Bilan 2009 - Emploi

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dans l’automobile, branche phare en Basse-Normandie mais qui aura perdu plus de 1 000 emplois permanents en deux ans,L’emploi chute et surtout grâce à la bonne tenue du secteur de l’agroalimen- taire. Année après année, crise ou pas crise, ce secteur consolide sa place de première branche industrielle en L’emploi salarié paie la crise économique. Le Basse-Normandie. En 2009, il s’offre le luxe d’augmenter ses recul est important dans l’industrie. La cons- effectifs permanents d’un petit 1 %, après avoir réduit de fa- truction,dontladécrueavaitétéamorcéefin çon drastique sa main d’œuvre intérimaire. Le petit secteur de 2008,lecommerceet,dansunemoindreme- la biscuiterie, du pain et de la pâtisserie industrielle ou artisa- sure, les services, emboîtent le pas. nale, tire son épingle du jeu, avec une progression des effec- tifs proche de 4 %. Une évolution à l’opposée de celle de l’électronique et des équipements électriques, en chute libre,n 2009, les effectifs salariés dans le secteur marchand avec des pertes d’emplois atteignant 15 % en deux ans. LesEnon agricole ont baissé de 1,8 % en Basse-Normandie. principales entreprises y ont encore réduit leurs effectifs enCela représente presque 6 000 emplois salariés perdus. La 2009 (Sanmina, Acome, Schneider, Elvia, SEB...), tout commecrise économique mondiale qui s’est prolongée en 2009 dans l’automobile (PSA, Renault Trucks, Faurecia,continue de produire des effets négatifs sur l’emploi.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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dans l’automobile, branche phare en Basse-Normandie mais
qui aura perdu plus de 1 000 emplois permanents en deux ans,L’emploi chute
et surtout grâce à la bonne tenue du secteur de l’agroalimen-
taire. Année après année, crise ou pas crise, ce secteur
consolide sa place de première branche industrielle en
L’emploi salarié paie la crise économique. Le
Basse-Normandie. En 2009, il s’offre le luxe d’augmenter ses
recul est important dans l’industrie. La cons-
effectifs permanents d’un petit 1 %, après avoir réduit de fa-
truction,dontladécrueavaitétéamorcéefin
çon drastique sa main d’œuvre intérimaire. Le petit secteur de
2008,lecommerceet,dansunemoindreme-
la biscuiterie, du pain et de la pâtisserie industrielle ou artisa-
sure, les services, emboîtent le pas.
nale, tire son épingle du jeu, avec une progression des effec-
tifs proche de 4 %. Une évolution à l’opposée de celle de
l’électronique et des équipements électriques, en chute libre,n 2009, les effectifs salariés dans le secteur marchand
avec des pertes d’emplois atteignant 15 % en deux ans. LesEnon agricole ont baissé de 1,8 % en Basse-Normandie.
principales entreprises y ont encore réduit leurs effectifs enCela représente presque 6 000 emplois salariés perdus. La
2009 (Sanmina, Acome, Schneider, Elvia, SEB...), tout commecrise économique mondiale qui s’est prolongée en 2009
dans l’automobile (PSA, Renault Trucks, Faurecia,continue de produire des effets négatifs sur l’emploi. La
Knorr-Bremse, Jean Chéreau, Valeo, Bosch, Magneti Marelli...).baisse est à peine moindre qu’en 2008 (- 2,0 %). Elle est légè-
Plus à l’écart des mouvements des marchés en 2009, le sec-rement inférieure à celle de la France métropolitaine (- 2,2 %),
teur de l’énergie et la construction navale ont pour leur partalors qu’en 2008, le recul avait été presque deux fois plus fort
maintenu globalement leurs effectifs, ainsi que les sous-trai-en Basse-Normandie (- 2,0 % contre - 1,1 %). En deux ans, la
tants de la métallurgie et de la mécanique du Cotentin. a perdu plus de 13 000 emplois salariés
dans le secteur marchand non agricole.
La chute de l’emploi intérimaire expliquait le fort recul des ef-
fectifs salariés en 2008, les emplois intérimaires perdus re-
présentant 70 % des pertes d’emplois. En 2009, le recul de
l’emploi concerne surtout les postes de travail permanents.
Hors intérim, le nombre d’emplois perdus a plus que doublé,
passant de 2 100 en 2008 à 5 400 en 2009. Encore faut-il préciser
que ces suppressions d’emplois ont été limitées par la mise en
(1)
œuvre du chômage partiel dans plusieurs secteurs .Mêmesi
l’emploi intérimaire s’est redressé au deuxième semestre
2009, sous l’impact d’une reprise molle de l’activité dans la
La construction témoigne aussi d’une aggravation des effetsplupart des secteurs de l’industrie, le nombre d’intérimaires
de la crise. Le retournement de tendance dans ce secteur est
au travail fin 2009 reste inférieur de plus de 4 % au niveau déjà
intervenu courant 2008, mais, fin 2008, le nombre d’emploisbas de fin 2008 et d’un tiers au niveau de fin 2007.
permanents était encore supérieur à son niveau de 2007, les
intérimaires faisant les frais les premiers de la nouvelle
conjoncture défavorable. En 2009, c’est au tour de l’emploi
permanent de baisser, et assez fortement puisque le recul
frôle 3 % en un an. Presque tous les métiers sont touchés, la
baisse étant particulièrement forte dans les travaux de ma-
çonnerie et de peinture.
Situations inégales dans les services marchands
Les services très dépendants de la conjoncture générale
souffrent le plus, comme les transports et l’entreposage, où la
baisse des effectifs est sensible (- 2,6 %). L’immobilier recule
fortement pour la deuxième année consécutive, les transac-
tions ayant plongé. Les activités de soutien aux entreprises
(études techniques, nettoyage, publicité...) et les activités fi-Après l’intérim, l’emploi permanent touché
nancières résistent mieux et maintiennent globalement l’em-
C’est surtout dans l’industrie que les suppressions d’emplois
ploi, sans plus. En revanche, les secteurs les plus liés aux
permanents ont pris le relais de la baisse du recours au travail dépenses de consommation des ménages s’en sortent mieux.
temporaire, la crise se prolongeant. Ainsi, hors intérim, les ef-
C’est le cas de l’hôtellerie et de la restauration, où l’emploi sa-
fectifs dans l’industrie ont baissé de 3,5 % en 2009 contre
larié progresse de 1,6 % grâce à une bonne saison touris-
- 1,9 % en 2008. Cette baisse reste inférieure au niveau fran- tique, après il est vrai une forte baisse en 2008. Enfin, les
çais (- 4,9 %), grâce au recours important au chômage partiel
services aux personnes, dont les emplois domestiques, crois-
sent à nouveau, après une année de pause. L’emploi dans les
(1) associations est toujours à la hausse. Ensemble, les secteurs141 300 journées de chômage partiel autorisées en 2009 en Basse-Normandie
(dont 42 % dans l’ industrie automobile), dont un tiers effectivement utilisé. de l’hôtellerie-restauration, des loisirs et du sport, et les emplois
Insee Basse-Normandie - Bilan 2009 13L’EMPLOI SALARIÉ DANS LE SECTEUR MARCHAND NON AGRICOLE EN 2009
La Basse-Normandie résiste mieux que la France
Calvados Manche Orne Basse-Normandie France
Effectif au Évolution Effectif au Évolution Effectif au Évolution Effectif au Évolution Évolution
2009/200831 décembre 31 décembre 2009/2008 31 décembre 2009/2008 31 décembre 2009/2008 2009/2008
2009 (en %) 2009 (en %) 2009 (en %) 2009 (en %) (en %)
Industrie 37 214 - 4,1 31 832 - 0,9 21 421 - 6,0 90 468 - 3,5 - 4,9
Construction 15 962 - 2,5 13 610 - 2,6 6 810 - 3,8 36 382 - 2,8 - 3,4
Commerce 32 708 - 1,2 21 212 - 0,7 10 332 - 1,8 64 252 - 1,1 - 1,7
Services marchands 77 768 - 1,5 38 563 - 0,6 22 729 + 2,5 139 060 - 0,6 - 1,0
Ensemble du secteur marchand
163 652 - 2,2 105 217 - 1,0 61 293 - 2,0 330 162 - 1,8 - 2,2
hors agriculture
NOTE : les intérimaires sont comptés dans le secteur des services.
Source : Insee, estimations d’emploi provisoires
chez les particuliers employeurs ou dans les associations, affi- département une économie diversifiée ne compensent pas
chent une augmentation de 700 postes de travail en 2009. l’hémorragie d’emplois dans les secteurs industriels clés du comme l’automobile et l’électronique. Les bais-
Ce sont là les seuls gisements d’emplois nouveaux en 2009.
ses d’effectifs dans ces deux piliers de l’économie du Calva-
Ces activités continuent de bénéficier d’une demande crois-
dos frôlent 5 % en un an pour l’automobile et 8 % pour
sante de la part d’une fraction des ménages. En revanche, l’a-
l’électronique et les équipements électriques, sans compter
tonie du commerce, conséquence des incertitudes du
la poursuite du recul de l’intérim jusqu’au troisième trimestre
lendemain qui pèsent sur les consommateurs et de la réduc-
2009, alors que le recours au chômage partiel se prolonge
tion du commerce inter-entreprises, s’accompagne de la
dans certains gros établissements. Seul l’agroalimentaire
baisse des effectifs salariés, très sensible depuis l’automne
s’en sort. Le recul de la construction et du commerce s’ajoute
2009. La baisse des effectifs affecte surtout le commerce de
à la saignée dans l’industrie. La bonne saison touristique, qui
gros, le commerce d’automobiles (mais pas l’entretien ni la
a permis de faire progresser l’emploi salarié de 2 %, est la
réparation), et le commerce de détail spécialisé (meubles et
bienvenue pour ce département très affecté par la crise, où
autres équipements du foyer...). Les effectifs continuent de
même les services aux particuliers sont en recul.
croître dans la grande distribution, où les consommateurs
réalisent une part de plus en plus grande de leurs dépenses La situation est presque aussi mauvaise dans l’Orne, avec
courantes. une baisse de l’emploi salarié du secteur marchand non agri-
cole de 2 %. Département où le poids de l’industrie est le plus
Addition salée dans le Calvados fort, l’Orne est aussi le département où la chute des effectifs
permanents dans ce secteur est la plus brutale (- 6 %). SeuleEn 2008, le Calvados affiche la baisse des effectifs salariés dans
consolation, la reprise amorcée courant 2009 s’est traduitele secteur marchand non agricole la plus forte des départe-
rapidement par une réembauche importante d’intérimaires,ments bas-normands : - 2,2 %. Les bénéfices que procure à ce
plus significative que dans les deux autres départements
bas-normands. Cependant, même en forte augmentation sur
un an (+ 12 %), le nombre d’intérimaires en poste fin 2009 reste
inférieur d’un tiers à son niveau de fin 2007, et cette progession
est très loin de compenser l’hémorragie intervenue dans les ef-- Les estimations de l’emploi salarié dans le
fectifs permanents. Enfin, pour ne rien arranger, les baissessecteur marchand non agricole au 31
décembre 2009 sont encore provisoires. Ces d’effectifs dans la construction, les transports et le com-
estimations sont issues d’un nouveau dispositif : merce sont particulièrement accentuées dans l’Orne.
les Estimations d’emploi localisées (ESTEL),
La Manche limite les dégâts grâce à une industrie spécifiquetrimestrielles et annuelles. Ce nouveau dispositif donne le
(énergie, construction navale) qui résiste mieux que les sec-nombre de personnes en emploi au 31 décembre selon un
concept d’emploi proche de celui du Bureau international du teurs exposés de l’électronique et de l’automobile (carros-
travail (BIT). serie industrielle), relativement épargnés en 2008.
Une version provisoire des estimations trimestrielles est L’agroalimentaire, secteur puissant dans la Manche malgré
disponible 45 jours après la fin d’un trimestre et une version une assez faible diversification, compte tenu de la richesse
révisée 70 jours après la fin de ce trimestre. Les estimations des productions locales, augmente légèrement ses effectifs,
trimestrielles locales sont calées sur les estimations nationales après une mauvaise année 2008. De plus, si la construction
publiées dans la collection “Informations Rapides” de l’Insee.
dans la Manche n’échappe pas au reflux général, le recul
Toutes les données sont disponibles selon la nouvelle
dans le commerce est limité, et compensé par la croissance
nomenclature d’activité (NAF rév.2).
des emplois touristiques et des emplois dans les services aux
- Le “secteur marchand non agricole” regroupe l’ensemble des
particuliers.secteurs d’activité, exceptés l’agriculture, la pêche et les services
administrés (éducation, santé, action sociale, administration Michel MOISAN
publique et activités associatives).
Insee Basse-Normandie
14 Insee Basse-Normandie - Bilan 2009

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