Année économique et sociale 2003 en Martinique

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Marché du travail Demandeurs d'emploi : hommes / femmes, quelles différences ? a structure du marché du tra- reculé à la Martinique. La de-Les femmes sont largement Lvail apparaît comme inégali- mande d'emploi des femmes a taire au regard des critères de suivi le mouvement global bais-majoritaires dans la demande sexe et de situation géogra- sant de 13 % entre 2000 et 2003. d'emploi enregistrée à l'ANPE. Elles phique. Historiquement, le mar- Entre 2002 et 2003, la baisse de la ché du travail a toujours été demande d'emploi reste impor-sont relativement jeunes et de moins favorable aux jeunes et aux tante même si les évolutions sont niveau de formation supérieur aux femmes. moins spectaculaires avec -4 % chez les femmes et -6 % chez leshommes. La recherche d'emploi Ces quatre dernières années, la hommes. des femmes se fait dans des métiers demande d'emploi a fortement traditionnellement féminins. En recul chaque année Demandes d'emploi en fin de mois chez les femmes En nombre 32 000 30 000 2000 28 000 26 000 2001 2002 24 000 2003 22 000 Janvier Mars Mai Juillet Sept. Nov. Source : direction du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle de la Martinique 25 N° 61 - Martinique - Septembre 2004 Marché du travail Malgré les d'emploi inscrits à l'ANPE, pour depuis plus d'un an. Plus de 16 %59 % baisses régu- 4 368 femmes (19,5 %).
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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Marché du travail
Demandeurs
d'emploi :
hommes / femmes,
quelles différences ?
a structure du marché du tra- reculé à la Martinique. La de-Les femmes sont largement Lvail apparaît comme inégali- mande d'emploi des femmes a
taire au regard des critères de suivi le mouvement global bais-majoritaires dans la demande
sexe et de situation géogra- sant de 13 % entre 2000 et 2003.
d'emploi enregistrée à l'ANPE. Elles
phique. Historiquement, le mar- Entre 2002 et 2003, la baisse de la
ché du travail a toujours été demande d'emploi reste impor-sont relativement jeunes et de
moins favorable aux jeunes et aux tante même si les évolutions sont
niveau de formation supérieur aux femmes. moins spectaculaires avec -4 %
chez les femmes et -6 % chez leshommes. La recherche d'emploi
Ces quatre dernières années, la hommes.
des femmes se fait dans des métiers demande d'emploi a fortement
traditionnellement féminins. En recul chaque année
Demandes d'emploi en fin de mois chez les femmes
En nombre
32 000
30 000
2000
28 000
26 000
2001 2002
24 000
2003
22 000
Janvier Mars Mai Juillet Sept. Nov.
Source : direction du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle de la Martinique
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N° 61 - Martinique - Septembre 2004Marché du travail
Malgré les d'emploi inscrits à l'ANPE, pour depuis plus d'un an. Plus de 16 %59 %
baisses régu- 4 368 femmes (19,5 %). La d'entre elles ont une anciennetédes demandeurs
lières du deuxième tranche d'âge la plus dans le chômage supérieure àd'emploi sont
nombre de fréquente est celle des 30-34 ans : trois ans.
des femmes
demandeurs on y recense 19 % des femmes. Les femmes DELD sont les plus
d'emploi fem- Ainsi, les 30-39 ans représentent nombreuses pour la durée d'ins-
mes, leur proportion reste stable. 38,4 % des demandeurs d'em- cription comprise entre un et
Les femmes représentent toujours ploi. deux ans (4 636) : elles représen-
59 % des demandeurs d'emploi La moyenne d'age est de 36 ans tent 21 % de l'ensemble des fem-
inscrits à l'ANPE mais 54 % de la chez les femmes, légèrement su- mes demandeurs d'emploi.
population active totale et seule- périeure chez les hommes Le chômage de longue durée
ment 49 % de la population active (36,3 ans). touche 47 % des hommes soit
occupée (enquête emploi 2003, 27 % des demandeurs d'emploi 7 160 d'entre d'eux. 3 259 hom-
INSEE). Elles sont majoritairement sont des individus de moins de 30 mes sont inscrits à l'ANPE depuis
inscrites en tant que personnes ans. Chez les jeunes, la répartition un à deux ans, soit une proportion
sans emploi recherchant un tra- entre femmes et hommes (59 % et identique à celle des femmes.
vail à temps plein, soit la caté- 41 %) est comparable à celle de Chez les 30-39 ans, hommes et
gorie 1. l'ensemble des demandeurs femmes, 49 % d’entre-eux sont
d'emploi. DELD.
69 % des jeunes femmes de moins
Les femmes Quelles que de trente ans ont une anciennetéFemmes demandeurs
soient les dans le chômage inférieure à undemandeurs d'emploi et
tranches an contre 73 % des jeunes hom-d'emploi sont durée d'inscription
d'âge consi- mes. Chez les jeunes, le sexe estrelativement jeunes
dérées, les La durée moyenne d'inscription à plus discriminant quant à la durée
femmes de- l'ANPE est de 662 jours pour les du chômage.
mandeurs d'emploi sont majori- femmes. Cette durée est de 46 Que l'on soit homme ou femme,
taires. Les demandeurs d'emploi jours supérieure à celle des hom- la durée d’inscription augmente
sont les plus nombreux dans la mes. 49 % des femmes sont des régulièrement avec l'âge. Chez
tranche des 35-39 ans : demandeurs d'emploi de longue les demandeurs d'emploi de
2 718 hommes, soit 17,7 % de la durée (DELD) : en tout, elles sont moins de 25 ans, la durée
totalité des hommes demandeurs 10 933 à être inscrites à l'ANPE moyenne d'inscription est de
218 jours pour les hommes et de
Les femmes entre 30 et 40 ans 258 jours pour les femmes. Ces
durées moyennes de chômage at-
Pyramide des âges des demandeurs d'emploi en fin de mois en 2003
teignent respectivement 1 055 et
à la Martinique
1 120 jours pour les 50-54 ans.
En nombre
65 ans et plus Niveaux de formation
60-64 ans et qualification
55-59 ans en complémentarité
imparfaite50-54 ans
Hommes45-49 ans Femmes 28 % des femmes demandeurs
d'emploi ont une formation équi-40-44 ans
valente au baccalauréat et plus
35-39 ans
(diplôme ou niveau) contre seule-
30-34 ans ment 19 % des hommes. 17 % des
femmes ont le baccalauréat (ou le25-29 ans
niveau) pour 11 % des hommes.
Moins de 25 ans
38 % des demandeurs d'emploi
4000 3000 2000 1000 0 1000 2000 3000 4000 5000 sont de niveau de formation
BEP/CAP (niveau V). 24 % des de-
Source : direction du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle de la Martinique
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N° 61 - Martinique - Septembre 2004Marché du travail
Les femmes sont plus diplômées que les hommesmandeurs d'emploi sont très peu
diplômés et possèdent des ni-
Niveau de formation des demandeurs d'emploi martiniquais en 2003veaux de formation VI. C'est le
cas de 21 % des femmes au chô- En nombre
9 000
mage contre 29 % des hommes.
8 000Les femmes demandeurs d'em-
ploi sont plus diplômées que les 7 000
hommes. 6 000
Hommes Femmes5 000
La répartition par " qualification "
4 000au sens de l'ANPE met en évi-
dence un classement plus homo- 3 000
gène chez les femmes que chez
2 000
les hommes. 90 % des femmes
1 000
appartiennent à la catégorie " em-
0ployées " qualifiées ou non, pour
er
Non Bac + 3 Bac Bac BTN BEP CAP CEP SES 1 cycleseulement la moitié des hommes.
ème
précisé ou 4 ans + 2 ans BT BP (V bis) 2 degré(V)Les ouvriers qualifiés ou spéciali-
(I et II) (III) (IV) (VI)
sés sont nombreux chez les hom-
mes avec 35 % d'entre eux alors Source : direction du travail, de la formation professionnelle et de l'emploi de la Martinique
que cette catégorie concerne seu-
lement 5 % des femmes. Ilya7%
de manœuvres chez les hommes Surtout des employé(e)s
pour seulement 1 % des femmes
inscrites à l'ANPE. En revanche, Niveau de qualification des demandeurs d'emploi martiniquais en 2003
4 % des hommes sont classés en
catégorie de techniciens et agents En nombre
14 000
de maîtrise pour une proportion
12 000deux fois inférieure chez les fem-
mes. 3 % des hommes deman-
10 000
deurs d'emploi sont des cadres
contre 1 % des femmes. 8 000
6 000Cette classification par " qualifica-
tion " est fonction du niveau de di-
4 000
Hommes Femmesplôme, de l'expérience acquise
2 000dans une activité antérieure, de la
convention collective de l'activité
0
antérieure… Ouvriers Ouvriers Employés Employés TechniciensNon Manœuvre Cadres
précisé spécialisés qualifiés non qualifiés qualifiés AgentsDeux phénomènes conjoints ex-
de maîtrise
pliquent la faible valorisation des
femmes sur le marché du travail.
Outre le fait que l'écart constaté Source : direction du travail, de la formation professionnelle et de l'emploi de la Martinique
entre les niveaux de diplôme se
compense par l'acquis d'une plus
secteurs de formation et de l'offregrande expérience par les hom- biais de mesures d'emploi aidé du
d'emploi.mes, les femmes sont davantage secteur non marchand de type
La répartition des demandes partouchées par la " déclassification " CES et CEC où elles sont large-
métier montre aussi que le niveaudes emplois. Quand elles accè- ment majoritaires, respectivement
de formation des femmes deman-dent à des emplois, le niveau re- 76 % et 56 % en décembre 2003.
deurs d'emploi est supérieur auquis est inférieur à leur de Le second phénomène, non quan-
niveau requis pour ces emplois.formation. Par ailleurs, leur accès tifié ici, est la déqualification
à l'emploi se fait souvent par le c'est-à-dire l'inadéquation entre
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N° 61 - Martinique - Septembre 2004Marché du travail
Le classement des proportions allant de 53 % tement féminisés, à 98 % pour lesLes demandes
des demandes (services aux entreprises) à 85 % assistantes maternelles, les em-par secteur et
par secteur pour les services aux particuliers. ployés de maison et les secrétai-par métier
place l'admi- res, à 72 % pour les employés ad-
nistration en tête avec 5 216 de- Les 10 métiers les plus recherchés ministratifs de catégorie C de la
mandes enregistrées dont 75 % par les femmes sont par ordre dé- fonction publique, à 70 % pour
par des femmes. 17 % des femmes croissant ceux de secrétaire les professionnels de l'action so-
demandeurs d'emploi sont inscri- (2 605 demandes), d'employée de ciale culturelle et sportive et les
tes dans le secteur administratif maison, de vendeuse, d'assistante agents d'entretien.
pour 9 % des hommes. maternelle, d'agent d'entretien,
Parmi les secteurs les plus deman- de caissière ou d'employée de
Cartographiedés, viennent ensuite le com- libre service (1 511 demandes),
et comparatif DOMmerce, la construction, les servi- d'employé administratif d'entre-
ces aux particuliers, l'éduca- prise, d'employé ou agent de maî-
tion-santé et action sociale, les trise de l'hôtellerie, de profession- On recense 61 % de femmes de-
hôtels et restaurants puis les servi- nel de l'action sociale culturelle mandeurs d'emploi dans le
ces aux entreprises. Hormis la et sportive et enfin de coiffeuse ou Nord-Atlantique, la plus forte pro-
construction regroupant 92 % de esthéticienne (545 demandes). portion sur le territoire de la Mar-
demandes masculines et 23 % des tinique. Le Sud arrive en
hommes inscrits à l'ANPE, tous Parmi les actifs occupés au sens deuxième position avec 59,5 %,
ces secteurs sont majoritairement du recensement de la population avec un faible écart, de 0,1 point,
demandés par les femmes dans de 1999, ces métiers sont déjà for- par rapport au Nord-Caraïbe.
C'est dans le Centre que la pro-
Part des femmes dans la demande d’emploi de catégorie 1 des Dom
portion de femmes demandeurs
d'emploi est relativement la
et de la France métropolitaine en décembre 2003
moins importante, avec 59 %.
En % Sur le territoire métropolitain, les
femmes sont minoritaires parmi
les demandeurs d'emploi de caté-
100 gorie 1 (47 %).
La Martinique se distingue des au-
tres départements d'outre-mer par
59 534645 la structure de son chômage forte-4180
ment féminisé. 4 points la sépa-
rent de la Guadeloupe dont le
fonctionnement et la structure du
60 marché du travail sont les plus
proches. En Guyane, 54 % des de-
mandeurs d'emploi sont des fem-
mes alors qu'à la Réunion, elles40
sont minoritaires (41 %).59 55 4754 41
La proportion des femmes inscri-
20 tes à l'ANPE à la Martinique est la
plus importante des quatre Dom.
Une analyse comparée de la
structure du marché du travail
0
entre la Martinique et la Guade-Martinique Guadeloupe Guyane Réunion France
loupe montre que cet écart n'estmétropolitaine
pas significatif au sens du chô-
mage BIT. En effet, au sens du Bu-
Femmes Hommes reau International du Travail et se-
lon l'enquête emploi 2003, leSource : direction du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle de la Martinique
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N° 61 - Martinique - Septembre 2004Marché du travail
taux de chômage des femmes est
de 24,6%àla Martinique et de
29 % en Guadeloupe alors que les
taux de chômage des hommes
sont respectivement de 19,9 % et
24,6 %. L'écart entre les taux de
chômage féminin et masculin est
le même en Martinique et en Gua-
deloupe.
Ceci s'explique par la structure de
l'emploi. Les femmes ont des taux
(1)
d'activité comparables : 49,9 %
à la Martinique et 49,7 % en Gua-
deloupe. Par contre, le taux d'ac-
tivité des hommes est moins élevé
en Martinique (57,4 %) qu'en
Guadeloupe (61 %), d'où la plus
faible proportion d'hommes sur le
marché du travail à la Martinique.
Les éléments explicatifs sont plu-
tôt d'ordre comportemental et dé-
mographique : une relative réacti-
vité des femmes sur le marché du
travail et un ralentissement de
l'évolution de la population ac-
tive du fait d'un vieillissement
plus marqué à la Martinique.
Les principaux freins à l’accès des
femmes à l’emploi restent structu-
rels : forte proportion de familles
monoparentales dont le chef de
famille est une femme, faiblesse
des équipements en garderie ou
en crèche et tarifs dissuasifs, diffi-
cultés de transports.
Carine Conconne
Éric Guillemet
Direction du travail, de l'emploi
et de la formation professionnelle
de la Martinique
(1) Le taux d'activité est le rapport de la population active à la population totale. On peut calculer le taux d'activité par âge.
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N° 61 - Martinique - Septembre 2004

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