plus les femmes, la vie hors couple les expose plus encadré 3 - Le CESR Centre et la question de la pauvreté au travail Pour comprendre ces résultats
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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70 000 travailleurs pauvres en région Centre
Occuper un emploi ne met pas à l’abri de la pauvreté. En région Centre, 70 000 travailleurs appartien-
nent à un ménage pauvre en 2006. Ce nombre, rapporté à l’ensemble des travailleurs, est identique
au taux national. La pauvreté laborieuse résulte de facteurs individuels propres à la formation et au
marché du travail, mais aussi d’éléments liés à la famille. Un niveau de diplôme élevé, un travail sala-
rié à temps complet et, pour les femmes, la vie en couple limitent les risques de pauvreté. Appartenir à
une famille monoparentale les augmente considérablement, notamment pour les femmes.
Gilles Pellati
La pauvreté laborieuse est une
composante significative, mais
Part des travailleurs pauvres parmi les travailleurs
non exclusive, de la pauvreté. Elle
résulte de la simultanéité de deux Nord
Pas-de-Calais
situations : travailler et vivre dans
un ménage pauvre. Cette notion
Haute- Picardiede « travailleurs pauvres » est ap- Normandie
parue aux États-Unis dans les an- Basse-
Champagne-Normandienées 1960 et semblait cantonnée Île-de-France LorraineArdenne
Alsace
Bretagneaux pays anglo-saxons jusqu’au
début des années 1990. La préoc-
Pays de la Loire Centrecupation de ces travailleurs pau- Franche-Bourgogne
Comtévres a depuis gagné l’ensemble
de l’Union européenne et un indi-
cateur, « in-work poverty risk », a Poitou-
% Charentesété créé en 2003 pour suivre l’évo- Limousin
11 Rhône-AlpesAuvergnelution de la pauvreté laborieuse 9
8
dans les pays de l’Union. Les tra- 7
5 Aquitainevailleurs pauvres sont une préoc-
Midi-cupation centrale de la Stratégie
Provence-Alpes-Pyrénées Languedoc-de Lisbonne. En France, un dispo- Côte d'AzurRoussillon
sitif comme le Revenu de solidari-
té active (RSA) vise à faire reculer
Corseces situations en complétant les re-
venus d’activité des travailleurs
pauvres et des ménages concer- Source : Insee, Enquête SRCV 2007 (estimation sur petits domaines)
nés.
Insee Centre - Service Études et DiffusionDirecteur de la publication : Paul Ahmed Michaux
Le portrait de votre région : www.insee.fr/centreISSN : 0986-976X
Informations statistiques : 0 825 889 452 (0,15€/mn) - www.insee.fr
IGN-Insee 2010
©l’activité et à la formation.Part des personnes concernées par la pauvreté laborieuse
Le diplôme est un facteur discrimi-dans la population totale
nant. En région Centre, 12 % des
Nord
travailleurs sans diplôme sont tou-Pas-de-Calais
chés par la pauvreté, une propor-
tion près de deux fois plus élevéePicardieHaute-
Normandie que pour l’ensemble des travail-
Basse- Champagne-
leurs. Ils représentent les troisArdenneNormandie LorraineÎle-de-France
Alsace quarts des travailleurs pauvres.
Bretagne
À l’inverse, un niveau de diplôme
Pays de la Loire Centre Bourgogne élevé permet un accès plus aisé àFranche-
Comté un emploi stable et non paupéri-
sant, notamment salarié à temps
complet. Il est ainsi susceptible dePoitou-
%
Charentes Limousin10 ,7 protéger de la pauvreté.Auvergne Rhône-Alpes8,3
En région Centre, seulement 9 %7,2
6,6 des travailleurs pauvres détien-4,8
Aquitainens : non significatif nent un diplôme de l’enseigne-
ment supérieur contre 26 % deLanguedoc- Provence-Alpes-Midi-
Côte d'AzurRoussillonPyrénées l’ensemble des travailleurs. Le
taux de pauvreté, déjà nettement di-
minué pour les titulaires d’un di-
Corse plôme supérieur au baccalauréat,
ns
est le plus faible pour les déten-
Source : Insee, Enquête SRCV 2007 (estimation sur petits domaines) teurs d’un diplôme du 1er cycle de
l’enseignement supérieur. Le carac-
Bourgogne, le Centre apparaît re-Le travail ne préserve pas tère professionnalisant de certains
lativement épargné.forcément de la pauvreté diplômes de ce niveau, BTS, DUT
Diplôme et emploi salarié ou licences professionnelles, ex-En France métropolitaine,
à temps complet plique en grande partie cette situa-1 710 000 travailleurs vivent en
protègent de la pauvreté tion relativement privilégiée.2006 dans un ménage dont le reve-
laborieuse
nu disponible est inférieur à Le risque de pauvreté est aussi
880 euros par mois et par unité de Le fait d’être travailleur pauvre ré- nettement supérieur pour les sala-
consommation. Cette pauvreté sulteenpremierlieudecaractéris- riés à temps partiel. Ils représen-
touche 70 000 travailleurs en ré- tent 25 % des travailleurs pauvrestiques individuelles liées à
gion Centre. La part régionale de
Part des travailleurs pauvres parmi lestravailleurs appartenant à un mé-
selon le diplôme et selon la situation sur le marché du travailnage pauvre est ainsi évaluée à
%7 %. Cette proportion, comparable
20
au niveau national, place le
Centre en position médiane par
15rapport aux autres régions métro-
politaines, au même titre que l’Au-
vergne ou le Poitou-Charentes.
10
Avec les conjoints (mariés ou non)
et les enfants, 170 000 personnes
5
sont concernées par la pauvreté la-
borieuse sur le territoire régional,
soit 7 % de la population totale. 0
Cette proportion est équivalente
aux parts de métropole et
d’Île-de-France.
Comparé aux autres régions du
Bassin parisien, à l’exception de la
Source : Insee, Enquête SRCV 2007 (estimation sur petits domaines)
2
ee
Diplôme 2 ou 3 cycle
er
Diplôme 1 cycle
BAC
BEPC, CAP, BEP
Pas de diplôme, CEP
Salariés à temps complet
Salariés à temps partiel
Indépendants
Autres cas (aides familiaux,
chômeurs, inactifs...)
IGN-Insee 2010
©C’est notamment le cas des famil-
Travailleurs pauvres et pauvreté des ménages
les monoparentales. Dans la ré-
gion, le taux de travailleurs
vreté, représentent une plus faibleEn 2006, 11,4 % des habitants de
pauvres parmi les membres de fa-
la région Centre vivent en des- proportion de la population en ré-
milles monoparentales est de
sous du seuil de pauvreté. Cette gion Centre qu’en métropole. À l’in-
14 %, le risque est alors deux fois
proportion, inférieure de 2 points verse, les retraités sont moins
plus élevé que pour l’ensemble
souvent pauvres et sont surrepré-aux taux de métropole et de pro-
des travailleurs.evince, situe la région au 4 rang na- sentés dans la région.
tional après l’Alsace, la Bretagne Concernant la population en âge de Le taux de pauvreté est encore
plus fort, de 17 %, pour les person-et les Pays de la Loire. Pourtant, la travailler, deux phénomènes s’oppo-
sent et expliquent le taux compa- nes appartenant à un ménagepart de travailleurs pauvres est
complexe, comptant plus d’une fa-équivalente en région Centre et rable entre la région et la
mille ou plusieurs personnes iso-en métropole, la région se situant métropole. D’un côté, la région com-
lées (cohabitation, colocation),à un rang médian. prend une part plus faible de famil-
mais ce type de ménage est peu ré-les monoparentales et de ménagesLa bonne position de la région, par
pandu.rapport à la population totale, s’ex- complexes, les plus touchés en gé-
plique notamment par le poids des néral par la pauvreté. D’un autre, Les membres d’un couple, avec
catégories de population absen- les travailleurs du Centre sont plus ou sans enfants, sont relativement
fréquemment sans diplôme et donctesdumarchédutravail. En effet, préservés de la pauvreté. Le
lesélèveset étudiantsdeplusde plus soumis au risque de pauvreté. risque d’être travailleurs pauvres
14 ans, les plus exposés à la pau- est2à3foismoins importantque
pour les membres de familles mo-
noparentales. La bi-activité poten-quand ce régime de travail ne tion, qu’il s’agisse des personnes
concerne que 14 % de l’ensemble âgées dans les ménages com- tielle au sein d’un couple ou d’un
des travailleurs. Le risque de pau- plexes, de conjoints sans emploi ménage apparaît comme un fac-
vreté pour les salariés à temps par- ou des enfants dans les familles. teur favorable au regard de la pau-
tiel est trois fois plus élevé que L’existence de personnes à vreté, celle-ci étant moindre
pour les salariés à temps plein. charge peut en outre constituer lorsque le ménage compte plu-
Des résultats nationaux plus com- une entrave à une activité profes-
sieurs membres percevant un re-
sionnelle suffisamment rémunéra-plets montrent aussi que les pério-
venu. Comme les travailleurs
des d’inactivité dans un parcours trice des adultes du ménage en
vivant en couple sont fortement
âge de travailler, surtout lorsqueprofessionnel contribuent significa-
majoritaires parmi l’ensemble destivement à basculer dans la pau- ces adultes sont seuls à assumer
travailleurs, près de huit sur dix, ilsces responsabilités. Certaines ca-vreté. Les salariés à temps
représentent tout de même 60 %tégories de ménages sont ainsicomplet ne représentent que 40 %
des travailleurs pauvres.plus exposées à la pauvreté.des travailleurs pauvres alors
qu'ils occupent les trois quarts des
emplois. Part des travailleurs pauvres parmi les travailleurs
selon le type de ménage, l'âge et le sexeLe taux de pauvreté est enfin parti-
%culièrement important pour les
18
non-salariés : 17 % des travail-
16leurs indépendants sont en situa-
tion de pauvreté. Ils représentent 14
un quart des travailleurs pauvres
12
contre seulement un dixième de
10l’ensemble des travailleurs.
8
Un travailleur appartenant
6à une famille
monoparentale est plus 4
exposé
2
La pauvreté se mesurant au ni-
0
veau du ménage, le mode de coha-
bitation influe très fortement sur le
taux de pauvreté. Mécanique-
ment, le fait que certaines person-
nes du ménage n’apportent pas
ou peu de revenus affecte les res-
Source : Insee, Enquête SRCV 2007 (estimation sur petits domaines)sources par unité de consomma-
3
Personne seule
Famille monoparentale
Couple sans enfants
Couple avec enfants
Ménage complexe
16-29 ans
30-39 ans
40-49 ans
50-65 ans
Hommes
FemmesLa pauvreté recouvre des
L’influence du salaire, des périodes de non-emploi, de l’anciennetésituations familiales
dans la vie professionnelle et du nombre de titulaires d’un revenudifférentes selon l’âge
La pauvreté laborieuse n’est pas L’enquête, au niveau national, per- laire inférieur au SMIC (jusqu’à
significativement différente selon
met d’avoir quelques résultats 34 % s’il est inférieur à 0,6 SMIC).
l’âge. Mais cette relative homogé-
complémentaires : le salaire perçu Il atteint 16 % en cas d’alternance
néité recouvre des réalités diffé-
par l’individu, le nombre d’années de périodes d’emploi et de non-em-rentes pour chaque génération car
écoulées depuis le début de sa vie ploi, et 12 % si la durée de la vieles modes de cohabitation et la si-
professionnelle, l’éventuelle alter- professionnelle est inférieure àtuation sur le marché du travail dif-
fèrent. nance de périodes d’emploi, de trois ans. De même, pour les mem-
chômage ou d’inactivité et le bres de couples avec enfants, le
Avant 25 ans, les personnes qui
nombre de personnes du ménage taux de pauvreté n’est que de 4 %
travaillent sont généralement peu
percevant un revenu sont autant si plusieurs membres du ménagerémunérées et possèdent souvent
de facteurs influant sensiblement perçoivent des revenus, alors qu’ildes emplois précaires. Par contre,
sur la pauvreté. atteint 20 % en cas de revenuelles n’ont, pour la plupart, pas
unique.d’enfants à charge et certaines vi-
Le taux de pauvreté s’élève ainsi à
vent avec un conjoint ayant un em-
23 % si le travailleur perçoit un sa-ploi, ou chez leurs parents, ce qui
explique que leur taux de pauvreté
ne soit pas particulièrement élevé. l’Île-de-France et des régions de Les modes de cohabitation des
Après 25 ans et surtout après l’Est, du Sud-Est et du Nord. hommes et des femmes ne sont
30 ans, les conditions d’emploi s’a- toutefois pas les mêmes, notam-
Le risque de pauvreté laborieuseméliorent généralement. Cepen- ment pour ce qui est de la monopa-
est néanmoins voisin pour les hom-dant la famille pèse sur les rentalité. Le risque global observé
mes et les femmes de la région,revenus par unité de consomma- entre femmes et hommes résulte
respectivement de 7 % et 6 %. Cetion du ménage et amoindrit ainsi alors de circonstances économi-
très faible écart n’est pas observéla meilleure situation profession- ques et surtout familiales différen-
au niveau national, où le taux denelle. tes.
pauvreté est de 7 % quel que soitEntre40et50ans,mêmesilesré-
le sexe.munérations tendent à
progresser, la vie en couple est
parfois fragilisée, avec notamment Part de femmes parmi les travailleurs pauvres
des divorces, et la charge finan-
cière des enfants devient plus Nord
Pas-de-Calaislourde. Enfin, après 50 ans, plu-
sieurs situations prédominent :
Picardiel’accroissement des revenus pour Haute-
Normandie
certains, la difficulté à retrouver un
Basse-emploi lorsque l’on perd le sien, la LorraineChampagne-Normandie Île-de-France Ardennefin des études puis le départ des Alsace
Bretagne
enfants du ménage, l’accroisse-
ment du nombre de personnes vi-
Pays de la Loire Centrevant seules, notamment parmi les Franche-Bourgogne
Comtéfemmes. Le taux de pauvreté
après 50 ans n’est au final pas très
différent de celui des autres clas- Poitou-
%ses d’âge. Charentes Limousin
47 Rhône-AlpesAuvergne
46La pauvreté laborieuse
45
touche un peu plus les 44
Aquitaine43hommes que les femmes
Midi-
Provence-Alpes-PyrénéesEn région Centre, les re- Languedoc- Côte d'Azur
Roussillonprésentent 43 % des travailleurs
pauvres. Cette proportion est légè-
rement inférieure à la moyenne
métropolitaine (45 %) et compa- Corse
rable à celle de la plupart des au-
tres régions du centre de la Source : Insee, Enquête SRCV 2007 (estimation sur petits domaines)
France ou du Bassin parisien. Elle
est par contre inférieure à celle de
4
IGN-Insee 2010
©La vie en couple protège
Le CESR Centre et la question de la pauvreté au travail
plus les femmes, la vie
hors couple les expose
Année européenne de lutte contre quiète aussi tout particulièrementplus
la pauvreté et l’exclusion sociale, le Conseil économique et social ré-
Chez les femmes, le risque de pau- 2010 est aussi en France la pre- gional du Centre (CESR). Notre
vreté atteint 16 % pour les chefs de mière année de plein exercice du assemblée a donc choisi de me-
famille monoparentale et jusqu'à Revenu de solidarité active. Ce dis- ner une réflexion ayant pour objec-
18 % pour celles qui vivent dans un positif, entré en vigueur le tif d’aboutir à un certain nombre
erménage complexe. Ces parts sont 1 juin 2009, s’adresse notam- de propositions, en s’appuyant
nettement plus élevées que pour ment à des personnes travaillant sur un état des lieux de la pauvre-
les hommes (respectivement 11 % déjà, mais dont les revenus sont li- té en région Centre. La présente
et 10 %). Les femmes membres mités. Inscrit dans l’action gouver- analyse aborde cette question des
de familles monoparentales sont nementale de réduction d’un tiers travailleurs pauvres au niveau ré-
ainsi 4 fois plus souvent pauvres de la pauvreté entre 2007 et 2012, gional en estimant leur nombre et
que les femmes en couple. La mo- il a pour objectif de « lutter contre en étudiant leurs principales carac-
noparentalité engendre ainsi la la pauvreté des personnes qui ont téristiques sociodémographiques
pauvreté de très nombreuses fem- un emploi ». Cette population, qui ainsi que leurs conditions d’em-
mes travaillant, souvent avec un travaille, qui tire un revenu de ce ploi. Elle est un élément constitutif
revenu modeste, et qui assument travail, et qui pourtant se retrouve de la réflexion du CESR.
seules la charge de leurs enfants. dans une situation de pauvreté, in-
La vie en couple, avec ou sans en-
Xavier Beulin, Président du Conseil économique et social régional du
fants, protège davantage les fem-
Centre
mes que les hommes. La pauvreté
des hommes vivant en couple est
tuation de pauvreté car le couple
vraisemblablement imputable à Dans la région comme au niveau
peut compter dans la plupart des
leur salaire peu élevé, mais aussi national, la vie en couple est de
cas sur l’activité du conjoint. Dans
à l’inactivité de leur conjointe qui loin le mode de vie le plus fréquent
les couples actuels, une femme en
pèse sur les ressources du mé- chez les travailleurs. Quel que soit
emploi et un homme chômeur ou
nage. Symétriquement, les fem- le statut de l’emploi qu’elles occu-
inactif est une situation peu fré-
mes qui travaillent et qui vivent en pent, les femmes sont plus fré-
quente.
couple sont moins souvent en si- quemment protégées de la
pauvreté, grâce à l’activité
de leur conjoint. Les fem-
Part des travailleurs pauvres parmi les travailleurs par sexe, selon le
mes possèdent aussi un lé-
type de ménage et selon la situation
ger avantage entre 30 etsur le marché du travail
39 ans (âge de la nais-%
sance des enfants, généra-20
lement dans un couple) et
entre 50 et 64 ans (âge de
15 départ des grands enfants
de la famille d’origine). Il en
va de même pour les ni-Hommes
10 Femmes veaux de diplôme les plus
faibles.
5
0
Source : Insee, Enquête SRCV 2007 (estimation sur petits domaines)
5
Personne seule
Famille monoparentale
Couple sans enfants
Couple avec enfants
Ménage complexe
Salariés à temps complet
Salariés à temps partiel
Indépendants
Autres cas (aides familiaux...)Pour comprendre ces résultats
880 euros par mois. Les membresDéfinitions Méthodologie
d’un couple sans enfant sont considé-
Ménage : un ménage désigne l’en- La source principale utilisée est l’en-rés comme pauvres si le revenu dispo-
semble des occupants d’un même lo- quête SRCV 2007 (Statistiques sur lesnible de leur ménage est inférieur à
gement sans que ces personnes ressources et les conditions de vie),1 320 euros par mois (880 euros multi-
soient nécessairement unies par des unique source de référence pour me-plié par 1,5 UC). Pour un couple avec
liens de parenté (en cas de cohabita- surer et caractériser les travailleursenfants, il faut ajouter au seuil précé-
tion, par exemple). Un ménage peut pauvres au niveau national. Sondent un montant par enfant (264 euros
être composé d’une seule personne. champ est celui des ménages. Lapar enfant de moins de 14 ans et
taille de l’échantillon des répondants440 euros au-delà).Revenu disponible : le revenu dispo-
ne permet pas d’estimer des indica-nible comprend les revenus déclarés
Taux de pauvreté : le taux de pauvre- teurs au niveau régional. On utiliseau fisc, les revenus financiers non dé-
té est la proportion d’individus dont le alors une méthode d’estimation diteclarés et imputés (produits d’assu-
niveau de vie est inférieur au seuil de « sur petits domaines » en faisant lerance-vie, livrets exonérés, PEA, PEP,
pauvreté. postulat qu’à profil identique, il y a au-CEL, PEL) et les prestations sociales.
tant de risque d’être travailleur pauvreTous ces revenus sont nets des im- Travailleur pauvre : le concept de tra-
dans une région qu’au niveau natio-pôts directs (impôt sur le revenu, taxe vailleur pauvre repose sur deux condi-
nal.d’habitation, contribution sociale géné- tions que l’individu doit remplir sur la
ralisée - CSG - et contribution à la ré- même période de référence (12 mois Les données sur la pauvreté des mé-
duction de la dette sociale - CRDS). consécutifs) : être travailleur et appar- nages millésimées 2006 ici mobili-
tenir à un ménage pauvre (au sens deUnité de consommation : le concept sées ne sont pas comparables aux
la pauvreté monétaire).d’unité de consommation (UC) permet données millésimées 2004 précédem-
Le concept de « travailleur » : est iden-de prendre en compte les économies ment publiées (Insee Centre Info
tifiée comme travailleur toute personned’échelle résultant de la vie en groupe. n°152, décembre 2008). La série des
ayant été active pendant au moinsL’échelle d’équivalence utilisée est taux de pauvreté, calculée depuis
celle de l’OCDE modifiée qui consi- 6 mois sur les 12 mois de la période de 1970 au niveau national, comporte en
dère que le premier adulte du foyer référence, dont au moins 1 mois en em- effet deux années de ruptures : 2002
compte pour 1 UC, chaque adulte ou ploi. et 2005. L’année 2002 correspond au
enfant de 14 ans et plus compte pour Travailleur pauvre et travailleur à début d’une nouvelle série de statisti-
0,5 UC et chaque enfant de moins de bas salaire : l’approche de la pauvreté ques sur les revenus s’appuyant sur
14 ans compte pour 0,3 UC. par les travailleurs pauvres diffère de les résultats de l’enquête Emploi en
l’approche par les « bas salaires » : un continu. L’année 2005 correspond auMénage pauvre : un ménage est
travailleur pauvre n’est pas nécessaire- début d’une nouvelle série intégrantpauvre si son niveau de vie est infé-
ment un travailleur à bas salaire, et in- les prestations sociales réelles et assu-rieur au seuil de pauvreté monétaire
versement. Le seuil de bas salaires est rant une meilleure couverture des re-correspondant à 60 % de la médiane
distinct du seuil de pauvreté monétaire venus du patrimoine. La série a étédes niveaux de vie observés au ni-
et correspond à 60 % de la médiane reconstituée au niveau national. Pourveau national, soit 880 euros par UC
des salaires nets totaux observés au ni- 2004, le taux de pauvreté métropoli-et par mois en 2006. Un individu vivant
veau national. Sur l’année de revenuseul est ainsi qualifié de pauvre si son tain est maintenant de 12,7 % quand il
2006, il s’établit à 794 euros par mois.revenu disponible est inférieur à était précédemment estimé à 11,7 %.
Pour en savoir plus
« En région Centre, des revenus et un niveau de vie élevés », Insee Centre Info n°152, décembre 2008.
« En région un salarié sur cinq perçoit un faible revenu d’activité », Insee Centre Info n°140, décembre 2006.
« Portrait social de la région Centre », Les Dossiers de l’Insee Centre n°11, juin 2008.
« Les jeunes en région Centre », DRTEFP, GIP Alpha Centre, Académie Orléans-Tours, Insee Centre, DRE Centre,
juin 2008.
« Les bas salaires en région Centre », rapport d’étude, juin 2006.
« Les niveaux de vie en 2006 », Insee Première n°1203, juillet 2008.
« Les travailleurs pauvres », Insee Première n°745, octobre 2000.
« Les p dans les pays développés », Les travaux de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’ex-
clusion sociale 2005-2006, La Documentation française (2006).
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