A qualification égale peu d'avantages pour les migrants

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Les Réunionnais qui ont séjourné au moins six mois hors de La Réunion sont moins touchés par le chômage que le reste de la population et occupent souvent les positions professionnelles importantes. Leur situation s'explique largement par leur niveau de diplôme, la migration elle-même ne paraissant pas être un avantage sensible sur le marché du travail. Depuis les années quatre-vingt-dix l'insertion des migrants de retour est devenue plus difficile avec la montée du chômage.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dos sier Mi grants de re tour
A qua li fi ca tion égale peu
Les migrants qui sont reve nus au cours qui le taux de chô mage des migran tes estes Réu nion nais qui ont séjour né
des années quatre-vingt-dix sont très infé rieur de 8 points à celui des non-au moins six mois hors de La
défa vo ri sés par rap port à ceux qui sont migran tes (34 % contre 42 %). Or plusL Réu nion sont moins tou chés par
ren trés dans les années quatre-vingts d’une active sur trois ayant vécu hors dele chô mage que le reste de la popu la -
(42 % de chô mage contre 27 %)). Pour - La Réu nion a au moins le bac ca lau réat.tion et occu pent sou vent des posi tions
tant, ils ont un niveau de diplôme un peu Cette pro por tion est deux fois plus fortepro fes sion nel les impor tan tes. Leur
plus éle vé que ceux qui sont arri vés que par mi les fem mes acti ves qui n’ontsitua tion s’explique lar ge ment par
aupa ra vant. Le désa van tage est fla grant jamais migré. leur niveau de diplôme, la migra tion
pour les per son nes âgées de qua rante àelle-même ne parais sant pas être un
cin quante-neuf ans. Dans cette trancheavan tage sen sible sur le mar ché du
d’âge, 39 % de ceux qui sont ren trés dans tra vail. Depuis les années quatre-
-les années quatre-vingts-dix sont au chô vingt-dix l’inser tion des migrants de
mage, pour seu le ment 24 % de ceux quiretour est devenue plus dif fi cile avec
sont ren trés dans les années quatre-la montée du chô mage.
vingts.
Les Réu nion nais qui ont vécu au moins
Ceci est à mettre en paral lèle avec lasix mois hors de La Réu nion ont glo ba -
montée du chô mage au cours des annéesle ment un léger avan tage sur le mar ché quatre-vingt-dix à La Réu nion et en
de l’emploi. Seu le ment 34 % des natifs Europe. Il est fort pro bable que le retourde La Réu nion qui ont émi gré et sont de Réu nion nais cons ta té ces der niè resreve nus sont au chô mage, au lieu de
années soit plus sou vent que par le pas sé40 % pour les natifs non migrants (rap - un retour de per son nes en échec sur le
pe lons que ces chif fres por tent sur mar ché de l’emploi métro po li tain. Sur le
l’année 1997). Même s’ils ne sont pas du tra vail réu nion nais elles neépar gnés par le chô mage, les Réu nion -
sont pas les mieux armées pour trou ver Les fem mes mi gran tes ont unnais de retour occu pent sou vent des plus net avan tage sur le mar chéun emploi face au nombre crois sant deposi tions pro fes sion nel les impor tan tes. de l’em ploi. chô meurs. Par ail leurs les retours de titu -Ain si, 27 % des migrants de retour sont
lai res de la fonc tion publique se sont
cadres ou occu pent des pro fes sions raré fiés au cours des années quatre-vingt- Les migrants qui sont par tis pour faireinter mé diai res contre 17 % pour les
dix : leur part dans le total des retours -des étu des con tri buent bien sûr à aug autres natifs de La Réu nion. En outre, n’est que 21 % alors qu’elle était de 30 % men ter le nombre et le niveau des diplô -les fonc tion nai res sont rela ti ve ment par mi les Réu nion nais qui sont reve nus més puisque la moi tié d’entre eux ontnom breux, puis qu’ils for ment 27 % des avant 1990. sui vi un ensei gne ment supé rieur. Ils sontmigrants de retour ; alors que le taux
cepen dant peu nom breux et ne cons ti- n’est que de 19 % pour l’ensemble des Quand les migrants de retour ont un
tuent que 11 % des migrants de retour.natifs rési dant dans l’île. avan tage sur le mar ché de l’emploi, il Dans leur ensemble les migrants res tentcor res pond à un niveau de diplôme supé -
assez peu diplô més : 55 % d’entre euxTous les Réu nion nais de retour n’ont rieur. C’est très net pour les fem mes chez n’ont aucun diplôme, ou seu le ment lepas le même avan tage sur le mar ché de
BEPC, contre 70 % pour les non-l’emploi. Outre le niveau d’études, la
migrants. durée et la rai son du séjour jouent un
rôle important, ain si que l’âge et la A niveau de qua li fi ca tion égal, il ne
période du retour. Ceux qui ont effec tué semble pas que la migra tion cons titue en
un séjour de moins d’un an hors de La elle-même un avan tage sen sible sur le
Réu nion, essen tiel le ment pour le ser - mar ché du tra vail. Qu’ils soient migrants
vice mili taire, sont plus sou vent au chô - ou non, ceux qui n’ont pas de diplôme,
mage (36 % contre moins de 30 % pour ou qui n’ont que le BEPC, ont des taux
les autres migrants de retour). Les jeu - de chô mage voi sins (42 et 44 %). De
nes de retour avant 25 ans cumu lent même les titu lai res d’un diplôme de
sou vent les han di caps : leur niveau second cycle pro fes sion nel (CAP, BEP)
d’étu des est rela ti ve ment bas, le ser vice ne tirent qu’un faible avan tage de leur
mili taire a été la rai son prin ci pale d’un migra tion même si leur inser tion est un
séjour assez court et ils sont ren trés peu meil leure (34 % de chô mage pour les
dans les années quatre-vingt-dix. Pour migrants et 37 % pour les non-migrants).
eux l’avan tage de la migra tion est
Les émi grés ren trés dans les an -inexis tant : leur taux de chô mage est A con tra rio, une partie non négli geablenées 90 sont plus au chô mage que
iden tique à celui des non-migrants de des Réu nion nais peu ou pas diplô mésceux qui sont ren trés dans les an -
nées 80. cette tranche d’âge (60 %). occupe des posi tions pro fes sion nel les
18dos sier
d’avan tage pour les migrants
rela ti ve ment éle vées. Cette pro por tion est Les au teurs du dos sierplus impor tante par mi ceux qui n’ont
jamais émi gré. Ain si, pour les non
n Oli vier BOUSQUET est volontaire demigrants, 28 % des cadres et des pro fes -
l’aide technique et chargé des étudessions inter mé diai res n’ont pas un diplôme
démographiques à la directionsupé rieur au BEPC contre 18 % pour les régionale de l’INSEE.
migrants.
n Fran çois CHEVALIER était char gé des
A par tir du niveau bac ca lau réat, les étu des démo gra phi ques à la direc tion
migrants de retour sont plus favo ri sés régio nale de l’INSEE au moment de la
que les autres natifs avec un taux de chô - rédac tion de cet article. Il est
main te nant chef du service des étudesmage de 13 % contre 19 % pour les non-
et de la statistique à la DTEFP de La-migrants. Tou te fois, cette dif fé rence pro
Réunion.vient essen tiel le ment de la struc ture par
âge de ces deux popu la tions. En effet, n Claude-Valentin MARIE est direc teur
34 % des bache liers et diplô més de du groupe d’étu des et de lutte contre
A di plôme égal l’avan tage des mi - les dis cri mi na tions (GELD). l’ensei gne ment supé rieur migrants ont
grants n’est sen sible qu’à par tir
moins de trente ans alors que ce taux
n Jamel MEKKAOUI est char gé desdu bac ca lau réat.
s’élève à 49 % pour les non-migrants. Or, étu des sur l’emploi à la direc tion
les jeu nes diplô més sont for te ment sou - régio nale de l’INSEE.
tion. Ain si, par mi les 10 000 jeu nesmis au chô mage ce qui n’est pas du tout
n Franck TEMPORAL est volon taire demigrants titu lai res du bac ca lau réat, 26 %le cas pour leurs aînés. Ain si, une struc - l’aide tech nique et char gé des étu des
ont obte nu un diplôme du 2ème ou 3èmeture de popu la tion plus jeune est un fac - démo gra phi ques à la direc tion
cycle, alors que seu le ment 11 % desteur lar ge ment défa vo rable pour une régio nale de l’INSEE .
25 000 non-migrants ont atteint ce niveau meil leure inser tion.
de diplôme.
Un plus haut niveau Pour les diplô més de plus de trente ans Bi blio graphieon ne trouve pas de dif fé rence entrepour les jeu nes diplô més
-migrants et non-migrants. Il faut, tou te migrants
fois, sou li gner qu’à par tir de ces âges le n Eco nomie de La Réu nion – “SPECIAL
MIGRATION” n° 29 et 31 de mai-juinchô mage devient beau coup plus rare (unQuand ils ont effec tué un séjour en et sep tembre-octobre 1987.peu plus de 4 % pour les diplô més de 30métro pole, les diplô més de moins de
à 60 ans). “Les popu la tions des DOM-TOM, nées ntrente ans ont une meil leure inser tion sur
et ori gi nai res, rési dant en Francele mar ché de l’emploi (29 % de chô mage Sou li gnons que l’inves tis se ment réa li sé à
métro po li taine” - Minis tère despour les migrants contre 35 % pour les La Réu nion pour le déve lop pe ment de dépar te ments et ter ri toi res d’Outre-mer
non-migrants). Cette dif fé rence s’exp li- l’ensei gne ment supé rieur est très récent. et INSEE – recen se ment de 1990 –
-que par leur meil leur niveau de qua li fi ca Aus si, il nous est pour l’ins tant impos - INSEE RESULTATS n° 232, mars 1993
- 170 pages.sible de mesu rer vrai ment l’impact de
la migra tion pour les jeu nes diplô més.
Jus qu’à pré sent, le chô mage tou chait
assez peu les diplô més mais ces der niè res
années cette situa tion s’est for te ment
dégradée. L’ave nir nous dira si le fait
d’avoir pour sui vi une for ma tion ou
d’avoir connu une pre mière expé rience
pro fes sion nelle hors de La Réu nion est
un fac teur favo rable à une meil leure
inser tion sur le mar ché de l’emploi local
des jeu nes diplô més. n
Ja mel MEKKAOUI
Les mi grants sont plus di plô més
que les non-mi grants.
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