Aperçu des principaux résultats du recensement de la population de 1999 du Calvados - Activité

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Malgré l'entrée tardive dans la vie active de ses nombreux étudiants, le Calvados conserve un taux d'activité élevé. Le département compte 11 300 actifs occupés de plus qu'il y a neuf ans, alors que la Manche et l'Orne en ont perdu. L'intégralité de la croissance de l'emploi provient du bassin d'emploi de Caen, le reste du département étant moins bien loti. Attractif pour les demandeurs d'emploi, le Calvados accuse le taux de chômage le plus élevé de la région.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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n° 76 - septembre 2000
Aperçu des principaux résultats du recensement
de la population de 1999 du Calvados
Activité
LA CROISSANCE DE L’EMPLOI
EST CAENNAISE
% Malgré l’entrée tardive dans
e Calvados comptait 291 000 actifs même de près de 10 % pour la classe d’âge
la vie active de ses nombreux
en mars 1999, soit6%de plus des 25 à 59 ans, traditionnellement la plus
étudiants, le Calvados conserveLqu’en 1990. Cette progression de active.
un taux d’activité élevé.plus de 16 000 personnes compense plus
Le Calvados reste actifque largement les 5 000 actifs perdus dans
la Manche et dans l’Orne. De plus, le taux d’activité du département %Le département compteCette évolution favorable est d’abord se maintient à un niveau élevé : avec
portée par une démographie dynamique : la 54,9 % de la population sur le marché du 11 300 actifs occupés de plus
population des 15 ans ou plus, c’est-à-dire travail, il ne perd que 0,8 point en neuf ans. qu’il y a neuf ans, alors que la
des personnes potentiellement actives, Dans un contexte général de départs en re- Manche et l’Orne en ont perdu.
progresse de 7,5 % sur la décennie, et traite plus précoces, de prolongement des
% L’intégralité de la crois-
sance de l’emploi provient du
bassin d’emploi de Caen, le
reste du département étant
moins bien loti.
% Attractif pour les deman-
deurs d’emploi, le Calvados ac-
cuse le taux de chômage le plus
élevé de la région.
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études avec des entrées dans la vie active plus tardives, et de diffi-
cultés sur le front de l’emploi, les autres départements bas-nor-
mands voient leur taux d’activité reculer beaucoup plus vite:-2,5
points pour l’Orne et - 1,8 point pour la Manche.
Cela étant, le Calvados n’échappe pas à ces changements de com-
portements vis-à-vis du travail des jeunes et des seniors. Ainsi,
48 % seulement des 20-24 ans sont actifs contre près de 60 % en
1990. Ceci place le Calvados loin derrière l’Orne (66 %) et la
Manche (68 %), l’importance des formations supérieures dans le
département induisant des entrées nettement plus tardives sur le
marché du travail.
De même, chez les 60-64 ans, le taux d’activité a reculé de près de 6
points en neuf ans, rançon de cessations d’activités plus précoces et
de difficultés rencontrées par les chômeurs âgés, qui les incitent
parfois à cesser leur recherche d’emploi. Moins de 14 % des se-
niors travaillaient ou recherchaient un emploi en 1999.
Seul le coeur de la pyramide des âges, constitué des actifs de 25 à
59 ans (soit pas moins de neuf actifs sur dix) voit son taux d’activité
progresser, de près de trois points sur la décennie. Cette hausse est à fisent à compenser les pertes de ses voisins, et au total la
mettre intégralement sur le compte de la généralisation du travail Basse-Normandie compte 3 000 actifs occupés de plus aujourd’hui
féminin, et plus particulièrement de la classe d’âge des 40 à 55 ans, qu’il y a neuf ans.
dont le taux d’activité passe de 74 à plus de 82 %. On retrouve dans le département la même dichotomie entre emploi
Au sein même du département, le taux d’activité diffère sensible- salarié et non salarié que dans l’ensemble de la région : alors que les
ment d’une zone à l’autre. Il est plus faible dans les villes-centres, formes salariées de l’emploi progressent fortement sur la période
telles Caen ou Lisieux, qui concentrent les populations étudiantes (+ 8,9 %), il y a près de 17 % de travailleurs indépendants ou d’ai-
et les populations les plus âgées. Les actifs ayant tendance à aller des familiaux en moins. Avec seulement 13 % des actifs exerçant
vivre dans les périphéries urbaines, le taux d’activité culmine sur un emploi non salarié, le Calvados occupe le dernier rang régional,
les communes des couronnes autour de Caen, Bayeux, Vire, Fa- illustrant ainsi sa plus faible dépendance vis-à-vis des activités in-
laise ou Lisieux. Il est de nouveau plus faible dans les cantons ru- dépendantes et notamment agricoles.
raux tels Saint-Sever-Calvados et Saint-Pierre-sur-Dives, ou sur La progression globale de l’emploi est aussi très inégalement ré-
les zones littorales, plus âgées, autour d’Isigny-sur-Mer et de Trou- partie sur le territoire du département : elle provient exclusivement
ville-sur-Mer. du bassin d’emploi de Caen, qui regroupe, il est vrai, deux actifs
occupés sur trois. Les bassins de Bayeux et de Lisieux maintien-
nent leur nombre d’actifs ayant un emploi, tandis que ceux de VirePlus d’emplois
ou de Flers (pour leurs parties calvadosiennes) en perdent.
En mars 1999, 250 800 habitants du Calvados occupaient un em A elle seule, l’aire urbaine de Caen, qui compte un peu plus de 200-
ploi. C’est 11 300 de plus qu’en 1990, soit une augmentation de communes, regroupe 54 % des actifs occupés du département,
près de 5 %. Là encore, les gains enregistrés par le département suf- mais contribue à 86 % de la croissance du nombre d’actifs ayant un
NOMBRE D’ACTIFS AYANT UN EMPLOI
Echelon 1999 1990 Évolution 1990-1999 (en %)
250 757 239 405 + 4,7Calvados
Arrondissement de Bayeux 23 988 23 786 + 0,8
152 878 142 109 + 7,6Arrondissement de Caen
52 345 51 503 + 1,6Arrondissement de Lisieux
21 546 22 007 - 2,1Arrondissement de Vire
Espace à dominante rurale 66825 64 643 + 3,4
183 932 174 762 + 5,2Espace à dominante urbaine
136 377 126 645 + 7,7dont : Aire urbaine de Caen
15 529 16 254 - 4,5Aire urbaine de Lisieux
10 320 10 479 - 1,5Aire urbaine de Bayeux
9 544 9 775 - 2,4Aire urbaine de Vire
7 484 7 402 + 1,1Aire urbaine de Trouville-sur-mer
Source : Insee, recensements de la population de 1990 et 1999
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emploi. Elle n’a pourtant pas été épargnée par les restructurations
de son tissu industriel : fermeture de la Société Métallurgique de
Normandie, licenciements chez Renault Véhicules Industriels ou
Moulinex et difficultés de l’industrie agroalimentaire ont pesé sur
l’emploi. Mais dans le même temps, la région a accentué sa pré-
sence dans les secteurs automobiles et des composants électroni-
ques. Son économie présente un profil plutôt favorable à l’emploi :
à peine plus de 11 % de formes d’activités non salariées, un fort
taux d’encadrement, une présence importante des activités de ser-
vices les plus porteuses (services aux entreprises, grands centres
commerciaux...). Au total, l’aire urbaine de Caen compte au-
jourd’hui 9 700 actifs occupés de plus qu’en 1990.
Le bassin d’emploi de Lisieux, pour sa partie calvadosienne, a
quant à lui maintenu le nombre de ses actifs occupés sur la dé-
cennie, légèrement en deçà de 40 000 emplois. Si le nord de la zone,
proche du littoral, résiste bien, avec des progressions à deux chif-
fres sur les cantons de Blangy-le-Château ou de Pont-l’Evêque,
l’aire urbaine de Lisieux perd près de 5 % de ses actifs occupés.
salariés, qui dépassent pourtant les 20 % sur les cantons de Vassy etCette situation se rapproche de celle du bassin d’emploi de Bayeux,
de Saint-Sever-Calvados, ne suffisent pas à compenser les pertesqui compte 20 400 actifs occupés, comme en 1990, mais au sein du-
des formes non salariées.
quel les évolutions sont très contrastées. La progression des em-
Ces profondes modifications de la structure des emplois condui-plois salariés compense les pertes enregistrées par les activités
sent les habitants du Calvados à se déplacer toujours plus pour se
indépendantes sur l’ensemble du bassin, à deux notables excep-
rendre sur leur lieu de travail : seulement 36 % des actifs occupéstions près. Ainsi, le canton de Bayeux a enregistré sur la décennie
vivent et travaillent dans la même commune, soit dix points deune baisse de2%du nombre de ses actifs salariés, et le nombre to-
moins qu’en 1990. Cet éloignement du lieu de travail illustre aussi
tal d’actifs ayant un emploi total y est donc en régression. Quant au
le mouvement de périurbanisation qui est particulièrement marqué
canton d’Isigny-sur-Mer, il se distingue par le poids prépondérant
dans le Calvados, en raison du poids de la couronne caennaise :
qu’y occupent les actifs non salariés : avec un actif sur quatre à son
30 % des actifs occupés vivent dans une commune appartenant à
compte, c’est, sur ce point, le premier canton du Calvados. Ces for-
une couronne périurbaine, contre moins de 13 % dans la Manche etmes d’emploi étant un tiers moins nombreuses en 1999 qu’en 1990,
dans l’Orne.les gains en activités salariées ne suffisent pas à renverser la ten-
La progression des activités salariées au cours de la décennie n’a
dance et le canton enregistre une perte de plus de5%deses actifs
cependant pas eu la même ampleur selon les formes d’emploi. En
occcupés.
effet, le nombre de personnes occupant un emploi fragile a forte-Enfin, les parties calvadosiennes des zones d’emploi de Vire et de
ment augmenté tandis que les formes les plus stables de l’emploi
Flers, au sud-ouest du département, voient le nombre de leurs actifs
n’enregistraient qu’une modeste hausse de 3 %. Le nombre d’actifsoccupés diminuer de 3 % sur la décennie. Ces zones rurales, très
en mission d’intérim a ainsi doublé par rapport au recensement pré-dépendantes de l’agriculture, ont souffert de la restructuration de
cédent et celui des contrats aidés (Contrat-Emploi-Solidarité,
ce secteur : les formes non salariées d’activité, principalement
Emploi-jeunes...) ou des contrats à durée déterminée a progressé
agricoles, y concernent encore 18 % des habitants qui ont un em-
de 70 %. Néanmoins, les formes les plus pérennes d’emploi (con-ploi. Exception faite du canton du Bény-Bocage, les gains en actifs
trats à durée indéterminée et titulaires de la fonction publique) re-
présentent encore 73 % de l’emploi total, contre 69 % dans l’Orne
et 64 % dans la Manche, signe d’une moindre fragilisation du tra-
vail.
Un chômage inégalement réparti
L’augmentation de la population active ayant été plus rapide que
celle du nombre d’emplois offerts, le département accuse en 1999
une forte croissance du nombre de chômeurs par rapport à 1990,
encore accentuée par la disparition progressive du service national.
Ainsi, lors du recensement, 39 400 personnes ont déclaré être à la
recherche d’un emploi, soit 21 % de plus que neuf ans plus tôt. Si le
Calvados accuse un taux de chômage au recensement de 13,5 %,
près de deux points supérieur à celui de la Manche ou de l’Orne,
c’est d’abord parce que, regroupant un grand nombre d’emplois, il
est attractif pour une population active jeune à la recherche de tra-
vail.
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RÉPARTITION DES ACTIFS ET INACTIFS PAR TYPE
Type d’activité 1999 1990 Évolution 1990-1999 (en %)
291 208 274 811 + 6,0Actifs
250 757 239 405 + 4,7Actifs ayant un emploi
218 619 200 763 + 8,9dont : Salariés
32 138 38 642 - 16,8Non salariés
39 391 32 591 + 20,9Chômeurs
1 060 2 815 - 62,3Militaires du contingent
357 091 344 023 + 3,8Inactifs
116 509 95 384 + 22,1Anciens actifs
70 340 65 194 + 7,9Élèves, étudiants, stagiaires non rémunérés
170 242 183 445 - 7,2Personnes de moins de 15 ans ou autres inactifs
Source : Insee, Recensements de la population de 1990 et 1999
Pour cette même raison, le taux de chômage est sensiblement plus munes littorales, attractives, drainent d’importantes populations à
élevé dans les villes-centres que dans leurs couronnes périurbai la recherche d’un emploi. Mais la période du recensement, au mois-
nes. Ainsi, il oscille entre 15 et 20 % sur les communes de Caen, Li de mars, n’est pas favorable à l’activité touristique et explique pour-
sieux, Falaise ou Bayeux, alors que les cantons périphériques tels partie le sous-emploi de ces zones. Depuis mars 1990, le taux de
Creully, Tilly-sur-Seulles, Evrecy et Bourguébus autour de Caen, chômage y a d’ailleurs augmenté plutôt moins vite que dans le reste
er
ou Blangy-le-Château et Lisieux-est (1 canton) autour de Lisieux du département.
cumulent taux d’activité supérieur à la moyene et taux de chômage Enfin, les cantons d’Orbec, Saint-Pierre-sur-Dives, Mézidon-Ca-
inférieur à 10 %. non et Isigny-sur-Mer cumulent taux de chômage élevé, taux d’ac-
Au sein de la périphérie caennaise, la situation la plus délicate se tivité inférieur à la moyenne et part importante d’emplois non
concentre sur l’est de la capitale régionale : les communes d’Hé salariés, profil type de zones rurales en difficultés économiques. La-
rouville-Saint-Clair, Colombelles, Mondeville, Giberville ou situation s’est aggravée entre 1990 et 1999 sur le canton d’Orbec,
Blainville-sur-Orne ont été les plus touchées par les restructura avec une croissance de plus de trois points du taux de chômage,-
tions douloureuses du tissu industriel (fermeture de la SMN, licen alors qu’elle s’est plutôt stabilisée sur les trois autres cantons.-
ciements de RVI...). Leur taux de chômage dépasse les 15 %.
Les cantons de la Côte fleurie, de Cabourg à Honfleur, connaissent
Philippe MOSSANTégalement un taux de chômage supérieur à la moyenne. Les com-
La population active comprend la population ayant un emploi, les chômeurs et, depuis le recensement de 1990, les
militaires du contingent. Elle est composée de personnes âgées de 15 ans ou plus. Le taux d’activité à un âge donné
est le pourcentage de personnes actives parmi la population de l’âge correspondant. Sont classés dans la rubrique « chômeurs » les per-
sonnes qui se sont déclarées « chômeurs » ou « sans emploi » sauf si elles ont déclaré explicitement par ailleurs ne pas rechercher du
travail. Sont aussi comptés comme « chômeurs » les mères de famille, « femmes au foyer » et « retraités » qui ont déclaré explicitement
rechercher du travail.
Les actifs ayant un emploi (ou actifs occupés) sont comptablisés ici en leur lieu de résidence et non à leur lieu de travail. Il ne s’agit donc
pas d’un indicateur de potentiel économique d’une commune.
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