Bilan 2010 - Emploi

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industrielles se replient, sauf l’agroalimentaire où les effectifs restent stables. Se consolidant année après année, cette in-Peut mieux faire dustrie phare en Basse-Normandie n’est plus très loin de repré- senter le quart des effectifs salariés industriels. De son côté, l’activité dans l’automobile est bien repartie à la hausse, mais Tirée par les services, la croissance de l’em- seul l’emploi intérimaire en profite, les suppressions de pos- ploi salarié redémarre. Les effectifs indus- tes permanents se poursuivant avec les départs en retraite. triels permanents continuent leur baisse. Le Le secteur le plus affecté est celui des équipements électri- reculestnetégalementdanslaconstruction. ques et électroniques. Les pertes d’emplois y frôlent 5 % en La réembauche d’intérimaires compense la un an. Ces trois dernières années, le secteur a perdu presque suppression d’emplois permanents. 2 000 emplois, les pertes d’emplois chez les fabricants de composants pour l’automobile ou les télécommunications (Valeo, NXP...) s’ajoutant à des fermetures d’entreprises. n 2010, les effectifs salariés dans le secteur marchand La chute des emplois permanents se poursuit égalementEnon agricole, hors particuliers employeurs, ont augmenté dans la construction, à peine atténuée par rapport à 2009de 0,6 % en Basse-Normandie. Cela représente 1 900 emplois (- 2,3 % en 2010, contre - 2,7 % en 2009), alors que la baissesupplémentaires.
Publié le : dimanche 30 décembre 2012
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industrielles se replient, sauf l’agroalimentaire où les effectifs
restent stables. Se consolidant année après année, cette in-Peut mieux faire dustrie phare en Basse-Normandie n’est plus très loin de repré-
senter le quart des effectifs salariés industriels. De son côté,
l’activité dans l’automobile est bien repartie à la hausse, mais
Tirée par les services, la croissance de l’em- seul l’emploi intérimaire en profite, les suppressions de pos-
ploi salarié redémarre. Les effectifs indus-
tes permanents se poursuivant avec les départs en retraite.
triels permanents continuent leur baisse. Le
Le secteur le plus affecté est celui des équipements électri-
reculestnetégalementdanslaconstruction. ques et électroniques. Les pertes d’emplois y frôlent 5 % en
La réembauche d’intérimaires compense la
un an. Ces trois dernières années, le secteur a perdu presque
suppression d’emplois permanents.
2 000 emplois, les pertes d’emplois chez les fabricants de
composants pour l’automobile ou les télécommunications
(Valeo, NXP...) s’ajoutant à des fermetures d’entreprises.
n 2010, les effectifs salariés dans le secteur marchand
La chute des emplois permanents se poursuit égalementEnon agricole, hors particuliers employeurs, ont augmenté
dans la construction, à peine atténuée par rapport à 2009de 0,6 % en Basse-Normandie. Cela représente 1 900 emplois
(- 2,3 % en 2010, contre - 2,7 % en 2009), alors que la baissesupplémentaires. La sortie de récession s’accompagne d’une
n’est plus que de 0,9 % en France. Même si la réembauchereprise modérée de l’emploi, très loin de compenser la perte
d’intérimaires compense en partie cette baisse, le secteurde près de 13 000 emplois en 2008 et 2009. L’augmentation de
n’a pas retrouvé son dynamisme d’avant 2008.l’emploi en 2010 est moins importante en Basse-Normandie
qu’en France (+ 0,9 %).
En Basse-Normandie, globalement, la croissance de l’emploi
est imputable à la reprise de l’emploi temporaire dans les ser-
vices, qui avait fortement chuté en 2008 et début 2009. C’est
donc un regain d’emplois fragile. Fin 2010, les emplois tempo-
raires affichent une progression de près de 18 % en un an.
L’augmentation de leur nombre (2 150) est même supérieure à
la croissance totale du nombre d’emplois (1 900). Autrement
dit, hors emploi intérimaire, les effectifs salariés ont continué
de diminuer très légèrement en 2010. Ce n’est pas le cas en
France, où la croissance de l’emploi intérimaire, encore plus
forte qu’en Basse-Normandie, explique seulement 70 % de Dans les services marchands, la situation s’améliore dans
l’augmentation totale de l’emploi. En Basse-Normandie, le presque toutes les branches. Le contexte de crise de 2008 et
nombre d’intérimaires reste inférieur de 20 % à son niveau re- 2009 ne pèse plus sur les services très dépendants de la
cord de fin 2007. conjoncture générale, comme les transports et l’entrepo-
sage. En 2009, les difficultés des clients de l’industrie, de la
La forte croissance de l’emploi intérimaire accompagne la re-
construction ou du commerce de gros s’étaient répercutées
prise de la production industrielle, perceptible dès le second
presque immédiatement sur eux, entraînant une forte baisse
semestre 2009. Malgré cette reprise, les suppressions d’em-
de leurs effectifs. En 2010, leur situation est stabilisée. Dans
plois stables se sont poursuivies dans ce secteur.
l’immobilier, la banque et l’assurance, la fin de la récession et
la reprise ont apporté une véritable bouffée d’oxygène. Après
avoir baissé en 2009, les effectifs repartent nettement à la
hausse : plus de 5 % dans l’immobilier, avec la reprise des
transactions, + 2 % dans la banque et l’assurance. Les activi-
tés de soutien aux entreprises (conseil, assistance, études
techniques, nettoyage, publicité...) retrouvent également des
couleurs et réembauchent. Les effectifs affichent une hausse
de 2,6 % bien supérieure à la moyenne française (+ 1,1 %).
Cela représente près de 800 postes de travail supplémen-
taires en un an.
Dans les secteurs liés aux dépenses de consommation des
ménages, la tendance générale est à l’amélioration, mêmeL’emploi permanent ne redémarre pas
si les situations restent inégales. Les secteurs de la restau-dans l’industrie
ration et de l’hébergement progressent (+ 1,3 %), grâce au
Hors intérim, les effectifs salariés industriels baissent de 1,3 % développement du tourisme. Dans le commerce, les effec-
en 2010 en Basse-Normandie, soit plus de 1 100 emplois perdus. tifs salariés se stabilisent, après deux années de baisse. La
C’est moins qu’en 2009, année noire pour l’industrie (- 3,4 %). croissance des services à la personne se maintient, hors
C’est moins aussi qu’en France (- 1,8 %). Toutes les branches particuliers employeurs. La hausse des effectifs frôle + 3 %.
12 Insee Basse-Normandie - Bilan 2010L’EMPLOI SALARIÉ DANS LE SECTEUR MARCHAND NON AGRICOLE EN 2010
Moins bien en Basse-Normandie qu'en France
Calvados Manche Orne Basse-Normandie France
Effectif au Évolution Effectif au Évolution Effectif au Évolution Effectif au Évolution Évolution
2010/200931 décembre 31 décembre 2010/2009 31 décembre 2010/2009 31 décembre 2010/2009 2010/2009
2010 (en %) 2010 (en %) 2010 (en %) 2010 (en %) (en %)
Industrie 35 320 - 2,6 32 140 + 0,5 21 060 - 1,8 88 520 - 1,3 - 1,8
Construction 15 390 - 3,2 13 510 - 1,7 6 750 - 1,6 35 650 - 2,3 - 0,9
Commerce 32 370 - 0,2 20 940 - 0,5 10 220 + 0,3 63 530 - 0,2 + 0,2
Services marchands * 73 410 + 3,5 34 400 + 3,9 20 350 + 1,2 128 160 + 3,3 + 2,7
Ensemble du secteur marchand
156 490 + 0,7 100 990 + 1,1 58 380 - 0,4 315 860 + 0,6 + 0,9
hors agriculture
NOTE : les intérimaires sont comptés dans le secteur des services. * Hors particuliers employeurs
Source : Insee, estimations d’emploi provisoires
A l’opposé, l’Orne concède de nouvelles pertes d’emplois enUne reprise plus marquée dans la Manche
2010 (- 0,4 %). Le département ne profite pas du tout de la
La Manche fait mieux que la France avec une augmentation sortie de crise pour enrayer une baisse continue de l’emploi.
des effectifs salariés de 1,1 %. Son industrie spécifique af- Le recul de l’industrie traditionnelle explique cette situation
fiche un remarquable maintien depuis plusieurs années. Les difficile. Un emploi salarié industriel sur cinq a disparu depuis
points forts de l’industrie manchoise, telles les filières de l’é- 2001 et l’érosion se poursuit en 2010. Elle n’a rien à voir avec
nergie et de la construction navale militaire, sont moins sensi- l’hémorragie de 2008 et de 2009, où la contraction brutale des
bles aux variations conjoncturelles de l’activité. La forte effectifs permanents (- 6 % en 2009) s’accompagnait de l’ef-
progression de l’emploi intérimaire (un millier d’emplois sup- fondrement de l’emploi intérimaire. Plus modérée en 2010
plémentaires en un an) témoigne du dynamisme de l’industrie (-1,8 %), la baisse est en partie compensée par la réem-
manchoise en 2010. Par ailleurs, l’autre point fort de la bauche d’intérimaires, amorcée au second semestre 2009. La
Manche, le secteur de la construction, limite la casse. En re- baisse des effectifs industriels n’épargne que l’agroalimen-
vanche, les services, hors intérim, envoient des signaux con- taire. Au recul continu de l’industrie, s’ajoutent les difficultés
traires. Les services de soutien aux entreprises progressent de la construction, où les effectifs baissent de 1,6 %. Les ser-
(+ 3 %), mais pas le transport et l’entreposage (en baisse de vices ne rattrapent pas la situation. Toutes les branches per-
3 %), ni les services aux personnes, plutôt atones. Avec une dent des emplois : transport, entreposage, services aux
exception toutefois : le tourisme. Au coeur de la filière touris- entreprises, tourisme. Seuls les services aux personnes, hors
tique, les secteurs de l’hébergement et de la restauration particuliers employeurs, créent quelques dizaines d’emplois.
continuent de créer des emplois (+ 1,4 % en 2010).
Dans le Calvados, les effectifs salariés augmentent de 0,7 %.
La baisse est sévère dans l’industrie et dans la construction,
mais elle est compensée par le dynamisme des services.
Cette équation caractérise le Calvados. Hors intérim, la
Les estimations de l’emploi salarié dans le secteur baisse des effectifs industriels est forte (- 2,6 % contre - 1,8 %
marchand non agricole au quatrième trimestre 2010 sont en France) car elle frappe des secteurs en première ligne
encore provisoires. Ces estimations donnent le nombre de dans la concurrence internationale et très implantés dans le
personnes en emploi selon un concept d’emploi proche de celui département : l’automobile et l’électronique. Comme dans les
du Bureau international du travail (BIT). Toutes les estimations
autres départements, la progression de l’intérim compense
sont corrigées des variations saisonnières.
en partie cette baisse, permettant aux grandes entreprises de
Une version provisoire des estimations trimestrielles est rester dans la course de la reprise de l’activité. L’agroalimen-
disponible 45 jours après la fin d’un trimestre et une version
taire quant à lui affiche une petite progression de l’emploi. En
révisée 70 jours après la fin de ce trimestre. Les estimations
revanche, presque tous les secteurs des services créent detrimestrielles locales sont calées sur les estimations nationales
l’emploi. Les plus dynamiques sont les activités immobilièrespubliées dans la collection « Informations Rapides » de l’INSEE.
(+ 8 %, 170 nouveaux emplois) et les services aux entreprises
Toutes les données sont disponibles selon la nouvelle
(+ 3,3 %, près de 600 nouveaux emplois). Le tourisme et les au-nomenclature d’activité (NAF rév.2).
tres services aux personnes, hors particuliers employeurs,
Le "secteur marchand non agricole" regroupe l’ensemble des
continuent eux aussi de créer des emplois (600 en 2010).
secteurs d’activité, excepté l’agriculture, la pêche, les services
administrés (éducation, santé, action sociale, administration
Michel MOISANpublique), et, dans cet article, les particuliers employeurs.
Insee Basse-Normandie
Insee Basse-Normandie - Bilan 2010 13

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